Fiche de révision : Filiation légale et ses mécanismes

Plan du Cours

  1. Filiation légale
  2. Filiation maternelle
  3. Filiation paternelle
  4. Filiation de l’enfant sous X
  5. Reconnaissance volontaire
  6. Possession d’état
  7. Actions contentieuses
  8. Actions en recherche
  9. Actions en contestation
  10. Action en subsides

1. Filiation légale

Notions clés & Définitions

  • Filiation par effet de la loi : Mode d’établissement de la filiation où celle-ci est légalement reconnue par la simple autorité de la loi, sans démarche volontaire ou acte spécifique de reconnaissance (art. 310-1 cc). Elle repose sur des hypothèses légales prédéfinies, notamment la filiation maternelle et paternelle.

  • Filiation maternelle : Filiation établie automatiquement par le fait que la mère porte l’enfant pendant la grossesse et lui donne naissance par l’accouchement. Selon l’art. 311-25 cc, la filiation est établie à l’égard de la mère par sa désignation dans l’acte de naissance. La déclaration de naissance doit être faite dans les 5 jours, accompagnée d’un certificat médical ou d’un témoignage. La règle s’applique à toutes les femmes, mariées ou non, depuis la réforme de 2005.

  • Filiation paternelle : Filiation qui peut être présumée par la règle « Pater est est » (art. 312 cc), selon laquelle le père désigné par le mariage est présumé être le père de l’enfant né pendant le mariage. La présomption peut être écartée dans certains cas, notamment si l’acte de naissance ne désigne pas le mari comme père ou si la conception a eu lieu hors période légale.

  • Filiation de l’enfant sous X : Filiation établie lorsque l’enfant est né sous X, pratique permettant à la mère de garder l’anonymat lors de l’accouchement. La mère peut demander que le secret de son admission soit préservé (art. 326 cc). La filiation maternelle n’est pas établie dans ce cas, mais des droits pour connaître ses origines existent, notamment via le CNAOP. La pratique remonte au 16ème siècle et est protégée par la loi depuis 1953.

  • Reconnaissance volontaire : Acte juridique par lequel la mère ou le père avouent leur filiation et s’engagent à en assumer les conséquences légales (art. 316 cc). La reconnaissance peut concerner la filiation paternelle ou maternelle et est souvent utilisée pour établir la filiation hors mariage ou compléter une filiation déjà présumée.

  • Possession d’état : Mode d’établissement de la filiation basé sur la situation de fait où une personne est traitée comme étant l’enfant d’un adulte, ce qui présume l’existence d’un lien de filiation. La possession d’état peut être constatée par un acte de notoriété et révèle un lien de filiation hors contentieux.

Points essentiels

  • La filiation par effet de la loi est automatique, sans démarche volontaire, et s’applique différemment selon qu’il s’agit de la filiation maternelle ou paternelle.
  • La filiation maternelle est toujours certaine dès lors que la mère a porté l’enfant et l’a accouché, avec une reconnaissance automatique dans l’acte de naissance.
  • La présomption de paternité (art. 312 cc) repose sur le mariage, mais peut être contestée ou écartée dans certains cas.
  • La filiation de l’enfant sous X permet à la mère de garder l’anonymat, tout en préservant certains droits pour l’enfant de connaître ses origines.
  • La reconnaissance volontaire est un acte formel permettant d’établir la filiation, souvent utilisé hors mariage.
  • La possession d’état constitue une preuve indirecte de filiation, basée sur la situation de fait et la perception sociale du lien.

À retenir

La filiation légale repose sur des mécanismes automatiques ou volontaires, selon la situation, et constitue la base juridique pour établir le lien de filiation sans recours à une action contentieuse.

2. Filiation maternelle

Notions clés & Définitions

Filiation maternelle
Selon l’article 311-25 du Code civil, la filiation est établie à l’égard de la mère par la désignation de celle-ci dans l’acte de naissance de l’enfant. La mère est toujours certaine dans la mesure où elle porte l’enfant pendant la grossesse et lui donne naissance par l’accouchement, ce qui constitue un principe fondamental. La déclaration de naissance doit être faite dans les 5 jours, accompagnée d’un certificat médical d’accouchement ou, à défaut, du témoignage d’un tiers ayant assisté à l’accouchement. La mention du nom de la mère dans l’acte de naissance établit la filiation maternelle. La filiation de l’enfant né sous X est également concernée, avec un droit au secret de l’accouchement, mais l’enfant peut ultérieurement accéder à ses origines.

