📋 Plan du Cours
- Dichotomie nature culture et histoire environnementale
- Agentivité des objets et assemblages techniques
- Expérience du grille-pain et monde matériel
- Seagram Building et émergy de la construction
- Propriété privée, plantations et réseaux commerciaux
- Grande accélération et Trente ravageuses
- Plantationocène et récits alternatifs
- Offensive contre les communs et enclosure
- Colonisation du Nouveau monde et mise en infrastructures
- Cadastre et carte comme regards de pouvoir
- Industrialisation des territoires et dépendance au charbon
- Architecture, maladies et logement social à Droixhe
📖 1. Dichotomie nature culture et histoire environnementale
🔑 Notions clés & Définitions
- Dichotomie nature/culture : La dichotomie nature/culture sépare la nature, supposée indépendante de l’homme, et la culture, supposée relever uniquement de l’action humaine.
- Histoire environnementale : L’histoire environnementale étudie comment les environnements et les êtres qui les composent participent à l’histoire des sociétés.
- Agentivité : L’agentivité désigne la capacité d’un être à agir sur le monde, à influencer les autres et à contraindre leurs comportements.
- Acteurs autres qu’humains : Les acteurs autres qu’humains regroupent des agents naturels et des artefacts qui participent aux transformations socio-environnementales.
- Émergy : L’émergy mesure l’énergie totale mobilisée, directement et indirectement, pour produire, acheminer et construire un bâtiment.
📝 Points essentiels
- La nature est classiquement décrite comme stable, objective et régie par des cycles longs, indépendants de l’homme.
- La culture/société est classiquement décrite comme activité humaine, progrès, changement linéaire et subjectivité.
- L’histoire environnementale conteste la séparation stricte en montrant que la « nature » est souvent un produit de l’histoire humaine.
- Le SARS‑CoV‑2 est présenté comme lié à des pratiques humaines extractivistes (déforestation) ou à des recherches en laboratoire.
- La pomme de terre n’est pas traitée comme un « objet naturel » isolé : elle résulte d’une histoire coloniale, de sélections agronomiques et d’une agriculture intensive.
- L’histoire environnementale redistribue les puissances d’agir en intégrant des agents non humains dans l’explication des événements.
💡 Astuce mémo
Nature = « produit d’histoires » : cherche qui agit (humains + autres qu’humains) et de quoi c’est fait (assemblages).
📖 2. Agentivité des objets et assemblages techniques
🔑 Notions clés & Définitions
- Frontières planétaires : Les frontières planétaires sont des seuils considérés comme essentiels au bon fonctionnement du système Terre, dont le dépassement déstabilise le climat et d’autres équilibres.
- Anthropocène : L’Anthropocène est une époque géologique proposée pour décrire le moment où les activités humaines deviennent une force globale majeure de transformation de la Terre.
- Golden Spike : Le Golden Spike est une signature sédimentaire utilisée comme marqueur pour dater et reconnaître officiellement le début d’une nouvelle époque géologique.
- Performatif : Un énoncé performatif est une phrase qui produit une action réelle au moment même où elle est prononcée.
- Performativité des récits : La performativité des récits désigne le fait que les histoires ne décrivent pas seulement le monde, elles contribuent à le façonner par leurs effets concrets.
📝 Points essentiels
- Les frontières planétaires regroupent des caractéristiques fondamentales du fonctionnement terrestre et leur franchissement entraîne un dérèglement climatique.
- L’Anthropocène est proposé en 2000 par Paul Crutzen et Eugene Stoermer pour qualifier une transformation planétaire portée par l’activité humaine.
- Pour être reconnue officiellement, une époque doit présenter un début net, une signature conservée dans les sédiments et une expression globale et synchrone.
- Le récit de l’Anthropocène est présenté comme un basculement durable plutôt qu’une crise temporaire, avec l’idée de non-retour en arrière.
- La performativité des récits signifie que les récits orientent vision du monde, comportements, actions et identités, en rendant certaines compréhensions visibles et d’autres invisibles.
- Un énoncé performatif réalise une action par le seul fait d’être dit, comme dans l’exemple « Je vous déclare mari et femme ».
💡 Astuce mémo
Frontières planétaires = seuils qui, s’ils sautent, font dérailler la planète ; Anthropocène = humains deviennent force géologique ; Performatif = dire = faire.
📖 3. Expérience du grille-pain et monde matériel
🔑 Notions clés & Définitions
- Anthropocène : Récit dominant qui présente l’époque actuelle comme marquée par l’impact humain global sur la Terre.
