Fiche de révision : Héritage et consolidation de la République

Plan du Cours

  1. Définition de la République
  2. Contexte initial 1870-1871
  3. Installation de la IIIe République
  4. Oppositions et crises (1887-1894)
  5. Affaire Dreyfus et antisémitisme
  6. Lois laïques et séparation Église-État
  7. Consolidation républicaine

1. Définition de la République

Notions clés & Définitions

  • République : régime politique dont les dirigeants ne sont pas héréditaires et sont légitimés par le peuple. Elle s’oppose à la monarchie héréditaire. En France, elle est un héritage de la Révolution française, symbolisant des valeurs et symboles républicains (source : "La République : qu’est-ce que c’est ?").
  • Héritage de la Révolution française : ensemble de symboles et valeurs liés à la Révolution, qui constituent la base de la République française (source : "La République : qu’est-ce que c’est ?").
  • Contexte initial 1870-1871 : période marquée par la défaite contre l’Allemagne et la guerre civile de la Commune, dans un contexte difficile pour la proclamation de la IIIe République (source : "Contexte initial 1870-1871").
  • Installation de la IIIe République : se fait à Versailles, après la victoire électorale des monarchistes, avec l’amendement Wallon, établissant un régime parlementaire et une consolidation institutionnelle (source : "Installation de la IIIe République").
  • Oppositions et crises (1887-1894) : périodes de tensions avec des figures comme Boulanger, des scandales comme Panama, des attentats anarchistes, et une crise politique et sociale (source : "Oppositions et crises (1887-1894)").
  • Affaire Dreyfus et antisémitisme : scandale politico-judiciaire révélant un antisémisme croissant, mobilisant la justice et la République autour de la vérité et de l’égalité (source : "Affaire Dreyfus et antisémitisme").
  • Lois laïques et séparation Église-État : processus de laïcisation des institutions, séparation de l’Église et de l’État, avec des lois Ferry, faisant de la République une contre-culture religieuse (source : "Lois laïques et séparation Église-État").

Points essentiels

  • La République est un régime politique légitimé par le peuple, opposé à la monarchie héréditaire, héritage de la Révolution française, symbolisant ses valeurs et symboles.
  • La proclamation de la IIIe République en 1870 intervient dans un contexte marqué par la défaite contre l’Allemagne et la guerre civile de la Commune, ce qui rend sa mise en place difficile.
  • L’installation à Versailles, la victoire électorale des monarchistes, l’amendement Wallon, et l’instauration d’un régime parlementaire ont permis de consolider durablement la République.
  • La République a dû faire face à des oppositions variées : figures comme Boulanger, scandales comme Panama, attentats anarchistes, et crises sociales, qu’elle a surmontées par des réformes et la consolidation de ses institutions.
  • L’affaire Dreyfus a été un moment clé, révélant les tensions entre valeurs républicaines et préjugés, mais aussi renforçant la mobilisation pour la justice et l’égalité.
  • La loi de séparation de 1905 a approfondi la laïcisation, affirmant la neutralité de l’État face aux religions et renforçant la dimension anticléricale du projet républicain.

À retenir

La République, héritée de la Révolution française, s’est progressivement installée en France malgré des crises et oppositions, en s’appuyant sur des institutions consolidées, des valeurs partagées, et une laïcisation affirmée.

2. Contexte initial 1870-1871

Notions clés & Définitions

  • République : régime politique dont les dirigeants ne sont pas héréditaires et qui est légitimé par le peuple. En France, c’est un héritage de la Révolution française, symbolisant des valeurs et des symboles républicains (voir section 1).

  • Guerre franco-prussienne (1870) : conflit entre la France et la Prusse qui se solde par une défaite française, marquée par la bataille de Sedan et la capitulation de Napoléon III (voir contexte 1870-1871).

  • Gouvernement de Défense nationale : gouvernement provisoire formé après la défaite, composé notamment de Ferry et Gambetta, qui décide de continuer la guerre contre l’Allemagne (voir contexte 1870-1871).

  • Bataille de Sedan (4 septembre 1870) : bataille décisive où Napoléon III est fait prisonnier, entraînant la chute du Second Empire et la proclamation de la République.

  • Siège de Paris : période durant laquelle Paris est encerclée par l’armée prussienne, avec un gouvernement en exil à Versailles (voir contexte 1870-1871).

