📋 Plan du Cours
- Définir le conflit et l’échelle de violence
- Conflits armés et conflictualités contemporaines
- Conflits interétatiques et guerres civiles
- Modèle clausewitzien de la guerre classique
- Guerre totale, alliances et montée aux extrêmes
- Nationalisme et idéologies comme moteurs de violence
- Terrorisme supranational et réseaux djihadistes
- Droit de la guerre et vocabulaire humanitaire
- Paix de Westphalie, diplomatie et équilibre des puissances
- Sécurité collective et ONU à l’époque de Kofi Annan
- Moyen-Orient : frontières coloniales et instabilités
- Conflits au Moyen-Orient et rivalités d’influence
📖 1. Définir le conflit et l’échelle de violence
🔑 Notions clés & Définitions
- Conflit : Un conflit est une opposition entre deux ou plusieurs acteurs, née quand un comportement est perçu comme contraire aux intérêts d’autrui.
- Conflictualité : La conflictualité désigne le degré d’opposition entre acteurs, allant du désaccord jusqu’à l’affrontement armé.
- Conflit armé : Un conflit armé correspond à la guerre, notion plus précisément retenue dans ce thème.
- Guerre ouverte : La guerre ouverte est le niveau maximal de l’échelle de violence, où l’affrontement armé devient direct et manifeste.
📝 Points essentiels
- Le terme « conflit » vient du latin conflictus et renvoie à l’idée de choc, affrontement ou lutte.
- Un conflit apparaît quand un individu ou un groupe adopte un comportement jugé contraire aux intérêts d’un autre.
- L’antagonisme peut se manifester par rivalité, tension, hostilité ou affrontement armé.
- L’échelle de conflictualité va du simple désaccord aux degrés intermédiaires de tension et de violence jusqu’à la guerre ouverte.
- Dans ce thème, « conflit » est surtout restreint au conflit armé, mais l’étude inclut aussi des conflictualités contemporaines pouvant produire de la violence sans guerre classique.
- Les conflits actuels peuvent être diffus et complexes, avec des violences qui ne débouchent pas forcément sur un affrontement militaire classique.
💡 Astuce mémo
Échelle = Désaccord → Tension → Hostilité → Guerre ouverte (plus c’est direct, plus c’est violent).
📖 2. Conflits armés et conflictualités contemporaines
🔑 Notions clés & Définitions
- Martin van Creveld : Historien et spécialiste militaire israélien qui soutient que les guerres contemporaines ne correspondent plus au modèle classique centré sur les États.
- Carl von Clausewitz : Officier prussien dont l’œuvre De la guerre propose une théorie générale de la guerre et de ses liens avec la politique.
- De la guerre : Ouvrage majeur de Clausewitz publié après sa mort en 1832, qui formalise une théorie globale du phénomène guerrier.
- Guerre absolue : Type de guerre décrit par Clausewitz visant l’anéantissement total de l’adversaire.
- Brouillard de la guerre : Notion clausewitzienne désignant l’incertitude qui entoure les combats et empêche une maîtrise totale.
📝 Points essentiels
- Après 1945, la complexité des conflits augmente malgré une baisse du nombre, ce qui crée un décalage entre perception et réalité.
- Van Creveld affirme que les conflits entre États conventionnels tendent à disparaître au profit d’acteurs non étatiques et de motivations ethniques, religieuses ou idéologiques.
- Clausewitz définit la guerre comme la poursuite de la politique par d’autres moyens, avec des objectifs politiques fixés par les dirigeants et exécutés par les armées.
- Clausewitz distingue la guerre absolue, orientée vers l’anéantissement total, et la guerre réelle, limitée par des facteurs comme la logistique, la fatigue et les pertes.
- Clausewitz explique que la guerre dépend de trois pôles : passion des peuples, calcul stratégique des armées et raison politique des gouvernants.
- La guerre de Sept Ans (1756-1763) illustre un conflit mondial avant l’heure, avec rivalités européennes et affrontements coloniaux, tout en restant compatible avec un modèle traditionnel d’États et de coalitions.
💡 Astuce mémo
Clausewitz = politique + incertitude : « politique d’abord, brouillard toujours » ; Van Creveld = acteurs non étatiques : « États reculent, guérillas/terrorisme montent ».
