Fiche de révision : Les fondements de la croissance économique

📋 Plan du Cours

  1. Croissance économique : définitions et approches
  2. Révolutions industrielles et rattrapage économique
  3. Demande intérieure : définition et composantes
  4. Demande extérieure : commerce extérieur et solde
  5. Productivité globale des facteurs et croissance potentielle
  6. Croissance extensive et croissance intensive
  7. Croissance effective et croissance potentielle
  8. Cycles longs de croissance : innovation et destruction créatrice
  9. Croissance et progrès technique : exogène et endogène
  10. Croissance exogène : résidu de Solow
  11. Croissance endogène : capital humain et auto-entretenue
  12. Rôle de l’État dans la croissance de long terme

📖 1. Croissance économique : définitions et approches

🔑 Notions clés & Définitions

  • Croissance économique : La croissance économique désigne l’augmentation durable de la production d’une économie, généralement mesurée par la hausse du PIB sur une période donnée.
  • Définition conventionnelle de la croissance : La définition conventionnelle décrit la croissance comme une progression du PIB réel, souvent exprimée en taux de croissance annuel.
  • Approche contemporaine de la croissance : L’approche contemporaine élargit l’analyse au-delà du seul PIB en intégrant des dimensions comme la qualité de la croissance et ses déterminants.
  • Révolutions industrielles : Les révolutions industrielles sont des périodes de transformation technologique et productive qui modifient durablement la croissance et la productivité.
  • Rattrapage économique : Le rattrapage économique correspond au processus par lequel un pays en retard augmente plus vite pour rejoindre le niveau de développement des pays avancés.

📝 Points essentiels

  • La croissance est classiquement mesurée par la variation du PIB réel sur une période, ce qui permet de comparer les performances entre pays et dans le temps.
  • La définition conventionnelle met l’accent sur la dynamique quantitative de la production plutôt que sur la structure de l’économie.
  • L’approche contemporaine cherche à expliquer la croissance en tenant compte de ses facteurs et de ses effets, pas uniquement de son niveau.
  • La première révolution industrielle se situe au 19ème siècle et marque le début d’une croissance portée par de nouvelles capacités productives.
  • La deuxième révolution industrielle se déroule à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle, avec une nouvelle vague d’innovations.
  • La troisième révolution industrielle est située au 20ème siècle à partir de 1970, associée à une nouvelle phase technologique.

💡 Astuce mémo

Convention = PIB réel ; Contemporain = au-delà du PIB ; Révolutions = sauts technologiques ; Rattrapage = rattraper le retard.

📖 2. Révolutions industrielles et rattrapage économique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Productivité globale des facteurs : La productivité globale des facteurs mesure la part de la croissance qui ne s’explique ni par l’augmentation du travail ni par celle du capital.
  • Croissance extensive : La croissance extensive repose sur l’augmentation des quantités de facteurs de production, sans gain majeur d’efficacité.
  • Croissance intensive : La croissance intensive provient de gains d’efficacité, donc d’une meilleure utilisation des facteurs existants.
  • Croissance effective : La croissance effective correspond à la croissance réellement observée de l’économie sur une période donnée.
  • Croissance potentielle : La croissance potentielle désigne le rythme soutenable de l’économie quand les facteurs sont pleinement mobilisés sans tensions excessives.

📝 Points essentiels

  • La croissance à long terme dépend fortement de la productivité globale des facteurs, qui capte les améliorations d’efficacité.
  • La croissance extensive augmente la production en ajoutant des facteurs, tandis que la croissance intensive augmente la production en améliorant leur utilisation.
  • La croissance effective peut s’écarter de la croissance potentielle selon le cycle économique et l’intensité de l’utilisation des capacités.
  • La croissance potentielle sert de référence pour juger si l’économie tourne au-dessus ou en dessous de son rythme soutenable.
  • Les cycles longs de croissance sont associés à l’innovation et à la destruction créatrice, qui renouvellent les structures productives.
  • La croissance exogène (Solow) s’appuie sur l’idée qu’une partie de la croissance vient d’un résidu non expliqué par capital et travail, tandis que la croissance endogène (Romer) met davantage l’accent sur des mécanismes

💡 Astuce mémo

Extensive = plus de facteurs ; Intensive = mieux utiliser les facteurs ; Effective = ce qui se passe ; Potentielle = ce qui est soutenable.

