Fiche de révision : Principes et stratégies en ergothérapie

Plan du Cours

  1. Approches en ergothérapie
  2. Modèles biomédicaux
  3. Approche bottom-up
  4. Approche top-down
  5. Méthode CO-OP
  6. Objectifs CO-OP
  7. Évaluation performance
  8. Processus d'apprentissage
  9. Généralisation et transfert
  10. Population cible

1. Approches en ergothérapie

Notions clés & Définitions

  • Pratique occupation-centrée : Approche qui place l’occupation et la participation du client au cœur de l’intervention, favorisant l’engagement dans des activités significatives pour la personne. Elle s’appuie sur la compréhension des enjeux occupationnels pour optimiser la réadaptation.

  • Valeurs personnelles et professionnelles en ergothérapie : Ensemble des principes, croyances et standards éthiques que l’ergothérapeute intègre dans sa pratique, influençant ses choix d’intervention, sa relation avec le client et sa remise en question de ses méthodes.

  • Contraintes institutionnelles influençant la pratique : Facteurs organisationnels, réglementaires ou administratifs qui limitent ou orientent la manière dont l’ergothérapeute peut intervenir, comme les politiques de service, les ressources disponibles ou les protocoles institutionnels.

  • Habitudes antérieures du service : Pratiques, routines ou paradigmes instaurés dans un service ou une équipe, souvent hérités de pratiques passées, qui peuvent freiner ou orienter la mise en œuvre de nouvelles approches ergothérapeutiques.

  • Remise en question de la pratique ergothérapeutique : Processus réflexif par lequel l’ergothérapeute évalue et ajuste ses méthodes, notamment face aux évolutions théoriques, aux résultats cliniques ou aux valeurs personnelles, afin d’améliorer la qualité de l’intervention.

Points essentiels

  • La pratique occupation-centrée constitue une réponse aux limites du modèle biomédical en favorisant l’engagement et la motivation du client, tout en respectant ses valeurs et ses préférences (voir section 4).
  • Les valeurs personnelles et professionnelles guident la démarche de l’ergothérapeute, notamment dans la remise en question de ses pratiques, afin d’assurer une intervention éthique, adaptée et évolutive.
  • Les contraintes institutionnelles, telles que les politiques ou ressources, peuvent influencer la sélection des stratégies d’intervention, nécessitant une adaptation constante pour maintenir la cohérence avec la pratique occupation-centrée.
  • La remise en question de la pratique ergothérapeutique est essentielle pour l’évolution professionnelle, permettant d’intégrer de nouvelles connaissances, d’adapter ses méthodes et de répondre aux besoins changeants des clients.
  • La réflexion sur les habitudes antérieures du service permet d’identifier les routines qui pourraient limiter l’innovation ou l’adoption de pratiques plus centrées sur l’occupation.

À retenir

L’ergothérapeute doit constamment équilibrer ses valeurs, ses habitudes professionnelles et les contraintes institutionnelles pour favoriser une pratique occupation-centrée, tout en remettant en question ses méthodes afin d’assurer une intervention éthique, efficace et adaptée aux besoins du client.

2. Modèles biomédicaux

Notions clés & Définitions

  • Modèle biomédical centré sur le déficit : Approche qui considère la pathologie ou la déficience comme la cause principale du problème, en focalisant la réadaptation sur la correction ou la compensation de cette déficience, sans nécessairement prendre en compte le contexte occupationnel ou environnemental.
  • Intervention axée sur les fonctions isolées : Stratégie thérapeutique qui cible spécifiquement une fonction ou une habileté particulière (ex. force musculaire, mobilité articulaire) sans intégrer la participation ou l’occupation globale, limitant ainsi la transférabilité des acquis.
  • Limites du modèle biomédical dans le transfert des acquis : Difficulté à appliquer ou à généraliser les compétences acquises dans un contexte thérapeutique à d’autres situations de la vie quotidienne, en raison de l’approche centrée sur la déficience plutôt que sur l’occupation ou la participation.
  • Contraintes institutionnelles liées au modèle biomédical : Facteurs organisationnels ou réglementaires qui favorisent une approche centrée sur la pathologie, limitant la flexibilité, l’innovation ou l’intégration d’approches occupation-centrées dans la pratique ergothérapeutique.

