Fiche de révision : Changement climatique et territoires

Plan du Cours

  1. GIEC et Accord de Paris
  2. Composantes et échelles du climat
  3. Gaz à effet de serre et réchauffement
  4. Observer et définir le climat
  5. Observer et traiter le climat
  6. Attribuer les changements climatiques
  7. Modéliser et projeter le climat
  8. Évolution du cycle de l’eau
  9. Précipitations et variabilité hydrologique
  10. Climat et biodiversité
  11. Feux de forêt en France
  12. Calottes, océans et biodiversité marine
  13. Biodiversité marine et théorie METAL
  14. Biodiversité marine et réchauffement
  15. Changement climatique et santé
  16. Agriculture et sécurité alimentaire
  17. Neutralité carbone et adaptation
  18. Méditerranée : milieux et transformations

Repères chronologiques

  1. 1816L’année a été une anomalie climatique, avec un été environ 4 °C plus froid à Genève, en conséquence de l’éruption du volcan Tambora en 1815
  2. 1988Le GIEC a été créé par l’Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations unies pour l’environnement afin de fournir aux États une expertise scientifique solide sur le changement climatique
  3. décembre 2015L’Accord de Paris a été adopté lors de la COP21 et vise à contenir la hausse de la température mondiale bien en dessous de 2 °C en s’efforçant de la limiter à 1,5 °C

1. GIEC et Accord de Paris

★ À maîtriser

📌 Le GIEC ne mène pas ses propres recherches : il évalue et synthétise les connaissances publiées dans les revues scientifiques, en présentant le consensus scientifique et les limites des connaissances.

  • 🔄 L’élaboration d’un rapport suit plusieurs étapes:
    1. Définition d’un sommaire détaillé
    2. Examen du sommaire par les États
    3. Sélection des auteurs
    4. Relectures par les experts et les États
    5. Approbation phrase par phrase du résumé pour décideurs

📌 L’Accord de Paris impose un bilan mondial tous les cinq ans afin d’encourager des contributions nationales toujours plus ambitieuses et de ne pas revenir en arrière.

Compléments

  • Le GIEC comprend 195 États membres qui gouvernent l’organisation, approuvent ses rapports et prennent leurs décisions par consensus, c’est-à-dire à l’unanimité.

Astuce mémo

GIEC = expertise scientifique ; COP = négociation politique

2. Composantes et échelles du climat

Notions clés & Définitions

  • Atmosphère : Composante du système climatique qui change le plus rapidement et mélange l’air à l’échelle de quelques semaines à quelques mois

★ À maîtriser

📌 L’océan se déplace beaucoup plus lentement que l’atmosphère et agit comme une mémoire ou un métronome du climat, tandis que les glaciers, les sols et les rivières évoluent selon des échelles de temps encore différentes.

  • Pendant les 10 000 années correspondant au développement des civilisations, les concentrations de CO₂, de méthane et de protoxyde d’azote ont été relativement stables avant leur augmentation très rapide récente, particulièrement après la Seconde Guerre mondiale.

Compléments

  • Les émissions humaines de CO₂ liées aux combustibles fossiles sont passées d’environ 1 à 2 milliards de tonnes de carbone par an dans les années 1950 à environ 10 milliards de tonnes de carbone par an aujourd’hui.

Astuce mémo

L’atmosphère agit vite, l’océan joue le rôle de métronome

3. Gaz à effet de serre et réchauffement

Points essentiels

  • Le réchauffement planétaire moyen atteint 1,1 °C sur la décennie 2011-2020 par rapport à 1850-1900, et les modèles climatiques attribuent cette augmentation aux activités humaines.

  • Les émissions humaines modifient la composition de l’atmosphère, ce qui change les concentrations des composés, le forçage radiatif et le climat.

  • Les émissions de CO₂ proviennent principalement de l’utilisation du pétrole, du gaz et du charbon, ainsi que de certaines activités industrielles comme la fabrication du ciment, tandis que le changement d’usage des terres, notamment la déforestation, relargue du CO₂ stocké dans les sols.

