Fiche de révision : Interaction entre la CEDH et le droit français

Plan du Cours

  1. Relation admin-CEDH
  2. Saisine individuelle
  3. Système juridique européen
  4. Réception dans droit français
  5. Contrôle de conventionnalité
  6. Effet direct de la CEDH
  7. Limitations de la convention
  8. Articulation droit interne- européen
  9. Marge nationale d'appréciation

1. Relation admin-CEDH

Notions clés & Définitions

Dimension européenne du droit administratif : Aspect du droit administratif influencé par les normes et jurisprudences européennes, notamment celles de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), qui modifient l’organisation et les pratiques administratives françaises.

Influence de la jurisprudence de la CEDH sur l'administration française : Effets concrets de la jurisprudence de la CEDH sur la révision des pratiques et des règles administratives, notamment dans la mise en œuvre des droits fondamentaux, la procédure et le contrôle administratif.

Révision des conditions d'usage des armes à feu par les forces de l'ordre : Modification des règles encadrant l’usage des armes à feu par les forces de l’ordre suite à la jurisprudence de la CEDH, illustrant l’impact direct sur l’organisation et la pratique policière.

Transformation des procédures de rétention des étrangers : Adaptation des règles encadrant la rétention et la détention des étrangers en France, sous l’influence de la jurisprudence de la CEDH, pour respecter les standards européens.

Impact sur le régime des sanctions prononcées par les autorités administratives indépendantes : Modification des régimes de sanctions administratives suite à la jurisprudence de la CEDH, affectant l’organisation et le fonctionnement des autorités indépendantes.

Points essentiels

La CEDH exerce une influence concrète sur l'organisation et les pratiques de l'administration française. La jurisprudence de la Cour a conduit à des réformes dans plusieurs domaines sensibles, tels que l’usage des armes par la police, la rétention des étrangers, ou encore le régime des sanctions administratives. La relation entre l’administration et la CEDH illustre un interaction entre différents ordres juridiques, où la possibilité pour un juge de contrôler la conformité des lois à la Convention européenne a un impact direct sur l’organisation administrative. Par exemple, la jurisprudence de la CEDH a permis de réviser les conditions dans lesquelles les forces de l’ordre peuvent recourir à des armes à feu, ou encore de transformer les procédures de rétention des étrangers ou le régime des sanctions prononcées par les autorités administratives indépendantes.

À retenir

La jurisprudence de la CEDH influence concrètement l’organisation et les pratiques de l’administration française, en imposant des standards européens qui conduisent à des réformes dans plusieurs domaines sensibles, illustrant ainsi l’interaction entre différents ordres juridiques.

2. Saisine individuelle

Notions clés & Définitions

Recours individuel devant la CEDH : possibilité pour un individu de saisir directement la Cour européenne des droits de l’homme après avoir épuisé toutes les voies de recours internes. Aucune définition spécifique fournie dans la source.

Condition d'épuisement des voies de recours internes : étape préalable indispensable permettant à un particulier de saisir la CEDH, qui consiste à avoir utilisé toutes les voies de recours offertes par le droit national. La source indique que cette condition est essentielle pour que la saisine soit recevable, mais ne donne pas une définition précise.

Droit au recours individuel : droit reconnu à tout individu de faire valoir ses droits devant la Cour européenne des droits de l’homme, ce qui constitue une spécificité forte par rapport au droit international général. La source souligne que cette possibilité est une caractéristique majeure de la CEDH.

Affaire Mr Nain : mentionnée dans le contexte de la dimension subversive de la souveraineté étatique, mais aucune définition ou détail spécifique n’est fourni dans la source.

Dimension subversive de la souveraineté étatique : phénomène par lequel la possibilité pour les individus de saisir directement la Cour européenne remet en cause l’idée que chaque État est entièrement libre de gérer ses affaires sans ingérence extérieure. La saisine individuelle constitue une atteinte à la souveraineté classique, en introduisant une juridiction supranationale accessible aux citoyens.

Points essentiels

La CEDH permet à tout individu d’exercer un recours après épuisement des voies internes, ce qui constitue une spécificité forte par rapport au droit international général. En effet, cette possibilité d’accès direct à une juridiction internationale par un particulier est une caractéristique majeure de la CEDH, qui diffère des autres mécanismes internationaux où seul l’État peut agir.

