Fiche de révision : Histoire de l'Europe et de l'URSS

Plan du Cours

  1. Libération de l’Europe par l’Est et l’Ouest
  2. Congrès de La Haye et Conseil de l’Europe
  3. Endiguer le communisme en Europe de l’Ouest
  4. Front national démocratique et prise de pouvoir
  5. Succession de Staline et répartition des pouvoirs
  6. Débats économiques et sociaux sous Khrouchtchev
  7. Dérives économiques et échecs du rattrapage
  8. Glasnost et perestroïka sous Gorbatchev
  9. Relancer la construction européenne après la CED
  10. Traités de Rome et institutions de la CEE
  11. Politique agricole commune et plan Mansholt
  12. Politique régionale et FEDER

1. Libération de l’Europe par l’Est et l’Ouest

Notions clés & Définitions

  • Congrès de Vienne : Réunion diplomatique de 1814 qui décide du découpage territorial de l’Europe post-napoléonienne.
  • Concert européen : Modèle d’équilibre entre grandes puissances européennes fondé sur la restauration monarchique plutôt que sur une confédération.
  • Europe des peuples : Idée romantique d’une fédération ou confédération d’États libres et égaux, libérés des monarchies absolues et des rivalités territoriales.
  • Société des nations (SDN) : Organisation créée après la Première Guerre mondiale pour garantir la paix, fondée sur le principe des nationalités et installée à Genève.
  • États-Unis d’Europe : Expression et projet d’unification européenne, d’abord formulés dans des cercles pacifistes puis associés à des programmes d’union politique et économique.

Points essentiels

  • Les réflexions sur la paix sont anciennes, tandis que la peur du déclin apparaît après 1914 avec l’affaiblissement européen et la montée des États-Unis.
  • En 1814, Saint-Simon propose une confédération européenne à noyau franco-britannique et envisage l’intégration allemande sous condition d’un système parlementaire.
  • À Vienne, l’idée dominante devient le « concert européen », qui privilégie l’équilibre des puissances et la restauration des monarchies plutôt qu’une confédération.
  • Le « printemps des peuples » de 1848 relance l’« Europe des peuples » avec des révolutions et réformes libérales en France, Italie et Allemagne, et des revendications dans l’empire d’Autriche.
  • L’expression « États-Unis d’Europe » apparaît au moins en 1839 dans un document londonien anonyme, puis prend un relief particulier avec Victor Hugo.
  • Après 1918, la paix ne conduit pas à une construction européenne immédiate mais à la SDN, qui consacre le principe des nationalités malgré l’objectif de prévenir une nouvelle guerre.

Astuce mémo

Paix ancienne, déclin récent : 1814 Vienne = équilibre ; 1919 SDN = nationalités ; 1839 États-Unis d’Europe = unification.

2. Congrès de La Haye et Conseil de l’Europe

Notions clés & Définitions

  • États-Unis d’Europe : Projet politique visant une fédération européenne pour éviter la répétition des guerres et limiter le rôle des États-nations rivaux.
  • Déclaration des résistances européennes : Texte publié à Genève le 7 juillet 1944 par des chefs de la résistance française et italienne, relançant l’appel à une union fédérale.
  • BENELUX : Union douanière créée en 1943-1944 entre la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg, issue de négociations en exil.
  • Conseil de l’Europe : Idée de concertation européenne proposée pendant la guerre, pensée comme une structure régionale inspirée d’une SDN adaptée.
  • UNRRA : Organisation chargée de la reconstruction et du secours en Europe, fondée en 1943 et prévue comme agence des Nations-Unies.

