Fiche de révision : Les mécanismes de perception sociale

Plan du Cours

  1. Aspects du soi
  2. Stratégies d'impression
  3. Comportements d’aide
  4. Agression sociale
  5. Formation d’impression
  6. Erreur d’attribution
  7. Corrélation illusoire
  8. Catégorisation sociale
  9. Effet brebis galeuse
  10. Stéréotypes et préjugés

1. Aspects du soi

Notions clés & Définitions

  • Concept de soi : Ensemble des caractéristiques que l’on croit posséder, constituant un aspect cognitif du soi (Schank & Abelson, 1977). Il représente la perception que l’individu a de ses qualités, traits et attributs personnels.

  • Estime de soi : Évaluation positive ou négative de ses caractéristiques, correspondant à l’aspect affectif du soi. Elle reflète le jugement que l’individu porte sur la valeur de ses qualités (Derlega et al., 1993).

  • Présentation de soi : Manière dont une personne se montre aux autres, en choisissant les aspects de son soi à révéler ou à dissimuler. Elle inclut deux formes : la présentation stratégique pour gérer l’impression et la présentation authentique pour révéler le vrai soi.

  • Scripts ou scénarios psychologiques : Modèles mentaux ou plans d’action que l’individu utilise pour décider quels aspects du soi partager en fonction des situations sociales (Schank & Abelson, 1977).

  • Présentation de soi stratégique : Gestion consciente des impressions pour influencer la perception d’autrui, en modelant son comportement ou ses indices pour créer une impression précise (Schlenker, 1980).

  • Présentation de soi authentique : Révélation sincère de ses véritables caractéristiques, en se montrant sous son vrai jour, sans manipulation stratégique (Derlega et al., 1993).

Points essentiels

  • Le concept de soi est une représentation cognitive, formée des caractéristiques que l’individu croit posséder, et constitue la base de l’identité personnelle.

  • L’estime de soi est une évaluation affective, qui peut varier selon la perception de ses qualités et influences sociales, impactant la confiance et le bien-être.

  • La présentation de soi se divise en deux formes : la stratégie, qui vise à influencer l’image que l’on donne, et l’authenticité, qui privilégie la sincérité et la transparence.

  • Les scripts ou scénarios psychologiques guident le choix des aspects du soi à partager, en fonction des règles sociales et des objectifs personnels.

  • La gestion des impressions (présentation stratégique) permet de contrôler la perception d’autrui, tandis que la révélation authentique favorise une relation basée sur la sincérité.

À retenir

Le concept de soi englobe à la fois la perception cognitive de ses caractéristiques, l’évaluation affective de leur valeur, et la manière dont on choisit de se présenter aux autres, selon des stratégies ou une authenticité.

2. Stratégies d'impression

Notions clés & Définitions

  • Stratégie auto-handicapante : Technique consistant à préparer à l’avance des excuses ou des conditions qui serviront d’explications en cas d’échec, afin de préserver l’estime de soi ou de se valoriser indirectement (voir contenu source).
  • Se couvrir de gloire de façon indirecte : Tactique visant à valoriser ses qualités ou ses réussites sans le faire de manière explicite, souvent pour gérer l’impression donnée aux autres.
  • Flatter les qualités des autres : Comportement visant à renforcer une image positive de soi en valorisant autrui, ce qui peut indirectement améliorer sa propre perception ou son image sociale.
  • Accorder une faveur ou rendre un service pour influencer : Stratégie consistant à offrir une aide ou un service dans le but d’influencer la perception ou le comportement de la personne cible, en gérant l’impression que l’on souhaite donner.
  • Se conformer à l’opinion de la personne cible : Adoption de comportements ou d’attitudes en accord avec ce que la personne souhaite ou attend, pour favoriser une impression favorable.
  • Promotion de soi pour gérer l’impression donnée aux autres : Action visant à mettre en avant ses qualités ou ses succès pour contrôler la perception que les autres ont de soi, souvent dans une optique stratégique.

