Fiche de révision : Intégration économique et politiques européennes

📋 Plan du Cours

  1. Politiques économiques conjecturelles et structurelles
  2. Construction européenne et logique du doux commerce
  3. Intégration économique selon Balassa
  4. Effets positifs du marché unique sur la croissance
  5. Effets non souhaités de l’intégration et disparités
  6. Politique de la concurrence : objectifs et instruments
  7. Effet pervers de la concurrence et oligopoles
  8. Service public, universalité et segmentation privée
  9. Politique monétaire conventionnelle de la BCE avant 2008
  10. Politique monétaire non conventionnelle après 2008
  11. Contraintes budgétaires et rôle du TSCG
  12. Chocs asymétriques et limites des politiques européennes

📖 1. Politiques économiques conjecturelles et structurelles

🔑 Notions clés & Définitions

  • Politiques économiques : Ensemble des mesures prises par les autorités publiques pour améliorer les performances économiques d’un pays.
  • Politiques conjecturelles : Politiques qui agissent sur la conjoncture économique, donc sur la situation à court ou moyen terme.
  • Politiques structurelles : Politiques orientées vers le long terme visant à modifier la structure de l’économie.
  • Carré magique de Kaldor : Cadre reliant plusieurs objectifs macroéconomiques à atteindre simultanément pour piloter l’économie.
  • Union européenne : Espace politique et économique qui coordonne des politiques, notamment commerciales, et renforce la puissance de négociation collective.

📝 Points essentiels

  • Les politiques conjecturelles visent la conjoncture via 4 objectifs : croissance, plein emploi, maîtrise de l’inflation, équilibre du solde extérieur.
  • Les indicateurs associés aux objectifs de Kaldor sont : variation du PIB, taux de chômage, taux d’inflation, et importations-exportations.
  • Les objectifs de Kaldor peuvent être contradictoires : réduire le chômage peut accroître l’inflation.
  • Un fort taux de croissance peut détériorer le solde extérieur (importations plus élevées que les exportations).
  • Les politiques structurelles cherchent à changer la structure de l’économie sur le long terme, notamment par l’innovation et la formation des compétences.
  • Les politiques structurelles peuvent aussi renforcer la résilience face aux changements climatiques via l’adaptation des sociétés.

💡 Astuce mémo

Conjoncture = Kaldor (PIB, chômage, inflation, solde extérieur) ; Structure = long terme (innovation, compétences, résilience climatique).

📖 2. Construction européenne et logique du doux commerce

🔑 Notions clés & Définitions

  • Traité de Rome : Traité signé le 25 mars 1957 qui fonde la CEE et lance l’intégration économique avec les 6 pays fondateurs.
  • Traité de Maastricht : Traité de 1992 qui instaure l’UE et prépare la monnaie unique au sein de l’intégration européenne.
  • Traité de Lisbonne : Traité de 2009 qui prolonge et modernise le cadre institutionnel de l’Union européenne.
  • Logique du doux commerce : Idée selon laquelle l’ouverture des échanges et la coopération économique réduisent les tensions et favorisent la prospérité par l’interdépendance.
  • Typologie de Balassa : Modèle en phases de l’intégration économique où chaque étape en appelle une plus poussée, de la libre circulation à l’union politique.

📝 Points essentiels

  • Le « doux commerce » repose sur l’idée que des ressources stratégiques puissent traverser les frontières sans droits de douanes.
  • L’intégration européenne s’appuie sur des traités et accords signés avec les pays concernés, comme des accords-cadres économiques ou d’agrandissement.
  • L’UE vise la libre circulation des biens et services, des capitaux et des personnes, ce qui soutient le développement économique et renforce la puissance de négociation.
  • Limite majeure : l’UE regroupe 27 membres qui ne sont pas toujours alignés, ce qui peut freiner l’action commune.
  • Exemple d’ouverture commerciale : l’accord UE–Mercosur permet l’échange de certains produits sans droits de douanes.
  • Balassa (1961) propose une progression en 5 étapes : libre-échange, union douanière, marché commun, union économique et monétaire, union politique.

