QCM : Histoire du genre et féminisme — 16 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle idée caractérise le mieux l’histoire du genre ?

La description des rôles masculins sans comparaison avec les femmes
L’analyse exclusive des lois votées au sujet du mariage
L’étude de la construction sociale des identités plutôt que des différences réputées naturelles
L’inventaire des grandes figures féminines dans la vie politique

L’étude de la construction sociale des identités plutôt que des différences réputées naturelles

Explication

L’histoire du genre s’intéresse à la manière dont les identités sont construites socialement et historiquement. Elle ne se limite pas à une histoire des femmes ni à un simple catalogue de figures marquantes.

2. Quel apport Joan Scott associe-t-elle à l’histoire du genre en 1986 ?

La séparation stricte entre histoire politique et histoire sociale
Le genre comme catégorie utile d’analyse historique
L’idée que la nature fixe définitivement les rôles sexuels
La preuve que les femmes ont toujours réclamé le suffrage

Le genre comme catégorie utile d’analyse historique

Explication

Joan Scott propose en 1986 de penser le genre comme une catégorie d’analyse historique. Cette approche permet d’étudier les rapports sociaux et les constructions identitaires.

3. Que désigne la disparition progressive de la société d’ordres dans la modernité politique ?

Le remplacement des femmes par les hommes dans les institutions
La fin de toute hiérarchie sociale
L’abolition immédiate des différences entre sphères publique et privée
L’émergence de nouvelles catégories comme la classe, le genre, la race et la civilisation

L’émergence de nouvelles catégories comme la classe, le genre, la race et la civilisation

Explication

Le cours explique qu’avec la fin de la société d’ordres, d’autres classements deviennent structurants, notamment la classe, le genre, la race et la civilisation. Ces catégories se croisent pour produire de nouvelles hiérarchies.

4. Dans le modèle bourgeois du XIXe siècle, quel rôle la femme est-elle surtout censée jouer ?

Une figure publique identique à l’homme dans toutes les fonctions
Une influence domestique qui contribue à civiliser la masculinité
Une présence militaire chargée de défendre l’État
Une autorité politique équivalente à celle de l’homme

Une influence domestique qui contribue à civiliser la masculinité

Explication

Le modèle bourgeois oppose un pouvoir masculin extérieur à une influence féminine domestique. Cette influence est pensée comme un facteur de civilisation de la masculinité, sans pour autant impliquer des droits civiques égaux.

5. Pourquoi les femmes sont-elles exclues de la pleine citoyenneté dans le libéralisme politique décrit ici ?

Parce qu’elles sont considérées comme propriétaires par défaut
Parce qu’elles ne peuvent appartenir à aucune famille
Parce qu’elles sont toutes exclues de tout droit légal
Parce qu’elles sont jugées dépendantes et non pleinement autonomes

Parce qu’elles sont jugées dépendantes et non pleinement autonomes

Explication

Le libéralisme fonde la capacité politique sur l’autonomie de volonté, réservée à l’individu libre, adulte, rationnel et propriétaire. Les femmes étant réputées dépendantes de leur père ou de leur mari, elles sont exclues de la pleine citoyenneté.

6. Dans la distinction révolutionnaire entre citoyens passifs et citoyens actifs, quel critère permet d’accéder à la citoyenneté pleine ?

L’appartenance à une congrégation religieuse
Le fait d’être né dans une grande ville
La capacité à signer un acte de mariage
Le paiement d’un certain impôt

Le paiement d’un certain impôt

Explication

Le citoyen actif est celui qui paie un certain impôt et accède ainsi à la pleine citoyenneté politique. Le citoyen passif, lui, bénéficie de droits mais n’est pas censé les exercer activement.

7. Qu’est-ce qui explique principalement la forte pratique religieuse des femmes au XIXe siècle ?

Une obligation légale réservée aux femmes
La morale sexuelle religieuse et la sociabilité autour des lieux de culte
Le refus général des femmes de toute vie sociale
La disparition complète de la présence masculine dans les églises

La morale sexuelle religieuse et la sociabilité autour des lieux de culte

Explication

Le cours relie cette sur-pratique à deux facteurs : une morale sexuelle valorisant chasteté et mariage, et une sociabilité féminine centrée sur les lieux de culte. Ces espaces donnent aussi aux femmes des occasions de lien social.

8. Quel est le trait principal du modèle des salons aristocratiques ou bourgeois du XVIIIe siècle évoqué ici ?

Il est organisé autour d’une stricte ségrégation scolaire
Il supprime toute présence féminine dans la conversation
Il se fonde d’abord sur des congrégations religieuses
Il repose sur la figure d’une maîtresse de maison

Il repose sur la figure d’une maîtresse de maison

Explication

Le modèle des salons s’organise autour d’une maîtresse de maison, figure centrale de la sociabilité mondaine. Le cours précise que ce modèle s’efface progressivement au XIXe siècle.

9. Dans l’Europe catholique du XIXe siècle, à quoi l’expansion des congrégations féminines répond-elle surtout ?

À une suppression des activités d’enseignement
À une double demande sociale d’éducation et d’assistance
À une demande de participation électorale
À une militarisation des missions religieuses

À une double demande sociale d’éducation et d’assistance

Explication

Les religieuses répondent à une double demande sociale : l’éducation et l’assistance, d’abord pour les femmes puis pour l’enfance et la vieillesse. Cette expansion renforce aussi l’insertion des femmes dans la société.

