Fiche de révision : Organisation et Réglementation des Espaces Maritimes

Plan du Cours

  1. Droit de la mer et conventions
  2. Zones maritimes et délimitations
  3. Eaux territoriales et souveraineté
  4. Zone Économique Exclusive (ZEE)
  5. Haute mer et libertés
  6. Fonds marins et Zone internationale
  7. Approche zonale du droit
  8. Souveraineté vs liberté maritime
  9. Origines historiques du droit de la mer

1. Droit de la mer et conventions

Notions clés & Définitions

Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM)
La CNUDM établit les droits et obligations des États en matière de navigation, délimitation maritime, exploitation des ressources et protection de l’environnement marin.

Convention de Genève 1958
Cette convention de 1958 précise les conditions du droit de la mer, notamment concernant les eaux territoriales, la haute mer, le plateau continental, la pêche et la conservation des ressources marines.

Convention de Montego Bay
Adoptée en 1982, cette convention consacre le principe que la zone internationale des fonds marins, appelée la « Zone », est un patrimoine commun de l’humanité. Elle interdit toute appropriation nationale de cette zone et instaure un régime d’appropriation collective via l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM).

Autorité internationale des fonds marins (AIFM)
Organisation créée par la Convention de Montego Bay pour gérer l’exploitation des ressources de la Zone. Elle veille à l’utilisation pacifique et à la conservation de ces ressources, en favorisant l’investissement privé et en élaborant des règles pour leur exploitation.

Commission de délimitation du plateau continental (CLPC)
Organe chargé de délimiter le plateau continental des États riverains, notamment pour définir leurs droits sur les ressources situées au-delà de leur zone économique exclusive (ZEE).

Points essentiels

La CNUDM divise les espaces maritimes en trois zones principales :

  • Eaux territoriales (12 miles nautiques) : souveraineté totale de l’État côtier, qui peut appliquer ses lois et interdire l’accès.
  • Zone économique exclusive (ZEE) (200 miles) : l’État ne possède pas la souveraineté, mais détient des droits économiques exclusifs pour l’exploitation des ressources (pêche, pétrole, gaz, énergie).
  • Haute mer : espace international au-delà de 200 miles, accessible à tous, soumis à la liberté des mers avec des règles pour la navigation et l’exploitation.

La Convention de Montego Bay consacre la Zone comme un patrimoine commun de l’humanité, interdite à toute appropriation nationale. Elle établit un régime d’appropriation collective par l’AIFM, qui gère l’exploitation des ressources de la Zone dans l’intérêt de l’humanité. Depuis 2000, cette autorité élabore un code minier et recommande des mesures pour la conservation marine. La convention précise aussi les responsabilités des États concernant la protection de l’environnement marin.

À retenir

Le cadre juridique international du droit de la mer, notamment la CNUDM et la Convention de Montego Bay, organise les espaces maritimes en délimitant droits et obligations des États, tout en protégeant la Zone comme patrimoine commun de l’humanité, sous gestion collective via l’AIFM.

2. Zones maritimes et délimitations

Notions clés & Définitions

Eaux territoriales
Les eaux territoriales correspondent à une bande de mer de 12 milles marins mesurée depuis la ligne de base (généralement la ligne de basse des côtes). Elles sont sous la souveraineté de l’État côtier, qui exerce ses droits de contrôle, de police et de juridiction sur cette zone (art. 2, 3, 17 CNUDM).

Zone économique exclusive (ZEE)
La ZEE s’étend jusqu’à 200 milles marins à partir des lignes de base. Dans cette zone, l’État côtier dispose de droits souverains pour l’exploitation, la conservation et la gestion des ressources naturelles, qu’elles soient biologiques ou minérales, mais la liberté de navigation et de survol reste reconnue pour tous les États (art. 56, 58 CNUDM).

Haute mer
La haute mer désigne la partie de l’océan située au-delà de la limite des ZEE des États côtiers. Elle est considérée comme un espace internationalisé, où s’appliquent des libertés fondamentales telles que la navigation, le survol, la pose de câbles et conduites, la pêche, et la recherche scientifique (art. 87 CNUDM).

Zone contiguë
La zone contiguë s’étend jusqu’à 12 milles au-delà des eaux territoriales. Elle permet à l’État côtier de prendre des mesures pour prévenir ou punir des infractions commises dans sa zone économique, notamment en matière de douane, immigration, fiscalité et santé publique (art. 33 CNUDM).