💡 Astuce mémo

Traités = 1957 Rome → 1992 Maastricht → 2009 Lisbonne ; Balassa = Libre-échange → Douane → Marché commun → Monnaie → Politique.

📖 3. Intégration économique selon Balassa

🔑 Notions clés & Définitions

  • CEE : La CEE est la Communauté économique européenne créée en 1957, qui lance le libre-échange en Europe.
  • Union douanière : L’union douanière est l’étape d’intégration créée en 1968, qui organise l’échange des biens entre États membres.
  • Marché commun : Le marché commun est l’étape consolidée par l’Acte unique en 1986, avec la libre circulation des biens et aussi des capitaux.
  • Union économique et monétaire : L’union économique et monétaire est l’étape issue du traité de Maastricht (1992), combinant marché commun et monnaie unique.
  • BCE : La BCE est la Banque centrale européenne, créée en 1998, chargée de la monnaie dans l’union économique et monétaire.

📝 Points essentiels

  • Balassa décrit une progression par étapes, mais c’est un modèle simplificateur de la réalité européenne.
  • Le libre-échange démarre avec la CEE en 1957, puis l’union douanière est mise en place en 1968.
  • Le marché commun est renforcé par l’Acte unique en 1986 et aboutit en 1992, avec notamment la libre circulation des biens et des capitaux.
  • L’union économique et monétaire est lancée par le traité de Maastricht en 1992, avec la prise en charge de la monnaie par la BCE (créée en 1998).
  • L’union politique n’est pas une union fédérale, mais elle existe via des institutions européennes comme le Parlement européen et la Commission européenne.
  • Des différences existent avec la théorie : la PAC est évoquée comme arrivant plus tard que ce que suggérerait l’enchaînement attendu dans le modèle.

💡 Astuce mémo

Balassa = 1957 CEE (libre-échange) → 1968 douane → 1986 Acte unique (marché commun) → 1992 Maastricht (monnaie) → 1998 BCE.

📖 4. Effets positifs du marché unique sur la croissance

🔑 Notions clés & Définitions

  • Marché unique européen : Ensemble des règles et libertés qui unifient le marché des biens, services, personnes et capitaux au sein de l’UE.
  • Économies d’échelle : Mécanisme par lequel l’augmentation des volumes permet de réduire le coût de production unitaire moyen.
  • Libre circulation des capitaux : Principe d’accès et de circulation des investissements au sein de l’espace européen, facilitant les flux financiers.
  • Investissements directs à l’étranger : Flux d’investissements réalisés pour contrôler ou influencer durablement une entreprise à l’étranger.

📝 Points essentiels

  • Pour les consommateurs, le marché unique améliore la qualité des produits, élargit le choix et peut faire baisser les prix grâce aux spécialisations.
  • Les coûts de transaction baissent car les droits de douane disparaissent dans l’espace du marché unique.
  • Le cadre concurrentiel stimule le développement des entreprises en les incitant à s’adapter et à être plus efficaces.
  • Pour les producteurs, l’accès à un marché plus vaste favorise les économies d’échelle et donc une baisse des coûts unitaires.
  • Pour les producteurs, le marché unique pousse aussi à l’innovation et permet de proposer des produits plus compétitifs à l’échelle mondiale.
  • Selon le FMI, si le PIB de la France valait 100 € en 1999, il atteindrait 130 € en 2017.

💡 Astuce mémo

Consommateurs : qualité + choix + prix ; Producteurs : concurrence + innovation + économies d’échelle (coûts unitaires ↓).

