Fiche de révision : Conflits et sécurité internationale

📋 Plan du Cours

  1. Définir le conflit et l’échelle de violence
  2. Conflits armés et conflictualités contemporaines
  3. Conflits interétatiques et guerres civiles
  4. Modèle clausewitzien de la guerre classique
  5. Guerre totale, alliances et montée aux extrêmes
  6. Nationalisme et idéologies comme moteurs de violence
  7. Terrorisme supranational et réseaux djihadistes
  8. Droit de la guerre et vocabulaire humanitaire
  9. Paix de Westphalie, diplomatie et équilibre des puissances
  10. Sécurité collective et ONU à l’époque de Kofi Annan
  11. Moyen-Orient : frontières coloniales et instabilités
  12. Conflits au Moyen-Orient et rivalités d’influence

📖 1. Définir le conflit et l’échelle de violence

🔑 Notions clés & Définitions

  • Conflit : Un conflit est une opposition entre deux ou plusieurs acteurs, née quand un comportement est perçu comme contraire aux intérêts d’autrui.
  • Conflictualité : La conflictualité désigne le degré d’opposition entre acteurs, allant du désaccord jusqu’à l’affrontement armé.
  • Conflit armé : Un conflit armé correspond à la guerre, notion plus précisément retenue dans ce thème.
  • Guerre ouverte : La guerre ouverte est le niveau maximal de l’échelle de violence, où l’affrontement armé devient direct et manifeste.

📝 Points essentiels

  • Le terme « conflit » vient du latin conflictus et renvoie à l’idée de choc, affrontement ou lutte.
  • Un conflit apparaît quand un individu ou un groupe adopte un comportement jugé contraire aux intérêts d’un autre.
  • L’antagonisme peut se manifester par rivalité, tension, hostilité ou affrontement armé.
  • L’échelle de conflictualité va du simple désaccord aux degrés intermédiaires de tension et de violence jusqu’à la guerre ouverte.
  • Dans ce thème, « conflit » est surtout restreint au conflit armé, mais l’étude inclut aussi des conflictualités contemporaines pouvant produire de la violence sans guerre classique.
  • Les conflits actuels peuvent être diffus et complexes, avec des violences qui ne débouchent pas forcément sur un affrontement militaire classique.

💡 Astuce mémo

Échelle = Désaccord → Tension → Hostilité → Guerre ouverte (plus c’est direct, plus c’est violent).

📖 2. Conflits armés et conflictualités contemporaines

🔑 Notions clés & Définitions

  • Martin van Creveld : Historien et spécialiste militaire israélien qui soutient que les guerres contemporaines ne correspondent plus au modèle classique centré sur les États.
  • Carl von Clausewitz : Officier prussien dont l’œuvre De la guerre propose une théorie générale de la guerre et de ses liens avec la politique.
  • De la guerre : Ouvrage majeur de Clausewitz publié après sa mort en 1832, qui formalise une théorie globale du phénomène guerrier.
  • Guerre absolue : Type de guerre décrit par Clausewitz visant l’anéantissement total de l’adversaire.
  • Brouillard de la guerre : Notion clausewitzienne désignant l’incertitude qui entoure les combats et empêche une maîtrise totale.

📝 Points essentiels

  • Après 1945, la complexité des conflits augmente malgré une baisse du nombre, ce qui crée un décalage entre perception et réalité.
  • Van Creveld affirme que les conflits entre États conventionnels tendent à disparaître au profit d’acteurs non étatiques et de motivations ethniques, religieuses ou idéologiques.
  • Clausewitz définit la guerre comme la poursuite de la politique par d’autres moyens, avec des objectifs politiques fixés par les dirigeants et exécutés par les armées.
  • Clausewitz distingue la guerre absolue, orientée vers l’anéantissement total, et la guerre réelle, limitée par des facteurs comme la logistique, la fatigue et les pertes.
  • Clausewitz explique que la guerre dépend de trois pôles : passion des peuples, calcul stratégique des armées et raison politique des gouvernants.
  • La guerre de Sept Ans (1756-1763) illustre un conflit mondial avant l’heure, avec rivalités européennes et affrontements coloniaux, tout en restant compatible avec un modèle traditionnel d’États et de coalitions.