- Technosolutionnisme : Croyance selon laquelle la technique peut résoudre l’essentiel des problèmes, y compris écologiques et sociaux.
- Low Tech : Approche de solutions simples, durables et réparables, mobilisant peu de ressources et visant des besoins essentiels.
- Technophobie : Attitude de méfiance ou de rejet des technologies modernes, souvent utilisée pour disqualifier des critiques techniques.
- Progrès : Récit explicatif du développement humain et social qui associe souvent innovation technique et amélioration collective.
📝 Points essentiels
- Un concept ou récit n’est jamais neutre en science : il oriente ce qu’on voit, ce qu’on ignore et les solutions jugées légitimes.
- Le récit de l’Anthropocène peut éviter d’interroger les logiques sociales et historiques à l’origine des crises écologiques.
- L’Anthropocène tend à proposer des solutions techniques et des changements individuels, ce qui favorise l’individualisation des responsabilités.
- Le rapport à la Terre implicite est global et distant, avec une approche comptable/technocratique et une sensibilité limitée au monde vivant.
- Le progrès est présenté comme inéluctable quand l’innovation technique est tenue pour moteur du développement économique, notamment au 19ᵉ siècle.
- L’idée « progrès technique = progrès social » est décrite comme récente et historiquement construite, ce qui rend l’impression d’histoire automatique trompeuse.
💡 Astuce mémo
Récit = lunettes : Anthropocène → technique + individu, donc on voit moins les causes sociales et l’impact sur le vivant.
📖 4. Seagram Building et émergy de la construction
🔑 Notions clés & Définitions
- Plantationocène : Concept historique qui attribue la crise écologique à un dispositif colonial productif plutôt qu’à l’ensemble de l’humanité.
- Plantation coloniale : Dispositif productif colonial qui simplifie les relations sociales et écologiques en organisant exploitation des corps et transformation des milieux.
- Capitalocène : Cadre d’analyse centré sur le capitalisme comme moteur principal des transformations écologiques, sans se limiter à un dispositif unique.
- Anthropocène : Récit qui attribue les changements environnementaux à l’action de l’humanité en tant qu’ensemble.
- Économie de subsistance : Organisation où la production vise d’abord la consommation directe des producteurs et de leur communauté plutôt que l’échange marchand.
📝 Points essentiels
- La plantation coloniale associe monoculture intensive, travail forcé/esclavage, hiérarchies raciales et transformation radicale des milieux.
- Le lien travail-environnement décrit une exploitation conjointe des corps humains et des milieux naturels comme deux faces d’un même système.
- La différence avec le Capitalocène tient au fait que la plantationocène vise un dispositif concret plutôt qu’un système économique mondial abstrait.
- La différence avec l’Anthropocène tient au fait que la plantationocène refuse l’idée d’une responsabilité collective de « l’humanité » et insiste sur un dispositif spécifique sur plusieurs siècles.
- Les récits alternatifs (ex. Thermocène, Anglocène, Thanatocène) servent à multiplier les perspectives et éviter un récit unique ou partiel.
- La période n’est pas traitée comme un passé clos mais comme des conjonctures historiques déclenchant des processus encore à l’œuvre aujourd’hui.
💡 Astuce mémo
Plantationocène = « plantation » + « corps et milieux » : même système, deux exploitations.
📖 5. Propriété privée, plantations et réseaux commerciaux
🔑 Notions clés & Définitions
- Propriété privée : La propriété privée désigne un bien détenu par une personne, avec des droits d’usage, de vente, de location et de transmission.
- Propriété collective : La propriété collective correspond à un bien détenu par un groupe, géré en commun et souvent financé par plusieurs personnes.
- Propriété publique : La propriété publique désigne un bien appartenant à l’État ou à une collectivité, destiné à l’usage collectif et à l’intérêt général.
- Inégalités sociales : Les inégalités sociales sont des écarts d’accès aux ressources et aux avantages sociaux entre individus ou groupes.
- Inégalités environnementales : Les inégalités environnementales sont des écarts d’exposition des populations aux impacts environnementaux selon leur niveau de revenu.
📝 Points essentiels
- La propriété privée donne au propriétaire des droits d’usage, de vente, de location et de transmission du bien.
- La propriété collective implique une détention en commun, une gestion collective et un financement partagé.
- La propriété publique oriente le bien vers l’usage collectif et l’intérêt général.
