📋 Plan du Cours
- Stigmatisation corps
- Discrimination poids
- Réactions sociales
- Normes sociales
- Différences genre
- Impact professionnel
- Stratégies d'adaptation
- Normes corporelles
- Représentations sociales
- Effets de l'âge
📖 1. Stigmatisation corps
🔑 Notions clés & Définitions
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Corps discréditable (surpoids) : Corps dont la corpulence ne dépasse pas un seuil socialement reconnu comme excessif, pouvant parfois passer inaperçu ou être dissimulé dans la vie quotidienne, mais qui reste susceptible d’être stigmatisé. (Carof, 2019)
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Corps discrédité (obésité) : Corps dont la corpulence dépasse le seuil socialement défini comme excessif, rendant visible et immédiatement identifiable le stigmate, souvent associé à des représentations négatives. (Carof, 2019)
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Stigmatisation selon le poids : Processus par lequel un individu est marqué socialement en raison de sa corpulence, que ce soit par des remarques, insultes, regards ou gestes d’évitement, renforçant la marginalisation. (Carof, 2019)
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Différences de vécu selon corpulence : Variations dans les expériences sociales, psychologiques et professionnelles des individus en fonction de leur poids, notamment en termes de discrimination, de rejet ou d’auto-stigmatisation. (Carof, 2019)
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Concept de stigmate (Goffman) : Attribut ou caractéristique qui, lorsqu’il est perçu comme déviant ou inférieur, entraîne une désignation négative de l’individu, affectant ses interactions sociales et son statut. (Goffman, 1975)
📝 Points essentiels
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La distinction entre corps discréditable et corps discrédité repose sur la visibilité et la reconnaissance sociale du poids excessif. Le corps discréditable peut parfois passer inaperçu ou être dissimulé, tandis que le corps discrédité est immédiatement visible et associé à une stigmatisation forte.
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La stigmatisation selon le poids se manifeste par des remarques, insultes, regards ou gestes d’évitement, qui contribuent à la marginalisation sociale des personnes obèses ou en surpoids. Ces actes varient selon le contexte, la corpulence et les caractéristiques sociales des individus.
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La perception et la gestion de la stigmatisation diffèrent selon la corpulence : les personnes en surpoids (corps discréditable) vivent souvent des expériences moins visibles ou moins virulentes, alors que celles obèses (corps discrédité) subissent des agressions plus fréquentes et intenses, notamment dans l’espace public ou professionnel.
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Selon Goffman (1975), le stigmate est une caractéristique qui dévalue l’individu aux yeux de la société, produisant une rupture dans l’interaction sociale et renforçant la hiérarchie et les inégalités sociales.
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La différenciation entre corps discréditable et corps discrédité permet d’analyser la gradation de la stigmatisation et ses effets sur le vécu des personnes selon leur corpulence.
💡 À retenir
La distinction entre corps discréditable et corps discrédité, ainsi que la notion de stigmate, permettent de comprendre comment la société construit et reproduit la marginalisation des personnes en surpoids ou obèses à travers des interactions et représentations sociales.
📖 2. Discrimination poids
🔑 Notions clés & Définitions
- Discrimination professionnelle liée au poids : Refus ou entraves à l’accès à un emploi ou à une progression de carrière en raison de la corpulence, souvent accentuée par des stéréotypes négatifs. Selon Carof (2019), cette discrimination impacte le statut social et la mobilité professionnelle des personnes en surpoids ou obèses.
- Refus d’accès à un droit ou un travail : Situation où une personne se voit refuser l’accès à un emploi, un service ou un droit fondamental en raison de son poids, ce qui constitue une forme de discrimination. Carof (2019) souligne que ces refus sont souvent justifiés par des stéréotypes liés à la corpulence.
- Conséquences sociales des discriminations : Effets négatifs sur la position sociale, l’estime de soi et la mobilité sociale des individus discriminés, pouvant conduire à l’exclusion ou à une marginalisation accrue. Carof (2019) montre que ces discriminations ont des impacts durables sur le vécu social des personnes en surpoids ou obèses.