Déclaration de naissance
Acte par lequel la mère déclare la naissance de l’enfant dans un délai de 5 jours, en produisant un certificat médical ou un témoignage. La déclaration permet l’établissement de l’acte de naissance et la mention du nom de la mère. La loi, modifiée en 2005, prévoit que cette déclaration est valable quel que soit le statut de la mère (mariée, célibataire, concubine).

Filiation de l’enfant sous X
Dispositif permettant à la mère de demander le secret de son identité lors de l’accouchement. Historiquement instauré en France depuis le 16ème siècle, il garantit l’anonymat de la mère, qui peut faire le choix de ne pas révéler son identité. La mère peut demander que le secret soit préservé lors de l’accouchement (art. 326 cc). Ce dispositif soulève des tensions entre la liberté de la mère et le droit de l’enfant à connaître ses origines. La jurisprudence de la CEDH a reconnu la conformité du dispositif français, tout en permettant à l’enfant d’accéder à ses origines ultérieurement via des démarches auprès du CNAOP. La loi de 2009 a supprimé la fin de non-recevoir liée à l’accouchement sous X pour l’action en recherche de maternité, permettant ainsi à l’enfant de faire valoir ses droits à connaître ses origines.

Points essentiels

  • La filiation maternelle est présumée certaine dès l’accouchement, grâce à la règle « Mater semper certa est ».
  • La mention de la mère dans l’acte de naissance établit la filiation, cette démarche étant obligatoire dans les 5 jours suivant la naissance.
  • La déclaration de naissance doit être accompagnée d’un certificat médical ou d’un témoignage, et elle est valable pour toutes les femmes, mariées ou non, depuis la réforme de 2005.
  • La filiation de l’enfant né sous X repose sur un droit au secret de l’accouchement, permettant à la mère de rester anonyme.
  • L’enfant né sous X peut, ultérieurement, accéder à ses origines via un dispositif spécifique, notamment le CNAOP.
  • La jurisprudence a confirmé la conformité du dispositif français au regard des droits de l’homme, tout en assurant le droit de l’enfant à connaître ses origines.

À retenir

La filiation maternelle est présumée certaine dès la naissance, renforcée par la mention dans l’acte de naissance, tandis que le dispositif de l’accouchement sous X garantit le secret de la mère, tout en laissant la possibilité à l’enfant d’accéder à ses origines ultérieurement.

3. Filiation paternelle

Notions clés & Définitions

Filiation paternelle : La relation juridique entre un enfant et son père, présumée par la loi lorsque le mari de la mère est considéré comme le père de l’enfant, conformément à la présomption « pater is est » (art. 312 cc).

Présomption de paternité : La règle selon laquelle le mari de la mère est présumé être le père de l’enfant né pendant le mariage, sauf preuve contraire. Elle repose sur l’adage « pater is est » (art. 312 cc). La présomption peut être écartée si l’acte de naissance ne désigne pas le mari comme père ou si la naissance intervient dans un délai spécifique après la demande en divorce ou séparation (art. 312 cc).

Rébut de la présomption : La possibilité de faire écarter ou renverser la présomption de paternité. La présomption est écartée notamment lorsque l’acte de naissance ne désigne pas le mari comme père ou dans certains délais après une procédure de divorce ou de séparation, ou si une action en désaveu de paternité est intentée. La présomption initiale peut ainsi être remise en cause par une action en recherche de paternité (art. 342 cc).

4. Filiation de l’enfant sous X

Notions clés & Définitions

Filiation de l’enfant sous X
Historique : Pratique remontant au 16ème siècle en France, avec une réglementation progressive. En 1556, un édit impose la déclaration de grossesse et d’accouchement, favorisant les accouchements anonymes et clandestins. La loi de 1953 confirme le droit au secret de l’accouchement, renforcé par la réglementation actuelle de 1986. Ce dispositif d’accouchement sous X permet à la mère de garder l’anonymat lors de la déclaration de naissance. La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a reconnu la conformité de ce dispositif avec la Convention européenne des droits de l’Homme (affaire Odièvre, 2003).
Ce droit à l’anonymat existe uniquement dans quelques pays européens et est sujet à débat au regard du droit européen des droits de l’Homme.