  • Environ 56 % du CO₂ émis sont actuellement absorbés par la végétation terrestre et l’océan, tandis qu’une autre partie reste dans l’atmosphère pendant des millénaires.

📌 Le CO₂ a un effet cumulatif et peut rester longtemps dans l’atmosphère, tandis que le méthane y demeure environ une dizaine d’années et procure donc un bénéfice relativement rapide lorsqu’on réduit ses émissions.

Astuce mémo

Émissions → concentrations atmosphériques → forçage radiatif → réchauffement

4. Observer et définir le climat

★ À maîtriser

📌 La météorologie étudie le temps qu’il fait ou qu’il va faire en un lieu donné et à un instant donné, généralement sur quelques jours, tandis que le climat décrit les conditions météorologiques moyennes d’une région sur une longue période.

  • L’Organisation météorologique mondiale recommande une période d’environ trente ans pour définir les normales climatiques.

  • Les variables climatiques essentielles comprennent notamment:

    • La température
    • Les précipitations
    • Le niveau de l’océan
    • L’étendue des glaces
    • L’étendue des feux
    • La concentration atmosphérique de CO₂

Compléments

  • Avant 1850, la rareté et la mauvaise répartition des mesures instrumentales conduisaient à utiliser des marqueurs indirects du climat, appelés proxies, comme les cernes des arbres.

Astuce mémo

Météo : quelques jours et un lieu ; climat : moyennes régionales sur environ 30 ans

5. Observer et traiter le climat

Notions clés & Définitions

  • Variables climatiques essentielles : Variables pertinentes, observables ou dérivées scientifiquement, mesurées par des réseaux couvrant la planète sur les périodes les plus longues possibles pour suivre l’évolution du climat.

★ À maîtriser

  • Les 55 variables climatiques essentielles comprennent notamment:

    • les températures continentales et marines
    • le niveau de l’océan
    • l’étendue des glaces
    • les surfaces brûlées
    • la concentration atmosphérique en CO₂
  • L’homogénéisation compare une série climatique à des séries voisines afin de corriger les perturbations liées aux instruments, à l’environnement ou au déplacement des stations et d’extraire le signal climatique des artefacts de mesure.

  • Selon le sixième rapport du GIEC publié en 2021, la décennie 2011-2020 était de 1,1 °C plus chaude que 1850-1900, avec une estimation comprise entre 0,95 et 1,2 °C, et ce réchauffement est sans précédent depuis au moins 2 000 ans.

Compléments

  • Les premières mesures instrumentales climatiques datent du XVIIe siècle, le premier réseau météorologique de l’Observatoire de Paris apparaît en 1856, et l’estimation climatique par satellites commence à la fin des années 1970.

Astuce mémo

Observer les composantes, homogénéiser les séries, puis estimer les erreurs

6. Attribuer les changements climatiques

Notions clés & Définitions

  • Attribution du changement climatique : Science qui évalue les causes des changements climatiques en distinguant les facteurs humains, les facteurs naturels et la variabilité naturelle interne.

★ À maîtriser

📌 Les facteurs humains comprennent les gaz à effet de serre, les aérosols et d’autres perturbations, les facteurs naturels comprennent notamment les éruptions volcaniques, l’activité solaire et les variations orbitales, tandis que la variabilité interne correspond aux fluctuations spontanées du système climatique.

  • Entre 1850-1900 et 2010-2019, le réchauffement observé de la température moyenne planétaire est de 1,1 °C et est presque entièrement attribuable aux activités humaines, les gaz à effet de serre contribuant à environ 1,5 °C et les aérosols à un refroidissement net d’environ 0,4 °C. — GIEC, GIEC-AR6

  • Pour un événement extrême, l’attribution compare sa probabilité dans le monde factuel avec influence humaine, notée P1, à celle d’un monde contrefactuel sans influence humaine, notée P0, et peut aussi comparer son intensité observée I1 à l’intensité I0 d’un événement de même probabilité dans le monde contrefactuel.