📖 5. Effets non souhaités de l’intégration et disparités

🔑 Notions clés & Définitions

  • Avantages comparatifs : Notion économique décrivant la spécialisation d’un pays dans ce qu’il produit relativement le mieux, ce qui peut influencer les gains liés au marché unique.
  • Organismes productifs : Terme désignant les acteurs qui produisent des biens et services, et qui peuvent bénéficier du marché unique via une taille de marché plus grande et plus de concurrence.
  • Concurrence : Mécanisme de rivalité entre entreprises, qui peut stimuler innovation, productivité et baisse des prix, mais dont les effets peuvent varier selon les territoires.
  • Économies d’échelle : Principe selon lequel produire davantage permet de réduire le coût unitaire, ce qui peut renforcer la croissance quand le marché devient plus vaste.

📝 Points essentiels

  • La croissance liée à l’intégration n’est pas identique partout : le graphique ne permet pas d’isoler la part due à l’euro et celle due au marché unique.
  • Le marché unique peut favoriser la croissance via des économies d’échelle : produire pour un marché plus grand (taille européenne) réduit les coûts unitaires et augmente les profits, donc les investissements.
  • Le marché unique renforce la concurrence entre entreprises européennes, ce qui pousse à innover (produits et procédés) et améliore la productivité.
  • Le marché unique agit aussi côté ménages : plus de concurrence peut réduire les prix, augmenter la consommation finale et élargir le choix.
  • Les effets positifs sont inégalement répartis : certains pays et régions bénéficient davantage que d’autres.
  • Les disparités internes existent : les grandes villes et surtout les capitales profitent plus que les campagnes, et des écarts peuvent opposer Nord et Sud (ex. Italie).

💡 Astuce mémo

Marché unique = 3 leviers (échelles → profits → investissements ; concurrence → innovation ; prix/choix → consommation) mais effets inégaux selon pays, régions et infrastructures.

📖 6. Politique de la concurrence : objectifs et instruments

🔑 Notions clés & Définitions

  • Politique de la concurrence : Politique publique visant à encadrer les marchés pour promouvoir et renforcer la concurrence entre entreprises.
  • Entente : Accord entre entreprises qui réduit la rivalité, notamment en coordonnant des décisions comme les prix.
  • Concentration : Processus où des entreprises deviennent plus grandes en absorbant des concurrents, ce qui modifie la structure du marché.
  • Position dominante : Situation proche du monopole où une entreprise fait face à peu ou pas de concurrence directe.
  • Barrière à l’entrée : Obstacle qui rend l’entrée de nouveaux concurrents plus difficile, par exemple via normes ou stratégies de prix.

📝 Points essentiels

  • Les ententes peuvent pousser les entreprises à se coordonner sur les prix, ce qui diminue la concurrence sur le marché.
  • La concentration correspond à l’augmentation de la taille des entreprises par absorption de concurrents, ce qui renforce le pouvoir de marché.
  • Quand les entreprises deviennent price maker, elles peuvent fixer les prix et réduire l’offre pour maintenir leur avantage en cas d’entente.
  • Une position dominante n’est pas automatiquement anticoncurrentielle : elle le devient si l’entreprise en abuse.
  • L’abus de position dominante est présenté comme une stratégie efficace à court terme et peu coûteuse.
  • Pour rester en position dominante, l’entreprise peut ériger des barrières à l’entrée, notamment par guerre des prix ou par des normes du marché.

💡 Astuce mémo

Entente = Prix coordonnés ; Concentration = Plus gros ; Dominance = Peu de rivaux ; Barrières = Empêchent l’entrée.

📖 7. Effet pervers de la concurrence et oligopoles

🔑 Notions clés & Définitions

  • Oligopole privé : Un oligopole privé est une structure de marché dominée par quelques entreprises privées qui disposent d’un pouvoir de marché.
  • Monopole naturel : Un monopole naturel est un secteur où une seule entreprise peut produire à un coût plus faible que plusieurs, ce qui favorise la concentration.
  • Service public : Un service public est une activité assurée directement par l’État ou sous son contrôle pour répondre à un besoin d’intérêt général.
  • Universalité : L’universalité impose que le service soit accessible sur tout le territoire pour tous les citoyens.
  • Égalité de traitement : L’égalité de traitement impose que le service soit fourni aux mêmes conditions et aux mêmes prix pour des usagers comparables.

