Fiche de révision : Gestion fiscale des sociétés à l'IS

Plan du Cours

  1. Déclaration fiscale annuelle
  2. Liasse fiscale et régimes
  3. Calcul de l’IS brut
  4. Taux d’IS PME
  5. Contribution sociale additionnelle
  6. Acomptes d’IS
  7. Déficits fiscaux et report
  8. Report en avant déficits
  9. Report en arrière déficits
  10. Cessation d’entreprise et déficits
  11. Fusion absorption et déficits
  12. Transformation et changement d’activité

1. Déclaration fiscale annuelle

Notions clés & Définitions

  • Déclaration fiscale annuelle : Obligation pour une société à l’IS de souscrire chaque année une déclaration de résultat, permettant de calculer et de payer l’impôt sur les sociétés (IS).
  • Imprimé 2065 : Formulaire officiel adressé aux centres des impôts, utilisé pour déclarer le résultat fiscal annuel d’une société à l’IS. La déclaration doit être faite dans les trois mois suivant la clôture de l’exercice, avec un délai supplémentaire pour les sociétés clôturant le 31 décembre.
  • Délai de déclaration (trois mois après clôture) : Période maximale pour déposer la déclaration fiscale annuelle, sauf pour les sociétés clôturant le 31 décembre, qui bénéficient d’un délai supplémentaire jusqu’au deuxième jour ouvré suivant le 1er mai.
  • Déclaration électronique obligatoire : Depuis plus de 10 ans, la déclaration doit obligatoirement être effectuée par voie électronique, sauf en cas d’option pour une déclaration papier en IR.
  • Liasse fiscale : Ensemble de documents comptables et fiscaux que l’entreprise doit transmettre, comprenant notamment le bilan, le compte de résultat, les tableaux d’amortissements, et d’autres informations juridiques et financières. La composition dépend du régime fiscal (réel simplifié ou réel normal).
  • Imprimé 2067 : Relevé détaillé des frais généraux, comprenant notamment les cadeaux, frais de réception, rémunérations, frais de voyage, dépenses liées aux véhicules et aux immeubles non affectés à l’exploitation.

Points essentiels

  • La déclaration annuelle doit être faite via l’imprimé 2065, adressé aux centres des impôts du lieu du principal établissement.
  • La déclaration doit être déposée dans un délai de trois mois après la clôture de l’exercice, avec un délai supplémentaire pour ceux clôturant le 31 décembre (jusqu’au deuxième jour ouvré suivant le 1er mai).
  • La déclaration doit être effectuée obligatoirement par voie électronique, sauf en IR où la déclaration papier est encore possible.
  • La liasse fiscale comprend le bilan, le compte de résultat, les tableaux d’amortissements, et diverses informations permettant à l’administration de contrôler la conformité et la sincérité des résultats déclarés.
  • L’imprimé 2067, relevé des frais généraux, doit également être produit, détaillant les dépenses telles que cadeaux, frais de réception, rémunérations, frais de voyage, et dépenses immobilières non affectées à l’exploitation.

À retenir

La déclaration fiscale annuelle, obligatoirement électronique, repose sur l’imprimé 2065 et la liasse fiscale, comprenant divers documents comptables, avec un délai de trois mois après la clôture de l’exercice pour respecter la procédure.

2. Liasse fiscale et régimes

Notions clés & Définitions

Liasse fiscale : Ensemble de documents comptables et fiscaux que les entreprises doivent transmettre à l’administration fiscale chaque année, comprenant notamment le bilan, le compte de résultat, et divers tableaux (ex : tableaux d’amortissements, de provisions, etc.) (source : CM - DROIT FISCAL).

Régimes fiscaux : Modes d’imposition applicables aux sociétés, principalement le régime réel simplifié et le régime réel normal, déterminant la manière dont la société calcule son résultat imposable et doit tenir sa comptabilité (source : CM - DROIT FISCAL).

Régime réel simplifié : Régime d’imposition où la société doit tenir une comptabilité allégée, avec des obligations déclaratives et comptables réduites, et une détermination du résultat fiscal simplifiée (source : CM - DROIT FISCAL).

