📋 Plan du Cours
- Freud : deuil et mélancolie comme modèles
- Refus de la perte et épreuve de réalité
- Mécanisme mélancolique : identification et surmoi
- Ambivalence, haine et clivage dans la dépression
- Détresse néotonique et position depressive
- Jeu, illusion et angoisses primitives chez Winnicott
- Complexe de la mère morte et effraction psychique
- Deuil primaire, identifications et pertes à l’adolescence
- Capacité depressive : équivalents et affects authentiques
- Affects dépressifs de base à l’adolescence
- Réussite, culpabilité inconsciente et autosabotage
- Douleur de la perte, angoisse et traitement de l’absence
🔑 Notions clés & Définitions
- Deuil : Le deuil est une réaction psychique à une perte, où le travail psychique vise à reconnaître la réalité de l’absence de l’objet investi.
- Mélancolie : La mélancolie est une réaction à une perte marquée par un désinvestissement rapide et une auto-dévalorisation importante.
- Perte d’objet : La perte d’un objet (ou d’une équivalence) constitue le point de départ commun du deuil et de la mélancolie.
- Rébellion contre la perte : La rébellion est le refus initial de renoncer à un objet libidinalement investi, pouvant aller jusqu’à une forme de déni psychique.
- Psychose hallucinatoire de désir : La psychose hallucinatoire de désir est un scénario où le sujet refuse la perte et imagine que l’objet est encore présent.
📝 Points essentiels
- Freud propose de comparer le normal et le pathologique à partir du deuil, pour donner du sens aux expressions dépressives et symptomatiques.
- Le point de départ du deuil et de la mélancolie est identique : une perte d’un objet (ou de quelque chose qui lui équivaut).
- Dans le deuil, le sujet rencontre d’abord un refus de la perte, car on ne retire pas facilement ses investissements libidinaux d’un objet investi.
- Ce refus peut conduire à une psychose hallucinatoire de désir, où la réalité de la perte est contournée par l’imagination que l’objet existe encore.
- Le travail du deuil consiste à reconnaître lentement et douloureusement la réalité, en retirant progressivement les investissements libidinaux.
- Dans la mélancolie, la perte déclenche un désinvestissement très rapide, contrastant avec la douleur phénoménale observée chez le mélancolique.
💡 Astuce mémo
Deuil = lenteur douloureuse vers la réalité ; Mélancolie = retrait rapide + attaque du moi.
🔑 Notions clés & Définitions
- Mélancolie : La mélancolie est un état clinique où la perte se transforme en attaque interne, avec une auto-disqualification et un rapport particulier à la réalité.
- Auto-disqualification : L’auto-disqualification est le fait que le sujet se dévalorise massivement, en se disant « je suis nul » ou « je ne vaux rien ».
- Identification à l’objet perdu : L’identification à l’objet perdu est un mécanisme où l’objet abandonné est incorporé au moi au lieu d’être perdu psychiquement.
- Surmoi : Le surmoi est une instance psychique qui se déchaîne contre le moi dans la mélancolie, alimentant l’auto-accusation.
- Ambivalence : L’ambivalence est l’investissement simultané de l’objet perdu par des affects opposés, dont la haine.
📝 Points essentiels
- Dans la mélancolie, la perte n’est pas « consommée » car l’objet perdu est incorporé au moi via une identification.
- Le moi se scinde entre l’objet incorporé et une instance qui s’oppose au moi, décrite comme le surmoi.
- L’auto-disqualification clinique (« je suis nul ») correspond en réalité à une haine dirigée contre l’objet incorporé.
- Le refus de la preuve de la réalité tient au fait que l’objet n’est pas désinvesti comme dans le deuil mais maintenu dans le moi.
- Freud relie l’idée que le moi peut se « tuer » à une logique où l’on traite l’objet haï comme cible interne.
- La mélancolie se distingue du deuil par une fixation libidinale plus grande, rendant le traitement plus difficile que dans le deuil où l’investissement bouge.
💡 Astuce mémo
Mélancolie = « perte non consommée » : l’objet reste en moi, donc la haine revient contre soi (surmoi) ; deuil = ça bouge, donc la réalité s’accepte.
🔑 Notions clés & Définitions
- Position dépressive : La position dépressive est un moment du développement où le sujet peut reconnaître la perte et supporter l’ambivalence envers un objet entier.
- Position schizo paranoïde : La position schizo paranoïde est une étape antérieure où l’objet est clivé et où les affects sont projetés plutôt que dirigés vers un objet entier.