Points essentiels

  • Le modèle biomédical privilégie la correction des déficiences et des fonctions isolées, souvent au détriment de la participation occupationnelle.
  • Selon Che Daud et al. (2016), cette approche ne favorise pas toujours l’amélioration des activités occupationnelles, car elle ne prend pas en compte le contexte global de la personne.
  • La pratique basée uniquement sur ce modèle rencontre des limites dans le transfert des compétences, car elle ne facilite pas la généralisation dans différents environnements ou activités.
  • Les contraintes institutionnelles, telles que la formation initiale, les valeurs personnelles ou les habitudes du service, renforcent l’utilisation du modèle biomédical, souvent par tradition ou par organisation.
  • La critique du modèle biomédical invite à une réflexion sur la nécessité d’intégrer une approche plus occupationnelle et participative pour optimiser la réadaptation.

À retenir

Le modèle biomédical, centré sur la correction des déficiences et des fonctions isolées, présente des limites majeures dans le transfert des acquis vers la vie quotidienne, en étant souvent renforcé par des contraintes institutionnelles qui freinent l’évolution vers une pratique occupation-centrée.

3. Approche bottom-up

Notions clés & Définitions

  • Approche centrée sur le déficit : Méthode qui cible principalement la réparation ou la compensation des déficiences spécifiques, en se concentrant sur les fonctions isolées plutôt que sur l’occupation globale (voir section 2).
  • Acquisition des habiletés de base comme préalable : Idée que l’apprentissage des compétences fondamentales est nécessaire avant de pouvoir réaliser des activités complexes ou occupationnelles (voir section 4).
  • Répétition du mouvement comme méthode principale : Stratégie d’entraînement basée sur la répétition systématique pour renforcer la performance motrice ou fonctionnelle, favorisant la plasticité neuronale (voir section 8).
  • Approche traditionnelle en ergothérapie : Approche qui privilégie souvent la thérapie centrée sur la correction de déficits spécifiques, avec une orientation souvent bottom-up, en contraste avec les méthodes plus récentes centrées sur l’occupation (voir section 4).

Points essentiels

  • L’approche bottom-up se concentre sur l’amélioration des fonctions isolées, souvent par la répétition de mouvements, afin de renforcer les capacités de base nécessaires à la réalisation d’activités occupationnelles (voir définitions).
  • Elle repose sur l’idée que la réparation ou l’entraînement des habiletés fondamentales précède et facilite la participation occupationnelle, mais peut limiter la transférabilité des acquis vers des activités complexes (voir étude de Che Daud et al., 2016).
  • La méthode privilégie la répétition du mouvement pour renforcer la performance, en s’appuyant sur la plasticité neuronale, mais peut négliger l’aspect occupationnel global et la motivation du client (voir Fitts & Posner, 1967).
  • Elle est souvent associée à une pratique centrée sur le déficit, ce qui peut limiter l’engagement du client dans des activités significatives, contrairement à une approche top-down.

À retenir

L’approche bottom-up vise à renforcer les fonctions de base par la répétition du mouvement, mais peut manquer d’efficacité pour favoriser la participation occupationnelle globale, d’où l’intérêt d’intégrer des stratégies centrées sur l’occupation.

4. Approche top-down

Notions clés & Définitions

  • Approche centrée sur l’occupation et la participation : méthode qui privilégie l’engagement du client dans des activités significatives, en considérant la participation globale plutôt que la simple correction de déficits (voir section 3).
  • Interaction entre client, tâche et environnement : concept selon lequel l’apprentissage et la performance sont le résultat d’une dynamique entre la personne, la tâche à réaliser et le contexte environnemental, favorisant l’acquisition d’habiletés par cette interaction (voir section 3).
  • Approche récente en ergothérapie : démarche innovante qui s’éloigne des modèles traditionnels bottom-up, en mettant l’accent sur la performance occupationnelle et la résolution de problèmes, intégrant des stratégies de découverte guidée et de réflexion (voir section 3).
  • Acquisition des habiletés comme conséquence de l’interaction : principe selon lequel l’apprentissage de nouvelles compétences découle de l’engagement dans des activités significatives, en interaction avec l’environnement, plutôt que par la simple répétition de mouvements ou la correction de déficits (voir section 3).

Points essentiels

  • L’approche top-down se distingue par son focus sur la participation et la performance dans des activités occupationnelles, en intégrant la relation dynamique entre la personne, la tâche et l’environnement (voir section 3).
  • Elle repose sur l’idée que l’apprentissage et la développement des habiletés sont le fruit d’interactions complexes, et non uniquement de la répétition ou de la correction de déficits isolés (voir section 3).
  • La méthode CO-OP illustre cette approche en utilisant la réflexion, la résolution de problèmes, et la découverte guidée pour favoriser l’acquisition d’habiletés, la généralisation, et le transfert, tout en engageant la motivation du client (voir section 3).
  • La performance occupationnelle est considérée comme un indicateur clé, et l’intervention vise à améliorer la participation dans des activités significatives, en tenant compte du contexte global (voir section 3).
  • La compréhension de l’interaction entre client, tâche et environnement permet d’adapter l’intervention de façon individualisée, en favorisant l’autonomie et la métacognition (voir section 3).