💡 Astuce mémo

Clausewitz = politique + incertitude : « politique d’abord, brouillard toujours » ; Van Creveld = acteurs non étatiques : « États reculent, guérillas/terrorisme montent ».

📖 3. Conflits interétatiques et guerres civiles

🔑 Notions clés & Définitions

  • Guerre de Sept Ans : Conflit du XVIIIe siècle opposant plusieurs puissances en Europe et dans les colonies, souvent présenté comme un premier conflit réellement mondial.
  • Traité de Paris (1763) : Accord de 1763 qui met fin à la guerre de Sept Ans et redéfinit les possessions coloniales.
  • Clausewitz : Auteur prussien associé à une théorie de la guerre comme instrument politique et à l’idée d’incertitude du combat.
  • Guerres révolutionnaires : Conflits déclenchés à partir de 1792 par l’attaque des puissances européennes contre la France révolutionnaire.
  • Guerre napoléonienne : Ensemble des guerres menées par Napoléon Ier, marquées par une logique idéologique et une mobilisation à grande échelle.

📝 Points essentiels

  • La guerre de Sept Ans devient un conflit mondial, mobilisant plusieurs continents et de nombreux acteurs, avec des retournements comme la mort d’Élisabeth de Russie puis l’arrivée de Pierre III.
  • La Royal Navy bloque les ports français et empêche le ravitaillement, ce qui contribue à la perte progressive des possessions françaises en Amérique du Nord.
  • Le conflit illustre la formule de Clausewitz : la guerre comme continuation de la politique par d’autres moyens, avec des alliances renversées (France et Autriche unies contre la Prusse).
  • La stratégie de Frédéric II vise à préserver ses forces et à épuiser l’adversaire plutôt qu’à le détruire, pour le décourager.
  • En 1763, le traité de Paris met fin au conflit ; la France perd une grande partie de son empire colonial au profit de l’Angleterre, tandis que la Prusse sort renforcée.
  • Les guerres révolutionnaires commencent en 1792 quand les puissances européennes attaquent la France pour empêcher la diffusion des idées révolutionnaires et préserver la monarchie de Louis XVI.

💡 Astuce mémo

Sept Ans = Sept mers : blocus naval → colonies perdues ; Clausewitz = politique → guerre ; 1763 = Paris = paix.

📖 4. Modèle clausewitzien de la guerre classique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Guerre totale : La guerre totale est un conflit où l’ensemble de la société est mobilisé, de l’économie à la propagande, et pas seulement les armées.
  • Montée aux extrêmes : La montée aux extrêmes est l’escalade d’un conflit jusqu’à viser l’anéantissement de l’ennemi, sur les plans militaire et moral.
  • Guerre absolue : La guerre absolue est une logique d’affrontement poussée à son maximum, où la violence tend à devenir illimitée et totale.
  • Équilibre de la terreur : L’équilibre de la terreur est une stabilité contrainte par la menace nucléaire, qui réduit le risque d’affrontement direct entre grandes puissances.
  • Guerre de position : La guerre de position est un type de combat dominé par la défense et la stabilisation des fronts, typique des conflits industrialisés.

📝 Points essentiels

  • La guerre touche toutes les activités d’une société, ce qui transforme le conflit en phénomène global plutôt qu’en affaire strictement militaire.
  • La montée aux extrêmes se traduit par une volonté d’anéantir l’adversaire, y compris sur le plan moral, pas seulement par la conquête territoriale.
  • Les deux guerres mondiales illustrent une guerre menée avec l’objectif explicite de détruire l’ennemi, en mobilisant armées et civils.
  • La guerre froide rend le choc frontal entre États-Unis et URSS impossible à cause du risque nucléaire, ce qui conduit à des affrontements indirects.
  • Les guerres périphériques (Corée, Cuba, Vietnam) montrent une opposition à distance tout en conservant une dimension politique et idéologique centrale.
  • L’industrialisation accroît la violence : mitraillettes, obus et artillerie lourde favorisent la guerre de position et des pertes massives, comme à Verdun (~300 000 victimes en dix mois).

💡 Astuce mémo

Totale = Société entière ; Extrêmes = Anéantir ; Nucléaire = Pas de choc direct → Proxies (Corée/Cuba/Vietnam) ; Position = Industrialisation (tranchées/no man’s land).