Points essentiels

  • Le contexte de 1943-1944 favorise les réflexions pro-européennes après une série de victoires alliées, avec l’objectif d’éviter le retour des nationalismes.
  • Le programme du mouvement Combat (puis MLN en 1944) défend une fédération européenne démocratique ouverte à tous les peuples, y compris l’Angleterre et l’URSS.
  • La « Déclaration des résistances européennes » du 7 juillet 1944 à Genève renouvelle l’appel à une union fédérale, mais laisse ouvertes des questions sur les frontières et le rôle de l’Allemagne.
  • Les négociations en exil à Londres portent aussi sur des unions douanières (Belges-Pays-Bas, Tchécoslovaques-Polonais, Grecs-Yougoslaves), mais la seule réalisation concrète est le BENELUX en 1943-1944.
  • La crainte centrale est que de grandes puissances (notamment les États-Unis) imposent leurs décisions aux petits pays européens.
  • Winston Churchill soutient une forme de concertation européenne, proche d’une SDN régionale, avec un Conseil de l’Europe et un tribunal d’arbitrage pour les différends entre États.

Astuce mémo

Fédération→résistance (Genève 7/7/1944) ; Douanes→BENELUX (1943-44) ; Concertation→Churchill (SDN régionale + tribunal).

3. Endiguer le communisme en Europe de l’Ouest

Notions clés & Définitions

  • Doctrine Truman : Doctrine américaine visant à empêcher l’expansion du communisme en soutenant les pays menacés par la misère et la perte de liberté.
  • Plan Marshall : Programme d’aide économique américain à la reconstruction européenne, conditionné par une coopération entre États pour limiter l’influence soviétique.
  • OECE : Organisation européenne créée par les pays ayant accepté le Plan Marshall pour gérer l’aide et coordonner des politiques économiques communes.
  • Pacte de Bruxelles : Traité de défense signé en 1948 par cinq États pour organiser une coopération militaire régionale avant l’OTAN.
  • OTAN : Alliance atlantique créée en 1949 pour mutualiser la défense face au bloc soviétique, avec des États européens et nord-américains.

Points essentiels

  • Entre 1945 et 1947, des régimes communistes prennent le pouvoir en Yougoslavie, Albanie, Bulgarie, Roumanie, Hongrie et Pologne.
  • En février 1948, le coup de Prague en Tchécoslovaquie, appuyé par les chars soviétiques, installe un gouvernement communiste.
  • En juin 1948, Staline lance le blocus de Berlin en bloquant les accès à Berlin-Ouest, pour empêcher son ravitaillement et la libre circulation.
  • Les États-Unis répondent par un pont aérien et Truman prévient qu’il n’hésitera pas à recourir à la force pour maintenir libres les couloirs aériens.
  • Le blocus est levé en mai 1949, et il est suivi en mai 1949 par la création de la RFA (capitale Bonn) puis en octobre 1949 par la création de la RDA.
  • En mars 1947, la doctrine Truman formalise le containment : empêcher que d’autres pays deviennent communistes, avec une aide financière massive aux pays menacés et libres de rester libres.

Astuce mémo

Containment = « contenir » l’expansion communiste : aide + soutien aux pays menacés.

4. Front national démocratique et prise de pouvoir

Notions clés & Définitions

  • Front national démocratique : Le Front national démocratique est une coalition dominée par les communistes qui sert de cadre légal pour contrôler progressivement le pouvoir en Roumanie.
  • Tactique du salami : La tactique du salami est une stratégie communiste d’éviction progressive des opposants, poste après poste, jusqu’à l’absorption totale du pouvoir.
  • Kominform : Le Kominform est un organisme créé en 1947 pour coordonner et contrôler les partis communistes, afin d’imposer la ligne politique soviétique.
  • Coup de Prague : Le coup de Prague désigne la crise de février 1948 en Tchécoslovaquie qui aboutit à l’éviction des non-communistes et à la prise de contrôle du pouvoir.
  • Procès Rajk : Le procès Rajk est une affaire de 1949 en Hongrie utilisée pour lancer des purges contre des dirigeants communistes accusés de « titisme ».

