Fiche de révision : Hiroshima et la mémoire atomique

Plan du Cours

  1. Société civile et résistances japonaises
  2. Décisions et justifications du bombardement
  3. Censure et représentation des victimes
  4. Radiations et traitement des survivants
  5. Statut des hibakusha et discriminations
  6. Témoigner par la littérature
  7. Romans, mangas et mémoire collective

Repères chronologiques

  1. 1957Dōmon Ken publia le recueil photographique hibakusha.
  2. 1966Tōmatsu Shōmei publia Nagasaki “11:02 a.m.”, en référence à l’heure de l’explosion.
  3. 1972Le docteur Hida établit que les radiations de faible intensité étaient responsables d’épidémies de cancers dans tout le Japon.

1. Société civile et résistances japonaises

Points essentiels

  • Le cours cherche à déconstruire l’image de Japonais fatalistes et passifs en étudiant les résistances et protestations de la société civile après 1945.

  • Les mobilisations abordées concernent successivement l’opposition aux armements nucléaires depuis la fin des années 1950, les étudiants à la fin des années 1960, l’environnement depuis les années 1970 et l’opposition au nucléaire après Fukushima.

Astuce mémo

Des mobilisations anti-nucléaires aux protestations étudiantes, environnementales puis post-Fukushima

2. Décisions et justifications du bombardement

★ À maîtriser

  • Les installations visées à Hiroshima comprenaient : le quartier général de la 5e division japonaise, un port important, des chantiers navals, des zones de triage, des usines aéronautiques et métallurgiques, des dépôts de munitions, un aérodrome militaire

📌 La justification américaine du « mal nécessaire » opposait le largage de la bombe à la poursuite de la guerre, qui aurait entraîné la mort de milliers de soldats américains, tandis que le cours indique que le Japon était déjà affaibli et qu’un blocus économique aurait pu mettre fin à la guerre.

  • Les estimations présentées sont de 96 000 à 166 000 morts à Hiroshima et de 60 000 à 80 000 à Nagasaki, soit un total estimé de 150 000 à 246 000 morts.

Compléments

  • Paul Fussell défend la justification du « mal nécessaire » dans Thank God for the Atom Bomb, publié en 1988, et cette thèse avait été réactivée dans les années 1980.

Astuce mémo

L’objectif militaire d’Hiroshima s’oppose au récit du « mal nécessaire »

3. Censure et représentation des victimes

★ À maîtriser

  • Le Civil Censorship Detachment, sous l’autorité américaine, censurait la presse japonaise en interdisant notamment les images de victimes et les articles sur les bombardements.

  • La censure américaine des photographies de l’explosion atomique a duré jusqu’en 1949 et celle des articles scientifiques jusqu’en 1951.

Compléments

  • Yoshito Matsushige prit cinq photos à Hiroshima le 6 août 1945, mais elles ne furent publiées qu’en 1952.

  • Yosuke Yamahata prit une centaine de photos de victimes à Nagasaki le lendemain du bombardement ; les autorités américaines confisquèrent les tirages à leur arrivée au Japon.

Astuce mémo

La censure américaine → des images et informations longtemps invisibles

4. Radiations et traitement des survivants

★ À maîtriser

  • Les brûlures pouvaient toucher des personnes jusqu’à 4 km de l’épicentre, et les soignants manquaient d’équipement et de connaissances pour traiter les victimes.

📌 Les brûlures et les blessures pouvaient être soignées, tandis que les effets profonds de la radioactivité provoquaient notamment cancers et leucémies, dont les médecins ignoraient alors les mécanismes.

  • En 1946, l’American Atomic Casualty Commission (ABCC) fut créée pour recueillir des données et examiner systématiquement les survivants, sans leur fournir de traitement ni communiquer les résultats aux médecins japonais.

Compléments

  • En 1959, l’ABCC conclut que les quantités et les effets des retombées radioactives étaient négligeables.

Astuce mémo

L’ABCC observe les survivants, mais ne les soigne pas

5. Statut des hibakusha et discriminations

Notions clés & Définitions

  • Hibakusha : Personnes reconnues comme victimes des bombardements atomiques selon les critères de la loi japonaise de 1957.