📖 5. Guerre totale, alliances et montée aux extrêmes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Guerre contre le terrorisme : Conflit présenté comme illimité, sans ennemi clairement circonscrit, visant l’éradication d’un phénomène terroriste plutôt qu’un État identifié.
  • Al-Qaïda : Réseau islamiste fondé en 1987, qui revendique des attentats et justifie un djihad contre les puissances occidentales.
  • Daech : Acronyme d’État islamique en Irak et au Levant, organisation djihadiste sunnite qui cherche à instaurer un État territorial et un califat.
  • Califat : Modèle politique religieux visant à recréer une autorité islamique unifiée, présenté par Daech comme devant remplacer les frontières issues de l’après-Empire ottoman.
  • Brouillard de la guerre : Idée clausewitzienne selon laquelle l’action militaire se déroule dans l’incertitude, rendant la décision et l’information difficiles.

📝 Points essentiels

  • La revendication des attentats par Al-Qaïda s’appuie sur l’idée d’une interférence occidentale dans les affaires des États musulmans et sur le devoir de djihad.
  • Al-Qaïda contredit la vision clausewitzienne du « caméléon » en tant que guerre commandée par un État, car il s’agit d’un groupe idéologique sans défense d’un territoire précis.
  • La mondialisation d’Al-Qaïda passe par des affiliés capables de frapper ailleurs, comme Boko Haram ou AQMI.
  • La « guerre contre le terrorisme » lancée par les États-Unis est décrite par George W. Bush comme une « lutte de civilisation » et ne suit pas les schémas classiques de Clausewitz.
  • L’intervention américaine en Irak (2003) affaiblit l’État irakien et favorise une fragmentation ethnique, religieuse et régionale, puis la diffusion de l’islamisme parmi des résistants.
  • Al-Qaïda en Irak se radicalise sous Abou Moussab Al-Zarqaoui, puis devient indépendante et rivale de la direction d’Al-Qaïda (« maison mère »).

💡 Astuce mémo

Al-Qaïda = réseau sans territoire ; Daech = territoire sans frontières.

📖 6. Nationalisme et idéologies comme moteurs de violence

🔑 Notions clés & Définitions

  • Guerre de Trente Ans : Conflit européen du XVIIᵉ siècle (1618-1648) qui s’étend et se radicalise, dévastant durablement les régions concernées.
  • Saint-Empire romain germanique : Ensemble politique d’Europe centrale, unifié et fragmenté, structuré par des États aux libertés fortes et une autorité impériale limitée.
  • Guerre totale : Forme de guerre où la violence dépasse la logique politique classique, portée par des convictions et une haine de l’ennemi.
  • Cujus regio, ejus religio : Principe selon lequel la religion d’un territoire dépend du choix du souverain qui gouverne ce territoire.
  • Plénipotentiaires : Diplomates dotés du pouvoir de négocier et de signer au nom de leur souverain lors des congrès et traités.

📝 Points essentiels

  • Le Saint-Empire combine autonomie des États et soumission théorique à l’empereur, ce qui favorise des alliances changeantes et des ingérences étrangères.
  • La France soutient le camp protestant non par conviction religieuse mais pour affaiblir les Habsbourg d’Espagne et d’Autriche.
  • La guerre de Trente Ans s’enracine dans deux oppositions : clivage catholiques/protestants et rivalité politique entre puissances pour l’indépendance et l’influence.
  • Selon Clausewitz, le conflit s’éloigne de la rationalité étatique et devient une guerre « totale » alimentée par la conviction religieuse et la haine.
  • Les soldats, souvent sans solde, pillent et détruisent, aggravant les souffrances des civils et prolongeant la spirale de destruction.
  • Les négociations de Westphalie (ouvertes en 1644) réunissent des plénipotentiaires dans des villes neutres (Münster et Osnabrück) pendant plus de cinq ans pour encadrer la guerre.

💡 Astuce mémo

Idéologie = carburant : quand la foi et la haine remplacent la stratégie, la guerre devient « totale ».