Points essentiels

  • En Roumanie, le Front national démocratique regroupe communistes, paysans, libéraux et sociaux-démocrates, mais les communistes obtiennent des ministères clés pour lancer des épurations.
  • En Roumanie, la réforme agraire de mars 1945 confisque les terres des grands propriétaires au-delà de 50 hectares et redistribue aux paysans pauvres sous contrôle de l’État et du parti.
  • En Roumanie, le gouvernement est renversé le 6 mars 1945 après l’intervention de l’émissaire soviétique Andreï Vychinski, puis les autres partis sont marginalisés.
  • En Hongrie, la tactique du salami s’appuie sur l’entrisme, des scissions et la police politique AVH pour éliminer progressivement les rivaux jusqu’à la domination communiste.
  • En Hongrie, les communistes passent de 17% des suffrages en 1945 à 22% en 1947, puis obtiennent 95,6% en 1949 avec une liste unique.
  • En Tchécoslovaquie, le coup de Prague (17-25 février 1948) suit la nomination de commissaires de police communistes à Prague et se termine par des élections à liste unique et une prise de contrôle du gouvernement.

Astuce mémo

FND = Front pour gagner, puis Démanteler; Salami = tranches successives; Prague = Police d’abord, puis Parlement; Kominform = Moscou en chef; Rajk = Purge exemplaire anti-titisme.

5. Succession de Staline et répartition des pouvoirs

Notions clés & Définitions

  • Bureau du présidium : Organe dirigeant du Comité central qui procède à une première répartition des postes dès la nuit précédant l’annonce officielle de la mort de Staline.
  • Conseil des ministres : Institution gouvernementale dont la présidence est confiée à Malenkov après la mort de Staline, avec un rôle central dans la conduite de l’État.
  • Secrétariat du Comité central : Structure du Parti chargée de l’appareil, dirigée par Malenkov au départ, puis progressivement contrôlée par Khrouchtchev.
  • MVD : Ministère de l’Intérieur qui pilote la police politique et intervient dans des affaires montées de toutes pièces, avant d’être réorganisé après la chute de Beria.
  • KGB : Police politique réorganisée après l’élimination de Beria, confiée au général Serov, proche de Khrouchtchev.

Points essentiels

  • En l’absence de procédures de succession, les dirigeants se répartissent les responsabilités pour assurer la continuité et trouver un équilibre entre prééminence personnelle et collégialité.
  • Dans la nuit du 4 au 5 mars, Malenkov devient président du Conseil des ministres et dirige le Secrétariat du Comité central, tandis que Beria et Molotov conservent des positions majeures.
  • Khrouchtchev obtient la direction de l’appareil du Parti, position stratégique pour contrôler les secrétaires régionaux, piliers du Comité central.
  • Le 27 mars 1953, une amnistie libère environ 1 200 000 détenus dont la peine ne dépasse pas cinq ans, provoquant un choc social dans les villes.
  • Le 4 avril 1953, la Pravda annonce que l’« affaire des médecins » a été fabriquée par la police politique, avec un communiqué issu du MVD dirigé par Beria.
  • Le 26 juin 1953, Beria est arrêté lors d’une réunion, puis exécuté le 24 décembre 1953 à huis clos, entraînant un remaniement du MVD et la création du KGB confié à Serov.

Astuce mémo

Succession = 3 leviers : Gouvernement (Malenkov) + Parti (Khrouchtchev) + Répression (Beria→KGB).

6. Débats économiques et sociaux sous Khrouchtchev

Notions clés & Définitions

  • Dérapages khrouchtchéviens : Période où les déséquilibres économiques ne sont plus corrigés et où le pouvoir revient à des méthodes autoritaires pour stimuler la production.
  • Objectifs irréalistes : Cibles chiffrées fixées par l’administration qui dépassent les capacités réelles et déclenchent des tensions dans l’économie planifiée.
  • Kolkhozes : Exploitations agricoles collectives où les pressions administratives servent à atteindre les objectifs de production.
  • Plan septennal : Programme lancé en 1959 visant une accélération ambitieuse du développement soviétique et l’entrée annoncée dans une nouvelle phase.
  • Coexistence pacifique : Doctrine de politique étrangère soviétique cherchant à réduire le risque de guerre tout en affirmant la puissance du bloc.