📖 3. Conflits interétatiques et guerres civiles
🔑 Notions clés & Définitions
- Guerre de Sept Ans : Conflit du XVIIIe siècle opposant plusieurs puissances en Europe et dans les colonies, souvent présenté comme un premier conflit réellement mondial.
- Traité de Paris (1763) : Accord de 1763 qui met fin à la guerre de Sept Ans et redéfinit les possessions coloniales.
- Clausewitz : Auteur prussien associé à une théorie de la guerre comme instrument politique et à l’idée d’incertitude du combat.
- Guerres révolutionnaires : Conflits déclenchés à partir de 1792 par l’attaque des puissances européennes contre la France révolutionnaire.
- Guerre napoléonienne : Ensemble des guerres menées par Napoléon Ier, marquées par une logique idéologique et une mobilisation à grande échelle.
📝 Points essentiels
- La guerre de Sept Ans devient un conflit mondial, mobilisant plusieurs continents et de nombreux acteurs, avec des retournements comme la mort d’Élisabeth de Russie puis l’arrivée de Pierre III.
- La Royal Navy bloque les ports français et empêche le ravitaillement, ce qui contribue à la perte progressive des possessions françaises en Amérique du Nord.
- Le conflit illustre la formule de Clausewitz : la guerre comme continuation de la politique par d’autres moyens, avec des alliances renversées (France et Autriche unies contre la Prusse).
- La stratégie de Frédéric II vise à préserver ses forces et à épuiser l’adversaire plutôt qu’à le détruire, pour le décourager.
- En 1763, le traité de Paris met fin au conflit ; la France perd une grande partie de son empire colonial au profit de l’Angleterre, tandis que la Prusse sort renforcée.
- Les guerres révolutionnaires commencent en 1792 quand les puissances européennes attaquent la France pour empêcher la diffusion des idées révolutionnaires et préserver la monarchie de Louis XVI.
💡 Astuce mémo
Sept Ans = Sept mers : blocus naval → colonies perdues ; Clausewitz = politique → guerre ; 1763 = Paris = paix.
📖 4. Modèle clausewitzien de la guerre classique
🔑 Notions clés & Définitions
- Guerre totale : La guerre totale est un conflit où l’ensemble de la société est mobilisé, de l’économie à la propagande, et pas seulement les armées.
- Montée aux extrêmes : La montée aux extrêmes est l’escalade d’un conflit jusqu’à viser l’anéantissement de l’ennemi, sur les plans militaire et moral.
- Guerre absolue : La guerre absolue est une logique d’affrontement poussée à son maximum, où la violence tend à devenir illimitée et totale.
- Équilibre de la terreur : L’équilibre de la terreur est une stabilité contrainte par la menace nucléaire, qui réduit le risque d’affrontement direct entre grandes puissances.
- Guerre de position : La guerre de position est un type de combat dominé par la défense et la stabilisation des fronts, typique des conflits industrialisés.
📝 Points essentiels
- La guerre touche toutes les activités d’une société, ce qui transforme le conflit en phénomène global plutôt qu’en affaire strictement militaire.
- La montée aux extrêmes se traduit par une volonté d’anéantir l’adversaire, y compris sur le plan moral, pas seulement par la conquête territoriale.
- Les deux guerres mondiales illustrent une guerre menée avec l’objectif explicite de détruire l’ennemi, en mobilisant armées et civils.
- La guerre froide rend le choc frontal entre États-Unis et URSS impossible à cause du risque nucléaire, ce qui conduit à des affrontements indirects.
- Les guerres périphériques (Corée, Cuba, Vietnam) montrent une opposition à distance tout en conservant une dimension politique et idéologique centrale.
- L’industrialisation accroît la violence : mitraillettes, obus et artillerie lourde favorisent la guerre de position et des pertes massives, comme à Verdun (~300 000 victimes en dix mois).
💡 Astuce mémo
Totale = Société entière ; Extrêmes = Anéantir ; Nucléaire = Pas de choc direct → Proxies (Corée/Cuba/Vietnam) ; Position = Industrialisation (tranchées/no man’s land).