Accouchement sous X
Pratique permettant à une mère d’accoucher sans révéler son identité, avec la possibilité de rester anonyme. La mère peut demander que le secret de son admission soit préservé lors de l’accouchement (art. 326 cc). La loi française a structuré ce droit depuis la réglementation de 1986, et il subsiste une tension entre la liberté de la mère, la protection de l’enfant, et les droits du père. La mère peut, après l’accouchement, revenir sur ses déclarations auprès du CNAOP (Conseil National pour l’Accès aux Origines Personnelles) pour fournir ou lever des informations.

Droit à connaître ses origines
Ce droit est reconnu par la jurisprudence de la CEDH (affaire Odièvre, 2003), qui considère le dispositif français comme proportionné et respectueux. Cependant, des modifications législatives ont permis au père de rechercher sa paternité en saisissant le procureur de la République (art. 62-1 cc), afin d’établir sa filiation ou de faire figurer sa reconnaissance sur l’acte de naissance. L’enfant peut également accéder à ses origines via le CNAOP, en demandant la levée du secret ou en obtenant des informations identifiantes ou non.

Points essentiels

  • L’accouchement sous X en France est une pratique historique et réglementée, permettant à la mère de garder l’anonymat lors de la déclaration de naissance, avec un droit reconnu depuis 1953 et structuré en 1986.
  • La mère peut demander le maintien du secret lors de l’accouchement (art. 326 cc). Elle peut aussi, ultérieurement, revenir sur ses déclarations auprès du CNAOP pour fournir ou lever des informations.
  • La jurisprudence de la CEDH a validé la conformité du dispositif français, tout en admettant des modifications législatives pour renforcer les droits du père à rechercher sa filiation (art. 62-1 cc).
  • Le dispositif n’est pas universellement adopté dans tous les pays européens et fait l’objet de débats au regard du droit européen des droits de l’Homme.
  • La pratique permet à certains enfants nés sous X d’avoir des prénoms donnés par la mère, selon le cas.

À retenir

L’accouchement sous X en France permet à la mère de bénéficier d’un droit à l’anonymat, tout en étant compatible avec le droit à connaître ses origines, grâce à des mécanismes législatifs et jurisprudentiels permettant à l’enfant et au père de rechercher la filiation ou d’accéder à ses informations d’origine.

5. Reconnaissance volontaire

Notions clés & Définitions

Reconnaissance volontaire : Acte juridique par lequel une personne, mère ou père, avoue sa filiation avec un enfant, en s’engageant à en assumer les conséquences légales (art. 316 cc). Elle doit être faite de manière consciente et non viciée, sans contrainte ni erreur.

Conditions de la reconnaissance : La reconnaissance doit être volontaire, c’est-à-dire exempte de vices de consentement (violence, erreur). Elle peut être effectuée par un majeur ou un mineur capable d’énoncer sa volonté (art. 458 cc).

Formalismes de la reconnaissance : La reconnaissance peut prendre différentes formes selon la situation, notamment par acte écrit, acte notarié ou déclaration à l’état civil. Elle doit respecter le formalisme prévu par la loi (art. 62 cc).

Moment de la reconnaissance : La reconnaissance peut intervenir à tout moment, généralement lors de l’établissement de l’acte de naissance ou ultérieurement. Elle est valable dès qu’elle est exprimée de façon claire et non viciée.

Effets de la reconnaissance : Elle établit la filiation entre la personne reconnue et l’auteur de la reconnaissance, créant des liens juridiques de filiation. La reconnaissance par le père ou la mère entraîne la filiation légale et ses conséquences (droits et devoirs).

Points essentiels

  • La reconnaissance par la mère est désormais une hypothèse marginale, car la présence de son nom sur l’acte de naissance suffit pour établir la filiation maternelle.
  • La reconnaissance par le père peut être utilisée par un père non marié ou marié, sous réserve de respecter le principe chronologique selon l’art. 220 cc.
  • La reconnaissance doit être volontaire, sans vices de consentement, et peut être annulée si elle est viciée.
  • La reconnaissance peut intervenir à tout moment, mais sa validité dépend de la conformité au formalisme légal.
  • La reconnaissance a pour effet de créer une filiation légale, avec toutes ses conséquences juridiques, notamment en matière d’autorité parentale et de nom.

