Fiche de révision : Émergence et évolution de la Ve République

📋 Plan du Cours

  1. Conditions de possibilités de la Ve République
  2. Discours de Bayeux et projet constitutionnel
  3. Structures et instabilité de la IVe République
  4. Crise mémorielle et récit national
  5. Origines et escalade de la guerre d’Algérie
  6. Diversité des acteurs et durcissement des positions
  7. Putsch d’Alger, échec et naissance de l’OAS
  8. Accords d’Évian et guerre des mémoires
  9. Élection du président au suffrage universel
  10. Passage du septennat au quinquennat et calendrier électoral
  11. Premier quinquennat de Jacques Chirac
  12. Politique sécuritaire et immigration dans les années 2000

📖 1. Conditions de possibilités de la Ve République

🔑 Notions clés & Définitions

  • Putsch d’Alger : Événement militaire du 13 mai 1958 qui déclenche la crise et ouvre la voie à l’installation de la Ve République.
  • Légitimité charismatique : Type de légitimité fondée sur l’aura personnelle du dirigeant, qui renforce l’acceptation de De Gaulle dans la période de crise.
  • Pouvoir impersonnel du PR : Principe institutionnel selon lequel le président de la République incarne un pouvoir stable et non dépendant d’un individu, ce qui structure l’exécutif.
  • Compromis présidentialisme parlementarisme : Idée de conception institutionnelle visant à combiner l’autorité de l’exécutif et la logique parlementaire pour stabiliser le régime.
  • Référendum d’approbation : Procédure de validation populaire qui permet à la Ve République d’obtenir une approbation massive au moment de sa mise en place.

📝 Points essentiels

  • La Ve République émerge au cœur de la tourmente algérienne avec le putsch d’Alger du 13 mai 1958.
  • De Gaulle est appelé pour gérer la situation en Algérie, ce qui renforce sa légitimité charismatique.
  • La Ve République vise la stabilité en période troublée en cherchant un équilibre entre présidentialisme et parlementarisme.
  • Le régime poursuit un triple objectif : reconstruction du pays, décolonisation et construction européenne.
  • La Constitution est approuvée par référendum avec un taux de 80 %.
  • La période de croissance favorable précède une crise dans les années 1970, ce qui entraîne de nombreux changements politiques et sociaux.

💡 Astuce mémo

Crise algérienne → De Gaulle (charisme) → institutions stables (compromis) + 3 objectifs (reconstruire, décoloniser, Europe) + 80% au référendum.

📖 2. Discours de Bayeux et projet constitutionnel

🔑 Notions clés & Définitions

  • Discours de Bayeux : Discours politique de De Gaulle qui fixe une vision d’un exécutif fort et d’institutions capables de stabiliser l’État.
  • Projet constitutionnel : Ensemble des choix institutionnels visant à organiser la Ve République autour d’un pouvoir exécutif renforcé et d’un cadre parlementaire repensé.
  • Exécutif fort : Principe institutionnel qui donne au gouvernement et au président une capacité d’action supérieure pour éviter l’instabilité politique.
  • Souveraineté nationale : Idée selon laquelle l’autorité politique doit s’enraciner dans la nation plutôt que dans la seule mécanique parlementaire.

📝 Points essentiels

  • Le contexte de 1958 associe crise algérienne et recherche d’institutions stables pour sortir du blocage de la IVe République.
  • De Gaulle veut un exécutif et un pouvoir fort fondés sur la souveraineté nationale, plutôt qu’un simple retour à l’ordre parlementaire ancien.
  • Le projet gaullien se heurte à une crainte : la peur d’un basculement vers un régime autoritaire malgré le discours républicain.
  • Michel Debré est présenté comme rédacteur de la Constitution de la Ve République et partisan d’un État fort.
  • Le rôle du Premier ministre est encadré par les articles 20 et 21 : il dirige la politique du gouvernement.
  • Le Conseil constitutionnel est composé de 9 sages nommés par le président de la République et par les présidents des deux assemblées.

💡 Astuce mémo

Bayeux = « pouvoir fort » : souveraineté d’abord, parlement ensuite.