📖 5. Guerre totale, alliances et montée aux extrêmes
🔑 Notions clés & Définitions
- Guerre contre le terrorisme : Conflit présenté comme illimité, sans ennemi clairement circonscrit, visant l’éradication d’un phénomène terroriste plutôt qu’un État identifié.
- Al-Qaïda : Réseau islamiste fondé en 1987, qui revendique des attentats et justifie un djihad contre les puissances occidentales.
- Daech : Acronyme d’État islamique en Irak et au Levant, organisation djihadiste sunnite qui cherche à instaurer un État territorial et un califat.
- Califat : Modèle politique religieux visant à recréer une autorité islamique unifiée, présenté par Daech comme devant remplacer les frontières issues de l’après-Empire ottoman.
- Brouillard de la guerre : Idée clausewitzienne selon laquelle l’action militaire se déroule dans l’incertitude, rendant la décision et l’information difficiles.
📝 Points essentiels
- La revendication des attentats par Al-Qaïda s’appuie sur l’idée d’une interférence occidentale dans les affaires des États musulmans et sur le devoir de djihad.
- Al-Qaïda contredit la vision clausewitzienne du « caméléon » en tant que guerre commandée par un État, car il s’agit d’un groupe idéologique sans défense d’un territoire précis.
- La mondialisation d’Al-Qaïda passe par des affiliés capables de frapper ailleurs, comme Boko Haram ou AQMI.
- La « guerre contre le terrorisme » lancée par les États-Unis est décrite par George W. Bush comme une « lutte de civilisation » et ne suit pas les schémas classiques de Clausewitz.
- L’intervention américaine en Irak (2003) affaiblit l’État irakien et favorise une fragmentation ethnique, religieuse et régionale, puis la diffusion de l’islamisme parmi des résistants.
- Al-Qaïda en Irak se radicalise sous Abou Moussab Al-Zarqaoui, puis devient indépendante et rivale de la direction d’Al-Qaïda (« maison mère »).
💡 Astuce mémo
Al-Qaïda = réseau sans territoire ; Daech = territoire sans frontières.
📖 6. Nationalisme et idéologies comme moteurs de violence
🔑 Notions clés & Définitions
- Guerre de Trente Ans : Conflit européen du XVIIᵉ siècle (1618-1648) qui s’étend et se radicalise, dévastant durablement les régions concernées.
- Saint-Empire romain germanique : Ensemble politique d’Europe centrale, unifié et fragmenté, structuré par des États aux libertés fortes et une autorité impériale limitée.
- Guerre totale : Forme de guerre où la violence dépasse la logique politique classique, portée par des convictions et une haine de l’ennemi.
- Cujus regio, ejus religio : Principe selon lequel la religion d’un territoire dépend du choix du souverain qui gouverne ce territoire.
- Plénipotentiaires : Diplomates dotés du pouvoir de négocier et de signer au nom de leur souverain lors des congrès et traités.
📝 Points essentiels
- Le Saint-Empire combine autonomie des États et soumission théorique à l’empereur, ce qui favorise des alliances changeantes et des ingérences étrangères.
- La France soutient le camp protestant non par conviction religieuse mais pour affaiblir les Habsbourg d’Espagne et d’Autriche.
- La guerre de Trente Ans s’enracine dans deux oppositions : clivage catholiques/protestants et rivalité politique entre puissances pour l’indépendance et l’influence.
- Selon Clausewitz, le conflit s’éloigne de la rationalité étatique et devient une guerre « totale » alimentée par la conviction religieuse et la haine.
- Les soldats, souvent sans solde, pillent et détruisent, aggravant les souffrances des civils et prolongeant la spirale de destruction.
- Les négociations de Westphalie (ouvertes en 1644) réunissent des plénipotentiaires dans des villes neutres (Münster et Osnabrück) pendant plus de cinq ans pour encadrer la guerre.
💡 Astuce mémo
Idéologie = carburant : quand la foi et la haine remplacent la stratégie, la guerre devient « totale ».
📖 7. Terrorisme supranational et réseaux djihadistes
🔑 Notions clés & Définitions
- Terrorisme supranational : Le terrorisme supranational désigne des actions violentes menées par des acteurs organisés au-delà des frontières, visant des objectifs politiques ou idéologiques globaux.