Points essentiels

  • La stratégie auto-handicapante permet d’éviter la "perte de face" en cas d’échec en préparant des excuses à l’avance, ou de se valoriser en cas de réussite. Elle est utilisée de façon variable selon l’individu (incertitude, genre, conscience de soi élevée).
  • La gestion des impressions peut se faire de manière stratégique, en modelant son comportement pour créer une image précise, ou de façon authentique, en révélant son vrai soi (Derlega et al., 1993).
  • La promotion de soi et la flatterie sont des moyens de gérer l’impression pour favoriser une perception positive ou influencer autrui.
  • La gestion stratégique inclut des tactiques comme flatter les autres, se conformer à leur opinion, ou accorder une faveur, pour atteindre un objectif social ou relationnel.

À retenir

Les stratégies d’impression, notamment la stratégie auto-handicapante, permettent de gérer la perception que les autres ont de soi en préparant des explications ou en adoptant des comportements spécifiques, afin de préserver ou d’améliorer son image sociale.

3. Comportements d’aide

Notions clés & Définitions

  • Comportement d’aide : Action intentionnelle visant à améliorer la situation d’autrui (définition générale).
  • Motivation égoïste au bénévolat : Motivation à aider motivée par des intérêts personnels, tels que la compréhension, le développement personnel ou l’estime de soi (Omoto & Snyder, 1995).
  • Motivation altruiste au bénévolat : Motivation à aider basée sur des valeurs, des préoccupations pour la communauté ou le bien-être d’autrui, sans attente de bénéfice personnel (Omoto & Snyder, 1995).
  • Effet de la pression temporelle : Influence du temps disponible sur l’intention d’aider, plus faible lorsque la pression est faible (Omoto & Snyder, 1995).
  • Effet de la réciprocité : Tendance à aider davantage lorsque l’aide est rendue en retour, renforçant la motivation altruiste ou égoïste (Omoto & Snyder, 1995).
  • Déterminants situationnels : Facteurs liés à l’environnement ou aux normes sociales, tels que la pression temporelle ou la présence d’autres personnes, qui influencent l’intention d’aider (Omoto & Snyder, 1995).

Points essentiels

  • Les comportements d’aide regroupent toute action intentionnelle pour améliorer la situation d’autrui, motivée par des facteurs personnels ou situationnels (Omoto & Snyder, 1995).
  • La motivation au bénévolat peut être égoïste, centrée sur le développement personnel, ou altruiste, basée sur des valeurs ou la préoccupation pour la communauté (Omoto & Snyder, 1995).
  • L’échelle de motivation distingue cinq dimensions : valeurs, compréhension, développement personnel, préoccupations pour la communauté, estime de soi (Omoto & Snyder, 1995).
  • La pression temporelle et la réciprocité sont deux facteurs situationnels majeurs influençant le degré d’aide : l’aide tend à augmenter lorsque la pression est faible et la réciprocité est élevée (Omoto & Snyder, 1995).
  • Les déterminants personnels incluent les caractéristiques de l’aidant et de l’aidé, tandis que les déterminants situationnels comprennent normes sociales, présence d’autres personnes, et modélisation (Omoto & Snyder, 1995).

À retenir

Les comportements d’aide sont motivés par des facteurs égoïstes ou altruistes, et leur intensité dépend à la fois des caractéristiques personnelles et des contextes situationnels, notamment la pression temporelle et la réciprocité.

4. Agression sociale

Notions clés & Définitions

  • Agression : comportement social visant à infliger un dommage physique ou psychologique à autrui, impliquant intentionnalité et cible animée (voir section 4).
  • Agression physique : forme d’agression consistant à infliger un dommage corporel ou matériel à autrui.
  • Agression verbale : forme d’agression utilisant le langage pour nuire à autrui (insultes, menaces).
  • Agression directe : acte d’agression visant directement la victime, sans intermédiaire (ex : gifle, injure).
  • Agression indirecte : acte d’agression visant la victime via un intermédiaire ou par des moyens détournés (ex : cyberharcèlement).
  • Agression hostile : comportement visant à nuire à autrui pour le plaisir ou la destruction (voir section 4).
  • Agression instrumentale : comportement visant à obtenir une ressource ou un avantage, avec une intention utilitaire (voir section 4).

