Fiche de révision : Réseaux gaziers et risques

Plan du Cours

  1. Rôle et usage de la doctrine
  2. Gaz et caractéristiques du gaz naturel
  3. GPL et production de biométhane
  4. Hydrogène, autres gaz et zones ATEX
  5. Zonage ATEX et plage d’explosivité
  6. Stockage et production des gaz
  7. Récipients et bouteilles de gaz
  8. Transport et distribution du gaz
  9. Canalisations et organes de coupure
  10. Propane et transport des gaz
  11. Acteurs de la sécurité gazière
  12. Explosion, incendie et bouteilles
  13. Risques liés aux bouteilles et aux gaz
  14. Atteintes humaines liées aux gaz
  15. Sécurité opérationnelle et coupures
  16. Interventions sur les réseaux de gaz
  17. Fuites et incidents liés au gaz
  18. Documents et procédures gaz

1. Rôle et usage de la doctrine

Notions clés & Définitions

  • Guides de doctrine opérationnelle : Les guides de doctrine opérationnelle (GDO) aident les services d’incendie et de secours à construire une réponse fondée sur des règles communes, soutiennent le raisonnement tactique du COS et concourent à la sécurité des intervenants.

★ À maîtriser

📌 La doctrine est une référence non contraignante au sens strict, mais opposable sous le pouvoir d’appréciation du juge; le commandement peut adapter ses orientations aux particularités de la situation.

Compléments

  • La doctrine opérationnelle relève de la compétence de l’État, qui définit la doctrine de sécurité civile et coordonne ses moyens conformément à l’article L112-2 du code de la sécurité intérieure.

  • Les guides de doctrine généraux définissent des dispositions transverses adaptables à diverses situations, tandis que les guides spécifiques portent sur un environnement opérationnel ou un risque particulier.

  • Les guides de techniques opérationnelles (GTO) présentent des méthodes et techniques utiles aux objectifs du COS, tandis que les partages d’information opérationnelle (PIO) fournissent rapidement une information synthétique sur une problématique nouvelle ou ponctuelle.

Astuce mémo

Guide une décision, sans imposer une méthode unique

2. Gaz et caractéristiques du gaz naturel

Notions clés & Définitions

  • Gaz : Corps qui occupe la totalité du volume du récipient dans lequel il est enfermé.

★ À maîtriser

  • Les primo-intervenants recherchent principalement : la toxicité du gaz, sa densité par rapport au milieu ambiant, sa plage d’explosivité dans un mélange air-gaz

  • Le méthane (CH₄), combustible fossile, constitue 86 % à 98 % du gaz naturel; il est incolore, inodore, combustible et environ deux fois plus léger que l’air.

Compléments

  • Les principaux modes de production des gaz cités sont : la liquéfaction cryogénique du gaz naturel pour obtenir du GNL, la distillation de produits de raffinerie pour obtenir des GPL, la fermentation de matières organiques pour produire du biométhane, le reformatage du méthane pour produire de l’hydrogène, la décomposition ou réaction de substances chimiques pour produire des gaz de synthèse comme l’acétylène

📌 Le gaz naturel thermogénique est extrait directement du sous-sol sans être associé à un gisement pétrolier, le gaz conventionnel associé est séparé du pétrole, et le gaz de mine provient de mines de charbon désaffectées non inondées.

  • En octobre 2013, l’injection du gaz de Lacq dans le réseau s’est arrêtée définitivement; depuis, la quasi-totalité de la demande française est satisfaite par des importations via gazoducs.

3. GPL et production de biométhane

★ À maîtriser

  • Les GPL sont essentiellement constitués de butane (C₄H₁₀) et de propane (C₃H₈), issus à plus de 60 % des champs de gaz naturel et à moins de 40 % du raffinage du pétrole brut.

  • Le butane et le propane sont plus lourds que l’air; en cas de fuite, les GPL tendent à s’accumuler en partie basse.

  • La méthanisation dégrade la matière organique sans oxygène grâce à des micro-organismes, forme du biogaz, puis permet sa valorisation énergétique.

📌 La cogénération transforme le biogaz en électricité et en chaleur, tandis que l’épuration l’amène à une qualité comparable au gaz naturel et produit du biométhane injectable dans les réseaux.

Compléments

  • Le propane peut être stocké liquide en extérieur grâce à ses propriétés de vaporisation jusqu’à −42 °C; sa température critique est de 96,8 °C, au-delà de laquelle il ne peut plus rester liquide.