À retenir

La reconnaissance volontaire est un acte essentiel permettant d’établir la filiation de façon volontaire et consciente, sous réserve du respect des conditions de forme et de consentement. Elle constitue la base de la filiation légale entre un parent et un enfant.

6. Possession d’état

Notions clés & Définitions

  • Possession d’état : Situation dans laquelle une personne est traitée par sa famille ou la société comme étant l’enfant d’un adulte, et vice versa, constituant une présomption de lien de filiation (art. 311-1 cc). Elle se manifeste par une réunion suffisante de faits révélant le lien de filiation et de parenté entre une personne et la famille à laquelle elle est dite appartenir.

  • Éléments constitutifs de la possession d’état : Selon l’art. 311-1 cc, la possession d’état s’établit par une réunion suffisante de faits, souvent ramenés à trois éléments principaux :

    • Le tractatus : La personne traitée comme l’enfant de la famille et traitant la famille comme ses parents, avec prise en charge par ces derniers (éducation, entretien, installation). L’enfant doit aussi se comporter comme un enfant de cette famille.
    • La fama : La reconnaissance ou la réputation auprès des tiers (milieu familial, social, amical) que cette personne est l’enfant de la famille.
    • Le nomen : Le fait que l’enfant porte le nom de celui dont on le dit ou pense être issu.
  • Faits révélant le lien de filiation : Ensemble de comportements, actes ou éléments (prise en charge, comportement de l’enfant, reconnaissance sociale, nom) qui, réunis, donnent une apparence suffisante de filiation.

  • Possession d’état hors contentieux : Mode d’établissement de la filiation basé sur la situation de fait où l’enfant est perçu comme appartenant à une famille, sans procédure judiciaire, mais avec une force probante en tant que présomption de lien de filiation.

Points essentiels

  • La possession d’état constitue le dernier mode d’établissement de la filiation, en se basant sur la réalité de la vie de famille et la perception sociale de la filiation.
  • La réunion de plusieurs éléments (tractatus, fama, nomen) permet de déduire l’existence d’un lien de filiation.
  • La possession d’état peut être constatée par un acte de notoriété, hors contentieux, et elle repose sur des faits de comportement et de reconnaissance sociale.
  • La reconnaissance par les tiers (fama) et le comportement de l’enfant (tractatus) sont essentiels pour établir la possession d’état.
  • La possession d’état est appréciée par les juges qui déterminent si la réunion des éléments donne une apparence suffisante de filiation.

À retenir

La possession d’état est une présomption de filiation fondée sur la réalité de la vie de famille et la reconnaissance sociale, qui peut être constatée hors contentieux par la réunion de faits révélant le lien de filiation.

7. Actions contentieuses

Notions clés & Définitions

  • Actions en recherche : Actions visant à établir la filiation lorsque celle-ci n’est pas encore reconnue ou établie, notamment par la preuve de la maternité ou de la paternité (voir section 8).

  • Actions en contestation : Actions intentées pour remettre en cause ou faire annuler une filiation déjà établie, notamment en cas de contestation de la filiation ou de filiation frauduleuse (voir section 9).

  • Action en subsides : Recours financiers liés à la filiation, visant à obtenir des subsides ou aides financières en lien avec la filiation (voir section 10).

  • Rôle de fin de non-recevoir : Mécanisme juridique qui, avec l’écoulement du temps, rend incontestable une filiation, notamment par l’effet d’un titre corroboré par une possession d’état conforme (hypothèse : enfant disposant d’un titre et d’une possession d’état).

  • Filiation déclarative : Nature des actions en filiation qui ne créent pas la filiation mais la constatent juridiquement, avec un effet rétroactif et opposable aux tiers après publicité.

  • Action en établissement de la filiation : Action visant à faire reconnaître la filiation, sous réserve que l’enfant soit né vivant et viable, et dans le respect des conditions légales (voir section 8).

  • Action en contestation de la filiation : Action visant à remettre en cause une filiation déjà établie, notamment en cas de fraude ou d’erreur, selon le principe chronologique de l’article 320.

Points essentiels

  • La filiation peut être établie volontairement (loi, reconnaissance, possession d’état) ou contentieusement (actions en recherche ou en contestation).

