📋 Plan du Cours
- Mémoire à long terme
- Mémoire déclarative
- Mémoire non-déclarative
- Mémoire épisodique
- Mémoire sémantique
- Mémoire procédurale
- Modèles dualistes
- Modèle de Broadbent
- Modèle d'Atkinson-Shiffrin
- Mémoire de travail
📖 1. Mémoire à long terme
🔑 Notions clés & Définitions
- Mémoire à long terme (MLT) : stockage durable des informations, permettant leur conservation sur une période prolongée.
- Mémoire déclarative : mémoire des connaissances accessibles verbalement, qui peuvent être exprimées consciemment. Elle se divise en :
- Mémoire épisodique : souvenirs autobiographiques liés au temps et à l'espace, impliquant une projection dans le passé.
- Mémoire sémantique : connaissances générales sur le monde, indépendantes du contexte d'acquisition.
- Mémoire non-déclarative : mémoire des compétences et actions implicites, souvent automatiques et difficiles à verbaliser.
- Modèles dualistes : théories séparant la MLT et la mémoire à court terme (MCT), proposant des systèmes indépendants.
📝 Points essentiels
- La mémoire déclarative permet la récupération verbale indépendante de l'action : la mémoire sémantique concerne des connaissances générales, tandis que la mémoire épisodique concerne des souvenirs personnels datés et contextualisés.
- La mémoire épisodique nécessite de se projeter dans le passé, elle est située et coûteuse à récupérer.
- La mémoire sémantique est décontextualisée, souvent automatique, et concerne des faits et principes.
- La mémoire non-déclarative inclut la mémoire procédurale, qui concerne l'acquisition d'habiletés motrices et cognitives, souvent automatique, rigide, et implicite.
- Les modèles dualistes (ex : modèle de Broadbent, modèle de Waugh et Norman, modèle de Atkinson-Shiffrin) proposent une distinction claire entre MLT et MCT, avec des systèmes indépendants.
- La représentation des connaissances dans la mémoire déclarative peut être organisée en réseaux sémantiques.
- La théorie de Tulving (1972, 1983) précise que la mémoire épisodique et sémantique ont des contenus et des processus de récupération distincts.
💡 À retenir
La mémoire à long terme se divise en systèmes déclaratifs et non-déclaratifs, avec une distinction fondamentale entre souvenirs autobiographiques et connaissances générales, soutenue par des modèles dualistes qui proposent des systèmes indépendants pour leur stockage et leur récupération.
📖 2. Mémoire déclarative
🔑 Notions clés & Définitions
-
Mémoire déclarative : mémoire des connaissances accessibles verbalement, pouvant être récupérées et exprimées indépendamment d'une action particulière (adapté de Schacter et Tulving, 1994). Elle concerne des savoirs que l’on peut verbaliser, comme des faits ou des expériences.
-
Mémoire épisodique : souvenirs autobiographiques liés au temps et à l’espace, c’est-à-dire des expériences personnelles spécifiques. Selon Tulving (1972, 1983), c’est un système à entrées multiples et à sorties multiples, nécessitant une projection dans le passé pour le rappel.
-
Mémoire sémantique : connaissances générales sur le monde, telles que des faits, concepts, principes ou règles. Elle est indépendante des événements ou des actions, et la récupération est moins coûteuse et décontextualisée, souvent sans souvenir du contexte d’acquisition.
-
Récupération : processus d’accès aux informations stockées dans la mémoire déclarative, permettant de retrouver et d’utiliser ces connaissances.
-
Distinction entre mémoire épisodique et sémantique : basée sur le contexte et la nature des souvenirs, la mémoire épisodique concerne des souvenirs personnels datés et contextualisés, tandis que la mémoire sémantique concerne des connaissances générales et abstraites.
📝 Points essentiels
-
La mémoire déclarative est indépendante des actions susceptibles de la mettre en jeu, ce qui signifie qu’elle peut être récupérée verbalement sans action spécifique.