📝 Points essentiels

  • La concurrence peut produire un effet pervers : au lieu de nombreux acteurs, seuls quelques entreprises restent en jeu, ce qui crée un oligopole.
  • Historiquement, certains secteurs européens étaient dominés par des monopoles liés à des caractéristiques de monopole naturel, souvent assurés par l’État ou des entreprises publiques.
  • La privatisation demandée par l’UE a pu transformer un monopole public en oligopole privé, jugé moins favorable macroéconomiquement.
  • Dans un monopole d’État, le pouvoir de marché existe mais est encadré par une logique de service, tandis que dans un oligopole privé les entreprises cherchent davantage à maximiser le profit.
  • Un risque central est la hausse des prix, car les entreprises privées utilisent leur pouvoir de marché pour augmenter leurs marges.
  • La libéralisation peut aussi dégrader la qualité des services, même si le prix peut sembler attractif pour le consommateur à court terme.

💡 Astuce mémo

Privé = Profit (prix/qualité) ; Public = Service (universalité/égalité).

📖 8. Service public, universalité et segmentation privée

🔑 Notions clés & Définitions

  • Universalité du service public : Principe selon lequel l’accès au service public doit être garanti à tous, sans dépendre du seul intérêt commercial.
  • Libéralisation des services publics en réseau : Ouverture à la concurrence de services organisés en réseaux, avec un objectif affiché de gains pour les consommateurs.
  • Segmentation privée : Organisation de l’offre par des acteurs privés qui se concentrent sur les segments rentables, laissant les autres plus difficiles à couvrir.
  • Concurrence et politique industrielle : Tension entre règles concurrentielles et stratégie industrielle, notamment quand la concurrence peut freiner la formation de grands acteurs.
  • Champions nationaux : Grandes entreprises capables de peser à l’échelle nationale et internationale, dont la constitution peut être recherchée par une politique industrielle.

📝 Points essentiels

  • La libéralisation de certains services publics en réseau s’est traduite, dans certains secteurs, par une hausse des prix supérieure à l’inflation.
  • Exemple chiffré : si un prix était de 100€ en 2010, il aurait été de 62€ en 2017 après prise en compte de l’inflation, soit une baisse réelle de 38%.
  • Dans la logique de l’entreprise, le coût du service peut augmenter, ce qui limite la baisse des prix malgré la concurrence.
  • La politique de concurrence peut entrer en conflit avec la politique industrielle en empêchant la constitution de champions nationaux.
  • La concentration des entreprises peut stimuler l’innovation, mais elle peut aussi modifier les conditions de concurrence.
  • La réduction des aides des États peut créer des distorsions de concurrence avec des pays hors Union européenne.

💡 Astuce mémo

Libéralisation = souvent Prix↑ (parfois > inflation) ; Concurrence = peut bloquer Champions nationaux.

📖 9. Politique monétaire conventionnelle de la BCE avant 2008

🔑 Notions clés & Définitions

  • Taux directeur : Le taux directeur est le taux d’intérêt auquel la banque centrale prête aux banques, servant de référence pour les taux du marché.
  • Politique monétaire conventionnelle : La politique monétaire conventionnelle désigne la régulation de la masse monétaire via des instruments classiques, surtout le taux d’intérêt directeur.
  • Création monétaire ex nihilo : La création monétaire ex nihilo correspond à la création de monnaie par la banque centrale lors de ses opérations de financement.
  • Stabilité des prix : La stabilité des prix est l’objectif prioritaire de la BCE, formulé autour d’une inflation cible proche de 2%.

