Fiche de révision : Introduction aux investissements et croissance économique

Plan du Cours

  1. Investissement et FBCF : définitions et périmètre
  2. Motifs de l’investissement : capacité et remplacement
  3. Épargne, investissement et multiplicateur keynésien
  4. Oscillateur de Samuelson et accélérateur
  5. Progrès technique : invention, innovation et croissance
  6. Neutralité du progrès technique : Harrod Solow Hicks
  7. Progrès technique, compétitivité et croissance
  8. Schumpeter : circuit, évolution et monopole d’innovation
  9. Grappes d’innovations et destruction créatrice
  10. Cycles économiques : Juglar Kondratieff et GPT
  11. Progrès technique et emploi : substitution et conditions

1. Investissement et FBCF : définitions et périmètre

Notions clés & Définitions

  • Investissement : L’investissement est l’opération par laquelle un agent crée ou acquiert des biens de production ou réalise des dépenses de services pour accroître sa capacité de production future.
  • Investissement matériel : L’investissement matériel regroupe les dépenses portant sur l’acquisition de biens corporels utilisés pour produire (ex. machines, terrains, locaux).
  • Investissement financier : L’investissement financier correspond à l’acquisition de participations dans d’autres entreprises.
  • Investissement immatériel : L’investissement immatériel regroupe des dépenses visant des actifs non corporels utiles à la production future (ex. logiciels, œuvres, prospection).
  • FBCF : La FBCF mesure la valeur des acquisitions moins les cessions d’actifs fixes réalisées par les producteurs résidents.

Points essentiels

  • L’investissement peut être matériel, financier ou immatériel, mais la définition donnée ici est du point de vue microéconomique.
  • En comptabilité nationale, l’investissement est appréhendé via la FBCF plutôt que par une typologie microéconomique directe.
  • Les actifs fixes de la FBCF sont des actifs corporels ou incorporels issus de la production et utilisés de façon répétée ou continue pendant au moins 1 an.
  • La FBCF retient les investissements productifs matériels et certains immatériels, et exclut les investissements financiers.
  • Avant la réforme du SEC de 2010, la formation et la R&D n’étaient pas comptabilisées en investissements immatériels mais en consommations intermédiaires.
  • La révision de la FBCF (SEC 2010) entraîne un écart de 63,9 Md€ entre avant et après, dont 43,5 Md€ liés à la R&D (tableau INSEE, 2010).

Astuce mémo

Micro = 3 formes (matériel/financier/immatériel) ; Macro = FBCF = acquisitions − cessions d’actifs fixes (≥ 1 an) ; SEC 2010 = R&D bascule vers l’immatériel.

2. Motifs de l’investissement : capacité et remplacement

Notions clés & Définitions

  • Investissement brut : L’investissement brut est la part de l’investissement qui correspond à la demande totale de capital et qui s’ajoute au stock existant.
  • Investissement net : L’investissement net est la différence entre l’investissement brut et la dépréciation du capital existant.
  • Investissement de capacité : L’investissement de capacité vise à augmenter la capacité de production afin de produire davantage.
  • Investissement de remplacement : L’investissement de remplacement correspond à l’acquisition de machines pour renouveler à l’identique celles qui sont usées.
  • Investissement de productivité : L’investissement de productivité a pour objectif d’accroître l’efficacité de la production du travail.

Points essentiels

  • L’investissement brut regroupe deux motifs : ajouter du capital au stock et compenser la dépréciation du capital existant.
  • L’investissement net mesure l’augmentation effective du stock de capital après prise en compte de la dépréciation.
  • Un investissement n’est presque jamais mono-motif : le remplacement s’accompagne souvent de productivité car racheter “la même” machine devient difficile avec le progrès technique.
  • Selon l’INSEE (tableau 2021, répartition 2010-2021), le renouvellement est majoritaire (29), devant les autres motifs comme modernisation (23→22) et capacité (16→14).
  • Selon l’INSEE (2010-2021), les “nouveaux produits” restent proches (13→14) et les “autres” motivations (conditions de travail, environnement) augmentent légèrement (20→21).
  • La révision de la FBCF par le SEC (INSEE, 2010) fait apparaître un écart de 63,9 Md€ entre avant et après, dont 43,5 Md€ liés à la R&D.

Astuce mémo

Capacité = produire plus ; Remplacement = remettre à neuf ; Productivité = produire mieux (souvent ensemble).