  • Traité de Francfort (10 mai 1871) : accord qui met fin à la guerre, cédant l’Alsace et la Moselle à l’Allemagne, et imposant des réparations de guerre à la France.

  • La Commune de Paris (mars-mai 1871) : insurrection populaire contre le gouvernement de Versailles, avec un rêve d’une République sociale, violemment réprimée lors de la Semaine sanglante.

Points essentiels

  • La proclamation de la IIIe République intervient dans un contexte de défaite contre l’Allemagne et de guerre civile à Paris, avec la Commune qui se soulève contre le gouvernement de Versailles.

  • La défaite à Sedan entraîne la capitulation de Napoléon III, la capture de l’empereur, et la fin du Second Empire.

  • Le gouvernement de Défense nationale, formé après la chute de l’Empire, décide de poursuivre la guerre, malgré la défaite, pour défendre la France.

  • La signature du traité de Francfort en 1871 impose à la France de céder l’Alsace et la Moselle, et de payer des réparations, ce qui fragilise la jeune République.

  • La Commune de Paris représente une opposition radicale au gouvernement versaillais, avec un projet de République sociale, mais elle est violemment réprimée.

À retenir

La IIIe République naît dans un contexte de défaite militaire et de guerre civile, marquée par la capitulation de Sedan, la perte de territoires et la répression sanglante de la Commune, posant les bases d’un régime fragile mais durable.

3. Installation de la IIIe République

Notions clés & Définitions

Proclamation de la IIIe République (1870) : Acte officiel qui marque la fin du Second Empire et l’établissement d’un régime républicain à la suite de la défaite contre l’Allemagne et du contexte de guerre civile de la Commune.

Guerre franco-prussienne (1870) : Conflit entre la France et la Prusse qui se solde par la défaite française à Sedan, entraînant la capitulation de Napoléon III et la proclamation de la République.

Gouvernement de Défense nationale : Gouvernement provisoire formé après la chute de Napoléon III, composé notamment de Ferry et Gambetta, chargé de continuer la guerre contre l’Allemagne.

Guerre de la Commune (1871) : Insurrection ouvrière à Paris contre le gouvernement de Versailles, qui se solde par une répression sanglante.

Élections de février 1871 : Élections pour une assemblée constituante majoritairement monarchiste, chargée de rédiger une nouvelle constitution.

Traité de Francfort (1871) : Accord de paix qui impose à la France la perte de l’Alsace et de la Moselle, et le paiement de réparations de guerre.

Assemblée dominée par les monarchistes : Assemblée élue en 1871, favorable à la paix et à la restauration monarchique, qui désigne Adolphe Thiers comme chef de l’exécutif.

Amendement Wallon (1875) : Disposition qui définit la République comme régime et prévoit l’élection d’un président de la République, consolidant l’ancrage républicain.

Régime parlementaire (1875) : Mode de gouvernement où le pouvoir législatif, élu au suffrage universel, domine, avec un président de la République élu indirectement.

Crise du 16 mai 1877 : Conflit entre le président monarchiste Mac-Mahon et le parlement républicain, qui se solde par la dissolution de la chambre et la victoire des républicains aux élections suivantes.

Lois constitutionnelles de 1875 : Lois qui instaurent un régime parlementaire démocratique, avec des députés élus au suffrage universel direct et un président de la République élu au suffice indirect.

Valeurs et pratiques républicaines : Ensemble de principes (séparation des pouvoirs, libertés individuelles, démocratie représentative, égalité civile) et de symboles (Marianne, drapeau, fêtes nationales) qui forgent la culture politique de la République.

Statuomanie : Ensemble des statues honorant la République et ses grands hommes, contribuant à l’incarnation symbolique de la République dans l’espace public.

Funérailles nationales de Victor Hugo (1885) : Événement marquant la reconnaissance de Victor Hugo comme héros national et symbole de la République, renforçant l’identité républicaine.

L’école laïque, gratuite et obligatoire (lois Ferry 1881-1882) : Réformes visant à diffuser les valeurs républicaines dans la société en faisant de l’école un lieu d’émancipation et de transmission des principes républicains.

Laïcisation de la société : Processus de séparation de l’Église et de l’État, visant à instaurer une société neutre sur le plan religieux, avec notamment la loi de 1905.