Cette faculté de saisine remet en cause la souveraineté étatique traditionnelle, en introduisant une dimension subversive. Elle limite la pleine maîtrise de l’État sur ses propres affaires, puisque la Cour européenne peut intervenir dans la protection des droits fondamentaux des citoyens, même contre la volonté de l’État.

À retenir

La spécificité de la CEDH réside dans l’accès direct des individus à une juridiction internationale, ce qui modifie la souveraineté classique en introduisant une dimension subversive, en permettant une ingérence extérieure dans la gestion des affaires internes des États.

3. Système juridique européen

Notions clés & Définitions

Conseil de l'Europe
Organisation internationale créée pour promouvoir la démocratie, les droits de l'homme et l'État de droit en Europe. Il établit des instruments comme la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH).

Union européenne
Organisation politique et économique regroupant des États européens, dotée de ses propres institutions, règles et juridictions, notamment la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Elle vise à assurer la coopération économique, politique et juridique entre ses membres.

Convention européenne des droits de l'homme
Traité adopté par le Conseil de l'Europe visant la protection des droits fondamentaux des individus. Elle établit des droits et libertés que les États membres doivent respecter, et prévoit la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour leur contrôle.

Cour européenne des droits de l'homme
Organe judiciaire du Conseil de l'Europe chargé de veiller à la bonne application de la CEDH. Elle peut être saisie par des particuliers ou des États pour faire respecter les droits garantis par la Convention.

Cour de justice de l'Union européenne
Institution judiciaire de l’Union européenne chargée d’assurer l’interprétation et l’application du droit de l’UE. Elle garantit la cohérence de la législation européenne et la primauté du droit communautaire.

Autonomie des systèmes juridiques
Caractère distinct et indépendant de chaque système juridique européen, notamment entre le système du Conseil de l'Europe (CEDH) et celui de l’Union européenne (CJUE). La CEDH fonctionne indépendamment du droit de l’UE, avec ses propres règles et mécanismes.

Points essentiels

Le Conseil de l'Europe et l'Union européenne sont deux entités distinctes, avec des objectifs et des juridictions différentes. Le Conseil de l'Europe se concentre sur la protection des droits humains à travers la CEDH, tandis que l’Union européenne possède ses propres institutions et règles juridiques, notamment la CJUE. La CEDH, instrument du Conseil de l'Europe, vise spécifiquement la protection des droits fondamentaux des individus, en dehors du système de l’UE. Le système de la CEDH est autonome et distinct du droit de l’Union européenne, ce qui signifie que ses mécanismes, ses règles et ses juridictions fonctionnent indépendamment de celles de l’UE.

À retenir

Les deux systèmes européens, celui du Conseil de l’Europe avec la CEDH et celui de l’Union européenne avec la CJUE, sont séparés et autonomes, chacun ayant ses propres objectifs et juridictions. La CEDH constitue un système indépendant dédié à la protection des droits humains, distinct du droit de l’Union européenne.

4. Réception dans droit français

Notions clés & Définitions

Article 55 de la Constitution française : Disposition constitutionnelle qui établit que les traités ou accords internationaux régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve de leur application par l'autre partie.

Valeur supra-législative de la CEDH : La Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) possède une valeur supérieure à la loi en droit français, notamment en raison de l’article 55 de la Constitution. Cela implique que ses dispositions doivent être respectées même si elles contredisent la législation nationale.

Ratification et application réciproque : La ratification d’un traité ou d’une convention par la France implique son engagement à respecter ses dispositions. La réciprocité signifie que l’autre partie doit également respecter ses engagements pour que la convention soit pleinement appliquée.

Blocage politique avant 1981 : La résistance à l’intégration de la CEDH dans le droit français a été forte jusqu’en 1981, notamment en raison d’un blocage politique qui retardait la reconnaissance de la valeur contraignante de la convention.

Interprétation conforme par le juge administratif : Le juge administratif doit interpréter le droit national à la lumière de la CEDH, en assurant la conformité des actes administratifs avec les exigences de la convention, notamment dans le cadre du contrôle de conventionnalité.

