QCM : Cyberespace, conflits et coopération — 22 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle définition décrit le mieux le cyberespace ?

Un territoire matériel composé de serveurs, de câbles et de centres de stockage
Un ensemble de réseaux sociaux destiné à la communication entre utilisateurs
Un environnement d’information issu de l’interconnexion planétaire des systèmes numériques
Une plateforme logicielle consacrée à la diffusion mondiale de contenus médiatiques

Un environnement d’information issu de l’interconnexion planétaire des systèmes numériques

Explication

Le cyberespace naît de l’interconnexion planétaire des systèmes d’information et de communication, dans laquelle les données sont créées, stockées et partagées. Le réduire aux réseaux sociaux écarte les infrastructures et les autres usages numériques qui le composent.

2. Quelle distinction caractérise correctement les composantes du cyberespace ?

Les infrastructures forment les logiciels, tandis que l’espace immatériel correspond aux équipements de transmission
Les infrastructures soutiennent les échanges, tandis que l’espace immatériel correspond à la circulation des données
Les infrastructures désignent les données échangées, tandis que l’espace immatériel regroupe les serveurs physiques
Les infrastructures concernent les utilisateurs, tandis que l’espace immatériel désigne les entreprises du numérique

Les infrastructures soutiennent les échanges, tandis que l’espace immatériel correspond à la circulation des données

Explication

Le cyberespace associe des éléments matériels et logiciels à un espace immatériel où circulent les données. Assimiler cet espace aux serveurs physiques confond le support technique avec la circulation informationnelle.

3. Quelle proportion des flux numériques est transportée par les câbles sous-marins ?

Environ 1 % des flux numériques
Environ 75 % des flux numériques
Environ 99 % des flux numériques
Environ 50 % des flux numériques

Environ 99 % des flux numériques

Explication

Les câbles sous-marins transportent environ 99 % des flux numériques, tandis que les satellites en transportent 1 %. L’attribution de cette part principale aux satellites inverse donc le rôle respectif des deux réseaux.

4. En 2019, quelle situation décrit la répartition mondiale des data-centres ?

4 438 data-centres sont répartis dans 122 pays, et 40 % se trouvent en Chine
4 438 data-centres sont répartis dans 122 pays, et 97 % se trouvent aux États-Unis
1 222 data-centres sont répartis dans 438 pays, et 40 % se trouvent aux États-Unis
4 438 data-centres sont répartis dans 122 pays, et 40 % se trouvent aux États-Unis

4 438 data-centres sont répartis dans 122 pays, et 40 % se trouvent aux États-Unis

Explication

En 2019, 4 438 data-centres répartis dans 122 pays stockent les données numériques, dont 40 % aux États-Unis. Le chiffre de 97 % concerne les flux échangés entre l’Europe et l’Asie transitant par le territoire américain, et non la localisation des data-centres.

5. Quel acteur domine les recherches mondiales sur Internet en 2018 ?

Baidu, avec environ 90 % des recherches mondiales
Un ensemble de moteurs européens, avec environ 40 % des recherches mondiales
Les BATX, avec environ 77 % des recherches mondiales
Google, avec environ 90 % des recherches mondiales

Google, avec environ 90 % des recherches mondiales

Explication

En 2018, Google assure 90 % des recherches mondiales, soit environ 100 milliards de recherches mensuelles. Baidu domine plutôt le marché chinois, tandis que les BATX représentent une concurrence en renforcement.

6. Quelle affirmation compare correctement la maîtrise des câbles sous-marins et des satellites ?

Les câbles appartiennent principalement aux utilisateurs, tandis que les satellites relèvent surtout des opérateurs sociaux
Les câbles relèvent surtout des États, tandis que les satellites appartiennent principalement aux moteurs de recherche
Les câbles relèvent surtout d’entreprises, tandis que les satellites appartiennent principalement aux États
Les câbles sont gérés par des organisations internationales, tandis que les satellites appartiennent aux data-centres

Les câbles relèvent surtout d’entreprises, tandis que les satellites appartiennent principalement aux États

Explication

Les câbles sous-marins appartiennent à des entreprises spécialisées et de plus en plus aux géants du numérique, alors que les satellites appartiennent principalement aux États. Des entreprises privées peuvent toutefois participer au lancement des satellites, comme SpaceX.