- Surmoi : Le surmoi est une instance psychique qui internalise des exigences et peut se retourner contre le sujet en cas de perte ou de culpabilité.
- Identification : L’identification est un mécanisme par lequel le sujet fait sien un aspect de l’objet, ce qui peut transformer la perte en conflit interne.
- Complexe de la mère morte : Le complexe de la mère morte est un modèle d’André Green pour penser une dépression liée à une défaillance de la présence psychique maternelle.
📝 Points essentiels
- Dans le passage de la position schizo paranoïde à la position dépressive, l’amour et la haine doivent pouvoir viser un objet entier unique, ce qui rend la coexistence des mouvements affectifs plus difficile.
- La position dépressive est décrite comme une conquête psychique : elle permet d’accéder à l’élaboration de la perte plutôt qu’à sa simple projection ou clivage.
- Le modèle de Mélanie Klein éclaire la place de la dépression dans le développement normal via l’accès à la position dépressive.
- Winnicott prolonge ces idées en montrant comment l’absence peut être psychiquement traitée, notamment grâce à l’aire transitionnelle.
- L’aire transitionnelle repose sur une illusion fondamentale : l’enfant doit pouvoir l’expérimenter pour ensuite reconnaître la perte par la symbolisation.
- La capacité de jouer (y compris jouer avec ses pensées et fantasmes) est présentée comme un accès essentiel à l’élaboration psychique, et certains enfants en sont incapables en clinique de l’enfance.
💡 Astuce mémo
Schizo-paranoïde = objets clivés; Dépressive = objet entier + ambivalence supportée; Winnicott = illusion→symbolisation→perte élaborée.
🔑 Notions clés & Définitions
- Angoisse de perte d’unité du self : L’angoisse de perdre l’unité du self désigne la crainte que le sentiment de cohérence interne se fragilise sous la pression d’un environnement peu sécure.
- Environnement insuffisamment solide et sécurisé : L’environnement insuffisamment solide et sécurisé correspond à un contexte psychique qui ne contient pas assez les tensions, favorisant l’angoisse et la désorganisation.
- Complexe de la mère morte : Le complexe de la mère morte est un modèle d’André Green pour penser une dépression liée à un désinvestissement massif et brutal d’un objet d’amour.
- Effraction psychique : L’effraction psychique est le débordement des capacités de traitement quand un désinvestissement brutal survient sans préparation psychique.
- Meurtre psychique de l’objet sans haine : Le meurtre psychique de l’objet sans haine désigne une modalité de protection où l’objet est détruit psychiquement sans que la haine soit au premier plan.
📝 Points essentiels
- Le modèle relie la clinique dépressive à des angoisses de perte de cohérence du self, déclenchées par un environnement vécu comme insuffisamment solide et sécurisé.
- Le complexe de la mère morte suppose un désinvestissement massif et brutal de l’objet d’amour, survenant soudainement sans préparation psychique.
- Le désinvestissement brutal entraîne une effraction psychique, car les capacités de traitement psychique sont débordées par le retard d’investissements.
- Face à l’effraction non symbolisable, le sujet met en place des mesures de protection, notamment un désinvestissement affectif de l’objet maternel.
- Green décrit un « meurtre psychique » de l’objet sans haine, ce qui éclaire certains mouvements défensifs en dépression.
- Le sujet peut aussi recourir à une hyperactivité représentative, fonctionnant comme anticipation d’autres désinvestissements et observable chez certains patients.
💡 Astuce mémo
Désinvestissement brutal = effraction (pas préparé) → protection par retrait affectif et hyperactivité représentative (anticiper).
🔑 Notions clés & Définitions
- Dépression avec maintien libidinal : Forme dépressive où l’investissement libidinal de l’objet persiste, ce qui la distingue des dépressions liées à une extinction pulsionnelle.
- Dépression d’extinction pulsionnelle : Dépression associée à un mouvement d’extinction des pulsions, centrée sur la déliaison et l’action des pulsions de mort.
- Déliaison pulsionnelle : Processus psychique lié à la désorganisation des liens pulsionnels, souvent décrit comme central dans les dépressions d’extinction.
- Deuil primaire : Deuil originaire décrit par Racamier, portant sur la nécessité de se décoller des objets d’amour originaux.
- Identification : Mécanisme qui substitue l’investissement d’objet en érigeant un objet à l’intérieur du moi, pour éviter l’abandon.