-
La mémoire épisodique contient des souvenirs autobiographiques, ancrés dans le temps et l’espace, et nécessite de se projeter dans le passé pour accéder à ces souvenirs.
-
La mémoire sémantique rassemble des connaissances générales, souvent sans contexte d’acquisition, et leur récupération est automatique et décontextualisée.
-
La distinction entre mémoire épisodique et sémantique repose sur le contenu (souvenirs personnels vs connaissances générales) et la facilité de récupération (coûteuse et située vs automatique et décontextualisée).
-
La mémoire déclarative peut être étudiée à travers différents modèles et théories, notamment ceux qui insistent sur la nature des connaissances et leur récupération.
💡 À retenir
La mémoire déclarative regroupe les connaissances verbales accessibles indépendamment de leur contexte d’acquisition, distinguant principalement la mémoire épisodique, liée aux souvenirs personnels, de la mémoire sémantique, liée aux connaissances générales.
📖 3. Mémoire non-déclarative
🔑 Notions clés & Définitions
- Mémoire non-déclarative : mémoire des compétences et actions implicites, stockant des connaissances qui ne nécessitent pas un accès conscient pour être exprimées (adapté de Schacter et Tulving, 1994).
- Mémoire procédurale : acquisition d'habiletés motrices et cognitives, caractérisée par une récupération incidente et indissociable de l'action, sans accès conscient nécessaire. Elle s'organise lors de l'apprentissage dynamique par pratique, observation ou imitation. La mémoire procédurale fonctionne automatiquement et de façon rigide, difficilement verbaliser (voir modèle d'Ackerman, 1988).
- Amorçage (priming) : facilitation de la récupération d'une information suite à une exposition antérieure, sans conscience de cette influence.
- Conditionnement classique : apprentissage associatif entre stimuli, où un stimulus neutre devient capable de provoquer une réponse en étant associé à un stimulus inconditionnel.
- Apprentissage dynamique : processus d'acquisition par pratique, observation ou imitation, impliquant une organisation lors de la réalisation d'une séquence d'actions, avec une transition de l'apprentissage déclaratif vers le procédural.
📝 Points essentiels
- La mémoire procédurale concerne "ce que je sais faire" et s'active lors de la réalisation d'une séquence d'actions. Elle est automatique, rigide, et peu accessible verbalement.
- L'apprentissage procédural se déroule en trois phases : une phase déclarative cognitive, une phase associative de compilation, puis une phase procédurale automatique.
- La mémoire procédurale peut passer par une étape déclarative, mais celle-ci est coûteuse et peu efficace pour l'automatisation.
- La facilitation par amorçage (priming) se manifeste par une récupération plus rapide ou plus efficace après une exposition antérieure, sans recours à la conscience.
- Le conditionnement classique est un apprentissage associatif entre stimuli, impliquant une réponse conditionnée.
- L'apprentissage dynamique s'appuie sur la pratique et l'observation, permettant une organisation automatique des actions.
💡 À retenir
La mémoire non-déclarative regroupe des savoirs implicites, notamment procéduraux, qui s'acquièrent par pratique ou conditionnement, et qui fonctionnent de manière automatique et rigide, sans accès conscient.
📖 4. Mémoire épisodique
🔑 Notions clés & Définitions
- Mémoire épisodique : système de mémoire responsable du stockage des souvenirs autobiographiques liés au temps et à l'espace, permettant de se rappeler d'événements personnels spécifiques. Selon Tulving (1972, 1983), elle possède des entrées multiples et des sorties multiples, impliquant une récupération dépendante du contexte.
- Souvenirs autobiographiques : expériences personnelles spécifiques, datées dans le temps et situées dans un espace précis, qui constituent des épisodes de vie.
- Voyage mental dans le temps : processus de rappel d'événements passés en se projetant dans le passé, caractéristique essentiel de la mémoire épisodique.