  • À 15 °C et 1 bar, le butane et le propane sont gazeux, mais peuvent être liquéfiés sous une pression comprise entre 1,5 et 7 bar.

Astuce mémo

Matière organique → biogaz → biométhane

4. Hydrogène, autres gaz et zones ATEX

Notions clés & Définitions

  • Atmosphère explosive : Mélange avec l’air de substances inflammables sous forme de gaz, vapeurs, brouillards ou poussières, dans lequel, après inflammation, la combustion se propage à l’ensemble du mélange non brûlé.

★ À maîtriser

📌 L’hydrogène vert est produit par électrolyse avec de l’électricité d’origine renouvelable, l’hydrogène jaune par électrolyse avec une électricité essentiellement nucléaire, l’hydrogène gris par vaporeformage de sources fossiles et l’hydrogène bleu par ce même procédé avec captage du CO₂ émis.

  • La pile à hydrogène produit simultanément de l’eau, de l’énergie électrique et de la chaleur par oxydation de l’hydrogène et réduction de l’oxygène.

  • L’acétylène est un gaz de synthèse extrêmement inflammable qui peut exploser spontanément sous l’effet d’une hausse de température ou de pression, même en l’absence d’oxygène.

  • L’oxygène est un comburant; une concentration dans l’air supérieure à 23,50 % accélère vivement la combustion des matières combustibles, et à 60 % la combustion est instantanée.

📌 Le monoxyde de carbone (CO), incolore et inodore, est principalement dangereux par intoxication, tandis que le dioxyde de carbone (CO₂) est un gaz distinct.

  • L’hydrogène sulfuré est un gaz toxique et inflammable dont l’odeur peut disparaître à forte concentration, notamment au-dessus de 100 ppm en raison de l’anesthésie de l’odorat.

📌 Les zones ATEX pour gaz ou vapeurs sont 0 (présence permanente, longue ou fréquente), 1 (présence occasionnelle en fonctionnement normal) et 2 (présence improbable en fonctionnement normal ou de courte durée).

Compléments

  • Le monoxyde de carbone se forme lors de combustions incomplètes, c’est-à-dire en présence d’une quantité insuffisante d’oxygène, quel que soit le type de combustible cité.

📌 En zone ATEX, le matériel doit porter un marquage réglementaire indiquant notamment son niveau de protection; la catégorie 1 offre une protection très élevée, la catégorie 2 une protection élevée et la catégorie 3 une protection normale.

Astuce mémo

CO ≠ CO₂ : le monoxyde de carbone est particulièrement toxique

5. Zonage ATEX et plage d’explosivité

Notions clés & Définitions

  • Plage d’explosivité : Domaine de concentration en gaz combustible compris entre la limite inférieure d’explosivité (LIE) et la limite supérieure d’explosivité (LSE), dans lequel le gaz peut s’enflammer et exploser.

★ À maîtriser

  • Les zones ATEX gaz ou vapeur sont classées 0 si la présence est permanente, longue ou fréquente, 1 si elle est occasionnelle en fonctionnement normal et 2 si elle est improbable en fonctionnement normal ou de courte durée.

  • Les zones ATEX poussières sont classées 20 si le nuage combustible est présent en permanence, longtemps ou fréquemment, 21 s’il est occasionnel en fonctionnement normal et 22 s’il est improbable en fonctionnement normal ou de courte durée.

📌 La catégorie 1 des matériels ATEX offre une protection très haute, y compris en cas de deux défaillances indépendantes, et convient à toute zone ; la catégorie 2 offre une protection haute pour les zones 1, 2, 21 ou 22 ; la catégorie 3 offre une protection normale pour les zones 2 ou 22.

Compléments

  • La température, la pression ambiante et le taux d’oxygène influencent la LIE et la LSE, tandis que les variations relevées ne sont pas significatives au regard de la précision des appareils utilisés par les sapeurs-pompiers.

Astuce mémo

Zone 0/20 : présence fréquente ; 1/21 : occasionnelle ; 2/22 : absente ou brève.

6. Stockage et production des gaz

★ À maîtriser

  • Le stockage souterrain du gaz naturel utilise plusieurs types de sites :

    • des cavités salines
    • des nappes aquifères
    • des couches géologiques profondes
  • Un terminal méthanier réceptionne et décharge ou recharge les navires, stocke le GNL dans des réservoirs cryogéniques, le regazéifie selon les besoins du réseau puis émet le gaz odorisé sur le réseau national.

