Fiche de révision : Conscience et connaissance de soi

📋 Plan du Cours

  1. Conscience comme savoir qu’on pense
  2. Formes de la conscience et champ
  3. Évolution historique des conceptions de la conscience
  4. Conscience de soi : narcissisme, réflexivité, intériorité
  5. Conscience et condition humaine existentielle
  6. Identité personnelle et responsabilité morale
  7. Thèse cartésienne du cogito et méthode du doute
  8. Arbre de la connaissance selon Descartes
  9. Critiques empiristes du cogito et de l’âme
  10. Critique nietzschéenne du sujet pensant
  11. Renouvellement du cogito par la phénoménologie
  12. Conscience comme activité relationnelle de connaissance

📖 1. Conscience comme savoir qu’on pense

🔑 Notions clés & Définitions

  • Savoir qu’on pense : La conscience est une forme de connaissance de ses propres pensées, qui permet d’avoir un retour sur ce qu’on pense.
  • Vie intérieure : La vie intérieure désigne l’accès à l’expérience psychologique personnelle, comme les sentiments, pensées et états d’âme.
  • Conscience morale : La conscience morale est la capacité de juger le bien et le mal, en évaluant la valeur morale de ses actions et intentions.
  • Conscience immédiate : La conscience immédiate est la faculté de se rendre compte, sur le moment, de ses faits et gestes.
  • Terme polysémique : La conscience est un mot à significations multiples, souvent chargées de jugements de valeur implicites.

📝 Points essentiels

  • La conscience est présentée comme le fait de savoir qu’on pense, ce qui rend possible une vie intérieure accessible à l’analyse psychologique.
  • La philosophie classique humaniste définit l’homme par la conscience, en faisant d’elle une activité de l’esprit et un fondement du statut de sujet.
  • La différence de principe entre homme et animal, puis entre homme et machine, est aujourd’hui contestée par des approches comme la psychologie, la biologie et la technique.
  • Le débat sur la conscience animale ou la conscience des robots suppose de clarifier le sens exact du mot conscience, car il est surchargé.
  • Le mot conscience vient de cum-scire, signifiant « avec savoir » ou « en le sachant », ce qui renvoie à une connaissance de soi.
  • La conscience morale se manifeste par des expressions comme bonne ou mauvaise conscience, conscience professionnelle, cas de conscience et conscience tranquille.

💡 Astuce mémo

Cum-scire = « avec savoir » : la conscience, c’est le savoir de ses propres pensées (et donc de soi).

📖 2. Formes de la conscience et champ

🔑 Notions clés & Définitions

  • Bonne conscience : La bonne conscience désigne un état intérieur où l’on se juge moralement en accord avec le bien.
  • Mauvaise conscience : La mauvaise conscience désigne un état intérieur où l’on se juge moralement en désaccord avec le bien.
  • Conscience immédiate : La conscience immédiate est la perception actuelle de soi (monde intérieur) et du monde extérieur.
  • Champ de conscience : Le champ de conscience est l’ensemble des perceptions éprouvées à un moment donné, avec une étendue variable.
  • Conscience réfléchie : La conscience réfléchie est la capacité de penser qu’on pense et de mettre ses expériences à distance pour les intellectualiser.

📝 Points essentiels

  • La conscience morale concerne le sentiment du bien et du mal, ainsi que la capacité de se voir et de se juger selon des valeurs morales.
  • La conscience morale permet de prendre conscience de la valeur morale de nos actions et de nos intentions.
  • La conscience immédiate varie en intensité : elle peut être distraite ou attentive, dissipée ou concentrée, confuse ou vigilante.
  • Le champ de conscience est plus ou moins étendu selon le moment et les perceptions présentes.
  • Dormir, s’évanouir ou tomber dans le coma font perdre la conscience immédiate, donc la présence à soi et au monde extérieur.
  • La conscience réfléchie implique un recul entre soi et soi-même, et rend possible des idées, opinions ou connaissances abstraites sur soi et le monde.

💡 Astuce mémo

Moral → Juger (bien/mal) ; Immédiat → Présent (percevoir) ; Réfléchi → Recul (penser qu’on pense) ; Champ → Étendue des perceptions.