- Différences de discrimination selon IMC : Variations dans la fréquence et la virulence des discriminations en fonction de l’indice de masse corporelle, avec une intensification des actes discriminatoires à partir d’un certain seuil (IMC > 30 kg/m²). Carof (2019) indique que la discrimination augmente avec l’IMC, mais atteint un seuil au-delà duquel elle ne progresse plus.
- Impact sur mobilité sociale : La stigmatisation et la discrimination liées au poids peuvent limiter l’ascension sociale, en particulier dans le contexte professionnel, en empêchant l’accès à certains postes ou en freinant la progression de carrière. Carof (2019) souligne que ces effets contribuent à la marginalisation sociale des personnes en surpoids ou obèses.
📝 Points essentiels
- La discrimination liée au poids se manifeste principalement dans le contexte professionnel par des refus d’embauche ou de promotion, impactant la mobilité sociale (Carof, 2019).
- Les actes discriminatoires varient selon l’IMC, avec une augmentation notable à partir d’un IMC supérieur à 30 kg/m², mais un seuil de saturation existe, notamment autour de l’IMC de 40 kg/m² (Myers & Rosen, 1999).
- Les conséquences sociales de ces discriminations incluent une baisse de l’estime de soi, une marginalisation accrue, et une limitation des opportunités professionnelles et sociales (Carof, 2019).
- La stigmatisation ne se limite pas à l’espace privé ou médical, mais s’étend fortement à l’espace public et professionnel, renforçant les inégalités sociales (Carof, 2019).
- La différenciation selon l’IMC permet d’observer que la discrimination ne concerne pas uniquement l’obésité massive, mais aussi le surpoids, avec des vécus différenciés selon la corpulence (Carof, 2019).
💡 À retenir
La discrimination liée au poids, modulée par l’IMC, contribue à la marginalisation sociale et limite la mobilité professionnelle des personnes en surpoids ou obèses, en reproduisant les inégalités sociales.
📖 3. Réactions sociales
🔑 Notions clés & Définitions
- Répertoires d’actions pour « sauver la face » : ensembles de stratégies adoptées par les individus stigmatisés pour préserver leur dignité et leur estime de soi face aux épisodes de rejet ou de stigmatisation, en minimisant l’impact de ces situations (solenne Carof, 2019).
- Réactions aux épisodes de stigmatisation : comportements ou attitudes, tels que l’évitement, la minimisation ou la contestation, mis en œuvre par les personnes stigmatisées pour faire face à des remarques, insultes ou regards dévalorisants (solenne Carof, 2019).
- Interactions sociales inégalitaires : situations où la dynamique de pouvoir et de reconnaissance est déséquilibrée, souvent renforcée par la stigmatisation, menant à des relations où la personne stigmatisée subit une dévalorisation ou un traitement dévalorisant (solenne Carof, 2019).
- Stratégies face au rejet social : actions déployées pour gérer ou contrecarrer le rejet, telles que l’autocensure, l’évitement ou la mise en doute des jugements négatifs, afin de limiter leur impact sur le vécu et l’image de soi (solenne Carof, 2019).
- Dispositifs d’autoprotection : mécanismes réflexifs ou comportementaux visant à préserver la dignité lors d’interactions sociales difficiles, notamment en se distanciant ou en dédramatisant les remarques (solenne Carof, 2019).
- Capacité à décontextualiser le rejet : aptitude à relativiser ou à minimiser la portée du rejet ou de la stigmatisation pour maintenir une estime de soi intacte, en utilisant notamment des stratégies d’humour ou de distanciation (solenne Carof, 2019).
📝 Points essentiels
- Les personnes en surpoids ou obèses mobilisent des répertoires d’actions pour « sauver la face » lors des épisodes de stigmatisation, afin de préserver leur dignité face à des remarques ou regards dévalorisants (solenne Carof, 2019).
- Ces stratégies incluent l’évitement, la minimisation des remarques, ou encore la détournement humoristique, permettant de limiter l’impact émotionnel et social de la stigmatisation (solenne Carof, 2019).
- Face aux interactions sociales inégalitaires, les individus stigmatisés tentent souvent de défendre leur image ou de désamorcer la situation pour éviter une dévalorisation supplémentaire (solenne Carof, 2019).