📖 7. Terrorisme supranational et réseaux djihadistes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Terrorisme supranational : Le terrorisme supranational désigne des actions violentes menées par des acteurs organisés au-delà des frontières, visant des objectifs politiques ou idéologiques globaux.
  • Réseaux djihadistes : Les réseaux djihadistes sont des organisations transnationales qui recrutent, financent et coordonnent des actions violentes au nom d’une idéologie religieuse.
  • Société des Nations (SDN) : La Société des Nations est une organisation internationale créée en 1919 pour régler les différends entre États et contribuer à la paix par la sécurité collective.
  • Organisation des Nations unies (ONU) : L’Organisation des Nations unies est une organisation internationale fondée en 1945 pour maintenir la paix et la sécurité internationales grâce à des institutions plus contraignantes.

📝 Points essentiels

  • Le principe de souveraineté impose à chaque État la maîtrise de ses affaires intérieures et le non-ingérence encadre les relations entre puissances.
  • L’équilibre des puissances vise à empêcher qu’un État domine tous les autres et exige de tenir compte de la hiérarchie réelle des forces.
  • La sécurité collective émerge après 1918 avec l’idée que la paix doit être garantie par la coopération de tous les États.
  • La SDN est créée en avril 1919 à Genève et repose sur la négociation, l’arbitrage et l’application du droit international.
  • La SDN échoue notamment à cause de l’unanimité pour les décisions importantes, de l’absence de force armée et de limites politiques (États-Unis non membres, Allemagne et Russie soviétique exclues, empires coloniaux).
  • Le Conseil de sécurité de l’ONU (1945) dispose du droit de veto et peut adopter des résolutions contraignantes incluant sanctions et déploiement de forces de maintien de la paix (casques bleus).

💡 Astuce mémo

SDN = unanimité + pas d’armée ; ONU = Conseil de sécurité + veto + moyens (sanctions/forces).

📖 8. Droit de la guerre et vocabulaire humanitaire

🔑 Notions clés & Définitions

  • Conseil de sécurité de l’ONU : Organe principal de l’ONU chargé de maintenir la paix et la sécurité internationales par des résolutions contraignantes.
  • Droit de veto : Pouvoir réservé aux membres permanents du Conseil de sécurité de bloquer une résolution par leur opposition.
  • Casques bleus : Forces fournies par différents États pour des missions d’observation ou d’interposition dans le cadre du maintien de la paix.
  • Cour pénale internationale : Juridiction internationale chargée de juger des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et des génocides.
  • Pacte mondial : Initiative lancée par l’ONU en 2000 invitant les entreprises à s’engager volontairement sur des principes universels.

📝 Points essentiels

  • L’ONU est fondée en 1945 et le Conseil de sécurité comprend cinq membres permanents dotés du droit de veto.
  • Les résolutions du Conseil de sécurité peuvent prévoir des sanctions économiques et/ou le déploiement de forces de maintien de la paix.
  • La guerre froide bloque souvent le Conseil de sécurité car chaque bloc utilise le veto pour empêcher les initiatives de l’autre.
  • En 1950-1953, la guerre de Corée est une exception liée à la politique de la chaise vide de l’URSS, permettant une intervention sous mandat onusien.
  • Après 1991, l’absence du veto soviétique favorise un multilatéralisme plus actif, notamment lors de la première guerre du Golfe en 1991.
  • Les conflits des années 1990 (Yougoslavie, Rwanda) montrent les limites de l’ONU face aux guerres irrégulières et aux violences interethniques.

💡 Astuce mémo

Veto = Verrou du Conseil ; Casques bleus = Paix sur le terrain ; CPI = Juger les crimes ; Pacte mondial = Entreprises “volontaires”.

📖 9. Paix de Westphalie, diplomatie et équilibre des puissances

🔑 Notions clés & Définitions

  • Paix de Westphalie : Système de paix fondé sur la solidarité entre États qui se garantissent mutuellement leur indépendance.
  • Arbitrage : Mode de règlement pacifique des conflits reposant sur le droit international.
  • Casques bleus : Soldats fournis par plusieurs États pour des missions d’observation ou d’interposition dans le cadre des opérations de maintien de la paix de l’ONU.
  • Gouvernance mondiale : Notion apparue dans les années 1990 visant à organiser des règles, des coopérations ou des institutions pour traiter des problèmes à l’échelle planétaire.
  • Droit d’ingérence : Droit d’intervention contre la souveraineté d’un État, attribué aux Nations unies en cas de violations graves des droits de l’homme sur son territoire.

