Fiche de révision : Acteurs et fonctions économiques

Plan du Cours

  1. Comptabilité nationale et secteurs institutionnels
  2. Circuits et équilibres économiques
  3. Limites du PIB et nouveaux indicateurs
  4. Structure du système productif français
  5. Définition et formes de l’investissement
  6. Déterminants et cycles de l’investissement
  7. Cycles récents de l’investissement
  8. Investissement français et compétitivité
  9. Multiplicateur et accélérateur
  10. Partage des revenus primaires
  11. Salaire minimum et emploi
  12. Hauts revenus et patrimoine
  13. Transferts et redistribution
  14. Redistribution et revenus de transfert
  15. Poids et évolution de la consommation
  16. Déterminants de l’épargne des ménages
  17. Théories de la consommation

Repères chronologiques

  1. 1665William Petty réalise les premières estimations du revenu national en Grande-Bretagne, puis Gregory King propose en 1696 un système intégré de statistiques comprenant des secteurs économiques et un tableau sectoriel général.
  2. 1926Leontieff publie un article sur le calcul matriciel qui devient une base des tableaux entrées-sorties, appliqués véritablement après la Seconde Guerre mondiale.
  3. 1930Entre et 1940, Simon Kuznets aux États-Unis et Colin Clark en Grande-Bretagne mesurent la création de richesse; Kuznets estime notamment un recul de 40 % de l’activité économique lié à la crise de 1929.
  4. 1936Keynes publie la Théorie générale et défend l’intervention de l’État pour lutter contre le chômage structurel et atteindre le plein emploi, ce qui renforce le besoin de comptabilité nationale.
  5. 1946La France crée le Commissariat général au Plan et développe un appareil statistique moderne, notamment sous l’effet de la reconstruction et de l’aide du Plan Marshall.
  6. 1968Les accords de Grenelle ont augmenté les salaires de 10 % et les plus bas salaires de 30 %, tout en remplaçant le SMIG par le SMIC.
  7. 1997À partir, une deuxième vague d’investissement, principalement liée aux technologies de l’information, a modernisé les équipements et relancé le rythme de l’investissement.
  8. 2007-2008Dans la seconde moitié des années 2000, la baisse des taux d’intérêt réels et l’amélioration de la profitabilité ont soutenu une troisième vague d’investissement, interrompue par la crise.
  9. 2011Les États-Unis et le Royaume-Uni ont retrouvé leur niveau d’investissement d’avant-crise, tandis que la France n’y est revenue qu’en 2015, soit six ans après la crise.

1. Comptabilité nationale et secteurs institutionnels

Notions clés & Définitions

  • Comptabilité nationale : Agrège les opérations économiques à l’échelle macroéconomique afin d’analyser les relations et les mécanismes entre les acteurs et les grandes fonctions économiques.
  • Unité institutionnelle : Un acteur indépendant, constitué d’une ou plusieurs personnes physiques ou morales, qui prend des décisions autonomes et exerce une fonction économique principale.
  • Ménages : Regroupent les personnes vivant sous le même toit et formant une unité de décision économique ; ils consomment des biens et services, épargnent et offrent du travail ainsi que, parfois, du capital.
  • Sociétés non financières : Produisent et vendent des biens et services marchands, leur activité étant considérée comme marchande lorsque plus de 50 % de leurs ressources proviennent de la vente.
  • Sociétés financières : Regroupent notamment les banques, les assurances et les institutions de gestion de l’épargne ; elles assurent l’intermédiation financière, la transformation financière et la circulation des moyens de paiement.
  • Administrations publiques : Comprennent l’État, les collectivités territoriales et les administrations de sécurité sociale ; elles produisent des services collectifs non marchands, prélèvent des ressources obligatoires et redistribuent les revenus.
  • Reste du monde : Enregistre les relations économiques entre les unités institutionnelles résidentes et non résidentes, une unité étant résidente si son activité principale se situe sur le territoire depuis plus d’un an.

Points essentiels

  • Les institutions sans but lucratif au service des ménages produisent des services non marchands destinés aux ménages, comme les associations, syndicats, partis politiques et églises.

2. Circuits et équilibres économiques

Notions clés & Définitions

  • Produit intérieur brut : Le PIB mesure la production réalisée sur un territoire et peut être calculé par la somme des valeurs ajoutées ou par PIB=CF+I+VS+(XM)PIB = CF + I + VS + (X - M).
  • Tableau entrées-sorties : Décrit les opérations réalisées sur les produits et les interdépendances entre les différentes branches d’activité économique.