- Récupération située : dépendance au contexte lors du rappel, où la récupération d’un souvenir est facilitée par la présence de stimuli ou de contexte similaires à ceux de l'encodage.
- Nécessité de projection dans le passé : caractéristique de la mémoire épisodique qui nécessite de se remémorer activement un événement en se projetant dans le temps pour accéder au souvenir.
📝 Points essentiels
- La mémoire épisodique concerne des souvenirs autobiographiques, datés et liés à un contexte spatial et temporel précis.
- La récupération de ces souvenirs est coûteuse et située, dépendant fortement du contexte lors de l'encodage et du rappel.
- Elle implique un voyage mental dans le temps, où l’individu doit se projeter dans le passé pour retrouver l’événement.
- La distinction entre mémoire épisodique et mémoire sémantique repose sur la nature du contenu : souvenirs personnels datés versus connaissances générales.
- La mémoire épisodique est un système à entrées multiples et à sorties multiples, selon Tulving.
💡 À retenir
La mémoire épisodique permet de revivre mentalement des événements passés en se projetant dans le temps et l’espace, mais sa récupération dépend fortement du contexte et de la projection active dans le passé.
📖 5. Mémoire sémantique
🔑 Notions clés & Définitions
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Mémoire sémantique : connaissances générales sur le monde, relatives à des objets ou phénomènes, récupérables par le langage, indépendantes du contexte d'acquisition (adapté de Schacter et Tulving, 1994). Elle concerne des concepts, principes, règles, et est souvent déconnectée des événements spécifiques.
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Récupération décontextualisée : accès aux connaissances sans référence à un contexte précis d'apprentissage ou d'événement, permettant une expression indépendante de l'action ou de la situation d'origine.
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Connaissances encyclopédiques : faits et principes stockés dans la mémoire sémantique, tels que "Paris est la capitale de la France", accessibles sans référence à une expérience personnelle.
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Réseaux sémantiques : organisation des connaissances en structures reliées, où chaque concept est connecté à d'autres, facilitant la récupération et l'organisation des connaissances.
📝 Points essentiels
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La mémoire sémantique est distincte de la mémoire épisodique, qui concerne des souvenirs personnels datés et situés dans le temps et l'espace.
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La récupération de la mémoire sémantique est généralement automatique et décontextualisée, contrairement à la mémoire épisodique, qui est coûteuse et située.
-
La mémoire déclarative englobe à la fois la mémoire sémantique et la mémoire épisodique, mais celles-ci traitent de types de connaissances différentes.
-
La mémoire sémantique contient des connaissances générales, souvent sous forme de réseaux sémantiques, permettant une organisation efficace des concepts.
-
La distinction entre mémoire sémantique et mémoire épisodique repose sur la nature des connaissances (générales vs personnelles) et leur mode de récupération.
💡 À retenir
La mémoire sémantique rassemble nos connaissances générales sur le monde, organisées en réseaux reliés, et se caractérise par une récupération décontextualisée, indépendante des événements personnels.
📖 6. Mémoire procédurale
🔑 Notions clés & Définitions
- Mémoire procédurale : Système responsable de l'acquisition d'habiletés, de savoir-faire et de séquences d'actions. Elle fonctionne de manière automatique, implicite et rigide, sans nécessiter d'accès conscient (adapté de Schacter et Tulving, 1994).
- Apprentissage dynamique : Processus par lequel les connaissances se transforment en séquences d'actions automatisées, passant par une phase déclarative, une phase associative, puis une phase automatique (Ackerman, 1988).
- Fonctionnement automatique et rigide : La mémoire procédurale opère sans intervention consciente, avec peu de flexibilité, et est difficilement verbalisable.
- Savoir-faire : Ce que l'on sait faire, acquis par la pratique, l'observation ou l'imitation, et qui peut être mis en œuvre sans réflexion consciente.