  • Une unité de méthanisation agricole comprend : une installation de stockage des matières premières, une installation de broyage, concassage ou criblage, un méthaniseur ou digesteur, une installation de compression du gaz, une installation de stockage du gaz, une installation de combustion

  • Le poste d’injection du biométhane assure : l’odorisation par ajout de THT, le contrôle de la qualité du biométhane, la régularisation et le comptage, l’interface entre les installations du producteur et le réseau de distribution

Compléments

  • Les réservoirs cryogéniques de GNL résistent à environ −160 °C et stockent des volumes de l’ordre de 50 000 à 200 000 m³.

Astuce mémo

GNL : réception → stockage cryogénique → regazéification → injection.

7. Récipients et bouteilles de gaz

Notions clés & Définitions

  • Gaz sous pression : Gaz contenu dans un récipient à une pression relative supérieure ou égale à 2 bar (200 kPa manométriques), ou gaz liquéfié ou liquéfié et réfrigéré.

★ À maîtriser

  • Le détendeur abaisse la pression du gaz stocké et maintient une pression constante adaptée à son utilisation.

📌 Le code couleur des ogives renseigne sur les risques ou l’identité de certains gaz, mais il ne s’applique pas aux bouteilles de GPL ni aux gaz réfrigérants.

  • L’étiquette d’une bouteille est la première information accessible et la source la plus fiable pour connaître les dangers du gaz et les précautions de stockage et d’utilisation.

Compléments

  • La définition couvre : les gaz comprimés, les gaz liquéfiés, les gaz liquides réfrigérés, les gaz dissous, les gaz ou mélanges comprimés contenus à une pression supérieure ou égale à 2 bar

  • Une bouteille de gaz est un récipient transportable d’une capacité nominale de 400 ml à 150 l.

  • Les couleurs de risque des ogives sont le jaune pour les gaz toxiques ou corrosifs, le rouge pour les gaz inflammables, le bleu clair pour les gaz oxydants et le vert vif pour les gaz inertes.

Astuce mémo

L’étiquette informe sur le contenu ; la couleur de l’ogive renseigne sur le risque ou le gaz.

8. Transport et distribution du gaz

★ À maîtriser

  • En France, GRTgaz gère la majorité du réseau métropolitain de transport de gaz naturel, soit 32 320 km, et Teréga gère le Sud-Ouest, soit 5 100 km.

  • Le gaz naturel est transporté à l’état gazeux dans des gazoducs en acier de 50 à 1 200 mm de diamètre, généralement enfouis, avec des pressions de service généralement comprises entre 16 et 85 bar.

📌 Les postes de sectionnement isolent un tronçon de canalisation, les postes de détente abaissent la pression du réseau aval et les postes de livraison mettent le gaz à disposition du client selon les conditions contractuelles.

  • GRDF assure la distribution du gaz depuis les postes de livraison du transport jusqu’aux branchements des utilisateurs finaux, tandis que 23 entreprises locales de distribution desservent les communes non couvertes par GRDF.

  • Les réseaux de distribution comprennent la basse pression (0,02 bar < P ≤ 0,05 bar), la moyenne pression A (0,05 bar < P ≤ 0,4 bar), la moyenne pression B (0,4 bar < P ≤ 4 bar) et la moyenne pression C (4 bar < P ≤ 25 bar).

Compléments

  • Les réseaux de transport sont surveillés à distance et en permanence par les centres régionaux de surveillance de GRTgaz et le bureau de répartition de Teréga, qui peuvent être joints 24 h/24 et 7 j/7.

Astuce mémo

Le transport fonctionne à haute pression ; la distribution abaisse la pression par détentes successives.

9. Canalisations et organes de coupure

Notions clés & Définitions

  • Installation intérieure de gaz : Située en aval du compteur, non compris, pour une alimentation avec compteur, ou en aval des organes de coupure des récipients pour une habitation individuelle alimentée sans compteur.
  • Conduite montante : Conduite de gaz principalement verticale, raccordée à une conduite d’immeuble et alimentant les différents niveaux de cet immeuble.

★ À maîtriser

📌 La manœuvre des robinets du réseau de distribution est interdite aux sapeurs-pompiers, tandis que les OCG et les OCI peuvent être manœuvrés par eux.