📖 3. Évolution historique des conceptions de la conscience

🔑 Notions clés & Définitions

  • Descartes : Philosophe dont la pensée fait de la conscience le principe de la connaissance humaine.
  • Être pensant : Notion qui décrit l’homme comme un sujet dont l’existence se définit par la pensée.
  • Fonctions cognitives : Ensemble de capacités mentales étudiées de façon objective pour expliquer la conscience.
  • Conscience animale : Conception où la conscience est décrite par des capacités comportementales observables chez l’animal.
  • Test de Türing : Procédure utilisée en informatique pour interroger si une machine peut manifester une activité indiscernable d’une activité consciente.

📝 Points essentiels

  • Chez Descartes, toute vérité dépend d’un sujet qui pense, ce qui fait de la conscience le principe de la connaissance.
  • La conscience fonde l’identité psychologique, mais aussi morale et juridique, en donnant un statut central à la personne.
  • La subjectivité de la conscience sert à distinguer l’humain des êtres seulement physiques, des animaux et des machines.
  • Dans l’approche contemporaine, la conscience est étudiée de manière objective, soit comme résultat de l’activité cérébrale, soit comme ensemble de fonctions mentales.
  • La biologie relie la conscience à des capacités comportementales comme l’adaptation, l’anticipation, l’interaction et l’inhibition.
  • Les neurosciences cherchent à expliquer la conscience par l’activité cérébrale, tandis que l’informatique teste l’accès d’une machine à une activité indiscernable via le test de Türing.

💡 Astuce mémo

Descartes = « sujet pensant » ; contemporain = « cerveau + fonctions » ; informatique = « indiscernable ».

📖 4. Conscience de soi : narcissisme, réflexivité, intériorité

🔑 Notions clés & Définitions

  • Moi-sujet : Le moi-sujet désigne le « je » qui pense et se regarde comme acteur de l’expérience de conscience de soi.
  • Moi-objet : Le moi-objet désigne le « soi » observé, pensé et jugé, comme si l’on se prenait pour un objet intérieur.
  • Réflexivité de la conscience : La réflexivité de la conscience est le fait que la pensée peut porter sur elle-même, créant une structure mentale en miroir.
  • Dédoublement de la personnalité : Le dédoublement de la personnalité est une forme pathologique de trouble de la conscience où l’identité semble se scinder.
  • Introspection : L’introspection est une démarche qui consiste à se prendre soi-même comme objet d’analyse pour se comprendre.

📝 Points essentiels

  • La conscience de soi implique une relation à soi où l’on existe « pour soi » et où l’on se représente mentalement.
  • La conscience de soi inclut une image du corps, une idée du caractère et un jugement moral sur ce qu’on est, fait et pense.
  • La réflexivité produit une expérience de « miroir » où l’on peut penser que l’on pense, puis penser que l’on pense encore.
  • La réflexivité peut être décrite comme un dédoublement abstrait entre moi-sujet (regardant) et moi-objet (regardé), sans impliquer deux êtres réels.
  • La réflexivité normale ne doit pas être confondue avec des formes pathologiques comme le dédoublement de la personnalité ou la personnalité dissociée.
  • Seul un être conscient peut développer ces formes de troubles de la conscience, car elles supposent une conscience de soi préalable.

💡 Astuce mémo

Miroir mental : je pense → je pense que je pense → je pense que je pense encore.

📖 5. Conscience et condition humaine existentielle

🔑 Notions clés & Définitions

  • Forme entière de la condition humaine : Notion de Montaigne selon laquelle se connaître soi-même révèle en soi toutes les facettes humaines, permettant de comprendre les autres.
  • Détachement des objets : Capacité rendue possible par la conscience de se distancier de ce qu’on perçoit, en soi et hors de soi, pour réfléchir.
  • Être au monde : Idée existentialiste selon laquelle vivre humainement, ce n’est pas seulement survivre biologiquement, mais se rapporter au monde comme sujet.
  • Dasein : Concept de Heidegger désignant l’existence consciente humaine, « être-là », liée à la conscience de sa propre mortalité.
  • Roseau pensant : Formule pascalienne reliant la petitesse de l’homme à sa grandeur : il sait qu’il est fragile parce qu’il pense.

📝 Points essentiels

  • La conscience permet de se raconter et de décrire ses pensées et ressentis, comme une forme de connaissance de soi.
  • Montaigne affirme que la recherche de soi fait apparaître en chacun toutes les qualités et défauts humains, donc la compréhension d’autrui devient possible.
  • Grâce à la conscience, l’être humain peut se questionner sur « qui il est » et se remettre en cause, contrairement aux animaux.
  • Pour l’existentialisme, l’homme ne vit pas seulement « dans » un milieu : il est « face » au monde, ce qui le rend en quelque sorte étranger à lui-même.
  • Heidegger relie l’existence consciente (Dasein) à la conscience d’être mortel, ce qui produit une angoisse et un souci propres à l’humain.
  • Pascal associe la conscience à l’expérience de l’absurdité de la place humaine dans un univers infini et silencieux, tout en donnant une idée de la valeur humaine via le « roseau pensant ».