📝 Points essentiels

  • La paix de Westphalie vise une stabilité durable grâce à une garantie réciproque de l’indépendance entre États.
  • L’arbitrage permet de résoudre un conflit sans recours à la force en s’appuyant sur des normes du droit international.
  • Les casques bleus interviennent dans des opérations de maintien de la paix pour observer ou séparer des parties (interposition).
  • La gouvernance mondiale renvoie à des tentatives d’encadrer des enjeux globaux via des règles, coopérations ou institutions.
  • Le droit d’ingérence est mobilisé par les Nations unies lorsque des violations graves des droits de l’homme sont commises sur le territoire d’un État.
  • Le Moyen-Orient est présenté comme un espace central pour comprendre les tensions contemporaines, avec des conflits régionaux et des tentatives de paix impliquant des acteurs internationaux.

💡 Astuce mémo

Westphalie = « indépendance garantie », Arbitrage = « droit pour trancher », Casques bleus = « ONU sur le terrain », Gouvernance mondiale = « règles pour le monde », Ingérence = « ONU quand droits humains graves ».

📖 10. Sécurité collective et ONU à l’époque de Kofi Annan

🔑 Notions clés & Définitions

  • Kofi Annan : Personnalité clé de l’ONU, associée à la période où l’organisation cherche à renforcer la sécurité collective face aux crises internationales.
  • Sécurité collective : Principe selon lequel la paix et la sécurité sont garanties par une action coordonnée des États, notamment via des organisations internationales comme l’ONU.
  • Casques bleus : Forces de maintien de la paix mandatées par l’ONU, déployées pour surveiller et stabiliser des situations de crise entre États.
  • Résolution 181 : Décision de l’Assemblée générale de l’ONU de novembre 1947 qui prévoit le partage de la Palestine entre un État juif et un État arabe.
  • Résolution 242 : Résolution de l’ONU adoptée en novembre 1967, demandant à Israël d’appliquer ses exigences après la Guerre des Six Jours.

📝 Points essentiels

  • Le choc pétrolier de 1973 illustre comment la puissance pétrolière peut devenir un levier économique sur les économies industrialisées.
  • La richesse en ressources peut renforcer la puissance de certains États pétroliers, mais aussi servir à déstabiliser des voisins et accroître les rivalités régionales.
  • Les frontières du Moyen-Orient, souvent issues du découpage colonial, sont fréquemment contestées et modifiées, ce qui entretient une instabilité propice aux conflits.
  • Les accords Sykes-Picot (1916) prévoient déjà le partage des territoires arabes de l’Empire ottoman, avant même sa défaite.
  • Le traité de Sèvres (1920) prévoit des mandats et la création d’un État kurde et d’un État arménien, mais le traité de Lausanne (1923) annule ces perspectives.
  • Les Kurdes, répartis entre Turquie, Irak, Iran et Syrie, restent sans État et subissent des répressions, notamment en Turquie, malgré une autonomie au nord de l’Irak après 2003.

💡 Astuce mémo

Pétrole→pouvoir, frontières→frictions, ONU→résolutions (181 puis 242).

📖 11. Moyen-Orient : frontières coloniales et instabilités

🔑 Notions clés & Définitions

  • Guerre des Six Jours : Conflit de juin 1967 où Israël mène une guerre préventive et occupe rapidement plusieurs territoires, entraînant un cessez-le-feu en quelques jours.
  • Grand Israël : Projet politique israélien visant une extension territoriale majeure après la victoire de 1967, notamment autour de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie.
  • Résolution 242 de l’ONU : Décision de novembre 1967 demandant à Israël d’évacuer les territoires occupés après la Guerre des Six Jours.
  • Guerre du Kippour : Conflit d’octobre 1973 où l’Égypte et la Syrie attaquent Israël, suivi d’une contre-offensive israélienne et d’un cessez-le-feu imposé par l’ONU.
  • Traité israélo-égyptien de 1979 : Accord de paix entre Israël et l’Égypte, négocié avec l’aide des États-Unis, qui met fin aux guerres interétatiques israélo-égyptiennes.

