Le cours cherche à déconstruire l’image de Japonais fatalistes et passifs en étudiant les résistances et protestations de la société civile après 1945.
Les mobilisations abordées concernent successivement l’opposition aux armements nucléaires depuis la fin des années 1950, les étudiants à la fin des années 1960, l’environnement depuis les années 1970 et l’opposition au nucléaire après Fukushima.
Des mobilisations anti-nucléaires aux protestations étudiantes, environnementales puis post-Fukushima
★ À maîtriser
📌 La justification américaine du « mal nécessaire » opposait le largage de la bombe à la poursuite de la guerre, qui aurait entraîné la mort de milliers de soldats américains, tandis que le cours indique que le Japon était déjà affaibli et qu’un blocus économique aurait pu mettre fin à la guerre.
Compléments
L’objectif militaire d’Hiroshima s’oppose au récit du « mal nécessaire »
★ À maîtriser
Le Civil Censorship Detachment, sous l’autorité américaine, censurait la presse japonaise en interdisant notamment les images de victimes et les articles sur les bombardements.
La censure américaine des photographies de l’explosion atomique a duré jusqu’en 1949 et celle des articles scientifiques jusqu’en 1951.
Compléments
Yoshito Matsushige prit cinq photos à Hiroshima le 6 août 1945, mais elles ne furent publiées qu’en 1952.
Yosuke Yamahata prit une centaine de photos de victimes à Nagasaki le lendemain du bombardement ; les autorités américaines confisquèrent les tirages à leur arrivée au Japon.
La censure américaine → des images et informations longtemps invisibles
★ À maîtriser
📌 Les brûlures et les blessures pouvaient être soignées, tandis que les effets profonds de la radioactivité provoquaient notamment cancers et leucémies, dont les médecins ignoraient alors les mécanismes.
Compléments
L’ABCC observe les survivants, mais ne les soigne pas
★ À maîtriser
📌 La loi japonaise de 1957 reconnaissait notamment les personnes présentes dans un rayon de 2 km de l’épicentre, celles entrées dans la zone dans les deux semaines suivant l’attaque et les enfants des femmes enceintes exposées ; elle prévoyait une indemnité de 1 300 dollars par mois pendant trois ans.
Compléments
En 2000, Hideoko Matsuya remporta un procès de douze ans pour être reconnue comme hibakusha, après avoir été écartée parce qu’elle se trouvait à 2,45 km de l’épicentre.
En 1994, le gouvernement japonais décida d’accorder une indemnité aux parents de victimes en compensation du préjudice moral.
En août 2013, les mémoriaux comptaient près de 450 000 noms de hibakusha, dont 286 818 à Hiroshima et 162 083 à Nagasaki.
★ À maîtriser
En mai 1946, John Hersey se rendit à Hiroshima et interrogea six survivants ; son enquête fut publiée intégralement dans le New Yorker.
Les ouvrages de Nagai Takashi passèrent la censure sans difficulté, car il décrivait la bombe comme une grâce divine et cherchait à apaiser les victimes sans condamner personne.
Tamiki Hara acheva Natsu no Hana, traduit par Fleurs d’été, en août 1946 ; le livre fut publié en juin 1947 et certaines parties furent censurées parce qu’elles étaient jugées trop dures.
Compléments
📌 John Hersey adopta un ton neutre pour informer sans choquer son lectorat, tandis que les témoignages des survivants exprimaient des expériences et des opinions diverses sur la bombe. - Hiroshima, 1946
Hersey informe avec retenue ; Nagai présente la bombe comme providence
★ À maîtriser
Ibuse Masuji publia le roman Kuroi ame (Pluie noire) en 1966 ; l’œuvre évoque notamment la pluie noire tombée après l’explosion et les inquiétudes suscitées par ses effets nocifs.
Le manga Hadashi no Gen de Keiji Nakazawa, publié de 1973 à 1985, porte un message pacifiste et dépeint les atrocités commises par l’armée japonaise pendant la guerre.
Compléments
Dans Hiroshima nôto, publié en 1965, l’écrivain Kenzaburô Ôe décrit la persistance des drames liés aux radiations vingt ans après le bombardement.
En août 2013, la ville de Matsue décida de limiter l’accès des élèves au manga Hadashi no Gen, comme cela avait également été fait à Tottori.
L’anime Hadashi no Gen, réalisé en 1983, accuse l’empereur et d’autres dirigeants d’avoir poursuivi une guerre déjà perdue.
Récits de la bombe et censure
| Auteur ou œuvre | Traitement du bombardement | Rapport à la censure |
|---|---|---|
| John Hersey, Hiroshima | Enquête au ton neutre fondée sur six témoignages | Publication intégrale dans le New Yorker |
| Nagai Takashi, Les Cloches de Nagasaki | Bombe présentée comme une grâce divine ; volonté d’apaiser les victimes | Ouvrages passés sans difficulté |
| Tamiki Hara, Fleurs d’été | Témoignage littéraire des effets de l’explosion | Certains passages censurés |
| Ôta Yôko, La cité des cadavres | Conséquences physiques et psychologiques de l’explosion | Version expurgée publiée en 1948 |
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1. Quelle représentation de la société japonaise après 1945 les études sur les résistances civiles cherchent-elles à remettre en cause ?
2. Quel enchaînement chronologique caractérise les mobilisations de la société civile japonaise abordées ?
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Quelle image des Japonais le cours cherche-t-il à déconstruire après 1945 ?
Celle d’un peuple fataliste et passif.
Quel phénomène de la société civile japonaise le cours étudie-t-il après 1945 ?
Les résistances et les protestations.
Depuis quand les mobilisations japonaises contre les armements nucléaires sont-elles abordées ?
Depuis la fin des années 1950.
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