  • Les actions en établissement de filiation sont recevables uniquement pour un enfant né vivant et viable, et ne peuvent être intentées si l’enfant a été adopté plénièrement.

  • La prescription des actions en filiation est de 10 ans à compter de la majorité de l’enfant, sauf exceptions.

  • La filiation étant une question d’état de la personne, elle est frappée d’indisponibilité, interdisant la renonciation ou la transaction.

  • La compétence exclusive pour ces actions appartient au Tribunal judiciaire (art. 318-1).

  • La preuve privilégiée en matière de filiation est l’expertise génétique, ordonnée de droit si demandée.

  • La jurisprudence souligne que le refus d’un parent de se soumettre à l’expertise peut constituer un aveu tacite de filiation.

  • La possibilité d’ordonner une expertise sur un cadavre est limitée par la loi (art. 16-11 cc) et a été contestée par la Cour européenne des droits de l’homme.

  • La procédure de recherche de filiation a été profondément réformée par l’ordonnance de 2005, notamment en supprimant la distinction entre filiation légitime et naturelle.

  • La contestation de filiation peut porter sur la filiation maternelle ou paternelle, sous réserve des règles spécifiques (voir sections 8 et 9).

À retenir

Les actions contentieuses en filiation, qu’elles visent à établir ou à contester une filiation, sont principalement déclaratives, rétroactives, et soumises à des règles strictes de délai, de compétence et de preuve, avec une importance particulière accordée à l’expertise génétique.

8. Actions en recherche

Notions clés & Définitions

Actions en recherche : Actions visant à établir la filiation lorsque celle-ci n’est pas encore reconnue ou établie, en particulier par l’enfant lui-même. Elles sont déclaratives, visant à constater un fait préexistant, et ont un effet rétroactif. La Cour de cassation considère que dès qu’elles sont demandées, l’expertise est de droit (CCASS, civ. 1ère, 28 mars 2000).

Procédure de recherche de filiation : Ensemble des démarches judiciaires ou administratives pour établir la filiation, notamment par actions en recherche d’état ou de maternité/paternité, ou par constatation de possession d’état. La réforme de 2005 a supprimé la distinction entre filiation légitime et naturelle, fusionnant ces actions en une seule action en recherche.

Droit à connaître ses origines : Droit reconnu à l’enfant ou à la personne concernée d’accéder à des informations sur ses origines, notamment en cas d’accouchement sous X ou de filiation contestée. La loi de 2009 a modifié la possibilité d’action en recherche de maternité, notamment en supprimant la fin de non-recevoir liée à l’accouchement sous X (art. 325 cc).

Points essentiels

  • Caractère déclaratif : Les actions en recherche ne créent pas la filiation, elles la constatent. Elles ont un effet rétroactif et sont opposables aux tiers à compter de la publicité légale (art. 322).
  • Prescription : La prescription est de 10 ans à partir de la majorité de l’enfant ou de la cessation de la possession d’état (art. 321).
  • Fins de non-recevoir : Certaines situations, comme l’inceste ou l’adoption plénière, peuvent faire obstacle à l’action en recherche.
  • Expertise : La preuve principale est l’expertise génétique, ordonnée de droit dès qu’elle est demandée (CCASS, civ. 1ère, 28 mars 2000). Il est interdit d’exhumer un cadavre pour une expertise, sauf exception conventionnelle (art. 16-11 cc, arrêt Pascaud contre France).
  • Actions spécifiques : L’action en recherche de maternité concerne l’enfant qui doit prouver qu’il est celui dont la mère prétendue a accouché. Elle est réservée à l’enfant, et son délai de prescription commence à la majorité.
  • Réforme de 2005 : Suppression de la distinction entre filiation légitime et naturelle, fusion des actions en recherche de maternité et paternité.

À retenir

Les actions en recherche de filiation sont déclaratives, rétroactives, et leur but est de faire établir juridiquement une filiation non encore reconnue, tout en étant soumises à des règles strictes de procédure, de preuve et de prescription.