  • La canicule de juillet 2019 en France, définie par une température moyenne sur trois jours supérieure à 28,7 °C, a atteint 42,6 °C à Paris ; sa probabilité était d’environ 1 sur 40 et l’influence humaine a ajouté 2,1 °C à son intensité. — Robin et al., 2021

Compléments

  • En France métropolitaine, le réchauffement entre le début du XXe siècle et 2020 atteint environ 1,7 °C, tandis que les gaz à effet de serre ont contribué à près de 2 °C et les aérosols à un refroidissement d’environ 0,3 °C. — Ribes et al., 2022

Astuce mémo

Monde factuel influencé par l’humain contre monde contrefactuel sans influence humaine

7. Modéliser et projeter le climat

Notions clés & Définitions

  • Modèle de climat : Représentation du système climatique à partir d’observations, de lois physiques, chimiques et biologiques exprimées par des équations, puis exécutée sur des supercalculateurs.

Points essentiels

  • 🔄 La construction d’un modèle climatique suit trois étapes:
    1. découper la Terre, l’océan et les continents en mailles tridimensionnelles
    2. représenter les phénomènes plus petits que les mailles
    3. calculer les équations en parallèle sur un supercalculateur

📌 La descente en échelle dynamique utilise un modèle à aire limitée de meilleure résolution, tandis que la descente en échelle statistique établit des liens statistiques entre les petites et les grandes échelles.

  • Les simulations utilisant uniquement les forçages naturels ne reproduisent pas l’augmentation récente de la température mondiale, tandis que l’ajout des gaz à effet de serre, des aérosols et de la déforestation permet de la reproduire.

  • Les scénarios climatiques partent d’hypothèses démographiques, technologiques, socio-économiques et géopolitiques, qui déterminent des émissions régionales de gaz à effet de serre utilisées par les modèles climatiques pour projeter les changements physiques et leurs impacts.

  • Les cinq scénarios d’émissions du GIEC montrent un dépassement vraisemblable de 1,5 °C au début des années 2030, puis des trajectoires allant d’une stabilisation à environ 3 °C dans un scénario intermédiaire et à plus de 4 °C dans les scénarios les plus élevés. — AR6

Astuce mémo

Hypothèses socio-économiques → émissions → projections climatiques → impacts

8. Évolution du cycle de l’eau

★ À maîtriser

  • Au cours du XXe siècle, les aérosols anthropiques ont largement masqué l’effet des gaz à effet de serre sur le cycle de l’eau en refroidissant les continents et en limitant l’évaporation.

  • Les activités humaines ont renforcé l’augmentation des fortes pluies quotidiennes et les sécheresses agricoles dans certaines régions, notamment l’ouest de l’Europe et le pourtour méditerranéen.

  • Dans un scénario médian, les précipitations augmentent surtout en hiver aux hautes latitudes européennes et diminuent fortement en été dans le sud de l’Europe, ce qui accroît la saisonnalité de la pluviométrie.

  • Dans un scénario médian, l’intensité moyenne des précipitations augmente presque partout dans le monde, ce qui accroît aussi le risque d’inondations, tandis que l’évolution du nombre de jours sans pluie reste spatialement hétérogène.

Compléments

  • La mission GRACE documente depuis 2002 l’évolution des stocks d’eaux superficielles et souterraines, dont la variation est très hétérogène selon les régions et peut dépendre fortement des prélèvements humains.

📌 Une journée pluvieuse est définie par une précipitation supérieure à 1 mm, seuil utilisé pour calculer l’intensité moyenne des précipitations quotidiennes.

Astuce mémo

Réchauffement et aérosols modifient les pluies, l’évaporation et les sécheresses

9. Précipitations et variabilité hydrologique

★ À maîtriser

📌 L’intensité moyenne des précipitations est calculée en divisant la précipitation annuelle par le nombre de jours de pluie, un jour pluvieux étant défini par une précipitation supérieure à 1 mm.

  • Les régions citées sont:

    • le pourtour méditerranéen
    • la Californie
    • l’Afrique du Sud
    • le Chili
    • une partie de l’Australie
  • L’intensité moyenne des précipitations devrait augmenter de manière quasi uniforme à l’échelle du globe, y compris pour les événements extrêmes, ce qui accroît le risque d’inondations.