- La capacité à décontextualiser le rejet social ou à relativiser ces épisodes est une stratégie clé pour maintenir une certaine estime de soi, même dans des contextes où la stigmatisation est fréquente (solenne Carof, 2019).
- Les réactions varient selon la gravité de la stigmatisation, le contexte social, et la perception que la personne a de ses propres ressources psychologiques (solenne Carof, 2019).
- La mise en œuvre de ces stratégies montre la résilience des personnes face à des interactions sociales inégalitaires, mais aussi leur vulnérabilité face à la fréquence et à la virulence des actes de rejet (solenne Carof, 2019).
💡 À retenir
Les individus stigmatisés mobilisent des stratégies variées pour « sauver la face » face aux épisodes de rejet, ce qui leur permet de préserver leur estime de soi tout en naviguant dans des interactions sociales inégalitaires.
📖 4. Normes sociales
🔑 Notions clés & Définitions
- Normes pondérales sociales et genrées : Ensemble de règles implicites ou explicites qui régissent la perception et la valorisation des corpulences selon des critères sociaux et de genre, influençant le vécu et les jugements sur le corps (d’après Carof, 2019).
- Seuil socialement défini de l’obésité : Niveau de corpulence à partir duquel une société considère qu’une personne dépasse la norme acceptable, ce seuil étant variable selon les contextes et les périodes historiques (d’après Fischler, 1990).
- Normes alimentaires et corporelles : Représentations culturelles et sociales qui déterminent ce qui est considéré comme une alimentation « normale » ou « acceptable » et ce qui constitue un corps « approprié » dans une société donnée (voir Corbeau, 2005).
- Variabilité des seuils d’obésité : La définition du seuil d’obésité n’est pas fixe mais fluctue selon les contextes sociaux, culturels, et historiques, ainsi que selon les caractéristiques individuelles et sociales (d’après Carof, 2019).
📝 Points essentiels
- La corpulence, notamment l’obésité, est perçue comme un stigmate profond, dont la définition sociale du seuil d’obésité s’est abaissée depuis le XIXe siècle (Fischler, 1990).
- La norme pondérale est fortement influencée par des normes sociales et genrées, qui varient selon le genre, le milieu social et l’époque, modulant ainsi la perception du corps acceptable ou déviant (Carof, 2019).
- La variabilité des seuils d’obésité reflète la construction sociale du corps, qui ne repose pas uniquement sur des critères médicaux mais aussi sur des représentations morales et culturelles (Corbeau, 2005).
- La norme alimentaire et corporelle impose un modèle de corps « idéal » et une alimentation « saine » qui peuvent contribuer à la stigmatisation des corps déviants, notamment ceux considérés comme trop gros (Carof, 2019).
- La perception sociale du poids et de l’obésité est dynamique, évoluant avec les changements culturels, économiques et politiques, ce qui influence la façon dont les individus vivent leur corpulence et les discriminations qui en découlent (Fischler, 1990).
💡 À retenir
Les normes sociales et corporelles, en particulier celles relatives au poids, sont socialement construites et varient selon le contexte, ce qui explique la variabilité des seuils d’obésité et leur impact sur la stigmatisation.
📖 5. Différences genre
🔑 Notions clés & Définitions
- Modulation des expériences selon le genre : processus par lequel le vécu de la stigmatisation et de la discrimination lié au poids varie en fonction du genre, influencé par des normes sociales, culturelles et morales spécifiques à chaque sexe (voir aussi "normes sociales" en section 4).
- Différences de stigmatisation hommes/femmes : variations dans la fréquence, la virulence et la nature des actes de stigmatisation selon le genre, avec une tendance à ce que les femmes soient plus souvent victimes de remarques et insultes, notamment dans l’espace public et privé (d’après Carof, 2019).
- Impact du genre sur vécu du surpoids et obésité : influence des rôles sociaux, attentes et représentations culturelles sur la perception et la gestion du poids, où les femmes en surpoids ou obèses ressentent davantage de pression sociale et de reproches liés à leur apparence (Carof, 2019).