★ À maîtriser

📐 Formule — L’équilibre ressources-emplois s’écrit P+M=CI+CF+I+X+VSP + M = CI + CF + I + X + VS, où la production et les importations constituent les ressources, tandis que la consommation intermédiaire, la consommation finale, l’investissement, les exportations et la variation des stocks constituent les emplois.

  • Le circuit des revenus retrace la répartition primaire des revenus issus de la production, puis leur redistribution par les impôts et les transferts, en tenant compte des revenus reçus de l’étranger et versés à l’étranger.

Compléments

  • Dans l’exemple présenté, la valeur ajoutée industrielle s’élève à 482 milliards d’euros, dont 42 % sont destinés aux revenus du travail et 58 % à l’excédent brut d’exploitation.

  • Le circuit financier comprend les opérations d’investissement qui financent la production de biens et services et les flux de placement qui rémunèrent l’épargne et relient sa transformation à son utilisation.

3. Limites du PIB et nouveaux indicateurs

★ À maîtriser

📌 Le PIB mesure la production réalisée sur un territoire, tandis que le revenu national brut inclut les revenus nets reçus de l’étranger et donne parfois une image plus pertinente de la richesse nationale.

  • Le rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi de 2009 souligne que le PIB ne mesure pas correctement le travail domestique, les services publics, les externalités négatives, les inégalités et le bien-être social.

  • En Irlande, le PIB augmente de 26 % entre 2014 et 2015 sous l’effet des stratégies fiscales des multinationales, tandis que le RNB ne représente que 80 % du PIB.

📌 La croissance du PIB ne correspond pas parfaitement au bien-être, car le chômage temporaire et l’augmentation des inégalités peuvent réduire le bien-être malgré une hausse de la production.

Compléments

  • La production domestique et informelle représente environ un tiers du PIB selon le cours, mais elle n’est pas pleinement intégrée aux comptes nationaux.

  • Gadrey et Jany-Catrice recommandent un tableau de bord réunissant le PIB et des indicateurs alternatifs élaborés notamment par des experts de l’environnement et du progrès social.

Astuce mémo

PIB produit ≠ bien-être ressenti

4. Structure du système productif français

Notions clés & Définitions

  • Mittelstand : Désigne la forte proportion d’entreprises allemandes de taille moyenne, souvent spécialisées, innovantes et orientées vers l’exportation.

★ À maîtriser

  • En 2022, la France compte environ 4,9 millions d’entreprises, dont plus de 4,7 millions de microentreprises, mais la valeur ajoutée et les exportations sont fortement concentrées dans les grandes entreprises.

  • Les microentreprises représentent 17 % des salariés et 20 % de la valeur ajoutée, les PME 30 % et 23 %, les ETI 25 % et 25 %, et les grandes entreprises 28 % et 32 % respectivement.

📌 La délocalisation transfère une activité française vers l’étranger, tandis que la relocalisation ramène en France une activité auparavant réalisée à l’étranger.

Compléments

  • En 2018, les 50 premières entreprises françaises représentent 45 % des exportations, tandis que les 500 premières réalisent plus de la moitié de l’investissement total.

  • En France, les multinationales sous contrôle étranger représentent 1 % des entreprises, 13 % des salariés et 17 % de la valeur ajoutée, ainsi qu’un quart de la valeur ajoutée industrielle.

  • Entre 2018 et 2020, les délocalisations et relocalisations concernent moins de 3 % des entreprises françaises de plus de 50 salariés ; parmi ces opérations, 58 % sont des délocalisations et moins de 42 % des relocalisations.

Astuce mémo

Nombreuses petites entreprises, valeur concentrée

5. Définition et formes de l’investissement

Notions clés & Définitions

  • Investissement : En comptabilité nationale, l’investissement correspond à la formation brute de capital fixe, définie comme les acquisitions moins les cessions d’actifs fixes réalisées par les producteurs résidents.

★ À maîtriser

📌 L’investissement brut mesure l’investissement total, tandis que l’investissement net déduit la dépréciation du capital due à l’usure et à l’obsolescence.

  • Les trois catégories pédagogiques d’investissement sont l’investissement de capacité, qui augmente la production, l’investissement de productivité, qui améliore l’efficacité, et l’investissement de remplacement, qui renouvelle les équipements anciens.