Points essentiels

  • Après les réformes de 1953-1958/59, le régime bascule vers des pratiques de mobilisation et de contrainte plutôt que des ajustements économiques rationnels.
  • Les autorités multiplient les campagnes politiques et les pressions sur entreprises et kolkhozes, ce qui rappelle le fonctionnement stalinien.
  • La productivité agricole ralentit : +9 % par an entre 1953-1958 contre +3 % entre 1959-1964.
  • La consommation baisse et les déséquilibres financiers s’aggravent, avec des pénuries croissantes.
  • En 1964, la production de viande est inférieure à celle de 1958, et en 1963 l’URSS doit importer plus de 12 millions de tonnes de céréales.
  • Le XXIe Congrès du PCUS (janvier 1959) adopte un plan septennal très ambitieux et annonce la construction prochaine du communisme malgré la dégradation des indicateurs.

Astuce mémo

Dérapage = Objectifs irréalistes + Pressions → Productivité agricole qui ralentit (9% puis 3%).

7. Dérives économiques et échecs du rattrapage

Notions clés & Définitions

  • Pologne dévastée : La Pologne subit une destruction massive pendant la guerre, ce qui réduit fortement ses capacités industrielles et ses infrastructures.
  • Stalinisation imparfaite : La mise en place du modèle communiste en Pologne avance, mais reste incomplète et génère des tensions politiques et sociales durables.
  • Octobre polonais : L’ouverture de 1956 correspond à une détente politique après la mort de Staline, déclenchée par des mobilisations ouvrières et paysannes.
  • Crises des années 1970-1980 : La fin des années 1970 et le début des années 1980 voient une dégradation économique qui alimente des grèves et une contestation croissante.
  • Solidarność : Solidarność est un syndicat indépendant reconnu en 1980, symbole d’une organisation ouvrière libre dans un État communiste.

Points essentiels

  • Avant 1989, la Pologne est majoritairement polonaise catholique, avec une identité nationale forte et des passés marqués par des violences et un antisémitisme influencé par le catholicisme.
  • La guerre entraîne une chute démographique majeure : en 1939 environ 35 millions d’habitants, puis 19 millions en 1945, avec plus de 6 millions de morts entre 1939 et 1945.
  • Les infrastructures reculent fortement après 1945 : les pertes liées aux ressources et aux équipements dépassent 30 % du potentiel d’avant-guerre, et plus de 80 % de Varsovie est détruite.
  • La stalinisation s’accompagne de mesures économiques et sociales (nationalisations, réforme agraire) mais aussi d’une répression qui entretient l’instabilité et la peur politique.
  • En 1956, la grève de Poznań (28 juin) est réprimée militairement (29 juin), puis le régime concilie en annonçant des hausses de salaires et des réformes.
  • Après octobre 1956, la collectivisation forcée est abandonnée et la censure se relâche, mais la détente reste fragile et le pouvoir réinstalle des contrôles à partir de 1958-1959 (ex. raidissements, enseignement religieu

Astuce mémo

Dévastation → contrôle → détente (1956) → rechute économique → grèves (1970-1980) → syndicat libre (Solidarność).

8. Glasnost et perestroïka sous Gorbatchev

Notions clés & Définitions

  • Glasnost : Réforme de transparence qui vise à rendre publiques les informations et à assouplir le contrôle de l’information en URSS.
  • Perestroïka : Réforme de restructuration qui cherche à transformer l’organisation économique et politique soviétique pour la rendre plus efficace.
  • Mikhaïl Gorbatchev : Dirigeant soviétique qui lance les réformes de transparence et de restructuration à partir de la fin des années 1980.
  • Solidarność : Syndicat polonais né en 1980 qui devient un acteur majeur de l’opposition au régime communiste.

Points essentiels

  • En Pologne, la crise économique s’aggrave et déclenche une vague de grèves à l’été 1980, dont celle des chantiers navals de Gdańsk le 14 août 1980.
  • Le 31 août 1980, le pouvoir communiste reconnaît Solidarność, dirigée par Lech Wałęsa, ce qui permet pour la première fois des syndicats libres dans le bloc de l’Est.
  • Le 11 février 1981, Wojciech Jaruzelski devient chef du gouvernement, puis chef du parti le 18 octobre, avant la déclaration de la loi martiale en décembre 1981.
  • La loi martiale entraîne l’arrestation de Lech Wałęsa jusqu’à fin 1982, la répression des grèves et l’interdiction des syndicats libres, Solidarność poursuivant alors en clandestinité.
  • En 1988, de nouvelles manifestations étudiantes puis de très grandes grèves ouvrières obligent le gouvernement à négocier avec Lech Wałęsa, et Solidarność sort de l’illégalité le 18 décembre 1988.
  • Le 4 juin 1989, Solidarność triomphe aux élections législatives libres (99% au Sénat, 35% à la Diète) et Jaruzelski est élu président par le parlement avec une majorité d’une seule voix.