📝 Points essentiels
- La stigmatisation liée au poids diffère selon le genre, les femmes étant généralement plus exposées à des remarques, insultes et agressions verbales, notamment dans l’espace public, comme les lieux de consommation ou les espaces professionnels (Carof, 2019).
- Les expériences de rejet ou de reproches sont souvent renforcées par des normes sociales et morales spécifiques aux femmes, qui valorisent davantage leur apparence physique, ce qui accentue leur vulnérabilité face à la stigmatisation (Carof, 2019).
- La perception de la corpulence comme un stigmate est modulée par le genre : les femmes en surpoids ou obèses sont plus souvent confrontées à des reproches liés à leur rôle de mère ou d’épouse, tandis que chez les hommes, la stigmatisation peut être moins visible ou moins liée à leur apparence (Carof, 2019).
- La gestion de la stigmatisation et des discriminations est également influencée par le genre, avec des stratégies différentes : les femmes tendent à internaliser ou à se cacher, tandis que certains hommes peuvent adopter des stratégies d’évitement ou de minimisation (Carof, 2019).
- La représentation sociale et culturelle du corps, fortement genrée, influence la façon dont le vécu du surpoids ou de l’obésité est vécu, avec une pression accrue sur les femmes pour conformer aux normes esthétiques et corporelles (Carof, 2019).
💡 À retenir
Le vécu du surpoids et de l’obésité est profondément modifié par le genre, avec une stigmatisation plus intense et une pression sociale accrue pour les femmes, ce qui influence leurs stratégies de gestion et leur perception de soi.
📖 6. Impact professionnel
🔑 Notions clés & Définitions
- Discrimination dans l’emploi : Refus d’accès ou traitement inégal au sein du marché du travail en raison de la corpulence, pouvant entraîner une relégation professionnelle ou une exclusion (d’après Carof, 2019).
- Mobilité sociale affectée par corpulence : Difficulté pour les personnes en surpoids ou obèses à évoluer socialement ou professionnellement, notamment par la stigmatisation et la discrimination, limitant leur accès à des postes supérieurs ou à des opportunités (d’après Carof, 2019).
- Impact des discriminations sur statut professionnel : Conséquences directes ou indirectes des actes de discrimination sur la position sociale, la carrière, ou la reconnaissance professionnelle, pouvant conduire à une relégation ou à une marginalisation (d’après Carof, 2019).
- Effets de la stigmatisation sur la carrière : La stigmatisation liée au poids peut provoquer une autocensure, une évitement des opportunités ou une dévalorisation de soi, impactant négativement la progression professionnelle (d’après Carof, 2019).
- Discriminations objectives vs ressenties : La distinction entre les actes de discrimination avérés (refus d’embauche, licenciements) et la perception subjective de discrimination, qui peut influencer la mobilité sociale et le vécu professionnel (d’après Carof, 2019).
📝 Points essentiels
- La discrimination dans l’emploi, souvent invisible, peut conduire à une relégation professionnelle ou à une exclusion, affectant la carrière des personnes en surpoids ou obèses (Carof, 2019).
- Ces discriminations ont des effets concrets sur la mobilité sociale, limitant l’accès à des postes supérieurs ou à des opportunités d’évolution, ce qui contribue à renforcer les inégalités sociales (Carof, 2019).
- La stigmatisation peut également provoquer une autocensure, où les individus évitent de postuler à certains postes ou de se présenter à des promotions, par crainte de rejet ou de jugement (Carof, 2019).
- La distinction entre discriminations objectives et ressenties permet d’analyser finement leur impact sur le vécu professionnel et la mobilité sociale, soulignant que la perception peut parfois dépasser la réalité objective (Carof, 2019).
- La fréquence et la virulence des actes discriminatoires dans le contexte français sont importantes, notamment dans le secteur privé et lors des processus de recrutement ou de promotion (Carof, 2019).
💡 À retenir
Les discriminations liées au poids ont des effets tangibles sur le statut professionnel et la mobilité sociale des personnes concernées, renforçant ainsi les inégalités sociales et professionnelles.