★ À maîtriser

📌 La loi japonaise de 1957 reconnaissait notamment les personnes présentes dans un rayon de 2 km de l’épicentre, celles entrées dans la zone dans les deux semaines suivant l’attaque et les enfants des femmes enceintes exposées ; elle prévoyait une indemnité de 1 300 dollars par mois pendant trois ans.

  • La loi de 1957 était réservée aux nationaux japonais et excluait notamment des hibakusha coréens ; la discrimination sociale rendait aussi certaines victimes réticentes à se déclarer comme telles.

Compléments

  • En 2000, Hideoko Matsuya remporta un procès de douze ans pour être reconnue comme hibakusha, après avoir été écartée parce qu’elle se trouvait à 2,45 km de l’épicentre.

  • En 1994, le gouvernement japonais décida d’accorder une indemnité aux parents de victimes en compensation du préjudice moral.

  • En août 2013, les mémoriaux comptaient près de 450 000 noms de hibakusha, dont 286 818 à Hiroshima et 162 083 à Nagasaki.

6. Témoigner par la littérature

★ À maîtriser

  • En mai 1946, John Hersey se rendit à Hiroshima et interrogea six survivants ; son enquête fut publiée intégralement dans le New Yorker.

  • Les ouvrages de Nagai Takashi passèrent la censure sans difficulté, car il décrivait la bombe comme une grâce divine et cherchait à apaiser les victimes sans condamner personne.

  • Tamiki Hara acheva Natsu no Hana, traduit par Fleurs d’été, en août 1946 ; le livre fut publié en juin 1947 et certaines parties furent censurées parce qu’elles étaient jugées trop dures.

Compléments

📌 John Hersey adopta un ton neutre pour informer sans choquer son lectorat, tandis que les témoignages des survivants exprimaient des expériences et des opinions diverses sur la bombe. - Hiroshima, 1946

  • Ôta Yôko publia en 1948 La cité des cadavres en version expurgée, notamment de passages sur les conséquences physiques et psychologiques de l’explosion et sur la responsabilité de l’armée japonaise.

Astuce mémo

Hersey informe avec retenue ; Nagai présente la bombe comme providence

7. Romans, mangas et mémoire collective

★ À maîtriser

  • Ibuse Masuji publia le roman Kuroi ame (Pluie noire) en 1966 ; l’œuvre évoque notamment la pluie noire tombée après l’explosion et les inquiétudes suscitées par ses effets nocifs.

  • Le manga Hadashi no Gen de Keiji Nakazawa, publié de 1973 à 1985, porte un message pacifiste et dépeint les atrocités commises par l’armée japonaise pendant la guerre.

Compléments

  • Dans Hiroshima nôto, publié en 1965, l’écrivain Kenzaburô Ôe décrit la persistance des drames liés aux radiations vingt ans après le bombardement.

  • En août 2013, la ville de Matsue décida de limiter l’accès des élèves au manga Hadashi no Gen, comme cela avait également été fait à Tottori.

  • L’anime Hadashi no Gen, réalisé en 1983, accuse l’empereur et d’autres dirigeants d’avoir poursuivi une guerre déjà perdue.

Tableaux de synthèse

Récits de la bombe et censure

Auteur ou œuvreTraitement du bombardementRapport à la censure
John Hersey, HiroshimaEnquête au ton neutre fondée sur six témoignagesPublication intégrale dans le New Yorker
Nagai Takashi, Les Cloches de NagasakiBombe présentée comme une grâce divine ; volonté d’apaiser les victimesOuvrages passés sans difficulté
Tamiki Hara, Fleurs d’étéTémoignage littéraire des effets de l’explosionCertains passages censurés
Ôta Yôko, La cité des cadavresConséquences physiques et psychologiques de l’explosionVersion expurgée publiée en 1948

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Hiroshima et la mémoire atomique avec 18 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle représentation de la société japonaise après 1945 les études sur les résistances civiles cherchent-elles à remettre en cause ?

2. Quel enchaînement chronologique caractérise les mobilisations de la société civile japonaise abordées ?

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Révisez avec les flashcards

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Quelle image des Japonais le cours cherche-t-il à déconstruire après 1945 ?

Celle d’un peuple fataliste et passif.

Quel phénomène de la société civile japonaise le cours étudie-t-il après 1945 ?

Les résistances et les protestations.

Depuis quand les mobilisations japonaises contre les armements nucléaires sont-elles abordées ?

Depuis la fin des années 1950.

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