Régime réel normal : Régime d’imposition où la société doit tenir une comptabilité complète, produire une liasse fiscale plus détaillée, et effectuer un calcul précis de son résultat imposable (source : CM - DROIT FISCAL).

Différences entre régimes : La principale différence réside dans la densité du contenu de la liasse fiscale, la complexité de la comptabilité à tenir, et le niveau d’obligations déclaratives, le régime normal étant plus contraignant que le régime simplifié (source : CM - DROIT FISCAL).

Contenu de la liasse fiscale : Documents obligatoires comprenant le bilan, le compte de résultat, le tableau 2058, des informations sur les associés, des documents juridiques (ex : comptes rendus), et éventuellement l’imprimé 2067 (relevé des frais généraux) (source : CM - DROIT FISCAL).

Obligation de comptabilité pour les sociétés à l’IS : Toutes les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés doivent tenir une comptabilité régulière et sincère, permettant de calculer leur résultat réel, condition préalable à la production de la liasse fiscale (source : CM - DROIT FISCAL).

Points essentiels

  • La société à l’IS doit produire une déclaration annuelle de résultat via l’imprimé 2065, accompagnée de la liasse fiscale.
  • La liasse fiscale comprend le bilan, le compte de résultat, et d’autres tableaux pour permettre le contrôle fiscal.
  • La différence entre régimes simplifié et normal réside dans la densité et la complexité du contenu, le régime normal étant plus détaillé.
  • La tenue d’une comptabilité régulière et sincère est une obligation pour toutes les sociétés à l’IS.
  • La production de la liasse fiscale est obligatoire chaque année, selon le régime fiscal applicable.

À retenir

La liasse fiscale est l’outil principal de déclaration des résultats pour les sociétés à l’IS, dont le contenu et la complexité varient selon le régime fiscal choisi, sous l’obligation de tenir une comptabilité conforme.

3. Calcul de l’IS brut

Notions clés & Définitions

Calcul de l’IS brut : Opération consistant à appliquer un taux d’impôt sur une assiette déterminée par le résultat imposable de la société. La société doit déclarer son résultat fiscal annuel via l’imprimé 2065, qui constitue une partie de la liasse fiscale.

Taux d’IS : Pour l’année 2022, le taux standard est de 25 %. Il existe un taux réduit à 15 % pour les PME, plafonné à un bénéfice de 42 500 euros, puis le taux normal s’applique au-delà. Un taux de 10 % s’applique aux produits de la propriété intellectuelle.

Assiette de l’impôt : Montant du résultat imposable de la société, calculé à partir de ses résultats comptables ajustés selon la législation fiscale. C’est sur cette base que s’applique le taux d’IS pour déterminer l’IS brut.

Réduction et crédit d’impôt : Mécanismes permettant de diminuer l’IS brut pour obtenir l’IS net. La réduction d’impôt est une diminution directe de la cotisation fiscale, tandis que le crédit d’impôt est une créance que l’entreprise peut faire valoir contre l’État, pouvant aller jusqu’à son montant d’impôt dû ou être remboursée si elle le dépasse.

Impôt net après crédits et réductions : Montant final de l’impôt à payer par la société, obtenu en déduisant du calcul de l’IS brut les réductions et crédits d’impôt auxquels elle a droit.

Points essentiels

  • La société calcule son résultat imposable à partir de la déclaration annuelle (imprimé 2065) et de la liasse fiscale comprenant bilan, compte de résultat, tableaux d’amortissements, etc.
  • Le taux d’IS applicable dépend du régime (normal ou PME) et du type de produit (ex : propriété intellectuelle à 10 %).
  • Le résultat imposable sert de base pour appliquer le taux d’IS, donnant l’IS brut.
  • L’IS net est obtenu après déduction des crédits et réductions d’impôt, ce qui peut réduire significativement la charge fiscale.
  • La déclaration et le paiement de l’IS se font par acomptes trimestriels, avec régularisation lors de la déclaration de résultat.

À retenir

Le calcul de l’IS brut consiste à appliquer un taux spécifique à l’assiette du résultat fiscal, puis d’ajuster ce montant avec des mécanismes de réduction et de crédit d’impôt pour obtenir l’impôt net à payer.

