Fiche de révision : Principes et Sources du Droit Administratif

Plan du Cours

  1. Principe de légalité
  2. Sources écrites du droit
  3. Sources constitutionnelles
  4. Bloc de constitutionnalité
  5. Traités et accords internationaux
  6. Droit de l’Union européenne
  7. Contrôle de constitutionnalité
  8. Primauté du droit européen
  9. Convention EDH

1. Principe de légalité

Notions clés & Définitions

Principe de légalité : La règle fondamentale selon laquelle l’administration doit se conformer à un ensemble hiérarchisé de normes juridiques. Il impose que toutes ses actions soient conformes à la loi, sous peine d’être considérées comme illégales ou nulles.

Principe de juridicité : Extension du principe de légalité, il implique que l’administration soit subordonnée non seulement à la loi, mais à l’ensemble de l’ordre juridique, incluant la hiérarchie des normes. Il s’agit d’une soumission à l’ordre juridique global.

Points essentiels

Le principe de légalité impose à l’administration de respecter un ensemble hiérarchisé de normes juridiques. Cela signifie que ses décisions, actions et mesures doivent être conformes à la loi. La hiérarchie des normes établit un ordre dans lequel chaque norme doit respecter la norme supérieure, garantissant ainsi la cohérence et la légitimité de l’action administrative.

Le principe de juridicité va plus loin en étendant cette soumission à l’ensemble de l’ordre juridique. Il inclut la hiérarchie des normes, ce qui veut dire que l’administration doit non seulement respecter la loi, mais aussi l’ensemble des règles juridiques qui organisent l’ordre juridique global. Cela assure une cohérence entre toutes les sources du droit et limite le pouvoir discrétionnaire de l’administration.

À retenir

Le principe fondamental qui impose à l’administration de respecter la hiérarchie des normes juridiques dans ses actions garantit la légalité et la cohérence de l’action administrative dans le cadre de l’État de droit.

2. Sources écrites du droit

Notions clés & Définitions

Sources écrites du droit administratif : Ensemble des textes qui fondent la légalité de l’action administrative. Elles comprennent la Constitution, les traités internationaux, les lois, et les décisions administratives. La Constitution est la norme suprême, suivie par les traités internationaux, puis les lois, et enfin les décisions administratives qui complètent ou précisent ces textes.

Hiérarchie des normes : Principe selon lequel chaque source du droit doit respecter le rang supérieur. La hiérarchie impose un ordre de primauté entre ces sources, que l’administration doit respecter pour assurer la légalité de ses actes.

Textes d’application : Textes qui précisent ou mettent en œuvre une norme supérieure, tels que les règlements, arrêtés ou circulaires, qui doivent respecter la hiérarchie des normes.

Arrêté préfectoral : Acte administratif pris par le préfet dans le cadre de ses compétences, qui doit respecter la hiérarchie des normes et les textes supérieurs.

Arrêté ministériel : Acte administratif émanant d’un ministre, soumis à la même hiérarchie et conditions de légalité que l’arrêté préfectoral.

Points essentiels

Les sources écrites du droit administratif comprennent la Constitution, les traités internationaux, les lois, et les décisions administratives. La Constitution constitue la norme suprême, suivie par les traités internationaux, qui doivent respecter la Constitution pour être intégrés à la légalité. La hiérarchie des normes impose un ordre de primauté entre ces différentes sources, que l’administration doit respecter pour assurer la légalité de ses actes. Par exemple, un traité international doit créer des droits au profit de bénéficiaires pour pouvoir entraîner l’annulation d’un acte administratif incompatible, comme l’a confirmé CE, ass., 30 mai 1952, Dame Kirkwood.

À retenir

Les sources écrites du droit administratif, hiérarchisées selon leur rang, déterminent la légalité des actes administratifs. La conformité à cette hiérarchie est essentielle pour leur validité.