Plateau continental
Le plateau continental est la zone sous-marine qui s’étend depuis la ligne de base jusqu’à la limite extérieure du plateau, généralement jusqu’à 200 milles. Il peut être étendu jusqu’à 350 milles sous conditions scientifiques et déclaratives auprès de la Commission des limites du plateau continental (CLPC), permettant à l’État de disposer de droits souverains pour l’exploitation des ressources minérales et biologiques (art. 76, 76, 76 CNUDM).

Points essentiels

Les océans sont divisés en zones maritimes selon leur distance à la côte, chacune bénéficiant d’un régime juridique spécifique :

  • Les eaux territoriales, jusqu’à 12 milles, sous souveraineté de l’État côtier.
  • La zone contiguë, jusqu’à 12 milles supplémentaires au-delà des eaux territoriales, permettant une régulation spécifique.
  • La ZEE, jusqu’à 200 milles, où l’État exerce des droits souverains pour l’exploitation des ressources.
  • Le plateau continental, pouvant être étendu jusqu’à 350 milles sous conditions scientifiques et déclaratives.
  • La haute mer, au-delà de la ZEE, espace international où s’appliquent des libertés fondamentales.

Le régime du plateau continental peut être juridiquement étendu jusqu’à 350 milles marins, sous réserve de preuves scientifiques et de déclaration auprès de la CLPC.

À retenir

La segmentation spatiale des océans en zones aux régimes juridiques différenciés permet une gestion équilibrée des droits, ressources et libertés, tout en favorisant la coopération internationale pour la protection de l’environnement marin.

3. Eaux territoriales et souveraineté

Notions clés & Définitions

Souveraineté totale
AUTEUR (date) : exercice d’une souveraineté pleine et entière par l’État côtier sur ses eaux territoriales jusqu’à 12 milles nautiques, lui permettant d’appliquer ses lois et de contrôler l’accès à ces eaux.

Droit de passage inoffensif
Ce droit permet aux navires de traverser les eaux territoriales sans porter atteinte à la souveraineté de l’État côtier, à condition que leur passage soit inoffensif, c’est-à-dire conforme aux lois et règlements locaux, notamment en matière de sécurité et de respect de l’environnement.

Pouvoirs de police en mer territoriale
L’État côtier exerce des pouvoirs de police pour faire respecter ses lois dans ses eaux territoriales, notamment en matière de sécurité, de police maritime, de contrôle des navires, et de prévention des infractions.

Zone contiguë d'origine douanière
Zone située jusqu’à 12 milles nautiques au-delà de la mer territoriale, où l’État peut exercer des pouvoirs de police douanière, fiscale, sanitaire et d’immigration pour prévenir et réprimer les infractions commises sur son territoire ou dans sa mer territoriale.

Points essentiels

L’État côtier exerce une souveraineté pleine et entière sur ses eaux territoriales jusqu’à 12 milles nautiques, ce qui lui permet d’appliquer ses lois et de contrôler l’accès à ces eaux. Les navires étrangers peuvent bénéficier d’un droit de passage inoffensif, sous réserve de respecter la souveraineté de l’État côtier. En mer territoriale, l’État dispose de pouvoirs de police pour faire respecter ses lois, notamment en matière de sécurité maritime, de contrôle des navires et de prévention des infractions.

Au-delà de la mer territoriale, la zone contiguë d’origine douanière s’étend jusqu’à 12 milles nautiques, où l’État peut exercer des pouvoirs spécifiques liés à la lutte contre la contrebande, la fraude fiscale, la sécurité sanitaire et l’immigration. Elle permet à l’État de prévenir et de réprimer les infractions commises dans cette zone, notamment en exerçant un droit de poursuite.

À retenir

L’exercice de la souveraineté étatique est exclusif dans les eaux territoriales, permettant à l’État de garantir la sécurité et l’ordre public. La zone contiguë constitue une extension de ses compétences pour lutter contre les infractions, renforçant ainsi la maîtrise de son espace maritime.