- La propriété structure l’économie et le commerce (production, échange, usage), la vie quotidienne (logement, ressources, espaces) et les relations sociales (qui possède et qui utilise).
- La répartition de la propriété conditionne l’occupation des territoires : qui habite où, qui a accès à quoi, qui exploite une ressource et qui circule librement.
- Le lien entre propriété et inégalités passe par le prix du foncier : les zones agréables sont plus chères et les zones exposées aux nuisances sont moins chères, ce qui renforce les écarts sociaux et environnementaux.
💡 Astuce mémo
Prix du foncier = tri social et environnemental : agréable = cher, nuisances = moins cher.
📖 6. Grande accélération et Trente ravageuses
🔑 Notions clés & Définitions
- Encomienda : Système colonial espagnol de travail forcé utilisé pour récompenser les conquistadors par les bénéfices tirés de peuples autochtones conquis non chrétiens.
- Propriété exclusive : Principe moderne selon lequel un seul propriétaire détient un droit délimité et total sur un espace, pouvant en disposer librement.
- Terre comme relation : Vision autochtone où la terre est un ensemble de relations avec ancêtres, esprits et autres vivants, impliquant des obligations collectives.
- Accumulation primitive : Processus historique qui dépossède les populations de leurs moyens de subsistance et met en place les conditions du capitalisme.
- Frontière : Ligne mouvante de l’histoire américaine séparant zones colonisées et territoires dits inoccupés, associée à l’expansion progressive vers l’Ouest.
📝 Points essentiels
- La colonisation s’accompagne d’une appropriation des terres autochtones et d’une soumission au travail forcé, rendant la propriété foncière étrangère aux populations locales.
- La propriété européenne est pensée comme abstraite et géométrique (frontières, cadastre), exclusive et totale, ce qui transforme l’espace en objet maîtrisable.
- Les sociétés autochtones privilégient des territoires collectifs, des droits d’usage multiples, des usages mobiles et saisonniers, ainsi que des lieux sacrés et des zones partagées.
- La vision coloniale interprète les usages autochtones comme manque de mise en valeur ou improductivité, ce qui sert à justifier dépossession et appropriation.
- La théorie de John Locke (1690) présente la propriété comme droit naturel fondé sur le travail individuel et le mérite, et comme acquisition possible sans consentement des autres.
- L’argument de l’improductivité repose sur une idéologie d’amélioration où seules des pratiques européennes prouveraient la “propriété”, légitimant la dépossession (ex. Canada, 1876).
💡 Astuce mémo
Appropriation = ligne sur le sol ; Autochtones = relation avec le vivant ; Capitalisme = déposséder puis “valoriser”.
📖 7. Plantationocène et récits alternatifs
🔑 Notions clés & Définitions
- American Progress : Œuvre de John Gast (1872) qui met en scène une colonisation présentée comme progrès, à travers une imagerie de la lumière et de la ville.
- Civilisation et lumière : Valeur symbolique qui associe la colonisation à la clarté, à l’ordre et à la mission civilisatrice.
- Propriété et clôture : Lien symbolique entre la propriété privée et la clôture, qui transforme l’espace en zones contrôlées plutôt qu’en milieux ouverts.
- Zones frontières de ressources : Espaces où l’expansion capitaliste s’appuie sur la rupture des liens entre nature, écologies et subsistance locale.
- Européanisation des territoires : Processus de transformation des sociétés et des écologies par l’arrivée européenne, impliquant des remplacements humains et non-humains.
📝 Points essentiels
- L’œuvre « American Progress » organise une opposition lumière/obscurité qui fabrique une hiérarchie civilisation/sauvagerie.
- La scène associe la ville et ses infrastructures à un déploiement « missionnaire » et à une figure angélique, ce qui naturalise l’idée de progrès.
- La clôture est présentée comme équivalent de la propriété, opposée aux espaces ouverts et à la subsistance.
- La violence coloniale, l’esclavage et le génocide ne sont pas montrés, ce qui produit une vision biaisée de la colonisation.
- Les infrastructures (transport, communication, énergie) participent à la mise en place matérielle de la colonisation.
- La colonisation transforme les territoires via clôtures (déplacements), labour (sol) et domestication (espèces).
💡 Astuce mémo
L’image « éclaire » le récit : lumière = civilisation, clôture = propriété, et l’ombre cache la violence.
📖 8. Offensive contre les communs et enclosure
🔑 Notions clés & Définitions
- Enclosure : Enclosure : processus historique d’appropriation qui transforme des espaces d’usage collectif en propriétés contrôlées par des acteurs privés ou étatiques.