  • Dans certaines régions, notamment l’Amazonie et les zones semi-arides, le nombre de jours secs devrait augmenter, ce qui réduira le nombre d’événements pluvieux et accroîtra la variabilité de la pluviométrie annuelle.

Compléments

📌 Les politiques d’adaptation doivent tenir compte à la fois de l’évolution moyenne et de la variabilité temporelle des précipitations, du ruissellement et des ressources en eau, en s’appuyant sur plusieurs modèles et scénarios.

Astuce mémo

Réchauffement → pluies plus intenses, mais ressources en eau plus variables

10. Climat et biodiversité

Points essentiels

  • Le changement climatique deviendra la principale cause de perte de biodiversité au cours de ce siècle, par l’intermédiaire de la température, des événements extrêmes, des régimes de précipitations et des feux.

  • Lorsque les espèces peuvent migrer, elles se déplacent vers des conditions climatiques plus favorables, tandis que les espèces incapables de migrer peuvent subir des extinctions locales ou globales.

  • Les écosystèmes naturels absorbent environ un tiers des émissions annuelles de gaz à effet de serre.

  • La production alimentaire contribue à environ un tiers des émissions annuelles de gaz à effet de serre, tandis que l’agriculture constitue la principale cause de perte de biodiversité.

📌 Les solutions fondées sur la nature peuvent atténuer simultanément le changement climatique et la perte de biodiversité, tandis que certaines mesures climatiques, comme les biocarburants ou les plantations d’arbres mal conçues, peuvent détruire des habitats, menacer la sécurité alimentaire ou favoriser les espèces envahissantes.

Astuce mémo

Solutions fondées sur la nature : synergies possibles, mais certaines mesures climatiques menacent la biodiversité

11. Feux de forêt en France

★ À maîtriser

  • 🔄 La méthode d’évaluation comporte trois étapes:

    1. simuler la météorologie future
    2. traduire les données météorologiques en danger ou activité potentielle de feu
    3. projeter l’activité des feux selon les scénarios futurs
  • Dans le quart sud-est de la France, le nombre annuel moyen de grands feux supérieurs à 100 ha pourrait passer de 7 actuellement à près de 20 en fin de siècle dans le scénario le plus pessimiste, tandis qu’un scénario moins pessimiste conduirait tout de même à un doublement.

  • Dans le sud-est de la France, la zone exposée à une activité de feu significative pourrait passer d’un peu plus d’un quart de la zone à presque la moitié en 2050, puis à presque deux tiers en 2090 dans le scénario pessimiste.

Compléments

  • En France, les progrès de la prévention et de la lutte ont divisé par quatre l’activité des feux entre les années 1980 et les années 2010, principalement grâce à la réduction des feux supérieurs à 1 ha et à l’amélioration de l’attaque initiale.

  • Le nombre annuel de journées où plus de sept feux dépassant 1 ha se produisent simultanément pourrait passer de 2 actuellement à 10 en moyenne en fin de siècle.

Astuce mémo

Météo future → danger incendie → activité projetée

12. Calottes, océans et biodiversité marine

★ À maîtriser

  • Une calotte polaire se forme lorsque la neige s’accumule d’année en année, se densifie sous le poids des couches successives, se transforme en glace et s’écoule sous l’effet de la gravité.

  • Le Groenland stocke l’équivalent de 7 m de niveau marin et l’Antarctique un peu plus de 60 m, tandis qu’il y a 20 000 ans le niveau marin était près de 130 m plus bas qu’actuellement.

  • Depuis la fin du XXe siècle, la perte de masse des calottes contribue à environ 1,4 mm par an à l’élévation du niveau marin, qui augmente actuellement de 4 mm par an au total.

📌 Le point de bascule du Groenland est estimé entre 1,5 et 2 °C de réchauffement moyen par rapport à la période préindustrielle, au-delà duquel la fonte pourrait devenir irréversible à l’échelle de plusieurs siècles à plusieurs millénaires.

  • L’océan couvre deux tiers de la planète et a absorbé 90 % de l’énergie additionnelle du système climatique, contre 1 % pour l’atmosphère, 4 % pour la glace et 6 % pour les continents.