📖 3. Demande intérieure : définition et composantes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Demande intérieure : La demande intérieure regroupe la consommation et l’investissement réalisés sur le territoire, qui soutiennent la production et donc la croissance.
  • Consommation : La consommation correspond aux dépenses des ménages qui alimentent la demande intérieure et la production.
  • Investissement : L’investissement désigne les dépenses qui augmentent le capital productif (biens d’équipement, construction), stimulant la demande intérieure.
  • Croissance zéro : La croissance zéro est l’idée d’arrêter la hausse quantitative de la production pour interroger le sens et la nécessité de la croissance.
  • Modèle fordiste : Le modèle fordiste associe production de masse et consommation de masse, rendues possibles par la hausse des salaires et des gains de productivité.

📝 Points essentiels

  • La demande intérieure comprend au minimum consommation et investissement, deux composantes qui soutiennent la production.
  • Le régime fordiste (production de masse + consommation de masse) repose sur des économies d’échelle et des gains de productivité qui profitent aux salariés.
  • Entre 1945 et 1970, la demande (consommation et investissement) est présentée comme « au rendez-vous » dans le modèle fordiste.
  • Après les Trente Glorieuses, le modèle fordiste est décrit comme en crise et la croissance n’est plus vue comme solution unique aux problèmes des nations.
  • Le Club de Rome devient mondialement connu en 1972 avec le rapport Meadows, The Limits of Growth, traduit par l’interrogation « Halte à la croissance ? ».
  • Depuis les années 1970/80, la problématique devient de permettre à la fois croissance et développement, car les pays du Nord et du Sud n’évoluent pas de la même façon.

💡 Astuce mémo

Demande intérieure = Consommation + Investissement ; Fordisme = Production de masse → Salaires ↑ → Consommation ↑ ; Club de Rome = « limites » → question de la croissance zéro.

📖 4. Demande extérieure : commerce extérieur et solde

🔑 Notions clés & Définitions

  • Croissance économique : La croissance économique désigne l’augmentation durable de la production d’une économie sur une période longue, mesurée par un indicateur comme le PIB réel.
  • Croissance productiviste : La croissance productiviste est un modèle centré sur l’augmentation de la production, issu des Trente Glorieuses, qui est ensuite questionné.
  • Libéralisation financière : La libéralisation financière correspond à l’ouverture et à la dérégulation des marchés financiers, présentées comme une cause possible d’instabilité.
  • BRICS : Les BRICS regroupent Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, dont la montée en puissance interroge les pays de l’OCDE.
  • Croissance inclusive : La croissance inclusive vise une croissance qui bénéficie plus largement à la population, en lien avec l’idée de progrès social.

📝 Points essentiels

  • La croissance économique est définie comme une hausse soutenue sur une ou plusieurs longues périodes d’un indicateur de taille, pour une nation via le produit global brut ou net en termes réels.
  • La croissance est présentée comme une notion principalement quantitative, centrée sur l’augmentation de la production à long terme.
  • La mesure de la croissance, même définie par l’INSEE, fait l’objet de débats pour mieux refléter la richesse réelle d’un pays.
  • Depuis les années 1970/80, la problématique devient de concilier croissance et développement, avec des conséquences sociales à considérer (chômage, pauvreté).
  • La libéralisation financière est citée comme facteur d’instabilité, car les crises financières peuvent affecter le système productif.
  • Les BRICS (croissance annuelle d’environ 9 à 10 % évoquée) amènent l’OCDE à s’interroger sur le sens de ces performances et sur les modèles de croissance existants.

💡 Astuce mémo

Croissance = Production durable (PIB réel) ; puis Débat : développement social + instabilité financière + nouveaux géants (BRICS).