À retenir

L’approche top-down privilégie la participation dans des activités significatives, en considérant l’interaction entre la personne, la tâche et l’environnement, pour favoriser l’acquisition d’habiletés par la réflexion et la résolution de problèmes.

5. Méthode CO-OP

Notions clés & Définitions

  • Méthode CO-OP : Approche centrée sur la personne, fondée sur la performance occupationnelle et la résolution de problèmes, permettant l’acquisition d’habiletés via l’utilisation de stratégies et la découverte guidée, tout en étant encadrée par une démarche BUT-PLAN-FAIRE-VERIFIER (Marie LAURIER, 2026).

  • Utilisation de stratégies : Processus par lequel le client apprend à résoudre ses problèmes en adoptant des méthodes adaptées, favorisant l’autonomie et la généralisation des compétences, dans une démarche métacognitive (voir section 6).

  • Découverte guidée : Approche pédagogique où l’ergothérapeute accompagne le client dans la réflexion et la résolution de ses problématiques, en lui permettant de développer ses capacités métacognitives et d’adopter ses propres stratégies (voir section 6).

  • Engagement et motivation du client : La méthode CO-OP repose sur l’implication active du client, en valorisant ses compétences et en favorisant sa motivation intrinsèque, ce qui optimise l’apprentissage et la rétention des habiletés (voir section 6).

  • Résolution de problèmes BUT-PLAN-FAIRE-VERIFIER : Processus structuré où le client identifie un problème, élabore un plan d’action, le met en œuvre, puis vérifie ses résultats, favorisant l’autonomie et la réflexion critique (Marie LAURIER, 2026).

  • Acquisition d’habiletés par réflexion et résolution de problèmes : La méthode privilégie l’apprentissage par la réflexion sur ses actions, permettant au client de développer ses capacités métacognitives et d’améliorer ses performances dans diverses activités (voir section 6).

Points essentiels

  • La méthode CO-OP est une approche occupationnelle, centrée sur la personne, qui vise à favoriser l’autonomie en utilisant la réflexion, la résolution de problèmes et l’engagement actif du client (Marie LAURIER, 2026).

  • Elle repose sur la découverte guidée, où l’ergothérapeute facilite le processus d’apprentissage en encourageant le client à élaborer ses stratégies, à réfléchir sur ses actions et à transférer ses compétences à de nouvelles activités (voir section 6).

  • La démarche BUT-PLAN-FAIRE-VERIFIER structure l’intervention, permettant au client de s’approprier ses habiletés, tout en développant ses capacités métacognitives, essentielles pour la généralisation et le transfert (Marie LAURIER, 2026).

  • La méthode a été initialement conçue pour les enfants avec Trouble Développemental de la Coordination (TDC), mais son application s’est étendue à d’autres populations, notamment les traumatisés crâniens, AVC, paralysies cérébrales, etc. (voir section 10).

  • La participation active, la motivation et l’autonomie du client sont au cœur de la démarche, ce qui en fait une méthode probante pour l’apprentissage d’habiletés occupationnelles (Marie LAURIER, 2026).

À retenir

La méthode CO-OP est une approche occupationnelle centrée sur la personne, qui favorise l’autonomie par la réflexion, la résolution de problèmes et l’utilisation stratégique, permettant une généralisation efficace des habiletés.

6. Objectifs CO-OP

Notions clés & Définitions

  • Acquisition d’habiletés : Processus par lequel le client apprend à réaliser une tâche ou une activité spécifique, permettant une amélioration concrète de ses compétences (voir section 9).
  • Utilisation de stratégies : Emploi délibéré de méthodes ou techniques par le client pour faciliter l’apprentissage ou la réalisation d’une activité, favorisant l’autonomie et la résolution de problèmes (voir section 9).
  • Généralisation : Capacité à appliquer une habileté ou une stratégie acquise dans différents contextes ou activités, au-delà de la situation d’apprentissage initiale (voir section 9).
  • Transfert : Capacité à utiliser une stratégie ou une habileté dans une nouvelle activité ou situation, différente de celle d’origine, facilitant l’adaptation et l’indépendance (voir section 9).
  • Développement des capacités métacognitives : Processus par lequel le client apprend à réfléchir sur sa propre façon d’agir et d’apprendre, à évaluer l’efficacité de ses stratégies, et à ajuster ses comportements pour améliorer ses performances (voir section 9).