📝 Points essentiels

  • Le 5 juin 1967, Israël détruit l’aviation égyptienne au sol et occupe rapidement le Sinaï, Gaza, Jérusalem-Est, la Cisjordanie et le plateau du Golan.
  • Le cessez-le-feu est accepté par l’Égypte le 8 juin puis par la Syrie le 10 juin, mettant fin à la Guerre des Six Jours.
  • Après 1967, Israël triple presque sa superficie, passant d’environ 20 800 km² à 102 400 km².
  • Le 23 juin 1967, le parlement israélien vote l’annexion de Jérusalem-Est malgré les protestations de l’ONU et des grandes puissances.
  • Israël refuse d’appliquer la résolution 242 de l’ONU (novembre 1967) qui exige l’évacuation des territoires occupés.
  • Le 6 octobre 1973, l’Égypte attaque Israël pendant le Ramadan et le Yom Kippour, tandis que la Syrie avance sur le Golan; Israël contre-attaque le 15 octobre en franchissant le canal de Suez et un cessez-le-feu est impos

💡 Astuce mémo

1967 = « 5 juin frappe au sol, 8/10 cessez-le-feu »; 1973 = « Kippour = attaque surprise, ONU impose le 22 ».

📖 12. Conflits au Moyen-Orient et rivalités d’influence

🔑 Notions clés & Définitions

  • Tempête du désert : Opération militaire lancée en février 1991 pour restaurer la souveraineté koweïtienne, coordonnée par les États-Unis dans un cadre onusien.
  • ONU Conseil de sécurité : Organe de l’ONU habilitant l’adoption de résolutions pouvant légitimer l’usage de la force par les États membres.
  • Guerre préventive : Doctrine justifiant une action militaire contre une menace potentielle avant qu’elle ne se concrétise, défendue par des néoconservateurs.
  • Daech : Organisation terroriste fondée en 2006 qui contrôle de vastes zones en Irak, notamment Mossoul en 2014.
  • Chiisme : Courant de l’islam minoritaire qui se fonde sur l’idée d’une usurpation de la descendance du Prophète à partir de 680 et sur l’attente du Mahdi.

📝 Points essentiels

  • La fin de la guerre froide rend possible un rôle central de l’ONU dans la première guerre du Golfe, avec une résolution autorisant l’usage de tous les moyens nécessaires.
  • En février 1991, la riposte contre l’Irak est lancée sous le nom « Tempête du désert » et coordonne une coalition de 29 nations menée par les États-Unis.
  • La campagne combine bombardements intensifs et offensive terrestre rapide, aboutissant à la capitulation de l’armée irakienne.
  • Les alliés choisissent de ne pas pousser jusqu’à Bagdad pour renverser Saddam Hussein, estimant à tort que la population irakienne s’en chargerait.
  • Après 2003, l’intervention américaine est justifiée par la guerre préventive et par un idéal démocratique visant à transformer des régimes autoritaires.
  • En Irak, la gouvernance est compliquée par la coexistence de trois communautés (Chiites 60 %, Sunnites 20 %, Kurdes 20 %) et par des dynamiques communautaires lors des élections et du pouvoir local.

💡 Astuce mémo

ONU d’abord : « résolution → coalition → force » ; puis après 2001 : « préventif → démocratie → unilatéralité ».

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1991fin de la guerre froide et effondrement de l’URSS
avril 1919création de la Société des Nations (SDN)
1648traités de Westphalie et fondation d’un nouvel ordre européen

📊 Tableaux de synthèse

Types de conflits et exemples

Type de conflitActeursExemples
InterétatiqueÉtat ou coalition d’États contre État ou coalition d’ÉtatsGuerre israélo-libanaise 2006
Intra-étatiqueÉtat contre acteurs non conventionnels contestant l’autorité de l’ÉtatGuerre civile sud Soudan depuis 2013
AsymétriqueÉtat ou coalition d’États contre un acteur largement plus faible ou non conventionnelGuerre Afghanistan depuis 2011

Types de paix et logique de puissance

Type de paixStructure du système de puissanceExemple
Paix d’hégémonieConcentration de la puissance par un seul acteurPax Britannica au XIXè siècle
Paix d’équilibreDivision de la puissance entre plusieurs acteurs (multipolarité)Guerre Froide 1947-1991
Paix de directoireDivision de la puissance entre plusieurs acteurs (multipolarité)Pact germano-soviétique 1939
Paix de droit internationalDivision de la puissance entre plusieurs acteurs (multipolarité)Traité de Westphalie 1648