- Réseaux djihadistes : Les réseaux djihadistes sont des organisations transnationales qui recrutent, financent et coordonnent des actions violentes au nom d’une idéologie religieuse.
- Société des Nations (SDN) : La Société des Nations est une organisation internationale créée en 1919 pour régler les différends entre États et contribuer à la paix par la sécurité collective.
- Organisation des Nations unies (ONU) : L’Organisation des Nations unies est une organisation internationale fondée en 1945 pour maintenir la paix et la sécurité internationales grâce à des institutions plus contraignantes.
📝 Points essentiels
- Le principe de souveraineté impose à chaque État la maîtrise de ses affaires intérieures et le non-ingérence encadre les relations entre puissances.
- L’équilibre des puissances vise à empêcher qu’un État domine tous les autres et exige de tenir compte de la hiérarchie réelle des forces.
- La sécurité collective émerge après 1918 avec l’idée que la paix doit être garantie par la coopération de tous les États.
- La SDN est créée en avril 1919 à Genève et repose sur la négociation, l’arbitrage et l’application du droit international.
- La SDN échoue notamment à cause de l’unanimité pour les décisions importantes, de l’absence de force armée et de limites politiques (États-Unis non membres, Allemagne et Russie soviétique exclues, empires coloniaux).
- Le Conseil de sécurité de l’ONU (1945) dispose du droit de veto et peut adopter des résolutions contraignantes incluant sanctions et déploiement de forces de maintien de la paix (casques bleus).
💡 Astuce mémo
SDN = unanimité + pas d’armée ; ONU = Conseil de sécurité + veto + moyens (sanctions/forces).
📖 8. Droit de la guerre et vocabulaire humanitaire
🔑 Notions clés & Définitions
- Conseil de sécurité de l’ONU : Organe principal de l’ONU chargé de maintenir la paix et la sécurité internationales par des résolutions contraignantes.
- Droit de veto : Pouvoir réservé aux membres permanents du Conseil de sécurité de bloquer une résolution par leur opposition.
- Casques bleus : Forces fournies par différents États pour des missions d’observation ou d’interposition dans le cadre du maintien de la paix.
- Cour pénale internationale : Juridiction internationale chargée de juger des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et des génocides.
- Pacte mondial : Initiative lancée par l’ONU en 2000 invitant les entreprises à s’engager volontairement sur des principes universels.
📝 Points essentiels
- L’ONU est fondée en 1945 et le Conseil de sécurité comprend cinq membres permanents dotés du droit de veto.
- Les résolutions du Conseil de sécurité peuvent prévoir des sanctions économiques et/ou le déploiement de forces de maintien de la paix.
- La guerre froide bloque souvent le Conseil de sécurité car chaque bloc utilise le veto pour empêcher les initiatives de l’autre.
- En 1950-1953, la guerre de Corée est une exception liée à la politique de la chaise vide de l’URSS, permettant une intervention sous mandat onusien.
- Après 1991, l’absence du veto soviétique favorise un multilatéralisme plus actif, notamment lors de la première guerre du Golfe en 1991.
- Les conflits des années 1990 (Yougoslavie, Rwanda) montrent les limites de l’ONU face aux guerres irrégulières et aux violences interethniques.
💡 Astuce mémo
Veto = Verrou du Conseil ; Casques bleus = Paix sur le terrain ; CPI = Juger les crimes ; Pacte mondial = Entreprises “volontaires”.
📖 9. Paix de Westphalie, diplomatie et équilibre des puissances
🔑 Notions clés & Définitions
- Paix de Westphalie : Système de paix fondé sur la solidarité entre États qui se garantissent mutuellement leur indépendance.
- Arbitrage : Mode de règlement pacifique des conflits reposant sur le droit international.
- Casques bleus : Soldats fournis par plusieurs États pour des missions d’observation ou d’interposition dans le cadre des opérations de maintien de la paix de l’ONU.
- Gouvernance mondiale : Notion apparue dans les années 1990 visant à organiser des règles, des coopérations ou des institutions pour traiter des problèmes à l’échelle planétaire.
