Fiche de révision : Mécanismes de création monétaire et financement

📋 Plan du Cours

  1. Importance du financement et création monétaire
  2. Création monétaire et multiplicateur du crédit
  3. Monnaie centrale et contrôle bancaire
  4. Mécanismes de création monétaire par crédit
  5. Achat d’actifs et contreparties de la création
  6. Compensation bancaire et fuites de liquidités
  7. Raisons d’être des banques et fonctions
  8. Financement indirect par intermédiation bancaire
  9. Financement direct par marchés de capitaux
  10. Finance et croissance : corrélation versus causalité

📖 1. Importance du financement et création monétaire

🔑 Notions clés & Définitions

  • Financement de l’économie : Ensemble des moyens qui permettent aux acteurs d’obtenir des ressources pour investir, consommer et produire.
  • Création monétaire : Processus par lequel le système bancaire augmente la monnaie disponible dans l’économie, surtout sous forme scripturale.
  • Monnaie centrale : Monnaie détenue par les banques commerciales à la banque centrale, utilisée notamment pour les paiements interbancaires et les réserves.
  • Banque centrale : Institution de premier rang qui contrôle la création monétaire via l’émission et la gestion de la monnaie centrale.
  • Banques commerciales : Banques de second rang qui créent principalement de la monnaie scripturale lorsqu’elles accordent du crédit.

📝 Points essentiels

  • La compréhension de la création monétaire aide à répondre à pourquoi l’État ne distribue pas plus d’argent et pourquoi la banque centrale n’imprime pas directement pour les ménages.
  • Le financement de l’économie implique de connaître la diversité des sources financières et des acteurs concernés.
  • Dans l’économie, la monnaie en circulation est majoritairement fiduciaire et surtout scripturale.
  • Deux acteurs participent à la création monétaire : les banques commerciales et la banque centrale, cette dernière en assure le contrôle.
  • Le contrôle de la banque centrale passe par l’émission de monnaie centrale, qui sert aux paiements interbancaires, à l’achat de billets/pièces et à la constitution des réserves obligatoires.
  • La monnaie centrale sur le compte des banques commerciales à la banque centrale n’est pas comptée dans la masse monétaire, et la monnaie centrale/billets ne sont pas vus comme création monétaire.

💡 Astuce mémo

Création = banques (crédit) ; contrôle = banque centrale (monnaie centrale).

📖 2. Création monétaire et multiplicateur du crédit

🔑 Notions clés & Définitions

  • Création monétaire scripturale : Création de monnaie sous forme de dépôts bancaires, issue des opérations des banques commerciales plutôt que de l’émission de billets.
  • Monnaie centrale : Monnaie émise par la banque centrale, utilisée pour régler les dettes et créances entre banques commerciales.
  • Avoir en devises : Montant détenu par un agent sur son compte bancaire, libellé en devises après une opération avec l’étranger.
  • Crédits à l’économie : Engagements bancaires envers entreprises et ménages, qui constituent des contreparties de la création monétaire.
  • Fuites monétaires : Sorties de liquidités (billets et réserves obligatoires) qui limitent la capacité des banques à créer de la monnaie scripturale.

📝 Points essentiels

  • Une vente de biens et services à l’étranger payée en devises puis convertie en euros augmente la monnaie en Europe via le dépôt à vue de l’exportateur.
  • Dans ce cas, la banque enregistre à l’actif une créance sur l’étranger correspondant aux devises reçues, et au passif le dépôt en euros crédité.
  • Avec un taux de change 1 pour 1, l’exportation augmente la masse monétaire en Europe du montant vendu et diminue celle aux États-Unis du même montant.
  • Une importation européenne réduit la masse monétaire en Europe du montant de l’achat réalisé à l’étranger (destruction de monnaie).
  • L’achat d’actifs non monétaires par la banque (ex. immobilier) crée de la monnaie : le vendeur est crédité et la banque inscrit l’actif à son bilan.
  • Les contreparties de la création monétaire incluent des créances sur l’économie, sur l’étranger (acquisition de devises) et sur le Trésor (acquisition de Bons du Trésor).

💡 Astuce mémo

Export = dépôt qui monte en Europe + créance sur l’étranger à l’actif ; Import = monnaie européenne qui baisse ; Actif acheté = dépôt crédité ; Fuites = billets/réserves qui freinent la création.