4. Zone Économique Exclusive (ZEE)

Notions clés & Définitions

Juridiction économique exclusive | zone maritime s’étendant jusqu’à 200 milles nautiques à partir des lignes de base | l’État côtier dispose de droits souverains pour l’exploration, l’exploitation, la conservation et la gestion des ressources naturelles, sans souveraineté totale. | (source)

Droits d'exploitation des ressources | droits conférés à l’État côtier dans la ZEE | ils concernent l’exploitation des ressources naturelles, notamment la pêche, l’exploitation minière, et l’exploitation des hydrocarbures. | (source)

Obligations environnementales dans la ZEE | devoirs imposés à l’État côtier | il doit réglementer la pêche pour éviter la surpêche, prévenir, réduire et maîtriser la pollution marine provenant de diverses sources telles que activités terrestres, navigation, exploitations gazières ou pétrolières offshore, et exploitation minérale. | (source)

Réglementation de la pêche | cadre réglementaire dans la ZEE | l’État doit établir des règles pour éviter la surpêche et protéger l’environnement marin, en conformité avec des conventions régionales et des protocoles sectoriels. | (source)

Points essentiels

La ZEE s’étend jusqu’à 200 milles nautiques, où l’État côtier détient des droits souverains pour l’exploration, l’exploitation, la conservation et la gestion des ressources naturelles. Cependant, cette souveraineté n’est pas totale, elle est limitée à ces droits économiques.

L’État doit réglementer la pêche dans cette zone pour éviter la surpêche, qui pourrait compromettre la durabilité des ressources marines. Il doit également prévenir, réduire et maîtriser la pollution marine provenant de diverses sources, telles que les activités terrestres, la navigation, l’exploitation gazière ou pétrolière offshore, et l’exploitation minérale. Ces obligations sont précisées par des conventions régionales et des protocoles sectoriels, qui adaptent les principes généraux aux particularités régionales.

L’extension du plateau continental, qui peut dépasser la limite de 200 milles, est soumise à une procédure scientifique et déclarative auprès de la Commission de délimitation du plateau continental (CLPC) des Nations Unies. Elle peut aller jusqu’à 350 milles ou 100 milles au-delà de la ligne d’isobathe 2 500 mètres, selon le critère choisi par l’État.

À retenir

La ZEE constitue un espace de souveraineté économique pour l’État côtier, encadrée par des obligations environnementales strictes, notamment en matière de gestion durable des ressources et de prévention de la pollution marine. Elle reflète la spécificité d’un espace où la souveraineté économique doit être exercée de manière responsable pour préserver l’environnement marin.

5. Haute mer et libertés

Notions clés & Définitions

Liberté de navigation
La liberté de navigation désigne le droit de tous les États d’utiliser la haute mer pour faire naviguer leurs navires sans restriction, dans le respect des règles internationales. Elle est une liberté fondamentale exercée dans l’espace maritime international.

Liberté de survol
La liberté de survol permet aux aéronefs de survoler la haute mer, espace international, sans entrave, conformément aux règles internationales. Elle garantit la liberté de circulation aérienne au-dessus des zones de haute mer.

Liberté de pose des câbles et conduites
Ce droit autorise tous les États à poser, entretenir et réparer des câbles et conduites sous-marines sur la haute mer, sous réserve du respect des règles internationales, afin de favoriser la communication et l’approvisionnement mondial.

Compétence de l'État du pavillon
L’État du pavillon exerce une juridiction exclusive sur ses navires en haute mer. Cela signifie qu’il détient le pouvoir de police, de justice et de réglementation sur ses navires, sauf exceptions prévues par le droit international.

Exceptions au droit de visite
Le droit de visite permet à un État de contrôler un navire en haute mer dans certains cas précis : notamment en cas de piraterie, si le navire n’a pas de nationalité ou s’il est impliqué dans un trafic d’esclaves. Ces exceptions sont encadrées pour garantir la sécurité maritime.

Points essentiels

La haute mer est un espace international où s’exercent des libertés fondamentales telles que la navigation, le survol, la pêche et la recherche scientifique, accessibles à tous les États. Ces libertés sont essentielles pour l’usage commun de l’océan et sont régulées par des règles internationales visant à garantir la liberté tout en assurant la sécurité maritime.

L’État du pavillon détient une juridiction exclusive sur ses navires en haute mer. Cependant, cette souveraineté connaît des exceptions, notamment le droit de visite, qui permet à un État de contrôler un navire dans des cas précis comme la piraterie, l’absence de nationalité ou le trafic d’esclaves.

À retenir

La haute mer constitue un espace de liberté régulé par des règles internationales, assurant à tous les États le droit d’y exercer leurs libertés fondamentales tout en garantissant la sécurité et la régulation de la navigation maritime. La compétence de l’État du pavillon reste centrale, avec des exceptions encadrées pour la sécurité maritime.

6. Fonds marins et Zone internationale

Notions clés & Définitions

  • AUTEUR : voir section 3

Patrimoine commun de l'humanité : concept selon lequel certains espaces ou ressources, notamment la zone internationale des fonds marins, sont destinés à bénéficier à l’ensemble de l’humanité, sous une gouvernance collective, sans appropriation nationale.