Points essentiels

  • La IIIe République est proclamée en 1870 après la défaite contre l’Allemagne et la guerre civile de la Commune.
  • Le gouvernement de Défense nationale, avec Ferry et Gambetta, décide de poursuivre la guerre, mais la France subit la défaite à Sedan et signe le traité de Francfort en 1871.
  • La majorité monarchiste remporte les premières élections, mais la République s’installe durablement avec l’amendement Wallon de 1875, qui définit le régime comme républicain et prévoit l’élection du président.
  • La République devient un régime parlementaire, renforcé par la crise du 16 mai 1877, qui voit la victoire des républicains et la démission de Mac-Mahon.
  • La culture politique républicaine s’affirme à travers des symboles, des fêtes, des statues, et l’école devient un lieu de transmission des valeurs républicaines.
  • La république s’enracine dans la société française, notamment par la laïcisation de l’école et la séparation de l’Église et de l’État en 1905.

À retenir

L’installation de la IIIe République s’est construite dans un contexte de crise, mais grâce à l’adoption de lois fondamentales, à la consolidation des institutions et à la diffusion de valeurs républicaines, elle s’est durablement enracinée dans le paysage politique et culturel français.

4. Oppositions et crises (1887-1894)

Notions clés & Définitions

Boulanger (1889) : Général et homme politique français, figure de l’opposition contre la République parlementaire. En janvier 1889, il est élu député avec le soutien de monarchistes, de royalistes, de nationalistes et d’extrême-gauche radicale. Son programme visait à modifier la Constitution pour renforcer le pouvoir présidentiel, notamment en supprimant le Sénat et en rendant les ministres responsables devant le président. Il incarne une menace pour la stabilité républicaine, cherchant à instaurer un régime plus autoritaire. Après son échec, il se réfugie en Belgique et se suicide en 1891.

Scandale du Panama (1892) : Affaire de corruption impliquant des parlementaires, des ministres et Ferdinand de Lesseps, liés à la société du canal de Panama. Ces responsables sont accusés d’avoir favorisé la société contre de l’argent, ce qui fragilise la crédibilité des institutions républicaines et alimente l’antiparlementarisme et l’antisémitisme, car certains accusent des financiers juifs d’être impliqués.

Attentats anarchistes (1892-1894) : Actions violentes menées par des anarchistes contre le pouvoir républicain. Notamment, l’attentat de Vaillant en décembre 1893 contre la Chambre des députés, visant à dénoncer la corruption et l’injustice sociale. La répression est sévère : condamnation à mort ou à la prison pour les auteurs, lois « scélérates » de 1893-1894 qui limitent la liberté de presse, criminalisent l’anarchisme et renforcent la répression contre les militants.

Crise de 1887-1894 : Période marquée par la montée des oppositions à la République, notamment par Boulanger, les scandales financiers, et les attentats anarchistes. La République doit faire face à ces menaces internes tout en consolidant ses institutions. La réponse gouvernementale consiste à renforcer la répression, à adopter des lois restrictives et à maintenir la stabilité politique.

Points essentiels

  • La figure de Boulanger incarne une opposition militariste et nationaliste qui menace la stabilité de la République parlementaire. Son programme visait à renforcer le pouvoir présidentiel et à instaurer un régime plus autoritaire, mais il échoue et se suicide en 1891.
  • Le scandale du Panama, impliquant des responsables politiques et financiers, notamment Ferdinand de Lesseps, contribue à l’affaiblissement de la confiance dans la classe politique républicaine et alimente l’antisémitisme.
  • Les attentats anarchistes, notamment celui de Vaillant en 1893, traduisent la violence d’un mouvement opposé à la République et à ses institutions. La réaction gouvernementale est la mise en place de lois répressives, dites « scélérates », pour limiter leur influence.
  • La période est caractérisée par une forte opposition entre la République et ses détracteurs, nécessitant des mesures vigoureuses pour préserver la stabilité et l’autorité républicaine.

À retenir

Les crises de 1887-1894 révèlent la fragilité de la République face à des oppositions diverses, mais aussi sa capacité à se renforcer par une répression adaptée et l’adoption de lois pour consolider ses institutions.