📖 3. Monnaie centrale et contrôle bancaire

🔑 Notions clés & Définitions

  • Monnaie centrale : La monnaie détenue par les banques commerciales auprès de la banque centrale, utilisée pour régler leurs dettes et créances entre elles.
  • Compensation bancaire : Le mécanisme d’échanges entre banques qui permet d’éteindre des dettes et créances nées des paiements entre leurs clients via des règlements en monnaie centrale.
  • Fuite en billets : Le retrait d’espèces par les clients qui oblige une banque à convertir de la monnaie scripturale en monnaie fiduciaire, nécessitant des liquidités en monnaie centrale.
  • Réserves obligatoires : La fraction des dépôts que les banques commerciales doivent déposer auprès de la banque centrale, ce qui limite leur capacité de crédit.
  • Refinancement auprès de la banque centrale : Le recours d’une banque commerciale à la banque centrale pour obtenir de la monnaie centrale quand elle manque de liquidités pour satisfaire des retraits ou des exigences de réserves.

📝 Points essentiels

  • Deux banques règlent en monnaie centrale les dettes et créances issues des échanges entre leurs clients, ce qui permet d’éteindre des positions interbancaires.
  • Si une banque doit payer en monnaie centrale, elle peut vendre des actifs à la banque centrale, qui prend en charge la dette de la banque vendeuse.
  • Lors d’une compensation, les bilans s’ajustent : la créance/dette interbancaire disparaît et apparaît un compte en monnaie centrale (avec des montants opposés).
  • Une fuite en billets survient quand un client retire des espèces : la banque doit convertir la monnaie scripturale en fiduciaire et donc obtenir des liquidités en monnaie centrale.
  • Dans l’exemple, un retrait de 300 entraîne un compte à la banque centrale à -300 pour la banque, et des billets à 300 pour la banque centrale.
  • Les réserves obligatoires correspondent à un pourcentage des dépôts que les banques doivent constituer auprès de la banque centrale, ce qui borne la création de crédit future par contrainte de liquidité en monnaie centra

💡 Astuce mémo

Compensation = dettes qui s’annulent en monnaie centrale ; Fuite en billets = scriptural → fiduciaire, donc besoin de monnaie centrale ; Réserves obligatoires = % des dépôts qui freine le crédit.

📖 4. Mécanismes de création monétaire par crédit

🔑 Notions clés & Définitions

  • Création monétaire : Création monétaire : capacité du système bancaire à augmenter la monnaie disponible, principalement sous forme scripturale, à partir de crédits accordés.
  • Banques commerciales : Banques commerciales : institutions qui transforment des réserves en crédits, ce qui alimente ensuite les dépôts à vue et donc la monnaie scripturale.
  • Réserves excédentaires : Réserves excédentaires : partie des réserves en monnaie centrale que la banque détient au-delà des exigences, mobilisable pour accorder des prêts.
  • Taux de réserves obligatoires : Taux de réserves obligatoires : pourcentage des dépôts que la banque doit conserver en réserves auprès de la banque centrale.
  • Taux de détention des billets : Taux de détention des billets : part des actifs liquides des agents économiques qu’ils conservent sous forme de billets plutôt que de dépôts.

📝 Points essentiels

  • Le pouvoir de création monétaire appartient aux banques commerciales, mais il est borné par des contraintes imposées par la banque centrale et par les comportements des agents.
  • Première limite : les retraits en billets de la clientèle réduisent les dépôts et donc la base sur laquelle les banques peuvent prêter.
  • Deuxième limite : la banque centrale impose un niveau de réserves obligatoires, ce qui retire une fraction des dépôts gérés de la capacité de prêt.
  • Troisième limite : la circulation interne au secteur bancaire (paiements interbancaires et compensation) influence la façon dont les réserves se déplacent entre banques.
  • Le multiplicateur de crédit mesure le montant de monnaie scripturale créée et prêtée à partir de réserves excédentaires, en tenant compte des fuites en billets et des réserves obligatoires.
  • Condition de départ : si une banque a des réserves excédentaires, elle peut les transformer en crédits, donc en dépôts à vue, tant qu’elle respecte les réserves obligatoires et qu’elle peut fournir des billets à la place

💡 Astuce mémo

Crédit = Réserves excédentaires → Dépôts à vue, mais les fuites (billets) et les RO “coupent” le multiplicateur : Billets + RO = frein.