3. Épargne, investissement et multiplicateur keynésien

Notions clés & Définitions

  • Accélérateur flexible : Théorie selon laquelle l’investissement réagit à l’évolution de la demande, mais avec un retard, ce qui conditionne la réaction des entreprises à la durabilité anticipée de la demande.
  • Taux d’utilisation des capacités (TUC) : Indicateur mesurant dans quelle mesure les capacités de production sont utilisées, utilisé comme signal de l’investissement futur des entreprises.
  • Marché des fonds prêtables : Marché où se rencontrent l’épargne (offre de fonds) et la demande de capital des entreprises et de l’État (demande de fonds).
  • Productivité marginale du capital (PmK) : Mesure de la contribution supplémentaire du capital à la production, utilisée pour décider jusqu’où investir en comparant cette productivité au coût du capital.
  • Coût d’usage du capital : Notion qui élargit le coût du capital en intégrant le taux d’intérêt et d’autres coûts comme l’amortissement et l’inflation.

Points essentiels

  • L’effet d’accélération relie l’investissement à la variation du stock de capital et dépend fortement du niveau de la demande anticipée.
  • L’accélérateur fonctionne aussi à la baisse : une baisse de la demande peut entraîner une baisse plus marquée de l’investissement.
  • Les conditions de l’accélérateur incluent un TUC proche de 100%, une hausse de production pour répondre à la demande (sinon hausse des prix/inflation) et l’absence de plein-emploi pour permettre des embauches liées à l’$
  • Le TUC précède l’investissement : quand le TUC monte, l’investissement tend à suivre, et quand il baisse, l’investissement se replie.
  • Exemples TUC INSEE : 1990-2000 passe d’environ 82% à 87% (croissance et demande en hausse), puis 2018-COVID baisse d’environ 85% à 61% (récession et investissement en recul).
  • Critique du modèle d’accélérateur : lors d’une baisse de la demande, les entreprises cherchent plutôt à réduire l’utilisation des capacités qu’à désinvestir immédiatement, car jeter des machines est coûteux et risqué si

Astuce mémo

TUC → Investissement : TUC monte, I suit ; TUC baisse, I recule.

4. Oscillateur de Samuelson et accélérateur

Notions clés & Définitions

  • Coût d’usage du capital : Le coût d’usage du capital regroupe le taux d’intérêt et d’autres coûts liés à l’utilisation du capital, comme l’amortissement et l’inflation.
  • Efficacité marginale du capital : L’efficacité marginale du capital correspond aux recettes futures escomptées d’un capital supplémentaire, comparées aux coûts afférents à son usage.
  • Taux d’intérêt réel : Le taux d’intérêt réel mesure le coût réel du financement, et il influence l’investissement via son niveau.
  • VAN : La VAN est la somme actualisée des flux de fonds générés par un investissement, permettant d’évaluer sa rentabilité.
  • Ratio q de Tobin : Le ratio q de Tobin relie la valeur de marché et la valeur comptable du capital pour expliquer la décision d’investir.

Points essentiels

  • Entre 1980 et 1990, le taux d’intérêt réel passe d’environ 3% à 8% tandis que l’investissement baisse d’environ 23% à 18%.
  • Entre 1988 et 1993, le taux d’intérêt réel augmente d’environ 5% à 7% et l’investissement augmente d’environ 18% à 21%.
  • Entre 1993 et 1998, le taux d’intérêt réel diminue d’environ 7% à 5% et l’investissement baisse d’environ 21% à 16%.
  • Pour Keynes, la décision d’investissement dépend de l’efficacité marginale du capital, qui compare recettes futures et coûts d’usage du capital.
  • Si l’efficacité marginale du capital (EMAC) dépasse le taux d’intérêt réel (r), les entrepreneurs investissent, sinon ils n’investissent pas.
  • L’incertitude sur la rentabilité future fait varier l’EMAC et contribue aux fluctuations de l’activité et du niveau d’emploi.

Astuce mémo

EMAC > r = investir ; sinon attendre (EMAC comme “rendement espéré”, r comme “coût du capital”).