💡 Astuce mémo

Conscience = recul + questionnement : je me détache → je cherche qui je suis → je découvre ma mortalité (angoisse) et ma grandeur pensante (roseau).

📖 6. Identité personnelle et responsabilité morale

🔑 Notions clés & Définitions

  • Conscience de soi : La conscience de soi est la capacité à se reconnaître comme le même sujet malgré les changements vécus au cours de la vie.
  • Personne : Une personne est un être conscient de soi, capable de se penser comme sujet permanent et auteur de ses actes et pensées.
  • Identité personnelle : L’identité personnelle est le fait de s’identifier comme le même individu, le sujet auquel arrivent les changements, de la naissance à la mort.
  • Responsabilité morale : La responsabilité morale est l’imputabilité de nos actes à un sujet qui se reconnaît comme auteur, fondée sur la notion de personne.
  • Cogito : Le cogito est la première vérité indubitable issue du fait que je pense, donc je suis.

📝 Points essentiels

  • La conscience de soi permet de se reconnaître comme le sujet permanent des changements, donc de fonder une identité personnelle.
  • Être une personne, c’est se reconnaître comme sujet et auteur de ses actes et de ses pensées.
  • Kant relie la notion de personne au fondement de la responsabilité, puis à la morale et au droit.
  • Descartes place la conscience au principe de la connaissance philosophique en cherchant une base certaine.
  • Le doute cartésien sert à écarter toute idée susceptible d’être mise en doute pour ne garder que des vérités indiscutables et évidentes.
  • Descartes écarte d’abord les connaissances issues de l’expérience car les sensations peuvent être trompeuses, comme dans les illusions d’optique.

💡 Astuce mémo

Sujet invariant → identité personnelle → responsabilité (Kant) ; Cogito = première certitude.

📖 7. Thèse cartésienne du cogito et méthode du doute

🔑 Notions clés & Définitions

  • Évidence logique : Notion selon laquelle une proposition est vraie quand elle s’impose par la seule logique, sans dépendre d’un fait incertain.
  • Méthode du doute : Démarche consistant à rejeter provisoirement tout ce qui peut être mis en doute pour ne garder que ce qui résiste à l’incertitude.
  • Cogito : Expérience de pensée où l’on doute de tout et où l’on découvre qu’on ne peut pas douter du fait de penser.
  • Pensée pure : Idée cartésienne selon laquelle l’existence certaine révélée par le cogito concerne la pensée considérée indépendamment du monde extérieur.

📝 Points essentiels

  • Descartes prend l’évidence logique comme critère de vérité, donc une certitude doit être garantie par la raison seule.
  • Il écarte d’abord les connaissances issues de l’expérience, car les sensations peuvent tromper (exemples d’illusions d’optique).
  • Il met aussi à l’écart les raisonnements mathématiques, en doutant de la perfection et de l’infaillibilité de la logique humaine.
  • Il doute même de la différence veille/rêve, car en rêve on croit vivre une réalité.
  • La méthode du doute conduit à chercher au moins une idée indubitable pour fonder un savoir humain.
  • Le cogito fournit cette certitude : même si tout est faux et même si l’on rêve, on est obligé de savoir qu’on pense, donc on existe en tant que penseur.

💡 Astuce mémo

Doute sur tout → reste impossible à nier : « je pense » ; si je pense, j’existe.

📖 8. Arbre de la connaissance selon Descartes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Cogito : Le cogito est l’évidence de la conscience de penser qui sert de premier principe pour bâtir la philosophie.
  • Métaphysique : La métaphysique est la connaissance des réalités spirituelles non observables, présentée comme racines de l’arbre.
  • Physique : La physique est le domaine de connaissance de la réalité matérielle, présenté comme tronc issu de la métaphysique.
  • Mécanique : La mécanique est une science appliquée issue des branches de l’arbre, orientée vers l’invention de machines.
  • Morale : La morale est une science appliquée que Descartes voulait redéfinir comme prolongement de la science.