📖 3. Structures et instabilité de la IVe République

🔑 Notions clés & Définitions

  • Torture en Algérie : Fait de violence extrême décrit comme pratiqué pendant la guerre d’Algérie, visant des Algériens et aussi des Français.
  • SFIO : Parti socialiste français qui s’affaiblit fortement dans les années 1960 avant de se fragmenter et de donner naissance à de nouvelles formations.
  • Parti socialiste unifié : Formation issue de regroupements socialistes qui incarne une nouvelle gauche, avec une influence politique limitée au départ.
  • Parti radical de Gauche : Branche du Parti radical issue d’une scission, identifiée par son ancrage à gauche.
  • Parti radical Valoisien : Branche du Parti radical issue d’une scission, nommée d’après le lieu du siège social du parti.

📝 Points essentiels

  • La guerre d’Algérie laisse un traumatisme massif et s’accompagne de violences comme la torture, ce qui nourrit l’instabilité politique.
  • La SFIO périclite dans les années 60 et se scinde, donnant naissance au Parti socialiste autonome puis à un Parti socialiste unifié.
  • Le Parti socialiste unifié rassemble des figures comme Pierre Mendès-France et Michel Rocard, mais reste peu influent et sans représentation forte.
  • Le Parti radical se fragmente après le départ de Pierre Mendès-France en deux branches : Parti Radical de Gauche et Parti radical Valoisien.
  • Le MRP se déchire et un de ses membres, G. Bidot, rejoint les rangs de l’OAS, ce qui illustre la radicalisation d’une partie du camp centriste.
  • L’UNR est présenté comme le « parti de DG » et ses députés sont décrits comme des « godillots », votant sans discussion la ligne du parti.

💡 Astuce mémo

Algérie → traumatismes → fractures des partis (SFIO et radicaux) : plus la guerre pèse, plus la scène politique se morcelle.

📖 4. Crise mémorielle et récit national

🔑 Notions clés & Définitions

  • Comités d’action : Groupes locaux nés dans les universités, quartiers et entreprises pour organiser et coordonner la mobilisation pendant la crise.
  • Grève générale de mai 68 : Arrêt massif et prolongé du travail qui s’étend des médias et universités vers les secteurs industriels et les services.
  • Meeting de Charléty : Rassemblement organisé le 17 mai 1968 par le PSU, visant à proposer une sortie de crise avec des figures politiques.
  • Dissolution de l’Assemblée : Acte politique du 30 mai 1968 par lequel le président dissout l’Assemblée afin de relancer le jeu institutionnel.
  • Slogans anti-68 : Formules de l’opposition gaulliste apparues après la dissolution, utilisées pour dénoncer les élections comme piège ou trahison.

📝 Points essentiels

  • La crise universitaire bascule en crise sociale après la répression du 11 mai et la demande de libération des étudiants par Pompidou.
  • Les actions se multiplient avec des grèves datées : 12 mai à l’ORTF, 13 mai grève générale, 16 mai à l’Odéon, 18 mai chez Renault.
  • Les syndicats tentent de canaliser la mobilisation, tandis que la crainte de violences reste forte lors des manifestations colossales.
  • Le 25 mai, des négociations au ministère du Travail aboutissent le 27 mai à une hausse du SMIG de 35 % et à la création de sections syndicales en entreprise.
  • Le conflit social se durcit avec de très longues grèves, et la base refuse la reprise notamment chez Renault.
  • Le 29 mai, le PCF et la CGT défilent en réponse au meeting de Charléty, tandis que DG a disparu après son départ à Baden-Baden pour rencontrer le général Massu.

💡 Astuce mémo

Bascule en 3 temps : 11 mai répression → 13 mai grève générale → 30 mai dissolution.

📖 5. Origines et escalade de la guerre d’Algérie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Radicalisation du parti : La radicalisation désigne un durcissement progressif de la ligne politique du parti, notamment sur la question de l’immigration.
  • Préférence nationale : La préférence nationale est une idée politique qui privilégie les intérêts des nationaux, et sert de base à des déclinaisons locales.
  • Localisme : Le localisme est une déclinaison de la préférence nationale appliquée au niveau local pour orienter le vote et les thèmes de campagne.
  • Bouc émissaire : Un bouc émissaire est un groupe désigné comme responsable des difficultés, ici utilisé pour déplacer le débat vers l’immigration.
  • Hégémonie gaulliste : L’hégémonie gaulliste correspond à la domination politique du gaullisme, contestée par la gauche et par des recompositions à droite.