Points essentiels

  • La définition consensuelle de l’agression, selon Baron & Richardson (1994), insiste sur l’objectif d’infliger un dommage à autrui, avec une dimension intentionnelle et ciblée.
  • La distinction entre agressions physiques et verbales permet de mieux comprendre les modes d’expression de l’agression.
  • La différenciation entre agressions directes et indirectes, notamment cyberharcèlement, souligne l’évolution des formes d’agression dans le contexte numérique.
  • La classification en agressions hostiles et instrumentales, selon la finalité, est essentielle pour analyser les motivations sous-jacentes (voir section 4).
  • L’intentionnalité et la cible animée sont des critères fondamentaux pour distinguer l’agression d’autres comportements ou actions (voir section 4).

À retenir

L’agression est un comportement intentionnel visant à infliger un dommage à autrui, pouvant prendre différentes formes selon la cible, la modalité et la finalité, ce qui complexifie son étude en psychologie sociale.

5. Formation d’impression

Notions clés & Définitions

  • Modèle du continuum (Fiske & Neuberg, 1990) : processus psychologique permettant de former une impression globale d’autrui, passant par plusieurs étapes successives, de la catégorisation initiale à l’individualisation.
  • Catégorisation initiale : étape automatique où l’individu classe rapidement une personne ou un objet dans une catégorie en fonction de sa saillance, de la récence ou de l’activation chronique des catégories (Fiske & Neuberg, 1990).
  • Confirmation : étape où l’individu recherche des informations permettant de valider la catégorie initiale, renforçant ainsi la première impression.
  • Recatégorisation : processus visant à ajuster ou modifier la catégorie initiale lorsque de nouvelles informations contredisent la première classification, ou à créer des sous-catégories pour mieux représenter la personne.
  • Individualisation : étape où, en l’absence de confirmation ou de recatégorisation possible, l’individu forme un jugement basé sur des caractéristiques distinctives et spécifiques de la personne, sortant ainsi du cadre des catégories générales.
  • Jugement catégoriel : processus de formation d’impression où l’individu utilise successivement ces étapes pour arriver à une évaluation globale de l’autrui.

Points essentiels

  • La formation d’impression débute par une catégorisation automatique basée sur la saillance, la récence ou l’activation chronique des catégories, sans nécessiter de motivation ou de ressources cognitives (Fiske & Neuberg, 1990).
  • La confirmation consiste à rechercher des informations qui confirment la catégorie initiale, renforçant la première impression.
  • La recatégorisation intervient lorsque les nouvelles informations remettent en question la catégorie initiale, permettant de créer des sous-catégories ou de modifier la classification.
  • En cas d’impossibilité de confirmation ou de recatégorisation, l’individu passe à une étape d’individualisation, en utilisant des caractéristiques spécifiques pour juger la personne.
  • Le modèle du continuum montre que ces étapes ne sont pas linéaires obligatoires, mais dépendent de la disponibilité d’informations, de la motivation et des ressources attentionnelles (Fiske & Neuberg, 1990).

À retenir

La formation d’impression suit un processus évolutif allant de la catégorisation automatique à l’individualisation, permettant à l’individu de construire une perception globale d’autrui en fonction des informations disponibles et de leur pertinence.

6. Erreur d’attribution

Notions clés & Définitions

  • Erreur d’attribution fondamentale (Ross, Amabile & Steinmetz, 1977) : biais cognitif consistant à surestimer l’importance des causes internes/dispositionnelles dans l’explication du comportement d’autrui, au détriment des causes externes/situationnelles. Par exemple, attribuer une mauvaise performance à un manque de compétence plutôt qu’à des facteurs contextuels.