Compléments

  • Les entreprises réalisent environ 55 % de la formation brute de capital fixe, les administrations publiques environ 25 %, et les ménages investissent notamment lorsqu’ils achètent un bien immobilier.

  • La recherche-développement et l’acquisition de logiciels sont comptabilisées comme des investissements immatériels plutôt que comme des consommations intermédiaires.

6. Déterminants et cycles de l’investissement

★ À maîtriser

  • L’effet accélérateur d’Aftalion signifie qu’une hausse durable de la demande anticipée peut provoquer une hausse plus que proportionnelle de l’investissement, selon le coefficient capital-production.

📌 L’investissement est réalisé lorsque les profits attendus dépassent les coûts, notamment la fiscalité, le coût du capital et les coûts d’ajustement.

📐 Formule — La rentabilité économique se calcule par re=RK+Dr_e = \frac{R}{K + D}, tandis que la rentabilité financière se calcule par rf=RKr_f = \frac{R}{K}, où R est le résultat d’exploitation, K les capitaux propres et D la dette.

📌 L’effet de levier apparaît lorsque la rentabilité économique est supérieure au taux d’intérêt réel, tandis que l’effet de massue survient lorsque la hausse du coût de la dette pousse l’entreprise à se désendetter et à réduire son investissement.

  • En situation d’incertitude radicale, les entreprises peuvent attendre ou désinvestir malgré une baisse du coût du capital ou une hausse de la productivité, car l’incertitude domine les incitations économiques classiques.

Compléments

  • Selon le ratio q de Tobin, l’investissement est favorisé lorsque le rapport entre le cours boursier et la valeur comptable est supérieur à 1, sous l’hypothèse de marchés financiers efficients.

  • Dixit décrit un biais de la bonne nouvelle, où les bonnes nouvelles sont davantage prises en compte, tandis que Bernanke décrit un biais de la mauvaise nouvelle, où les mauvaises nouvelles sont surpondérées et freinent l’investissement.

7. Cycles récents de l’investissement

★ À maîtriser

  • À partir de 1993, la récession française et la politique monétaire restrictive du franc fort ont augmenté les taux d’intérêt réels, incitant les entreprises à se désendetter et à réduire leur investissement.

Compléments

  • Aux États-Unis, les anticipations excessives de profits liés aux TIC ont provoqué une suraccumulation d’investissement et une bulle boursière, notamment sur le NASDAQ, avant l’éclatement de la bulle Internet.

  • Entre 2008 et 2009, l’investissement des entreprises a diminué de 17 % en France et en Allemagne, de 19 % à 21 % aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Italie, et de 40 % en Espagne.

8. Investissement français et compétitivité

★ À maîtriser

  • Selon l’OFCE en mai 2024, l’investissement européen étudié comprend l’investissement matériel dans les TIC, ainsi que les investissements immatériels en recherche-développement et dans les services TIC.

  • Entre 2000 et 2019, l’investissement en R&D atteint 2 000 euros par emploi aux États-Unis contre 1 000 euros dans la zone euro, tandis que l’écart dans les services TIC passe de 200 à 2 400 euros par emploi.

  • En France, le taux d’investissement, mesuré par FBCF/VA, dépasse 24 % entre 2005 et 2015, soit environ un point de plus qu’en Allemagne et plus de cinq points de plus qu’au Royaume-Uni.

📌 L’investissement français est majoritairement immatériel, tandis que le retard de l’investissement matériel, notamment en robotisation, pèse sur la productivité et la compétitivité industrielles.

Compléments

  • Le nombre de robots industriels pour 10 000 employés est environ 2,5 fois plus élevé en Allemagne qu’en France, en partie à cause du poids industriel et des stratégies différentes des entreprises.

  • En France, le financement public de la R&D atteint environ 40 %, contre seulement 5 % en Allemagne, et les aides publiques représentaient environ 10 % du PIB en 2023.

Astuce mémo

Beaucoup investir ne signifie pas mieux investir

9. Multiplicateur et accélérateur

Notions clés & Définitions

  • Multiplicateur d’investissement : Décrit la succession de vagues de revenus et de dépenses déclenchées par un investissement initial.
  • Effet accélérateur : Correspond à l’augmentation de l’investissement des entreprises lorsque la demande augmente, afin d’accroître la capacité de production.
  • Modèle de Solow : Considère que la vitesse du capital dépend du taux d’intérêt et que l’investissement s’adapte mécaniquement à l’épargne, mais que les rendements décroissants conduisent à un état stationnaire.