📝 Points essentiels

  • Entre 1972 et 1974, la thématique de l’immigration n’apparaît pas dans la ligne décrite, puis elle surgit en 1978 lors des législatives.
  • En 1978, la rhétorique anti-communiste perd de l’impact car le PC n’est plus perçu comme un problème majeur, ce qui ouvre la voie à l’immigration comme thème.
  • En 1978, des slogans associent chômage et immigration et affirment une priorité nationale, dans un contexte où le parti est décrit comme groupusculaire.
  • Localisme est présenté comme une déclinaison de la préférence nationale, utilisée pour structurer le discours politique.
  • Pompidou révoque Chaban-Delmas avant les législatives de 1973, dans un contexte de positions très tranchées.
  • Le programme commun de la gauche inclut une remise en question explicite du régime, avec des mesures comme la réduction des pouvoirs du PR via l’abrogation de l’art. 16 et le passage du septennat au quinquennat.

💡 Astuce mémo

Immigration = nouveau bouc émissaire (78) quand l’anti-communisme ne marche plus (72-74 absent).

📖 6. Diversité des acteurs et durcissement des positions

🔑 Notions clés & Définitions

  • Bande des 4 : La bande des 4 désigne l’alliance de plusieurs partis de la droite et du centre-droit autour de candidatures majeures en 1981.
  • Congrès du PS à Metz : Le congrès du PS à Metz est le moment où Mitterrand construit des alliances internes avant la désignation de sa candidature.
  • Vote utile : Le vote utile est un comportement électoral où les électeurs choisissent le candidat jugé le plus efficace contre l’adversaire plutôt que leur préférence initiale.
  • État de grâce : L’état de grâce correspond à la période initiale du mandat de Mitterrand, marquée par l’adhésion et des mesures très symboliques.
  • Plan de rigueur : Le plan de rigueur est le tournant de politique économique qui réintroduit une logique d’austérité malgré les promesses de gauche.

📝 Points essentiels

  • En 1981, 10 candidatures se présentent dont deux à l’extrême-droite, mais elles n’obtiennent pas les 500 signatures nécessaires.
  • Au premier tour de 1981, 81% de participation et 4 grands candidats totalisent 87% des suffrages, les autres candidats restant à de faibles scores.
  • Le PC fait 15% et arrive derrière Chirac (17,99%), puis recule sur tout le territoire, ce qui est interprété comme un vote utile dès le premier tour.
  • Au second tour du 10 mai 1981, la participation atteint 84% et Mitterrand gagne avec 51,75% contre 48,24% pour VGE.
  • Le 11 mai 1981, la bourse s’effondre et le franc est menacé, ce qui installe une crainte de « péril communiste » en France.
  • Mitterrand mène une stratégie symbolique (Panthéon, hommage à Jaurès) et se présente comme rassembleur plutôt que comme une gauche radicale.

💡 Astuce mémo

Vote utile = « je vote contre l’adversaire le plus crédible » (le PC paie le prix au 1er tour).

📖 7. Putsch d’Alger, échec et naissance de l’OAS

🔑 Notions clés & Définitions

  • Putsch d’Alger : Événement de rupture politique en Algérie, mené par des acteurs hostiles à l’évolution du pouvoir français.
  • Échec du putsch : Issue où la tentative de renversement échoue, ce qui entraîne une recomposition des forces et des stratégies.
  • Naissance de l’OAS : Création d’une organisation clandestine d’extrême droite, née de l’échec du putsch et de la radicalisation.
  • OAS : Organisation clandestine engagée dans la lutte contre les changements politiques liés à l’Algérie.

📖 8. Accords d’Évian et guerre des mémoires

🔑 Notions clés & Définitions

  • Accords d’Évian : Accords politiques signés pour organiser la fin de la guerre d’Algérie et préparer les conditions du cessez-le-feu.
  • Guerre des mémoires : Conflit d’interprétations autour du passé, où chaque camp cherche à imposer sa lecture des événements et de leurs responsabilités.
  • Mémoire vichyste : Ensemble des récits et controverses sur le rôle de Vichy et de l’État français pendant l’Occupation.
  • Reconnaissance de l’État français : Idée selon laquelle les responsabilités de l’État français dans les agissements de Vichy doivent être explicitement assumées.

📝 Points essentiels

  • Le discours de Jacques Chirac du 16 juillet 1995 inscrit la commémoration du Vel d’Hiv dans une reconnaissance des responsabilités de l’État français sous Vichy.
  • Le discours de 1995 fait date car il explicite la responsabilité de l’État français dans les agissements de Vichy plutôt que de limiter l’analyse à des acteurs individuels.
  • Les révélations de François Mitterrand sur son passé vichyste créent un écho direct avec cette reconnaissance publique des responsabilités.
  • Le texte relie la “guerre des mémoires” à des moments politiques où la mémoire du passé devient un enjeu de légitimité et de positionnement.
  • La section montre que la controverse mémorielle peut influencer le débat public et les rapports de force politiques, en particulier autour de Vichy.