Astuce mémo

Glasnost = “voir clair”, Perestroïka = “changer la structure” ; Pologne : grève → négociation → élections (1980→1988→1989).

9. Relancer la construction européenne après la CED

Notions clés & Définitions

  • CED : La Communauté européenne de défense est un projet d’armée européenne placé sous des institutions communes, qui échoue en France en 1954.
  • CECA : La Communauté européenne du charbon et de l’acier est une intégration sectorielle fondée sur une haute autorité supranationale.
  • Conférence de Messine : La conférence de Messine (juin 1955) sert de compromis pour relancer l’intégration européenne par l’économie et l’atome.
  • Traités de Rome : Les traités de Rome (25 mars 1957) créent la CEE et Euratom, en s’appuyant sur des institutions héritées de la CECA.
  • Marché commun : Le marché commun est l’objectif de fusion progressive des économies nationales via la libéralisation des échanges et des tarifs communs.

Points essentiels

  • L’échec de la CED en 1954 entraîne aussi l’abandon temporaire des projets ambitieux d’intégration politique européenne.
  • Deux logiques s’affrontent après 1954 : intégration sectorielle progressive (Monnet, Spaak) contre intégration économique générale (Beyen, Erhard).
  • La relance s’appuie sur le contexte des « Trente Glorieuses » : il s’agit moins de reconstruire que d’accroître la productivité par le marché.
  • Le compromis de Messine (juin 1955) fait accepter à la France le marché commun et à l’Allemagne une communauté de l’atome sur le modèle de la CECA.
  • Les traités de Rome sont signés le 25 mars 1957 et entrent en vigueur le 1er janvier 1958, avec des institutions mises en place dès 1958.
  • La CEE vise une union douanière et une libéralisation des échanges selon un calendrier (12 ou 15 ans) avec des tarifs extérieurs communs, et une harmonisation progressive (agriculture, transports, fiscalité, monnaie).

Astuce mémo

CED rejetée en 1954 → on passe du politique au rentable : Messine (marché + atome) puis Rome (CEE/Euratom).

10. Traités de Rome et institutions de la CEE

Notions clés & Définitions

  • Traités de Rome : Ensemble de traités fondateurs qui lancent la construction européenne autour d’une intégration économique et de secteurs communs.
  • CEE : Communauté économique européenne chargée d’organiser l’intégration du marché commun et des politiques économiques associées entre États membres.
  • Tarifs douaniers communs extérieurs : Système de droits de douane appliqués par la CEE aux pays tiers pour harmoniser la protection commerciale extérieure.
  • Euratom : Communauté européenne de l’énergie atomique qui organise l’importation, la recherche et la coordination des investissements liés au nucléaire.
  • Plan Fouchet : Projet gaulliste d’« Europe politique » fondée sur la primauté des États et la coordination intergouvernementale.

Points essentiels

  • La libéralisation des échanges douaniers débute le 1er janvier 1959 avec un calendrier d’environ 12 à 15 ans et l’instauration de tarifs communs extérieurs.
  • La CEE vise aussi une harmonisation progressive de politiques nationales dans des domaines comme l’agriculture, les transports, la fiscalité et la monnaie.
  • Euratom (1er janvier 1959) gère les importations et peut organiser une répartition pour garantir un accès égal, tout en mutualisant la recherche et l’investissement.
  • Euratom ne crée pas de propriété commune des industries atomiques : les activités restent nationales, ce qui limite l’autorité et freine le fonctionnement supranational.
  • La France participe peu à Euratom à cause de son programme nucléaire spécifique à finalité militaire.
  • Les réalisations d’Euratom restent limitées à quatre centres de recherche (Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Italie) et cinq centrales (France, Allemagne, Italie), plus des financements de programmes.