3. Sources constitutionnelles

Notions clés & Définitions

Constitution du 4 octobre 1958 : Texte fondamental qui établit la organisation des pouvoirs publics en France. Au sommet de la hiérarchie des normes en droit interne, elle détermine les compétences des différents pouvoirs publics et sert de référence pour l’interprétation des lois et actes administratifs. Elle ne peut pas faire l’objet d’un recours direct pour inconstitutionnalité devant la juridiction administrative, sauf via la QPC.

Articles constitutionnels relatifs à l’administration : Articles spécifiques de la Constitution qui concernent directement ou indirectement l’administration publique, notamment ceux qui traitent du pouvoir réglementaire, de la nomination, de la continuité de l’État, ou des compétences des autorités administratives.

Préambule de la Constitution de 1958 : Partie intégrante de la Constitution, il incorpore la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 ainsi que le Préambule de 1946. Il confère une valeur constitutionnelle à ces textes, qui s’imposent aux autorités administratives et au juge administratif.

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (DDH) 1789 : Texte fondamental qui établit des principes essentiels tels que la liberté, l’égalité, la propriété, la liberté d’expression et de conscience. Ces principes ont une valeur constitutionnelle, notamment dans leur application à l’administration.

Principes fondamentaux reconnus par les lois de la République (PFRLR) : Principes issus du Préambule de 1946, reconnus par le Conseil constitutionnel comme ayant une valeur constitutionnelle. Ils concernent notamment l’indépendance de la juridiction administrative, la liberté de conscience, la liberté d’association, ou encore la laïcité.

Charte de l’environnement : Norme constitutionnelle adoptée en 2004, intégrée au bloc de constitutionnalité. Elle impose des obligations à l’administration pour la protection de l’environnement, affirmant ainsi un principe constitutionnel spécifique dans ce domaine.

Points essentiels

La Constitution de 1958 occupe la position la plus élevée dans la hiérarchie des normes en droit interne, déterminant les compétences des pouvoirs publics et orientant l’action administrative. Elle ne peut faire l’objet d’un recours direct pour inconstitutionnalité devant la juridiction administrative, sauf via la question prioritaire de constitutionnalité (QPC).

Le Préambule de la Constitution de 1958, en intégrant la DDH de 1789 et le Préambule de 1946, confère une valeur constitutionnelle à ces textes. La DDH établit des principes fondamentaux tels que la liberté, l’égalité, et la propriété, qui s’appliquent à l’administration et ont une valeur juridique opposable.

Les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République (PFRLR), issus du Préambule de 1946, sont également dotés d’une valeur constitutionnelle. Ils couvrent des domaines essentiels comme l’indépendance de la juridiction administrative, la liberté de conscience, et la laïcité.

La Charte de l’environnement, adoptée en 2004, est une norme constitutionnelle qui impose à l’administration des obligations en matière de protection de l’environnement, renforçant ainsi le bloc de constitutionnalité dans ce domaine.

À retenir

Les textes constitutionnels, notamment la Constitution de 1958, son Préambule, la DDH, les PFRLR et la Charte de l’environnement, constituent les fondements suprêmes de la légalité administrative, orientant l’action des pouvoirs publics et leur imposant des obligations constitutionnelles.

4. Bloc de constitutionnalité

Notions clés & Définitions

Bloc de constitutionnalité : Ensemble cohérent de normes et principes fondamentaux qui encadrent la Constitution et ses extensions, comprenant la Constitution elle-même, ses préambules, les Principes fondamentaux reconnus par les lois de la République (PFRLR), les Principes particulièrement nécessaires à notre temps (PPNNT), et la Charte de l’environnement.

  • Principes fondamentaux reconnus par les lois de la République (PFRLR) : voir section 3

Principes particulièrement nécessaires à notre temps (PPNNT) : Principes jugés essentiels dans le contexte actuel, tels que l’égalité entre les sexes, le droit de grève encadré par la loi, ou la nationalisation de certains secteurs, qui ont été intégrés dans le bloc de constitutionnalité pour répondre aux enjeux contemporains.