📖 5. Achat d’actifs et contreparties de la création

🔑 Notions clés & Définitions

  • Gestion des moyens de paiement : Fonction bancaire consistant à collecter les dépôts et à permettre leur circulation via des instruments de paiement.
  • Gestion de la liquidité : Fonction bancaire visant à assurer la disponibilité des liquidités aux déposants malgré des horizons temporels différents entre prêteurs et emprunteurs.
  • Transformation des ressources : Processus par lequel une banque convertit des ressources de court terme en crédits de long terme pour financer des projets d’investissement.
  • Bank run : Situation où la perte de confiance rend incertaine la capacité de la banque à rembourser, déclenchant des retraits massifs.
  • Contagion bancaire : Propagation d’une crise d’illiquidité à d’autres banques via la dépréciation d’actifs, la perte de confiance et des comportements de panique.

📝 Points essentiels

  • Les banques répondent à des obstacles du financement direct, notamment la divergence de temporalité entre prêteurs et emprunteurs et l’asymétrie d’information.
  • La banque facilite les règlements en mettant à disposition des instruments de paiement (espèces, cartes bancaires, virements).
  • La divergence des horizons temporels implique que les prêteurs (CF) préfèrent le court terme tandis que les emprunteurs (BF) visent le long terme.
  • Le risque de liquidité correspond à l’incertitude sur la capacité de la banque à fournir les liquidités aux déposants, ce qui peut mener à un bank run.
  • L’illiquidité peut déboucher sur l’insolvabilité (dépôt de bilan) et contaminer d’autres banques, via un effet domino.
  • La résolution mentionnée combine apport de liquidités, garantie des dépôts et blocage des retraits, avec une logique d’intervention extrême et ciblée sur le service de liquidité.

💡 Astuce mémo

Liquidité = timing + confiance : si la banque ne peut pas payer maintenant → retraits (bank run) → effet domino.

📖 6. Compensation bancaire et fuites de liquidités

🔑 Notions clés & Définitions

  • Asymétrie d’information : L’asymétrie d’information désigne une situation où l’emprunteur connaît mieux la qualité de son projet que le prêteur.
  • Contrat de prêt incitatif : Un contrat de prêt incitatif est un accord qui aligne les intérêts de l’emprunteur avec ceux du prêteur pour améliorer la qualité du contrôle.
  • Garanties (collatéraux) : Les garanties, ou collatéraux, sont des actifs mis en gage pour réduire le risque et renforcer la discipline de l’emprunteur.
  • Contrôleur du contrôleur : Le contrôleur du contrôleur est un dispositif de supervision d’une entité chargée de contrôler, afin de limiter partialité et collusion.
  • Titrisation : La titrisation est une opération qui regroupe des créances en un portefeuille puis le transforme en titres vendus à des investisseurs.

📝 Points essentiels

  • L’asymétrie d’information pousse le prêteur à surévaluer les risques, ce qui rend l’identification du risque coûteuse et peut freiner le financement.
  • La banque centralise l’information collectée, ce qui réduit les coûts grâce à des économies d’échelle et facilite l’accès au financement.
  • La banque se distingue des agences de notation car elle produit l’information pour ses propres décisions d’investissement.
  • La banque agit comme contrôleur délégué via des contrats de prêts incitatifs et la mise en place de garanties.
  • La qualité du contrôle est assurée par une diversification des risques et par une supervision publique du contrôleur (ex. commission bancaire), elle-même évaluée (ex. cours des comptes).
  • La logique « originate to hold » (détenir) est remplacée par « originate to distribute » (distribuer) à partir des années 1990, ce qui modifie les incitations de surveillance du risque.

💡 Astuce mémo

Asymétrie → surévaluation → coûts de contrôle; la banque compense par information + contrats + collatéraux, puis se fait contrôler en retour.