📝 Points essentiels

  • Descartes prend l’évidence du cogito comme premier principe et construit ensuite tout le système à partir de cette base.
  • Le cogito permet de connaître la nature spirituelle de l’être humain en distinguant pensée et corps.
  • L’être humain se définit par la pensée et la conscience (esprit/âme) plutôt que par le corps.
  • L’existence de Dieu est déduite de l’idée de Dieu présente en chacun, sans recourir à une preuve par l’expérience.
  • Si Dieu existe et est bon, il ne peut pas rendre l’esprit incapable de connaître, ce qui fonde la fiabilité de la logique humaine.
  • Dans l’« arbre de la connaissance », les racines sont la métaphysique, le tronc la physique, et les branches les sciences appliquées (mécanique, médecine, morale).

💡 Astuce mémo

Racines métaphysique → tronc physique → branches sciences (mécanique, médecine, morale) ; tout part du cogito.

📖 9. Critiques empiristes du cogito et de l’âme

🔑 Notions clés & Définitions

  • Empiristes : Courants philosophiques qui jugent les idées à partir de l’expérience vécue plutôt que de principes métaphysiques.
  • Cogito : Thèse cartésienne selon laquelle la conscience de penser fournirait une connaissance certaine de soi.
  • Conscience psychologique : Conception de la conscience comme expérience mentale dépendante du vécu, notamment de la mémoire, et non comme réalité métaphysique.
  • Âme distincte du corps : Idée selon laquelle l’être humain posséderait une âme séparée du corps, que la conscience permettrait de connaître.
  • Sujet pensant : Thèse selon laquelle l’être humain serait d’abord défini comme un sujet qui pense, donc comme une entité dont la conscience garantit la vérité.

📝 Points essentiels

  • Pour Locke, la conscience n’est pas une substance ni une réalité d’une nature différente du corps, donc pas de transcendance de la conscience.
  • Pour Locke, l’expérience de soi est une expérience psychologique liée à la mémoire, et elle peut se dégrader avec l’âge, la folie ou la maladie.
  • Pour Locke, l’argument du « corps de Paul / esprit de Pierre » sert à montrer l’absurdité d’une conscience conçue comme chose indépendante du corps.
  • Pour Hume, on ne peut pas réaliser l’expérience du cogito car on pense toujours à quelque chose de concret, jamais à une pensée pure.
  • Pour Hume, la conscience ne donne que des états particuliers (ex. chaud, froid, tristesse, gaieté) et ne permet pas de saisir une conscience comme être spirituel.
  • Pour Nietzsche, la thèse du sujet pensant est une illusion : la conscience ne garantit pas une connaissance certaine, et il s’appuie sur une théorie du langage comme convention collective.

💡 Astuce mémo

Locke/Hume/Nietzsche : Locke = conscience non-transcendante ; Hume = pas de pensée pure ; Nietzsche = sujet pensant = illusion (langage convention).

📖 10. Critique nietzschéenne du sujet pensant

🔑 Notions clés & Définitions

  • Sujet pensant : Notion selon laquelle l’être humain serait un « moi » qui pense et qui connaîtrait ainsi quelque chose de certain sur lui-même.
  • Conscience : Fonction mentale comprise comme un langage intériorisé, sans pouvoir de révéler une vérité métaphysique.
  • Langage convention collective : Idée selon laquelle le langage est un outil social né pour exprimer et coordonner des besoins naturels.
  • Langage intériorisé : Transformation du langage social en monologue intérieur, qui permettrait de « penser » sans garantie de vérité.
  • Habitude grammaticale : Mécanisme par lequel nous interprétons l’expérience avec des catégories grammaticales, comme si elles décrivaient une réalité profonde.

📝 Points essentiels

  • Nietzsche critique la thèse du sujet pensant en montrant que la conscience ne fournit pas une connaissance certaine et véritable.
  • Le langage est présenté comme une convention collective née pour communiquer des besoins naturels au sein d’un groupe.
  • L’hypothèse d’une vie grégaire explique l’apparition du langage comme capacité de coordination entre individus.
  • La capacité de communication serait intériorisée par évolution : « penser » devient parler intérieurement, donc la conscience est un langage silencieux.
  • La conscience est traitée comme une fonction biologique issue de l’évolution, sans valeur spirituelle ni métaphysique.
  • Conséquence métaphysique : si la conscience n’a pas de privilège de vérité, la prétention cartésienne du cogito est réfutée (Descartes).