Points essentiels

La CEDH possède une valeur supra-législative en droit français, conformément à l’article 55 de la Constitution. Cette reconnaissance a été progressive, marquée par une longue période de résistance politique, notamment avant 1981, où la réception de la convention dans le droit français a été difficile. La ratification par la France a été longue et marquée par des résistances, mais elle a permis d’établir la primauté de la CEDH sur la loi nationale. Le juge administratif doit interpréter le droit français à la lumière de la CEDH, ce qui implique un contrôle de conventionnalité des actes administratifs. Ce contrôle permet d’assurer que la législation et la pratique administrative respectent les obligations découlant de la convention, renforçant ainsi la protection des droits fondamentaux en France.

À retenir

La CEDH a été intégrée dans le droit français avec une valeur supérieure à la loi, ce qui oblige le juge administratif à l’interpréter conformément à ses exigences, renforçant la protection des droits fondamentaux face aux lois et actes administratifs.

5. Contrôle de conventionnalité

Notions clés & Définitions

Contrôle de conventionnalité de la loi par le juge administratif : Vérification par le juge administratif de la conformité des lois internes aux engagements internationaux, notamment ceux issus de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). NICOLO (1989) a marqué le début de cette pratique, permettant au Conseil d’État d’admettre la possibilité d’écarter une loi inconventionnelle dans le cadre du contentieux.

Possibilité d'écarter une loi inconventionnelle : Le juge administratif peut, lorsqu’il constate qu’une loi viole une norme conventionnelle, décider de ne pas appliquer cette loi, afin de respecter ses engagements internationaux.

Effet systématique de l'inconventionnalité : Lorsqu’une loi est déclarée inconventionnelle, cette décision entraîne son écart non seulement dans le cas précis, mais aussi de manière automatique dans les litiges futurs, notamment par les juridictions inférieures. La jurisprudence GISTI (2012) a renforcé cette portée en affirmant que l’inconventionnalité d’une loi doit être systématiquement prise en compte.

Référé liberté : Procédure d’urgence permettant au juge administratif de contrôler rapidement la légalité d’un acte administratif au regard des libertés fondamentales, dans un délai de 48 heures. Elle vise à faire cesser une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés, sans nécessiter une analyse approfondie de la conformité de la loi.

Jurisprudence GISTI (2012) : Reconnaissance que le contrôle de conventionnalité peut s’étendre à l’ensemble des actes administratifs, renforçant ainsi la protection des droits fondamentaux en droit administratif.

Points essentiels

Le juge administratif a la capacité de contrôler la conformité des lois à la CEDH et d’écarter celles qui sont inconventionnelles, comme l’a affirmé la jurisprudence à partir de 1994 avec l’affaire Société anonyme Très Africa. Ce contrôle s’est renforcé avec la jurisprudence GISTI (2012), qui impose un effet systématique de l’inconventionnalité.

Le contrôle de conventionnalité peut également intervenir dans le cadre du référé liberté, procédure d’urgence introduite dans les années 2000 par le CJA (article L521-2). Initialement, le juge administratif refusait ce contrôle en référé liberté, arguant que celui-ci devait se limiter à l’illégalité manifeste, en raison de la nature provisoire et urgente de la procédure. Cependant, la jurisprudence a évolué, notamment avec l’arrêt GONZALES GOMEZ (2016), qui admet la possibilité pour le juge de procéder à un contrôle in abstracto (vérification de la compatibilité de la loi avec la norme conventionnelle) puis in concerto (application concrète dans les circonstances de l’espèce). Ce double contrôle permet de s’assurer que la loi, dans son application, ne viole pas manifestement les droits garantis par la convention.

Le contrôle in abstracto consiste à vérifier la conformité de la loi avec la norme conventionnelle, indépendamment des circonstances particulières. Le contrôle in concerto, quant à lui, examine si l’application concrète de la loi dans une situation spécifique constitue une atteinte disproportionnée aux droits protégés par la convention.