  • La hausse du niveau marin résulte notamment de la fonte des glaces continentales, qui explique 50 % de l’augmentation observée, et de la dilatation thermique de l’océan, qui en explique 30 %.

Compléments

  • La perte de masse du Groenland est dominée par l’augmentation de la fonte périphérique et contribue aujourd’hui à 0,9 mm par an à l’élévation du niveau marin.

  • Les vagues de chaleur marines sont des zones océaniques qui se réchauffent anormalement pendant quelques semaines ou quelques mois, généralement de 2 à 4 °C, et elles deviennent plus fréquentes, plus intenses et plus longues.

Astuce mémo

Réchauffement → fonte et dilatation → hausse du niveau marin et réorganisation du vivant

13. Biodiversité marine et théorie METAL

Notions clés & Définitions

  • Niche écologique : Hutchinson — Ensemble des conditions environnementales qui permettent à une espèce de croître, de se maintenir et de se reproduire.
  • Théorie METAL : La théorie METAL, pour « Macroecological Theory on the Arrangement of Life », relie des processus d’écologie comportementale, de biogéographie, de biologie du changement climatique et de macroécologie afin de modéliser la biodiversité.

★ À maîtriser

  • Dans la théorie METAL, des espèces virtuelles reçoivent des propriétés biologiques et des niches écologiques, puis les conditions environnementales déterminent leur établissement régional et leur rassemblement en communautés.

  • Une augmentation uniforme de 2 °C entraîne une diminution de la biodiversité dans les régions chaudes de l’océan et une augmentation dans les régions extratropicales, ce qui traduit une réorganisation des écosystèmes plutôt qu’une hausse générale des services écosystémiques.

Compléments

  • La biodiversité marine comprend entre 194 000 et 250 000 espèces décrites, mais le nombre total d’espèces pourrait se situer entre 500 000 et 2,2 millions, de sorte qu’environ 9 % seulement des espèces océaniques seraient connues.

Astuce mémo

Des espèces virtuelles occupent les régions océaniques où leur niche écologique est possible

14. Biodiversité marine et réchauffement

Notions clés & Définitions

  • Niche écologique : Ensemble des besoins environnementaux propres à une espèce, qui déterminent les régions où elle peut s’établir et les communautés auxquelles elle peut appartenir.

★ À maîtriser

  • La biodiversité de surface de l’océan présente un pic dans les régions tropicales et les modèles METAL montrent de bonnes corrélations avec les observations chez les foraminifères, les copépodes, les euphausiacés, les poissons cartilagineux, les poissons osseux et les cétacés.

📌 Une augmentation de la biodiversité ne signifie pas nécessairement une augmentation des services écosystémiques, mais peut traduire une réorganisation de la structure et du fonctionnement des écosystèmes.

  • Une hausse uniforme de la température de 2 °C diminue la biodiversité dans les régions chaudes de l’océan et l’augmente fortement dans les régions extratropicales.

  • Selon les scénarios climatiques, des modifications substantielles de la biodiversité concerneraient 42 % de la superficie océanique lorsque le réchauffement reste inférieur à 2 °C, contre 94 % dans un scénario de réchauffement très important.

Compléments

  • Les modifications substantielles de biodiversité concernent déjà 28 % de la superficie des océans entre 1960 et 2000, contre 5 % pour la variabilité naturelle et environ 85 % entre une période glaciaire et une période interglaciaire sur 5 000 à 6 000 ans.

Astuce mémo

Réchauffement → réorganisation de la biodiversité → transformations des écosystèmes

15. Changement climatique et santé

Notions clés & Définitions

  • Relation température-mortalité : Relation qui suit schématiquement une courbe en U, avec une mortalité minimale autour de 18 à 22 °C et une hausse lorsque la température s’en éloigne.

★ À maîtriser

  • La température moyenne en Europe a augmenté de 2 à 3 °C par rapport à l’ère préindustrielle, ce qui pourrait multiplier par 20, 30 ou 40 le nombre de jours de températures extrêmes au milieu du XXIe siècle.

  • En Europe, les températures extrêmes sont aujourd’hui associées à environ 7 à 8 % des décès, dont environ 1 % attribuable aux températures chaudes.