📝 Points essentiels
- La dépression avec maintien d’un investissement libidinal de l’objet se différencie des dépressions où l’on observe une extinction pulsionnelle.
- Les dépressions liées à l’extinction pulsionnelle concernent surtout la déliaison et l’action des pulsions de mort.
- Un désinvestissement brutal d’un environnement investi (ex. déménagement) peut déclencher des angoisses massives à effet depressiogène.
- Le deuil primaire (Racamier, Génie des origines) correspond au détachement des objets d’amour originaux.
- Le travail identificatoire implique la manière de traiter la perte, car s’identifier permet de ne pas perdre l’objet.
- Plus les identifications sont variées et souples, plus elles donnent des indices d’un lien à l’objet capable de supporter l’absence.
💡 Astuce mémo
Maintien libidinal = objet encore investi ; extinction pulsionnelle = déliaison + pulsions de mort.
🔑 Notions clés & Définitions
- Renoncement à la bisexualité : Notion psychanalytique où l’on accepte de ne pas tout posséder, ce qui implique de reconnaître le manque et la différence entre soi et l’autre.
- Objet complémentaire : Représentation d’un objet qui complète le sujet, où l’absence chez soi peut susciter envie ou blessure, car l’autre a ce que je n’ai pas.
- Fonctionnement narcissique : Mode de relation centré sur le miroir et le même, qui évite la confrontation à la différence et limite l’accès aux angoisses liées à la castration.
- Désidéalisation des parents : Moment psychique où l’enfant découvre que les parents ne sont pas ceux qu’il idéalisait, entraînant une perte des promesses et des projets très investis.
- Travail de deuil des objets du passé : Processus de retrait d’un investissement libidinal sur des objets anciens, vécu comme une perte réelle et douloureuse.
📝 Points essentiels
- Le renoncement à la bisexualité implique d’accepter le manque : l’autre a quelque chose que je n’ai pas, et inversement, ce qui rend la différence psychiquement inévitable.
- Dans l’envie ou la blessure, l’objet est vécu comme complémentaire : ne pas avoir ce que l’autre a devient un affect lié à la comparaison.
- Le fonctionnement narcissique cherche le miroir et le même, ce qui réduit la confrontation à la différence et diminue le renvoi à l’angoisse de castration.
- La désidéalisation des parents correspond à la perte des idéaux parentaux (promesses, projets, désir d’enfant très investi), ouvrant un travail de deuil.
- Anna Freud décrit un deuil des objets du passé comme inévitable, comparable au chagrin d’amour de l’adolescence : il faut retirer un investissement libidinal pour le déplacer.
- Sur le plan clinique adolescent, Jeammet relie le travail de l’adolescence à la capacité dépressive : passer d’une dépression exprimée par le comportement à des vécus dépressifs authentiques.
💡 Astuce mémo
Manque→Différence→Deuil : quand l’idéal tombe, l’investissement se retire et la tristesse peut enfin être éprouvée.
🔑 Notions clés & Définitions
- Travail psychique de liaison : Processus psychique reliant un affect à une représentation afin de pouvoir donner sens et forme au vécu émotionnel.
- Extériorisation du vécu dépressif : Capacité à exprimer au dehors une tristesse ou une souffrance psychique sous une forme communicable et symbolisable.
- Affect dépressif de base : Ensemble d’affects fréquents à l’adolescence dans la lignée dépressive, pouvant annoncer ou conduire vers une dépression.
- Ennui adolescent : Sensation fréquente à l’adolescence qui peut servir de protection contre des émotions ou pulsions trop intenses.
- Morosité : Affect lié à un refus d’investir le monde des objets, parfois avec une énergie extérieurement conservée.
📝 Points essentiels
- À l’adolescence, la tristesse peut rester difficile à extérioriser, ce qui favorise des expressions indirectes proches d’équivalents affectifs.
- Les pertes multiples rendent le travail de perte plus complexe et plus riche de significations à cette période.
- Les signaux dépressifs peuvent se manifester sans dépression « actée » et fonctionner comme des signaux d’alarme.
- Daniel Marcelli décrit trois affects de base dans la lignée depressive : ennui, morosité et humeur dépressive.
- L’ennui protège contre l’excitation excessive en défendant contre des émotions et pulsions vécues comme trop vives.
- L’ennui s’accompagne d’une érosion de la durée : le temps paraît suspendu, renvoyant à la maîtrise et à l’intégration de la temporalité.