À retenir

Le rôle du juge administratif est central dans la protection des droits fondamentaux, notamment par le contrôle de conformité des lois à la CEDH. Bien que ce contrôle ait été initialement limité par la procédure d’urgence du référé liberté, la jurisprudence récente, notamment avec l’arrêt GONZALES GOMEZ, permet désormais un contrôle approfondi, incluant à la fois une vérification abstraite et concrète de la compatibilité des lois avec les engagements européens et internationaux.

6. Effet direct de la CEDH

Notions clés & Définitions

Effet direct des traités internationaux : La capacité pour une norme contenue dans un traité, ici la Convention EDH, d’être invoquée directement par des individus devant une juridiction, sans qu’une mesure nationale de transposition soit nécessaire.

Critères d'effet direct : caractère vertical et précision des normes : Pour qu’une norme ait un effet direct, elle doit présenter un caractère vertical, c’est-à-dire qu’elle doit pouvoir être invoquée par un particulier contre l’administration ou l’État, et doit être suffisamment précise pour être appliquée sans nécessiter de mesures complémentaires. La précision implique que la norme doit définir clairement les droits ou obligations.

Droits garantis par la CEDH : La Convention EDH garantit des droits fondamentaux, tels que le droit au respect de la vie privée et familiale, la liberté d’expression, etc., qui peuvent être invoqués directement par les individus.

Décision CE GISTI 2012 : La jurisprudence du Conseil d’État a confirmé que la Convention EDH produit un effet direct, permettant aux particuliers d’invoquer ses stipulations devant le juge administratif.

Invocabilité devant juridiction administrative : La CEDH produit un effet direct permettant aux individus d’invoquer ses normes devant le juge administratif, ce qui confère une capacité d’action directe pour la défense de leurs droits issus de la Convention.

Points essentiels

La Convention EDH a un effet direct, ce qui signifie que ses normes peuvent être invoquées directement par les individus devant le juge administratif. Pour cela, les stipulations doivent répondre à deux critères : elles doivent avoir un caractère vertical, permettant leur invocation contre l’administration, et elles doivent être suffisamment précises pour être appliquées immédiatement. La jurisprudence CE GISTI (2012) a confirmé cet effet direct, renforçant la capacité des citoyens à faire valoir leurs droits issus de la Convention devant le juge administratif.

À retenir

La CEDH produit un effet direct, permettant aux individus d’invoquer ses normes devant le juge administratif, à condition que ces normes soient suffisamment précises et à effet vertical, comme l’a confirmé la jurisprudence CE GISTI (2012).

7. Limitations de la convention

Notions clés & Définitions

Droits susceptibles de limitation (articles 8 à 11) : Ce sont des droits dont l’exercice peut être restreint dans certaines conditions, notamment pour protéger la sécurité nationale, l’ordre public, la santé ou la morale publiques, ou encore les droits et libertés d’autrui. La limitation doit respecter la légalité, le but légitime et la proportionnalité (non excessivité).

Conditions des ingérences légales : Pour qu’une ingérence dans un droit susceptible de limitation soit conforme, elle doit remplir trois critères : être prévue par la loi (légalité), poursuivre un but légitime, et être proportionnée à l’objectif recherché.

Droits insusceptibles de limitation (articles 3 et 4) : Ce sont des droits qui ne peuvent faire l’objet d’aucune restriction, notamment la prohibition de la torture, des traitements inhumains ou dégradants (article 3), ainsi que la prohibition de l’esclavage et du travail forcé (article 4).

Article 15 CEDH (droit de dérogation en cas d'urgence) : Permet aux États membres de déroger à certains droits de la Convention en situation d’urgence exceptionnelle, sous conditions strictes : existence d’une situation d’urgence, notification à la Cour, et respect du principe de proportionnalité. La dérogation doit être exceptionnelle et limitée dans le temps.

Noyau dur des droits fondamentaux : Ensemble de droits qui ne peuvent faire l’objet d’aucune limitation ou dérogation, notamment ceux inscrits dans les articles 3 et 4, considérés comme fondamentaux et inaliénables.