9. Actions en contestation

Notions clés & Définitions

  • Actions en contestation : Actions visant à remettre en cause la filiation déjà établie, en particulier la maternité ou la paternité, notamment par la preuve que la filiation n’est pas conforme à la réalité biologique ou légale (art. 322, 334 cc).
  • Contestations de filiation : Procédures par lesquelles une partie cherche à faire annuler ou remettre en cause une filiation établie, en prouvant notamment l’absence de lien biologique ou la nullité d’un titre de filiation (art. 322, 334 cc).
  • Droits du père et de la mère : Prérogatives respectives dans la contestation de filiation, notamment la possibilité pour chacun de faire valoir la non-reconnaissance ou la contestation de la filiation, sous réserve des règles de sécurité juridique (ex : fin de non-recevoir si possession d’état conforme et titre).

Points essentiels

  • La filiation peut faire l’objet d’actions en contestation lorsque celle-ci a été établie par un titre et corroborée par une possession d’état conforme (art. 333 cc). La sécurité de la filiation impose une limite : seuls l’enfant, ses parents ou le prétendu parent peuvent agir, sauf si la filiation paraît invraisemblable, auquel cas le procureur peut intervenir.
  • La contestation est recevable si la filiation a été établie par un titre sans possession d’état conforme (art. 334 cc). La durée de validité pour agir est de 10 ans si le titre est nul ou si la filiation est douteuse.
  • La contestation doit respecter le principe que l’enfant doit être né vivant et viable pour que l’action soit recevable (art. 318 cc). La contestation de filiation peut porter sur la maternité ou la paternité, avec une preuve généralement basée sur une expertise.
  • La fin de non-recevoir peut intervenir si la filiation est confirmée par une possession d’état conforme durant 5 ans (art. 333 cc).
  • La preuve dans ces actions repose principalement sur l’expertise, qui est de droit dès qu’elle est demandée (CCASS, civ. 1ère, 28 mars 2000).
  • La jurisprudence interdit l’exhumation d’un cadavre pour expertise dans le cadre de filiation (art. 16-11 cc, arrêt Pascaud contre France, 2011), sauf exception conventionnelle.

À retenir

Les actions en contestation de filiation sont limitées par la sécurité juridique, notamment par la possession d’état conforme et la présence d’un titre, et reposent principalement sur l’expertise pour établir ou contester la filiation. La filiation peut être contestée tant sur la maternité que sur la paternité, sous réserve de respecter les délais et conditions légales.

10. Action en subsides

Notions clés & Définitions

Action en subsides : Action originale issue de la loi de 1972, qui adopte une logique indemnitaire et alimentaire. Elle vise à allouer des subsides à l’enfant sous forme d’indemnités mensuelles versées par le défendeur, sans établir de lien de filiation (art. 342 à 342-8).

Action à fins de subsides : Action permettant d’obtenir une allocation financière à l’encontre du défendeur, indépendamment de la filiation, dans un but indemnitaire et alimentaire.

Subsides : Indemnités mensuelles versées par le défendeur à l’enfant, jusqu’à la majorité ou au-delà si besoin, et transmissibles à la succession en cas de décès du défendeur.

Test génétique : Demande formulée par le défendeur pour échapper aux subsides, prouvant qu’il n’est pas le père de l’enfant. La réalisation du test peut révéler la paternité.

Effet du test génétique : Si le test prouve que le défendeur n’est pas le père, il n’aura pas à verser de subsides, mais cela peut révéler sa paternité.

Empêchement à mariage : Conséquence des subsides, empêchant le défendeur et l’enfant de se marier, notamment pour éviter le mariage entre enfants du défendeur et l’enfant recevant des subsides.

Présomption « Pater is est » : La présomption de paternité selon laquelle « le père est celui que le mariage désigne » (art. 312 cc). Elle peut être écartée si l’acte de naissance ne désigne pas le mari comme père ou si certains délais légaux ne sont pas respectés.

Points essentiels

  • L’action en subsides est une procédure indemnitaire, distincte de la filiation, visant à obtenir une contribution financière à l’enfant.
  • La dette de subsides est due jusqu’à la majorité de l’enfant ou au-delà si besoin, et se transmet à la succession du défendeur.
  • La possibilité pour le défendeur de demander un test génétique permet d’échapper à l’obligation de subsides, mais peut révéler sa paternité.
  • Les subsides empêchent le mariage entre l’enfant et le défendeur, évitant ainsi des unions entre enfants du défendeur et l’enfant bénéficiaire.
  • La présomption de paternité « Pater is est » repose sur le mariage, mais peut être contestée dans certains délais ou circonstances.
  • La reconnaissance peut être établie par acte authentique ou déclaration devant l’officier d’état civil, garantissant le consentement et la conservation de l’acte.

