fas : Selon AUTEUR (date), le fas désigne ce que les dieux ont dit et permis, c’est-à-dire le domaine divin qui régit le comportement sacré et les actes religieux. Il constitue la règle divine que les Romains doivent respecter dans leur vie juridique.
nefas : Toujours selon AUTEUR (date), le nefas correspond à ce que les dieux interdisent, c’est-à-dire l’interdit divin. Il désigne les actes considérés comme sacrilegieux ou contraires à la volonté divine, et dont la commission est punie religieusement.
jus : Le jus représente la distinction entre le domaine divin (fas) et le domaine du droit humain. Il désigne le droit humain, la sphère laïque et civile, qui se développe en opposition ou en différenciation avec le domaine religieux.
pontifes : Selon AUTEUR (date), les pontifes sont des prêtres choisis par l’aristocratie romaine, chargés de l’interprétation du droit religieux. Ils sont les gardiens des règles divines, notamment du fas, et contrôlent la vie juridique en fonction des jours fas.
coutume : La coutume est un ensemble d’usages juridiques qui ont acquis une force obligatoire par leur répétition paisible, permanente et prolongée dans une société. Elle constitue une source du droit archaïque, surtout avant l’émergence de lois écrites.
lois royales : Selon AUTEUR (date), les lois royales sont des lois promulguées par les rois légendaires, considérées comme des lois fondamentales. Elles concernent principalement le rituel du sacrifice ainsi que des domaines du droit privé et pénal, mais ne sont pas des lois écrites formelles, leur existence étant liée à la coutume.
Le droit romain primitif est d’origine religieuse, avec des sanctions pénales à caractère religieux. Les actes juridiques étaient soumis à des rites religieux, et leur interprétation était confiée aux pontifes, qui étaient les gardiens des règles divines désignées par le fas (ce que les dieux ont dit et permis) et le nefas (ce qui est interdit par les dieux).
La distinction entre fas et nefas marque la séparation entre le domaine divin et le domaine interdit, influençant fortement la vie juridique. Le fas régit les actes religieux et certains actes civils sous contrôle religieux.
La laïcisation du droit commence avec l’émergence du jus, qui sépare le domaine du droit humain de celui du divin. Cette distinction favorise le développement d’un droit civil laïc, contesté initialement par les pontifes.
À la fin du 4e siècle avant J.-C., un corps de juristes professionnels apparaît, contestant le monopole religieux des pontifes et se plaçant au service des justiciables. Le droit devient alors une expression de la décision des juges, basé sur la coutume et non plus uniquement sur le religieux.
Le droit archaïque repose principalement sur la coutume et les lois royales, qui ne sont pas écrites mais s’insèrent dans la tradition orale et la pratique. Les lois royales, légendaires, auraient été promulguées par des rois légendaires, principalement pour des domaines rituels et juridiques, sans véritable formalisation écrite.
Le droit romain ancien évolue d’un cadre sacré, contrôlé par les pontifes, vers un droit civil laïc basé sur la coutume et les lois royales, marquant une transition fondamentale du sacré vers le profane dans l’histoire juridique romaine.
Loi des 12 tables : Première codification écrite du droit romain, visant à garantir l’égalité juridique entre patriciens et plébéiens. Elle exprime une volonté de paix sociale en inscrivant des droits et des règles de procédure, tout en étant un recueil de coutumes plutôt qu’un code complet. La loi des 12 tables ne nous est parvenue que par des allusions d’auteurs comme Cicéron, sans connaître leur contenu intégral ni leur ordre précis. Elle introduit la mise à l’écrit de droits jusqu’alors incertains, protégeant ainsi les citoyens et limitant l’arbitraire judiciaire. La législation évolue avec la participation du peuple par vote au sein des comices, notamment par le biais des comices centuriates, dominés par les riches patriciens, qui votent les lois ordinaires. La procédure d’adoption par vote est une innovation fondamentale.