10. Quel effet les congrégations religieuses féminines ont-elles sur la situation des femmes ?

Elles empêchent toute activité éducative ou assistancielle
Elles favorisent une forme d’autonomie féminine par une meilleure insertion sociale
Elles transforment immédiatement les femmes en citoyennes politiques
Elles retirent totalement les femmes de l’espace social

Elles favorisent une forme d’autonomie féminine par une meilleure insertion sociale

Explication

Le cours souligne que ces organisations développent une autonomie relative des femmes grâce à leur institutionnalisation et à leur insertion dans la société. Leur rôle n’est pas politique au sens civique, mais social et religieux.

11. Quel facteur explique le mieux la forte présence des femmes dans la sphère publique religieuse au XIXe siècle ?

L’accès massif des femmes aux mandats électifs municipaux
La disparition complète des pratiques religieuses masculines
La combinaison d’une morale sexuelle stricte et d’une sociabilité centrée sur les lieux de culte
La généralisation de l’enseignement universitaire féminin

La combinaison d’une morale sexuelle stricte et d’une sociabilité centrée sur les lieux de culte

Explication

La fréquentation religieuse féminine s’appuie à la fois sur une morale sexuelle valorisant chasteté et mariage, et sur des lieux de culte qui servent d’espaces de sociabilité. Les autres propositions ne correspondent pas à l’explication donnée.

12. Quelle évolution caractérise les congrégations religieuses féminines en France au XIXe siècle ?

Leur expansion rapide et leur rôle croissant dans l’éducation et l’assistance
Leur disparition progressive au profit exclusif des associations laïques
Leur transformation en partis politiques féminins
Leur cantonnement strict aux seules familles aristocratiques

Leur expansion rapide et leur rôle croissant dans l’éducation et l’assistance

Explication

Le XIXe siècle voit une forte croissance des congrégations féminines, qui répondent surtout à des besoins d’éducation et d’assistance. Elles renforcent ainsi l’insertion sociale des femmes plutôt que de disparaître.

13. Comment la modernité politique du long XIXe siècle redéfinit-elle les catégories sociales et hiérarchiques ?

Elle remplace toutes les distinctions par une égalité politique immédiate
Elle maintient uniquement la séparation entre nobles et roturiers
Elle supprime toute forme de hiérarchie sociale au profit du suffrage féminin
Elle fait émerger des catégories comme la classe, le genre, la race et la civilisation après la disparition de la société d’ordres

Elle fait émerger des catégories comme la classe, le genre, la race et la civilisation après la disparition de la société d’ordres

Explication

Le passage de la société d’ordres à d’autres classements fait apparaître des catégories telles que la classe, le genre, la race et la civilisation. Le texte insiste donc sur une nouvelle manière de hiérarchiser, non sur une égalité instantanée.

14. Dans le modèle bourgeois du XIXe siècle, quel rôle est attribué à la femme dans le rapport entre sphère privée et sphère publique ?

Une neutralité complète entre les rôles des sexes
Une influence domestique qui contribue à civiliser la masculinité
Une domination économique fondée sur la propriété foncière
Une participation directe et systématique aux élections

Une influence domestique qui contribue à civiliser la masculinité

Explication

Le modèle bourgeois décrit un pouvoir masculin à l’extérieur et une influence féminine au foyer, censée civiliser la masculinité. Il ne s’agit pas d’une égalité politique ni d’une domination économique des femmes.

15. Quelle affirmation résume le mieux le sens du mot « féministe » lors de sa première apparition en français en 1872 ?

Il sert à nommer les opposants au vote des femmes
Il renvoie d’emblée aux militantes britanniques connues comme suffragettes
Il désigne immédiatement un parti politique organisé pour le suffrage universel
Il est d’abord employé dans un sens péjoratif pour désigner les partisans des droits des femmes

Il est d’abord employé dans un sens péjoratif pour désigner les partisans des droits des femmes

Explication

Le terme apparaît d’abord en 1872 dans un sens moqueur ou péjoratif, avant d’être revendiqué positivement plus tard. Les autres réponses confondent cette première occurrence avec des évolutions ultérieures.

16. Quel rôle John Stuart Mill joue-t-il dans les débuts du féminisme britannique ?

Il fonde l’Anti-Suffrage League pour défendre le statut traditionnel des femmes
Il présente la loi Ferry sur la gratuité scolaire
Il fait interdire les clubs de femmes pendant la Révolution française
Il critique le mariage comme une forme d’oppression et soutient l’émancipation des femmes

Il critique le mariage comme une forme d’oppression et soutient l’émancipation des femmes

Explication

John Stuart Mill est associé à une critique du mariage comme oppression et à la défense de l’émancipation féminine, ce qui soutient la première pétition pour le vote des femmes. Les autres propositions renvoient à d’autres contextes ou à d’autres acteurs.

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Histoire du genre — définition ?

Approche qui étudie la construction sociale des identités.

Le Deuxième Sexe — auteur ?

Simone de Beauvoir (1949).

Histoire des femmes — focus ?

Vie quotidienne, figures politiques, mœurs.

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