📖 5. Productivité globale des facteurs et croissance potentielle

🔑 Notions clés & Définitions

  • Productivité globale des facteurs : La productivité globale des facteurs mesure la part de la croissance qui ne s’explique ni par l’accumulation de travail ni par celle du capital, mais par l’efficacité globale de l’économie.
  • Croissance potentielle : La croissance potentielle désigne le rythme de production soutenable à long terme, compatible avec l’économie en régime durable.
  • Stagnation séculaire : La stagnation séculaire est une situation de faible dynamique de croissance de long terme, analysée à partir de l’évolution quantitative de la production.
  • Croissance durable : La croissance durable combine performance économique et préservation des ressources, en intégrant des contraintes environnementales et de long terme.
  • Croissance inclusive : La croissance inclusive vise une prospérité partagée, en permettant à chacun de contribuer à la croissance et d’en bénéficier.

📝 Points essentiels

  • La productivité globale des facteurs reflète l’augmentation de la production à long terme, au-delà du seul travail et du capital.
  • La croissance potentielle correspond à un niveau de production soutenable sur la durée, utile pour analyser la trajectoire de long terme.
  • La stagnation séculaire est présentée comme une notion principalement quantitative, centrée sur la dynamique de la production à long terme.
  • La croissance n’est pas seulement une phase d’expansion à court terme : elle peut renvoyer à des transformations plus profondes de l’économie.
  • La croissance durable associe croissance économique et développement durable, en tenant compte de la préservation des ressources.
  • La croissance inclusive repose sur l’idée d’accès de tous à la contribution et aux bénéfices de la prospérité.

💡 Astuce mémo

PGF = « efficacité » : ce qui reste quand travail et capital n’expliquent plus la croissance.

📖 6. Croissance extensive et croissance intensive

🔑 Notions clés & Définitions

  • Croissance extensive : Croissance économique fondée sur l’augmentation des quantités de facteurs de production (plus de travail, plus de capital, plus de ressources).
  • Croissance intensive : Croissance économique fondée sur l’amélioration de l’efficacité des facteurs (productivité, progrès technique, organisation).
  • Productivité : Indicateur reliant la production obtenue aux moyens mobilisés, utilisé pour mesurer les gains d’efficacité.
  • Rendements décroissants : Principe économique selon lequel l’ajout de facteurs finit par produire des gains proportionnellement plus faibles.

📝 Points essentiels

  • La croissance extensive augmente la production en “empilant” des facteurs, sans exiger forcément un gain d’efficacité.
  • La croissance intensive augmente la production grâce à des gains de productivité liés aux innovations et à l’organisation.
  • Les révolutions industrielles s’accompagnent d’une hausse de la productivité, ce qui favorise la croissance intensive.
  • La concentration industrielle et la naissance du prolétariat sont associées à l’essor des usines, donc à des transformations productives.
  • La théorie de la convergence s’appuie sur la loi des rendements décroissants pour expliquer un rattrapage plus rapide des économies pauvres.
  • L’effet de rattrapage implique une convergence du revenu par habitant à long terme entre économies riches et pauvres.

💡 Astuce mémo

Extensive = “plus de facteurs”, Intensive = “meilleure efficacité” (productivité).

📖 7. Croissance effective et croissance potentielle

🔑 Notions clés & Définitions

  • Effet de rattrapage : Théorie selon laquelle les économies les plus pauvres croissent plus vite que les économies riches, ce qui tend à rapprocher le revenu par habitant.
  • Convergence économique : Idée que les économies finissent par se rapprocher en termes de revenu par habitant grâce à des mécanismes de rattrapage.
  • Rendements décroissants : Mécanisme économique où l’augmentation des facteurs finit par produire des gains de productivité plus faibles, ce qui conduit vers un état stationnaire.
  • Croissance conjoncturelle : Composante de la croissance liée aux déterminants de court terme qui font varier le PIB d’une période à l’autre.
  • Croissance potentielle : Croissance déterminée par des facteurs de long terme, qui reflète la capacité durable de l’économie à produire.