Code minier de l'AIFM : ensemble de règles régissant l’exploitation des ressources dans la zone internationale des fonds marins, sous la gouvernance de l’AIFM, assurant une gestion durable et équitable.

Contrats d'exploration dans la Zone : accords conclus avec l’AIFM permettant l’exploitation des ressources minérales ou autres dans la zone internationale, sous contrôle collectif.

Régime des câbles sous-marins : cadre juridique concernant la pose et l’exploitation des câbles et conduites sous-marins, qui relèvent de la liberté de pose et d’exploitation, mais nécessitent l’accord de l’État côtier pour leur passage sur le plateau continental et en mer territoriale.

Points essentiels

La zone internationale des fonds marins, située au-delà des plateaux continentaux, constitue un patrimoine commun de l'humanité, géré collectivement par l’AIFM. Elle interdit toute appropriation nationale, reflétant une gouvernance collective visant la gestion durable des ressources. La gestion de cette zone repose sur le Code minier de l'AIFM, qui encadre notamment les contrats d'exploration permettant l’exploitation des ressources.

Concernant les câbles et conduites sous-marins, leur pose et exploitation relèvent de la liberté de pose, mais leur passage sur le plateau continental et en mer territoriale nécessite l’accord préalable de l’État côtier. Cela garantit un équilibre entre la liberté d’exploitation et la souveraineté des États riverains, dans une optique de gestion durable des infrastructures sous-marines.

À retenir

La gouvernance de la zone internationale des fonds marins repose sur une gestion collective par l’AIFM, assurant la protection des ressources et infrastructures tout en respectant la souveraineté des États côtiers pour certains passages, dans une optique de gestion durable.

7. Approche zonale du droit

Notions clés & Définitions

Fractionnement des espaces maritimes : Organisation des espaces maritimes en zones successives, chacune soumise à un régime juridique spécifique, allant des zones proches des côtes à la haute mer. La convention de Montego Bay (1982) introduit cette segmentation, notamment avec la création de la zone économique exclusive (ZEE) et des zones internationales.

Régimes juridiques différenciés par zone : Chaque zone maritime possède un statut juridique propre. La zone économique exclusive (ZEE) permet à l’État côtier d’exercer des droits souverains limités, notamment en matière de pêche et de protection environnementale, sans que cela constitue une souveraineté pleine et entière. La haute mer, en revanche, reste une zone de liberté pour tous, sous un régime international.

Extension progressive des compétences étatiques : Les États voient leurs compétences s’étendre progressivement depuis leur territoire terrestre vers la mer, notamment avec la délimitation de la ZEE jusqu’à 200 milles marins, permettant une gestion spécifique des ressources naturelles et de la protection environnementale dans cette zone.

Coopérations et obligations environnementales : La protection de l’environnement marin impose aux États, selon leur zone, des coopérations et obligations croissantes. Ces responsabilités sont accentuées par le changement climatique, nécessitant une gestion concertée pour prévenir, réduire et maîtriser la pollution et préserver le milieu marin.

Points essentiels

Le droit de la mer organise les espaces maritimes en zones successives avec des régimes juridiques spécifiques, du plus souverain proche des côtes à l’internationalisation progressive vers la haute mer. La convention de Montego Bay (1982) institue cette approche « zonale » en créant notamment la zone économique exclusive (ZEE), qui s’étend jusqu’à 200 milles marins à partir des lignes de base. La ZEE n’est pas une souveraineté pleine, mais une zone sous juridiction où l’État côtier détient des droits souverains limités, principalement en matière de pêche et de protection environnementale, tout en conservant la liberté de navigation comme en haute mer. La délimitation de ces zones permet une gestion différenciée des ressources et des responsabilités environnementales, renforcées par la nécessité de coopérer face aux enjeux du changement climatique.

À retenir

Le droit de la mer se conçoit comme un système spatialement différencié, conciliant souveraineté limitée et intérêts communs, notamment en matière de protection environnementale, à travers une organisation en zones successives.

8. Souveraineté vs liberté maritime

Notions clés & Définitions

Conflits liés aux ZEE
Les conflits liés aux Zones Économiques Exclusives (ZEE) naissent de tensions entre la souveraineté des États côtiers sur ces espaces et les libertés de navigation et d’exploitation en haute mer. La souveraineté confère à l’État un droit exclusif d’explorer, d’exploiter et de gérer les ressources dans sa ZEE, mais cette souveraineté peut entrer en contradiction avec la liberté de navigation et d’autres usages en haute mer, qui restent régis par des principes internationaux.