5. Progrès technique : invention, innovation et croissance

Notions clés & Définitions

  • Désintermédiation : La désintermédiation décrit le recul du rôle des banques au profit des marchés financiers, car les entreprises peuvent accéder directement aux capitaux.
  • Décloisonnement : Le décloisonnement correspond à la réduction de la séparation historique entre banques de dépôt et banques d’affaires, ce qui rapproche banques et marchés.
  • Déréglementation : La déréglementation regroupe les mesures visant à accroître la concurrence bancaire et à libéraliser les marchés financiers, y compris à l’échelle internationale.
  • Théorème des 3D : Le théorème des 3D relie désintermédiation, décloisonnement et déréglementation à la baisse du coût du capital via plus de concurrence sur les marchés financiers.
  • Théorème de séparation : Le théorème de séparation affirme que, sous certaines conditions, la décision d’investissement peut être séparée de la décision de consommation grâce au marché financier.

Points essentiels

  • Le financement externe indirect passe par un intermédiaire financier qui facture une intermédiation, ce qui rend le coût plus élevé que le financement externe direct.
  • Hicks (1974) décrit un passage d’une économie d’endettement vers une économie de marchés financiers, lié à la libéralisation et à la baisse de l’intermédiation.
  • Entre 1994 et 2009 (Banque de France), les crédits passent d’environ 53% à 40%, tandis que les actions passent d’environ 1% à 3% et les obligations d’environ 12% à 8%.
  • Le théorème des 3D (Henri Bourguinat, 1992) vise une hausse de la concurrence pour réduire le coût du capital, ce qui peut augmenter les emprunts, puis l’investissement, puis la croissance.
  • Le système bancaire a longtemps été séparé (banques de dépôt vs banques d’affaires), ce qui est présenté comme une raison de la transformation du krach de 1929 en crise économique.
  • Le Glass-Steagall Act (1933) modifie la séparation, puis il est abrogé en 1999, ce qui s’inscrit dans la logique de banque universelle en France (système décrit comme universel).

Astuce mémo

3D = Concurrence → Coût du capital ↓ → Emprunts ↑ → Investissement ↑ → Croissance ↑

6. Neutralité du progrès technique : Harrod Solow Hicks

Notions clés & Définitions

  • Rentabilité économique : La rentabilité économique compare les recettes nettes d’exploitation générées par un investissement aux capitaux nécessaires à son financement.
  • Rentabilité financière : La rentabilité financière mesure le rapport entre les résultats et les capitaux propres investis, pour évaluer ce que rapporte l’argent des actionnaires.
  • Effet de levier : L’effet de levier désigne l’impact de l’endettement sur la rentabilité des capitaux propres, via la comparaison entre rentabilité économique et taux d’intérêt réel.
  • Effet de massue : L’effet de massue est la contrepartie de l’endettement qui peut conduire à une chute de la valeur des actions et à la faillite quand la rentabilité financière devient trop faible.
  • Structure financière optimale : La structure financière optimale est le niveau de financement qui minimise le coût global du capital en choisissant le bon dosage dette/capitaux propres.

Points essentiels

  • Rentabilité économique : elle reflète la capacité de l’entreprise à produire des profits à partir des recettes moyennes dont elle dispose, en comparant recettes nettes et capitaux mobilisés.
  • Rentabilité financière : elle indique ce qu’un montant investi dans l’entreprise rapporte à l’actionnaire, via le ratio résultats/capitaux propres.
  • Effet de levier : si la rentabilité économique tet_e est supérieure au taux d’intérêt réel rr, alors la rentabilité financière des capitaux propres augmente avec l’endettement.
  • Effet de levier : si tert_e \le r, plus l’entreprise s’endette, plus la rentabilité financière baisse, et sans endettement les rentabilités économique et financière sont égales.
  • Effet de massue : si la rentabilité financière est inférieure à 1 (le taux d’intérêt réel), les actionnaires perdent et peuvent vendre leurs actions, ce qui dégrade la valeur et peut mener à la faillite.
  • Exemples de déclenchement : un choc offre/demande avec O>DO>D et des bulles spéculatives peuvent amplifier l’endettement puis la crise quand les taux remontent (ex. 2006-2007, puis remontée en 2008).

Astuce mémo

Comparaison clé : tet_e vs rr → si te>rt_e>r alors levier aide, sinon la massue tombe.

7. Progrès technique, compétitivité et croissance

Notions clés & Définitions

  • Paradoxe de la stabilité : Mécanisme financier où la prudence initiale des banquiers se transforme en prise de risque, puis en panique quand les débiteurs ne remboursent plus.
  • Effet de massue (Minsky) : Enchaînement où l’excès d’endettement du secteur privé finit par déclencher un risque de faillite du secteur financier.
  • Comité de Bâle : Institution à l’origine de règles prudentielles visant à encadrer l’activité bancaire et limiter les risques.
  • Bâle III : Réforme prudentielle (2008) imposant un ratio limitant l’endettement bancaire relativement aux capitaux propres.
  • Théorème de Modigliani-Miller : Résultat selon lequel, sous certaines hypothèses, la valeur de l’entreprise et le coût du capital ne dépendent pas de la structure financière.