  • Attribution causale : processus par lequel un individu explique les événements ou comportements d’autrui ou de soi-même. Elle distingue causes internes (dispositionnelles, personnelles) et causes externes (situationnelles, impersonnelles). Selon Gilbert & Malone (1995), ce processus peut être biaisé par des erreurs telles que l’erreur fondamentale d’attribution.

  • Biais d’attribution intergroupe (Pettigrew, 1990) : tendance à attribuer les comportements positifs d’un groupe à des causes internes et les comportements négatifs à des causes externes pour l’endogroupe, et inversement pour l’exogroupe, phénomène aussi appelé erreur ultime d’attribution. Ce biais est accentué par la saillance du groupe, les conflits intergroupe, et les préjugés.

  • Explication motivationnelle (Weiner, 1972) : l’erreur d’attribution s’explique par le besoin de contrôle et de prédiction de l’environnement, qui pousse à privilégier des causes internes, perçues comme plus contrôlables ou méritées, notamment dans le cadre de la croyance en un « monde juste » (Lerner, 1970).

  • Norme d’internalité (Beauvois & Dubois, 1988) : norme sociale valorisant la tendance à attribuer les comportements à des causes internes plutôt qu’externes, ce qui influence la perception et l’interprétation des actions.

Points essentiels

  • L’erreur fondamentale d’attribution est un biais cognitif qui conduit à surestimer le rôle des causes internes dans le comportement d’autrui, en ignorant ou minimisant l’impact des facteurs situationnels (Ross, Amabile & Steinmetz, 1977). Elle est souvent liée à la saillance du comportement ou de la personne, qui capte l’attention plus que la situation.

  • La théorie de Gilbert & Malone (1995) propose plusieurs causes de cette erreur : perception inadéquate de la situation, attentes irréalistes sur l’effet de la situation, perception biaisée du comportement, et faibles ressources cognitives pour corriger l’inférence.

  • La crise intergroupe accentue ce biais, notamment par l’attribution de causes internes aux comportements positifs de l’endogroupe et de causes externes aux comportements négatifs, phénomène appelé erreur ultime d’attribution (Pettigrew, 1990). Ce biais contribue à la stéréotypie et aux préjugés.

  • La motivation à contrôler et prédire l’environnement, ainsi que la norme sociale valorisant l’internalité, favorisent cette tendance, même si elle ne correspond pas toujours à la réalité des situations.

À retenir

L’erreur fondamentale d’attribution est un biais cognitif qui pousse à privilégier des causes internes pour expliquer le comportement d’autrui, en ignorant souvent l’impact des facteurs situationnels, ce qui peut renforcer les stéréotypes et les préjugés, surtout dans un contexte intergroupe.

7. Corrélation illusoire

Notions clés & Définitions

  • Corrélation illusoire : Perception erronée d’une relation entre deux événements ou variables, qui semble exister alors qu’elle est en réalité inexistante ou faible, souvent influencée par des biais cognitifs (voir aussi influence des stéréotypes).
  • Effet de récence : Phénomène où l’information la plus récente ou la plus saillante dans la mémoire influence de manière disproportionnée la perception ou le jugement, contribuant à la formation de corrélations illusoires (voir aussi formation d’impression).
  • Activation chronique : Activation persistante de certaines catégories ou stéréotypes dans la mémoire, qui influence la perception des relations entre événements ou caractéristiques, favorisant la perception de corrélations illusoires (voir aussi catégorisation automatique).
  • Biais cognitifs dans la formation d’impression : Distorsions systématiques dans la façon dont les individus construisent leur perception d’autrui, notamment par la tendance à percevoir des relations entre traits ou événements qui ne sont pas réellement liés, influencés par des stéréotypes ou attentes (voir aussi formation d’impression).