- Cadastre : Cadastre : système de représentation et d’enregistrement des propriétés foncières qui rationalise la gestion de l’espace en reliant cartographie, fiscalité et urbanisme.
- Géomètres : Géomètres : spécialistes de l’arpentage qui mesurent, quadrillent et délimitent le territoire pour rendre l’appropriation possible.
- Carte géographique : Carte géographique : représentation plane de la répartition d’éléments concrets ou abstraits, utilisée pour gouverner, contrôler et organiser l’espace.
- Épistémicide : Épistémicide : destruction systématique de savoirs et de perceptions communautaires, remplacés par une objectivité favorable aux classes dominantes.
📝 Points essentiels
- La perspective et le cadastre participent à une mise en ordre qui rend l’espace mesurable, idéalise et contrôlable depuis un point de vue extérieur.
- Le cadastre stabilise l’ordre propriétaire en fixant et en vérifiant des limites de propriété associées à des propriétaires identifiés.
- Le cadastre permet de contrôler un territoire sans en connaître les usages locaux grâce à son caractère abstrait et universel.
- Le cadastre remplace les usages par la propriété et laisse l’intérieur des parcelles en blanc car il n’est pas utile au traçage.
- Le cadastre hiérarchise les valeurs : les dimensions productives ou marchandes sont favorisées tandis que les usages de subsistance et non marchands sont minorés.
- Les cartes et projections produisent des silences et des déformations : elles peuvent masquer des organismes vivants, détériorations et inégalités sociales, et imposer un regard centré sur l’Europe et le Nord.
💡 Astuce mémo
Cadastre = Contrôle sans Connaître : limites mesurées, usages effacés, pouvoir vertical.
📖 9. Colonisation du Nouveau monde et mise en infrastructures
🔑 Notions clés & Définitions
- Architecture d’investigation : Domaine interdisciplinaire qui produit et présente des preuves spatiales pour des enjeux juridiques, politiques et culturels.
- Contre-cartographie : Démarche qui utilise la cartographie pour contester les représentations dominantes et mener une contre-enquête.
- Territoires fantômes : Notion désignant des espaces de production éloignés, rendus invisibles par les cartes et pourtant essentiels aux ressources prélevées.
- Industrialisation : Processus historique qui fait passer des sociétés d’une production artisanale et agricole vers une production fondée sur l’industrie et les machines.
- Chemin de dépendance : Processus historique où des choix initiaux techniques ou organisationnels orientent durablement les options futures, même si elles deviennent moins adaptées.
📝 Points essentiels
- L’architecture d’investigation élargit l’« architecture » aux environnements urbains et territoriaux, pas seulement aux bâtiments.
- La contre-cartographie vise à rendre visibles des éléments négligés (inégalités, organismes vivants) et à modifier paramètres, échelles et symboles.
- Elle peut associer des médias (audio, vidéo, photos, récits) pour traiter des rapports sensibles aux territoires.
- Elle cherche aussi à rompre avec l’accès immédiat des cartes modernes en fabriquant des cartes qui demandent une connaissance du territoire.
- La chronologie de l’Anthropocène inclut la colonisation du « Nouveau monde » (post 1492) comme récit explicatif.
- L’industrialisation se caractérise par une intensification de la concentration de la propriété, de la mécanisation et de l’automatisation, avec passage de l’atelier à l’usine et recours massif aux énergies fossiles.
💡 Astuce mémo
Contre-cartographie = « rendre visible + ralentir l’accès » : on montre l’invisible et on empêche la lecture prédatrice immédiate.
📖 10. Cadastre et carte comme regards de pouvoir
🔑 Notions clés & Définitions
- Cadastre : Le cadastre est un document officiel qui décrit et localise les propriétés, servant de base à la gestion et à la fiscalité des territoires.
- Carte : Une carte est une représentation codée de l’espace qui rend visibles certains éléments et en masque d’autres selon les choix de mesure et de classement.
- Regard de pouvoir : Un regard de pouvoir désigne la manière dont des outils de représentation orientent l’action publique et l’organisation sociale du territoire.
- Infrastructures : Les infrastructures sont l’ensemble des installations et systèmes permanents qui permettent le fonctionnement d’une société à différentes échelles.
📝 Points essentiels
- Le cadastre et les cartes participent à l’industrialisation en rendant le territoire administrable, mesurable et donc exploitable.
- Les infrastructures « font système » : elles transforment durablement les environnements et les rapports entre territoires, villes et campagnes.