★ À maîtriser

📐 Formule — Le coefficient du multiplicateur d’investissement vérifie k=11ck = \frac{1}{1-c}, où cc est la propension marginale à consommer.

📐 Formule — Dans le modèle de Harrod-Domar, la croissance équilibrée exige que le taux de croissance de la production et celui de l’investissement suivent un rythme égal au rapport s/vs/v.

Compléments

  • Si le taux de croissance est inférieur à s/vs/v, l’investissement insuffisant entraîne une baisse de la production, qui réduit à son tour l’effet accélérateur et crée des déséquilibres cumulatifs.

  • Pour la France, Carré, Dubois et Malinvaud estiment que le résidu correspondant à la productivité globale des facteurs explique environ la moitié de la croissance.

Astuce mémo

Investissement → revenu → demande → investissement

10. Partage des revenus primaires

★ À maîtriser

  • La répartition de la valeur ajoutée entre travail et capital dépend d’un effet volume, lié aux quantités de facteurs utilisées, et d’un effet prix, lié à leurs rémunérations relatives.

  • La tertiarisation, la désindustrialisation, l’automatisation, la polarisation de l’emploi et la concurrence internationale peuvent réduire la part du travail dans la valeur ajoutée.

  • Le salaire brut correspond au prix du travail avant cotisations salariales, le salaire net après ces cotisations, et le salaire super net après prélèvement de l’impôt à la source.

  • Le revenu salarial annuel moyen est de 22 420 euros, les salariés à temps partiel gagnant en moyenne 53 % de moins que l’ensemble des salariés, et un diplômé au moins bac+3 gagnant 2,5 fois plus qu’un non-diplômé.

Compléments

  • En 2023, le salaire net moyen en équivalent temps plein du secteur privé est de 2 730 euros par mois, tandis que le salaire médian est de 2 490 euros.

  • En 2023, les 10 % de salariés les moins rémunérés gagnent au maximum 1 440 euros nets par mois, tandis que les 10 % les mieux rémunérés gagnent au moins 4 160 euros.

11. Salaire minimum et emploi

Notions clés & Définitions

  • SMIC : Un salaire minimum légal destiné à garantir un niveau minimal de rémunération et à réduire l’écart avec le salaire moyen.

★ À maîtriser

  • En France, la revalorisation automatique du SMIC dépend de l’inflation et de la hausse du salaire horaire de base ouvrier et employé, avec la possibilité d’un coup de pouce gouvernemental.

📌 Selon l’approche néoclassique, une hausse du salaire minimum peut détruire des emplois si elle dépasse la productivité du travail, tandis que l’approche keynésienne y voit un soutien à la demande des ménages modestes.

Compléments

  • En 2024, le SMIC représente environ 67 % du salaire médian, soit environ 1 400 euros nets par mois contre 2 090 euros pour le salaire médian.

  • L’élasticité de l’emploi au salaire minimum est en moyenne négative mais faible et concentrée sur les jeunes, les travailleurs peu qualifiés et les entreprises peu productives.

Astuce mémo

Néoclassiques : coût ; keynésiens : demande

12. Hauts revenus et patrimoine

Notions clés & Définitions

  • Patrimoine net : D’un ménage correspond à la valeur de ses actifs financiers, immobiliers, professionnels et durables diminuée de ses dettes.
  • Revenus du patrimoine : Les ressources financières produites par la détention d’actifs, comme les loyers, les dividendes et les plus-values.

★ À maîtriser

  • Selon Piketty, le taux de rendement du capital est durablement supérieur au taux de croissance, ce qui permet aux patrimoines hérités de progresser plus vite que la production et les revenus.

Compléments

  • Les revenus du capital représentent 35 % des revenus du 1 % le plus riche et 60 % de ceux des 0,001 % les plus riches.

  • La part des 1 % les mieux rémunérés dans la masse salariale française est passée de 5,8 % en 1994 à près de 7 % en 2008, puis à 8 % en 2023.

  • La hausse des inégalités peut accroître l’endettement des ménages modestes qui cherchent à maintenir leur niveau de vie, puis contribuer à l’apparition de crises économiques.

13. Transferts et redistribution

Notions clés & Définitions

  • Revenu disponible ajusté : Correspond au revenu disponible augmenté de la valeur des services en nature fournis par les pouvoirs publics, notamment la santé et l’éducation.