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre conflit et conflit armé : dans le cours, « conflit » est surtout restreint à la guerre, même si on étudie aussi des conflictualités contemporaines.
  2. Croire que la guerre réelle de Clausewitz vise l’anéantissement total : elle reste limitée par des facteurs comme logistique, fatigue et pertes.
  3. Mélanger SDN et ONU : la SDN repose sur l’unanimité et n’a pas de force armée, tandis que l’ONU dispose du Conseil de sécurité et du veto.
  4. Penser que la paix de Westphalie supprime la guerre : elle réduit fréquence et brutalité, sans abolir la guerre.
  5. Inverser Al-Qaïda et Daech : Al-Qaïda est un réseau sans défense d’un territoire précis, Daech cherche un État territorial et un califat.
  6. Croire que la guerre contre le terrorisme suit Clausewitz : le cours insiste sur un conflit illimité sans ennemi clairement circonscrit.
  7. Réduire les conflits du Moyen-Orient à un seul facteur : le cours insiste sur l’entrecroisement ethnique, religieux, économique et géopolitique.

✅ Checklist Examen

  1. Définir un conflit (opposition d’acteurs née d’un comportement perçu contraire aux intérêts d’autrui) et expliquer l’échelle de conflictualité jusqu’à la guerre ouverte.
  2. Expliquer pourquoi, dans le thème, « conflit » est surtout restreint au conflit armé, tout en montrant que des conflictualités contemporaines peuvent produire de la violence sans guerre classique.
  3. Présenter la thèse de Martin van Creveld sur le déclin des guerres entre États et l’essor d’acteurs non étatiques, et la relier aux motivations ethniques, religieuses ou idéologiques.
  4. Exposer la théorie clausewitzienne : guerre comme continuation de la politique, distinction guerre absolue/guerre réelle, et rôle des trois pôles (passion, calcul stratégique, raison politique).
  5. Décrire la guerre de Sept Ans comme conflit mondial « avant l’heure » et rappeler le rôle de la Royal Navy dans le blocage des ports français.
  6. Expliquer les notions du modèle clausewitzien : guerre totale, montée aux extrêmes, équilibre de la terreur, guerre de position, et illustrer par l’industrialisation (tranchées, pertes).
  7. Comparer Al-Qaïda et Daech à partir du cours : logique supranationale vs stratégie territoriale, califat, et différence d’objectifs (attentats vs État).
  8. Expliquer comment nationalisme et idéologies peuvent transformer la guerre en violence « totale » (passion, haine, pillages) et relier à la guerre de Trente Ans et au principe cujus regio, ejus religio.
  9. Présenter la notion de terrorisme supranational et les réseaux djihadistes, puis situer SDN et ONU dans la sécurité collective (création, principes, limites).
  10. Expliquer le droit de veto et le rôle du Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que la logique des casques bleus et la fonction de la CPI.
  11. Exposer la paix de Westphalie : souveraineté, non-ingérence, arbitrage, et lien avec l’équilibre des puissances et la gouvernance mondiale.
  12. Présenter la sécurité collective à l’époque de Kofi Annan : limites de l’ONU pendant la guerre froide, rôle des résolutions, et réformes (développement, CPI, opérations de maintien de la paix, Pacte mondial).
  13. Situer le Moyen-Orient comme espace de tensions : mosaïque ethnique et religieuse (sunnites/chiites, Kurdes sans État), ressources (eau, pétrole, Suez) et instabilités liées aux frontières coloniales.
  14. Raconter les étapes clés du conflit israélo-arabe vers le conflit israélo-palestinien : résolution 181 (1947), proclamation d’Israël (1948), Guerre des Six Jours (1967) et Guerre du Kippour (1973), puis traité israélo-éj

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Conflits et sécurité internationale avec 24 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quel terme désigne une opposition entre deux ou plusieurs acteurs née lorsqu’un comportement est perçu comme contraire aux intérêts d’autrui ?

2. Quelle formulation correspond au niveau maximal de l’échelle de violence, lorsque l’affrontement armé devient direct et manifeste ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Conflits et sécurité internationale avec 24 flashcards interactives.

Conflit — définition ?

Opposition entre acteurs, comportement contraire aux intérêts.

Conflictualité — rôle ?

Mesure le degré d’opposition, du désaccord à la guerre.

Conflit armé — spécificité ?

Guerre, affrontement direct et manifeste.

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