📖 7. Raisons d’être des banques et fonctions

🔑 Notions clés & Définitions

  • Banques intermédiaires : Les banques sont des intermédiaires entre prêteurs et emprunteurs, transformant l’épargne en crédits.
  • Spécialisation bancaire : La spécialisation bancaire désigne la séparation des établissements selon la gestion des dépôts et la correspondance entre ressources et emplois.
  • Modèle mixte : Le modèle mixte correspond à une organisation où la spécialisation s’atténue et coexistent plusieurs types d’activités bancaires.
  • Banque universelle : La banque universelle est un modèle issu de la libéralisation où un même établissement peut combiner plusieurs activités bancaires et financières.
  • Too big too fail : Too big too fail désigne le risque que des banques jugées trop grandes pour faire faillite soient implicitement protégées, ce qui modifie les comportements.

📝 Points essentiels

  • Les banques relient l’épargne des prêteurs aux crédits des emprunteurs via l’intermédiation financière.
  • Au XIXe siècle, la spécialisation progresse avec une logique de correspondance temporelle entre ressources (dépôts) et emplois (crédits).
  • Au XXe siècle, la spécialisation s’atténue et le modèle mixte se développe, ce qui accroît l’exposition aux crises (notamment les années 1930).
  • Le mouvement “aller-retour” oppose la spécialisation renforcée par la loi bancaire de 1945 à la déspecialisation portée par les réformes Debré (1966-67).
  • Jusqu’aux années 1980, le financement bancaire reste fortement encadré par l’État via notamment l’encadrement des taux.
  • La libéralisation s’accentue avec la loi bancaire de 1984 et l’essor de la banque universelle, puis la fin du Glass-Steagall Act (1933) est associée au Le Gramm-Leach-Billey Act de 1999 aux États-Unis.

💡 Astuce mémo

Intermédiaire = épargne → crédits ; puis “spécialiser/déspecialiser” en cycles (1945 puis Debré 1966-67, puis libéralisation 1984 et 1999).

📖 8. Financement indirect par intermédiation bancaire

🔑 Notions clés & Définitions

  • Marché interbancaire : Marché réservé à la Banque Centrale et aux établissements de crédit pour se refinancer en monnaie banque centrale.
  • Marché monétaire élargi : Marché accessible à l’ensemble des agents où s’échangent des titres de créances négociables.
  • Titres de créances négociables : Titres monétaires négociables qui servent de support aux échanges sur le marché monétaire élargi.
  • Marché financier : Ensemble des titres longs (actions et obligations) échangés sur des marchés primaire et secondaire.
  • Financement direct vs indirect : Opposition entre un financement via intermédiaires bancaires et un financement via marchés de capitaux.

📝 Points essentiels

  • Le marché interbancaire ne concerne que la Banque Centrale et les établissements de crédit pour le refinancement en monnaie banque centrale.
  • Le marché interbancaire est un instrument privilégié de la politique monétaire.
  • Le marché monétaire élargi échange surtout des bons du Trésor, des certificats de dépôts, des billets de trésorerie et des bons à moyen terme négociables (1 an max).
  • Le marché financier regroupe des titres longs, aussi appelés marché primaire et marché des valeurs mobilières (neuf ou secondaire).
  • Le marché des actions se décompose en marché réglementé et marché non-réglementé depuis 2005.
  • Le marché réglementé classe les entreprises selon la capitalisation (CAC 40 si capitalisation > 1 Md, puis 150 Mn < capitalisation < 1 Md, puis < 150 Mn).

💡 Astuce mémo

Interbancaire = Banque Centrale + banques + refinancement en monnaie centrale ; Monétaire élargi = titres courts négociables (bons du Trésor, CD, billets, BMT ≤ 1 an).

📖 9. Financement direct par marchés de capitaux

🔑 Notions clés & Définitions

  • Financement direct : Mode de financement où les entreprises lèvent des fonds directement sur les marchés de capitaux plutôt que via des banques.
  • Marchés de capitaux : Système où s’échangent des titres permettant de financer les entreprises et de répartir le capital entre investisseurs et émetteurs.
  • Financement indirect : Mode de financement où les fonds passent par des intermédiaires financiers, notamment les banques, avant d’atteindre les entreprises.
  • Orientation marché : Orientation du système financier où la croissance s’appuie davantage sur la logique de marché que sur la logique bancaire.
  • Orientation banque : Orientation du système financier où le financement dépend surtout des banques et de leurs arbitrages.