📝 Points essentiels

  • La BCE vise une inflation proche mais inférieure à 2% pour assurer la stabilité des prix.
  • Le taux directeur est l’outil principal : il influence le refinancement des banques et donc les taux des banques commerciales.
  • Quand l’inflation dépasse 2%, la BCE fait monter le taux directeur, ce qui augmente le coût du crédit.
  • La hausse du coût du crédit réduit la demande globale, ce qui tend à faire baisser les prix.
  • La politique monétaire conventionnelle s’applique à toute la zone euro, même si les économies ne sont pas identiques.
  • La politique monétaire peut aussi viser stabilité financière, croissance ou parité de la monnaie, mais la mission principale de la BCE reste la stabilité des prix.

💡 Astuce mémo

Inflation > 2% ⇒ BCE hausse taux directeur ⇒ crédit plus cher ⇒ demande ↓ ⇒ prix ↓.

📖 10. Politique monétaire non conventionnelle après 2008

🔑 Notions clés & Définitions

  • Crise de liquidité : Une crise de liquidité est une raréfaction des liquidités dans l’économie due à une perte de confiance dans la stabilité du système monétaire.
  • Prêteur en dernier ressort : Le prêteur en dernier ressort est l’institution qui fournit des liquidités aux banques quand le marché ne le fait plus.
  • Zero lower bound : Le zero lower bound est le plancher de taux directeurs proche de 0% qui limite l’efficacité des politiques monétaires classiques.
  • Quantitative easing : Le quantitative easing est une politique non conventionnelle où la banque centrale achète massivement des actifs financiers pour injecter des liquidités.
  • Qualitative easing : Le qualitative easing est une politique non conventionnelle où la banque centrale achète des actifs dégradés pour assainir le marché.

📝 Points essentiels

  • La crise des subprimes a déclenché une crise de liquidité en zone euro, liée à l’érosion de la confiance bancaire.
  • Une crise de liquidité correspond à une raréfaction des liquidités dans l’économie, ce qui freine le financement.
  • Face à l’ampleur de la crise, la BCE a dû jouer le rôle de prêteur en dernier ressort en fournissant des liquidités aux banques.
  • Les politiques monétaires conventionnelles ont atteint leurs limites avec le plancher de taux directeurs proche de 0% depuis le 16 mars 2016.
  • Le quantitative easing consiste à acheter en masse des actifs financiers sur les marchés pour injecter des liquidités.
  • Le qualitative easing consiste à acheter des actifs très dégradés (junk bonds) afin d’assainir le marché et restaurer le fonctionnement du crédit.

💡 Astuce mémo

Crise de liquidité → BCE prêteur en dernier ressort ; taux bloqué à 0% → QE (acheter) puis Qe (assainir).

📖 11. Contraintes budgétaires et rôle du TSCG

🔑 Notions clés & Définitions

  • Pacte de Stabilité et de Croissance : Cadre européen qui reprend les objectifs budgétaires issus de Maastricht pour encadrer les déficits et la dette des États membres.
  • Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance : Traité européen qui renforce la discipline budgétaire et la coordination des politiques via une règle d’équilibre à moyen terme.
  • TSCG : Surnom du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, entré en vigueur le 1er janvier 2013.
  • Règle d’or budgétaire : Principe imposant un équilibre budgétaire public à moyen terme, avec une cible de déficit structurel de 0,5 %.

📝 Points essentiels

  • La coordination budgétaire au sein de l’UE limite la liberté des politiques conjoncturelles nationales pour des raisons d’efficacité.
  • Les contraintes budgétaires se résument à un déficit public < 3 % du PIB et une dette publique < 60 % du PIB.
  • La règle d’or vise un équilibre budgétaire public à moyen terme, avec un déficit structurel de 0,5 %.
  • Les politiques budgétaires nationales doivent être validées par la Commission européenne, ce qui ajoute une contrainte institutionnelle.
  • Le TSCG complète le cadre de Maastricht et du Pacte de Stabilité et de Croissance, avec une entrée en vigueur au 1er janvier 2013.
  • En crise économique, certains critères peuvent être suspendus, ce qui modifie temporairement la contrainte budgétaire.

