Chômage : catégorie qui désigne les personnes actives, c’est-à-dire en âge de travailler, qui ne disposent pas d’un emploi mais qui recherchent activement un emploi.
Sous-emploi : situation de personnes ayant un emploi mais travaillant involontairement moins que souhaité, notamment en temps partiel subis.
Taux de chômage : indicateur mesurant la proportion de chômeurs parmi la population active.
Taux d’emploi : indicateur représentant la proportion d’actifs occupés dans la population en âge de travailler.
Halo du chômage : ensemble des inactifs souhaitant travailler mais non comptabilisés comme chômeurs, regroupant notamment les inactifs qui aimeraient travailler mais ne cherchent pas activement.
Le chômage désigne les personnes actives sans emploi qui sont en recherche d’emploi. Il est généralement mesuré par le taux de chômage, qui indique la proportion de chômeurs parmi la population active. Cependant, cette mesure ne prend pas en compte certains groupes : d’un côté, les inactifs souhaitant travailler mais non inscrits comme chômeurs, formant le halo du chômage ; de l’autre, les actifs occupés qui souhaiteraient travailler davantage, correspondant au sous-emploi. Le sous-emploi concerne donc ceux qui ont un emploi mais travaillent involontairement moins que leur souhait, notamment en temps partiel subi. La mesure du chômage peut ainsi sous-estimer la réalité du non-emploi, en laissant de côté ces deux catégories. La persistance du chômage de masse depuis la fin des Trente Glorieuses, notamment chez les personnes peu qualifiées, montre que cette situation dépasse la simple fluctuation conjoncturelle et soulève des questions sur ses causes structurelles.
Comprendre le chômage et ses limites de mesure est essentiel pour analyser les politiques économiques, car il inclut non seulement les chômeurs officiels mais aussi les inactifs souhaitant travailler et les personnes en sous-emploi, ce qui complexifie l’évaluation de la situation sur le marché du travail.
Chômage conjoncturel : chômage résultant d’une insuffisance de la demande globale, généralement liée à une crise économique. Il apparaît lorsque la demande de biens et services diminue, entraînant une baisse de la production et de l’emploi.
Chômage structurel : chômage causé par des dysfonctionnements du marché du travail indépendants de la conjoncture économique. Il persiste même lorsque la demande globale est favorable, en raison de problèmes fondamentaux du marché du travail.
Appariements : processus par lequel les offres d’emploi et les demandeurs d’emploi se rencontrent. Les difficultés d’appariements, notamment en raison de problèmes d’adéquation ou de mobilité, constituent une source majeure du chômage structurel.
Asymétries d’information : situations où une partie (employeurs ou salariés) dispose de plus d’informations que l’autre, ce qui peut compliquer la recherche d’emploi ou d’employeurs, et favoriser le chômage structurel.
Salaire d’efficience : niveau de salaire supérieur à celui du marché, fixé par l’employeur pour augmenter la productivité ou réduire l’absentéisme. Il peut expliquer la persistance du chômage structurel malgré la flexibilité des salaires.
Le chômage conjoncturel résulte d’une faiblesse de la demande globale, souvent liée à une crise économique. La demande globale, composée de la consommation, de l’investissement, des exportations et du solde commercial, influence directement le niveau de production et d’emploi. Lorsqu’elle diminue, la production baisse, provoquant une hausse du chômage conjoncturel.
Le chômage structurel provient de dysfonctionnements du marché du travail qui ne sont pas liés à la conjoncture. Parmi ces dysfonctionnements, les problèmes d’appariements jouent un rôle crucial, car ils empêchent la rencontre efficace entre offreurs et demandeurs d’emploi. Les asymétries d’information accentuent également ces difficultés, en rendant la recherche d’emploi ou d’employeurs plus complexe. Enfin, le salaire d’efficience, en maintenant des niveaux de salaire élevés, peut freiner la réduction du chômage structurel même en cas de flexibilité salariale.
Différencier les causes du chômage permet d’adapter les politiques publiques, en ciblant soit la demande globale pour le chômage conjoncturel, soit les dysfonctionnements du marché du travail pour le chômage structurel.
Population active : ensemble des personnes en âge de travailler qui sont soit en emploi, soit en recherche active d’emploi et disponibles pour travailler.