💡 Astuce mémo
Ennui = Écran contre l’Excès ; Morosité = Refus d’Investir ; Humeur dépressive = Tristesse + Somatique.
🔑 Notions clés & Définitions
- Deuil primaire : Le deuil primaire désigne le travail psychique lié à la perte fondatrice qui organise ensuite les identifications et les relations aux objets.
- Identifications : Les identifications sont des processus par lesquels le sujet internalise des modèles et des figures, influençant sa façon de se penser et de se punir.
- Échec devant le succès : « Échec devant le succès » est une idée freudienne où la réussite peut déclencher une dépression, comme si elle menait à un effondrement.
- Culpabilité inconsciente : La culpabilité inconsciente est un sentiment non conscient qui pousse le sujet à se punir, pouvant transformer une réussite en échec.
- Autosabotage : L’autosabotage regroupe des conduites qui freinent ou détruisent ce qui a été investi, souvent pour maintenir une dépendance ou répondre à une culpabilité.
📝 Points essentiels
- À l’adolescence, des affects et plaintes somatiques peuvent signaler une dépression non encore « actée » et évoluer vers un destin dépressif.
- Freud « Échec devant le succès » décrit une dynamique où la réussite entraîne un renversement en échec, observable dans la cure.
- Dans la cure, le renoncement impose de passer d’une économie de plaisir immédiat à une reconnaissance de la réalité.
- Chez certains jeunes ayant réussi et investi des attentes, la décompensation survient après la réussite, ce qui rend le paradoxe cliniquement repérable.
- La réussite peut confronter le sujet à une transgression psychique, déclenchant une punition interne via une culpabilité inconsciente.
- Les conduites d’autosabotage s’inscrivent dans cette culpabilité inconsciente et peuvent maintenir une dépendance à l’objet ou à l’environnement plutôt qu’une séparation.
💡 Astuce mémo
Réussite → transgression psychique → culpabilité inconsciente → punition → échec (autosabotage) ; en cure : renoncement plaisir immédiat → réalité.
🔑 Notions clés & Définitions
- Dépendance à l’objet : La dépendance à l’objet désigne une organisation psychique où l’investissement de soi dépend fortement d’un objet ou d’un environnement.
- Identité négative : L’identité négative est un mode d’identification où l’on construit ses choix surtout par le contre, en opposition à l’autre.
- Clivage du moi : Le clivage du moi correspond à une séparation interne qui permet de renoncer à certains investissements jugés valorisants.
- Jeu de la bobine : Le jeu de la bobine est une modalité de traitement psychique de l’absence, où l’enfant transforme l’expérience en activité représentable.
- Douleur de la perte : La douleur de la perte est la réaction propre à la perte d’objet, liée au débordement d’excitation lors du départ.
📝 Points essentiels
- La rupture brutale d’une activité aimée peut sembler un simple arrêt, mais elle peut aussi signifier une opposition majeure qui ampute une part des investissements du moi.
- Quand l’avis de l’autre devient déterminant, l’acte contre l’autre fonctionne comme un contre-investissement, ce qui maintient une dépendance malgré la rupture apparente.
- Chez certains adolescents, l’opposition aux parents peut produire une identité négative, où les investissements se choisissent par le contre plutôt que par l’adhésion.
- L’identité négative peut aller jusqu’au clivage, avec renoncement à des objets ou investissements valorisants.
- Le modèle freudien (1920) éclaire le sens psychique du renversement : passer de la passivité à l’activité pour transformer l’absence en représentation.
- La représentation permet de se représenter un objet absent, ce qui soutient le traitement du conflit plutôt que la simple répétition subie de l’absence.
💡 Astuce mémo
Bobine = Absence → Activité → Représentation (je reprends la main).
🔑 Notions clés & Définitions
- Douleur de la perte : La douleur de la perte est la réaction psychique propre au départ d’un objet, marquée par un débordement d’excitation.
- Débordement psychique : Le débordement psychique désigne une montée d’excitation trop importante qui accompagne une situation traumatique de perte.
- Angoisse préparatoire : L’angoisse préparatoire est une réaction anticipatrice au danger que représente la perte de l’objet.
- Perte représentée : La perte représentée correspond à une perte qui peut être figurée mentalement, permettant une réorientation plutôt qu’une rupture brute.
- Perte collée au percept : La perte collée au percept est une perte vécue comme insupportable parce qu’elle dépend de la présence perceptive de l’objet.