- Droit d’ingérence : Droit d’intervention contre la souveraineté d’un État, attribué aux Nations unies en cas de violations graves des droits de l’homme sur son territoire.
📝 Points essentiels
- La paix de Westphalie vise une stabilité durable grâce à une garantie réciproque de l’indépendance entre États.
- L’arbitrage permet de résoudre un conflit sans recours à la force en s’appuyant sur des normes du droit international.
- Les casques bleus interviennent dans des opérations de maintien de la paix pour observer ou séparer des parties (interposition).
- La gouvernance mondiale renvoie à des tentatives d’encadrer des enjeux globaux via des règles, coopérations ou institutions.
- Le droit d’ingérence est mobilisé par les Nations unies lorsque des violations graves des droits de l’homme sont commises sur le territoire d’un État.
- Le Moyen-Orient est présenté comme un espace central pour comprendre les tensions contemporaines, avec des conflits régionaux et des tentatives de paix impliquant des acteurs internationaux.
💡 Astuce mémo
Westphalie = « indépendance garantie », Arbitrage = « droit pour trancher », Casques bleus = « ONU sur le terrain », Gouvernance mondiale = « règles pour le monde », Ingérence = « ONU quand droits humains graves ».
📖 10. Sécurité collective et ONU à l’époque de Kofi Annan
🔑 Notions clés & Définitions
- Kofi Annan : Personnalité clé de l’ONU, associée à la période où l’organisation cherche à renforcer la sécurité collective face aux crises internationales.
- Sécurité collective : Principe selon lequel la paix et la sécurité sont garanties par une action coordonnée des États, notamment via des organisations internationales comme l’ONU.
- Casques bleus : Forces de maintien de la paix mandatées par l’ONU, déployées pour surveiller et stabiliser des situations de crise entre États.
- Résolution 181 : Décision de l’Assemblée générale de l’ONU de novembre 1947 qui prévoit le partage de la Palestine entre un État juif et un État arabe.
- Résolution 242 : Résolution de l’ONU adoptée en novembre 1967, demandant à Israël d’appliquer ses exigences après la Guerre des Six Jours.
📝 Points essentiels
- Le choc pétrolier de 1973 illustre comment la puissance pétrolière peut devenir un levier économique sur les économies industrialisées.
- La richesse en ressources peut renforcer la puissance de certains États pétroliers, mais aussi servir à déstabiliser des voisins et accroître les rivalités régionales.
- Les frontières du Moyen-Orient, souvent issues du découpage colonial, sont fréquemment contestées et modifiées, ce qui entretient une instabilité propice aux conflits.
- Les accords Sykes-Picot (1916) prévoient déjà le partage des territoires arabes de l’Empire ottoman, avant même sa défaite.
- Le traité de Sèvres (1920) prévoit des mandats et la création d’un État kurde et d’un État arménien, mais le traité de Lausanne (1923) annule ces perspectives.
- Les Kurdes, répartis entre Turquie, Irak, Iran et Syrie, restent sans État et subissent des répressions, notamment en Turquie, malgré une autonomie au nord de l’Irak après 2003.
💡 Astuce mémo
Pétrole→pouvoir, frontières→frictions, ONU→résolutions (181 puis 242).
📖 11. Moyen-Orient : frontières coloniales et instabilités
🔑 Notions clés & Définitions
- Guerre des Six Jours : Conflit de juin 1967 où Israël mène une guerre préventive et occupe rapidement plusieurs territoires, entraînant un cessez-le-feu en quelques jours.
- Grand Israël : Projet politique israélien visant une extension territoriale majeure après la victoire de 1967, notamment autour de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie.
- Résolution 242 de l’ONU : Décision de novembre 1967 demandant à Israël d’évacuer les territoires occupés après la Guerre des Six Jours.
- Guerre du Kippour : Conflit d’octobre 1973 où l’Égypte et la Syrie attaquent Israël, suivi d’une contre-offensive israélienne et d’un cessez-le-feu imposé par l’ONU.
- Traité israélo-égyptien de 1979 : Accord de paix entre Israël et l’Égypte, négocié avec l’aide des États-Unis, qui met fin aux guerres interétatiques israélo-égyptiennes.