Points essentiels

  • Le paradoxe de la stabilité décrit une dynamique en deux temps : l’optimisme des banquiers augmente quand les entreprises confirment leurs prévisions, puis une panique survient quand les débiteurs ne remboursent plus.
  • Quand la panique financière démarre, les créanciers pressent les débiteurs, ce qui peut provoquer un effondrement financier.
  • La baisse du cours des titres s’accompagne d’une ruée des actionnaires vers la liquidité (vente d’actions).
  • Selon Minsky, l’excès d’endettement du secteur privé peut conduire à un effet de massue et à un risque de faillite du secteur financier.
  • Pour contrer le phénomène, l’État peut réglementer le crédit (ex : mensualités ≤ 1/3 des revenus dans le crédit immobilier des particuliers).
  • Le comité de Bâle met en place des règles prudentielles, dont Bâle III (2008) qui impose un ratio limitant le montant prêté par rapport aux capitaux propres de la banque.

Astuce mémo

Stabilité→Optimisme→Défaut→Panique : prudence au début, puis effondrement quand le remboursement casse.

8. Schumpeter : circuit, évolution et monopole d’innovation

Notions clés & Définitions

  • Circuit économique : Enchaînement des flux entre production, revenus et dépenses qui relie l’activité économique aux décisions d’investissement.
  • Évolution économique : Transformation dynamique de l’économie au fil du temps, portée par des innovations et des ajustements des entreprises.
  • Monopole d’innovation : Situation où une entreprise tire un avantage temporaire de sa nouveauté avant que la concurrence ne rattrape l’avance.
  • Progrès technique : Ensemble des innovations qui modifient les méthodes de production et influencent directement l’investissement.

Points essentiels

  • Le texte fourni ne contient pas de contenu explicite sur Schumpeter (circuit, évolution, monopole d’innovation) : il traite surtout Keynes, multiplicateur-accélérateur, Samuelson, Hicks et Goodwin.
  • Les notions de Samuelson (multiplicateur et accélérateur) expliquent des cycles via une réaction en chaîne entre variations de la demande et de l’investissement, puis un arrêt lié au plein-emploi.
  • Samuelson combine multiplicateur et accélérateur pour produire un oscillateur, avec des configurations dépendant des paramètres (propension à consommer c et accélération v).
  • Le modèle de Samuelson distingue des trajectoires stationnaires, amorties, explosives et une croissance explosive selon les valeurs de c et v.
  • Goodwin relie cycles et luttes de classes par une dynamique proie-prédateur : hausse du PIB → hausse du salaire et du pouvoir des travailleurs → baisse des profits → baisse de l’investissement → hausse du chômage, puis r
  • memoryHook

9. Grappes d’innovations et destruction créatrice

Notions clés & Définitions

  • Investissement : L’investissement est le moteur du progrès technique et de sa diffusion, ce qui modifie ensuite la structure et le niveau de l’emploi.
  • Progrès technique : Le progrès technique correspond à une nouvelle façon d’organiser les facteurs de production pour produire plus avec les mêmes quantités ou autant avec moins d’un facteur.
  • Invention : L’invention est la découverte d’une nouveauté, sans garantie qu’elle devienne utile économiquement.
  • Innovation : L’innovation est l’application d’une idée nouvelle dans le processus économique, à condition qu’elle rencontre une demande solvable.
  • Neutralité du progrès technique : La neutralité du progrès technique décrit comment le progrès modifie l’usage des facteurs sans changer l’un d’eux, en déplaçant l’autre.

Points essentiels

  • Le progrès technique influence la croissance via la relation de production Y=F(K,L)Y=F(K,L), en agissant sur la quantité produite et/ou sur les facteurs utilisés.
  • La croissance extensive repose sur l’extension de l’emploi et de la taille du marché, à technique constante, donc sans progrès technique.
  • La croissance intensive provient de gains de productivité, donc intègre les effets du progrès technique.
  • Schumpeter distingue 5 formes d’innovations : produit nouveau ou amélioré, nouvelle méthode, nouvelle organisation, nouveau débouché/marché, nouvelle source de matière première ou d’énergie.
  • Une innovation ne suit pas automatiquement une invention : il faut un intérêt économique et une demande solvable pour qu’elle s’impose.
  • Neutralité au sens d’Harrod : le progrès augmente l’efficacité du travail seule, permettant le même output avec moins de travail, ce qui réduit l’emploi si la production reste inchangée et fait monter le salaire via la $

Astuce mémo

Harrod = Travail plus efficace (moins de travail), Solow = Capital plus efficace (moins de capital), Hicks = Les deux ensemble (mêmes parts relatives).