📝 Points essentiels
- Freud (1926) décrit la douleur comme la réaction propre à la perte d’objet, typiquement douloureuse lors du départ traumatique de la mère chez l’enfant en état de besoin.
- Un départ traumatique entraîne un débordement psychique, c’est-à-dire une quantité d’excitation importante dépassant les capacités de liaison.
- La douleur de la perte se distingue de l’angoisse : la douleur répond à la perte elle-même, tandis que l’angoisse répond au danger impliqué par cette perte.
- À l’adolescence, la douleur peut devenir douleur « de soi » et favoriser des angoisses de perdre l’amour, avec hypersensibilité aux signaux de séparation.
- Quand la fragilité narcissique est importante, la relation peut être vécue comme dangereuse en permanence, car l’objet pourrait partir à tout moment.
- Le traitement de la perte n’est pas identique selon la modalité : une perte traitée par activité représentative permet de se réorienter, alors qu’une perte collée au percept reste intraitable.
💡 Astuce mémo
Perte = Douleur (réaction à la perte) vs Angoisse (prépare le danger) ; Représenter = Réorienter ; Percept = Perte intraitable.
🔑 Notions clés & Définitions
- Conflit Moi–Surmoi : Le conflit Moi–Surmoi désigne l’opposition interne entre les exigences du Moi et les exigences du Surmoi, considérée comme un point commun de la dépression.
- Surmoi héritier du complexe d’Œdipe : Le Surmoi héritier du complexe d’Œdipe est l’instance issue de l’Œdipe, qui porte des interdits et s’articule à la formation de l’appareil psychique.
- Clivage vertical : Le clivage vertical est une séparation entre le Moi et le Surmoi lors de la mise en place de l’appareil psychique, par opposition à d’autres formes de clivage.
- Représentants surmoïques : Les représentants surmoïques sont des figures d’autorité qui, à l’adolescence, soutiennent l’instance surmoïque encore liée à la réalité extérieure.
- Culpabilité et honte : La culpabilité et la honte sont deux affects distincts, souvent liés à l’adolescence, mais difficiles à différencier finement sur le plan phénoménologique.
📝 Points essentiels
- À l’adolescence, la dépression est décrite comme traversée par des enjeux narcissiques importants.
- Francis Pasche propose que les dépressions partagent un conflit entre le Moi et le Surmoi, avec des différences surtout de degré entre adulte et adolescent.
- Le Surmoi, à l’adolescence, est au mieux interiorisé mais reste en partie soudé à la réalité extérieure, notamment aux interdits parentaux puis à leurs déplacements vers des autorités.
- Une dépression d’infériorité peut se déclencher par la confrontation à des affects comme la culpabilité et surtout la honte.
- La culpabilité et la honte sont phénoménologiquement difficiles à distinguer, mais elles peuvent être dissociées (honte de se sentir coupable, ou culpabilité sans honte).
- La honte est un affect très personnel et éprouvé dans le Moi, et le fait d’en parler indique souvent une diminution de la honte.
💡 Astuce mémo
Moi vs Surmoi : quand le Surmoi “punit”, la honte monte ; à l’ado, il reste accroché aux interdits parentaux via des autorités.
🔑 Notions clés & Définitions
- Honte : La honte est un affect vécu dans le moi, lié à l’émergence du sexuel, qui engage l’idéal du moi sous le regard d’autrui.
- Culpabilité : La culpabilité est un affect centré sur la transgression d’interdits, issu de la critique du surmoi.
- Surmoi : Le surmoi est une instance psychique qui critique et sanctionne, notamment en cas de transgression menant à la culpabilité.
- Idéal du moi : L’idéal du moi est une instance qui sert de référence de valeur et qui, dans la honte, se met en tension avec le moi.
- Fierté : La fierté est l’inverse de la honte, car elle ne renvoie pas à la disqualification sous le regard d’autrui.
📝 Points essentiels
- La honte est un affect éprouvé dans le moi et rattaché à la sexualité, comme conquête psychique du développement.
- Si un patient parle de ce qu’il ressent sans honte, cela suggère un affaiblissement de la barrière protectrice du surmoi et de l’idéal du moi.
- La honte est liée au fait d’être vu et de voir, avec un vécu d’humiliation et de mépris/disqualification.
- La culpabilité renvoie à la transgression d’interdits et à la critique du surmoi, tandis que la honte naît d’une tension moi–idéal du moi.
- Dans la honte, l’auto-observation devient un regard permanent porté sur soi, qui conduit à une disqualification.
