Fiche de révision : Histoire environnementale et agentivité des objets

📋 Plan du Cours

  1. Dichotomie nature culture et histoire environnementale
  2. Agentivité des objets et assemblages techniques
  3. Expérience du grille-pain et monde matériel
  4. Seagram Building et émergy de la construction
  5. Propriété privée, plantations et réseaux commerciaux
  6. Grande accélération et Trente ravageuses
  7. Plantationocène et récits alternatifs
  8. Offensive contre les communs et enclosure
  9. Colonisation du Nouveau monde et mise en infrastructures
  10. Cadastre et carte comme regards de pouvoir
  11. Industrialisation des territoires et dépendance au charbon
  12. Architecture, maladies et logement social à Droixhe

📖 1. Dichotomie nature culture et histoire environnementale

🔑 Notions clés & Définitions

  • Dichotomie nature/culture : La dichotomie nature/culture sépare la nature, supposée indépendante de l’homme, et la culture, supposée relever uniquement de l’action humaine.
  • Histoire environnementale : L’histoire environnementale étudie comment les environnements et les êtres qui les composent participent à l’histoire des sociétés.
  • Agentivité : L’agentivité désigne la capacité d’un être à agir sur le monde, à influencer les autres et à contraindre leurs comportements.
  • Acteurs autres qu’humains : Les acteurs autres qu’humains regroupent des agents naturels et des artefacts qui participent aux transformations socio-environnementales.
  • Émergy : L’émergy mesure l’énergie totale mobilisée, directement et indirectement, pour produire, acheminer et construire un bâtiment.

📝 Points essentiels

  • La nature est classiquement décrite comme stable, objective et régie par des cycles longs, indépendants de l’homme.
  • La culture/société est classiquement décrite comme activité humaine, progrès, changement linéaire et subjectivité.
  • L’histoire environnementale conteste la séparation stricte en montrant que la « nature » est souvent un produit de l’histoire humaine.
  • Le SARS‑CoV‑2 est présenté comme lié à des pratiques humaines extractivistes (déforestation) ou à des recherches en laboratoire.
  • La pomme de terre n’est pas traitée comme un « objet naturel » isolé : elle résulte d’une histoire coloniale, de sélections agronomiques et d’une agriculture intensive.
  • L’histoire environnementale redistribue les puissances d’agir en intégrant des agents non humains dans l’explication des événements.

💡 Astuce mémo

Nature = « produit d’histoires » : cherche qui agit (humains + autres qu’humains) et de quoi c’est fait (assemblages).

📖 2. Agentivité des objets et assemblages techniques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Frontières planétaires : Les frontières planétaires sont des seuils considérés comme essentiels au bon fonctionnement du système Terre, dont le dépassement déstabilise le climat et d’autres équilibres.
  • Anthropocène : L’Anthropocène est une époque géologique proposée pour décrire le moment où les activités humaines deviennent une force globale majeure de transformation de la Terre.
  • Golden Spike : Le Golden Spike est une signature sédimentaire utilisée comme marqueur pour dater et reconnaître officiellement le début d’une nouvelle époque géologique.
  • Performatif : Un énoncé performatif est une phrase qui produit une action réelle au moment même où elle est prononcée.
  • Performativité des récits : La performativité des récits désigne le fait que les histoires ne décrivent pas seulement le monde, elles contribuent à le façonner par leurs effets concrets.

📝 Points essentiels

  • Les frontières planétaires regroupent des caractéristiques fondamentales du fonctionnement terrestre et leur franchissement entraîne un dérèglement climatique.
  • L’Anthropocène est proposé en 2000 par Paul Crutzen et Eugene Stoermer pour qualifier une transformation planétaire portée par l’activité humaine.
  • Pour être reconnue officiellement, une époque doit présenter un début net, une signature conservée dans les sédiments et une expression globale et synchrone.
  • Le récit de l’Anthropocène est présenté comme un basculement durable plutôt qu’une crise temporaire, avec l’idée de non-retour en arrière.
  • La performativité des récits signifie que les récits orientent vision du monde, comportements, actions et identités, en rendant certaines compréhensions visibles et d’autres invisibles.
  • Un énoncé performatif réalise une action par le seul fait d’être dit, comme dans l’exemple « Je vous déclare mari et femme ».