📝 Points essentiels

  • L’effet de rattrapage suppose que les économies pauvres rattrapent les riches en raison de la baisse de la productivité marginale quand on accumule des facteurs.
  • Le fondement économique du rattrapage repose sur les rendements décroissants, menant à un état stationnaire du développement.
  • Empiriquement, les pays en développement ont souvent affiché des taux de croissance supérieurs à ceux des pays riches.
  • Le rendement correspond à la productivité marginale par tête, c’est-à-dire la variation de la production due à l’ajout d’une unité supplémentaire de facteur.
  • La croissance du PIB peut être décomposée en contributions de ses composantes, dont la somme explique la croissance totale.
  • La contribution d’une composante AiA_i entre tt et t1t-1 est sa croissance pondérée par son poids dans le PIB à la période t1t-1.

💡 Astuce mémo

Rattrapage = pauvres → croissance plus rapide, car rendements décroissants → productivité marginale baisse → convergence.

📖 8. Cycles longs de croissance : innovation et destruction créatrice

🔑 Notions clés & Définitions

  • Demande intérieure finale : La demande intérieure finale regroupe les achats de biens et services des unités résidentes pour satisfaire leurs besoins, en termes réels.
  • Demande extérieure : La demande extérieure correspond aux achats de biens et services par des unités non résidentes, ce qui renvoie au commerce extérieur et plus largement au solde des transactions courantes.
  • Productivité globale des facteurs : La productivité globale des facteurs mesure l’efficacité de la combinaison productive, c’est-à-dire la croissance non expliquée par la variation des volumes de travail et de capital.
  • Stagnation séculaire : La stagnation séculaire désigne une situation de faible croissance durable associée à une faiblesse de l’investissement en capital.
  • Équilibre économique : L’équilibre économique relie l’offre globale à la demande globale via l’identité comptable des emplois et ressources.

📝 Points essentiels

  • La demande intérieure finale = consommation finale + investissement + dépenses de formation de stock du secteur privé et des administrations publiques, en termes réels.
  • La demande extérieure correspond, en comptabilité nationale, au commerce extérieur (importations et exportations) et plus largement au solde des transactions courantes.
  • À long terme, la croissance est déterminée par la productivité globale des facteurs (PGF).
  • La PGF est la croissance non expliquée par la variation du volume des facteurs L et K, et elle reflète l’efficacité de leur combinaison.
  • La PGF est un déterminant de la croissance potentielle à long terme.
  • La PGF dépend de la qualité du travail et du capital et de l’efficacité de leur combinaison productive, et elle varie selon les secteurs (industrie, tertiaire, numérique…).

💡 Astuce mémo

PGF = « croissance hors L et K » : ce qui reste après le travail et le capital, donc efficacité → croissance potentielle.

📖 9. Croissance et progrès technique : exogène et endogène

🔑 Notions clés & Définitions

  • Stagnation séculaire : Concept de stagnation durable où la croissance et l’investissement restent faibles sur le long terme.
  • Alvin Hansen : Économiste qui formule en 1939 une théorie reliant faible croissance, faible investissement et causes démographiques et d’innovation.
  • Larry Summers : Économiste qui popularise en 2013 l’idée de stagnation via une analyse de la croissance, de l’inflation et de l’investissement technologique.
  • Croissance extensive : Modèle où la production augmente surtout parce que la quantité de facteurs de production augmente.
  • Croissance intensive : Modèle où la production augmente surtout grâce à la hausse de la productivité et à une meilleure utilisation des facteurs.

