QCM : Courants de la pensée économique — 22 questions

Questions et réponses du QCM

1. Comment Aristote distingue-t-il la valeur d’usage de la valeur d’échange d’un bien ?

La valeur d’usage dépend du prix, tandis que la valeur d’échange dépend de la satisfaction procurée par le bien.
La valeur d’usage renvoie à l’utilité, tandis que la valeur d’échange concerne ce que le bien permet d’obtenir dans un échange.
La valeur d’usage mesure le travail fourni, tandis que la valeur d’échange mesure la rareté naturelle du bien.
La valeur d’usage concerne la production, tandis que la valeur d’échange concerne la consommation individuelle.

La valeur d’usage renvoie à l’utilité, tandis que la valeur d’échange concerne ce que le bien permet d’obtenir dans un échange.

Explication

Aristote associe la valeur d’usage à l’utilité d’un bien et la valeur d’échange à sa capacité à obtenir un autre bien dans l’échange. Confondre la valeur d’usage avec le prix inverse ces deux notions.

2. Quelle politique correspond à la conception mercantiliste de la richesse nationale ?

Réduire les exportations pour préserver les ressources nationales et stimuler la consommation locale.
Développer les importations afin d’accroître la variété des biens disponibles sur le marché intérieur.
Accumuler des métaux précieux en favorisant les exportations et en limitant les importations.
Laisser les échanges extérieurs se régler spontanément sans chercher à modifier leur équilibre.

Accumuler des métaux précieux en favorisant les exportations et en limitant les importations.

Explication

Le mercantilisme mesure la richesse par le stock de métaux précieux et recommande un excédent commercial obtenu grâce aux exportations. Les autres politiques ne cherchent pas à accumuler les métaux précieux par cet excédent.

3. Quelle proposition caractérise la physiocratie associée à François Quesnay ?

L’économie obéit à un ordre naturel qui ne requiert pas l’intervention de l’État dans la sphère économique.
Le commerce doit être encadré pour garantir une compensation équitable entre créanciers et débiteurs.
L’économie doit être organisée par une réglementation étatique afin de corriger les effets de la concurrence.
La richesse dépend principalement des réserves métalliques accumulées grâce à une balance commerciale excédentaire.

L’économie obéit à un ordre naturel qui ne requiert pas l’intervention de l’État dans la sphère économique.

Explication

La physiocratie considère que la nature commande l’économie et défend l’existence d’un ordre naturel autonome. La recherche d’un excédent commercial et l’accumulation de métaux précieux relèvent plutôt du mercantilisme.

4. Quel principe appartient au courant libéral classique ?

La coordination économique repose sur une direction publique qui organise la production et répartit les revenus.
La recherche de l’intérêt personnel peut contribuer à l’intérêt général dans une économie libre et concurrentielle.
La concurrence réduit l’efficacité productive en empêchant les producteurs de coopérer durablement.
Les antagonismes entre classes expliquent principalement la coordination des intérêts dans une économie concurrentielle.

La recherche de l’intérêt personnel peut contribuer à l’intérêt général dans une économie libre et concurrentielle.

Explication

Les économistes classiques estiment que l’intérêt personnel peut servir l’intérêt général et valorisent la liberté économique, la concurrence et la division du travail. L’analyse des antagonismes entre classes appartient davantage au courant marxiste.

5. Quelles fonctions relèvent de l’État-gendarme ?

La police, la justice, la monnaie et l’armée, qui correspondent aux fonctions régaliennes.
Le soutien de la demande, la protection sociale, la santé et la relance de l’investissement privé.
Le financement des loisirs, l’organisation de la consommation, la redistribution sectorielle et la promotion commerciale.
La planification de la production, la fixation des prix, la gestion des entreprises et le contrôle des salaires.

La police, la justice, la monnaie et l’armée, qui correspondent aux fonctions régaliennes.

Explication

L’État-gendarme concentre son action économique sur les fonctions régaliennes, notamment la police, la justice, la monnaie et l’armée. Le soutien actif de l’économie et de la demande caractérise plutôt l’État-providence.

6. Que désigne la notion de main invisible chez Adam Smith ?

Le processus par lequel les entreprises coopèrent pour fixer des prix compatibles avec les objectifs de la puissance publique.
Le mécanisme par lequel la poursuite des intérêts particuliers peut conduire à l’intérêt général sans intervention publique sur le marché.
La théorie selon laquelle une baisse de la demande impose une intervention budgétaire pour rétablir l’équilibre économique.
La décision par laquelle l’État oriente les choix individuels afin de garantir une répartition égale des ressources.