7. Qu’est-ce que l’open data ?

La diffusion de données réservées aux entreprises disposant d’un abonnement technique
La collecte de données privées par les autorités afin de renforcer la surveillance numérique
La publication de données sous licence ouverte, permettant leur accès et leur réutilisation libres
La mise en ligne de contenus dont la réutilisation dépend d’une autorisation financière

La publication de données sous licence ouverte, permettant leur accès et leur réutilisation libres

Explication

L’open data désigne la publication sous licence ouverte de données accessibles et réutilisables sans conditions techniques, juridiques ou financières. La surveillance poursuit une logique différente puisqu’elle réduit le contrôle des individus sur leurs données.

8. Quelle situation caractérise le marché chinois des moteurs de recherche ?

Google réalise 77 % des recherches nationales, contre 1,7 % pour Baidu, dans un contexte de libre concurrence
Baidu réalise 77 % des recherches nationales, contre 1,7 % pour Google, dans un contexte de contrôle étatique
Les BATX réalisent 97 % des recherches nationales, tandis que Baidu conserve une part marginale
Baidu réalise 40 % des recherches nationales, contre 90 % pour Google, dans un contexte d’ouverture des données

Baidu réalise 77 % des recherches nationales, contre 1,7 % pour Google, dans un contexte de contrôle étatique

Explication

En Chine, Baidu assure 77 % des recherches nationales contre 1,7 % pour Google, dans un contexte de censure et de contrôle étatique des données. Les chiffres attribués à Google correspondent à sa domination mondiale en 2018, pas au marché chinois.

9. Quelle action correspond le mieux à la définition d’une cyber-attaque ?

Une maintenance technique visant à renforcer la disponibilité d’un réseau
Une panne accidentelle provoquée par l’usure d’un équipement informatique
Une campagne commerciale destinée à promouvoir un logiciel auprès des utilisateurs
Une opération de sabotage, d’espionnage ou de subversion menée par un acteur organisé

Une opération de sabotage, d’espionnage ou de subversion menée par un acteur organisé

Explication

Une cyber-attaque est une action menée par un État, une entreprise, un criminel ou une association, et peut prendre ces trois formes. Une panne accidentelle ne constitue pas une action offensive organisée.

10. Un message trompeur demande à un client ses identifiants bancaires, tandis qu’un programme chiffre ses fichiers et exige une somme d’argent : quelles sont les techniques utilisées ?

La propagande numérique pour le premier cas et l’espionnage pour le second
Le rançongiciel pour le premier cas et l’hameçonnage pour le second
Le sabotage matériel pour le premier cas et la subversion pour le second
L’hameçonnage pour le premier cas et le rançongiciel pour le second

L’hameçonnage pour le premier cas et le rançongiciel pour le second

Explication

L’hameçonnage cherche à obtenir frauduleusement des informations, alors que le rançongiciel bloque les données afin d’exiger une rançon. La propagande et le sabotage matériel ne décrivent pas ces deux mécanismes.

11. Comment un État peut-il utiliser le cyberespace pour influencer une élection ?

En chiffrant les données électorales pour empêcher leur consultation par des tiers
En diffusant de la propagande sur les réseaux sociaux afin de manipuler l’opinion
En sécurisant les accès administratifs afin de réduire les intrusions dans les réseaux
En remplaçant les câbles sous-marins par des équipements protégés contre les coupures

En diffusant de la propagande sur les réseaux sociaux afin de manipuler l’opinion

Explication

Les États peuvent diffuser de la propagande sur les réseaux sociaux pour surveiller, espionner ou manipuler l’opinion et influencer les élections. La sécurisation des accès relève de la cyber-défense, tandis que le chiffrement protège les données.

12. Dans quelle situation un État victime d’une cyber-attaque peut-il invoquer la légitime défense selon le droit international ?

Lorsque l’attaque atteint le seuil juridique d’une agression armée
Lorsque l’attaque vise des données commerciales sans causer de destruction
Lorsque l’attaque provoque une interruption temporaire d’un service public
Lorsque l’attaque est attribuée à un groupe privé sans preuve supplémentaire

Lorsque l’attaque atteint le seuil juridique d’une agression armée

Explication

La légitime défense est autorisée lorsque la cyber-attaque est considérée comme une agression armée. La majorité des cyber-attaques n’atteint pas ce seuil, même lorsqu’elles perturbent des services ou visent des données.