Exigences constitutionnelles : Normes ou principes que le Conseil d’État peut invoquer pour contrôler la légalité administrative, en se référant à des exigences fondamentales inscrites dans la Constitution ou ses principes.

Objectifs à valeur constitutionnelle : Objectifs que la Constitution ou ses principes visent à atteindre, tels que la clarté ou l’intelligibilité des normes, qui orientent l’action administrative et peuvent être invoqués pour contrôler la légalité.

Principes à valeur constitutionnelle : Principes fondamentaux dotés d’un niveau de norme constitutionnelle, tels que la continuité du service public ou la disponibilité des forces armées, qui peuvent être invoqués par le Conseil d’État pour contrôler la légalité des actes administratifs.

Points essentiels

Le bloc de constitutionnalité regroupe la Constitution, ses préambules, les PFRLR, les PPNNT, et la Charte de l’environnement, adoptée en 2004 et intégrée en 2005. La Charte de l’environnement constitue une norme constitutionnelle de référence pour le juge, dont la méconnaissance peut entraîner la contestation de la légalité des décisions administratives. Elle établit notamment le droit de vivre dans un environnement équilibré, l’obligation de prévention des atteintes environnementales, le devoir de réparation des dommages, et le principe de précaution. Ce dernier, inscrit dans la Charte et aussi dans le droit de l’Union européenne, impose à l’État de prendre des mesures en tenant compte des données scientifiques disponibles pour prévenir les risques environnementaux. Le Conseil d’État peut également invoquer des exigences, objectifs, et principes à valeur constitutionnelle tels que la continuité du service public ou la disponibilité des forces armées, pour contrôler la légalité des actes administratifs.

À retenir

Le bloc de constitutionnalité constitue un ensemble cohérent de normes et principes fondamentaux, dont la reconnaissance permet au juge administratif, notamment le Conseil d’État, de contrôler la conformité des actes administratifs aux exigences constitutionnelles et aux principes essentiels de la République.

5. Traités et accords internationaux

Notions clés & Définitions

Traités : Selon le contenu source, ce sont des accords négociés et ratifiés, qui nécessitent une procédure spécifique de ratification ou d’approbation. Leur signature et leur ratification confèrent une autorité supérieure à celle des lois, dès leur publication, sous réserve de leur application par l’autre partie. (Source : article 55 de la Constitution de 1958)

Accords : Ce sont des ententes également négociées et approuvées, mais leur processus peut différer, notamment par la participation du Premier ministre ou du ministre. Ils peuvent être ratifiés ou simplement approuvés.

Valeur juridique des traités : Selon l’article 55 de la Constitution, une fois ratifiés, les traités ont une autorité supérieure à celle des lois nationales, dès leur publication. Leur violation peut être invoquée devant le juge administratif, même si elle contredit une loi nationale.

Effet direct des traités : C’est la capacité pour un traité d’être invoqué directement par les bénéficiaires dans l’ordre interne. Vérifié par le juge, cet effet dépend de la nature du traité et de ses dispositions. Certains traités ou dispositions n’ont pas d’effet direct, notamment ceux qui régissent uniquement les relations entre États ou qui ne créent pas de droits individuels.

Primauté des traités sur la loi : La hiérarchie des normes place les traités au-dessus des lois nationales. La jurisprudence, notamment la Cour de cassation et le Conseil d’État, confirme cette primauté, en particulier pour le droit communautaire et certains traités internationaux, sous réserve de leur conformité à la Constitution. Le Conseil constitutionnel veille à la conformité des lois à la Constitution, mais ne peut faire prévaloir un traité sur une loi contraire à la Constitution.

Points essentiels

Les traités et accords internationaux ont une valeur supérieure à la loi nationale selon la hiérarchie des normes. L’administration doit respecter ces traités dans ses décisions et actes, ce qui implique que leur violation peut entraîner l’annulation d’actes administratifs incompatibles. La condition de leur intégration à la légalité est qu’ils créent des droits pour des bénéficiaires, vérifiée notamment par la jurisprudence (CE, 30 mai 1952, Dame Kirkwood).