📝 Points essentiels

  • Hansen (1939) relie la stagnation à la faiblesse de la croissance et de l’investissement en capital, associée à une épargne faible.
  • Les causes évoquées par Hansen sont la fermeture des frontières, le ralentissement de l’innovation et la baisse de la croissance démographique.
  • Summers (popularisation en 2013) observe une faiblesse de la croissance, de l’inflation et de l’investissement technologique, avec une épargne excessive et des taux d’intérêt bas.
  • Les causes mises en avant par Summers sont la population vieillissante, la politique expansionniste des banques centrales, la mondialisation et la transmission des crises via les marchés de capitaux.
  • Croissance extensive : l’augmentation de la production est proportionnelle à l’augmentation des quantités de facteurs, et elle crée des emplois (ex. Chine après 1950).
  • Croissance intensive : l’augmentation de la production vient de la productivité globale des facteurs et d’une meilleure utilisation des facteurs, et elle peut être destructrice d’emplois (souvent via progrès techn., ou管理

💡 Astuce mémo

Stagnation = « épargne faible » (Hansen) puis « épargne excessive + taux bas » (Summers) ; Extensif = plus de facteurs, Intensif = mieux utiliser (productivité).

📖 10. Croissance exogène : résidu de Solow

🔑 Notions clés & Définitions

  • Productivité globale des facteurs : La productivité globale des facteurs mesure la part de la croissance qui ne s’explique ni par le travail ni par le capital, mais par l’efficacité et le progrès technique.
  • Croissance potentielle : La croissance potentielle correspond au rythme maximal réalisable à long terme, compatible avec une inflation stable.
  • Inflation stable : L’inflation stable est définie comme un taux d’inflation inférieur à 2% par an.
  • PGF réalisée : La PGF réalisée est la productivité globale des facteurs effectivement observée chez les entreprises, reflet du progrès technique.
  • Output gap : L’output gap est l’écart entre la production effective et la trajectoire de production potentielle.

📝 Points essentiels

  • La croissance potentielle s’appuie sur trois déterminants : travail disponible (démographie), capital disponible, et PGF réalisée par les entreprises.
  • Le PIB potentiel sert de base de mesure pour la croissance potentielle.
  • Les politiques économiques structurelles visent à corriger la trajectoire de croissance à long terme.
  • L’output gap capture un désalignement conjoncturel entre production observée et niveau compatible avec la trajectoire potentielle.
  • Les économistes rappellent que la croissance n’est pas régulière : elle s’observe via le taux de croissance du PIB d’une année à l’autre.
  • Les cycles économiques sont classés en trois types : Kitchin (court), Juglar (affaires), Kondratiev (long).

💡 Astuce mémo

PGF = « progrès technique » ; Potentiel = « max compatible inflation < 2% » ; Output gap = « écart effectif vs potentiel ».

📖 11. Croissance endogène : capital humain et auto-entretenue

🔑 Notions clés & Définitions

  • Innovation majeure : Une innovation majeure est le point de départ d’un cycle long qui déclenche ensuite une diffusion technologique dans l’économie.
  • Grappes d’innovations : Les grappes d’innovations désignent l’enchaînement d’innovations issues d’une innovation initiale, qui accélèrent la diffusion de la technologie.
  • Destruction créatrice : La destruction créatrice décrit le remplacement d’activités et de métiers anciens par de nouveaux, à mesure que l’innovation progresse.
  • Déversement (Alfred Sauvy) : Le déversement est l’idée que les emplois quittent les secteurs dépassés pour se reporter vers les activités nées de l’innovation.
  • Résidu de Solow : Le résidu de Solow est la part de la croissance qui reste inexpliquée par la variation des facteurs de production et renvoie au progrès technique.

📝 Points essentiels

  • Le cycle long commence par une innovation majeure puis produit des grappes d’innovations qui diffusent la technologie jusqu’à son épuisement.
  • La fin du cycle correspond à l’épuisement de la technologie, quand la diffusion dans l’économie ralentit fortement.
  • L’innovation améliore la productivité globale des facteurs via un mécanisme cumulatif qui entretient la dynamique de croissance.
  • L’innovation entraîne des effets sur l’emploi : des postes disparaissent dans des secteurs dépassés mais des emplois apparaissent dans les activités nouvelles.
  • Pour Alfred Sauvy (1953), le phénomène d’emploi s’explique par un déversement : les travailleurs basculent vers les secteurs issus de l’innovation.
  • Solow (1957) traite le progrès technique comme un facteur exogène à la croissance, tandis que les nouveaux classiques le voient comme endogène.