Points essentiels

📌 L’assurance réalise une redistribution horizontale entre individus confrontés à des risques différents, tandis que l’assistance réalise une redistribution verticale en faveur des plus démunis.

  • Les revenus de remplacement, comme les allocations chômage, les indemnités journalières et les pensions de retraite, remplacent un revenu d’activité en cas de risque social et sont principalement financés par les cotisations sociales.

  • L’aide sociale, financée par l’impôt et ciblée selon les ressources, comprend notamment le RSA et le minimum vieillesse et vise à réduire les inégalités.

  • En France, après redistribution, le rapport entre le revenu des 10 % les plus riches et celui des 10 % les plus pauvres passe de 22 à 5,5.

Astuce mémo

Assurance horizontale, assistance verticale

14. Redistribution et revenus de transfert

Notions clés & Définitions

  • Revenu disponible ajusté : Ajoute au revenu disponible les prestations sociales en nature fournies par les pouvoirs publics, notamment la santé et l’éducation.

★ À maîtriser

📌 L’assurance réalise une redistribution horizontale en mutualisant les risques entre individus, tandis que l’assistance réalise une redistribution verticale en aidant davantage les personnes les plus démunies.

  • Les revenus de remplacement comprennent notamment les allocations de chômage, les indemnités journalières et les pensions de retraite, et remplacent un revenu d’activité en cas de risque social.

  • L’aide sociale est financée par l’impôt et attribuée selon les ressources, comme le RSA et le minimum vieillesse, afin de réduire les inégalités.

  • En 2018, la redistribution a multiplié par trois le revenu du premier décile, fait passer le rapport D9/D1 de 22 à 5,5 et réduit de moitié le rapport D8/D2, de 8 à 4.

Compléments

  • Les prestations universelles sont versées à tous les résidents sans condition de ressources et comprennent notamment les allocations familiales, les prestations de maternité et le remboursement des soins médicaux.

  • Les prestations sociales expliquent les deux tiers de la réduction des inégalités, contre 30 % pour l’impôt sur le revenu et 0,5 % pour l’impôt sur la fortune immobilière.

  • En France, les prélèvements obligatoires représentent 48 % du PIB, les dépenses publiques 56 % du PIB et la protection sociale environ un tiers du PIB.

Astuce mémo

Assurance horizontale, assistance verticale

15. Poids et évolution de la consommation

Notions clés & Définitions

  • Consommation effective : Comprend les biens et services consommés par les ménages, qu’ils soient financés par les ménages ou par l’État, notamment la santé et l’éducation individualisées.

★ À maîtriser

📌 Dans la vision classique, l’accumulation de l’épargne finance l’investissement et soutient la croissance, tandis que dans la vision keynésienne, le soutien de la consommation évite une insuffisance de débouchés.

📐 Formule — L’épargne des ménages correspond à leur revenu disponible diminué de leur consommation : S=YdCS = Y_d - C.

📌 L’épargne non financière concerne principalement l’immobilier, tandis que l’épargne financière correspond aux placements en actifs financiers.

Compléments

  • En 2019, la consommation représentait au moins 70 % du PIB, ce qui souligne son poids majeur dans la production nationale.

  • En France, les services représentent environ les deux tiers de la consommation effective des ménages, dont environ 25 % pour les services non marchands financés par l’État.

  • Depuis les années 1970 jusqu’au milieu des années 2010, la consommation des ménages a été multipliée par quatre en valeur totale et par trois par tête.

Astuce mémo

Revenu disponible → consommation → épargne

16. Déterminants de l’épargne des ménages

★ À maîtriser

  • Selon l’effet ricardien, une dégradation du solde public incite les ménages à augmenter leur épargne, car ils anticipent une hausse future des impôts.

  • Lorsque l’incertitude économique augmente, les ménages tendent à accroître leur épargne de précaution ; en Allemagne, le taux d’épargne a atteint environ 22 % dans une période d’incertitude économique.

  • Une hausse des revenus accroît la consommation et réduit l’épargne lorsqu’elle est perçue comme permanente, mais elle augmente l’épargne lorsqu’elle est perçue comme temporaire.

  • Une hausse des taux d’intérêt favorise l’épargne par effet de substitution, mais peut aussi accroître la consommation par effet de revenu grâce aux gains d’épargne.