Le mécanisme par lequel la poursuite des intérêts particuliers peut conduire à l’intérêt général sans intervention publique sur le marché.

Explication

Chez Adam Smith, la main invisible désigne l’autorégulation du marché par laquelle les intérêts particuliers peuvent contribuer à l’intérêt général. L’intervention budgétaire destinée à corriger une demande insuffisante relève plutôt de l’analyse keynésienne.

7. Dans une manufacture, pourquoi la division du travail peut-elle accroître la production selon Adam Smith ?

Elle spécialise les tâches et augmente la productivité, ce qui rend l’organisation de la production plus efficace.
Elle supprime la nécessité du travail humain en confiant chaque opération à un mécanisme automatique.
Elle réduit la production afin de préserver les ressources et de maintenir la rareté des marchandises.
Elle augmente la valeur des biens parce que leur prix dépend directement du nombre d’échanges réalisés.

Elle spécialise les tâches et augmente la productivité, ce qui rend l’organisation de la production plus efficace.

Explication

Adam Smith explique que la spécialisation des tâches liée à la division du travail accroît la productivité et l’efficacité productive. La valeur-travail constitue une autre notion et ne décrit pas le mécanisme de spécialisation lui-même.

8. Que prévoit la règle de Ricardo concernant la mise en culture de nouvelles terres ?

La mise en culture de nouvelles terres diminue la production totale en retirant du travail aux terres déjà exploitées.
Chaque nouvelle terre cultivée est plus fertile que la précédente, ce qui accélère progressivement la croissance de la production.
Chaque nouvelle terre cultivée est moins fertile que la précédente, de sorte que la production progresse à un rythme décroissant.
La fertilité des terres reste identique, si bien que chaque extension agricole ajoute une quantité stable de production.

Chaque nouvelle terre cultivée est moins fertile que la précédente, de sorte que la production progresse à un rythme décroissant.

Explication

Ricardo soutient que les terres nouvellement mises en culture sont progressivement moins fertiles, ce qui entraîne des rendements décroissants. L’idée d’une production augmentant de plus en plus vite contredit directement cette règle.

9. Comment la loi des débouchés de Jean-Baptiste Say explique-t-elle l’existence d’une demande pour les biens produits ?

La production distribue des revenus qui permettent d’acheter d’autres biens, si bien que l’offre crée sa propre demande.
Les échanges internationaux absorbent les excédents de production grâce à une hausse automatique des exportations.
La production détruit les revenus disponibles, ce qui oblige l’État à financer la demande par des dépenses publiques.
La demande détermine les revenus distribués, puis les entreprises adaptent leur production à cette demande préexistante.

La production distribue des revenus qui permettent d’acheter d’autres biens, si bien que l’offre crée sa propre demande.

Explication

Pour Say, les revenus distribués au cours de la production procurent le pouvoir d’achat nécessaire à l’acquisition d’autres biens. L’idée d’une demande soutenue par des dépenses publiques correspond à une logique différente, associée à l’intervention macroéconomique de l’État.

10. Que cherche principalement à étudier l’analyse marginaliste ?

La quantité de travail nécessaire pour fabriquer chaque bien
Les quantités additionnelles liées à la dernière unité produite ou consommée
Le niveau général des prix fixé par les autorités publiques
Les grandeurs globales déterminant la valeur totale des marchandises

Les quantités additionnelles liées à la dernière unité produite ou consommée

Explication

L’analyse marginaliste porte sur les variations liées à une unité supplémentaire, notamment la dernière unité produite ou consommée. La référence aux grandeurs globales et à la valeur-travail correspond davantage à l’analyse classique.

11. Selon la théorie de la valeur utilité, de quoi dépend la valeur d’un bien ?

Du supplément de satisfaction procuré par une unité supplémentaire consommée
De la durée totale du travail nécessaire à sa production
Du montant des dépenses publiques consacrées à sa fabrication
De la quantité globale de marchandises disponibles sur le marché

Du supplément de satisfaction procuré par une unité supplémentaire consommée

Explication

La théorie de la valeur utilité explique la valeur par la satisfaction marginale apportée par la consommation d’une unité supplémentaire. La quantité de travail nécessaire relève plutôt de la théorie de la valeur-travail.