Plébiscites : Votés par la plèbe à partir de 471 av. J.-C., ils constituent des mesures adoptées par un organe propre, le concile de la plèbe, présidé par des tribuns issus de la plèbe. Depuis 449 av. J.-C., leur valeur s’étend progressivement à l’ensemble du peuple si confirmés par le Sénat, composé de patriciens. La loi Hortensia de -287 établit que les lois de la cité et les plébiscites ont la même autorité, faisant des plébiscites une source formelle de droit.
Comices centuriates : Assemblées où les citoyens votent les lois, organisées en 5 centuries représentant des groupes socio-économiques. La première centurie, composée des plus riches et expérimentés, détient le plus de poids dans le vote. Ce système reflète une oligarchie plutôt qu’une démocratie, avec une domination des patriciens.
Legs Hortensia : Loi de -287 qui établit l’égalité entre lois de la cité et plébiscites, unifiant leur statut juridique et leur valeur normative, et faisant des plébiscites une source législative officielle.
Jurisprudence (doctrine) : Ensemble des réflexions et commentaires sur le droit, issus des jurisconsultes. La jurisprudence naît avec ces juristes laïques qui contestent le monopole des pontifes, apportant une doctrine pratique et théorique. Elle se développe notamment à partir du 2e siècle av. J.-C., lorsque les juristes romains, influencés par la philosophie grecque, publient des consultations et des commentaires, formant une doctrine riche et structurée.
Jurisconsultes : Juristes romains laïques, experts du droit, qui élaborent une doctrine, donnent des consultations, et participent à la réflexion théorique sur le droit. Leur rôle devient central dans le développement de la science juridique romaine, notamment à partir du 2e siècle av. J.-C., avec la théorisation du droit et la publication de commentaires.
La loi des 12 tables, première codification écrite, marque une étape clé dans l’histoire du droit romain. Elle garantit l’égalité juridique entre patriciens et plébéiens, en inscrivant des droits et des règles de procédure, tout en reflétant une volonté de paix sociale. Elle n’est pas un code complet, mais un recueil de coutumes écrites, visant à protéger les citoyens et à limiter l’arbitraire judiciaire. La législation évolue avec la participation du peuple par le biais des comices, notamment les comices centuriates, dominés par les riches patriciens, qui votent les lois ordinaires. La procédure d’adoption des lois par vote constitue une innovation majeure. Par ailleurs, les plébiscites, votés par la plèbe et confirmés par le Sénat, deviennent une source législative à part entière avec la loi Hortensia de -287, qui établit leur égalité avec les lois de la cité. La naissance de la jurisprudence, ou doctrine, accompagne cette évolution, avec des juristes laïques qui, dès le début, donnent des consultations et élaborent une réflexion théorique sur le droit, notamment à partir du 2e siècle av. J.-C., enrichissant ainsi la science juridique romaine.
L’émergence d’un droit écrit et démocratisé, renforcée par la codification des coutumes et la doctrine, structure la société républicaine romaine en assurant une application plus équitable et rationnelle des règles juridiques.
Jurisprudence classique
La jurisprudence classique désigne la connaissance des choses civiles et humaines, la science du juste et de l’injuste, atteignant son apogée entre le 1er siècle et la première moitié du IIIe siècle. Elle dépasse le cas par cas pour élaborer des règles générales, fondant ainsi la science juridique. Elle est portée par des débats entre juristes qui théorisent le droit comme une science rationnelle.
Jus publice respondendi
Institué par l’empereur Auguste, le jus publice respondendi est un privilège accordé à certains jurisconsultes leur permettant de donner des consultations revêtues de l’autorité du prince. Ce brevet confère une autorité de fait, mais l’opinion du jurisconsulte n’a pas de valeur officielle. Il s’agit d’un mode de création quasi officiel du droit, renforçant le prestige et l’influence des jurisconsultes.
Jurisconsultes fondateurs
Ce sont les premiers juristes qui, par leur rôle de praticiens et de théoriciens, contribuent à la maturation du droit romain. Ils élaborent des œuvres doctrinales, commentent le droit civil, et jouent un rôle consultatif auprès de l’empereur, participant ainsi à la codification et à la stabilisation du droit.