4. Taux d’IS PME

Notions clés & Définitions

  • Taux d’IS PME : taux réduit d’impôt sur les sociétés applicable aux PME, fixé à 15 % sur une partie du bénéfice imposable.
  • Conditions pour bénéficier du taux réduit : ensemble de critères que doit remplir une société pour bénéficier du taux PME, notamment en termes de chiffre d’affaires, de capital et de détention.
  • Plafond de bénéfice pour le taux PME : montant maximal du bénéfice imposable sur lequel le taux réduit de 15 % s’applique. Au-delà, le taux normal de 25 % s’applique.
  • Différence entre taux normal et taux PME : le taux normal d’IS est de 25 %, tandis que le taux PME est de 15 % pour une partie du bénéfice, sous conditions.

Points essentiels

  • Le taux d’IS s’est stabilisé à 25 % depuis 2022.
  • Le taux réduit de 15 % s’applique aux PME, avec un plafond de bénéfice de 42 500 euros.
  • Au-delà de ce plafond, le bénéfice est imposé au taux de droit commun de 25 %.
  • La société doit remplir des conditions strictes pour bénéficier du taux PME :
    • Chiffre d’affaires inférieur à 10 millions d’euros.
    • Capital entièrement libéré.
    • Capital détenu à au moins 75 % par des personnes physiques ou des PME.
  • Toutes les sociétés soumises à l’IS, y compris les sociétés civiles et associations, peuvent bénéficier du taux réduit si elles remplissent ces conditions.
  • La contribution sociale additionnelle à l’IS de 3,30 % s’applique uniquement aux sociétés qui ne sont pas PME, c’est-à-dire celles dont le chiffre d’affaires est supérieur à 7 630 000 euros ou dont la détention du capital ne respecte pas la règle de 75 %.
  • Le taux dérogatoire de 10 % concerne la propriété intellectuelle.

À retenir

Le taux d’IS PME permet aux petites entreprises de bénéficier d’un taux d’imposition réduit de 15 % sur un bénéfice plafonné, sous conditions strictes de chiffre d’affaires, de capital et de détention, afin de favoriser leur développement.

5. Contribution sociale additionnelle

Notions clés & Définitions

Contribution sociale additionnelle à l’IS : Prélèvement institué par la Loi de financement des années 2000, perçu au taux de 3,30 % sur l’IS brut, après report déficits et moins-values à long terme reportables, mais avant imputation des crédits et réductions d’impôt. Elle concerne uniquement les sociétés qui ne sont pas des PME, c’est-à-dire celles qui ne remplissent pas les conditions pour bénéficier du taux réduit de 15 % ou qui ont un chiffre d’affaires supérieur à 7 630 000 euros. La contribution est calculée sur l’IS brut après report déficits, avec un abattement de 763 000 euros.

Taux (3,30 %) : Pour la contribution sociale additionnelle, ce taux s’applique sur l’IS brut après imputation des déficits et moins-values reportables, mais avant crédits et réductions d’impôt. Il correspond à la part de prélèvement spécifique instituée par la loi pour financer la sécurité sociale.

Calcul sur l’IS brut après report déficits : La contribution se calcule en appliquant le taux de 3,30 % sur l’IS brut, c’est-à-dire l’impôt calculé avant déduction des crédits d’impôt et réductions, mais après imputation des déficits fiscaux reportés et des moins-values à long terme reportables. La base de calcul est donc l’IS brut, diminué d’un abattement de 763 000 euros.

Sociétés concernées (non-PME, chiffre d’affaires) : La contribution s’applique uniquement aux sociétés qui ne remplissent pas les critères pour bénéficier du taux réduit de 15 %, notamment celles dont le chiffre d’affaires dépasse 7 630 000 euros ou qui ne sont pas détenues à 75 % par des personnes physiques ou PME. Elle exclut donc les PME, qui bénéficient d’un taux d’IS plus avantageux.

Point à retenir

La contribution sociale additionnelle à l’IS est un prélèvement de 3,30 % sur l’IS brut, réservé aux grandes sociétés non-PME, calculé après report déficits et moins-values, mais avant crédits et réductions d’impôt.