Astuce mémo

Rome = Marché + Monnaie (CEE) et Atom = Recherche partagée (Euratom).

11. Politique agricole commune et plan Mansholt

Notions clés & Définitions

  • Politique structurelle européenne : Politique communautaire visant à réduire les écarts de développement entre régions en finançant des actions ciblées.
  • Régions défavorisées : Zones en retard de développement recevant davantage d’aides pour rattraper leur niveau économique et social.
  • Budget de la PAC : Enveloppe financière initialement limitée qui augmente ensuite avec l’élargissement de la Communauté.
  • Plan Mansholt : Programme européen de modernisation et de restructuration de l’agriculture, associé à l’évolution de la PAC.

Points essentiels

  • Les aides structurelles se concentrent sur des régions en retard comme la Campanie et la Sicile (Italie), l’Andalousie (Espagne) ou le Norte (Portugal).
  • Le poids initial des politiques structurelles est faible, autour de 5 % du budget, avant de monter en puissance après les élargissements des années 1980.
  • La logique européenne de rééquilibrage territorial s’affirme avec l’augmentation des financements vers les régions défavorisées.
  • Entre 1950 et 1980, la construction européenne progresse grâce à des avancées économiques réelles malgré des blocages politiques persistants.
  • L’intégration économique s’impose avec le marché commun et les politiques structurelles, tandis que l’union politique reste limitée et inachevée.
  • Le traité de Maastricht (entrée en vigueur le 1er novembre 1993) marque un tournant : marché unique, Union économique et monétaire, puis création de l’Union européenne.

Astuce mémo

PAC = « P » pour régions à « rattraper » : aides d’abord modestes (~5 %), puis montée après les élargissements (années 1980).

12. Politique régionale et FEDER

Notions clés & Définitions

  • Serpent monétaire européen : Dispositif financier européen qui limite la fluctuation des monnaies de la CEE autour de leur parité bilatérale.
  • Thatchérisme : Ensemble de politiques économiques et sociales associées à Margaret Thatcher, inspirées du libéralisme et visant à réduire le rôle de l’État.
  • Poll Tax : Impôt local par tête introduit en Grande-Bretagne, indépendant des revenus et des biens, avec des réductions pour les bas revenus.
  • New Labour : Version réformée du Parti travailliste portée par Tony Blair, cherchant un nouveau consensus et l’acceptation de l’économie de marché.

Points essentiels

  • Le Serpent monétaire européen fixe une marge de fluctuation de ±2,25% autour de la parité bilatérale entre monnaies de la CEE.
  • La livre sterling entre dans le Serpent en mai 1972 puis le quitte dès juin 1972 à cause de son taux d’inflation.
  • Margaret Thatcher applique des principes néolibéraux déjà présents chez Edward Heath, avec une mise en œuvre plus prudente et une grande fermeté.
  • La TVA passe à 15% sous Thatcher, et le chômage dépasse les trois millions pendant les premières années.
  • La grève des mineurs de 1984-1985 dure un an et se termine sans satisfaction des revendications, ce qui affaiblit fortement le syndicalisme.
  • Le New Labour se distingue de l’Old Labour en modifiant la clause IV pour accepter l’économie de marché et en visant davantage les classes moyennes et supérieures.

Astuce mémo

Serpent = « serpent qui encadre » (±2,25%); Thatchérisme = « TVA 15% + privatisations + syndicats affaiblis »; Poll Tax = « par tête, pas par revenus »; New Labour = « nouveau consensus + marché accepté ».