L’effet direct du traité, vérifié par le juge, est essentiel pour leur invocabilité par les bénéficiaires. Certains traités, comme la convention d’Aarhus ou la convention n° 52 de l’OIT, n’ont pas d’effet direct, mais peuvent conduire à une vérification de la conformité de la législation nationale avec leurs engagements, ce qui constitue une étape vers leur invocabilité.

Une fois ratifiés, les traités ont une autorité supérieure à celle des lois, mais leur opposabilité dépend de leur publication régulière et de leur conformité aux procédures prévues. La jurisprudence confirme la primauté du droit international, notamment à travers la référence au traité de Rome et à la jurisprudence de la CJCE, tout en précisant que la conformité à la Constitution reste sous le contrôle du Conseil constitutionnel.

À retenir

Les traités et accords internationaux, une fois ratifiés et publiés, occupent une place hiérarchique supérieure à la loi nationale, imposant à l’administration de respecter leur contenu dans ses décisions et actes. Leur effet direct n’est pas systématique, mais leur invocabilité peut être assurée si ces traités créent des droits pour les bénéficiaires.

6. Droit de l’Union européenne

Notions clés & Définitions

Droit de l’Union européenne : Ensemble des règles et normes issues des traités fondateurs et des actes dérivés, qui s’imposent aux États membres et à leurs administrations. Il comporte un droit primaire (traités) et un droit dérivé (règlements, directives, autres actes). Le droit de l’UE est considéré comme d’effet direct si ses obligations sont précises, claires et inconditionnelles, permettant une application immédiate dans l’ordre interne (CJCE, 5 février 1963, Van Gend en Loos).

Traités fondateurs de l’UE : Accords originels qui établissent le cadre juridique de l’Union, considérés comme le droit primaire, ayant un effet direct si leurs dispositions sont suffisamment précises, et bénéficiant du principe de primauté sur la législation nationale (CJCE, 15 juillet 1964, Costa c/ ENEL).

Règlements européens : Actes de droit dérivé, directement applicables dans tous les États membres dès leur adoption, s’imposant sans transposition. Ils ont un effet direct s’ils sont clairs, précis et pertinents pour le destinataire (CE, 24 septembre 1990, Boisdet ; art 288 al. 2 TFUE).

Directives européennes : Actes de droit dérivé qui fixent des objectifs à atteindre par les États membres, laissant à leur discrétion la forme et les moyens de transposition dans le droit national. Elles peuvent avoir un effet direct pour les administrés si elles ne sont pas transposées dans les délais, permettant leur invocation devant le juge national (CJCE, 9 mars 1978, Simmenthal). La transposition est une obligation constitutionnelle de l’État.

Charte des droits fondamentaux de l’UE : Document qui rassemble les droits fondamentaux garantis dans l’Union, intégrée dans le droit de l’UE, mais non explicitement définie dans le contenu source.

Points essentiels

Le droit de l’Union européenne est à la fois un droit originaire, constitué par les traités, et un droit dérivé, élaboré par des actes tels que règlements et directives. Il est soumis à une interprétation par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), notamment via la procédure préjudicielle (art 267 TFUE). Le droit primaire, lorsqu’il est précis, clair et inconditionnel, bénéficie de l’effet direct, ce qui lui confère une primauté sur la législation nationale (CJCE, 1964, Costa c/ ENEL ; CJCE, 1978, Simmenthal). Les règlements européens sont directement applicables dans tous les États membres, tandis que les directives imposent des objectifs à atteindre, laissant une marge de manœuvre quant à leur transposition. La non-transposition d’une directive dans le délai constitue une violation de l’obligation constitutionnelle de transposition.

À retenir

Le droit de l’Union européenne s’impose aux États membres et à leurs administrations, avec des règlements directement applicables et des directives pouvant avoir un effet direct si elles ne sont pas transposées, ce qui souligne la force et la spécificité du droit européen dans l’ordre juridique national.