💡 Astuce mémo

Mémoire = bataille : qui raconte le passé gagne une partie de la légitimité du présent.

📖 9. Élection du président au suffrage universel

🔑 Notions clés & Définitions

  • Référendum sur le traité constitutionnel : Événement électoral de 2005 où le peuple français rejette le traité, révélant des fractures politiques et sociales.
  • Directive Bolkstein : Directive européenne visant à élargir la circulation de la main d’œuvre au sein de l’UE, utilisée dans les débats français.
  • Abstention différentielle : Phénomène où l’abstention varie fortement selon les territoires, influençant le résultat entre référendum et élection.
  • Présidentialisation du régime : Évolution du fonctionnement politique de la Ve République où le président occupe une place centrale et domine davantage la décision.

📝 Points essentiels

  • En 2005, le non au référendum sur le traité constitutionnel l’emporte à près de 55 %, accentuant l’opposition entre camps politiques.
  • La campagne autour du référendum instrumentalise l’exemple du « plombier polonais » pour nourrir la crainte d’une fragilisation du marché du travail.
  • Le vote se polarise socialement et territorialement : les partisans du oui sont davantage concentrés dans les zones favorisées, tandis que le non progresse dans les catégories plus exposées.
  • Les jeunes sont plus favorables au rejet du traité que les plus de 55 ans, ce qui renforce la fracture générationnelle.
  • La défiance envers la classe politique augmente car une partie des acteurs plaide pour le oui, ce qui pèse sur la participation et les comportements électoraux.
  • En 2007, la fracture sociale et territoriale issue du référendum sert de « sédiment » à l’élection présidentielle, avec une mobilisation et une abstention différenciées.

💡 Astuce mémo

Non 2005 → fractures (âge + territoires) → 2007 : le vote se « sédimente ».

📖 10. Passage du septennat au quinquennat et calendrier électoral

🔑 Notions clés & Définitions

  • Révision constitutionnelle 2008 : Révision constitutionnelle de la Ve République qui modifie les règles du mandat présidentiel et encadre davantage certaines prérogatives.
  • Droit de grâce individuelle : Pouvoir présidentiel permettant d’accorder une remise de peine à une personne, sans viser une catégorie collective.
  • Commandement intégré de l’OTAN : Organisation militaire de l’OTAN à laquelle la France peut participer ou se retirer selon les choix de politique étrangère.
  • Primaires ouvertes du PS : Procédure interne au PS qui permet à des électeurs extérieurs au parti de voter pour désigner le candidat.
  • Élections intermédiaires : Scrutins locaux (municipales, cantonales, européennes, régionales, sénatoriales) qui fonctionnent comme des étapes politiques entre deux présidentielles.

📝 Points essentiels

  • Le mandat présidentiel est limité à deux mandats consécutifs après la révision constitutionnelle de 2008.
  • Le droit de grâce reste possible mais il ne s’étend plus à une grâce collective.
  • Les pouvoirs du président sont limités pour la nomination aux emplois publics.
  • En politique étrangère, la France retire la France du commandement intégré de l’OTAN en 1966 puis réintègre ce commandement en mars 2009.
  • Le quinquennat est présenté comme confronté à une crise économique mondiale depuis 1929 et à un contexte peu favorable à la réduction des inégalités.
  • Les élections locales de 2008 sont décrites comme des élections à consonance nationale et favorisent la gauche, avec une multiplication de listes sans étiquette (SE).

💡 Astuce mémo

Mandat 2 fois : 2008 = 2 mandats consécutifs + grâce individuelle ; OTAN : 1966 retrait puis mars 2009 retour.

📖 11. Premier quinquennat de Jacques Chirac

🔑 Notions clés & Définitions

  • Flexi-sécurité : Principe de réforme du travail visant à combiner maintien de l’emploi et plus grande flexibilité pour les entreprises.
  • MAP : Modernisation de l’action publique, programme de simplification administrative et d’accélération de la transition numérique de l’État.
  • New deal Management : Courant de gestion qui inspire la modernisation de l’État via des méthodes de pilotage et d’organisation inspirées du management.
  • Mariage pour tous : Loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, validée par le Conseil constitutionnel puis promulguée en 2013.
  • État d’urgence : Régime exceptionnel permettant d’adopter des mesures de sécurité renforcées, notamment des restrictions de circulation et des perquisitions administratives.