- La dépendance au sentier signifie que l’industrialisation crée des trajectoires difficiles à interrompre une fois les réseaux installés.
- L’économie fossile modifie le rapport au temps et au climat en rendant l’activité plus continue, mais elle accroît les impacts environnementaux.
- Le charbon devient un opérateur de contrôle en concentrant et en organisant la main-d’œuvre dans des lieux dédiés.
- Les rivières canalisées illustrent un basculement utilitariste : la nature devient un outil technique, un support de production et un exutoire.
💡 Astuce mémo
Carte = tri du réel : ce qui est mesuré devient gouvernable, ce qui est omis reste hors contrôle.
📖 11. Industrialisation des territoires et dépendance au charbon
🔑 Notions clés & Définitions
- Grands canaux : Infrastructures maritimes reliant des mers ou océans pour accélérer le commerce et renforcer la domination des empires au XIXe siècle.
- Routes carrossables : Réseau de voies praticables qui augmente fortement au XIXe siècle et connecte les territoires au marché capitaliste.
- Infrastructures énergétiques : Ensemble d’installations qui organisent l’extraction, le transport et la transformation des ressources comme minerais, gaz ou pétrole.
- Feral Atlas : Projet qui étudie les écologies créées quand des entités non humaines s’entremêlent avec des infrastructures humaines.
- Bactériologie : Approche de la fin du XIXe siècle qui explique les maladies par des agents spécifiques à contrôler plutôt que par un désordre du milieu.
📝 Points essentiels
- Suez (1859-1869) et Panama (1881-1914) connectent les océans et stimulent l’explosion du commerce mondial sous contrôle impérial.
- Le passage de la voile à la vapeur et la hausse des tonnages transforment les ports en complexes logistiques industriels.
- En France, les routes carrossables passent d’environ 42 000 km en 1835 à 600 000 km à la fin du XIXe siècle.
- Le cycle de l’eau est profondément modifié par le drainage de la moitié des zones humides mondiales et la construction de 45 000 grands barrages de plus de 15 m.
- Les infrastructures de communication (télégraphe, câbles sous-marins, téléphone, radio) réduisent le temps de transmission de plusieurs années à quelques secondes.
- Ces réseaux reposent sur des matières premières souvent extraites dans les colonies, ce qui relie industrialisation, exploitation et transformation des territoires (déforestation, lignes).
💡 Astuce mémo
Canaux + routes = connexion; énergie + communication = vitesse; infrastructures = dépendances.
📖 12. Architecture, maladies et logement social à Droixhe
🔑 Notions clés & Définitions
- Grand ensemble de Droixhe : Un grand ensemble de logements construit à Liège dans les années 1950 pour répondre à la crise du logement de l’après-guerre.
- Mouvement moderne : Un courant architectural qui privilégie des immeubles fonctionnels et une logique de rénovation, parfois associée à la démolition du bâti ancien.
- Hygiénisme : Une approche qui pense l’architecture comme un outil de santé publique en visant air, lumière et conditions de vie plus saines.
- Polio : Une maladie infectieuse qui a motivé des solutions d’habitat adaptées, notamment dans le projet des Mûrelets.
- Care : Une notion de “prendre soin” qui renvoie à l’accompagnement et à l’attention aux besoins quotidiens, y compris pour les personnes handicapées.
📝 Points essentiels
- Droixhe est conçu dans les années 1950, dans un contexte d’après-guerre et de crise du logement, avec une ambition de cité modèle.
- Le quartier s’appuie sur des principes inspirés du mouvement moderne et de l’hygiénisme : grands immeubles lumineux, espaces verts et équipements collectifs.
- Avec le temps, Droixhe se dégrade : départ des classes moyennes, mauvais entretien des bâtiments et stigmatisation en “cité-ghetto”.
- Une partie importante des tours est démolie, et la conférence critique ce choix comme une répétition de la logique moderniste de reconstruction après démolition.
- Les archives révèlent des plans “poumons d’acier” liés à la polio, ce qui relie directement l’architecture aux besoins respiratoires des malades.
- Le projet des Mûrelets (années 1960) loge des personnes atteintes de polio dans des appartements adaptés, proches des soins et intégrés à la ville.