Points essentiels

  • La méthode CO-OP vise à atteindre quatre objectifs principaux : l’acquisition d’habiletés, l’utilisation de stratégies, la généralisation et le transfert, en s’appuyant sur une approche centrée sur la personne et la résolution de problèmes (voir section 11-13).
  • La métacognition joue un rôle clé dans la réussite de ces objectifs, en permettant au client de réfléchir sur ses actions, d’évaluer leur efficacité, et d’adopter des stratégies satisfaisantes (voir section 14-17).
  • La pratique basée sur des preuves montre que CO-OP permet d’atteindre ces objectifs, avec des améliorations secondaires sur la participation, la cognition, la flexibilité mentale, et le sentiment d’efficacité personnelle (voir section 18).
  • La généralisation et le transfert sont souvent difficiles à atteindre, d’où l’importance de la méthode CO-OP pour favoriser ces processus, notamment par la réflexion et la résolution de problèmes (voir section 50).

À retenir

La réussite de CO-OP repose sur le développement simultané des habiletés, des stratégies, et des capacités métacognitives, permettant une généralisation et un transfert efficaces dans diverses activités et contextes.

7. Évaluation performance

Notions clés & Définitions

  • MCRO (Performance Quality Rating Scale) : Échelle d’observation permettant d’évaluer la performance d’une habileté en se concentrant sur la qualité de l’exécution, réalisée à plusieurs reprises pour mesurer le progrès (voir source).
  • PQRS (Performance Quality Rating Scale) : Outil d’évaluation par le thérapeute, basé sur l’observation, visant à quantifier la performance occupationnelle en attribuant un score, généralement réalisé 3 fois avec calcul d’une moyenne (voir source).
  • Analyse dynamique de performance (ADP) : Observation ciblée des points d’échec lors de l’exécution d’une tâche, permettant d’identifier précisément les difficultés sans se focaliser sur la déficience ou la coordination, mais sur la performance concrète (voir source).
  • Mesure du changement avec delta de 2 points : Critère d’évaluation indiquant une amélioration significative de la performance, observable par une augmentation d’au moins 2 points dans les scores MCRO ou PQRS à la fin de l’intervention (voir source).

Points essentiels

  • La performance initiale est évaluée à l’aide de la MCRO et du PQRS pour établir une ligne de base. La MCRO permet une évaluation qualitative, tandis que le PQRS fournit une mesure quantitative par observation (voir source).
  • L’ADP se concentre sur l’observation des points d’échec concrets lors de l’exécution d’une tâche, sans se limiter à une évaluation globale, facilitant ainsi la compréhension des difficultés spécifiques (voir source).
  • La mesure du changement se fait en comparant les scores de début et de fin d’intervention, avec un delta de 2 points comme seuil pour considérer qu’un progrès significatif a été réalisé (voir source).
  • La réussite de l’évaluation du changement repose sur la réalisation de scores cohérents et la confirmation d’un delta de 2 points ou plus, ce qui indique une amélioration tangible dans la performance occupationnelle (voir source).

À retenir

L’évaluation de la performance initiale avec MCRO et PQRS, combinée à l’analyse dynamique, permet de cibler précisément les difficultés et de mesurer efficacement le progrès, en considérant un delta de 2 points comme indicateur d’amélioration significative.

8. Processus d'apprentissage

Notions clés & Définitions

  • Processus d’apprentissage moteur (Fitts, 1967) : progression par étapes dans la maîtrise d’un mouvement, comprenant le stade cognitif, le stade associatif et le stade autonome, permettant de passer d’une exécution consciente à une automatisation.
  • Stade cognitif : phase initiale où l’apprenant doit comprendre la tâche, souvent caractérisée par une exécution maladroite et une forte conscience de l’action.
  • Stade associatif : phase intermédiaire où l’apprenant affine la coordination, réduit les erreurs et devient plus efficace dans l’exécution.
  • Stade autonome : étape finale où la tâche devient automatique, avec une exécution fluide et peu d’attention consciente requise.
  • Découverte guidée : méthode d’apprentissage où le client explore et découvre les stratégies ou habiletés avec l’aide de l’ergothérapeute, favorisant la réflexion et la résolution de problèmes.
  • Importance de la réflexion dans l’apprentissage : processus par lequel l’individu analyse ses actions, évalue son efficacité et ajuste ses stratégies pour améliorer ses performances, essentiel dans la méthode CO-OP.