📝 Points essentiels

  • Le gouvernement Hollande accélère la flexi-sécurité et demande aux entreprises de produire, sur 2 ans, un plan de sauvegarde de l’emploi signé par tous les acteurs de la société.
  • En échange, le dispositif vise à limiter les licenciements, sous condition de plus de flexibilité (allongement de la durée ou baisse de rémunération).
  • La réforme est critiquée par le Front de gauche et par des opposants aux socialistes, qui contestent notamment l’orientation économique.
  • La MAP est présentée comme une modernisation de la vie publique lancée en 2012 pour simplifier l’administration et favoriser la transition numérique de l’État.
  • La MAP s’inscrit dans une logique de New deal Management, c’est-à-dire une modernisation inspirée par des approches managériales.
  • La retraite à 60 ans pour les carrières longues est encadrée par une hausse progressive de la cotisation vieillesse à partir de 2014 et 2017, avec une poursuite de l’augmentation après 2020 (au rythme d’un trimestre).

💡 Astuce mémo

Flexi-sécurité = 2 ans de plan signé + flexibilité en échange de moins de licenciements.

📖 12. Politique sécuritaire et immigration dans les années 2000

🔑 Notions clés & Définitions

  • Benalla : Benalla : affaire liée à un proche du cabinet présidentiel impliqué dans des violences contre des manifestants, révélant des dysfonctionnements sécuritaires.
  • Gilets-jaunes : Gilets-jaunes : mouvement de protestation apparu fin 2018, porté par des revendications sociales et institutionnelles et difficile à classer dans les cadres habituels.
  • Participationnisme d’État : Participationnisme d’État : dispositif où des consultations citoyennes servent surtout à encadrer et légitimer des arbitrages déjà décidés par l’exécutif.
  • Managérialisation des politiques publiques : Managérialisation des politiques publiques : orientation qui pilote l’action publique comme une gestion, avec une logique de performance et de pilotage centralisé.
  • Désintermédiation : Désintermédiation : réduction du rôle des corps intermédiaires, pour traiter directement avec les citoyens via l’exécutif.

📝 Points essentiels

  • L’affaire Benalla met en cause un proche du cabinet présidentiel impliqué dans des violences, avec une information connue à l’Élysée et une question de statut/armement.
  • Les Gilets-jaunes émergent en novembre 2018 avec des revendications diffuses, sans syndicat, et une dynamique décrite comme spontanée et populaire.
  • Le mouvement combine des demandes sociales et des demandes institutionnelles, dont le RIC et des appels à la démission de Macron.
  • La réponse du pouvoir est décrite comme très répressive, avec une relégation de militants jugés extrémistes et une mobilisation hebdomadaire sur des lieux non déclarés.
  • Les crises (Gilets-jaunes puis Covid) sont présentées comme révélatrices d’une forte personnalisation du pouvoir et d’une gestion de la contestation.
  • Le Grand débat de février 2019 vise à recueillir l’avis de ceux qui se sont abstenus, mais la source souligne un décalage entre consultation et décisions ministérielles.

💡 Astuce mémo

Benalla = « sécurité qui dérape » ; Gilets-jaunes = « protestation + institution » ; Participationnisme = « on consulte pour valider ».

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
13 mai 1958Putsch d’Alger, déclenchement de la crise et ouverture de la voie à la Ve République
13 oct 1946Référendum d’acceptation de la Constitution (IVe République)
30 mai 1968Dissolution de l’Assemblée nationale
11 fév 1961Naissance de l’OAS (fondée à Madrid)

📊 Tableaux de synthèse

Crises et réponses institutionnelles (Ve République)

ÉvénementRéponse de l’exécutifEffet politique
Putsch d’Alger (13 mai 1958)De Gaulle est appelé pour gérer la situationLégitimation charismatique et mise en place d’un pouvoir impersonnel du PR
Mai 68 (30 mai 1968)Dissolution de l’Assemblée nationaleRelance du jeu institutionnel et marginalisation des gauchistes
Putsch des généraux (21 avril 1961)Usage de l’art. 16 (pouvoirs exceptionnels)L’État se présente comme républicain ; échec du putsch et poursuite des violences via l’OAS