Compléments

  • Les incendies, les événements extrêmes, l’élévation du niveau marin, la dégradation agricole, les allergènes et les maladies infectieuses constituent d’autres impacts sanitaires du changement climatique.

  • Deux tiers des agents infectieux sévissant en Europe sont sensibles au climat, notamment à la température et aux précipitations.

  • Les principaux secteurs émetteurs sont:

    • le transport
    • l’agriculture
    • le résidentiel
    • la production d’énergie

Astuce mémo

RCP 8.5 : hausse globale de la mortalité ; RCP 2.6 : stagnation ou légère baisse

16. Agriculture et sécurité alimentaire

★ À maîtriser

  • Les activités humaines occupent plus de 70 % des terres libres de glace, tandis que les écosystèmes peu perturbés n’en représentent plus que 28 à 30 %.

  • Les rythmes d’érosion des sols agricoles sont 10 à 100 fois supérieurs à leur taux de formation, ce qui empêche leur renouvellement dans les conditions actuelles.

  • Le changement climatique diminue les rendements du maïs et du blé dans les régions tropicales, tandis qu’un réchauffement graduel peut augmenter les rendements aux latitudes élevées et froides.

  • Un réchauffement mondial de 2 °C pourrait provoquer simultanément des carences alimentaires régionales, tandis qu’un réchauffement de 3 à 4 °C menacerait l’ensemble du système alimentaire mondial.

  • Près de 30 % de la production alimentaire est aujourd’hui perdue ou gaspillée, ce qui contribue à 8 à 10 % des émissions anthropiques de gaz à effet de serre.

Compléments

  • 🔄 Les principales réponses agricoles suivent trois orientations:
    1. développer l’agroforesterie et les techniques d’atténuation
    2. réduire les pertes et gaspillages
    3. diversifier les régimes alimentaires

Astuce mémo

Pressions sur les terres → baisse des rendements → risques alimentaires → adaptation

17. Neutralité carbone et adaptation

Notions clés & Définitions

  • Neutralité climat : Situation où les émissions anthropiques brutes de gaz à effet de serre sont ramenées à la capacité d’absorption des puits de carbone, ce qui stabilise le stock atmosphérique et le réchauffement.

★ À maîtriser

  • Le charbon, le pétrole et le gaz fournissent près de 80 % de l’énergie mondiale et sont à l’origine de près de 70 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

📌 La transition énergétique vise à réduire le carbone fossile, tandis que la transition agroécologique concerne le carbone vivant produit par la photosynthèse, qui est à l’origine de 25 % des émissions mondiales.

  • Les risques clés en Europe sont:

    • les vagues de chaleur
    • les pertes de rendement agricole
    • les pénuries d’eau
    • les inondations côtières ou continentales
  • Autour de 3 °C de réchauffement climatique, les limites d’adaptation peuvent être atteintes en Europe, avec environ 90 000 morts par an et un risque d’effondrement des systèmes de santé dans le sud de l’Europe.

📌 Les mesures d’adaptation orientées vers l’offre d’eau, comme le stockage et la désalinisation, doivent être combinées aux mesures orientées vers la demande, comme la tarification progressive, la concertation et les cultures moins consommatrices d’eau.

Compléments

  • Les infrastructures côtières protègent les villes contre les inondations mais peuvent réduire les espaces disponibles pour les écosystèmes, tandis que l’agroforesterie apporte des bénéfices pour la qualité de l’eau, les écosystèmes terrestres et la santé.

Astuce mémo

Offre d’eau contre demande d’eau ; fossile contre carbone vivant

18. Méditerranée : milieux et transformations

Notions clés & Définitions

  • Maladaptation : Désigne une adaptation qui ne réduit pas les risques ou qui rend les populations plus vulnérables.
  • Atténuation : Réduction des émissions de gaz à effet de serre et renforcement des puits de carbone afin de limiter le changement climatique.

Points essentiels

  • Le climat méditerranéen se caractérise par des hivers doux, des étés chauds et secs, des températures estivales généralement supérieures à 30 °C et une forte variabilité des précipitations annuelles.