10. Cycles économiques : Juglar Kondratieff et GPT

Notions clés & Définitions

  • Circuit schumpétérien : Le circuit désigne le fonctionnement normal de l’économie, sans changement visible, où la production suit une routine stable.
  • Évolution schumpétérienne : L’évolution correspond à la période où l’économie est perturbée par des innovations qui améliorent l’efficacité de production.
  • Monopole d’innovation : Le monopole d’innovation est une situation temporaire où l’innovateur peut capter des profits élevés avant l’imitation.
  • Grappes d’innovations : Les grappes d’innovations désignent l’enchaînement d’innovations liées, souvent dans des domaines proches, déclenché par une innovation majeure.
  • Technologie à usage général GPT : Une GPT est une innovation radicale qui modifie la manière de produire et se décline en de nombreuses applications dans plusieurs secteurs.

Points essentiels

  • Schumpeter distingue un circuit sans changement apparent et une évolution déclenchée par des innovations améliorant l’efficacité de production.
  • En circuit, la concurrence ramène l’entrepreneur à tarifer au coût marginal, ce qui limite les profits à long terme.
  • Les innovations proviennent de l’offre : ce sont les producteurs-entrepreneurs qui créent de nouveaux besoins et opportunités pour les consommateurs.
  • L’entrepreneur innove en prenant un risque motivé par la perspective de profit, mais aussi par la volonté de puissance et le goût de l’aventure ; le profit n’est que la récompense de l’initiative créatrice.
  • Les monopoles d’innovation sont temporaires : l’imitation attire d’autres entreprises après l’exclusivité, ce qui fait revenir l’économie vers le circuit.
  • La diffusion d’une innovation produit deux effets opposés : création (hausse des investissements et cohabitation avec l’ancien) puis destruction (obsolescence, disparition de métiers, hausse du chômage).

Astuce mémo

Schumpeter = Circuit (routine, peu de profits) → Évolution (innovation, profits) → Imitation (destruction créatrice) ; GPT = une innovation-racine qui engendre des grappes d’applications.

11. Progrès technique et emploi : substitution et conditions

Notions clés & Définitions

  • Substitution capital-travail : Mécanisme où l’investissement remplace une partie du travail par du capital, ce qui peut réduire l’emploi si le travail et le capital se substituent facilement.
  • Investissement de productivité : Type d’investissement visant à améliorer l’efficacité du travail, pouvant entraîner une hausse du chômage si les gains ne compensent pas la demande ou si le capital remplace le travail.
  • Investissement de capacité et de remplacement : Investissements orientés vers l’augmentation des capacités ou le renouvellement du capital, généralement plus favorables à l’emploi que l’investissement de productivité.
  • Théorie de l’appariement : Approche expliquant le chômage par des difficultés de correspondance entre les compétences des travailleurs et celles exigées par les nouvelles technologies.
  • Théorie du déversement : Thèse selon laquelle le progrès technique crée des secteurs en expansion et d’autres en déclin, générant un chômage transitoire puis une compensation via de nouveaux emplois.

Points essentiels

  • Le progrès technique peut être néfaste si l’investissement conduit à substituer le capital au travail plutôt qu’à augmenter l’emploi.
  • L’effet sur l’emploi dépend du type d’investissement : l’investissement de productivité est plus susceptible de détruire des emplois que l’investissement de capacité ou de remplacement.
  • Le choix de combinaisons plus ou moins capitalistiques dépend notamment des prix relatifs du capital et du travail, de la flexibilité du marché et du droit du travail.
  • La thèse “le progrès technique alimente le chômage” n’est pas automatique : elle suppose notamment une substituabilité forte entre capital et travail.
  • Techniquement, si le capital augmente dans la fonction de production, il faut aussi du travail pour manipuler les machines, ce qui limite la substitution totale.
  • En période de croissance, la demande peut augmenter plus vite que les gains de productivité, obligeant à créer des emplois malgré les gains d’efficacité.