Inactifs : personnes qui ne souhaitent pas travailler ou ne sont pas disponibles pour le marché du travail, et qui ne sont pas comptabilisées dans le chômage.
Sous-emploi : situation où des personnes occupent un emploi insuffisamment rémunéré ou à temps partiel volontaire, sous-estimant la réalité du chômage.
Taux d’emploi : rapport entre le nombre de personnes en emploi et la population en âge de travailler, mesurant la proportion d’actifs effectivement en emploi.
Halo du chômage : ensemble des personnes qui, sans être officiellement chômées, sont proches de l’être ou en situation de sous-emploi, ce qui conduit à une sous-estimation du chômage réel.
La population active regroupe à la fois les personnes en emploi et les chômeurs. Les inactifs ne sont pas comptabilisés dans le chômage car ils ne souhaitent pas travailler ou ne sont pas disponibles. Le sous-emploi et le halo du chômage indiquent que le chômage réel est souvent sous-estimé, car ces catégories invisibles ne figurent pas dans les statistiques officielles. Le taux d’emploi mesure la part des actifs qui occupent effectivement un emploi, permettant d’évaluer la situation du marché du travail.
La mesure du chômage est complexe, car elle doit prendre en compte des catégories souvent invisibles pour obtenir une évaluation complète de la situation du marché du travail.
Demande globale : ensemble de la consommation, de l’investissement, des dépenses publiques et des exportations nettes qui déterminent le niveau total de la demande de biens et services dans une économie.
Chômage keynésien : forme de chômage causée par une insuffisance de la demande globale, qui entraîne une baisse de la production et de l’emploi.
Anticipations des entrepreneurs : attentes des entrepreneurs concernant la demande future, qui influencent leurs décisions de production et d’embauche.
Équilibre de sous-emploi : situation où la production est inférieure à celle correspondant au plein emploi, en raison d’une demande insuffisante.
Choc de demande négatif : événement ou phénomène qui réduit la demande globale, entraînant une baisse de la production et de l’emploi.
Le chômage keynésien résulte d’une insuffisance de la demande globale, qui limite la production et l’emploi.
Les entrepreneurs ajustent leur production en fonction de leurs anticipations de demande future : si ces anticipations sont faibles ou négatives, ils réduisent leur activité.
Lorsqu’un choc de demande négatif survient, il diminue la demande pour les biens et services, ce qui conduit à une réduction de la production et des emplois.
L’équilibre de sous-emploi correspond à une situation où la production ne suffit pas à atteindre le plein emploi, en raison d’un déficit de demande globale.
Le chômage peut s’expliquer par des déséquilibres sur le marché des biens, soulignant le rôle central de la demande globale dans la détermination de l’emploi.
Offre de travail : Quantité de travail que les salariés sont prêts à fournir à différents niveaux de salaire, généralement croissante en fonction du salaire réel.
Demande de travail : Quantité de travail que les employeurs souhaitent embaucher à différents niveaux de salaire, généralement décroissante avec le salaire réel.
Salaire d’équilibre : Niveau de salaire où l’offre de travail est égale à la demande de travail, assurant le plein emploi dans un marché parfait.
Concurrence pure et parfaite (CPP) : Modèle théorique où le marché du travail est un lieu fictif où l’offre et la demande s’ajustent librement par le salaire, sans intervention extérieure.
Flexibilité du salaire réel : Capacité du salaire à s’ajuster rapidement pour rétablir l’équilibre entre offre et demande après un choc, permettant d’éviter le chômage involontaire.
Le marché du travail est un lieu fictif où s’équilibrent offre et demande de travail par le salaire.
L’offre de travail augmente lorsque le salaire réel augmente, car les salariés sont incités à travailler davantage ou à entrer sur le marché du travail.
Inversement, la demande de travail diminue lorsque le salaire réel augmente, car les employeurs trouvent plus coûteux d’embaucher.
Le salaire d’équilibre est le niveau qui égalise l’offre et la demande, assurant le plein emploi dans un marché idéal et parfait.
La flexibilité du salaire réel permet d’ajuster rapidement l’emploi après un choc, en modifiant le salaire pour rétablir l’équilibre entre offre et demande.