  • Les précipitations annuelles vont de moins de 200 millimètres en Afrique du Nord et dans la péninsule Arabique à 2 000 millimètres dans les régions montagneuses du nord.

  • 🔄 La succession climatique comprend:

    1. des périodes plus chaudes qu’actuellement
    2. des épisodes frais et pluvieux
    3. des phases d’aridité
  • Entre 10 000 et 6 000 ans avant le présent, la population méditerranéenne est passée de 6 à 20 millions d’habitants, puis de 20 à 100 millions entre 6 000 et 2 000 ans avant le présent.

  • Le réchauffement méditerranéen augmente la température et l’évaporation tout en diminuant les précipitations et les apports fluviaux à la mer.

  • Les espèces non indigènes de la Méditerranée comprennent notamment des espèces thermophiles originaires de l’Indo-Pacifique, arrivées par le canal de Suez lors de migrations lessepsiennes, et plus de 900 espèces exotiques ont été recensées.

  • L’agriculture méditerranéenne est menacée par les sécheresses, les températures élevées, les contraintes du sol et de l’eau ainsi que les incendies, tandis que les olives, le raisin, les amandes, les légumes secs et les races locales de moutons et de chèvres constituent des adaptations traditionnelles.

  • En Normandie, les stations météorologiques montrent depuis 1970 une hausse des températures comprise entre 1,2 et 2 °C.

  • Selon les scénarios et les secteurs, les projections indiquent en Normandie un réchauffement compris entre 0,7 et 4,1 °C.

  • L’augmentation de l’intensité des précipitations entraîne davantage de ruissellement, de crues, de remontées de nappes, d’inondations, d’érosion des sols, de turbidité et de coulées boueuses.

  • Les projections prévoient une diminution de 10 à 30 % du débit moyen annuel des cours d’eau du bassin de la Seine et un rabattement des nappes compris entre 1 et 10 mètres en Normandie.

  • L’atténuation agit sur les causes du changement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et en renforçant les puits de carbone, tandis que l’adaptation agit sur ses conséquences en réduisant la vulnérabilité des sociétés et des écosystèmes.

  • Selon le rapport AR6 du GIEC, l’adaptation peut devenir moins efficace après un réchauffement moyen mondial de 1,5 °C, notamment lorsque l’eau douce devient insuffisante dans les petites îles et les zones montagneuses dépendantes de la fonte des glaciers.

  • Pour limiter le réchauffement à 2 °C, les émissions mondiales doivent diminuer de 20 à 30 % d’ici 2030 par rapport à 2019, tandis qu’une trajectoire à 1,5 °C nécessite une division par deux.

Astuce mémo

Réchauffement et sécheresse → pressions sur l’eau, les écosystèmes et les sociétés

Tableaux de synthèse

GIEC et Accord de Paris

ÉlémentRôleTemporalité
GIECÉvaluer et synthétiser les connaissances scientifiquesRapports selon des cycles de 5 à 7 ans
COP / CCNUCCNégocier les réponses internationales au changement climatiqueRéunions annuelles
Accord de ParisOrganiser des contributions nationales et leur renforcementBilan mondial tous les 5 ans

Causes du changement climatique

CauseExemplesEffet général
Facteurs humainsGaz à effet de serre, aérosols, déforestationRéchauffement net, partiellement compensé par les aérosols
Facteurs naturelsVolcanisme, activité solaire, orbite terrestrePerturbations externes du climat
Variabilité interneFluctuations spontanées du système climatiqueModulation naturelle du climat

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Changement climatique et territoires avec 68 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Dans quel but le GIEC a-t-il été créé en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations unies pour l’environnement ?

2. Quelle distinction décrit correctement le rôle du GIEC par rapport à la recherche climatique ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Changement climatique et territoires avec 89 flashcards interactives.

En quelle année le GIEC a-t-il été créé ?

Le GIEC a été créé en 1988.

Quelle est la méthode principale du GIEC pour fournir son expertise ?

Le GIEC évalue et synthétise les connaissances publiées.

Combien d'États membres composent le GIEC ?

Le GIEC comprend 195 États membres.

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