📝 Points essentiels

  • La mutualisation des risques réduit l’exposition globale, tandis que le transfert des risques déplace l’exposition vers d’autres acteurs du système.
  • Dans le système « banque », le capital des entreprises est plus concentré, alors que dans le système « marché » il est davantage fragmenté.
  • Les banques exercent une pression sur les activités des entreprises, tandis que les investisseurs exercent une pression différente via les exigences de marché.
  • Un secteur bancaire large et dominé par des banques universelles tend à coexister avec un secteur « marché » plus étroit et spécialisé dans l’investissement.
  • Selon R. Levine, l’orientation « marché » est associée à un développement financier qui soutiendrait la croissance économique.
  • La vision du développement financier est décrite comme linéaire : les PED partiraient de systèmes « banques » puis approfondiraient progressivement la logique « marché » au fil du développement économique.

💡 Astuce mémo

Banque = capital concentré et pression bancaire ; Marché = capital fragmenté et pression investisseurs.

📖 10. Finance et croissance : corrélation versus causalité

🔑 Notions clés & Définitions

  • Corrélation finance-croissance : La corrélation finance-croissance désigne une association statistique observée entre développement financier et croissance économique, sans prouver le sens du lien.
  • Causalité inverse : La causalité inverse correspond au fait que la croissance économique peut influencer le développement financier, ce qui brouille l’interprétation des résultats.
  • Variables tierces omises : Les variables tierces omises sont des facteurs non contrôlés qui influencent à la fois la finance et la croissance, créant une fausse relation apparente.
  • Répression financière : La répression financière regroupe des politiques qui contraignent les taux d’intérêt et l’allocation du crédit, ce qui peut freiner l’investissement et la croissance.
  • Libéralisation financière : La libéralisation financière correspond à l’ouverture du secteur financier et à l’assouplissement des contraintes, avec l’idée qu’elle stimule l’investissement et la croissance.

📝 Points essentiels

  • Shaw (1973) modélise le rôle des banques comme intermédiaires transformant l’épargne en crédits pour relier finance et croissance.
  • Dans le cadre de Shaw, la répression financière (taux d’intérêt imposé trop bas) anéantit l’épargne et réduit le nombre de projets financés.
  • Pour Shaw, il faut interdire le plafonnement des taux d’intérêt et laisser les taux s’établir à la hausse pour favoriser l’investissement et in fine la croissance.
  • Le plafonnement à la baisse renforce l’aversion pour le risque et la préférence pour la liquidité des intermédiaires, ce qui déforme l’allocation du crédit.
  • Avec Shaw et McKinnon, la répression financière contraint les perspectives macroéconomiques et freine l’accumulation du capital privé.
  • La relation finance-croissance est entachée d’endogénéité : causalité inverse et/ou variables tierces omises peuvent expliquer la corrélation observée plutôt que la finance ne cause la croissance.

💡 Astuce mémo

Corrélation = « qui bouge avec qui ? » ; causalité = « qui fait bouger quoi ? » (attention à la causalité inverse et aux variables tierces).

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1934USA : création de la Federal Deposit Insurance Corporation (garantie des dépôts)
1990sDiffusion plus tardive de la garantie des dépôts dans les pays émergents
1990-2000Émergence de « supra-institutions de crédit » et externalisation via titrisation/dérivés (shadow banking)
1973McKinnon et Shaw théorisent/documentent la relation finance-croissance
1903-1983J. Robinson : « Là où la croissance conduit, la finance suit »
2005Découpage du marché des actions en marché réglementé et non-réglementé
2015Arcan, Berkes, Panizza : au-delà de 100% du PIB de crédits, effet négatif de la finance sur la croissance
2011Rousseau et Wachtel : relation finance-croissance positive dans les années 60s-80s, pas dans les données récentes

📊 Tableaux de synthèse

Création monétaire : banques vs banque centrale

ActeurCe qu’il faitCe que ça implique
Banques commercialescréent surtout de la monnaie scripturale (crédit, achats d’actifs)la masse monétaire augmente via dépôts à vue ; contreparties : créances sur l’économie/étranger/Trésor
Banque centralecontrôle via l’émission de monnaie centralela monnaie centrale sert aux paiements interbancaires, à l’achat de billets et aux réserves obligatoires ; monnaie centrale/billets ne sont pas comptés comme création monétaire