Compléments

  • Une inflation mal anticipée peut accroître l’épargne par effet d’encaisse réelle, tandis qu’une inflation bien anticipée peut provoquer une fuite devant la monnaie et réduire l’épargne.

  • En France, le taux d’épargne des ménages est resté autour de 18 % du revenu disponible récemment, avec des hausses exceptionnelles en 2020 et pendant les crises géopolitiques.

Astuce mémo

Incertitude accrue → épargne de précaution

17. Théories de la consommation

Notions clés & Définitions

  • Propension marginale à consommer : Mesure la part d’une hausse du revenu consacrée à la consommation et vaut généralement environ 0,8 dans la fonction de consommation keynésienne.
  • Effet de cliquet : Désigne la résistance de la consommation à la baisse lorsque le revenu diminue, les ménages puisant dans leur épargne ou s’endettant pour maintenir leur niveau de vie.
  • Revenu permanent : Pour Friedman, le revenu permanent correspond au revenu régulier anticipé à partir de la richesse constituée par la somme actualisée des revenus futurs, tandis que le revenu transitoire fluctue de manière imprévisible.
  • Balance des transactions courantes : Regroupe les échanges de biens, de services, de revenus et les transferts courants entre la France et le reste du monde.

★ À maîtriser

📐 Formule — La fonction de consommation keynésienne s’écrit C(Y)=cY+C0C(Y) = cY + C_0, où cc est la propension marginale à consommer et C0C_0 le niveau minimal de consommation.

  • Chez Keynes, la consommation augmente avec le revenu mais moins rapidement que lui, si bien que les propensions moyenne et marginale à consommer diminuent lorsque le revenu augmente.

  • Kuznets, sur la période 1869-1938, observe une propension marginale à consommer constante autour de 0,86 à long terme, tandis que Malinvaud confirme une décroissance à court terme.

  • En France, les administrations publiques représentent 56 % du PIB en dépenses, mais leur production directe génère environ 18 % de la valeur ajoutée nationale.

  • Les administrations publiques soutiennent indirectement la production privée en finançant des services en nature, des subventions et la commande publique.

  • En 2019, 81 % de la consommation totale des ménages était produite en France, mais seulement 36 % de leur consommation de biens manufacturés l’était.

  • En France, 19 % de la consommation des ménages est importée, dont 9 % directement sous forme de biens de consommation et 10 % indirectement sous forme de biens intermédiaires incorporés dans la production domestique.

  • La France connaît un déficit commercial chronique depuis 2003, tandis que sa balance des services est structurellement excédentaire grâce notamment au tourisme et aux services financiers.

📌 Une balance des transactions courantes déficitaire signifie que le pays dépense plus avec le reste du monde qu’il ne gagne et doit recourir à un financement extérieur.

  • Un excédent courant peut traduire une capacité d’épargne, mais un excédent chronique peut aussi résulter d’une demande intérieure insuffisante et déséquilibrer les échanges commerciaux.

Compléments

📐 Formule — Selon Duesenberry, la consommation dépend du revenu courant et du revenu maximal passé : CT=f(YT,Ymax)C_T = f(Y_T, Y_{max}).

📐 Formule — Selon Brown, la consommation dépend du revenu courant et de la consommation de l’année précédente : CT=f(YT,CT1)C_T = f(Y_T, C_{T-1}).

Astuce mémo

Keynes : revenu courant ; Friedman : revenu permanent

Tableaux de synthèse

Secteurs institutionnels

SecteurFonction principaleFinancement
MénagesConsommation et offre de facteursRevenus du travail et du capital
Sociétés non financièresProduction marchandeVente de biens et services
Sociétés financièresIntermédiation et transformation financièresRevenus financiers
Administrations publiquesServices collectifs et redistributionImpôts, taxes et cotisations
ISBLSMServices non marchands aux ménagesContributions volontaires et subventions
Reste du mondeRelations avec les non-résidentsÉchanges internationaux

Types de revenus de transfert

TypeLogiqueExemples
Revenus de remplacementAssurance horizontaleChômage, indemnités journalières, retraite
Prestations universellesAccès sans condition de ressourcesAllocations familiales, maternité, soins médicaux
Aide socialeAssistance verticale cibléeRSA, minimum vieillesse

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Qu'est-ce qu'une unité institutionnelle en comptabilité nationale ?

Un acteur indépendant avec décisions autonomes et fonction économique principale.

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