📖 7. Stratégies d'adaptation
🔑 Notions clés & Définitions
- Répertoires d’actions pour « sauver la face » : Ensemble de stratégies déployées par les personnes stigmatisées pour préserver leur estime de soi et leur dignité lors d’interactions où leur corpulence est jugée déviante, en s’appuyant sur la théorie d’Erving Goffman (1975).
- Capacité à mettre à distance le vécu quotidien : Aptitude réflexive des individus à prendre du recul face à leurs expériences de stigmatisation ou discrimination, permettant de réduire leur impact psychologique, selon la perspective sociologique abordée dans l’article.
- Stratégies d’autocensure ou d’évitement : Comportements visant à limiter l’exposition aux situations de stigmatisation, comme éviter certains lieux ou comportements, pour réduire le risque de confrontation ou de rejet, mentionnées comme ayant des effets paradoxaux.
- Stratégies de retournement du stigmate : Actions visant à transformer ou à détourner la stigmatisation pour en faire une force ou une source de revendication, permettant aux personnes de reprendre le contrôle de leur image sociale.
- Gestion des interactions sociales inégalitaires : Ensemble de tactiques pour faire face aux rapports de pouvoir et de rejet dans les interactions quotidiennes, notamment dans les espaces publics ou professionnels, en utilisant des stratégies adaptées à leur corpulence.
📝 Points essentiels
- Les personnes en surpoids ou obèses mobilisent des répertoires d’actions pour « sauver la face » lors de situations de stigmatisation ou de discrimination, pour préserver leur estime de soi face à des remarques ou gestes dévalorisants, conformément à Goffman (1975).
- Ces stratégies incluent l’évitement de certains lieux ou interactions, la réappropriation du stigmate (ex : revendication ou humour), ou encore la dissimulation de leur corpulence pour limiter les risques de rejet ou d’humiliation.
- La capacité à mettre à distance le vécu quotidien permet aux individus de prendre du recul face à leurs expériences, ce qui peut contribuer à leur résilience mais aussi à une forme d’autoprotection psychologique.
- Les stratégies d’autocensure ou d’évitement, si elles peuvent réduire la fréquence des confrontations, ont aussi des effets paradoxaux : elles peuvent renforcer le sentiment d’exclusion ou limiter la participation sociale.
- La mise en œuvre de ces stratégies varie selon la corpulence, le genre, l’âge ou le milieu social, et leur efficacité dépend de la capacité réflexive des individus à se distancier de leur vécu.
💡 À retenir
Les stratégies d’adaptation mobilisées par les personnes stigmatisées leur permettent de préserver leur dignité face à la stigmatisation, mais peuvent aussi renforcer leur isolement social si elles conduisent à l’autocensure ou à l’évitement.
📖 8. Normes corporelles
🔑 Notions clés & Définitions
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Normes corporelles liées au poids : Représentations sociales qui définissent ce qui est considéré comme un poids « acceptable » ou « normal » dans une société donnée, influençant la perception et le traitement des individus selon leur corpulence. Selon Fischler (1990), ces normes évoluent et peuvent varier selon les contextes culturels et historiques.
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Symboliques culturelles des corpulences : Significations et valeurs attribuées aux différentes corpulences dans une culture spécifique, souvent associées à des qualités morales, sociales ou esthétiques. Corbeau (2005) montre que ces symboliques sous-tendent les normes sociales et alimentaires, en valorisant ou dévalorisant certains types de corps.
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Normes sociales sous-jacentes à la stigmatisation : Règles implicites ou explicites qui, en établissant des critères de corpulence « acceptables », légitiment la stigmatisation des corps considérés comme déviants, notamment ceux qui dépassent les seuils de poids socialement admis. Ces normes participent à la reproduction des inégalités sociales et morales autour du corps.
📝 Points essentiels
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Les normes corporelles liées au poids sont socialement construites et varient selon les époques, les cultures et les milieux (Fischler, 1990). Elles déterminent ce qui est perçu comme un corps « normal » ou « déviant » et influencent la stigmatisation et la discrimination.
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La différenciation entre corpulences valorisées ou dévalorisées repose sur des symboliques culturelles, qui attribuent des qualités morales ou sociales à certains types de corps (Corbeau, 2005). Par exemple, une corpulence importante peut être perçue comme un signe de prospérité ou de paresse, selon le contexte.