6. Acomptes d’IS

Notions clés & Définitions

Acomptes d’IS : Versements périodiques effectués par une société à l’administration fiscale, correspondant à une fraction de l’impôt sur les sociétés (IS) de référence, pour couvrir l’impôt dû au titre de l’exercice en cours.

Paiement trimestriel : Mode de paiement des acomptes d’IS réparti en quatre échéances fixées aux 15 mars, juin, septembre et décembre, indépendamment de la date de clôture de l’exercice comptable.

Montant des acomptes : Chaque versement correspond à ¼ de l’IS de référence, c’est-à-dire ¼ de l’IS brut de l’année précédente, ajusté en cas de régularisation lors de la déclaration de résultat.

Régularisation lors de la déclaration de résultat : Opération permettant de comparer le total des acomptes versés au montant réel de l’IS dû pour l’exercice, avec éventuel paiement d’un solde ou remboursement en cas d’excédent.

Points essentiels

  • Les acomptes sont calculés à partir de l’IS brut de l’année précédente, en appliquant ¼ de ce montant pour chaque échéance.
  • Les dates de paiement sont fixes (15 mars, juin, septembre, décembre), quel que soit le mois de clôture de l’exercice.
  • Le montant de chaque acompte peut être suspendu ou limité si l’entreprise estime que ses résultats justifient une telle mesure.
  • La régularisation se fait lors de la déclaration de résultat, par un relevé de solde : si l’IS dû est supérieur aux acomptes, un complément doit être payé ; si inférieur, un remboursement est effectué.
  • En cas de trop-perçu, l’État rembourse dans les 30 jours suivant le dépôt du relevé de solde.

À retenir

Les acomptes d’IS sont des versements trimestriels fixés à ¼ de l’IS de référence, permettant une anticipation du paiement de l’impôt, avec une régularisation automatique lors de la déclaration de résultat.

7. Déficits fiscaux et report

Notions clés & Définitions

Déficit fiscal : Situation dans laquelle une entreprise ne paie pas d’impôt sur ses résultats, généralement parce que ses charges dépassent ses produits, entraînant une absence d’impôt à payer (source : paragraphe 3, "Le traitement fiscal des déficits").

Report en avant : Possibilité d’imputer un déficit fiscal sur les bénéfices futurs de l’entreprise, sans limitation de durée depuis 2004, mais avec un plafonnement du montant imputable (article 209 I, "Report en avant des déficits"). La limite d’imputation est de 1 million d’euros plus 50 % du bénéfice excédant ce seuil, sauf pour les entreprises en difficulté.

Report en arrière : Imputation d’un déficit fiscal sur les bénéfices passés, limitée à 5 ans (article 209 I, "Report en arrière déficits"). Permet de réduire l’impôt des exercices antérieurs, sous conditions.

Déficit fiscal (absence d’impôt à payer) : Situation où, en raison de charges supérieures aux produits, l’entreprise ne doit pas payer d’impôt sur ses résultats (source : paragraphe 3, "Le déficit fiscal").

Utilisation des déficits : Mécanisme permettant à une entreprise de réduire son impôt futur (via le report en avant) ou passé (via le report en arrière) en imputant ses déficits fiscaux sur ses bénéfices correspondants (source : paragraphe 3, "Le traitement fiscal des déficits").

Point à retenir

Les déficits fiscaux, lorsqu’ils existent, peuvent être reportés en avant sans limite de temps (sauf plafonnement) pour réduire l’impôt futur, ou en arrière pour réduire l’impôt des exercices passés, sous conditions légales strictes.

8. Report en avant déficits

Notions clés & Définitions

Report en avant : Possibilité pour une entreprise déficitaire fiscalement d’imputer ses déficits sur ses bénéfices futurs, sans limite de durée depuis 2004. Ce mécanisme permet de réduire l’impôt dû lors des exercices bénéficiaires.

Imputation sur bénéfices futurs : Utilisation des déficits fiscaux d’un exercice antérieur pour diminuer le résultat imposable des exercices ultérieurs, permettant ainsi de réduire ou d’annuler l’impôt à payer.