Doctrine scientifique
Elle désigne l’ensemble des œuvres doctrinales rédigées par les juristes, telles que commentaires, recueils de consultation ou manuels. Ces œuvres posent des règles dans le silence de la loi, contribuant à la systématisation et à la rationalisation du droit. La doctrine scientifique participe à la théorisation du droit comme science.
Droit prétorien
Il s’agit du droit élaboré par les magistrats, notamment le prêteur, qui rédige des formules et des édits pour répondre aux besoins juridiques nouveaux. Ce droit est autonome, souple, et en constante évolution, permettant d’adapter le droit civil classique aux réalités économiques et sociales. Il joue un rôle essentiel dans la création juridique continue et l’ouverture aux étrangers.
La doctrine juridique atteint son apogée avec des jurisconsultes laïques qui théorisent le droit comme une science, dépassant la simple application pour élaborer des règles générales rationnelles. L’empereur Auguste institue le jus publice respondendi, donnant un statut officiel aux consultations de certains jurisconsultes, ce qui confère une autorité de fait à leurs opinions. La jurisprudence classique ne se limite pas à traiter des cas particuliers, mais cherche à formuler des règles générales, en analysant et classant les opérations juridiques, ce qui fonde la science du droit contemporain.
Les jurisconsultes jouent un double rôle : pratique, en aidant à l’application du droit et en rédigeant des actes, et scientifique, en produisant des œuvres doctrinales. Le privilège du jus publice respondendi, accordé à une minorité de jurisconsultes, leur confère une influence considérable, même si leur opinion n’a pas de valeur officielle, le prestige et la pratique leur donnant une autorité de fait. Ce système permet à la jurisprudence de devenir un mode de création quasi officiel du droit, renforçant l’autorité de l’empereur et contribuant à l’unification des sources juridiques.
Le droit prétorien, élaboré par les magistrats, notamment le prêteur, constitue une œuvre de création continue, souple et autonome, adaptée aux besoins économiques et sociaux. Il permet d’introduire des actes juridiques nouveaux et d’ouvrir le droit aux étrangers. Son importance décroît avec la centralisation du pouvoir législatif impérial, mais il reste une source essentielle jusqu’au début du IIe siècle, où la législation impériale devient prééminente.
La maturation du droit romain s’est faite en une science juridique rationnelle et structurée, où la doctrine et le pouvoir impérial ont façonné une autorité juridique nouvelle, en dépassant le simple cas par cas pour élaborer des règles générales et adaptables.
Le droit post classique se caractérise par la montée en puissance de la jurisprudence impériale, qui devient la source principale du droit, au détriment de la doctrine classique. Les juristes constatent que la loi n’est plus élaborée par le peuple mais par l’empereur, qui exerce un pouvoir quasi absolu à travers ses constitutions. Ces constitutions, telles que l’édit impérial, le décret, le rescrit ou le mandat, deviennent la source monopole de la législation impériale, leur volume augmentant avec le temps et rendant le droit difficile à connaître et à appliquer. Pour y faire face, des recueils de lois, appelés codes, sont créés, rassemblant ces constitutions sous une forme normée, brève et impérative. La première codification officielle apparaît en 438 avec le Code théodosien, qui rassemble les constitutions impériales, notamment celles émises par Constantin. Par ailleurs, la coutume persiste comme source du droit, notamment en raison de l’insuffisance de la législation impériale pour couvrir tous les cas pratiques. La coutume est alors considérée comme une source supplétive ou même concurrente à la loi, pouvant devenir contra legem si elle est répétée de façon constante et raisonnable, dépassant ainsi la loi par la pratique.
Le droit romain post classique se distingue par la centralisation du pouvoir législatif autour de l’empereur, dont la volonté devient la source unique du droit, tout en étant organisée dans des codes pour mieux gérer la masse législative. La jurisprudence impériale et la coutume jouent un rôle clé dans cette transition vers un système plus pragmatique et unifié, préparant ainsi la future codification du droit romain.