💡 Astuce mémo

Frontières planétaires = seuils qui, s’ils sautent, font dérailler la planète ; Anthropocène = humains deviennent force géologique ; Performatif = dire = faire.

📖 3. Expérience du grille-pain et monde matériel

🔑 Notions clés & Définitions

  • Anthropocène : Récit dominant qui présente l’époque actuelle comme marquée par l’impact humain global sur la Terre.
  • Technosolutionnisme : Croyance selon laquelle la technique peut résoudre l’essentiel des problèmes, y compris écologiques et sociaux.
  • Low Tech : Approche de solutions simples, durables et réparables, mobilisant peu de ressources et visant des besoins essentiels.
  • Technophobie : Attitude de méfiance ou de rejet des technologies modernes, souvent utilisée pour disqualifier des critiques techniques.
  • Progrès : Récit explicatif du développement humain et social qui associe souvent innovation technique et amélioration collective.

📝 Points essentiels

  • Un concept ou récit n’est jamais neutre en science : il oriente ce qu’on voit, ce qu’on ignore et les solutions jugées légitimes.
  • Le récit de l’Anthropocène peut éviter d’interroger les logiques sociales et historiques à l’origine des crises écologiques.
  • L’Anthropocène tend à proposer des solutions techniques et des changements individuels, ce qui favorise l’individualisation des responsabilités.
  • Le rapport à la Terre implicite est global et distant, avec une approche comptable/technocratique et une sensibilité limitée au monde vivant.
  • Le progrès est présenté comme inéluctable quand l’innovation technique est tenue pour moteur du développement économique, notamment au 19ᵉ siècle.
  • L’idée « progrès technique = progrès social » est décrite comme récente et historiquement construite, ce qui rend l’impression d’histoire automatique trompeuse.

💡 Astuce mémo

Récit = lunettes : Anthropocène → technique + individu, donc on voit moins les causes sociales et l’impact sur le vivant.

📖 4. Seagram Building et émergy de la construction

🔑 Notions clés & Définitions

  • Plantationocène : Concept historique qui attribue la crise écologique à un dispositif colonial productif plutôt qu’à l’ensemble de l’humanité.
  • Plantation coloniale : Dispositif productif colonial qui simplifie les relations sociales et écologiques en organisant exploitation des corps et transformation des milieux.
  • Capitalocène : Cadre d’analyse centré sur le capitalisme comme moteur principal des transformations écologiques, sans se limiter à un dispositif unique.
  • Anthropocène : Récit qui attribue les changements environnementaux à l’action de l’humanité en tant qu’ensemble.
  • Économie de subsistance : Organisation où la production vise d’abord la consommation directe des producteurs et de leur communauté plutôt que l’échange marchand.

📝 Points essentiels

  • La plantation coloniale associe monoculture intensive, travail forcé/esclavage, hiérarchies raciales et transformation radicale des milieux.
  • Le lien travail-environnement décrit une exploitation conjointe des corps humains et des milieux naturels comme deux faces d’un même système.
  • La différence avec le Capitalocène tient au fait que la plantationocène vise un dispositif concret plutôt qu’un système économique mondial abstrait.
  • La différence avec l’Anthropocène tient au fait que la plantationocène refuse l’idée d’une responsabilité collective de « l’humanité » et insiste sur un dispositif spécifique sur plusieurs siècles.
  • Les récits alternatifs (ex. Thermocène, Anglocène, Thanatocène) servent à multiplier les perspectives et éviter un récit unique ou partiel.
  • La période n’est pas traitée comme un passé clos mais comme des conjonctures historiques déclenchant des processus encore à l’œuvre aujourd’hui.

💡 Astuce mémo

Plantationocène = « plantation » + « corps et milieux » : même système, deux exploitations.

📖 5. Propriété privée, plantations et réseaux commerciaux

🔑 Notions clés & Définitions

  • Propriété privée : La propriété privée désigne un bien détenu par une personne, avec des droits d’usage, de vente, de location et de transmission.
  • Propriété collective : La propriété collective correspond à un bien détenu par un groupe, géré en commun et souvent financé par plusieurs personnes.
  • Propriété publique : La propriété publique désigne un bien appartenant à l’État ou à une collectivité, destiné à l’usage collectif et à l’intérêt général.
  • Inégalités sociales : Les inégalités sociales sont des écarts d’accès aux ressources et aux avantages sociaux entre individus ou groupes.
  • Inégalités environnementales : Les inégalités environnementales sont des écarts d’exposition des populations aux impacts environnementaux selon leur niveau de revenu.