Plafonnement du report : Limitation légale de la déduction des déficits reportés. Depuis la loi du 19 septembre 2011, le déficit d’un exercice ne peut être imputé que dans la limite de 1 million d’euros majoré de 50 % du bénéfice excédant ce seuil. Ce plafond s’applique à chaque exercice d’imputation.

Caractère illimité dans le temps depuis 2004 : Depuis cette date, le déficit fiscal peut être reporté indéfiniment, contrairement à la période limitée de 5 ans auparavant. Cependant, ce report est soumis à des conditions de conservation, notamment l’identité de l’entreprise.

Exemple d’utilisation des déficits : Une société ayant un déficit de 1,8 million d’euros peut imputer jusqu’à 1,4 million d’euros (1 million + 50 % de la différence) sur ses bénéfices futurs. Le reste, 0,4 million d’euros, peut être reporté indéfiniment, sous réserve de respecter la condition d’identité de l’entreprise lors de l’utilisation.

Points essentiels

  • Depuis 2004, le report en avant des déficits est illimité dans le temps, mais soumis à un plafond de déduction.
  • Le plafond de déduction est fixé à 1 million d’euros, plus 50 % du bénéfice excédant ce seuil, par exercice d’imputation.
  • La loi du 19 septembre 2011 a durci les conditions de report, notamment en limitant le montant déductible à chaque exercice.
  • La conservation du droit au report nécessite que l’entreprise qui a généré le déficit reste la même lors de l’utilisation.
  • La cessation d’entreprise, notamment en cas de transformation, changement de régime ou activité, peut entraîner la perte du droit au report des déficits anciens.
  • La fusion absorption ne permet pas le transfert des déficits de l’entreprise absorbée vers l’absorbante, sauf si un agrément est obtenu.

À retenir

Depuis 2004, le report en avant des déficits est illimité dans le temps mais encadré par un plafond, et sa conservation dépend de l’identité de l’entreprise. La loi a renforcé ces conditions pour limiter les abus tout en permettant une utilisation flexible des déficits fiscaux.

9. Report en arrière déficits

Notions clés & Définitions

  • Report en arrière : Imputation des déficits fiscaux d’un exercice sur les bénéfices passés, permettant de réduire l’impôt dû sur ces bénéfices antérieurs (voir section 7).
  • Limitation à 5 ans : Jusqu’en 2004, le report en arrière était limité à 5 ans. Depuis cette date, il est illimité dans le temps (voir section 7).
  • Conditions pour le report en arrière : Le déficit doit être imputé sur les bénéfices passés dans la limite de 5 ans (avant 2004) ou sans limite depuis, sous réserve de respecter la condition d’identité d’entreprise.
  • Impact sur la fiscalité de l’entreprise : Permet de réduire l’impôt à payer en récupérant des crédits d’impôt sur les bénéfices passés, mais soumis à des conditions strictes, notamment en cas de changement d’activité ou de cessation d’entreprise (voir section 7).

Points essentiels

  • Le report en arrière permet d’imputer un déficit fiscal sur les bénéfices passés, ce qui peut entraîner un crédit d’impôt ou un remboursement si l’impôt a été payé antérieurement.
  • Depuis 2004, le report en arrière est illimité dans le temps, contrairement à la limite de 5 ans qui existait auparavant.
  • La possibilité d’utiliser ce report est soumise à la condition d’identité d’entreprise, c’est-à-dire que le déficit doit provenir de la même société qui souhaite l’imputer sur ses bénéfices passés.
  • En cas de changement d’activité ou de cessation d’entreprise, la perte du droit au report en arrière peut intervenir, notamment si la société n’est plus considérée comme la même (voir section 7).
  • La loi du 16 août 2012 a précisé la notion de changement d’activité, notamment en cas d’adjonction ou d’abandon d’activité, pouvant entraîner la cessation d’entreprise et la perte du droit au report en arrière.

À retenir

Le report en arrière des déficits est une faculté permettant de compenser des pertes passées avec des bénéfices antérieurs, mais il est strictement encadré par la loi, notamment en ce qui concerne la condition d’identité d’entreprise et les cas de changement d’activité ou de cessation.