Points essentiels

La CEDH prévoit que certains droits peuvent être limités sous des conditions strictes, notamment la légalité, la finalité légitime et la proportionnalité de l’ingérence. En revanche, certains droits fondamentaux sont absolus et ne peuvent jamais faire l’objet de dérogations, comme la prohibition de la torture ou de l’esclavage. L’article 15 de la Convention autorise une dérogation exceptionnelle en cas d’urgence, mais cette dérogation doit respecter des conditions précises, notamment la notification obligatoire à la Cour et le respect du principe de proportionnalité.

À retenir

Il existe une dualité entre droits pouvant être limités sous conditions strictes et droits absolus qui ne peuvent jamais faire l’objet de dérogation, notamment la prohibition de la torture. L’article 15 de la CEDH encadre strictement la possibilité de déroger en situation d’urgence, assurant ainsi la protection des droits fondamentaux même en période de crise.

8. Articulation droit interne- européen

Notions clés & Définitions

Interprétation conforme du droit national à la CEDH : obligation pour le juge administratif d’interpréter le droit interne de manière à respecter la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). Cela implique que le juge doit ajuster l’interprétation du droit national pour assurer sa conformité avec les normes conventionnelles.

Obligation pour le juge administratif d'adapter le droit interne : devoir du juge d’interpréter et, si nécessaire, de réinterpréter le droit national pour qu’il soit conforme aux exigences de la CEDH, en tenant compte de l’évolution de la jurisprudence européenne.

Effet supra-législatif de la convention : la CEDH possède une hiérarchie normative particulière, supérieure aux lois nationales, ce qui impose aux États et à leurs juges d’assurer la conformité du droit interne avec ses dispositions.

Interaction entre ordres juridiques : relation entre le droit national et le droit européen, où la convention impose une influence directe sur l’interprétation et l’application du droit interne par le juge administratif.

Autorisation et obligation d'interprétation : le juge administratif a l’autorisation d’interpréter le droit interne à la lumière de la CEDH, et il a également l’obligation de le faire pour garantir la conformité avec la convention.

Points essentiels

Le juge administratif doit interpréter le droit interne en tenant compte de la CEDH pour assurer sa conformité. Cette obligation implique une reconfiguration du droit national sous l’influence européenne, ce qui modifie la hiérarchie normative en plaçant la convention en position supra-législative. La jurisprudence européenne, notamment celle de la Cour européenne des droits de l’homme, impose ainsi une adaptation constante du droit interne, renforçant le rôle du juge dans la mise en œuvre effective des droits protégés par la convention.

À retenir

Le droit interne est transformé par l’obligation d’interprétation conforme à la CEDH, ce qui impose au juge administratif d’adapter le droit national pour respecter la hiérarchie normative particulière de la convention.

9. Marge nationale d'appréciation

Notions clés & Définitions

Consensus européen
AUTEUR (non précisé) : notion selon laquelle il existe un accord ou une convergence d’opinions parmi les États membres de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) sur la sensibilité ou la gravité de certaines questions. La Cour EDH adapte son contrôle en fonction de ce consensus.

Contrôle de proportionnalité variable
AUTEUR (non précisé) : méthode d’évaluation qui ajuste la rigueur du contrôle exercé par la Cour EDH selon la sensibilité de la question et le consensus européen. Plus la question est sensible ou moins il existe de consensus, plus le contrôle est souple.

Marge d'appréciation des États membres
AUTEUR (non précisé) : espace laissé aux États pour déterminer la mise en œuvre des droits garantis par la Convention, en tenant compte du contexte national, notamment lorsque le consensus européen est faible ou que la question est sensible.

Consensus et intensité du contrôle
AUTEUR (non précisé) : relation selon laquelle le degré d’accord européen influence directement la rigueur du contrôle exercé par la Cour EDH. Plus le consensus est large, plus le contrôle est strict ; à l’inverse, en cas de faible consensus, la Cour adopte une approche plus souple.

Rôle de la Cour EDH dans l’évaluation
AUTEUR (non précisé) : la Cour évalue la conformité des actes ou pratiques des États à la Convention en adaptant l’intensité de son contrôle selon le consensus européen, tout en respectant la marge d’appréciation nationale.