  • Un robinet coup de poing est obligatoire sur un OCG lorsque la pression dépasse 400 mbar.

  • Un robinet déclencheur basse pression coupe automatiquement le gaz du branchement lorsque le débit dépasse 1,5 fois le débit nominal du dispositif de coupure.

Compléments

  • Pour une habitation individuelle, l’OCI et l’OCG ne forment qu’un seul organe de coupure.

Astuce mémo

Robinet du réseau : interdit aux pompiers ; OCG et OCI : manœuvrables.

10. Propane et transport des gaz

★ À maîtriser

  • Près de 70 % des 36 000 communes françaises ne sont pas desservies par les réseaux publics de gaz naturel.

  • Les canalisations de propane ont un diamètre de 50 à 300 mm, sont enterrées à une profondeur moyenne de 80 cm et transportent le gaz à 1,5 bar, tandis que la pression chez l’utilisateur est de 37 mbar.

📌 Sur un réseau de propane, seul le fournisseur de gaz est habilité à intervenir sur son installation, mais les sapeurs-pompiers peuvent fermer le robinet de sortie de citerne.

Compléments

  • Depuis 2003, les communes et leurs groupements peuvent confier la desserte en réseau de gaz à des sociétés distributrices de propane agréées par les pouvoirs publics.

  • Les wagons-citernes transportant du GPL sont marqués d’une ligne orange, contrairement aux citernes routières.

  • Les wagons-citernes transportent de 45 à 55 tonnes, soit 108 à 121 m³ de gaz.

11. Acteurs de la sécurité gazière

Notions clés & Définitions

  • CRE : La commission de régulation de l’énergie, garante de l’accès aux infrastructures gazières ; elle détermine les règles et tarifs d’accès aux réseaux et terminaux méthaniers régulés, et fixe la méthode de calcul des tarifs de stockage.

★ À maîtriser

📌 Lors des opérations partagées, le COS et le représentant de l’opérateur forment un binôme et partagent les intentions du COS ainsi que les conseils techniques de l’opérateur.

📌 Tant qu’il est présent, le COS met en œuvre tous les moyens publics et privés mobilisés pour les opérations de secours.

  • GRDF assure une astreinte de sécurité sur le réseau 24 h/24 et 7 j/7.

Compléments

  • GRDF dessert 11 millions de clients avec plus de 200 000 km de réseau et assure 96 % de la distribution de gaz naturel en France et en Europe.

  • Le service professionnel d’assistance (SPA), organisé par FGL, est un service d’astreinte qui fait mettre en sécurité des installations GPL éventuellement défaillantes en dehors des heures ouvrables des distributeurs.

12. Explosion, incendie et bouteilles

Notions clés & Définitions

  • BLEVE : Explosion d’un gaz stocké sous forme liquide dans un réservoir dont l’enveloppe se rompt brusquement, entraînant sa vaporisation à la pression atmosphérique, une onde de surpression et la projection de fragments.

★ À maîtriser

📌 La déflagration est une combustion rapide produisant une onde de surpression qui se déplace à plus de 340 m/s dans l’air, tandis que la détonation est une décomposition extrêmement rapide produisant une onde se déplaçant de 2 000 à 9 000 m/s dans l’air.

  • Une explosion requiert simultanément un combustible, un comburant, une source d’inflammation et une plage d’explosivité ; le confinement, facteur aggravant, n’est pas indispensable.

  • 🔄 Un UVCE se déroule selon les étapes suivantes :

    1. Fuite non enflammée de produit inflammable
    2. Dispersion et dilution du nuage inflammable
    3. Inflammation au contact d’une source d’allumage
    4. Propagation du front de flamme et production d’une onde de surpression
  • Les feux de gaz sont des feux de classe C et peuvent provoquer un fort flux thermique, des poches gazeuses explosives, l’inflammation de récipients chauffés et le dégagement de vapeurs toxiques ou de produits chimiques gazeux.

  • Les bouteilles peuvent contenir le gaz sous les formes suivantes :

    • Gaz liquéfié sous pression à l’état liquide avec un ciel gazeux
    • Gaz comprimé sous pression à l’état gazeux
    • Gaz dissous sous pression à l’état gazeux dans un solvant liquide
  • Une bouteille exposée au feu ou à une chaleur excessive peut éclater sous l’effet de l’augmentation de pression, même si elle possède un dispositif de sécurité ; l’éclatement peut entraîner surpression, flux thermique et projections de fragments ou de matériaux.