Dans le modèle néoclassique, le marché du travail idéal équilibre emploi et chômage volontaire grâce à la flexibilité du salaire réel, qui ajuste automatiquement pour atteindre le salaire d’équilibre.
Salaire minimum : Montant légal en dessous duquel il est interdit de rémunérer un salarié, visant à garantir un niveau de vie minimum pour les travailleurs.
Cotisations sociales : Contributions obligatoires versées par l’employeur et le salarié pour financer la protection sociale, augmentant le coût total du travail.
Rigidité salariale : Résistance à la baisse des salaires, empêchant leur ajustement en réponse aux variations économiques ou aux crises.
Coût du travail : Ensemble des dépenses supportées par l’employeur pour employer un salarié, comprenant le salaire brut et les cotisations sociales.
Segmentation du marché du travail : Division du marché en sous-segments où les conditions d’emploi, de salaire et de mobilité diffèrent, compliquant l’ajustement global.
Le salaire minimum peut accroître le chômage des moins qualifiés en fixant un seuil supérieur au salaire d’équilibre, ce qui peut dissuader l’embauche. Les cotisations sociales augmentent le coût du travail pour l’employeur, rendant l’embauche plus coûteuse. La rigidité à la baisse des salaires empêche leur ajustement lors de crises ou de chocs économiques, limitant la flexibilité du marché du travail. Les institutions, telles que les réglementations ou les accords collectifs, peuvent créer des imperfections en empêchant une adaptation fluide des salaires ou des conditions d’emploi. La segmentation du marché du travail, par la division en sous-marchés distincts, limite la mobilité des travailleurs et complique l’ajustement global face aux fluctuations économiques.
Les institutions et règles du travail jouent un rôle central dans la persistance du chômage structurel, en influençant les coûts et la flexibilité du marché du travail.
Politique conjoncturelle : ensemble d’actions économiques visant à ajuster la demande globale pour atténuer les fluctuations du cycle économique, notamment en période de chômage conjoncturel.
Demande globale : somme de la consommation, de l’investissement, des dépenses publiques et des exportations nettes qui détermine le niveau d’activité économique à court terme.
Relance budgétaire : politique utilisant principalement l’augmentation des dépenses publiques ou la réduction des impôts pour stimuler la demande globale, en particulier lors d’une crise économique.
Relance monétaire : politique menée par la banque centrale consistant à faciliter le crédit en diminuant le taux directeur, afin d’accroître la consommation et l’investissement.
Choc de demande : variation soudaine et importante de la demande globale, pouvant entraîner une hausse ou une baisse de l’activité économique, souvent liée à une crise ou à une politique économique expansionniste.
Les politiques conjoncturelles visent à soutenir la demande globale pour réduire le chômage. La relance budgétaire consiste à augmenter la consommation et l’investissement publics, ce qui peut générer une croissance économique immédiate. La relance monétaire, en facilitant l’octroi de crédits par une baisse du taux directeur, stimule la consommation et l’investissement privés. Ces politiques sont particulièrement efficaces face au chômage conjoncturel, lié à une crise économique, en agissant directement sur la demande globale pour relancer l’activité économique.
Agir sur la demande globale par des politiques budgétaires et monétaires est essentiel pour atténuer les fluctuations cycliques du chômage, en particulier lors de crises économiques.
Allégement du coût du travail : mesures visant à diminuer la charge financière supportée par l’employeur pour l’embauche et le maintien des salariés, notamment par la réduction des cotisations sociales patronales.
Cotisations sociales patronales : contributions versées par l’employeur pour financer la protection sociale, qui augmentent le coût total du travail et assurent la couverture des prestations sociales pour la population.
Salaire net : rémunération perçue par le salarié après déduction des cotisations sociales et impôts, représentant la part réellement disponible pour le consommateur.
Compétitivité-coût : capacité d’une entreprise à proposer ses produits ou services à un prix compétitif en maintenant un coût du travail réduit, favorisant ainsi sa position sur le marché.
Incitations à l’emploi : mécanismes ou politiques qui encouragent les entreprises à embaucher, notamment par la baisse du coût du travail ou la flexibilisation des contrats, afin de favoriser la création d’emplois.