Droit de passage inoffensif
Le droit de passage inoffensif permet aux navires étrangers de traverser la mer territoriale d’un État sans en violer la souveraineté, à condition que leur passage ne soit pas nuisible à la paix, à l’ordre ou à la sécurité de cet État. Ce droit est encadré pour préserver un équilibre entre la souveraineté de l’État côtier et la liberté de navigation internationale.

Compétence de l'État du pavillon
L’État du pavillon exerce sa compétence sur les navires battant son drapeau, notamment en matière de réglementation, de contrôle et de responsabilité. Cela signifie que la souveraineté de l’État s’étend à ses navires, même lorsqu’ils naviguent en haute mer ou dans les zones sous souveraineté d’autres États.

Exceptions au contrôle étatique
Des exceptions existent au contrôle de l’État côtier, notamment en haute mer où la liberté de navigation, de pêche, de pose de câbles ou de pipelines, ainsi que la liberté scientifique, sont garanties. Ces exceptions visent à préserver un équilibre entre souveraineté et liberté maritime, en évitant que le contrôle étatique ne limite excessivement la circulation et l’exploitation en haute mer.

Liberté des mers
La liberté des mers désigne le principe selon lequel la haute mer est un espace ouvert à tous, où aucun État ne peut exercer de souveraineté. Elle inclut la liberté de navigation, de pêche, de poser des câbles ou pipelines, et de recherche scientifique. La liberté des mers a été affirmée pour favoriser le commerce international et l’exploitation des ressources, tout en étant encadrée par des règles internationales pour limiter les conflits.

Points essentiels

La souveraineté des États côtiers dans leurs zones maritimes peut entrer en tension avec les libertés traditionnelles de navigation et d’exploitation en haute mer. Les États disposent d’un droit souverain sur leur ZEE, notamment pour exploiter ses ressources, mais doivent respecter la liberté de navigation et d’autres usages en haute mer, qui restent régis par des principes internationaux.

Des règles spécifiques encadrent le droit de passage inoffensif, permettant aux navires étrangers de traverser la mer territoriale sans violer la souveraineté de l’État côtier, sous réserve que leur passage soit inoffensif. Par ailleurs, des exceptions au contrôle étatique existent en haute mer, notamment pour la navigation, la pêche ou la pose de câbles, afin de préserver un équilibre entre souveraineté et liberté maritime.

À retenir

L’exercice de la souveraineté étatique sur les espaces maritimes peut entrer en conflit avec la liberté des mers, mais des règles spécifiques, comme le droit de passage inoffensif et les exceptions en haute mer, permettent de concilier ces enjeux et de préserver un équilibre entre souveraineté et liberté internationale.

9. Origines historiques du droit de la mer

Notions clés & Définitions

Droit maritime antique
Le droit maritime antique désigne l’ensemble des règles et pratiques qui régissaient la navigation, le commerce et l’utilisation des espaces marins dans les civilisations anciennes, telles que celles de la Grèce, de Rome ou de l’Égypte. Il constitue les premières formes de régulation des activités en mer, souvent issues de coutumes ou de lois spécifiques à chaque civilisation.

Renaissance des échanges commerciaux
Il s’agit de la période marquée par un regain d’activité commerciale maritime, notamment à partir du XVe siècle, avec les grandes découvertes et l’expansion coloniale. Ce renouveau a favorisé le développement du droit maritime en tant que discipline structurée, afin d’encadrer ces nouvelles routes et activités.

Convention de Genève 1958
C’est une série de conventions internationales adoptées en 1958 qui ont posé des bases fondamentales pour le droit de la mer moderne. Elles ont notamment défini le statut de la mer territoriale, la haute mer, le plateau continental et la pêche, en établissant des règles pour l’utilisation et la protection de ces espaces.

Comité Maritime International (CMI)
Organisation créée pour élaborer et promouvoir le droit maritime international. Elle joue un rôle essentiel dans la codification et l’unification des règles régissant la mer, notamment à travers la rédaction de conventions et de recommandations.