- Modèle d'Ackerman (1988) : Modèle décrivant la transition de l'apprentissage d'une compétence depuis une phase déclarative vers une automatisation complète.
📝 Points essentiels
- La mémoire procédurale concerne l'apprentissage d'habiletés et de séquences d'actions. Elle est indissociable de l'action et ne nécessite pas d'accès à la conscience pour son fonctionnement.
- Elle se manifeste par une automatisation progressive, passant par trois phases :
- Phase déclarative : Apprentissage conscient avec traitement attentionnel, en lien avec la mémoire épisodique.
- Phase associative : Compilation et réduction des erreurs, moins de recours à la mémoire déclarative.
- Phase automatique : Automatisation complète, faible demande attentionnelle, fonctionnement rigide.
- L'apprentissage par la pratique, l'observation ou l'imitation permet de développer cette mémoire.
- La passage en mémoire déclarative est possible mais coûteux, comme dans le cas d'un instructeur de conduite.
- La mémoire procédurale est auto-entretenue par la répétition et l'exercice, ce qui la rend difficile à verbaliser.
- La modélisation d'Ackerman (1988) décrit cette évolution en termes de phases successives d'apprentissage.
💡 À retenir
La mémoire procédurale est un système implicite, automatique et rigide, qui permet d'acquérir et d'exécuter des savoir-faire par la pratique, sans recours conscient, à travers un processus d'automatisation progressive.
📖 7. Modèles dualistes
🔑 Notions clés & Définitions
- Modèles dualistes : théories qui proposent l’existence de deux systèmes distincts pour la mémoire, notamment MLT et MCT, avec des processus et capacités séparés.
- Modèle de Broadbent (1958) : modèle de filtrage sensoriel et de sélection attentionnelle, où toutes les entrées sensorielles sont brièvement stockées dans un buffer sensoriel, puis un seul canal est sélectionné via un filtre tout-ou-rien basé sur des propriétés physiques.
- Modèle de Waugh et Norman (1965) : distinction entre mémoire primaire (MCT) et mémoire secondaire (MLT), où la MCT stocke temporairement l’information à court terme, et la MLT stocke de façon permanente.
- Modèle de Atkinson-Shiffrin (1968) : système modal avec registres sensoriel, MCT et MLT, où l’information passe par un processus de répétition pour être transférée de la MCT à la MLT.
- Limites du modèle modal : preuves de systèmes indépendants et non hiérarchiques, notamment à travers des cas cliniques (ex : patient K.F et patient H.M) montrant que MLT peut fonctionner sans MCT intacte, et vice versa.
📝 Points essentiels
- Les modèles dualistes visent à expliquer la coexistence de systèmes de mémoire distincts, avec des capacités et durées différentes.
- Le modèle de Broadbent repose sur un filtrage sensoriel tout-ou-rien, avec un buffer sensoriel de courte durée (~250 ms), un filtre basé sur des propriétés physiques, et un canal à capacité limitée qui alimente le traitement cognitif.
- La critique principale du modèle de Broadbent est l’effet cocktail party : la perception de stimuli significatifs dans le canal non suivi, ce qui contredit le filtre tout-ou-rien.
- Le modèle de Waugh et Norman introduit la distinction entre mémoire primaire (court terme) et secondaire (long terme), considérée comme un jalon pour d’autres modèles.
- Le modèle de Atkinson-Shiffrin formalise un système avec registres sensoriel, MCT (capacité limitée, durée courte, stockage phonétique) et MLT (capacité illimitée, durée permanente, stockage sémantique).
- La répétition est vue comme un mécanisme de transfert de la MCT à la MLT, mais cette idée est remise en question par des preuves montrant que la répétition seule ne suffit pas pour une mémorisation durable.
- La critique du modèle modal souligne que la MCT et la MLT sont des systèmes indépendants, avec des dissociations cliniques (ex : patient K.F et H.M).