📝 Points essentiels
- Le 5 juin 1967, Israël détruit l’aviation égyptienne au sol et occupe rapidement le Sinaï, Gaza, Jérusalem-Est, la Cisjordanie et le plateau du Golan.
- Le cessez-le-feu est accepté par l’Égypte le 8 juin puis par la Syrie le 10 juin, mettant fin à la Guerre des Six Jours.
- Après 1967, Israël triple presque sa superficie, passant d’environ 20 800 km² à 102 400 km².
- Le 23 juin 1967, le parlement israélien vote l’annexion de Jérusalem-Est malgré les protestations de l’ONU et des grandes puissances.
- Israël refuse d’appliquer la résolution 242 de l’ONU (novembre 1967) qui exige l’évacuation des territoires occupés.
- Le 6 octobre 1973, l’Égypte attaque Israël pendant le Ramadan et le Yom Kippour, tandis que la Syrie avance sur le Golan; Israël contre-attaque le 15 octobre en franchissant le canal de Suez et un cessez-le-feu est impos
💡 Astuce mémo
1967 = « 5 juin frappe au sol, 8/10 cessez-le-feu »; 1973 = « Kippour = attaque surprise, ONU impose le 22 ».
📖 12. Conflits au Moyen-Orient et rivalités d’influence
🔑 Notions clés & Définitions
- Tempête du désert : Opération militaire lancée en février 1991 pour restaurer la souveraineté koweïtienne, coordonnée par les États-Unis dans un cadre onusien.
- ONU Conseil de sécurité : Organe de l’ONU habilitant l’adoption de résolutions pouvant légitimer l’usage de la force par les États membres.
- Guerre préventive : Doctrine justifiant une action militaire contre une menace potentielle avant qu’elle ne se concrétise, défendue par des néoconservateurs.
- Daech : Organisation terroriste fondée en 2006 qui contrôle de vastes zones en Irak, notamment Mossoul en 2014.
- Chiisme : Courant de l’islam minoritaire qui se fonde sur l’idée d’une usurpation de la descendance du Prophète à partir de 680 et sur l’attente du Mahdi.
📝 Points essentiels
- La fin de la guerre froide rend possible un rôle central de l’ONU dans la première guerre du Golfe, avec une résolution autorisant l’usage de tous les moyens nécessaires.
- En février 1991, la riposte contre l’Irak est lancée sous le nom « Tempête du désert » et coordonne une coalition de 29 nations menée par les États-Unis.
- La campagne combine bombardements intensifs et offensive terrestre rapide, aboutissant à la capitulation de l’armée irakienne.
- Les alliés choisissent de ne pas pousser jusqu’à Bagdad pour renverser Saddam Hussein, estimant à tort que la population irakienne s’en chargerait.
- Après 2003, l’intervention américaine est justifiée par la guerre préventive et par un idéal démocratique visant à transformer des régimes autoritaires.
- En Irak, la gouvernance est compliquée par la coexistence de trois communautés (Chiites 60 %, Sunnites 20 %, Kurdes 20 %) et par des dynamiques communautaires lors des élections et du pouvoir local.
💡 Astuce mémo
ONU d’abord : « résolution → coalition → force » ; puis après 2001 : « préventif → démocratie → unilatéralité ».
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1991 | fin de la guerre froide et effondrement de l’URSS |
| avril 1919 | création de la Société des Nations (SDN) |
| 1648 | traités de Westphalie et fondation d’un nouvel ordre européen |
📊 Tableaux de synthèse
Types de conflits et exemples
| Type de conflit | Acteurs | Exemples |
|---|
| Interétatique | État ou coalition d’États contre État ou coalition d’États | Guerre israélo-libanaise 2006 |
| Intra-étatique | État contre acteurs non conventionnels contestant l’autorité de l’État | Guerre civile sud Soudan depuis 2013 |
| Asymétrique | État ou coalition d’États contre un acteur largement plus faible ou non conventionnel | Guerre Afghanistan depuis 2011 |
Types de paix et logique de puissance
| Type de paix | Structure du système de puissance | Exemple |
|---|
| Paix d’hégémonie | Concentration de la puissance par un seul acteur | Pax Britannica au XIXè siècle |
| Paix d’équilibre | Division de la puissance entre plusieurs acteurs (multipolarité) | Guerre Froide 1947-1991 |
| Paix de directoire | Division de la puissance entre plusieurs acteurs (multipolarité) | Pact germano-soviétique 1939 |
| Paix de droit international | Division de la puissance entre plusieurs acteurs (multipolarité) | Traité de Westphalie 1648 |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre conflit et conflit armé : dans le cours, « conflit » est surtout restreint à la guerre, même si on étudie aussi des conflictualités contemporaines.