- La honte touche l’être et le sentiment de valeur, avec un vécu de défaite du moi et une perte de contenance (« perdre la face »).
💡 Astuce mémo
Honte = « vu + disqualifié » (moi vs idéal du moi) ; Culpabilité = « interdit + surmoi ».
📊 Tableaux de synthèse
Deuil vs mélancolie (Freud)
| Point commun | Deuil | Mélancolie |
|---|
| Perte d’objet | Travail psychique lent et douloureux pour reconnaître la réalité et retirer progressivement les investissements libidinaux | Désinvestissement très rapide, douleur phénoménale contrastante avec le retrait rapide |
| Refus initial | Rébellion contre la perte (refus de renoncer à un objet investi) | Refus de la preuve de la réalité car l’objet n’est pas désinvesti mais maintenu via identification |
| Mécanisme central | Mobilité libidinale : investissements/désinvestissements qui bougent | Identification à l’objet perdu incorporé au moi + scission du moi avec surmoi qui se déchaîne |
| Expression clinique | Douleur liée au travail de réalité | Auto-disqualification sans honte : « je suis nul » / « je suis rien » / « je ne vaux rien » (haine contre l’objet incorporé) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre deuil et mélancolie : dans le deuil la réalité est reconnue lentement, alors que dans la mélancolie le refus de la preuve de la réalité s’explique par l’identification à l’objet perdu.
- Croire que l’auto-disqualification « sans honte » signifie absence de haine : selon Freud, c’est une haine portée contre l’objet incorporé au moi.
- Mélanger douleur et angoisse : la douleur répond à la perte elle-même, l’angoisse au danger impliqué par cette perte.
- Penser que la perte est toujours « consommée » : en mélancolie, la perte n’est pas consommée car l’objet est érigé dans le moi.
- Réduire la capacité depressive à « être triste » : elle suppose un travail de liaison permettant d’accéder à des vécus dépressifs authentiques (tristesse avec représentations de perte).
- Confondre culpabilité et honte : la culpabilité renvoie à la transgression d’interdits critiqués par le surmoi, la honte à une tension moi–idéal du moi vécue sous le regard d’autrui.
- Oublier la différence de traitement de l’absence : une perte traitée par activité représentative permet de se réorienter, alors qu’une perte collée au percept reste intraitable.
✅ Checklist Examen
- Expliquer pourquoi Freud compare normal et pathologique à partir du deuil : même point de départ (perte d’un objet ou d’une équivalence) et conséquences psychiques.
- Décrire le refus initial de la perte (rébellion) et montrer comment il peut aller jusqu’à une psychose hallucinatoire de désir.
- Présenter le travail du deuil : reconnaissance lente et douloureuse de la réalité et retrait progressif des investissements libidinaux.
- Présenter la dynamique mélancolique : désinvestissement très rapide, douleur phénoménale contrastante, identification à l’objet perdu et scission du moi.
- Expliquer le rôle du surmoi dans la mélancolie : déchaînement contre le moi et formulation clinique de l’auto-disqualification.
- Justifier le refus de la preuve de la réalité en mélancolie par le fait que l’objet n’est pas désinvesti mais maintenu dans le moi.
- Relier la mélancolie à l’ambivalence : montrer que la haine contre l’objet incorporé a une fonction structurante (différenciation/clivage/projection).
- Décrire la position schizo paranoïde puis la position dépressive : passage vers un objet entier unique et nécessité de supporter amour/haine.
- Expliquer l’apport de Winnicott : aire transitionnelle (illusion→symbolisation→reconnaissance de la perte) et capacité de jouer (y compris avec pensées/fantasmes).
- Expliquer le complexe de la mère morte (Green) : désinvestissement massif et brutal, effraction psychique non symbolisable, mesures défensives (désinvestissement affectif) et hyperactivité représentative.
- Distinguer dépression avec maintien libidinal et dépression d’extinction pulsionnelle : déliaison et action des pulsions de mort.
- Définir le deuil primaire (Racamier) et expliquer comment les identifications substituent l’investissement d’objet pour éviter l’abandon.
- Expliquer la spécificité de l’adolescence dans le travail de perte : pertes multiples, renoncements (œdipiens, idéaux parentaux, corps enfant) et renoncement à la bisexualité (manque→différence→deuil).
- Décrire la capacité depressive (Jeammet) : passer d’équivalents dépressifs (comportements, addictions, TCA, fatigue) à des vécus dépressifs authentiques via liaison affect–représentation (dire « je suis triste »).
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