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La norme sociale sous-jacente à la stigmatisation repose sur des seuils implicites ou explicites, souvent liés à l’IMC, mais aussi à des critères esthétiques ou moraux, qui légitiment le rejet ou la marginalisation des corps hors norme.
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La variabilité des seuils d’obésité (Fischler, 1990) montre que ce qui est considéré comme « corpulence acceptable » n’est pas universel, mais dépend des normes sociales en vigueur.
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La reproduction de ces normes contribue à la stigmatisation des corps « excessifs », en leur attribuant des qualités négatives, et en renforçant les inégalités sociales et morales.
💡 À retenir
Les normes corporelles liées au poids sont socialement construites, symboliques et variables, et elles sous-tendent la stigmatisation en définissant ce qui est considéré comme un corps « acceptable » ou « déviant ».
📖 9. Représentations sociales
🔑 Notions clés & Définitions
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Représentations médicales du surpoids et obésité : Conceptions issues de la médecine qui catégorisent et évaluent la corpulence selon des critères cliniques, notamment l’IMC, et qui influencent la perception du corps (Fischler, 1990). Ces représentations peuvent évoluer, mais restent souvent associées à des stigmates sociaux.
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Représentations morales de la grosseur : Perceptions valorisant ou dévalorisant la corpulence en fonction de normes morales ou éthiques, où la grosseur est souvent associée à la paresse, à la surconsommation ou à un manque de contrôle (Carof, 2019). Ces notions morales alimentent la stigmatisation et la culpabilisation.
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Représentations sociales liées au poids : Idées, stéréotypes et croyances partagées dans la société concernant la corpulence, qui façonnent les comportements et les interactions sociales. Elles peuvent différer selon les contextes culturels, sociaux et historiques, et participent à la construction du corps comme symbole social (Carof, 2019).
📝 Points essentiels
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Les représentations médicales du surpoids et de l’obésité, tout en étant basées sur des critères objectifs comme l’IMC, sont souvent accompagnées de jugements moraux et sociaux, renforçant la stigmatisation (Fischler, 1990). La distinction entre surpoids et obésité, notamment par l’IMC, sert à catégoriser et à légitimer des discours de contrôle social.
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La perception morale de la grosseur, fortement ancrée dans les normes sociales, contribue à la moralisation du corps, où la corpulence devient un indicateur de valeur personnelle ou de discipline. La société valorise souvent la minceur comme signe de contrôle et de réussite, tandis que la grosseur est associée à la faiblesse ou à la paresse (Carof, 2019).
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Les représentations sociales liées au poids évoluent selon les contextes culturels, historiques et sociaux, mais tendent à maintenir des normes implicites sur ce qui constitue un corps « acceptable » ou « déviant ». Ces représentations influencent la façon dont les individus perçoivent leur propre corps et celui des autres, et alimentent la stigmatisation (Carof, 2019).
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La société construit et diffuse des idées selon lesquelles la corpulence est un reflet de qualités morales ou de comportements individuels, ce qui renforce la culpabilisation des personnes en surpoids ou obèses (Carof, 2019).
💡 À retenir
Les représentations sociales du poids, mêlant dimensions médicales, morales et culturelles, façonnent profondément la perception et le traitement des corps gros dans la société, contribuant à leur stigmatisation et à la construction de normes implicites.
📖 10. Effets de l'âge
🔑 Notions clés & Définitions
- Modulation des expériences selon l’âge : Variation dans la perception, la fréquence et la nature des stigmatisations et discriminations liées au poids en fonction de l’âge des individus, influencée par leur position sociale et leur vécu spécifique (Solenne Carof, 2019).
- Différences de stigmatisation selon tranche d’âge : Disparités dans la manière dont les différentes générations vivent et réagissent face à la stigmatisation du poids, avec une intensité et une forme variable selon l’âge (Solenne Carof, 2019).
- Impact de l’âge sur vécu du surpoids et obésité : Influence de la période de vie sur la fréquence, la virulence et la perception des expériences de discrimination ou de stigmatisation, ainsi que sur la capacité à y faire face (Solenne Carof, 2019).