- La théorie des niveaux de traitement (Craik & Lockhart, 1972) propose que la profondeur du traitement lors de l’encodage détermine la qualité de la mémoire, indépendamment de la simple hiérarchie MCT-MLT.
💡 À retenir
Les modèles dualistes proposent que la mémoire se compose de systèmes séparés, avec des mécanismes et capacités distincts, mais leur relation n’est pas hiérarchique, comme le montre la dissociation entre MCT et MLT.
📖 8. Modèle de Broadbent
🔑 Notions clés & Définitions
- Modèle de Broadbent (1958) : théorie expliquant comment notre système perceptif sélectionne une source d'information parmi plusieurs entrées simultanées, en utilisant un filtrage sensoriel et attentionnel.
- Filtrage sensoriel et sélection attentionnelle : processus par lequel le système perceptif trie et choisit les stimuli à traiter en priorité, en se basant sur leurs propriétés physiques.
- Filtre tout-ou-rien : mécanisme de sélection basé uniquement sur des propriétés physiques, où le stimulus est soit entièrement sélectionné, soit rejeté, sans traitement intermédiaire.
- Filtre d'atténuation : modèle proposant une réduction de l'information non pertinente plutôt qu'une élimination totale, permettant à certains stimuli faibles mais significatifs de passer.
- Effet cocktail party : phénomène où, dans un environnement bruyant, une personne peut détecter un stimulus significatif (ex : son prénom) dans un canal non suivi, malgré le filtrage.
- Capacité limitée : notion selon laquelle le traitement de l'information ne peut se faire qu'en quantité restreinte à un moment donné, imposant des limites à la sélection et au traitement simultané.
📝 Points essentiels
- Le modèle de Broadbent (1958) repose sur trois composantes principales :
- Buffer sensoriel : stockage parallèle et bref (~250 ms) de toutes les entrées sensorielles avant toute sélection.
- Filtre sélectif (tout-ou-rien) : sélection d’un seul canal basé sur ses propriétés physiques (ex : fréquence, oreille).
- Canal à capacité limitée : seul l’information filtrée est traitée en profondeur, analogue à une mémoire à capacité limitée.
- La sélection se fait dès le stade sensoriel, empêchant la majorité des stimuli non sélectionnés d’accéder au traitement cognitif.
- La capacité limitée du canal à traitement limite la quantité d’information pouvant être traitée simultanément.
- Le modèle a été critiqué par l’effet cocktail party, où des stimuli significatifs dans le canal non suivi peuvent tout de même être perçus, remettant en question le caractère tout-ou-rien du filtrage.
- La réponse à cette critique a été le modèle d'atténuation (Treisman, 1964), où le filtre atténue plutôt qu'il élimine, permettant certains stimuli faibles de passer.
💡 À retenir
Le modèle de Broadbent propose que la sélection attentionnelle se fasse dès le stade sensoriel via un filtrage basé sur des propriétés physiques, mais il est limité par l'effet cocktail party, ce qui a mené à l'évolution vers des modèles d'atténuation.
📖 9. Modèle d'Atkinson-Shiffrin
🔑 Notions clés & Définitions
-
Modèle de Waugh et Norman (1965) : distinction entre mémoire primaire et mémoire secondaire, où la mémoire primaire correspond au stockage à court terme (MCT) et la mémoire secondaire au stockage à long terme (MLT). La mémoire primaire est responsable du maintien temporaire de l'information, tandis que la mémoire secondaire stocke durablement les connaissances. Le processus de transfert entre ces deux systèmes se fait par répétition. La preuve de leur indépendance est apportée par des dissociations cliniques, notamment chez des patients avec atteinte d’un système sans affecter l’autre.
-
Mémoire primaire : système responsable du stockage à court terme, permettant de maintenir l'information pendant une durée limitée, sans nécessairement la transférer en mémoire à long terme.