10. Cessation d’entreprise et déficits

Notions clés & Définitions

Cessation d’entreprise : Situation où une société change d’activité, de régime fiscal, ou réalise une transformation ou restructuration, entraînant la perte du droit au report des déficits anciens, sans nécessairement liquider la société (source : "la cessation d’entreprise, ce n’est pas forcément la liquidation de l’entreprise").

Déficits liés à la cessation : Perte du droit de reporter les déficits fiscaux accumulés avant la cessation d’activité, lorsque celle-ci résulte d’un changement d’activité, de régime fiscal, ou d’une transformation (source : "la perte des déficits en report").

Imputation sur résultats futurs ou passés : Mécanismes permettant d’utiliser les déficits fiscaux pour réduire l’impôt, soit en les reportant en avant sur des bénéfices futurs, soit en les reportant en arrière sur des bénéfices passés (source : "Report en avant déficits" et "Report en arrière déficits").

Règles spécifiques en cas de liquidation : La liquidation entraîne généralement la cessation d’entreprise, ce qui peut faire perdre le droit au report des déficits, sauf exceptions ou agréments, notamment lors de restructurations ou fusions sous conditions (source : "fusion absorption et déficits", "résultat de la fusion", "conditions pour conserver les déficits").

Conséquences fiscales : La perte du droit au report des déficits en cas de cessation pour cause de changement d’activité ou de régime fiscal, ou lors de transformations majeures, impactant la capacité de l’entreprise à utiliser ses déficits pour réduire ses impôts futurs ou passés (source : "les conséquences liées à une cessation d’entreprise").

Points essentiels

  • La cessation d’entreprise peut résulter d’un changement d’activité, de régime fiscal, ou d’une transformation, sans nécessairement impliquer la liquidation (source : "exemple : changement de régime fiscal", "exemple : transformation d’une société").
  • La jurisprudence (arrêt SARL Sophie B, 2005) a reconnu que le changement d’activité doit être majeur pour entraîner la perte du report des déficits, ce qui a conduit le législateur à préciser cette notion par une loi du 16 août 2012.
  • La loi prévoit que la perte du droit au report des déficits survient notamment lors de transformations majeures, changement de régime fiscal, ou changement d’activité réelle, sauf dérogation accordée par l’administration (source : "définition du changement d’activité", "dérogation par agrément").
  • La transformation d’une société ou un changement d’activité entraînent la cessation d’entreprise et donc la perte du stock de déficits en report, sauf exceptions.
  • La fusion absorption peut également entraîner la perte du report des déficits si elle n’est pas justifiée par des considérations économiques, sauf si un agrément est obtenu (source : "fusion à l’envers", "conditions pour bénéficier du régime de faveur").

À retenir

La cessation d’entreprise, lorsqu’elle résulte de transformations ou de changements majeurs, entraîne généralement la perte du droit au report des déficits fiscaux, sauf dérogations spécifiques, impactant la capacité de l’entreprise à optimiser sa fiscalité future.

11. Fusion absorption et déficits

Notions clés & Définitions

Fusion absorption : Opération par laquelle une société (absorbante) intègre une ou plusieurs sociétés (absorbées), entraînant la disparition de ces dernières et la transmission de leur patrimoine à la société absorbante. La fusion doit être justifiée par des considérations économiques et non uniquement fiscales, et doit respecter un régime de faveur fiscal si elle est conforme aux conditions légales.

Déficit fiscal : Perte d’exploitation d’une entreprise, ne générant pas d’impôt à payer. En droit fiscal, ce déficit peut être reporté en avant ou en arrière pour réduire l’impôt futur ou passé, sous réserve de conditions.

Transmission des déficits lors de fusion : Principe selon lequel, en principe, les déficits fiscaux d’une société absorbée ne sont pas transférables à la société absorbante. La transmission est limitée et encadrée par des règles spécifiques.

Conditions pour conserver les déficits : La transmission des déficits lors d’une fusion est possible si la société absorbante poursuit l’activité de la société absorbée, si la fusion est justifiée par des considérations économiques, et si elle respecte les conditions de régime de faveur. La société doit également ne pas subir une cessation d’activité ou une transformation entraînant la perte du droit au report.