💡 Astuce mémo
Droixhe = modèle hygiéniste qui se fissure ; Mûrelets = architecture + soins pour la polio (lumière/air) ; démolir peut effacer le “vivre ensemble”.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 2000 | Proposition du terme « Anthropocène » par Paul Crutzen et Eugene Stoermer |
| -11 500 AP | « Révolution » du néolithique (passage chasse-cueillette à élevage/agriculture, sédentarisation, défrichement/déforestation) |
| post 1492 | Colonisation du « Nouveau monde » (début de la conquête européenne à partir de 1492) |
📊 Tableaux de synthèse
Anthropocène vs récits alternatifs
| Récit | Cause mise en avant | Solutions suggérées |
|---|
| Anthropocène | Activité humaine comme force globale de transformation | Solutions techniques et changements de comportements individuels (écocitoyenneté) |
| Capitalocène | Capitalisme dans un « système monde » (centre/périphérie) et « natures bon marché » | Analyser liens pouvoir/économie/environnement et transformer les relations sociales/écologiques |
| Plantationocène | Plantation coloniale comme dispositif productif simplifiant relations sociales et écologiques | Mettre au centre un dispositif concret (monoculture, travail forcé/esclavage, hiérarchies raciales) plutôt qu’une humanité générique |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre dichotomie nature/culture (séparation stricte) et histoire environnementale (contestation : la « nature » est souvent un produit de l’histoire humaine).
- Croire que l’Anthropocène décrit une crise temporaire : le cours insiste sur un basculement durable « pas de retour en arrière ».
- Penser que les cartes/cadastres « décrivent » le réel : ils fabriquent un regard et orientent le contrôle (silences, déformations, hiérarchies de valeurs).
- Réduire l’agentivité aux humains : le cours inclut virus, CO2, rivières, infrastructures, artefacts comme acteurs « autres qu’humains ».
- Confondre propriété privée et propriété collective : la première donne droits d’usage/vente/location/transmission à un individu ou entité, la seconde implique détention et gestion en commun.
- Croire que l’enclosure est seulement agricole : le cours la relie aussi à une transition violente (Black Act, clearance), à l’exode rural et au passage à l’économie de marché.
- Croire que l’industrialisation est « naturelle » : le cours insiste sur des choix politico-techniques (enrôlement du charbon, infrastructures, lois, crédits) et une dépendance au sentier.
✅ Checklist Examen
- Définir la dichotomie nature/culture et expliquer en quoi l’histoire environnementale la remet en question (nature comme produit d’histoires humaines).
- Expliquer l’agentivité et donner des exemples d’acteurs « autres qu’humains » (naturels et artificiels/artefacts) et leur rôle dans les transformations socio-environnementales.
- Savoir mobiliser la méthode « de quoi les choses sont-elles faites ? » et l’illustrer avec l’expérience du grille-pain (400 pièces/100 matériaux) et l’idée d’assemblage.
- Analyser le Seagram Building (1958) comme événement terrestre : géographie des matériaux et notion d’émergy (énergie totale directe et indirecte).
- Relier l’Anthropocène à la catastrophe fondamentale et à la responsabilité architecturale (adapter les habitats, réparer le futur via l’histoire contingente des constructions).
- Maîtriser la définition de l’histoire environnementale (transformations conjointes environnements/sociétés, agentivité des autres qu’humains, remise en cause de la dichotomie).
- Connaître les « trois dimensions du temps » (temps qu’il fait, temps qui passent, temps présents) et expliquer l’indémêlabilité sous l’effet des activités humaines.
- Savoir énumérer les neuf « frontières planétaires » et expliquer l’idée de zone de sécurité et de zone d’incertitude au-delà des seuils.
- Définir l’Anthropocène comme époque géologique proposée en 2000 et rappeler les critères de reconnaissance officielle (évènement clair, signature conservée, expression globale et synchrone).
- Expliquer la performativité : distinguer énoncé performatif (dire = faire) et performativité des récits (récits façonnent vision du monde, comportements, identités).
- Comparer Anthropocène et récits alternatifs (Capitalocène, Plantationocène) : cause mise en avant, et types de solutions/implications pour la responsabilité.
- Expliquer le progrès comme récit (innovation technique associée à amélioration sociale, impression d’histoire inéluctable) et distinguer technosolutionnisme, Low Tech et technophobie.
- Décrire l’offensive contre les communs/enclosure : définition des communs, logique de clôture/privatisation, et conséquences (paysages, exode rural, disparition des solidarités).
- Expliquer la colonisation du « Nouveau monde » : appropriation des terres, encomienda, opposition propriété européenne (abstraite/géométrique/exclusive/totale) vs « terre comme relation » autochtone, et rôle de l’« impro
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