📝 Points essentiels
- La stigmatisation et la discrimination liées au poids ne sont pas uniformes à tous les âges : elles sont modulées par l’âge, qui influence la fréquence, la virulence et la perception des actes stigmatisants (Solenne Carof, 2019).
- Les jeunes adultes et les personnes âgées vivent des expériences différentes : les jeunes peuvent être plus exposés à des remarques ou moqueries dans certains espaces, tandis que les personnes âgées peuvent subir une invisibilisation ou une forme de rejet plus subtile (Solenne Carof, 2019).
- La perception du corps et la légitimité sociale associée au poids évoluent avec l’âge, modifiant ainsi la manière dont les individus vivent leur corpulence et les réactions sociales qu’elle suscite (Solenne Carof, 2019).
- Le vécu du surpoids ou de l’obésité à un âge avancé peut être marqué par une moindre capacité à mobiliser des stratégies de défense ou d’adaptation face à la stigmatisation, en raison de la vulnérabilité accrue ou de la marginalisation sociale (Solenne Carof, 2019).
- La modulation selon l’âge reflète aussi l’évolution des normes sociales et des représentations culturelles du corps au fil des générations, influençant la façon dont la société perçoit et traite les personnes en surpoids ou obèses (Solenne Carof, 2019).
💡 À retenir
L’expérience de stigmatisation liée au poids varie selon l’âge, étant modulée par la perception sociale, la vulnérabilité et la capacité d’adaptation propres à chaque tranche d’âge, ce qui influence profondément le vécu des personnes concernées.
📊 Tableaux de Synthèse
| Thème | Notions Clés | Concepts | Auteur |
|---|
| Corps discréditable vs discrédité | Corps discréditable : corpulence non visible ou dissimulée | Corps discrédité : corpulence visible et stigmatisée | Carof (2019) |
| Stigmatisation | Processus de marquage social selon le poids | Stigmatisation par remarques, regards, gestes | Carof (2019) |
| Discrimination professionnelle | Refus d’accès ou de promotion | Impact sur mobilité sociale | Carof (2019) |
| Réactions sociales | Stratégies de « sauver la face » | Minimisation, autocensure, humour | Carof (2019) |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre corps discréditable et corps discrédité : ne pas sous-estimer la visibilité du stigmate.
- Croire que la stigmatisation ne concerne que l’espace privé : elle est aussi présente dans le professionnel et public.
- Confondre discrimination et stigmatisation : la discrimination est une manifestation concrète, la stigmatisation un processus social.
- Négliger l’impact de l’IMC dans la discrimination : seuils précis (IMC > 30, 40) influencent la fréquence des actes discriminatoires.
- Surestimer la capacité des personnes stigmatisées à décontextualiser le rejet : cela varie selon les stratégies individuelles.
- Confondre stratégies d’adaptation et réactions spontanées : les stratégies sont souvent conscientes et réflexives.
- Omettre la distinction entre vécu individuel et représentation sociale : la société construit la stigmatisation.
✅ Checklist Examen
- Connaître la définition de Corps discréditable et Corps discrédité selon Carof (2019).
- Expliquer la notion de stigmate selon Goffman (1975).
- Identifier les mécanismes de stigmatisation selon le poids et leurs manifestations.
- Décrire les effets de la discrimination professionnelle liée au poids, en citant Carof (2019).
- Comprendre l’impact de l’IMC dans la discrimination, en précisant les seuils critiques (Carof, Myers & Rosen).
- Analyser les stratégies de réactions sociales pour « sauver la face » (Carof, 2019).
- Distinguer les différentes formes de réactions face à la stigmatisation.
- Connaître les effets sociaux de la stigmatisation sur la mobilité et l’estime de soi.
- Identifier les représentations sociales et normes corporelles influençant la stigmatisation.
- Maîtriser les concepts liés à la différence de genre et à l’impact de l’âge dans la perception sociale.
- Comprendre comment la société construit et reproduit la marginalisation des personnes en surpoids.
- Vérifier la maîtrise des stratégies d’adaptation face à la stigmatisation corporelle.
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