Corpus Juris Civilis : Ensemble cohérent et officiel regroupant les principales sources du droit romain, constitué sous Justinien pour préserver, organiser et transmettre le droit romain.
Digeste : Compilation de fragments de doctrine classique, promulguée en 533, regroupant environ 1500 ouvrages de doctrine dans 50 livres, visant à rendre accessible la jurisprudence ancienne.
Code de Justinien : Recueil d’anciennes lois, initialement publié en 529 puis révisé en 534, comprenant 12 livres classés chronologiquement, intégrant constitutions impériales et lois anciennes.
Institutes : Manuel de droit pour étudiants, rédigé en 533 par Tribonien, servant de guide pédagogique pour l’apprentissage du droit romain.
Novelles : Nouvelles lois promulguées par Justinien à partir de 534, éditées en 565, complétant le Code et reflétant les nouvelles législations impériales jusqu’en 565.
Les compilations de Justinien, achevées en 565, marquent la fin du droit romain classique et post-classique. Le Corpus Juris Civilis rassemble les principales sources du droit romain en un ensemble cohérent et officiel, visant à unifier et clarifier le droit pour l’Empire byzantin. Cette codification a pour but de préserver le patrimoine juridique romain, de le transmettre et d’assurer sa pérennité. Elle constitue une synthèse du droit romain, permettant de conserver le meilleur tout en éliminant le reste. La démarche de Justinien s’inscrit dans une volonté de restaurer la grandeur de Rome, en consolidant une législation commune. La composition du Corpus comprend le Code Justinien, le Digeste, les Institutes et les Novelles, chacun jouant un rôle précis dans la conservation, l’organisation et l’actualisation du droit romain. Le Code rassemble les lois anciennes et récentes, le Digeste synthétise la doctrine classique, les Institutes servent d’outil pédagogique, et les Novelles actualisent la législation. Ces compilations, souvent appelées « pandectes », ont exercé une influence durable, notamment après leur redécouverte au XIIIe siècle sous le nom de Corpus juris civilis, en raison de leur valeur de référence ultime pour le droit romain.
Les compilations justiniennes, en synthétisant et en conservant le meilleur du droit romain, ont assuré sa transmission durable, consolidant ainsi l’héritage juridique de Rome tout en adaptant le droit aux besoins de l’Empire byzantin.
| Date | Événement |
|---|---|
| -471 av. J.-C. | Adoption des plébiscites par la plèbe |
| -449 av. J.-C. | Confirmation des plébiscites par le Sénat |
| -287 | Loi Hortensia établissant l’égalité entre lois de la cité et plébiscites |
| 2e siècle av. J.-C. | Développement de la jurisprudence et de la doctrine par les juristes romains |
| Source du droit | Description | Auteur / Référence | Particularités |
|---|---|---|---|
| Fas / Nefas | Domaines divins, religieux, interdits ou permis par les dieux | Notion selon AUTEUR (date) | Fas = ce que les dieux ont dit et permis ; Nefas = ce qui est interdit |
| Jus | Droit humain, civil, laïque | Notion selon AUTEUR (date) | Sépare le domaine divin du domaine civil |
| Coutume | Usages juridiques répétés, force obligatoire | Notion selon AUTEUR (date) | Source archaïque, orale, précoce |
| Lois royales | Lois légendaires, promulguées par les rois | Notion selon AUTEUR (date) | Domaines rituels et juridiques, non écrites formellement |
| Loi des 12 tables | Première codification écrite du droit romain | Connaître la définition de PERROUX sur la croissance | Garantit l’égalité, recueil de coutumes, vote par comices |
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1. Qui a institué le 'jus publice respondendi' dans le droit classique romain ?
2. Quelle est la date de la loi qui a établi l'égalité entre les plébiscites et les lois de la cité, leur conférant la même valeur juridique ?
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Sources du droit romain ancien
Fas, nefas, coutume, lois royales, jus
Fas — définition ?
Domaine divin, actes permis par les dieux
Nefas — définition ?
Interdit divin, actes sacrilèges
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