Repères chronologiques

DateÉvénement
1814Ouverture du Congrès de Vienne et décision du découpage territorial post-napoléonien
7 juillet 1944Publication à Genève de la « Déclaration des résistances européennes »
25 mars 1957Signature des traités de Rome (CEE et Euratom)

Tableaux de synthèse

Fédéralistes vs unionistes (après-guerre)

CourantIntégrationPosition sur la souveraineté
FédéralistesNiveau d’intégration très poussé (autorité supérieure / gouvernement européen)Soumission à une autorité supérieure, avec un projet d’union fédérale
UnionistesCoopération entre États sans organes supranationauxPas de perte de souveraineté, coopération sans décision supranationale

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre « concert européen » (équilibre des puissances et restauration monarchique) avec « confédération européenne » (projet de Saint-Simon).
  2. Croire que la SDN crée immédiatement une construction européenne : le cours insiste au contraire sur l’absence de construction européenne immédiate après 1918.
  3. Mélanger « coup de Prague » (février 1948 en Tchécoslovaquie) et « blocus de Berlin » (juin 1948-mai 1949) : ce sont deux étapes distinctes de la mise en place du bloc.
  4. Interpréter la « tactique du salami » comme une simple propagande : c’est une éviction progressive des opposants poste après poste jusqu’à la domination communiste.
  5. Penser que la CED échoue seulement par manque d’idées : en France, le rejet est lié aux clivages politiques et au « crime » du 30 août 1954 (motion préalable).
  6. Croire que la CEE et Euratom créent une propriété commune des industries atomiques : le cours précise que les activités restent nationales, ce qui limite l’autorité.
  7. Confondre glasnost et perestroïka : la première vise la transparence/assouplissement de l’information, la seconde la restructuration économique et politique.

Checklist Examen

  1. Expliquer pourquoi la peur du déclin devient postérieure à 1914 et comment elle s’articule à la montée des États-Unis.
  2. Comparer les conceptions de l’Europe au XIXe siècle : paix (arbitrage/équilibre) et construction européenne (Saint-Simon, « concert européen », « Europe des peuples »).
  3. Situer l’expression « États-Unis d’Europe » (au moins 1839) et expliquer le rôle de Victor Hugo et l’effacement après 1849.
  4. Montrer comment la SDN (Genève, 1920) consacre le principe des nationalités et pourquoi elle est affaiblie (exclusion des vaincus, non-participation des États-Unis).
  5. Raconter la relance après 1943-1944 : « Déclaration des résistances européennes » (Genève 7 juillet 1944), fédération démocratique, et réalisation concrète BENELUX (1943-1944).
  6. Décrire la logique américaine d’endiguer le communisme : doctrine Truman (mars 1947), Plan Marshall, OECE, puis blocus de Berlin et pont aérien.
  7. Expliquer comment la prise de pouvoir communiste passe par des mécanismes politiques et policiers : FND en Roumanie, tactique du salami en Hongrie, coup de Prague en Tchécoslovaquie.
  8. Présenter la succession après Staline : répartition des pouvoirs (Malenkov/Khrouchtchev/Beria), amnistie (27 mars 1953), affaire des médecins (4 avril 1953) et création du KGB (après Beria).
  9. Analyser les « dérapages » khrouchtchéviens : objectifs irréalistes, pressions, ralentissement agricole (+9% puis +3%), et plan septennal (janvier 1959).
  10. Expliquer la trajectoire polonaise de 1956 à 1989 : octobre polonais, grève de Poznań (28 juin), Solidarność (reconnaissance 31 août 1980), loi martiale (décembre 1981) et élections du 4 juin 1989.
  11. Exposer la relance de la construction européenne après l’échec de la CED : compromis de Messine (juin 1955), traités de Rome (25 mars 1957), marché commun et limites d’Euratom (pas de propriété commune).
  12. Décrire l’évolution de la construction européenne : PAC et FEDER (logique de rééquilibrage), puis Maastricht (tournant vers marché unique et Union européenne).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Histoire de l'Europe et de l'URSS avec 12 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle idée désigne un projet d’unification européenne apparu dans des cercles pacifistes puis associé à une union politique et économique ?

2. Quel ensemble correspond à l’idée d’une concertation européenne soutenue par Churchill pendant la guerre, avec une structure régionale et un tribunal d’arbitrage ?

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Libération de l’Europe — qui ?

Est et Ouest libèrent l’Europe après 1945.

Congrès de Vienne — date ?

1814.

Europe des peuples — idée ?

Fédération d’États libres et égaux.

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