💡 Astuce mémo

Langage → intériorisation : la conscience n’est pas une source de vérité, juste un monologue grammatical.

📖 11. Renouvellement du cogito par la phénoménologie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Cogito cartésien : Le cogito est l’idée selon laquelle « je pense » fournirait un point de certitude pour fonder la connaissance.
  • Critique nietzschéenne du cogito : La critique nietzschéenne conteste que « je pense » garantisse l’existence d’un « moi » certain, en le traitant comme une interprétation.
  • Phénoménologie : La phénoménologie est un courant qui étudie la conscience comme expérience vécue, en privilégiant la subjectivité.
  • Dualisme métaphysique : Le dualisme métaphysique sépare des plans de réalité distincts, et la phénoménologie en rejette l’orientation cartésienne.
  • Subjectivité : La subjectivité désigne le rôle fondamental de la conscience vécue dans la production de la connaissance humaine.

📝 Points essentiels

  • Nietzsche soutient que « je pense » ne prouve pas qu’un « moi » est l’auteur de la pensée, car c’est une manière de parler issue d’une interprétation.
  • L’analogie avec les Grecs montre une croyance naïve : attribuer une action à un auteur personnel là où il n’y a que des phénomènes impersonnels.
  • La pensée pourrait être un phénomène impersonnel, comme la pluie ou le tonnerre, ce qui rend suspecte l’idée d’un sujet réel derrière « je ».
  • La critique nietzschéenne attaque aussi l’idée de libre-arbitre et met en difficulté la morale kantienne, en visant l’illusion du « sujet ».
  • Au XXe siècle, la phénoménologie reprend l’héritage de Descartes tout en rejetant le dualisme métaphysique.
  • Pour la phénoménologie, la conscience est l’origine de la connaissance humaine et la science ne suffit pas à comprendre le réel car elle laisse de côté la subjectivité.

💡 Astuce mémo

Nietzsche : « Zeus pleut » → même naïveté que « je pense » : on attribue un auteur à un phénomène impersonnel ; Phénoménologie : conscience vécue = accès au réel.

📖 12. Conscience comme activité relationnelle de connaissance

🔑 Notions clés & Définitions

  • Phénoménologie : Courant philosophique qui étudie la conscience à partir de l’expérience vécue, en complétant la science par l’analyse de la subjectivité.
  • Conscience de quelque chose : Thèse selon laquelle toute conscience porte nécessairement sur un objet, ce qui exclut une conscience totalement vide de contenu.
  • Intentionnalité : Notion selon laquelle la conscience vise un objet, comme une visée, reliant un sujet à ce qui est visé.
  • Relation sujet-objet : Idée que la conscience n’est pas une substance isolée mais un rapport entre un sujet et un objet, inséparables dans l’acte de connaître.
  • Subjectivité : Caractère d’un sujet impliqué dans la réalité perçue, de sorte qu’on ne peut pas se tenir totalement à distance de ce qu’on connaît.

📝 Points essentiels

  • La science a une valeur, mais sa méthode objectiviste laisse de côté l’étude de la subjectivité, que la philosophie doit compléter.
  • La phénoménologie prend pour point de départ l’idée que toute conscience est conscience de quelque chose.
  • La conscience n’est pas une substance pensante : elle se comprend comme une relation entre un sujet et un objet.
  • On ne peut pas dire « je pense » sans penser « à quelque chose », car sujet et objet sont corrélatifs dans l’acte de connaître.
  • Si rien n’existait, il n’y aurait aucun objet à viser, donc pas de sujet pensant : la thèse cartésienne est jugée inexacte ici.
  • La conscience humaine est comparée à une visée (projecteur) : elle se projette dans le monde extérieur ou dans le monde intérieur, ce qui fonde l’intentionnalité.

💡 Astuce mémo

Conscience = visée : pas de sujet sans objet, donc pas de « je pense » sans « à quelque chose ».