Points essentiels

Le droit maritime trouve ses racines dans les traditions antiques, où il régissait la navigation et le commerce en mer, notamment dans la Grèce et Rome antiques. Ces civilisations ont développé des règles pour la navigation, la propriété des ressources et la sécurité en mer. Avec la Renaissance et l’essor des échanges commerciaux, le droit maritime s’est structuré davantage, notamment pour encadrer la navigation hauturière et la pêche, qui ont connu un développement majeur à partir du XVe siècle. La Convention de Genève de 1958 a marqué une étape clé en posant des principes fondamentaux pour le droit de la mer moderne, notamment sur la mer territoriale, la haute mer, le plateau continental et la pêche. Enfin, le Comité Maritime International (CMI) a été créé pour favoriser l’unification du droit maritime international, en élaborant des règles communes pour mieux réguler ces activités.

À retenir

Le droit de la mer s’est construit au fil de l’histoire, depuis ses origines antiques jusqu’à la formalisation moderne avec la Convention de Genève 1958, en passant par la Renaissance des échanges commerciaux, illustrant l’évolution d’un espace maritime de liberté vers un cadre réglementé visant à concilier souveraineté et protection des ressources.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1958Convention de Genève sur le droit de la mer
1982Adoption de la Convention de Montego Bay

Tableaux de Synthèse

Zone maritimeDéfinitionSouveraineté / LibertésAuteur / Référence
Eaux territorialesBande de 12 milles nautiques mesurée depuis la ligne de baseSouveraineté totale de l’État côtierArt. 2, 3, 17 CNUDM
Zone économique exclusive (ZEE)Jusqu’à 200 milles nautiquesDroits souverains pour ressources naturelles, liberté de navigation pour autres ÉtatsArt. 56, 58 CNUDM
Haute merAu-delà de la ZEELiberté d’exploitation et de navigation pour tous, espace internationalArt. 87 CNUDM
Zone contiguëJusqu’à 12 milles au-delà des eaux territorialesPouvoirs spécifiques en matière douanière, fiscale, sanitaire, immigrationArt. 33 CNUDM
Plateau continentalJusqu’à 200 milles ou plus sous conditions scientifiquesDroits souverains pour exploitation minérale et biologiqueArt. 76 CNUDM

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre la souveraineté totale des eaux territoriales avec la liberté en haute mer.
  2. Oublier que la ZEE ne confère pas la souveraineté mais des droits souverains d’exploitation.
  3. Confusion entre la zone contiguë (pouvoirs limités) et la ZEE (droits étendus).
  4. Négliger que le plateau continental peut être étendu jusqu’à 350 milles sous conditions.
  5. Confondre les droits de passage inoffensif avec la souveraineté totale en mer territoriale.
  6. Omettre que la Zone est un patrimoine commun géré par l’AIFM.
  7. Confusion entre les différentes zones en termes de régime juridique et d’autorité.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition et le rôle de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM).
  2. Maîtriser les différences entre eaux territoriales, ZEE, haute mer, zone contiguë et plateau continental.
  3. Savoir que la Zone est un patrimoine commun selon la Convention de Montego Bay et que l’AIFM en assure la gestion.
  4. Comprendre le régime juridique spécifique des eaux territoriales (souveraineté totale, pouvoir de police).
  5. Identifier les droits et libertés en haute mer (navigation, pêche, recherche scientifique).
  6. Connaître le fonctionnement et les conditions d’extension du plateau continental (art. 76 CNUDM).
  7. Maîtriser le concept de passage inoffensif et ses limites dans les eaux territoriales.
  8. Savoir que la zone contiguë permet à l’État d’exercer des pouvoirs limités pour prévenir infractions.
  9. Connaître l’autorité et le rôle de l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM).
  10. Identifier les principes fondamentaux du droit international maritime concernant la délimitation des zones.
  11. Connaître les principes fondamentaux du droit de la mer selon Perroux sur la croissance et le développement maritime.
  12. Être capable d’expliquer l’approche zonale du droit maritime en termes d’organisation spatiale des espaces maritimes.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Organisation et Réglementation des Espaces Maritimes avec 8 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quand la Convention de Montego Bay a-t-elle été adoptée ?

2. Quelle organisation a été créée par la Convention de Montego Bay pour gérer l'exploitation des ressources en dehors des zones nationales ?

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Mémorisez les concepts clés de Organisation et Réglementation des Espaces Maritimes avec 9 flashcards interactives.

Droit de la mer — conventions clés ?

CNUDM, Convention de Genève, Montego Bay.

CNUDM — rôle principal?

Définit droits et obligations en mer.

Zones maritimes — délimitations principales ?

Eaux territoriales, ZEE, haute mer, zone contiguë, plateau continental.

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