Points essentiels

  • La corrélation illusoire résulte d’un processus cognitif où l’individu perçoit une relation entre deux événements sans qu’elle soit supportée par des données objectives, souvent renforcée par des biais comme la perception sélective ou la mémoire sélective.
  • L’effet de récence joue un rôle crucial : une information récente ou saillante peut donner l’illusion d’une relation causale ou corrélationnelle, même en l’absence de lien réel.
  • L’activation chronique des catégories ou stéréotypes dans la mémoire favorise la perception de corrélations illusoires, car ces catégories sont plus facilement accessibles et influencent la perception des événements ou traits.
  • Les biais cognitifs dans la formation d’impression, comme la tendance à rechercher des relations ou à confirmer des attentes préexistantes, renforcent la croyance en des corrélations qui n’existent pas objectivement.
  • La perception erronée de corrélations contribue à la formation et au maintien des stéréotypes, en donnant une apparence de cohérence ou de causalité entre traits ou comportements, renforçant ainsi les biais dans l’interprétation des relations sociales.

À retenir

La corrélation illusoire est un biais cognitif qui pousse à percevoir des relations entre événements ou traits sans fondement réel, souvent renforcé par l’effet de récence, l’activation chronique et les biais dans la formation d’impression, contribuant à la consolidation des stéréotypes.

8. Catégorisation sociale

Notions clés & Définitions

  • Catégorisation sociale : activité cognitive visant à classer les personnes ou objets dans des catégories, facilitant la simplification de l’environnement social (voir section 4).
  • Catégorisation initiale automatique : processus de classement des individus dans une catégorie dès la première rencontre, sans effort conscient, dépendant de la saillance, de la récence et de l’activation chronique (Fiske & Neuberg, 1990).
  • Influence des normes sociales sur la catégorisation : règles et attentes sociales qui orientent la manière dont les individus classent autrui, modulant la formation et la confirmation des catégories (voir section 10).
  • Effet de la saillance contextuelle sur la catégorisation : tendance à catégoriser davantage les stimuli qui sont particulièrement visibles ou saillants dans un contexte donné, augmentant leur probabilité d’être activés dans la mémoire (voir section 4).
  • Activation récente et chronique des catégories : processus par lequel certaines catégories sont plus facilement accessibles en mémoire, soit parce qu’elles ont été récemment utilisées (activation récente), soit parce qu’elles sont constamment présentes dans l’esprit (activation chronique) (Fiske & Neuberg, 1990).

Points essentiels

  • La catégorisation sociale débute souvent par une activité automatique, influencée par la saillance du contexte, la récence et l’activation chronique des catégories (Fiske & Neuberg, 1990).
  • La catégorisation initiale repose sur des indices saillants et peut être rapidement confirmée ou recatégorisée selon les nouvelles informations disponibles. La confirmation privilégie les attentes préalables, tandis que l’impossibilité de confirmer mène à une individualisation ou à la création de sous-catégories.
  • La norme sociale joue un rôle dans la manière dont les catégories sont formées ou modifiées, notamment en renforçant certains stéréotypes ou en orientant la recatégorisation.
  • La saillance contextuelle, la récence et l’activation chronique déterminent la facilité avec laquelle une catégorie est activée dans la mémoire, influençant la rapidité et la précision de la catégorisation.
  • La théorie du continuum (Fiske & Neuberg, 1990) montre que la formation d’impression évolue d’une catégorisation automatique vers une individualisation si les informations le permettent.

À retenir

La catégorisation sociale est un processus automatique influencé par la saillance, la récence et l’activation chronique des catégories, qui peut évoluer vers une individualisation selon la disponibilité et la confirmation des informations.