13. Pourquoi l’attribution d’une cyber-attaque reste-t-elle souvent difficile ?

Parce qu’il est complexe d’identifier l’auteur, ses motivations et ses liens avec un donneur d’ordre
Parce que les réseaux attaqués empêchent généralement toute collecte de preuves techniques
Parce que les États revendiquent publiquement chaque opération menée par des exécutants privés
Parce que les cyber-attaques sont dépourvues d’effets observables sur les systèmes touchés

Parce qu’il est complexe d’identifier l’auteur, ses motivations et ses liens avec un donneur d’ordre

Explication

L’identification est difficile car il faut déterminer l’auteur, ses motivations et les liens éventuels entre un commanditaire étatique et des exécutants privés. Les effets et les indices techniques peuvent être observés, mais ils ne suffisent pas toujours à établir une attribution certaine.

14. Quelle organisation des activités correspond à la logique de la cyber-défense ?

Sensibiliser les utilisateurs en aval, puis exploiter les logiciels malveillants en amont
Adapter le droit et juger les crimes en amont, puis protéger les données et les accès en aval
Protéger les données et les accès en amont, puis adapter le droit et juger les crimes en aval
Attribuer l’attaque en amont, puis diffuser une propagande de riposte en aval

Protéger les données et les accès en amont, puis adapter le droit et juger les crimes en aval

Explication

La prévention intervient en amont par la protection des données, la sécurisation des accès et l’expertise des logiciels malveillants, tandis que les réponses juridiques interviennent en aval. Inverser ces étapes confond prévention et traitement judiciaire.

15. Quelle mission caractérise l’Anssi depuis sa création en 2009 ?

Prévenir et traiter les incidents informatiques touchant les institutions sensibles de l’État
Juger les auteurs de cybercriminalité visant les intérêts publics et privés
Conduire les opérations militaires offensives destinées à perturber les réseaux étrangers
Mener des actions de sensibilisation citoyenne auprès du grand public depuis 2012

Prévenir et traiter les incidents informatiques touchant les institutions sensibles de l’État

Explication

L’Anssi assure la prévention et la réaction aux incidents touchant les institutions sensibles grâce à la veille, la détection, l’alerte et la riposte. Les opérations offensives relèvent d’une autre composante de la stratégie, tandis que la sensibilisation et le jugement correspondent à d’autres missions.

16. Quel enchaînement retrace correctement les principales étapes de la stratégie française de cybersécurité ?

Stratégie nationale en 2015, commandement cyber en 2017, puis doctrine offensive développée depuis 2019
Stratégie nationale en 2012, réserve citoyenne en 2015, puis commandement cyber établi depuis 2019
Commandement cyber en 2009, stratégie nationale en 2012, puis doctrine offensive élaborée en 2015
Doctrine offensive en 2015, stratégie nationale en 2017, puis commandement cyber créé depuis 2019

Stratégie nationale en 2015, commandement cyber en 2017, puis doctrine offensive développée depuis 2019

Explication

La France a adopté une stratégie nationale pour la sécurité du numérique en 2015, créé un commandement de cyber-défense en 2017 et développé depuis 2019 une doctrine de Lutte Informatique Offensive. Les autres chronologies mélangent les dates et les dispositifs.

17. Depuis quelle année le Forum mondial sur la gouvernance d’Internet se réunit-il chaque année sous la tutelle de l’ONU ?

Depuis 2015
Depuis 2006
Depuis 2010
Depuis 2018

Depuis 2006

Explication

Le Forum mondial sur la gouvernance d’Internet se réunit annuellement sous la tutelle de l’ONU depuis 2006 afin de favoriser le dialogue sur la régulation du cyberespace. L’année 2015 correspond plutôt à l’adoption d’un rapport de l’ONU sur la coopération numérique.

18. Quelle mesure figure parmi les recommandations du rapport adopté par l’ONU en 2015 sur le comportement des États dans le cyberespace ?