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
XVI° siècleRéférence à Montaigne et au statut littéraire de l’introspection dans Les Essais
XVII°Pascal, père de l’existentialisme, et la réflexion sur la conscience (roseau pensant)
XX°Heidegger (Dasein, angoisse) et phénoménologie au XXe siècle

📊 Tableaux de synthèse

Formes de la conscience

FormeCe que c’estCaractéristique
Conscience moraleSentiment du bien et du mal, capacité de se voir et de se juger selon des valeurs moralesBonne/mauvaise conscience, cas de conscience, conscience tranquille
Conscience immédiatePerception de soi (monde intérieur) et du monde extérieurVariable en intensité ; perte en dormant/s’évanouissant/tombant dans le coma
Conscience réfléchieCapacité de penser qu’on pense et d’intellectualiser son expérienceRecul entre soi et soi-même ; idées/opinions/connaissances abstraites

Approches historiques de la conscience

Période/approcheIdée centraleCritère/outil
Antiquité et Moyen ÂgeConscience surtout pour des raisons morales et spirituellesVoix intérieure (démon) puis présence divine
DescartesConscience principe de la connaissance humaineDoute + évidence logique du cogito
Empirisme (Locke/Hume)Refus d’une signification métaphysique de la conscienceConscience comme expérience psychologique (mémoire) ; impossibilité de saisir une pensée pure
NietzscheLe sujet pensant est une illusion ; conscience comme langage intérioriséLangage convention collective puis monologue intérieur
Phénoménologie (XX°)Conscience comme origine de la connaissance, sans dualisme métaphysiqueToute conscience est conscience de quelque chose ; relation sujet-objet ; intentionnalité

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre conscience morale (juger bien/mal) et conscience immédiate (percevoir sur le moment) : ce ne sont pas le même niveau d’expérience.
  2. Croire que « champ de conscience » signifie une conscience fixe : le cours insiste sur une étendue variable selon le moment et les perceptions présentes.
  3. Prendre la réflexivité pour un trouble : le dédoublement de la personnalité est pathologique, alors que la réflexivité normale est un processus normal.
  4. Penser que le cogito prouve directement une âme séparée du corps : les critiques empiristes contestent la portée métaphysique de l’expérience cartésienne.
  5. Croire que « je pense » donne une certitude sur un « moi » réel : Nietzsche dit que c’est une manière de parler/interprétation liée à la grammaire.
  6. Confondre phénoménologie et dualisme cartésien : la phénoménologie reprend l’héritage de Descartes tout en rejetant le dualisme métaphysique.
  7. Penser que la conscience est une « chose » connaissable comme un objet : le cours conclut qu’elle est une activité et une condition de la connaissance objective.

✅ Checklist Examen

  1. Définir la conscience comme « savoir qu’on pense » et expliquer en quoi cela rend possible la vie intérieure (retour sur ses pensées).
  2. Expliquer l’étymologie cum-scire et ce qu’elle suggère sur la connaissance de soi.
  3. Distinguer conscience morale, conscience immédiate et conscience réfléchie, avec pour chacune ce que l’on perçoit/fait et la caractéristique centrale.
  4. Décrire la conscience immédiate comme perception variable en intensité et relier la perte de conscience immédiate à dormir/s’évanouir/coma.
  5. Définir le champ de conscience comme ensemble des perceptions éprouvées à un moment donné et préciser qu’il est plus ou moins étendu.
  6. Expliquer le tournant cartésien : la conscience devient principe de la connaissance humaine et l’homme est défini comme « être pensant ».
  7. Présenter la méthode du doute : écarter expérience (illusions d’optique), mathématiques (logique humaine non garantie), et rêve (différence réalité/illusion).
  8. Expliquer le cogito : impossibilité de douter qu’on pense, équivalence pensée/conscience, et conclusion « je pense donc je suis » comme certitude.
  9. Expliquer l’arbre de la connaissance : racines métaphysique, tronc physique, branches sciences appliquées (mécanique, médecine, morale).
  10. Résumer les critiques empiristes : Locke (pas de transcendance, conscience psychologique liée à la mémoire) et Hume (pas de pensée pure, états particuliers).
  11. Résumer la critique nietzschéenne : langage convention collective, intériorisation en monologue, habitude grammaticale, et analogie « Zeus pleut » contre le sujet pensant.
  12. Expliquer le renouvellement par la phénoménologie : toute conscience est conscience de quelque chose, conscience comme relation sujet-objet, intentionnalité (viser comme un projecteur) et rejet du dualisme métaphysique.

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Conscience et connaissance de soi avec 11 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Que désigne principalement l’expression « savoir qu’on pense » ?

2. Quelle est la définition de la conscience comme savoir qu’on pense ?

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Conscience — définition ?

Savoir qu’on pense, connaissance de soi.

Conscience comme savoir qu’on pense - Définition

Conscience, connaissance de ses propres pensées.

Champ de conscience — qu’est-ce ?

Ensemble des perceptions éprouvées à un moment donné.

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