À retenir

L’action en subsides permet de garantir une aide financière à l’enfant sans établir de lien de filiation, en utilisant une logique indemnitaire, tout en offrant la possibilité au défendeur de contester sa paternité par un test génétique.

Tableaux de Synthèse

CritèreFiliation maternelleFiliation paternelleFiliation sous XReconnaissance volontairePossession d’état
Mode d’établissementAutomatique, par la loi (art. 311-25 cc)Présomption légale (art. 312 cc)Non établie, secret de la mère (art. 326 cc)Acte juridique (art. 316 cc)Situation de fait, constatée par acte de notoriété
Condition principaleNaissance, déclaration dans les 5 joursMariage ou période légale de conceptionAccouchement sous X, secret de la mèreVolonté de reconnaître la filiationPerception sociale, comportement de fait
Effet principalFiliation certaine, mention dans acte de naissancePrésomption de paternité, contestableFiliation non établie, droit à la connaissanceÉtablit ou confirme la filiationReprésente une preuve indirecte
ParticularitéDroit de l’enfant à connaître ses origines (via CNAOP)Peut être contestée ou renverséePermet à l’enfant d’accéder à ses origines ultérieurementPeut compléter une filiation déjà existanteMode d’établissement hors contentieux

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre la filiation maternelle automatique avec la filiation paternelle présumée par mariage.
  2. Croire que la filiation sous X est une absence de filiation, alors qu’elle permet un secret, mais pas une absence totale.
  3. Confondre reconnaissance volontaire et possession d’état : la première est formelle, la seconde est basée sur la situation de fait.
  4. Penser que la présomption de paternité est irréfragable : elle peut être contestée ou écartée.
  5. Confondre la déclaration de naissance et l’acte de naissance : la déclaration est une étape, l’acte est le document officiel.
  6. Oublier que la filiation sous X permet à l’enfant d’accéder à ses origines via le CNAOP.
  7. Confondre la présomption de paternité (art. 312 cc) avec la preuve de filiation par possession d’état.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition de la filiation par effet de la loi (art. 310-1 cc).
  2. Savoir que la filiation maternelle est établie par la déclaration dans l’acte de naissance (art. 311-25 cc).
  3. Maîtriser le principe « Mater semper certa est » et ses implications.
  4. Connaître le dispositif de l’accouchement sous X (art. 326 cc) et ses conséquences.
  5. Savoir que la filiation paternelle peut être présumée par la règle « Pater est est » (art. 312 cc).
  6. Comprendre la présomption de paternité et ses modalités d’écartement (art. 312 cc).
  7. Connaître la possibilité de faire écarter la présomption de paternité par une action en recherche (art. 342 cc).
  8. Maîtriser la différence entre reconnaissance volontaire (art. 316 cc) et possession d’état.
  9. Savoir que la filiation de l’enfant sous X repose sur le droit au secret de la mère, tout en permettant à l’enfant d’accéder à ses origines.
  10. Connaître la jurisprudence relative à la conformité du dispositif de l’accouchement sous X.
  11. Connaître la notion de possession d’état et ses effets probatoires.
  12. Connaître les auteurs et concepts clés : art. 310-1 cc, 311-25 cc, 312 cc, 316 cc, 326 cc, 342 cc.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Filiation légale et ses mécanismes avec 10 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. À partir de quelle date la réforme du Code civil a-t-elle introduit la possibilité pour la filiation de l’enfant sous X d’être reconnue tout en permettant à l’enfant de connaître ses origines ultérieurement ?

2. Qui a formulé la règle selon laquelle la filiation maternelle est automatiquement établie par la mention dans l’acte de naissance ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Filiation légale et ses mécanismes avec 20 flashcards interactives.

Filiation légale — définition ?

Reconnaissance automatique par la loi sans acte volontaire.

Filiation maternelle — principe ?

Automatiquement établie dès la naissance et mentionnée dans l’acte.

Filiation paternelle — présomption ?

Le mari est présumé père si l’enfant naît pendant le mariage.

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