La privatisation des infrastructures stratégiques étrangères
La suspension des échanges avec les États victimes
La création d’une armée numérique mondiale
Le partage d’informations entre les États

Le partage d’informations entre les États

Explication

Le rapport de 2015 recommande notamment la coopération avec les États victimes, la lutte contre les outils malveillants, le respect des infrastructures stratégiques étrangères et le partage des informations. La suspension des échanges avec les États victimes contredit cette logique de coopération.

19. Pourquoi aucune organisation mondiale entièrement consacrée à la cybersécurité n’existe-t-elle encore ?

Parce que les infrastructures numériques restent absentes de nombreuses régions du monde
Parce que les entreprises refusent de participer aux discussions sur la sécurité des réseaux
Parce que les États défendent leur souveraineté et divergent sur la légalité des comportements numériques
Parce que l’ONU a interdit toute coordination internationale dans le cyberespace

Parce que les États défendent leur souveraineté et divergent sur la légalité des comportements numériques

Explication

L’absence d’organisation mondiale spécialisée s’explique par la volonté des États de préserver leur souveraineté et par leurs désaccords sur la légalité des comportements numériques. Les autres réponses attribuent cette situation à des facteurs qui ne sont pas présentés comme les causes principales.

20. Quel rôle l’Enisa exerce-t-elle dans l’Union européenne ?

Elle accompagne les États dans la lutte contre la cybercriminalité et la certification de la cybersécurité
Elle dirige les opérations militaires de l’Otan dans le cyberespace européen
Elle négocie les accords bilatéraux de cybersécurité entre les grandes puissances
Elle organise les réunions annuelles de l’ONU sur la gouvernance d’Internet

Elle accompagne les États dans la lutte contre la cybercriminalité et la certification de la cybersécurité

Explication

Créée en 2004 et renforcée par le Cyber-security Act de 2019, l’Enisa aide les États de l’Union européenne à lutter contre la cybercriminalité et à certifier la cybersécurité. Les opérations militaires relèvent plutôt de l’Otan, tandis que les réunions de l’ONU appartiennent à un autre cadre institutionnel.

21. Quelle distinction décrit correctement les responsabilités respectives de l’Union européenne et de l’Otan dans le cyberespace ?

L’Union européenne accompagne la sécurité des réseaux, tandis que l’Otan considère aussi le cyberespace comme un domaine militaire
L’Union européenne dirige les opérations militaires, tandis que l’Otan certifie les produits de cybersécurité civils
L’Union européenne rédige le manuel de Tallinn, tandis que l’Otan coordonne les réunions de l’ONU
L’Union européenne combat les cyberattaques entre deux pays, tandis que l’Otan règle les désaccords commerciaux numériques

L’Union européenne accompagne la sécurité des réseaux, tandis que l’Otan considère aussi le cyberespace comme un domaine militaire

Explication

L’Union européenne accompagne la sécurité des réseaux, alors que l’Otan traite également le cyberespace comme un domaine militaire opérationnel. Le manuel de Tallinn et la certification de cybersécurité ne correspondent donc pas à la répartition proposée dans les autres réponses.

22. Que montre l’évolution de la coopération régionale et bilatérale dans le cyberespace ?

Elle progresse, mais ne constitue pas encore une gouvernance mondiale unifiée
Elle remplace les accords entre États par une autorité numérique internationale unique
Elle reste limitée aux relations entre l’Union européenne et ses États membres
Elle a établi une réglementation mondiale commune appliquée par toutes les puissances

Elle progresse, mais ne constitue pas encore une gouvernance mondiale unifiée

Explication

La coopération progresse grâce à l’Union européenne, à l’Otan et aux accords entre États, mais aucune gouvernance mondiale unifiée du cyberespace n’existe encore. Les autres réponses transforment cette progression partielle en structure mondiale intégrée, ce que le bilan ne permet pas d’affirmer.

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Qu'est-ce que le cyberespace ?

L'environnement d'information créé par l'interconnexion planétaire des systèmes d'information et de communication.

Que comprend le cyberespace ?

Des infrastructures matérielles et logicielles ainsi qu'un espace immatériel.

Que favorise le cyberespace dans les relations sociales ?

L'intelligence collective et la mise en contact des utilisateurs.

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