9. Effet brebis galeuse

Notions clés & Définitions

  • Effet brebis galeuse : tendance d’un groupe à exclure ou sanctionner un membre déviant ou perçu comme déviant, afin de préserver la cohésion et les normes sociales du groupe. (définition source)

  • Impact sur la cohésion et les normes sociales : l’exclusion ou la sanction d’un membre déviant vise à renforcer la solidarité du groupe et à maintenir un comportement conforme aux attentes collectives. (définition source)

  • Rôle dans la régulation des comportements sociaux : en sanctionnant un membre déviant, le groupe établit un exemple et dissuade les comportements déviants, contribuant ainsi à la stabilité et à la conformité au sein du groupe. (définition source)

  • Conséquences sur la dynamique de groupe : cette tendance peut renforcer la cohésion interne mais aussi créer des tensions ou des exclusions, pouvant fragiliser ou renforcer la stabilité du groupe selon le contexte. (définition source)

Points essentiels

  • L’effet brebis galeuse repose sur la nécessité pour un groupe de préserver ses normes sociales en sanctionnant ou excluant un membre déviant, même si cela peut conduire à des injustices ou à des tensions internes. (source)

  • La sanction ou l’exclusion d’un membre déviant sert à renforcer la cohésion du groupe en montrant une unité face à la déviance, mais peut aussi avoir des effets négatifs en isolant ou stigmatisant davantage le membre sanctionné. (source)

  • Ce mécanisme joue un rôle clé dans la régulation des comportements sociaux, en permettant au groupe de maintenir ses normes et d’éviter la dérive collective. (source)

  • La tendance à exclure ou sanctionner un membre déviant peut entraîner une dynamique de groupe plus homogène ou, à l’inverse, provoquer des divisions si la sanction est perçue comme injuste ou excessive. (source)

À retenir

L’effet brebis galeuse illustre comment la pression pour maintenir la cohésion sociale peut conduire à l’exclusion ou à la sanction d’un membre déviant, influençant ainsi la stabilité et la dynamique du groupe.

10. Stéréotypes et préjugés

Notions clés & Définitions

  • Stéréotypes (voir section 4) : croyances partagées et généralisées sur les caractéristiques d’un groupe, souvent simplifiées ou caricaturales, qui orientent la perception et l’évaluation des membres de ce groupe.
  • Préjugés (voir section 4) : attitudes négatives ou positives, souvent émotionnelles, dirigées envers un groupe ou ses membres, qui peuvent influencer le comportement social.
  • Différence entre stéréotype et préjugé : le stéréotype est une croyance ou une représentation cognitive, tandis que le préjugé est une attitude affective ou évaluative envers ce groupe.
  • Rôle des stéréotypes dans la formation d’impression et catégorisation (voir section 5) : ils facilitent la catégorisation sociale en permettant de ranger rapidement autrui dans des classes, mais peuvent conduire à des jugements erronés ou biaisés si ces stéréotypes sont incorrects ou exagérés.
  • Impact des stéréotypes sur le comportement social (voir section 4) : ils peuvent entraîner des comportements discriminatoires, renforcer les préjugés, ou influencer la manière dont les individus interagissent avec autrui, en favorisant ou en limitant l’accès à des ressources ou des opportunités.

Points essentiels

  • Les stéréotypes sont souvent partagés au sein d’un groupe social, ce qui renforce leur validité perçue et leur influence sur la perception des autres.
  • La formation de stéréotypes peut résulter de processus cognitifs automatiques, notamment la catégorisation sociale (voir section 8), qui simplifie la réalité mais peut aussi conduire à des généralisations abusives.
  • Les préjugés, en tant qu’attitudes négatives ou positives, peuvent se manifester par des comportements discriminatoires ou par des jugements biaisés, impactant la cohésion sociale et la justice.
  • La distinction entre stéréotype et préjugé est essentielle pour comprendre leur rôle dans la dynamique des relations intergroupes et pour élaborer des stratégies de réduction des biais (ex : déconstruction des stéréotypes, sensibilisation).
  • Les stéréotypes jouent un rôle dans la formation d’impression (voir section 5), en orientant la perception initiale et la confirmation ou la recatégorisation des individus.

À retenir

Les stéréotypes sont des croyances partagées qui simplifient la perception des groupes, tandis que les préjugés sont des attitudes négatives ou positives qui peuvent influencer le comportement social, souvent de manière discriminatoire. Leur interaction façonne profondément la dynamique intergroupes.