5. Affaire Dreyfus et antisémitisme

Notions clés & Définitions

Affaire Dreyfus : Scandale politico-judiciaire où le capitaine Alfred Dreyfus, accusé à tort d’espionnage, est condamné pour trahison en 1894, révélant une erreur judiciaire et un contexte d’antisémitisme.

Antisémitisme : Préjugés, hostilité ou discrimination envers les Juifs, souvent alimentés par des stéréotypes, comme ceux véhiculés dans la presse antidreyfusarde, associant Dreyfus à Judas ou à des traîtres.

Zola (1898) : Émile Zola, écrivain naturaliste, publie « J’Accuse ! » dans L’Aurore, lettre ouverte dénonçant la condamnation injuste de Dreyfus et la corruption dans la justice militaire, en faveur de la vérité et de l’égalité.

Camp dreyfusard : Groupement de républicains, intellectuels et citoyens mobilisés pour la révision du procès de Dreyfus, défendant la justice, la vérité et les principes républicains.

Camp antidreyfusard : Opposants à la révision, souvent animés par des préjugés antisémites, attachés à l’armée et à la « chose jugée », alimentant la haine contre Dreyfus en raison de ses origines juives.

La Libre Parole : Journal antisémite et nationaliste, qui diffuse un discours haineux contre les Juifs et la République parlementaire, illustrant la montée de l’antisémitisme dans la presse.

Loi de séparation des Églises et de l’État (1905) : Loi qui établit la laïcité en France, garantissant la liberté de conscience et d’exercice du culte, tout en séparant les institutions religieuses de l’État, approfondissant le projet républicain.

Points essentiels

  • L’affaire Dreyfus met à l’épreuve la République, divisant la société entre dreyfusards (pour la justice et l’égalité) et antidreyfusards (pour l’armée, la tradition et souvent l’antisémitisme).
  • La condamnation de Dreyfus en 1894 est basée sur des preuves falsifiées, révélant une erreur judiciaire motivée par des préjugés antisémites.
  • La publication de « J’Accuse ! » par Zola en 1898 est un acte majeur de mobilisation pour la révision du procès, dénonçant la corruption et l’antisémitisme dans l’armée.
  • La presse antisémite, notamment La Libre Parole, diffuse des idées selon lesquelles Dreyfus serait coupable en raison de ses origines juives, le comparant à Judas ou à des traîtres.
  • La montée de l’antisémitisme dans la société française alimente la haine contre les Juifs, renforcée par des caricatures, des discours et des violences physiques.
  • La révision du procès de Dreyfus, obtenue en 1899, et sa réintégration dans l’armée au début du XXe siècle, marquent une victoire pour la justice et la défense des valeurs républicaines.
  • La crise de l’affaire Dreyfus révèle la fragilité du projet républicain face aux préjugés, mais aussi sa capacité à se renforcer grâce à la mobilisation des défenseurs de la justice et de l’égalité.

À retenir

L’affaire Dreyfus illustre comment l’antisémitisme et la crise politique mettent à mal la République, mais aussi comment la mobilisation pour la justice et la vérité permettent de renforcer ses principes fondamentaux.

6. Lois laïques et séparation Église-État

Notions clés & Définitions

  • Lois Ferry : lois adoptées en 1881-1882 qui rendent l’école gratuite, laïque et obligatoire jusqu’à 12 ans, visant à diffuser les valeurs républicaines et à renforcer la laïcité dans l’éducation.
  • Séparation de l’Église et de l’État : principe inscrit dans la loi de 1905, qui établit la fin du concordat de 1801, garantissant la liberté de conscience, la neutralité de l’État vis-à-vis des religions, et la liberté de culte.
  • Laïcisation des institutions : processus par lequel les institutions publiques, notamment l’école et l’hôpital, deviennent neutres vis-à-vis des religions, conformément à la loi de 1905.
  • Projet républicain : aspiration à établir une société fondée sur la liberté de conscience, l’égalité civile, la séparation des pouvoirs, et la neutralité religieuse de l’État, comme approfondissement du régime républicain (voir section 3).