Astuce mémo

Substitution = capital remplace travail ; Capacité/Remplacement = emploi plus probable ; Conditions = substituabilité + demande + compétences.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1997Pacte de Stabilité Européen instauré (coordination des politiques budgétaires dans la zone euro).
2010Réforme du SEC 2010 : bascule de la FBCF pour mieux comptabiliser la R&D en investissements immatériels.
2008Bâle III : mise en place d’un ratio prudentiel limitant l’endettement bancaire relativement aux capitaux propres.
1994-2009Évolution des sources de financement externes (crédits, actions, obligations) selon la Banque de France.
1990-2000Exemple de TUC : 82% à 87% (hausse de la demande et investissement).
2018-COVIDExemple de TUC : 85% à 61% (baisse de l’investissement et récession).
2006-2007Bulles spéculatives : endettement accru et profits avant la crise (ex. contexte Lehman).
février 2008Remontée des taux : dépassement de la rentabilité financière de certaines entreprises et chute de valeur (ex. Lehman).
1933Glass-Steagall Act : modification de la séparation banques de dépôt / banques d’affaires.
1999Abrogation du Glass-Steagall Act : logique de banque universelle en France.

Tableaux de synthèse

Motifs de l’investissement (INSEE, 2010-2021)

Motif20102021
Renouvellement2929
Modernisation2322
Capacité1614
Nouveaux produits1314
Autres (conditions de travail, environnement)2021

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre investissement (micro : matériel/financier/immatériel) et FBCF (macro : acquisitions − cessions d’actifs fixes, actifs utilisés ≥ 1 an).
  2. Croire que la FBCF inclut les investissements financiers : le cours précise qu’elle les exclut.
  3. Penser que l’accélérateur implique un désinvestissement immédiat quand la demande baisse : le cours dit plutôt que les entreprises réduisent l’utilisation des capacités avant de toucher au stock de capital.
  4. Mélanger EMAC et coût du capital : pour Keynes, la décision dépend de l’efficacité marginale du capital comparée au taux d’intérêt réel (r).
  5. Inverser l’effet de levier : si te > r, l’endettement augmente la rentabilité financière ; si te ≤ r, elle baisse avec l’endettement.
  6. Confondre effet de levier et effet de massue : la massue correspond à la contrepartie de l’endettement pouvant mener à la faillite quand la rentabilité financière devient trop faible.
  7. Croire que Modigliani-Miller implique une structure financière optimale : au contraire, le cours indique que la valeur et le coût du capital ne dépendent pas du mode de financement (sous hypothèses).

Checklist Examen

  1. Définir l’investissement et distinguer matériel, financier et immatériel selon le point de vue microéconomique du cours.
  2. Expliquer la FBCF : acquisitions moins cessions d’actifs fixes, définition des actifs fixes (corporels/incorporels, usage ≥ 1 an) et ce que la FBCF retient/exclut.
  3. Justifier pourquoi la réforme SEC 2010 change la comptabilisation de la R&D (avant : consommations intermédiaires ; après : investissements immatériels) et rappeler l’écart INSEE (63,9 Md€ dont 43,5 Md€).
  4. Présenter les deux motifs de l’investissement brut (ajouter au stock, compenser la dépréciation) et relier investissement net = brut − dépréciation.
  5. Décrire les trois types d’investissement (capacité, remplacement, productivité) et expliquer pourquoi un investissement est rarement mono-motif (remplacement + productivité).
  6. Savoir interpréter le tableau INSEE 2010-2021 des motivations (renouvellement, modernisation, capacité, nouveaux produits, autres) et repérer le motif majoritaire.
  7. Expliquer l’accélérateur : lien entre demande et investissement, fonctionnement à la hausse et à la baisse, et les conditions (TUC proche de 100%, hausse de production, pas de plein-emploi).
  8. Expliquer la critique de l’accélérateur : en cas de baisse de la demande, les entreprises réduisent plutôt l’utilisation des capacités que le stock, et rappeler l’idée d’accélérateur flexible (ajustement avec retard et “

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1. Dans le cadre microéconomique, que désigne l’investissement ?

2. Quelle est la définition de l'investissement dans le contexte macroéconomique ?

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Investissement — définition ?

Opération créant ou acquérant des biens pour accroître la capacité future.

Investissement micro vs macro

Microscopique: biens, financiers, immatériels; Macro: FBCF

FBCF — périmètre ?

Acquisitions nettes d’actifs fixes corporels ou incorporels utilisés ≥ 1 an.

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