Points essentiels

  • Le processus d’apprentissage moteur selon Fitts (1967) se divise en trois stades : cognitif, associatif et autonome, correspondant à une progression dans la maîtrise et l’automatisation des mouvements.
  • La transition entre ces stades implique une réduction progressive de l’attention portée à la tâche, une meilleure coordination et une automatisation des mouvements.
  • La découverte guidée permet au client d’explorer et d’expérimenter différentes stratégies pour accomplir une tâche, facilitant la progression dans l’apprentissage.
  • La réflexion joue un rôle central dans l’apprentissage, notamment dans la méthode CO-OP, en permettant au client d’évaluer ses performances, d’identifier ses stratégies efficaces et d’adapter ses actions pour une meilleure généralisation.
  • La maîtrise de ces processus est essentielle pour favoriser l’autonomie et la transférabilité des habiletés acquises.

À retenir

L’apprentissage moteur progresse à travers trois stades (cognitif, associatif, autonome), et la réflexion ainsi que la découverte guidée sont clés pour optimiser cette progression, notamment dans la méthode CO-OP.

9. Généralisation et transfert

Notions clés & Définitions

  • Généralisation : application d’une habileté dans différents contextes, permettant à la personne d’utiliser une compétence acquise dans un environnement ou une situation variée (voir section 6).
  • Transfert : capacité à utiliser des stratégies ou des compétences apprises dans une activité pour en appliquer une nouvelle ou différente, facilitant l’adaptation à de nouvelles tâches ou environnements (voir section 6).
  • Difficultés dans la généralisation et le transfert : souvent rencontrées, ces processus sont difficiles à atteindre car ils nécessitent une abstraction et une flexibilité mentale accrues, et sont peu abordés dans les interventions classiques (voir section 6).
  • Méthode CO-OP : approche centrée sur la personne, fondée sur la performance occupationnelle et la résolution de problèmes, qui utilise la réflexion et la découverte guidée pour favoriser la généralisation et le transfert des habiletés (voir section 6).

Points essentiels

  • La littérature montre que, bien que l’acquisition d’habiletés soit généralement atteinte, la généralisation et le transfert restent problématiques et peu souvent intégrés dans les pratiques de réadaptation (voir section 6).
  • La méthode CO-OP est particulièrement efficace pour promouvoir ces processus, en engageant la personne dans une réflexion active sur ses stratégies et en lui permettant de développer ses capacités métacognitives, essentielles pour la généralisation et le transfert (voir section 6).
  • La généralisation concerne la capacité à reproduire une habileté dans différents environnements ou situations, par exemple, faire ses lacets à la maison puis à la piscine.
  • Le transfert implique l’utilisation de stratégies ou compétences dans de nouvelles activités, comme appliquer un nœud appris pour faire un nœud de jogging après avoir maîtrisé celui de la pêche.
  • La difficulté à atteindre ces processus explique l’importance de méthodes structurées et centrées sur la résolution de problèmes, telles que CO-OP, pour améliorer la transférabilité des compétences (voir section 6).

À retenir

La généralisation et le transfert sont des étapes clés pour assurer la pérennité des acquis en ergothérapie, et la méthode CO-OP constitue une approche probante pour favoriser leur développement en impliquant activement la personne dans la réflexion et la résolution de problèmes.

10. Population cible

Notions clés & Définitions

  • Population initiale : enfants présentant un Trouble Développemental de la Coordination (TDC), caractérisé par des difficultés motrices et d’organisation des mouvements, impactant leur participation aux activités quotidiennes.
  • Extension de la population : inclut désormais des adultes ou jeunes ayant subi des traumatismes crâniens, des AVC, ou souffrant de paralysies cérébrales, avec des profils similaires en termes de déficits de coordination et de capacités d’adaptation.
  • Critères d’exclusion : caractéristiques empêchant la participation efficace à la thérapie, notamment l’absence de capacités d’échange, la flexibilité mentale limitée, et l’incapacité à s’adapter aux stratégies ou à l’environnement, ce qui limite la possibilité d’apprentissage et de transfert des habiletés (voir section 3).
  • Critère d’échange : capacité à communiquer et interagir avec l’intervenant, essentielle pour la participation à la méthode CO-OP.
  • Flexibilité mentale : aptitude à modifier ses stratégies ou comportements en réponse à de nouvelles situations ou feedbacks, indispensable pour la généralisation et le transfert des habiletés.
  • Capacités d’adaptation : aptitude à ajuster ses comportements face aux exigences de différentes activités ou environnements, cruciales pour la réussite de la rééducation (voir section 4).