12. Quelle conséquence Léon Walras associe-t-il au libre fonctionnement du marché sans intervention de l’État ?

Une réduction automatique de la production industrielle nationale
Une hausse durable des salaires imposée par les entreprises
Un contrôle des échanges organisé par les administrations publiques
Un équilibre tendant à s’établir sur l’ensemble des marchés

Un équilibre tendant à s’établir sur l’ensemble des marchés

Explication

Pour Léon Walras, le libre fonctionnement du marché doit conduire à un équilibre général sur tous les marchés. Le contrôle administratif des échanges correspond à une logique d’intervention publique différente.

13. Quels économistes représentent notamment l’orthodoxie économique contemporaine ?

Carl Menger, Stanley Jevons, Alfred Marshall et Léon Walras
John Maynard Keynes, Joan Robinson, Nicholas Kaldor et Michał Kalecki
Milton Friedman, Arthur Laffer, Robert Barro et Robert Lucas
Karl Marx, Friedrich Engels, Vladimir Lénine et Mao Zedong

Milton Friedman, Arthur Laffer, Robert Barro et Robert Lucas

Explication

Les économistes orthodoxes contemporains cités sont Milton Friedman, Arthur Laffer, Robert Barro et Robert Lucas. Les autres groupes renvoient soit au courant marxiste, soit à des économistes keynésiens, soit aux fondateurs de l’école néoclassique.

14. Quelle orientation caractérise les idées libérales contemporaines en matière d’échanges internationaux ?

La fixation administrative des prix pour limiter la concurrence entre entreprises
La protection des producteurs par un relèvement général des barrières douanières
La relance de la demande par une hausse coordonnée des dépenses publiques nationales
Le libre-échange, avec la suppression des droits de douane et un marché commun européen

Le libre-échange, avec la suppression des droits de douane et un marché commun européen

Explication

Les idées libérales contemporaines défendent le libre-échange, la suppression des droits de douane et la construction du marché commun européen. Une relance de la demande par la dépense publique relève plutôt d’une politique keynésienne.

15. Que désigne la lutte des classes dans l’analyse marxiste ?

Le débat entre les citoyens sur le niveau souhaitable des prélèvements publics
La concurrence entre entreprises cherchant à améliorer leur position sur un marché
L’opposition entre des classes définies par leur position dans les rapports de production
La coordination entre producteurs et consommateurs réalisée par les échanges marchands

L’opposition entre des classes définies par leur position dans les rapports de production

Explication

La lutte des classes oppose des groupes sociaux dont la place dépend des rapports de production. La coordination par le marché constitue plutôt un thème central de l’analyse libérale.

16. Quelle distinction caractérise les prolétaires et les capitalistes dans la société industrielle du XIXe siècle ?

Les prolétaires possèdent leur force de travail, tandis que les capitalistes détiennent le capital et les moyens de production
Les prolétaires possèdent les terres agricoles, tandis que les capitalistes organisent les échanges sans capital
Les prolétaires détiennent les machines, tandis que les capitalistes vendent leur force de travail aux entreprises
Les prolétaires contrôlent les banques, tandis que les capitalistes dépendent des salaires versés par l’État

Les prolétaires possèdent leur force de travail, tandis que les capitalistes détiennent le capital et les moyens de production

Explication

Dans l’analyse marxiste, les prolétaires ne possèdent que leur force de travail, alors que les capitalistes possèdent le capital et les moyens de production. Inverser cette répartition des propriétés constitue la confusion centrale à éviter.

17. Comment l’analyse marxiste relie-t-elle exploitation, productivité et crise de surproduction ?

La recherche de profits augmente les salaires, stimule la consommation et assure un équilibre durable entre production et débouchés
La recherche de plus-value favorise la substitution de machines aux travailleurs, puis la baisse des salaires et de la consommation provoque une crise
La hausse de la consommation pousse les entreprises à réduire les machines et provoque une crise par excès de demande
La mécanisation réduit les profits, renforce l’emploi et entraîne une pénurie de biens sur les marchés industriels

La recherche de plus-value favorise la substitution de machines aux travailleurs, puis la baisse des salaires et de la consommation provoque une crise

Explication

Selon l’analyse marxiste, l’exploitation vise la plus-value et les gains de productivité peuvent remplacer des travailleurs par des machines, ce qui contribue à réduire salaires et consommation avant une crise de surproduction. Une hausse durable de la consommation et un équilibre automatique entre production et débouchés ne décrivent pas ce mécanisme.