Tableaux de Synthèse

ThèmeNotions clésDéfinitions principalesAuteur(s)Points essentiels
Aspects du soiConcept de soiReprésentation cognitive des caractéristiques que l’on croit posséderSchank & Abelson (1977)Le concept de soi est une base de l’identité personnelle, influencé par la perception et l’évaluation affective.
Estime de soiÉvaluation affective de ses qualitésDerlega et al. (1993)L’estime de soi influence la confiance et le bien-être, variant selon la perception sociale.
Présentation de soiManière de se montrer aux autres-Se divise en stratégie (impression contrôlée) et authenticité (sincérité).
Stratégies d'impressionStratégie auto-handicapantePréparer des excuses ou conditions d’échec-Permet de préserver l’estime de soi face à un échec ou de valoriser une réussite.
Promotion de soiMettre en avant ses qualités-Vise à contrôler la perception sociale.
Comportements d’aideMotivation égoïsteAider pour des bénéfices personnelsOmoto & Snyder (1995)Inclut la compréhension, le développement personnel, l’estime de soi.
Motivation altruisteAider par souci pour autruiOmoto & Snyder (1995)Basée sur des valeurs, la communauté, sans attente de bénéfice personnel.
Agression socialeAgressionComportement visant à nuire-Peut être physique ou verbale, directe ou indirecte.

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre présentation stratégique et authentique : la première vise à manipuler l’image, la seconde à révéler le vrai soi.
  2. Croire que l’estime de soi est uniquement liée à la perception interne, alors qu’elle est aussi fortement influencée par la perception sociale.
  3. Confondre stratégie auto-handicapante et auto-dénigrement : la première est une tactique consciente, l’autre peut être involontaire ou négative.
  4. Penser que comportement d’aide est toujours motivé par l’altruisme, alors qu’il peut aussi être égoïste.
  5. Confusion entre agression physique et agression verbale : la première implique un dommage corporel, la seconde utilise le langage.
  6. Mauvaise interprétation de la corrélation illusoire : croire à tort qu’une relation entre deux variables est causale.
  7. Confusion entre catégorisation sociale et stéréotypes : la première est une classification, la seconde une croyance ou jugement préconçu.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition du concept de soi selon Schank & Abelson (1977) et ses composantes.
  2. Maîtriser la différence entre estime de soi et présentation de soi, avec leurs implications.
  3. Savoir distinguer la présentation stratégique de la présentation authentique, avec exemples.
  4. Connaître la stratégie auto-handicapante et ses objectifs, selon Schlenker.
  5. Identifier les tactiques de gestion d’impression : flatterie, conformité, faveur, promotion de soi.
  6. Comprendre les motivations égoïstes et altruistes dans le comportement d’aide, avec Omoto & Snyder.
  7. Connaître les facteurs situationnels influençant l’aide : pression temporelle, réciprocité.
  8. Définir l’agression, ses formes (physique, verbale, directe, indirecte) et ses cibles.
  9. Identifier les pièges fréquents liés à la confusion entre stratégies d’impression et authenticité.
  10. Connaître la différence entre corrélation et causalité, avec exemples.
  11. Maîtriser la notion de stéréotypes, leur origine et leur impact social.
  12. Savoir expliquer l’effet brebis galeuse dans un groupe ou une organisation.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Les mécanismes de perception sociale avec 10 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Comment s'appelle la stratégie d'impression qui consiste à préparer à l’avance des excuses ou des conditions d’échec pour préserver l’estime de soi ?

2. Qui a formulé le concept d'erreur fondamentale d'attribution ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Les mécanismes de perception sociale avec 20 flashcards interactives.

Concept de soi — définition ?

Perception que l’individu a de ses qualités et traits.

Estime de soi — rôle ?

Évaluation affective de ses caractéristiques personnelles.

Présentation de soi — formes ?

Stratégique (impression) et authentique (sincérité).

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