Points essentiels

  • La population initiale concerne principalement les enfants avec TDC, mais la méthode CO-OP a été étendue à des adultes traumatisés crâniens, AVC, paralysies cérébrales, etc., en raison de profils similaires en déficits de coordination.
  • Les critères d’exclusion, tels que l’absence de capacités d’échange, la flexibilité mentale limitée, et l’incapacité à s’adapter, sont fondamentaux pour déterminer si la personne peut bénéficier de l’approche CO-OP, qui repose sur la réflexion, la résolution de problèmes, et l’engagement actif.
  • La sélection des participants doit tenir compte de ces capacités pour assurer la faisabilité et l’efficacité de l’intervention, en particulier pour favoriser la généralisation et le transfert des habiletés (voir section 5).

À retenir

La méthode CO-OP cible principalement les personnes capables d’échanger, de faire preuve de flexibilité mentale et d’adaptation, afin de favoriser l’apprentissage d’habiletés par la réflexion et la résolution de problèmes, avec une extension aux populations adultes présentant des déficits similaires.

Tableaux de Synthèse

CritèreApproche Bottom-upApproche Top-downAuteur clé
FocalisationSur les fonctions isolées (déficits, habiletés de base)Sur l’occupation, la participation et le contexte globalFitts & Posner (1967)
Méthode principaleRépétition du mouvement, entraînement des habiletés fondamentalesEngagement dans activités significatives, intégration contextuelleConçue pour favoriser la participation
Objectif principalRenforcer les capacités de baseFavoriser la participation occupationnelle
LimitesTransfert limité vers activités complexes, peu motivationnelNécessite une évaluation contextuelle approfondie
ApprocheCentrée sur le déficit, souvent orientée correctionCentrée sur la personne, ses activités et son environnement

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre approche bottom-up et approche biomédicale, qui se centrent toutes deux sur la réparation des déficits, mais avec des méthodes différentes.
  2. Croire que la répétition du mouvement seule suffit à améliorer la participation globale du client.
  3. Négliger l’importance de l’environnement et du contexte dans l’approche top-down.
  4. Confondre l’objectif de la pratique occupation-centrée avec celui de la simple correction de déficits.
  5. Sous-estimer l’impact des contraintes institutionnelles sur le choix des approches.
  6. Confondre la notion de transfert avec celle de généralisation, qui nécessite une approche intégrée.
  7. Penser que l’approche bottom-up est toujours la meilleure pour tous les clients, sans considérer leur contexte.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition de l’approche occupation-centrée selon Kielhofner.
  2. Savoir ce que désigne le modèle biomédical et ses limites selon Che Daud et al. (2016).
  3. Identifier les principes fondamentaux de l’approche bottom-up, notamment la répétition du mouvement.
  4. Expliquer en quoi consiste l’approche top-down et ses avantages pour la participation.
  5. Connaître la méthode CO-OP et ses objectifs principaux.
  6. Maîtriser la différence entre évaluation de la performance et évaluation de la capacité selon Law et colleagues.
  7. Connaître les processus d’apprentissage selon Fitts & Posner (1967).
  8. Identifier les stratégies favorisant la généralisation et le transfert des acquis.
  9. Connaître la population cible privilégiée pour chaque approche (ex. enfants, personnes âgées, etc.).
  10. Savoir comment la pratique occupation-centrée répond aux limites du modèle biomédical.
  11. Connaître la définition et les principes de la méthode CO-OP.
  12. Vérifier la maîtrise des valeurs personnelles et professionnelles en ergothérapie selon la Code de déontologie.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Principes et stratégies en ergothérapie avec 10 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle est la principale caractéristique de l’approche occupation-centrée en ergothérapie ?

2. Selon Che Daud et al. (2016), quelle est la limite principale du modèle biomédical dans la réadaptation ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Principes et stratégies en ergothérapie avec 20 flashcards interactives.

Approches en ergothérapie — définition ?

Méthodes centrées sur l’occupation et la participation.

Modèles biomédicaux — rôle ?

Centrés sur la correction des déficits spécifiques.

Approche bottom-up — principe ?

Focalisation sur la réparation des fonctions isolées.

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