💡 Astuce mémo

TSCG = 3 chiffres + validation : 3% déficit, 60% dette, 0,5% structurel, puis Commission valide.

📖 12. Chocs asymétriques et limites des politiques européennes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Choc asymétrique : Un choc asymétrique affecte différemment les pays ou régions d’une union économique, créant des besoins de politique divergents.
  • Politique monétaire unique : Une politique monétaire unique est menée par une seule banque centrale pour toute la zone, avec un même cadre de taux et de liquidité pour tous.
  • Politique économique conjoncturelle : Une politique économique conjoncturelle vise à stabiliser l’activité à court terme en agissant sur la demande et les conditions financières.
  • Zone monétaire optimale : Une zone monétaire optimale est un espace où une monnaie unique rend les ajustements macroéconomiques efficaces face aux chocs.
  • Fédéralisme budgétaire : Le fédéralisme budgétaire désigne des mécanismes budgétaires centralisés capables de transférer ou d’amortir les effets de chocs entre régions.

📝 Points essentiels

  • La politique monétaire unique ne peut pas traiter efficacement des chocs asymétriques car elle impose le même réglage à des économies aux situations différentes.
  • La politique monétaire peut mieux répondre aux chocs symétriques, car les pays touchés ont des besoins macroéconomiques similaires.
  • Les politiques budgétaires peuvent amortir des chocs asymétriques seulement si leur ampleur reste faible, car sinon les marges et effets deviennent insuffisants.
  • Selon Robert Mundell, une zone monétaire optimale exige notamment une forte intégration commerciale, une mobilité des facteurs de production et des mécanismes d’ajustement (dont un certain fédéralisme budgétaire).
  • L’UE ne semble pas remplir ces critères : mobilité des facteurs imparfaite, présence importante de chocs asymétriques, et moyens d’action peu réactifs et peu efficaces.
  • Exemple de tension : une politique de rigueur de la BCE contre l’inflation en Espagne peut pénaliser des pays comme les Pays-Bas si leur inflation est maîtrisée, et inversement une relance peut surchauffer une économie.

💡 Astuce mémo

Mundell : ZMO = Commerce fort + Facteurs mobiles + Chocs plutôt symétriques + Ajustement budgétaire (fédéralisme).

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
25 mars 1957Traité de Rome : fonde la CEE
1992Traité de Maastricht : instaure l’UE et la monnaie unique
2009Traité de Lisbonne : modernise le cadre institutionnel
1951Début de la construction européenne : création de la CECA
1952Mise en place de la CECA
1968Mise en place de l’union douanière
1986Acte unique : signature du marché commun
1998Création de la BCE
16 mars 2016Plancher des taux directeurs proche de 0% (zero lower bound)

📊 Tableaux de synthèse

Étapes de l’intégration économique (Balassa)

ÉtapeContenu
Libre échangeCirculation libre des produits/biens entre pays
Union douanièreLibre échange + politique commerciale commune (droit de douane identique pour l’extérieur)
Marché communUnion douanière + libre circulation des B et S et des facteurs de production (capital et travail)
Union économique et monétaireMarché commun + politiques communes + volonté d’utiliser la même monnaie (euro)
Union politiqueAboutissement final (union économique et monétaire + pays fédéral ou confédération)