📝 Points essentiels

  • La propriété privée donne au propriétaire des droits d’usage, de vente, de location et de transmission du bien.
  • La propriété collective implique une détention en commun, une gestion collective et un financement partagé.
  • La propriété publique oriente le bien vers l’usage collectif et l’intérêt général.
  • La propriété structure l’économie et le commerce (production, échange, usage), la vie quotidienne (logement, ressources, espaces) et les relations sociales (qui possède et qui utilise).
  • La répartition de la propriété conditionne l’occupation des territoires : qui habite où, qui a accès à quoi, qui exploite une ressource et qui circule librement.
  • Le lien entre propriété et inégalités passe par le prix du foncier : les zones agréables sont plus chères et les zones exposées aux nuisances sont moins chères, ce qui renforce les écarts sociaux et environnementaux.

💡 Astuce mémo

Prix du foncier = tri social et environnemental : agréable = cher, nuisances = moins cher.

📖 6. Grande accélération et Trente ravageuses

🔑 Notions clés & Définitions

  • Encomienda : Système colonial espagnol de travail forcé utilisé pour récompenser les conquistadors par les bénéfices tirés de peuples autochtones conquis non chrétiens.
  • Propriété exclusive : Principe moderne selon lequel un seul propriétaire détient un droit délimité et total sur un espace, pouvant en disposer librement.
  • Terre comme relation : Vision autochtone où la terre est un ensemble de relations avec ancêtres, esprits et autres vivants, impliquant des obligations collectives.
  • Accumulation primitive : Processus historique qui dépossède les populations de leurs moyens de subsistance et met en place les conditions du capitalisme.
  • Frontière : Ligne mouvante de l’histoire américaine séparant zones colonisées et territoires dits inoccupés, associée à l’expansion progressive vers l’Ouest.

📝 Points essentiels

  • La colonisation s’accompagne d’une appropriation des terres autochtones et d’une soumission au travail forcé, rendant la propriété foncière étrangère aux populations locales.
  • La propriété européenne est pensée comme abstraite et géométrique (frontières, cadastre), exclusive et totale, ce qui transforme l’espace en objet maîtrisable.
  • Les sociétés autochtones privilégient des territoires collectifs, des droits d’usage multiples, des usages mobiles et saisonniers, ainsi que des lieux sacrés et des zones partagées.
  • La vision coloniale interprète les usages autochtones comme manque de mise en valeur ou improductivité, ce qui sert à justifier dépossession et appropriation.
  • La théorie de John Locke (1690) présente la propriété comme droit naturel fondé sur le travail individuel et le mérite, et comme acquisition possible sans consentement des autres.
  • L’argument de l’improductivité repose sur une idéologie d’amélioration où seules des pratiques européennes prouveraient la “propriété”, légitimant la dépossession (ex. Canada, 1876).

💡 Astuce mémo

Appropriation = ligne sur le sol ; Autochtones = relation avec le vivant ; Capitalisme = déposséder puis “valoriser”.

📖 7. Plantationocène et récits alternatifs

🔑 Notions clés & Définitions

  • American Progress : Œuvre de John Gast (1872) qui met en scène une colonisation présentée comme progrès, à travers une imagerie de la lumière et de la ville.
  • Civilisation et lumière : Valeur symbolique qui associe la colonisation à la clarté, à l’ordre et à la mission civilisatrice.
  • Propriété et clôture : Lien symbolique entre la propriété privée et la clôture, qui transforme l’espace en zones contrôlées plutôt qu’en milieux ouverts.
  • Zones frontières de ressources : Espaces où l’expansion capitaliste s’appuie sur la rupture des liens entre nature, écologies et subsistance locale.
  • Européanisation des territoires : Processus de transformation des sociétés et des écologies par l’arrivée européenne, impliquant des remplacements humains et non-humains.