📌 Les bouteilles composites ne peuvent pas éclater : chauffée, leur enveloppe devient poreuse et laisse fuir le gaz, contrairement aux bouteilles en acier qui peuvent éclater.

Compléments

  • À 20, 50, 140 et 200 hPa, les seuils correspondent respectivement aux effets irréversibles indirects par bris de vitre, aux dangers significatifs, aux premiers effets létaux et aux effets létaux significatifs pour l’être humain.

  • Un BLEVE n’exige pas que le produit soit inflammable, mais un liquide inflammable peut former une boule de feu au contact de l’air et d’une énergie d’activation.

  • Pour un réservoir de GPL de 150 l, un BLEVE peut projeter des éclats jusqu’à 100 m, créer une boule de feu de 30 m de diamètre pendant 3 secondes et produire une surpression ressentie jusqu’à 120 m.

📌 Le flux thermique s’exprime en watts (W), tandis que la densité de flux thermique, exprimée en W/m², mesure les effets d’un incendie sur les personnes et les structures.

Astuce mémo

Fuite → nuage inflammable → inflammation → onde de surpression.

13. Risques liés aux bouteilles et aux gaz

Points essentiels

  • Une bouteille de GPL de 13 kg est considérée pleine lorsque son taux de remplissage atteint 85 % ; pour une bouteille pleine, le ciel gazeux représente 15 % à 15 °C, 5 % à 30 °C et 3 % à 50 °C, tandis qu’à 80 °C elle est en plein hydraulique et très dangereuse.

  • La soupape d’expansion thermique des bouteilles SHESHA s’ouvre à environ 25 bar et peut produire un jet torche intermittent de deux à quatre mètres ; un fusible thermique de 110 °C permet le rejet de la surpression créée par la chaleur.

  • L’éclatement d’une bouteille de gaz comprimé peut survenir à partir d’une température de l’ordre de 350 °C ; pour l’hydrogène, le fusible thermique se déclenche entre 100 et 120 °C afin de permettre une vidange rapide.

  • L’ouverture rapide ou répétée du robinet d’une bouteille d’oxygène peut provoquer un coup de feu par compression adiabatique : la pression et la température augmentent, le détendeur s’échauffe et des contaminants combustibles peuvent s’enflammer à l’intérieur.

  • L’acétylène peut se décomposer spontanément de façon explosive au-dessus de 65 °C ou lorsqu’une bouteille est utilisée ou vidangée en position couchée ; un choc peut provoquer une fuite sans entraîner sa décomposition.

  • L’hydrogène gazeux est stocké à très haute pression, jusqu’à 700 bar, et son inflammation dans l’air exige une concentration comprise entre 4 % et 75 % ainsi qu’une source d’inflammation suffisante.

Astuce mémo

Une bouteille composite se dégrade ; les ogives métalliques SHESHA peuvent se projeter.

14. Atteintes humaines liées aux gaz

★ À maîtriser

  • Les lésions par explosion sont classées en cinq catégories :

    • Primaires : lésions liées à l’onde de choc
    • Secondaires : lésions par projectiles
    • Tertiaires : lésions consécutives à la projection de la victime
    • Quaternaires : brûlures, inhalation, intoxication ou traumatisme psychologique
    • Quinternaires : lésions proches d’un syndrome d’inflammation à réponse systémique
  • Les premiers signes d’hypoxie apparaissent lorsque la teneur en oxygène de l’air est inférieure à 18 % ; sous 8 %, des pertes de connaissance pouvant entraîner la mort sont observées, et le travail sous 19 % d’oxygène exige un appareil respiratoire isolant.

  • Le monoxyde de carbone est inodore et incolore ; il peut tuer en une à trois heures à 0,1 % (1 000 ppm) et en trois minutes à 1 % (10 000 ppm).

  • Le CO a 230 fois plus d’affinité pour l’hémoglobine que l’oxygène et sa fixation forme de la carboxyhémoglobine, réduisant l’apport d’oxygène aux tissus.

  • Le sulfure d’hydrogène peut saturer les récepteurs olfactifs : son odeur d’œuf pourri, perceptible à faible concentration, devient indétectable par le nez à concentration plus élevée.