- Croire que la guerre réelle de Clausewitz vise l’anéantissement total : elle reste limitée par des facteurs comme logistique, fatigue et pertes.
- Mélanger SDN et ONU : la SDN repose sur l’unanimité et n’a pas de force armée, tandis que l’ONU dispose du Conseil de sécurité et du veto.
- Penser que la paix de Westphalie supprime la guerre : elle réduit fréquence et brutalité, sans abolir la guerre.
- Inverser Al-Qaïda et Daech : Al-Qaïda est un réseau sans défense d’un territoire précis, Daech cherche un État territorial et un califat.
- Croire que la guerre contre le terrorisme suit Clausewitz : le cours insiste sur un conflit illimité sans ennemi clairement circonscrit.
- Réduire les conflits du Moyen-Orient à un seul facteur : le cours insiste sur l’entrecroisement ethnique, religieux, économique et géopolitique.
✅ Checklist Examen
- Définir un conflit (opposition d’acteurs née d’un comportement perçu contraire aux intérêts d’autrui) et expliquer l’échelle de conflictualité jusqu’à la guerre ouverte.
- Expliquer pourquoi, dans le thème, « conflit » est surtout restreint au conflit armé, tout en montrant que des conflictualités contemporaines peuvent produire de la violence sans guerre classique.
- Présenter la thèse de Martin van Creveld sur le déclin des guerres entre États et l’essor d’acteurs non étatiques, et la relier aux motivations ethniques, religieuses ou idéologiques.
- Exposer la théorie clausewitzienne : guerre comme continuation de la politique, distinction guerre absolue/guerre réelle, et rôle des trois pôles (passion, calcul stratégique, raison politique).
- Décrire la guerre de Sept Ans comme conflit mondial « avant l’heure » et rappeler le rôle de la Royal Navy dans le blocage des ports français.
- Expliquer les notions du modèle clausewitzien : guerre totale, montée aux extrêmes, équilibre de la terreur, guerre de position, et illustrer par l’industrialisation (tranchées, pertes).
- Comparer Al-Qaïda et Daech à partir du cours : logique supranationale vs stratégie territoriale, califat, et différence d’objectifs (attentats vs État).
- Expliquer comment nationalisme et idéologies peuvent transformer la guerre en violence « totale » (passion, haine, pillages) et relier à la guerre de Trente Ans et au principe cujus regio, ejus religio.
- Présenter la notion de terrorisme supranational et les réseaux djihadistes, puis situer SDN et ONU dans la sécurité collective (création, principes, limites).
- Expliquer le droit de veto et le rôle du Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que la logique des casques bleus et la fonction de la CPI.
- Exposer la paix de Westphalie : souveraineté, non-ingérence, arbitrage, et lien avec l’équilibre des puissances et la gouvernance mondiale.
- Présenter la sécurité collective à l’époque de Kofi Annan : limites de l’ONU pendant la guerre froide, rôle des résolutions, et réformes (développement, CPI, opérations de maintien de la paix, Pacte mondial).
- Situer le Moyen-Orient comme espace de tensions : mosaïque ethnique et religieuse (sunnites/chiites, Kurdes sans État), ressources (eau, pétrole, Suez) et instabilités liées aux frontières coloniales.
- Raconter les étapes clés du conflit israélo-arabe vers le conflit israélo-palestinien : résolution 181 (1947), proclamation d’Israël (1948), Guerre des Six Jours (1967) et Guerre du Kippour (1973), puis traité israélo-éj
Crée tes propres fiches de révision
Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.
Générateur de fiches