📝 Points essentiels

  • L’œuvre « American Progress » organise une opposition lumière/obscurité qui fabrique une hiérarchie civilisation/sauvagerie.
  • La scène associe la ville et ses infrastructures à un déploiement « missionnaire » et à une figure angélique, ce qui naturalise l’idée de progrès.
  • La clôture est présentée comme équivalent de la propriété, opposée aux espaces ouverts et à la subsistance.
  • La violence coloniale, l’esclavage et le génocide ne sont pas montrés, ce qui produit une vision biaisée de la colonisation.
  • Les infrastructures (transport, communication, énergie) participent à la mise en place matérielle de la colonisation.
  • La colonisation transforme les territoires via clôtures (déplacements), labour (sol) et domestication (espèces).

💡 Astuce mémo

L’image « éclaire » le récit : lumière = civilisation, clôture = propriété, et l’ombre cache la violence.

📖 8. Offensive contre les communs et enclosure

🔑 Notions clés & Définitions

  • Enclosure : Enclosure : processus historique d’appropriation qui transforme des espaces d’usage collectif en propriétés contrôlées par des acteurs privés ou étatiques.
  • Cadastre : Cadastre : système de représentation et d’enregistrement des propriétés foncières qui rationalise la gestion de l’espace en reliant cartographie, fiscalité et urbanisme.
  • Géomètres : Géomètres : spécialistes de l’arpentage qui mesurent, quadrillent et délimitent le territoire pour rendre l’appropriation possible.
  • Carte géographique : Carte géographique : représentation plane de la répartition d’éléments concrets ou abstraits, utilisée pour gouverner, contrôler et organiser l’espace.
  • Épistémicide : Épistémicide : destruction systématique de savoirs et de perceptions communautaires, remplacés par une objectivité favorable aux classes dominantes.

📝 Points essentiels

  • La perspective et le cadastre participent à une mise en ordre qui rend l’espace mesurable, idéalise et contrôlable depuis un point de vue extérieur.
  • Le cadastre stabilise l’ordre propriétaire en fixant et en vérifiant des limites de propriété associées à des propriétaires identifiés.
  • Le cadastre permet de contrôler un territoire sans en connaître les usages locaux grâce à son caractère abstrait et universel.
  • Le cadastre remplace les usages par la propriété et laisse l’intérieur des parcelles en blanc car il n’est pas utile au traçage.
  • Le cadastre hiérarchise les valeurs : les dimensions productives ou marchandes sont favorisées tandis que les usages de subsistance et non marchands sont minorés.
  • Les cartes et projections produisent des silences et des déformations : elles peuvent masquer des organismes vivants, détériorations et inégalités sociales, et imposer un regard centré sur l’Europe et le Nord.

💡 Astuce mémo

Cadastre = Contrôle sans Connaître : limites mesurées, usages effacés, pouvoir vertical.

📖 9. Colonisation du Nouveau monde et mise en infrastructures

🔑 Notions clés & Définitions

  • Architecture d’investigation : Domaine interdisciplinaire qui produit et présente des preuves spatiales pour des enjeux juridiques, politiques et culturels.
  • Contre-cartographie : Démarche qui utilise la cartographie pour contester les représentations dominantes et mener une contre-enquête.
  • Territoires fantômes : Notion désignant des espaces de production éloignés, rendus invisibles par les cartes et pourtant essentiels aux ressources prélevées.
  • Industrialisation : Processus historique qui fait passer des sociétés d’une production artisanale et agricole vers une production fondée sur l’industrie et les machines.
  • Chemin de dépendance : Processus historique où des choix initiaux techniques ou organisationnels orientent durablement les options futures, même si elles deviennent moins adaptées.

📝 Points essentiels

  • L’architecture d’investigation élargit l’« architecture » aux environnements urbains et territoriaux, pas seulement aux bâtiments.
  • La contre-cartographie vise à rendre visibles des éléments négligés (inégalités, organismes vivants) et à modifier paramètres, échelles et symboles.
  • Elle peut associer des médias (audio, vidéo, photos, récits) pour traiter des rapports sensibles aux territoires.
  • Elle cherche aussi à rompre avec l’accès immédiat des cartes modernes en fabriquant des cartes qui demandent une connaissance du territoire.
  • La chronologie de l’Anthropocène inclut la colonisation du « Nouveau monde » (post 1492) comme récit explicatif.
  • L’industrialisation se caractérise par une intensification de la concentration de la propriété, de la mécanisation et de l’automatisation, avec passage de l’atelier à l’usine et recours massif aux énergies fossiles.