Effets fiscaux de la fusion : La fusion peut bénéficier d’un régime de faveur fiscal, notamment si elle est réalisée dans le cadre d’une restructuration économique. La transmission des déficits est alors possible sous conditions, sinon ils sont perdus. La fusion doit respecter un régime spécifique pour que les déficits soient conservés.

Règles spécifiques à la transmission : La transmission des déficits lors d’une fusion est soumise à des conditions strictes : la société absorbante doit continuer l’activité de la société absorbée, la fusion doit être justifiée économiquement, et elle doit respecter les conditions d’agrément si nécessaire. La transmission n’est pas automatique et peut être limitée ou refusée en cas de changement d’activité ou de cessation d’entreprise.

Points essentiels

  • La fusion absorption doit être justifiée par des considérations économiques pour bénéficier du régime de faveur fiscal.
  • La transmission des déficits lors d’une fusion n’est pas automatique : en principe, ils ne sont pas transférés, sauf si la société absorbante poursuit l’activité de la société absorbée.
  • La loi a précisé la notion de changement d’activité, qui entraîne la cessation d’entreprise et la perte du droit au report des déficits, sauf dérogation par agrément.
  • La jurisprudence et la loi ont encadré la notion de changement d’activité, notamment en cas de transformation ou de modification majeure, avec des seuils précis pour l’augmentation ou la diminution du chiffre d’affaires, du personnel ou de l’actif.
  • La fusion doit respecter des conditions de continuité d’activité et de non-cession de l’activité pour que la transmission des déficits soit possible.
  • En cas de restructuration, notamment de fusion absorption, la société absorbante peut bénéficier d’un régime favorable si elle poursuit l’activité de la société absorbée, sous réserve d’un agrément administratif.

À retenir

La transmission des déficits lors d’une fusion absorption est encadrée par des règles strictes visant à privilégier la continuité économique, sous peine de perte du droit au report, avec une possibilité d’agrément pour maintenir les déficits en cas de changement d’activité ou de restructuration.

12. Transformation et changement d’activité

Notions clés & Définitions

Transformation : Opération juridique par laquelle une société change de forme ou de régime sans créer une nouvelle entité morale, mais peut entraîner une cessation d’activité en cas de changement de régime fiscal ou de régime juridique (voir aussi changement d’activité).

Changement d’activité : Modification de l’objet social ou de l’activité réelle d’une société, qui emporte cessation d’entreprise en droit fiscal, notamment si ce changement est considéré comme une transformation majeure ou une évolution significative de l’activité (article 221-5 du CGI).

Impact sur les déficits fiscaux : La cessation d’activité suite à un changement d’activité entraîne la perte du droit au report des déficits anciens, sauf exceptions prévues par la loi ou agrément administratif. La continuité d’activité est essentielle pour conserver ces déficits en report.

Règles de conservation des déficits : La loi prévoit que le report des déficits est en principe illimité dans le temps, mais soumis à la condition d’identité de l’entreprise. La cessation d’entreprise ou un changement d’activité majeur peut entraîner la perte de ces déficits, sauf dérogation ou agrément.

Conséquences fiscales du changement d’activité : La réalisation d’un changement d’activité ou d’une transformation majeure peut entraîner la cessation d’entreprise, la perte des déficits en report, ou leur maintien sous conditions. La jurisprudence et la loi précisent que seul un changement d’activité « majeur » ou une transformation « substantielle » entraîne cette perte.

Procédures à suivre : La loi du 16 août 2012 prévoit des conditions précises pour qualifier un changement d’activité ou une cessation, notamment en cas d’abandon ou d’adjonction d’activité dépassant 50 %, ou en cas de transformation entraînant une nouvelle entité morale. Des agréments peuvent être demandés pour bénéficier d’une continuité fiscale.