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre politiques conjecturelles (court/moyen terme : PIB, chômage, inflation, solde extérieur) et politiques structurelles (long terme : innovation, formation, résilience).
  2. Croire que les objectifs du carré magique de Kaldor sont toujours compatibles : réduire le chômage peut accroître l’inflation, et une forte croissance peut dégrader le solde extérieur.
  3. Mélanger les traités : Rome (CEE, 25 mars 1957) n’est pas Maastricht (UE + monnaie unique, 1992) ni Lisbonne (2009).
  4. Inverser les étapes de Balassa : le libre-échange (CEE 1957) précède l’union douanière (1968), puis le marché commun (Acte unique 1986) avant l’union économique et monétaire (Maastricht 1992).
  5. Penser que l’union politique est une union fédérale : dans le cours, elle n’est pas fédérale, elle existe via des institutions (Parlement européen, Commission).
  6. Croire que la politique monétaire unique peut traiter efficacement les chocs asymétriques : elle est inadaptée car elle impose le même réglage à des économies différentes.
  7. Confondre déficit et dette : le déficit est un flux (dépenses > recettes sur une période) et la dette est un stock (emprunts cumulés non remboursés).

✅ Checklist Examen

  1. Définir politiques économiques, politiques conjecturelles et structurelles, et donner au moins un exemple pour chaque type.
  2. Expliquer le carré magique de Kaldor : citer les 4 objectifs et les indicateurs associés (PIB, chômage, inflation, importations-exportations).
  3. Montrer pourquoi les objectifs de Kaldor peuvent être contradictoires (chômage vs inflation ; croissance vs solde extérieur).
  4. Présenter le cadre européen du « doux commerce » : idée de commerce réduisant les tensions et rôle des ressources stratégiques sans droits de douanes.
  5. Rappeler la chronologie de la construction européenne à partir de la CECA (1951/1952) puis les traités (Rome 25 mars 1957, Maastricht 1992, Lisbonne 2009).
  6. Décrire la logique de Balassa et l’enchaînement des 5 étapes (libre échange → union douanière → marché commun → union économique et monétaire → union politique).
  7. Expliquer pourquoi le marché unique peut stimuler la croissance : consommateurs (qualité/choix/prix via baisse des droits de douane) et producteurs (concurrence, innovation, économies d’échelle).
  8. Citer l’idée du FMI sur la France (PIB 100 € en 1999 → 130 € en 2017) et relier-la à l’effet du marché unique sur la croissance.
  9. Expliquer les effets non souhaités : croissance inégale selon pays/régions et rôle des infrastructures (centre vs périphéries ; Nord/Sud).
  10. Définir politique de la concurrence et distinguer entente, concentration, position dominante et barrières à l’entrée, puis expliquer l’abus de position dominante.
  11. Expliquer l’effet pervers de la concurrence : passage de monopoles publics/monopoles naturels à oligopoles privés et risques (prix, qualité).
  12. Décrire la politique monétaire BCE avant 2008 (taux directeur, inflation cible proche de 2%) puis après 2008 (crise de liquidité, prêteur en dernier ressort, QE/QE qualitative, zero lower bound depuis 16 mars 2016).
  13. Expliquer les contraintes budgétaires : critères (déficit < 3% PIB, dette < 60% PIB), règle d’or (déficit structurel 0,5%) et validation par la Commission, puis le rôle du TSCG (entrée en vigueur 1er janvier 2013).
  14. Analyser les limites conjoncturelles européennes : coordination difficile, chocs asymétriques vs symétriques, et critères de zone monétaire optimale de Mundell (commerce, mobilité des facteurs, chocs symétriques, ajuster

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Intégration économique et politiques européennes avec 6 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quelle distinction oppose correctement les politiques économiques conjoncturelles et les politiques économiques structurelles ?

2. Quand on parle de politiques économiques conjecturelles et structurelles, quelle différence principale peut-on souligner entre elles?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Intégration économique et politiques européennes avec 9 flashcards interactives.

Politiques conjecturelles — objectif ?

Agir sur la conjoncture à court/moyen terme.

Politiques conjecturelles

Agissent sur la conjoncture à court ou moyen terme.

Construction européenne — logique du doux commerce ?

Réduire les tensions par l’ouverture commerciale et la coopération.

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