-
Mémoire secondaire : système responsable du stockage à long terme, permettant la conservation durable des informations, accessible indépendamment de la mémoire primaire.
-
Processus de transfert : mécanisme par lequel l'information passe de la mémoire primaire à la mémoire secondaire, principalement via la répétition.
-
Indépendance des systèmes : preuve que la mémoire primaire et la mémoire secondaire sont des systèmes distincts, démontrée par des dissociations cliniques où l’un peut être endommagé sans affecter l’autre.
📝 Points essentiels
-
Le modèle de Waugh et Norman (1965) pose la distinction fondamentale entre mémoire primaire (court terme) et mémoire secondaire (long terme). La mémoire primaire est limitée en capacité et en durée, tandis que la mémoire secondaire possède une capacité théoriquement illimitée et une durée permanente.
-
La répétition est le mécanisme principal permettant le passage de l'information de la mémoire primaire à la mémoire secondaire. Cependant, cette idée est remise en question par des études montrant que la simple répétition ne suffit pas toujours à assurer une mémorisation durable.
-
La preuve de l’indépendance des deux systèmes provient de dissociations cliniques : certains patients présentent une atteinte de la mémoire primaire tout en conservant la mémoire secondaire, et vice versa, ce qui indique qu’ils sont des systèmes séparés.
-
Le modèle de l’Atkinson et Shiffrin (1968) complète cette distinction en intégrant un registre sensoriel, une mémoire à court terme (MCT) et une mémoire à long terme (MLT), avec un processus de répétition pour le transfert.
💡 À retenir
Le modèle d'Atkinson-Shiffrin, enrichi par la distinction entre mémoire primaire et secondaire, met en évidence que la mémoire à court terme et la mémoire à long terme sont deux systèmes indépendants, reliés par un processus de répétition, mais que cette relation n’est pas toujours suffisante pour expliquer tous les phénomènes mnésiques.
📖 10. Mémoire de travail
🔑 Notions clés & Définitions
- Modèle modal d'Atkinson-Shiffrin (1968) : système avec registres sensoriel, mémoire à court terme (MCT) et mémoire à long terme (MLT). La mémoire sensorielle traite en parallèle les entrées sensorielles, la MCT manipule l'information verbale sous forme phonétique, et la MLT possède une capacité illimitée avec un stockage permanent. L'information transite entre ces registres via des processus de contrôle actifs, notamment la répétition, pour le transfert de la MCT vers la MLT. La codification en MLT est sémantique. La capacité de la MLT est considérée comme illimitée, et sa durée comme permanente.
- Processus de répétition : mécanisme permettant le transfert de l'information de la MCT vers la MLT. La répétition maintient l'information dans la MCT, augmentant la probabilité de son passage en MLT. La répétition seule, sans traitement élaboratif, ne garantit pas une mémorisation durable.
- Capacité illimitée de la MLT : stockage permanent et sans limite connue, contenant des réseaux sémantiques, expériences, images.
- Codage sémantique : format de stockage en MLT basé sur la signification, permettant une organisation par réseaux sémantiques, connaissances encyclopédiques, etc.
📝 Points essentiels
- La mémoire de travail (MdT) est une extension de la MCT, décomposée en sous-processus fonctionnels en interaction, notamment la boucle phonologique, le calepin visuo-spatial et l’administrateur central.
- La capacité de la MdT est limitée à environ 7 ± 2 chunks, avec un maintien temporaire de 20-30 secondes sans répétition active.
- La manipulation de l'information dans la MdT se fait en temps réel lors de tâches cognitives telles que raisonnement, compréhension ou calcul mental.
- La double tâche expérimentale montre que l'augmentation de la charge mnésique augmente le temps de résolution sans affecter le nombre d’erreurs, indiquant une capacité limitée mais gérable pour deux tâches simultanées.