7. Contrôle de constitutionnalité

Notions clés & Définitions

Contrôle de constitutionnalité : Vérification par une juridiction ou une instance spécialisée que la loi ou un acte administratif est conforme à la Constitution. Selon F. COLIN (2024-2025), il s’agit d’un mécanisme permettant de garantir la suprématie de la norme constitutionnelle sur les autres normes juridiques.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) : Procédure instaurée par l’article 61-1 de la Constitution, permettant à un justiciable de contester la constitutionnalité d’une disposition législative après l’introduction d’un litige, devant le Conseil constitutionnel. Elle constitue un contrôle a posteriori.

Théorie de la loi-écran : Principe selon lequel le juge administratif ne peut pas contrôler directement la conformité d’une loi à la Constitution, la loi formant un écran entre le juge et la Constitution. La loi s’intercale et empêche un contrôle direct par le juge administratif (F. COLIN, 2024-2025).

Conseil constitutionnel : Institution chargée de contrôler la conformité des lois à la Constitution, notamment via le contrôle a priori (avant promulgation) ou a posteriori (par la QPC). Il peut également abroger une loi non conforme.

Juridiction administrative : Autorité judiciaire spécialisée dans le contentieux administratif. Elle ne peut pas, en principe, contrôler directement la constitutionnalité d’une loi, sauf par le biais de la QPC ou lorsque l’acte administratif est pris en application d’une loi.

Exception d’inconstitutionnalité : Moyen de défense permettant à une partie de faire valoir que la loi ou une disposition législative est contraire à la Constitution. Elle est exclue dans le cadre du contrôle direct par le juge administratif en raison de la loi-écran, sauf dans le cas de l’absence de loi ou via la QPC.

Points essentiels

Le juge administratif ne peut pas apprécier directement la conformité d’un acte administratif à la Constitution, en raison de la théorie de la loi-écran. La loi forme un écran « opaque » empêchant le contrôle direct (CE, sect., 6 nov. 1936, Arrighi). La loi ne peut pas être attaquée en invoquant son inconstitutionnalité directement par le juge administratif, sauf si elle n’émet pas de normes de fond (CE, 19 nov. 1986, Soc. Smanor) ou si aucune loi ne s’interpose (CE, 12 févr. 1960, Société Eky).

La question prioritaire de constitutionnalité (QPC) permet de contourner cette limite. Introduite par la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, elle autorise un contrôle a posteriori par le Conseil constitutionnel, lorsque, dans un litige, il est soutenu qu’une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC doit être soulevée par mémoire motivé, et la transmission au Conseil d’État se fait dans un délai de 8 jours si les conditions sont remplies. Le Conseil d’État, à son tour, transmet la QPC au Conseil constitutionnel dans un délai de 3 mois, qui peut alors décider d’abroger la loi ou de moduler ses effets.

Le Conseil d’État joue un rôle de filtre, vérifiant si la disposition législative contestée est susceptible de porter atteinte aux droits fondamentaux, si elle est applicable au litige, et si elle n’a pas déjà été déclarée conforme. La décision de transmission est définitive, tandis que le refus peut faire l’objet d’un recours.

Les décisions du Conseil constitutionnel s’imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités, administratives ou juridictionnelles, conformément à l’autorité de la chose jugée (art. 62 C. const.).

À retenir

Le contrôle de constitutionnalité en France repose principalement sur la théorie de la loi-écran, qui limite le contrôle direct par le juge administratif. La QPC constitue un mécanisme permettant un contrôle a posteriori par le Conseil constitutionnel, avec un rôle de filtre joué par le Conseil d’État, renforçant ainsi la protection des droits fondamentaux tout en respectant la hiérarchie des normes.