Réduire les cotisations sociales patronales diminue directement le coût du travail, ce qui peut encourager l’embauche, surtout pour les salariés peu qualifiés dont la productivité est inférieure au coût du travail au SMIC. Un coût du travail plus faible permet à ces salariés d’être plus facilement employables, car leur productivité devient alors supérieure à leur coût. Les politiques d’allégement, telles que la suppression ou la baisse du salaire minimum ou la réduction des rigidités dans la fixation des salaires, visent à rendre le marché du travail plus flexible et à encourager l’embauche.
La réduction des cotisations sociales, par des dispositifs comme le CICE ou le Pacte de responsabilité, représente une mesure majeure pour lutter contre le chômage. Ces mesures ont permis une augmentation de l’emploi non qualifié à partir de 1993, après une baisse continue depuis 1984. Cependant, elles présentent des limites : un coût élevé pour le budget public, car l’État doit compenser la baisse des cotisations, ce qui accroît le déficit, et un effet d’aubaine, avec une multiplication des emplois à bas salaire plutôt que la création d’emplois mieux rémunérés.
Les politiques de flexibilité du travail visent à favoriser la création et la destruction rapides d’emplois en facilitant le licenciement et en réduisant leur coût. La suppression ou la flexibilisation des protections, comme les contrats de travail protecteurs ou les conventions collectives, permet d’accroître la fluidité du marché du travail. Depuis les années 2000, ces politiques ont inclus la facilitation des ruptures de CDI via la rupture conventionnelle ou la loi Travail, afin d’encourager la mobilité et la création d’emplois.
Diminuer le coût du travail par des politiques d’allégement et de flexibilisation constitue une stratégie pour rendre l’emploi plus accessible et compétitif, tout en cherchant à réduire le chômage structurel.
Flexibilité salariale : capacité à ajuster les salaires en fonction de l’équilibre du marché du travail, permettant de répondre aux fluctuations économiques.
Flexibilité quantitative : adaptation du volume d’emploi, c’est-à-dire la possibilité d’augmenter ou de réduire le nombre de salariés en fonction de l’activité économique.
Flexibilité qualitative : modification des compétences, des conditions de travail ou de l’organisation du travail pour mieux répondre aux besoins de l’entreprise.
Rigidités du marché du travail : obstacles ou freins qui empêchent ou ralentissent ces ajustements, contribuant au maintien du chômage.
Mobilité du travail : capacité des travailleurs à changer de poste, de secteur ou de région pour s’adapter aux évolutions du marché et réduire le chômage structurel.
La flexibilité salariale permet d’ajuster les salaires pour atteindre l’équilibre du marché, facilitant ainsi la création ou la suppression d’emplois selon la conjoncture. La flexibilité quantitative concerne l’adaptation du nombre d’emplois, notamment par des contrats courts ou temporaires comme le CDD ou l’intérim, permettant aux entreprises d’engager ou de licencier rapidement. La flexibilité qualitative porte sur la modification des compétences ou des conditions de travail, par exemple via l’externalisation ou la formation, pour répondre aux besoins changeants. Les rigidités du marché du travail, qu’elles soient réglementaires ou liées aux coûts, freinent ces ajustements et contribuent au chômage. Enfin, améliorer la mobilité du travail, notamment géographique, facilite la réduction du chômage structurel en permettant aux travailleurs de se déplacer vers des zones plus dynamiques ou d’acquérir de nouvelles compétences.
Renforcer la flexibilité du marché du travail, notamment par la réduction des rigidités et l’amélioration de la mobilité, est essentiel pour réduire les déséquilibres et favoriser l’emploi.
| Date | Événement |
|---|---|
| Fin des Trente Glorieuses | Période de persistance du chômage de masse |
| Critère | Chômage conjoncturel | Chômage structurel |
|---|---|---|
| Cause | Insuffisance de la demande globale | Dysfonctionnements du marché du travail |
| Origine | Crise économique, baisse de la demande | Problèmes d’appariements, asymétries d’information, salaire d’efficience |
| Effet | Hausse du chômage lors de crises | Persistance même en période favorable |
| Politique ciblée | Politique de relance de la demande | Réformes du marché du travail, amélioration de l’adéquation |
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Chômage — définition ?
Personnes actives sans emploi en recherche active.
Sous-emploi — définition ?
Travailleurs travaillant moins que souhaité.
Taux de chômage — rôle ?
Indicateur de la proportion de chômeurs.
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