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre la légitimité charismatique de De Gaulle avec la logique institutionnelle du « pouvoir impersonnel » du PR : l’une explique l’adhésion en crise, l’autre structure durablement l’exécutif.
  2. Croire que le référendum de 1958 est « approuvé à 80 % » et oublier que, dans le cours, la Constitution de la Ve est aussi donnée comme approuvée « à près de 66 % des inscrits » : ne pas mélanger base de calcul et taux.
  3. Interpréter Mai 68 comme un seul événement : le cours insiste sur la séquence (répression du 11 mai, grève générale du 13 mai, dissolution du 30 mai) et sur la bascule universitaire → sociale → politique.
  4. Penser que l’OAS naît directement avec le FLN : le cours la relie à l’échec du putsch des généraux (avril 1961) et à la radicalisation qui suit.
  5. Réduire la crise de 2002 à la seule progression du FN : le cours met surtout l’accent sur l’abstention record et la « crise de la représentation » (légitimité présidentielle fragilisée).
  6. Confondre participationnisme d’État et démocratie participative : le cours souligne que les consultations servent à encadrer/valider des arbitrages déjà décidés par l’exécutif.
  7. Croire que la présidentialisation se limite aux institutions : le cours montre qu’elle passe aussi par la pratique (droit de dissolution, bipolarisation, rôle des médias et de la personnalisation).

✅ Checklist Examen

  1. Expliquer pourquoi la Ve République émerge en 1958 au cœur de la tourmente algérienne (13 mai 1958) et relier cela à la légitimité charismatique de De Gaulle et au pouvoir impersonnel du PR.
  2. Présenter le projet institutionnel gaullien : compromis présidentialisme/parlementarisme, exécutif fort, souveraineté nationale, et le rôle du Premier ministre (articles 20-21) et du Conseil constitutionnel (9 sages).
  3. Décrire l’instabilité de la IVe République comme « régime de partis » : coalitions incapables de trancher, gouvernements renversés, et faible poids des partis face aux stratégies individuelles.
  4. Raconter l’escalade de la guerre d’Algérie et la diversité des acteurs (militaires, appelés, harkis, pieds-noirs) puis la chronologie des mesures de répression (état d’urgence, pouvoirs spéciaux, pleins pouvoirs).
  5. Expliquer la naissance de la République gaullienne et la mise en place du régime présidentiel : retour de De Gaulle (mai 1958), investiture (1er juin 1958), puis élection du PR au suffrage universel (12 septembre 1962) à
  6. Relier la sortie du conflit algérien aux étapes de légitimation et aux crises de 1961-1962 : autodétermination (1959-1961), art. 16, putsch des généraux, naissance de l’OAS (11 février 1961), puis accords d’Évian (1962).
  7. Analyser Mai 68 comme crise universitaire puis sociale puis politique : actions datées (12-13-16-18 mai), négociations (25-27 mai), meeting de Charléty (17 mai), et dissolution (30 mai).
  8. Expliquer comment l’élection présidentielle au suffrage universel et les règles de la Ve (majoritaire, dissolution) produisent personnification et bipolarisation à partir de 1965.
  9. Présenter la logique de l’alternance et des cohabitations : alternance de 1981 (vote utile/PCF), puis cohabitation 1986-1988 (droite majoritaire aux législatives, président qui ne part pas).
  10. Expliquer la « crise de la représentation » en 2002 : abstention record, qualification de l’extrême-droite, et conséquences sur la légitimité présidentielle et les élections locales.
  11. Raconter le tournant 2005-2007 : refus du traité constitutionnel (non ~55 %), rôle de l’abstention différentielle, puis présidentialisation et hyperprésidence sous Sarkozy (2007-2012).
  12. Conclure sur la période 2012-2017 et la recomposition : primaires ouvertes au PS, fronde à gauche, montée de Macron (En Marche) et logique d’« entreprise » politique, puis crise de représentation persistante.

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Émergence et évolution de la Ve République avec 24 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quel est l’enchaînement central de la crise de mai 1968 dans le cours ?

2. Quel événement ouvre la voie à l’installation de la Ve République en 1958 ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Émergence et évolution de la Ve République avec 24 flashcards interactives.

Putsch d’Alger — date ?

13 mai 1958.

Légitimité charismatique — rôle ?

Renforce l’acceptation de De Gaulle.

Pouvoir impersonnel PR — principe ?

Président incarne un pouvoir stable.

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