Points essentiels

  • La loi de séparation des Églises et de l’État de 1905 constitue le point culminant de l’approfondissement du projet républicain en matière de laïcité.
  • Elle a été largement débattue à la Chambre des députés, avec une majorité républicaine qui refuse de prendre en compte les intérêts de l’autorité papale et des milieux religieux opposés à la laïcisation.
  • La loi met fin au Concordat de 1801, qui favorisait l’Église catholique, et établit la neutralité de l’État, garantissant la liberté de conscience et d’exercice du culte pour toutes les religions.
  • Elle différencie la gestion des biens ecclésiastiques entre l’État et les religions, en déchargeant l’État de tout rôle dans la désignation du haut clergé (évêques, rabbins, pasteurs).
  • La mise en œuvre de cette loi s’inscrit dans la volonté de faire de la République une « contre-culture religieuse » et de renforcer la laïcité dans la société.

À retenir

La loi de séparation de 1905 marque l’aboutissement du projet républicain en matière de laïcité, en établissant la neutralité de l’État face aux religions et en garantissant la liberté de conscience pour tous.

7. Consolidation républicaine

Notions clés & Définitions

  • République : régime politique dont les dirigeants ne sont pas héréditaires, légitimés par le peuple, héritage de la Révolution française, opposé à la monarchie héréditaire (source : introduction).
  • Guerre civile de la Commune : insurrection ouvrière à Paris en 1871, réprimée violemment par le gouvernement de Thiers, symbolisant la résistance populaire à l’installation de la République (source : contexte initial 1870-1871).
  • Amendement Wallon : texte voté en 1875 qui définit la République comme régime républicain et prévoit l’élection d’un président de la République, consolidant la légitimité institutionnelle (source : installation de la IIIe République).
  • Régime parlementaire : régime dans lequel le pouvoir législatif, élu au suffrage universel, domine, avec un président de la République dont le rôle est limité, instauré par les lois constitutionnelles de 1875 (source : mise en œuvre du programme républicain).
  • Crise du 16 mai 1877 : conflit entre le président monarchiste Mac Mahon et le parlement républicain, aboutissant à la démission de Mac Mahon, renforçant la majorité républicaine et la stabilité du régime (source : consolidation institutionnelle).
  • Lois républicaines : lois votées dans les années 1880-1890 qui établissent la démocratie libérale, la liberté d’expression, la liberté syndicale, l’élection directe des conseillers municipaux, et renforcent la séparation des pouvoirs (source : œuvre législative).
  • Culture politique républicaine : ensemble de valeurs et pratiques diffusées dans la société, telles que la séparation des pouvoirs, la démocratie représentative, la laïcité, symbolisées par des monuments, fêtes, et figures comme Marianne ou Victor Hugo (source : diffusion des valeurs).
  • Statuomanie : phénomène d’édification massive de statues honorant la République ou ses grands hommes, contribuant à l’enracinement symbolique du régime dans l’espace public (source : pratiques symboliques).
  • École républicaine : école gratuite, laïque et obligatoire depuis 1881-1882, vecteur principal de transmission des valeurs républicaines aux jeunes générations (source : école au service de la République).
  • Laïcisation : processus de séparation de l’Église et de l’État, notamment par la loi de 1905, visant à garantir la liberté de conscience et à instaurer une société laïque (source : lois Ferry et séparation de 1905).

Points essentiels

  • La IIIe République naît dans un contexte difficile, marqué par la défaite contre l’Allemagne, la guerre civile de la Commune, et doit surmonter ces "péchés originels".
  • La victoire électorale des monarchistes en 1871 et l’amendement Wallon en 1875 permettent d’établir une majorité républicaine stable.
  • La mise en place d’un régime parlementaire démocratique, avec des lois constitutionnelles, favorise la consolidation de la République.
  • La crise du 16 mai 1877 marque un tournant, avec la victoire des républicains et le renforcement du pouvoir parlementaire face au président monarchiste.
  • La législation républicaine des années 1880-1890 garantit les libertés fondamentales, approfondit la démocratie, et établit une culture politique républicaine forte.
  • La diffusion des valeurs républicaines se fait à travers des symboles, monuments, fêtes nationales, et l’école, qui devient un lieu central de transmission.
  • La laïcisation de la société, notamment par la loi de 1905, constitue une étape majeure dans l’approfondissement du projet républicain.

À retenir

La consolidation de la République repose sur l’installation d’un régime parlementaire stable, la diffusion de ses valeurs dans la société, et la mise en œuvre de lois fondamentales qui renforcent la démocratie et la laïcité, permettant ainsi à la IIIe République de s’enraciner durablement.