Points essentiels

La Cour EDH adapte l’intensité de son contrôle en fonction du consensus européen sur la question concernée. Lorsqu’un large consensus existe, la Cour exerce un contrôle plus strict, exigeant une conformité précise aux droits garantis. En revanche, en cas de divergence ou d’absence de consensus, la Cour adopte une approche plus flexible, reconnaissant la marge d’appréciation des États. Cette marge d’appréciation permet aux États de mettre en œuvre les droits selon leur contexte national, notamment lorsque la question est sensible ou que le consensus est faible. La capacité de la Cour à évaluer la situation dépend donc de l’existence ou non d’un consensus européen, ce qui influence directement la rigueur du contrôle exercé.

À retenir

La flexibilité du contrôle de la Cour EDH repose sur la reconnaissance de la marge d’appréciation des États et du consensus européen, permettant d’adapter l’intensité du contrôle à la sensibilité des sujets et à la convergence des opinions européennes.

Tableaux de Synthèse

AspectConseil de l'EuropeUnion européenneJuridictions concernéesObjectifs principauxAutonomie
CréationOrganisation internationaleOrganisation politique et économiqueCEDH (Conseil de l'Europe), CJUE (UE)Promotion droits humains, coopération économiqueIndépendantes
Traité cléConvention européenne des droits de l'hommeTraités européens (ex. Traité de Lisbonne)CEDH, CJUEProtection droits fondamentaux, cohérence juridiqueOui
JuridictionCour européenne des droits de l'hommeCour de justice de l’Union européenneCEDH, CJUEContrôle conformité, interprétation du droitAutonomes

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avec la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).
  2. Croire que la CEDH fait partie du système juridique de l’Union européenne.
  3. Oublier que la CEDH est une organisation du Conseil de l'Europe, distincte de l’UE.
  4. Confondre la nature des instruments : la CEDH repose sur une convention, la CJUE sur des traités européens.
  5. Penser que la réception dans le droit français est automatique pour tous les textes européens, alors qu’elle dépend du contexte et des mécanismes spécifiques.
  6. Négliger l’indépendance et l’autonomie des deux systèmes juridiques européens.
  7. Confondre le rôle du Conseil de l'Europe avec celui de l’Union européenne.

Checklist Examen

  • Connaître la définition et le rôle du Conseil de l'Europe et de la Convention européenne des droits de l'homme.
  • Maîtriser la différence entre la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) et la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).
  • Savoir expliquer le principe d’autonomie entre le système juridique du Conseil de l'Europe et celui de l’UE.
  • Comprendre la nature du recours individuel devant la CEDH et ses conditions d’épuisement des voies internes.
  • Identifier les effets concrets de la jurisprudence de la CEDH sur l’administration française, notamment dans les domaines sensibles.
  • Connaître le concept d’influence concrète de la jurisprudence européenne sur l’organisation administrative.
  • Savoir définir le système européen en distinguant ses deux piliers : Conseil de l’Europe et Union européenne.
  • Être capable d’expliquer la dimension subversive introduite par le recours individuel dans la souveraineté étatique.
  • Connaître les principes fondamentaux liés à la réception dans le droit français des normes européennes.
  • Maîtriser les notions clés : influence, réception, contrôle de conventionnalité, marge nationale d’appréciation.
  • Comprendre que le contrôle de conventionnalité permet d’assurer la conformité des lois françaises avec les engagements européens.
  • Savoir que la réception dans le droit français peut résulter d’une transposition ou d’une jurisprudence.
  • Connaître les auteurs clés : Perroux sur la croissance, pour contextualiser certains concepts si mentionnés.
  • Vérifier que chaque notion est bien maîtrisée par rapport à ses définitions et implications pratiques.

Teste tes connaissances

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1. Quelle jurisprudence du Conseil d’État a confirmé en 2012 que la Convention EDH a un effet direct ?

2. Quelle jurisprudence du Conseil d’État a confirmé en 2012 que la Convention EDH a un effet direct ?

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Relation admin-CEDH — influence ?

Modifie pratiques et organisation administrative

Relation admin-CEDH — influence?

Modifie pratiques et organisation administratives françaises

Saisine individuelle — définition ?

Droit pour un particulier de saisir directement la CEDH après épuisement des recours internes

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