Compléments

  • Une fuite d’hydrogène de 4 mm sur une enceinte à 200 bar produit à 1,50 m un bruit de 130 dB, alors que le seuil de la douleur est de 120 dB.

Astuce mémo

Onde de choc, projectiles, projection, brûlures et inhalation : les cinq catégories du blast.

15. Sécurité opérationnelle et coupures

★ À maîtriser

  • En intervention, les bouteilles de gaz exposées au sinistre doivent être considérées comme dépourvues de dispositif de sécurité, en tenant compte du risque de déclenchement intempestif du fusible thermique.

  • Un détecteur de gaz doit être allumé en zone de soutien ; s’il est mis en marche en présence de gaz, son point de référence peut être décalé et entraîner une sous-estimation du risque.

  • Les relevés de gaz plus lourds que l’air se font prioritairement en partie basse et ceux des gaz plus légers en partie haute ; il faut explorer tout le volume et retenir la valeur la plus élevée.

  • Les sapeurs-pompiers ne manœuvrent jamais les organes de coupure des réseaux de transport, de distribution ou des installations de méthanisation et, dans le doute sans représentant de l’exploitant, s’abstiennent de toute manœuvre ; ils ne rouvrent jamais le gaz après fermeture.

Compléments

  • Les explosimètres mesurent généralement une concentration de 0 à 100 % de la LIE par rapport à un gaz de référence, tandis qu’un catharomètre indique le pourcentage de gaz dans l’air ambiant.

  • Pour une même concentration, un explosimètre taré au méthane indique 30 % de la LIE, un explosimètre taré au pentane 46 % de la LIE et un catharomètre taré au méthane 1,5 % de gaz dans l’air.

Astuce mémo

Détecteur allumé dans le gaz → référence faussée → risque sous-estimé.

16. Interventions sur les réseaux de gaz

★ À maîtriser

  • Les fuites de distribution sont classées en trois types :
    • Type I : mise hors danger sans délai ; intervention des sapeurs-pompiers et de GRDF
    • Type II : réparation différée, avec éventuelle surveillance par GRDF
    • Type III : pas de réparation programmée ; surveillance de GRDF au plus tous les ans

📌 Une fuite ouverte s’échappe à l’air libre et peut provoquer inflammation, projection ou accumulation en espace confiné, tandis qu’une fuite fermée est non visible et peut cheminer par des fourreaux, égouts ou soupiraux avant de s’accumuler dans des locaux proches.

📌 Pour une fuite fermée sur réseau basse pression, le maintien du flux peut être privilégié en l’absence de risque de cheminement ou d’accumulation en zone confinée ; sur réseau moyenne pression, la fermeture des organes de coupure doit être prioritaire.

Compléments

  • Une soupape de transport de gaz naturel rejette automatiquement du gaz pour abaisser la pression du réseau ; en fonctionnement normal, l’émission visible peut atteindre 80 mètres de haut et ne présente pas de gravité sans source d’inflammation.

  • Pour un gazoduc de DN 1000 à 80 bar, les effets thermiques cités sont l’inflammation de palettes à 130 m, la fonte de plastiques et la déformation de tôles à 150 m, l’auto-inflammation de véhicules à 150 m, des herbes brûlées à 270 m, des vitres cassées à 350 m et un bruit pouvant atteindre 160 dB.

Astuce mémo

Fuite ouverte : gaz visible ; fuite fermée : cheminement et accumulation possibles.

17. Fuites et incidents liés au gaz

★ À maîtriser

  • Une fuite de méthane sur une installation producteur ou un poste d’injection avant odorisation doit être détectée avec un explosimètre ou un détecteur multigaz.

  • Les mesures à prendre sont : refroidir les fûts par pulvérisation d’eau, éloigner les fûts de l’incendie, porter un appareil de protection respiratoire adapté ainsi que des vêtements de protection

  • L’H₂S peut saturer les récepteurs olfactifs à forte concentration et devenir indétectable par le nez humain ; un détecteur multigaz est donc nécessaire.

  • L’introduction d’air dans un digesteur pendant une intervention peut conduire à la formation d’une atmosphère explosive, alors qu’en fonctionnement normal sans air le ciel gazeux ne contient pas assez d’air pour qu’une ATEX se forme.

Compléments

  • Le risque de cheminement en milieu urbain est quasi systématique pour une fuite fermée.