💡 Astuce mémo

Innovation → grappes → diffusion jusqu’à épuisement ; Sauvy : emplois qui déversent vers le nouveau ; Solow : résidu = croissance non expliquée par K et L.

📖 12. Rôle de l’État dans la croissance de long terme

🔑 Notions clés & Définitions

  • Résidu de Solow : Le résidu de Solow désigne la part de la croissance qui reste inexpliquée par la variation des facteurs de production et renvoie à d’autres déterminants.
  • Progrès technique exogène : Le progrès technique exogène est une source de croissance supposée extérieure au modèle, traitée comme une donnée qui “tombe du ciel”.
  • Croissance endogène : La croissance endogène est une théorie où la croissance provient de facteurs internes au système économique, comme le capital humain et l’innovation.
  • Paul Romer : Paul Romer est l’économiste associé à la croissance endogène, qui remet en cause le cadre de Solow et met l’accent sur les mécanismes internes de croissance.
  • Amartya Sen capabilities : Les capabilities d’Amartya Sen désignent les capacités réelles des individus à accéder à des ressources comme l’éducation et le financement, influençant la croissance via le capital humain.

📝 Points essentiels

  • Le modèle de Solow met en évidence un résidu, c’est-à-dire un surplus de croissance non expliqué par la variation de K et L.
  • Le résidu est interprété par le progrès technique et l’état de la technologie dans l’explication mobilisée par Solow.
  • La croissance endogène devient un processus auto-entretenu grâce à des déterminants internes comme l’innovation et le capital humain.
  • Le modèle de Solow est remis en cause car l’état stationnaire n’a pas été observé dans les faits.
  • La croissance endogène met en avant quatre facteurs : rendements croissants liés aux gains d’échelle, rôle de l’État, DIRD/innovation, et connaissance/capital humain.
  • Le rôle de l’État dans la croissance de long terme passe par des politiques structurelles : biens collectifs et services publics, éducation/formation, financement de la DIRD, et amélioration du fonctionnement des marchés

💡 Astuce mémo

Résidu = “reste” inexpliqué → technologie ; Romer = “interne” → capital humain + innovation ; État = “structure” → éducation + DIRD + marchés + biens collectifs.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1796Adam Smith pose la question de la cause de la richesse des nations
1945-1970Régime fordiste : production de masse et consommation de masse
1972Club de Rome : rapport Meadows, The Limits of Growth (Halte à la croissance ?)
1939Alvin Hansen relie faible croissance et faible investissement (stagnation)
2013Larry Summers popularise l’idée de stagnation (épargne excessive, taux bas)
1957Solow : croissance exogène et existence d’un résidu
1986Paul Romer : croissance endogène
2014Notion de croissance inclusive et notion de stagnation séculaire (Larry Summers)
2008Commission de réflexion sur la croissance et le progrès social sous J. Stiglitz, A. Sen et J.-P. Fitoussi

📊 Tableaux de synthèse

Modèles de croissance : extensive vs intensive

TypeMoteurEffetsExemple
Croissance extensiveAugmentation de la quantité de facteurs de productionCrée des emploisCroissance en Chine à partir de 1950
Croissance intensiveHausse de la productivité globale des facteurs et meilleure utilisation des facteursPeut être destructrice d’emploisModèle le plus répandu (souvent via progrès technologique ou management)

Croissance exogène vs endogène (progrès technique)

ApprocheProgrès techniqueMécanisme cléAuteur
Croissance exogèneExogène (« tombe du ciel »)Résidu inexpliqué par K et LR. Solow (1957)
Croissance endogèneEndogèneProcessus auto-entretenu via facteurs internesPaul Romer (1986)