8. Primauté du droit européen

Notions clés & Définitions

Primauté du droit européen : Principe selon lequel le droit de l’Union européenne prime sur les normes nationales, y compris les lois contraires. Il s’agit d’un principe fondamental qui garantit que le droit européen s’impose en cas de conflit avec le droit national.

Conflit entre droit national et droit européen : Situation où une norme nationale est en contradiction avec une norme européenne, nécessitant une hiérarchie pour déterminer laquelle doit être appliquée.

Effet direct du droit européen : Capacité pour une norme ou un traité européen d’être invoqué directement par les particuliers ou les autorités devant les juridictions nationales, sans nécessiter de mesure d’application supplémentaire. La vérification de cet effet direct est effectuée par le juge.

Jurisprudence du Conseil d’État sur la primauté : Ensemble de décisions affirmant que le droit européen doit être appliqué en priorité sur le droit national, notamment par la reconnaissance de la supériorité des traités et du droit communautaire.

Points essentiels

Le droit européen prime sur les normes nationales, y compris les lois contraires, ce qui implique que l’administration doit appliquer le droit européen même en cas de contradiction avec une loi nationale. La jurisprudence du Conseil d’État confirme cette primauté, notamment par la reconnaissance de la supériorité du droit communautaire depuis l’arrêt du 24 mai 1975 (Soc. des cafés J. Vabre) et la jurisprudence CJCE (15 juillet 1964, Costa c/ ENEL).

L’effet direct du traité est une condition importante pour l’application du droit européen. Il est vérifié par le juge, qui peut refuser d’appliquer une norme européenne si elle ne bénéficie pas de cet effet direct, comme dans le cas de certaines dispositions de la convention d’Aarhus ou de l’OIT. En revanche, un traité sans effet direct, comme l’accord de Paris sur le climat, peut néanmoins conduire à une vérification du respect des engagements de l’État, ce qui constitue un effet indirect du droit international.

Le traité, une fois ratifié et publié conformément aux conditions, a une autorité supérieure à celle des lois françaises, conformément à l’article 55 de la Constitution. La jurisprudence du Conseil constitutionnel (15 janvier 1975, IVG) et du Conseil d’État (20 octobre 1989, Nicolo) affirme que c’est au juge de faire prévaloir le droit européen en cas de conflit avec le droit national, en suivant la règle de conflit de normes.

À retenir

La primauté du droit européen est un principe essentiel qui impose à l’administration et aux juridictions de donner priorité au droit de l’Union en cas de conflit avec le droit national, affirmant ainsi la supériorité du droit européen comme principe fondamental régissant les conflits normatifs.

9. Convention EDH

Notions clés & Définitions

Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) : Traité international élaboré par le Conseil de l’Europe visant à protéger les droits fondamentaux de toute personne relevant de la juridiction des États membres. Elle établit un cadre juridique pour la protection des libertés et droits fondamentaux.

Droits et libertés garantis par la CEDH : Ensemble de droits fondamentaux, tels que le droit à un procès équitable, le respect de la vie privée et familiale, qui doivent être respectés par les États membres. Ces droits sont protégés contre les ingérences ou violations par les autorités publiques.

Contrôle de conventionnalité : Mécanisme juridique permettant de vérifier la conformité des actes administratifs ou législatifs à la CEDH. Il consiste à s’assurer que la norme nationale respecte les engagements pris par l’État dans le cadre de la Convention.

Effet direct de la CEDH : Caractère permettant à un particulier d’invoquer directement les dispositions de la Convention devant une juridiction nationale ou internationale, facilitant ainsi la protection effective de ses droits fondamentaux.

Jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme : Ensemble des décisions et interprétations rendues par la Cour, qui précisent l’application et la portée des droits garantis par la CEDH. Elle sert de référence pour l’interprétation et la mise en œuvre de la Convention.