18. Comment Keynes définit-il la demande effective au début d’une période ?

La demande de biens et services anticipée par les entrepreneurs
La demande de biens et services constatée après la production
Le volume de biens et services effectivement exporté par le pays
La quantité de travail proposée par les ménages aux entreprises

La demande de biens et services anticipée par les entrepreneurs

Explication

La demande effective désigne les achats de biens et services que les entrepreneurs prévoient au début de la période. La demande réalisée correspond, elle, à ce qui est effectivement observé après la production.

19. Selon Keynes, quelle situation explique principalement l’apparition du chômage ?

Une hausse des salaires supérieure à la productivité du travail
Une diminution de la population active disponible dans l’économie
Une demande effective insuffisante pour écouler la production
Une concurrence accrue entre les entreprises sur les marchés

Une demande effective insuffisante pour écouler la production

Explication

Pour Keynes, une demande effective trop faible réduit les débouchés des entreprises et limite leurs embauches. L’explication libérale met davantage l’accent sur les mécanismes d’ajustement du marché du travail.

20. Quelle politique correspond à la conception keynésienne de l’intervention de l’État en période de chômage ?

Une relance budgétaire et monétaire destinée à stimuler la demande
Une baisse des salaires destinée à rétablir l’équilibre du marché du travail
Un retrait de l’État laissant les entreprises ajuster seules leur production
Une réduction des dépenses publiques visant à limiter les déficits

Une relance budgétaire et monétaire destinée à stimuler la demande

Explication

Keynes recommande une intervention publique lorsque le marché est défaillant, notamment par des politiques budgétaire et monétaire de relance. Une réduction des dépenses publiques risque au contraire de freiner la demande à court terme.

21. Quelle opposition décrit correctement les principales synthèses des tendances contemporaines ?

Les postkeynésiens rapprochent marxisme et keynésianisme, tandis que les néoclassiques rapprochent analyses classiques et keynésiennes.
Les néokeynésiens rapprochent marxisme et keynésianisme, tandis que l’école de la régulation rapproche analyses classiques et keynésiennes.
Les institutionnalistes rapprochent analyses classiques et keynésiennes, tandis que les socio-économistes rapprochent marxisme et keynésianisme.
Les néokeynésiens rapprochent les analyses classiques et keynésiennes, tandis que l’école de la régulation rapproche marxisme et keynésianisme.

Les néokeynésiens rapprochent les analyses classiques et keynésiennes, tandis que l’école de la régulation rapproche marxisme et keynésianisme.

Explication

Les néokeynésiens réalisent une synthèse entre les approches classiques et keynésiennes, alors que l’école de la régulation associe les approches marxistes et keynésiennes. La confusion consiste à attribuer ces deux synthèses aux courants inverses.

22. Quel ensemble associe correctement des approches contemporaines à leurs représentants ou objets d’étude ?

Banerjee et Duflo relèvent de l’économie expérimentale, Sen de l’économie du bien-être, et Tirole de l’économie industrielle.
Sachs et Ostrom relèvent de l’économie expérimentale, Banerjee et Duflo de l’économie industrielle, et Sen des ressources naturelles.
Acemoglu, Johnson et Robinson relèvent de l’économie du bien-être, Sachs de la théorie des jeux, et Tirole du développement durable.
Weber et Veblen relèvent de l’économie expérimentale, Sen de la théorie des jeux, et Ostrom de l’économie industrielle.

Banerjee et Duflo relèvent de l’économie expérimentale, Sen de l’économie du bien-être, et Tirole de l’économie industrielle.

Explication

Les approches contemporaines associent Banerjee et Duflo à l’économie expérimentale, Amartya Sen à l’économie du bien-être et Jean Tirole à l’économie industrielle. Les autres ensembles mélangent les auteurs et les domaines qui leur sont attribués.

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Quelle valeur Aristote distingue-t-il liée à l'utilité d'un bien ?

La valeur d'usage.

Quelle valeur Aristote associe-t-il à ce qu'un bien permet d'obtenir dans l'échange ?

La valeur d'échange.

Quelle position Saint Thomas d'Aquin défend-il concernant la propriété ?

Il défend la propriété privée.

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