Points essentiels

  • La jurisprudence (arrêt SARL Sophie B, 2005) considérait qu’un changement d’activité doit être majeur pour entraîner la cessation d’entreprise et la perte des déficits. La nouvelle loi du 16 août 2012 précise cette notion en intégrant des critères quantitatifs : augmentation ou diminution de plus de 50 % du chiffre d’affaires, du personnel ou de l’actif, pour admettre ou refuser la cessation d’activité.
  • La transformation d’une société, comme le passage d’une SA à une SARL, ne crée pas une nouvelle entité morale, mais peut entraîner une cessation si elle est considérée comme une transformation majeure.
  • La loi prévoit aussi des dérogations en cas de changement d’activité ou de restructuration, notamment par agrément administratif, pour préserver les déficits en report.
  • La fusion absorption, si elle entraîne une cessation d’activité pour la société absorbée, peut faire perdre le droit au report des déficits, sauf si elle est justifiée par des considérations économiques et sous conditions d’agrément.

À retenir

Le changement d’activité ou la transformation majeure d’une société entraîne généralement la cessation d’entreprise en droit fiscal, ce qui peut faire perdre le droit au report des déficits, sauf dérogations ou agréments prévus par la loi. La jurisprudence et la loi encadrent strictement ces situations pour préserver la continuité fiscale.

Tableaux de Synthèse

CritèreRégime réel simplifiéRégime réel normalAuteur / Source
Niveau de comptabilitéComptabilité allégéeComptabilité complèteCM - DROIT FISCAL
Contenu de la liasse fiscaleMoins détaillée, tableaux simplifiésPlus détaillée, tableaux completsCM - DROIT FISCAL
Obligations déclarativesRéduites, moins d'obligations spécifiquesPlus contraignantes, obligations accruesCM - DROIT FISCAL
Complexité de gestionFaibleÉlevéeCM - DROIT FISCAL

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre déclaration papier et électronique : La déclaration doit être obligatoirement électronique sauf option pour IR.
  2. Oublier le délai supplémentaire pour les sociétés clôturant le 31 décembre : jusqu’au deuxième jour ouvré suivant le 1er mai.
  3. Confondre l’imprimé 2065 (déclaration de résultat) avec l’imprimé 2067 (frais généraux).
  4. Négliger la composition de la liasse fiscale, notamment le bilan et le compte de résultat.
  5. Confondre le régime réel simplifié et le régime normal en termes d’obligations comptables.
  6. Omettre la nécessité de tenir une comptabilité régulière et sincère pour produire la liasse.
  7. Mal distinguer l’assiette de l’impôt (résultat fiscal) du résultat comptable.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition de la déclaration fiscale annuelle et ses obligations principales.
  2. Identifier l’imprimé 2065 et ses modalités de dépôt.
  3. Expliquer la différence entre la liasse fiscale simplifiée et détaillée selon le régime.
  4. Maîtriser la composition de la liasse fiscale : bilan, compte de résultat, tableaux d’amortissements.
  5. Connaître la différence entre régime réel simplifié et régime réel normal.
  6. Comprendre le calcul de l’IS brut : application du taux sur le résultat imposable.
  7. Savoir que le taux d’IS standard est de 25 %, avec un taux réduit à 15 % pour PME.
  8. Connaître le mécanisme de réduction et crédit d’impôt pour diminuer l’IS.
  9. Maîtriser la déclaration et le paiement de l’IS par acomptes trimestriels.
  10. Identifier les documents obligatoires pour la déclaration fiscale : bilan, compte de résultat, tableaux.
  11. Connaître la définition du résultat fiscal et son calcul à partir de la comptabilité.
  12. Vérifier la maîtrise du vocabulaire : déclaration, liasse fiscale, régime réel, amortissements, crédit d’impôt.

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Teste tes connaissances sur Gestion fiscale des sociétés à l'IS avec 12 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. En quoi la déclaration fiscale annuelle via l'imprimé 2065 diffère-t-elle de la liasse fiscale que l'entreprise doit transmettre ?

2. Quelle est la principale différence caractéristique entre la liasse fiscale sous régime réel simplifié et sous régime réel normal ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Gestion fiscale des sociétés à l'IS avec 24 flashcards interactives.

Déclaration fiscale annuelle — définition ?

Obligation de déclarer le résultat annuel d'une société à l’IS.

Imprimé 2065 — rôle ?

Formulaire officiel pour déclarer le résultat fiscal annuel.

Délai de déclaration — quand ?

Trois mois après la clôture de l’exercice, avec délai supplémentaire pour décembre.

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