Astuce mémo

BP : maintien parfois privilégié ; MP : coupure prioritaire

18. Documents et procédures gaz

Notions clés & Définitions

  • Procédure gaz classique : Concerne une fuite qui ne présente pas de caractère particulièrement dimensionnant lors de l’appel ou sur les lieux de l’intervention.
  • Procédure gaz renforcée : La procédure gaz renforcée planifie la stratégie opérationnelle interservices et prévoit des moyens plus importants que la procédure classique, adaptés au risque à traiter.

Points essentiels

📌 Un plan d’urgence est une exigence réglementaire, tandis qu’une procédure opérationnelle est une exigence normative d’application volontaire.

📌 La procédure gaz renforcée est déclenchée systématiquement pour une fuite fermée sur la voie publique, quelle que soit la pression, et pour une fuite enflammée sur un coffret en façade, quelle que soit la destination du bâtiment.

  • Les renseignements de localisation comprennent : le numéro de téléphone du requérant, l’adresse de l’intervention, le site ou point remarquable, les coordonnées géographiques, topographiques ou GPS, une localisation obtenue par AML, PFLAU ou échange de SMS si nécessaire

  • En cas de fuite de gaz chez un particulier, il faut couper l’arrivée de gaz si possible, éviter l’électricité et les sources d’inflammation, aérer, prévenir les voisins sans sonner, sortir sans prendre l’ascenseur et attendre à distance les secours et les techniciens.

📌 Si une victime intoxiquée n’est pas accessible avec une apnée de courte durée, le requérant ne doit pas tenter de la récupérer, sauf s’il est équipé d’un appareil de protection respiratoire adapté dans un milieu professionnel.

  • Les objectifs sont : protéger les personnes et les animaux, préserver les biens, protéger l’environnement des effets du sinistre

  • Le zonage comprend :

    • la zone d’exclusion rouge
    • la zone contrôlée orange
    • la zone de soutien verte
  • Le zonage opérationnel comprend une zone d’exclusion rouge, une zone contrôlée orange et une zone de soutien verte, dont les limites extérieures forment le périmètre de sécurité.

  • Pour une canalisation de transport de gaz naturel à une pression inférieure à 16 bar, le rayon d’exclusion en mètres correspond en règle générale au diamètre de la canalisation en millimètres ; au-delà de 16 bar, il est défini au cas par cas.

  • Pour une canalisation classique du réseau de distribution, les rayons par défaut sont de 50 mètres pour la zone d’exclusion et de 100 mètres pour la zone contrôlée ; pour une canalisation à périmètre étendu, ils sont respectivement de 110 et 180 mètres.

  • Les phénomènes associés à une fuite de gaz dépendent principalement de :

    • du débit de fuite
    • du confinement
    • de la présence d’une source d’ignition
  • Pour analyser une intervention, le COS recueille les informations sur le réseau, l’installation ou le réservoir, le type et les circonstances de l’incident, sa localisation et les organes de coupure manœuvrables, puis évalue les causes possibles d’explosion, les mesures de réduction du risque et les conséquences d’une explosion.

  • Le COS établit un périmètre de sécurité a priori, puis l’affine grâce à des mesures régulièrement effectuées dans la zone d’exclusion et à sa limite.

📌 L’arrêt de la fuite ne supprime pas à lui seul le risque d’explosion : les locaux concernés doivent être ventilés jusqu’à disparition complète du danger.

Astuce mémo

Le plan d’urgence est réglementaire ; la procédure est volontaire

Tableaux de synthèse

Classification des fuites de distribution

TypeTraitementIntervenants
IMise hors danger sans délaiSapeurs-pompiers et GRDF
IIRéparation différée, surveillance éventuelleGRDF
IIIPas de réparation programmée ; surveillance au plus annuelleGRDF

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Réseaux gaziers et risques avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Lors d’une intervention, à quoi servent principalement les guides de doctrine opérationnelle ?

2. Un COS adapte une orientation doctrinale aux particularités d’une intervention : quelle affirmation décrit correctement le statut de la doctrine ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Réseaux gaziers et risques avec 10 flashcards interactives.

À quoi servent les guides de doctrine opérationnelle ?

Ils aident les services de secours à construire une réponse commune et soutiennent le raisonnement tactique du COS ainsi que la sécurité des intervenants.

Que fait un gaz dans le récipient où il est enfermé ?

Il en occupe la totalité du volume.

Qui définit la doctrine de sécurité civile et coordonne ses moyens selon l’article L112-2 ?

L’État.

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