Finance et croissance : corrélation vs causalité

NotionIdéeRisque d’interprétation
Corrélation finance-croissanceassociation statistique entre développement financier et croissancene prouve pas le sens du lien
Causalité inversela croissance peut influencer le développement financierbrouille l’interprétation des résultats
Variables tierces omisesfacteurs non contrôlés influencent finance et croissancecréent une fausse relation apparente

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre monnaie centrale et création monétaire : la monnaie centrale sert aux paiements interbancaires/réserves, mais n’est pas comptée comme création monétaire.
  2. Croire que la banque centrale « imprime » pour distribuer aux ménages : le cours insiste sur le rôle des banques commerciales et sur le contrôle via monnaie centrale.
  3. Penser que le crédit détruit la monnaie dès l’octroi : au contraire, l’octroi crée des dépôts à vue (passif) et une créance (actif) ; la destruction vient du remboursement.
  4. Se tromper sur l’effet export/import : export augmente la masse monétaire en Europe (et diminue aux États-Unis), import réduit la masse monétaire européenne (destruction).
  5. Oublier que la compensation bancaire se fait en monnaie centrale : les dettes/créances interbancaires s’annulent et se remplacent par des comptes en monnaie centrale.
  6. Interpréter une fuite en billets comme une création monétaire : elle correspond à la conversion scriptural→fiduciaire, nécessitant de la monnaie centrale (refinancement).
  7. Mélanger répression financière et libéralisation : Shaw/McKinnon relient la répression (taux trop bas) à l’anéantissement de l’épargne et à la baisse du nombre de projets financés.

✅ Checklist Examen

  1. Expliquer pourquoi l’État ne « distribue » pas plus et pourquoi la banque centrale n’imprime pas directement pour les ménages, en reliant cela au mécanisme de création monétaire.
  2. Définir les deux acteurs de la création monétaire et préciser le rôle de la banque centrale via l’émission de monnaie centrale (paiements interbancaires, billets, réserves obligatoires).
  3. Justifier comptablement l’octroi de crédit : montrer l’augmentation simultanée du passif (dépôt à vue) et de l’actif (créance sur le client), puis la destruction lors du remboursement.
  4. Décrire le mécanisme d’exportation payée en devises converties en euros : préciser les écritures (DAV de l’exportateur et créance sur l’étranger) et l’effet symétrique sur la masse monétaire Europe/US.
  5. Décrire l’achat d’actifs non monétaires par une banque : expliquer comment le vendeur est crédité et comment les contreparties (créances sur l’économie/étranger/Trésor) s’articulent à la création monétaire.
  6. Expliquer la contrainte du pouvoir de création : conversion scriptural→monnaie centrale et fuites de liquidités (billets et réserves obligatoires).
  7. Décrire la compensation bancaire entre banques commerciales : expliquer l’extinction des dettes/créances interbancaires et l’apparition de comptes en monnaie centrale.
  8. Expliquer la fuite en billets : relier retrait d’espèces, besoin de liquidités en monnaie centrale et l’idée de refinancement auprès de la banque centrale.
  9. Expliquer les réserves obligatoires : relier le pourcentage des dépôts aux limites de la capacité de crédit future.
  10. Définir le multiplicateur de crédit et calculer/raisonner son principe avec : réserves excédentaires, taux de réserves obligatoires et taux de détention des billets (fuites).
  11. Présenter les raisons d’être des banques : obstacles au financement direct (temporalité, asymétrie d’information) et fonctions (moyens de paiement, transformation des ressources, gestion de l’information/risques).
  12. Expliquer la finance et la croissance : distinguer corrélation/causalité (causalité inverse, variables tierces omises) et résumer les arguments de McKinnon/Shaw sur la répression financière et la libéralisation, puis les

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1. Quel est le rôle principal de la création monétaire dans le financement de l’économie ?

2. Quelle est la définition du financement de l’économie ?

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Création monétaire — acteurs ?

Banques commerciales et banque centrale.

Création monétaire scripturale

Création via crédits et dépôts bancaires.

Multiplicateur du crédit — rôle ?

Mesurer la création monétaire à partir de réserves.

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