Points essentiels

La CEDH garantit des droits fondamentaux auxquels l’administration doit se conformer. Elle impose aux États membres de respecter ces droits dans leurs actions et décisions, notamment en matière de procès équitable (art 6§1) et de respect de la vie privée et familiale (art 8). Le contrôle de conventionnalité permet de vérifier la conformité des actes administratifs à la CEDH, assurant ainsi la protection des droits fondamentaux face aux actions publiques. La jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme précise l’interprétation de ces droits et leur application concrète dans le droit administratif.

À retenir

La Convention EDH constitue un instrument clé pour la protection des droits fondamentaux dans l’action administrative, en imposant aux autorités le respect des libertés garanties et en permettant leur contrôle par le biais du contrôle de conventionnalité.

Tableaux de Synthèse

CritèrePrincipe de légalitéPrincipe de juridicité
DéfinitionLa conformité de l’action administrative à un ensemble hiérarchisé de normes juridiquesLa soumission de l’administration à l’ensemble de l’ordre juridique, incluant la hiérarchie des normes
Source principaleLoiEnsemble du droit, y compris la hiérarchie des normes
ObjectifGarantir la légalité et la cohérence de l’action administrativeLimiter le pouvoir discrétionnaire et assurer la cohérence globale du droit
Auteur(s) clé(s)Non spécifiéNon spécifié
CritèreSources écrites du droit administratifSources constitutionnelles
DéfinitionTextes fondamentaux : Constitution, traités, lois, décisions administrativesTextes fondamentaux : Constitution, Préambule, DDH, PFRLR, Charte environnementale
HiérarchieConstitution > Traités > Lois > Décisions administrativesConstitution > Préambule > DDH > PFRLR > Charte environnementale
Rôle principalDéfinir la légalité des actes administratifsFixer les principes fondamentaux et l’organisation des pouvoirs publics

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre principe de légalité et principe de juridicité : ce dernier inclut tous les éléments du premier mais va plus loin en intégrant l’ensemble de l’ordre juridique.
  2. Penser que la Constitution peut faire l’objet d’un recours direct devant le juge administratif : sauf QPC, ce n’est pas le cas.
  3. Confondre hiérarchie des normes et ordre chronologique : une norme peut être antérieure mais inférieure dans la hiérarchie.
  4. Oublier que les traités internationaux doivent respecter la Constitution pour être appliqués en France.
  5. Confondre PFRLR et principes issus du bloc de constitutionnalité : les PFRLR sont reconnus par le Conseil constitutionnel comme fondamentaux.
  6. Négliger que la Charte de l’environnement est une norme constitutionnelle spécifique.
  7. Confondre le bloc de constitutionnalité avec la hiérarchie des normes en droit interne : il s’agit d’un ensemble spécifique.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition précise du principe de légalité et ses implications pour l’administration.
  2. Maîtriser la notion de principe de juridicité et sa différence avec le principe de légalité.
  3. Identifier les sources écrites du droit administratif dans leur ordre hiérarchique (Constitution, traités, lois, décisions).
  4. Savoir que la Constitution du 4 octobre 1958 est la norme suprême en droit interne.
  5. Connaître le rôle du Préambule, notamment la DDH, dans la hiérarchie des normes.
  6. Reconnaître les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République (PFRLR) et leur valeur constitutionnelle.
  7. Comprendre ce qu’est le bloc de constitutionnalité et ses composantes (Constitution, Préambule, PFRLR, PPNNT, Charte environnementale).
  8. Savoir que les traités internationaux doivent respecter la Constitution pour être applicables en France.
  9. Maîtriser la portée juridique des principes issus du Préambule (liberté, égalité, propriété).
  10. Connaître la valeur constitutionnelle de la Charte de l’environnement adoptée en 2004.
  11. Être capable d’identifier un acte administratif conforme ou non à la hiérarchie des normes.
  12. Connaître l’auteur clé : CE, ass., 30 mai 1952, Dame Kirkwood (pour l’application des traités internationaux).

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L’obligation pour l’administration de respecter la loi.

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L'administration doit respecter la loi.

Sources écrites du droit — hiérarchie ?

Constitution, traités, lois, décisions administratives.

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