Repères chronologiques

DateÉvénement
4 septembre 1870Proclamation de la République après la bataille de Sedan
10 mai 1871Signature du traité de Francfort
Mars-mai 1871La Commune de Paris
1875Adoption des lois constitutionnelles établissant la République parlementaire
16 mai 1877Crise du 16 mai 1877 entre Mac-Mahon et le parlement républicain

Tableaux de Synthèse

ThèmeNotions clésÉvénements ou conceptsAuteur / Source
Définition de la RépubliqueRégime légitimé par le peuple, opposé à la monarchie héréditaireHéritage de la Révolution française, symboles républicains"La République : qu’est-ce que c’est ?"
Contexte 1870-1871Défaite contre l’Allemagne, guerre civile, chute de Napoléon IIIBataille de Sedan, Commune de Paris, traité de Francfort"Contexte initial 1870-1871"
Installation de la IIIe RépubliqueProclamation à Versailles, régime parlementaire, amendement WallonÉlections de 1871, lois constitutionnelles de 1875"Installation de la IIIe République"
Oppositions et crisesFigures comme Boulanger, scandale Panama, attentats anarchistesCrise du 16 mai 1877, scandales, tensions sociales"Oppositions et crises (1887-1894)"
Affaire DreyfusScandale judiciaire, antisémisme, mobilisation pour justiceAffaire Dreyfus, rôle de la justice et de la République"Affaire Dreyfus et antisémitisme"
Lois laïques et séparation Église-ÉtatLaïcisation, lois Ferry, séparation de l’Église et de l’ÉtatLoi de 1905, neutralité de l’État, contre-culture religieuse"Lois laïques et séparation Église-État"

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre la proclamation de la République en 1870 avec la fin du Second Empire.
  2. Confondre la guerre de 1870-1871 (défaite, Commune, traité de Francfort) avec la consolidation républicaine post-1875.
  3. Confondre l’amendement Wallon (1875) avec d’autres lois ou amendements.
  4. Confondre la crise du 16 mai 1877 avec d’autres crises politiques.
  5. Assimiler la Commune de Paris à une révolution socialiste sans distinction.
  6. Confondre la séparation de 1905 avec d’autres lois ou mesures laïques antérieures.
  7. Confondre la figure de Gambetta et celle de Thiers dans leur rôle dans la République.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition de la République selon "La République : qu’est-ce que c’est ?" et ses principes fondamentaux.
  2. Identifier le contexte de la guerre franco-prussienne de 1870, notamment la bataille de Sedan et ses conséquences.
  3. Expliquer le rôle du gouvernement de Défense nationale et la proclamation de la République en 1870.
  4. Décrire les événements et enjeux de la Commune de Paris (mars-mai 1871).
  5. Connaître le contenu et l’impact du traité de Francfort (1871).
  6. Comprendre l’amendement Wallon (1875) et son rôle dans la consolidation de la République.
  7. Analyser la crise du 16 mai 1877 et ses enjeux pour la stabilité du régime.
  8. Connaître les lois constitutionnelles de 1875 et leur importance dans l’instauration du régime parlementaire.
  9. Identifier les valeurs et principes républicains (séparation des pouvoirs, libertés, démocratie) tels que définis dans le contenu.
  10. Maîtriser le contexte et les enjeux de l’affaire Dreyfus, notamment la montée de l’antisémitisme.
  11. Connaître la loi de séparation de 1905 et ses implications pour la laïcité.
  12. Savoir citer et expliquer les principaux auteurs et sources : "La République : qu’est-ce que c’est ?", "Contexte initial 1870-1871", "Oppositions et crises (1887-1894)", "Affaire Dreyfus et antisémitisme", "Lois laïques et séparation Église-État".

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Héritage et consolidation de la République avec 7 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Comment l'application de la loi de séparation de 1905 influence-t-elle la gestion des bâtiments affectés aux cultes dans la sphère publique ?

2. Quel était le rôle principal de Boulanger dans la crise politique de 1887-1894 ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Héritage et consolidation de la République avec 14 flashcards interactives.

République — définition ?

Régime politique légitimé par le peuple, opposé à la monarchie.

Contexte 1870-1871 — principal ?

Défaite contre l’Allemagne et guerre civile à Paris.

Installation de la IIIe République — lieu ?

Versailles, après la victoire électorale monarchiste.

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