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre croissance et développement : la croissance est surtout quantitative (PIB réel), le développement renvoie à des transformations qualitatives.
  2. Croire que la croissance est régulière : le cours insiste sur l’existence de cycles et sur le fait qu’on l’observe via le taux de croissance du PIB d’une année à l’autre.
  3. Mélanger croissance effective et croissance potentielle : l’une est mesurée sur une période donnée, l’autre correspond à la croissance maximale compatible avec une inflation stable.
  4. Inverser extensive et intensive : extensive = plus de facteurs (création d’emplois), intensive = gains d’efficacité (peut détruire des emplois).
  5. Se tromper sur le résidu de Solow : ce n’est pas un facteur de production supplémentaire, c’est un surplus inexpliqué par la variation de K et L, attribué au progrès technique.
  6. Croire que la croissance potentielle dépend uniquement du travail et du capital : le cours ajoute la PGF réalisée par les entreprises.
  7. Confondre destruction créatrice et déversement : la destruction créatrice remplace des technologies/activités, le déversement (Sauvy) décrit le basculement des emplois vers les activités nées de l’innovation.

✅ Checklist Examen

  1. Définir la croissance économique selon la définition conventionnelle (augmentation soutenue sur une ou plusieurs longues périodes d’un indicateur de dimension, produit global brut ou net en termes réels).
  2. Expliquer l’approche plus contemporaine : croissance plus qualitative (qualité de vie, participation de tous, préservation des ressources) et distinguer croissance durable et croissance inclusive.
  3. Présenter les trois révolutions industrielles avec leurs dates repères et leurs caractéristiques (technologie, bouleversement productif, aspect social) et citer au moins un exemple par révolution.
  4. Définir le rattrapage économique (effet de rattrapage/convergence) et donner son fondement (loi des rendements décroissants) ainsi que l’idée d’une convergence du revenu par habitant.
  5. Distinguer facteurs conjoncturels et facteurs de long terme, puis relier la croissance à court terme aux composantes du PIB (consommation, investissement, variations de stocks, solde commercial).
  6. Définir la demande intérieure finale (consommation finale + investissement + dépenses de formation de stock) et la demande extérieure (importations/exportations et solde des transactions courantes).
  7. Définir la productivité globale des facteurs (PGF) comme croissance non expliquée par la variation du volume des facteurs (L et K) et expliquer pourquoi elle mesure l’efficacité de la combinaison productive.
  8. Comparer croissance extensive et croissance intensive : mécanisme, effets sur l’emploi, et au moins un exemple cité dans le cours.
  9. Définir croissance effective et croissance potentielle, préciser le rôle du PIB potentiel et de l’inflation stable (< 2% par an), puis définir l’output gap.
  10. Maîtriser les cycles économiques : citer les trois types (Kitchin, Juglar, Kondratiev) avec leurs ordres de grandeur et l’idée générale de leur explication (prix/salaires/stocks, investissement, innovations majeures).
  11. Expliquer le cycle long chez Schumpeter : innovation majeure, grappes d’innovations, diffusion jusqu’à épuisement, puis destruction créatrice et effets sur l’emploi (déversement de Sauvy).
  12. Comparer croissance exogène (résidu de Solow, progrès technique exogène) et croissance endogène (Romer, processus auto-entretenu) et lister les 4 facteurs de la croissance endogène (rendements croissants, rôle de l’État,
  13. DIRD/innovation, connaissance/capital humain).
  14. Décrire le rôle de l’État dans la croissance de long terme : biens collectifs et services publics, éducation/formation, financement de la DIRD, fonctionnement des marchés, et agir sur les capabilities (A. Sen).

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Les fondements de la croissance économique avec 12 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quelle définition correspond le mieux à la croissance économique ?

2. Que désigne le rattrapage économique ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Les fondements de la croissance économique avec 24 flashcards interactives.

Croissance économique — définition ?

Augmentation durable de la production d’une économie.

Croissance conventionnelle — mesure ?

Hausse du PIB réel sur une période.

Approche contemporaine — élargissement ?

Intègre qualité de croissance et ses déterminants.

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