- La boucle phonologique maintient l'information verbale via un stockage phonologique et une autorépétition subvocale, limitée par la vitesse d'articulation (~2 secondes par item).
- Le calepin visuo-spatial stocke et manipule des images mentales et des informations spatiales pour des activités comme la navigation ou la rotation mentale d’objets.
- La composante de l’administrateur central supervise et coordonne les sous-systèmes, permettant la manipulation et le traitement actif de l’information.
💡 À retenir
La mémoire de travail est un système limité mais flexible, essentiel pour la manipulation active de l'information dans le cadre de tâches cognitives, reposant sur des composants spécialisés comme la boucle phonologique et le calepin visuo-spatial. Son fonctionnement repose sur l’interaction entre capacité limitée, traitement en temps réel et mécanismes de maintien temporaire.
📅 Repères chronologiques
(aucun date explicitement mentionnée dans le contenu fourni, cette section est omise)
📊 Tableaux de Synthèse
| Critère | Mémoire déclarative | Mémoire non-déclarative |
|---|
| Définition | Connaissances verbales accessibles | Savoir implicite, automatique |
| Sous-systèmes | Épisodique (souvenirs personnels) | Procédurale, amorçage, conditionnement |
| Récupération | Verbale, consciente | Incidente, automatique |
| Nature des connaissances | Faits, expériences, concepts | Habiletés, réflexes, priming |
| Exemple | Souvenir d’un voyage, définition d’un mot | Apprendre à faire du vélo, réponse conditionnée |
| Modèles clés | Auteur(s) | Description |
|---|
| Modèle de Broadbent | Broadbent | Modèle dualiste, distinction MLT / MCT |
| Modèle d’Atkinson-Shiffrin | Atkinson & Shiffrin | Système de mémoire à court terme et à long terme |
| Modèle de Tulving | Tulving | Distinction entre mémoire épisodique et sémantique |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre mémoire déclarative et non-déclarative : la première est verbale et consciente, la seconde implicite et automatique.
- Confondre mémoire épisodique et sémantique : épisodique concerne souvenirs personnels, sémantique connaissances générales.
- Croire que la mémoire procédurale est accessible verbalement : elle est principalement implicite et difficile à verbaliser.
- Confondre amorçage et mémoire déclarative : amorçage facilite la récupération sans conscience, la mémoire déclarative nécessite une récupération consciente.
- Penser que la mémoire sémantique dépend du contexte d’acquisition : elle est décontextualisée.
- Confondre la récupération située (mémoire épisodique) avec la récupération automatique (mémoire sémantique).
- Oublier que la mémoire à long terme est divisée en systèmes déclaratifs et non-déclaratifs, avec des processus de récupération distincts.
✅ Checklist Examen
- Connaître la définition de la mémoire à long terme et ses principales subdivisions (déclarative et non-déclarative).
- Savoir distinguer la mémoire épisodique de la mémoire sémantique, notamment en termes de contenu et de processus de récupération.
- Maîtriser la notion de mémoire déclarative, ses caractéristiques et ses modèles (Schacter, Tulving).
- Connaître la définition et les caractéristiques de la mémoire non-déclarative, notamment la mémoire procédurale, l’amorçage et le conditionnement.
- Comprendre le modèle de Tulving sur la distinction entre mémoire épisodique et sémantique.
- Savoir ce qu’est la mémoire procédurale et ses modalités d’acquisition.
- Identifier les principales caractéristiques des modèles dualistes (Broadbent, Atkinson-Shiffrin).
- Être capable d’expliquer le concept de voyage mental dans le temps en mémoire épisodique.
- Connaître la différence entre récupération située et récupération automatique.
- Maîtriser les pièges fréquents liés à la confusion entre différents types de mémoire.
- Connaître les auteurs clés : Schacter, Tulving, Broadbent, Atkinson & Shiffrin.
- Vérifier la maîtrise des notions de priming, conditionnement classique, et apprentissage dynamique.
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