💡 Astuce mémo

Contre-cartographie = « rendre visible + ralentir l’accès » : on montre l’invisible et on empêche la lecture prédatrice immédiate.

📖 10. Cadastre et carte comme regards de pouvoir

🔑 Notions clés & Définitions

  • Cadastre : Le cadastre est un document officiel qui décrit et localise les propriétés, servant de base à la gestion et à la fiscalité des territoires.
  • Carte : Une carte est une représentation codée de l’espace qui rend visibles certains éléments et en masque d’autres selon les choix de mesure et de classement.
  • Regard de pouvoir : Un regard de pouvoir désigne la manière dont des outils de représentation orientent l’action publique et l’organisation sociale du territoire.
  • Infrastructures : Les infrastructures sont l’ensemble des installations et systèmes permanents qui permettent le fonctionnement d’une société à différentes échelles.

📝 Points essentiels

  • Le cadastre et les cartes participent à l’industrialisation en rendant le territoire administrable, mesurable et donc exploitable.
  • Les infrastructures « font système » : elles transforment durablement les environnements et les rapports entre territoires, villes et campagnes.
  • La dépendance au sentier signifie que l’industrialisation crée des trajectoires difficiles à interrompre une fois les réseaux installés.
  • L’économie fossile modifie le rapport au temps et au climat en rendant l’activité plus continue, mais elle accroît les impacts environnementaux.
  • Le charbon devient un opérateur de contrôle en concentrant et en organisant la main-d’œuvre dans des lieux dédiés.
  • Les rivières canalisées illustrent un basculement utilitariste : la nature devient un outil technique, un support de production et un exutoire.

💡 Astuce mémo

Carte = tri du réel : ce qui est mesuré devient gouvernable, ce qui est omis reste hors contrôle.

📖 11. Industrialisation des territoires et dépendance au charbon

🔑 Notions clés & Définitions

  • Grands canaux : Infrastructures maritimes reliant des mers ou océans pour accélérer le commerce et renforcer la domination des empires au XIXe siècle.
  • Routes carrossables : Réseau de voies praticables qui augmente fortement au XIXe siècle et connecte les territoires au marché capitaliste.
  • Infrastructures énergétiques : Ensemble d’installations qui organisent l’extraction, le transport et la transformation des ressources comme minerais, gaz ou pétrole.
  • Feral Atlas : Projet qui étudie les écologies créées quand des entités non humaines s’entremêlent avec des infrastructures humaines.
  • Bactériologie : Approche de la fin du XIXe siècle qui explique les maladies par des agents spécifiques à contrôler plutôt que par un désordre du milieu.

📝 Points essentiels

  • Suez (1859-1869) et Panama (1881-1914) connectent les océans et stimulent l’explosion du commerce mondial sous contrôle impérial.
  • Le passage de la voile à la vapeur et la hausse des tonnages transforment les ports en complexes logistiques industriels.
  • En France, les routes carrossables passent d’environ 42 000 km en 1835 à 600 000 km à la fin du XIXe siècle.
  • Le cycle de l’eau est profondément modifié par le drainage de la moitié des zones humides mondiales et la construction de 45 000 grands barrages de plus de 15 m.
  • Les infrastructures de communication (télégraphe, câbles sous-marins, téléphone, radio) réduisent le temps de transmission de plusieurs années à quelques secondes.
  • Ces réseaux reposent sur des matières premières souvent extraites dans les colonies, ce qui relie industrialisation, exploitation et transformation des territoires (déforestation, lignes).

💡 Astuce mémo

Canaux + routes = connexion; énergie + communication = vitesse; infrastructures = dépendances.

📖 12. Architecture, maladies et logement social à Droixhe

🔑 Notions clés & Définitions

  • Grand ensemble de Droixhe : Un grand ensemble de logements construit à Liège dans les années 1950 pour répondre à la crise du logement de l’après-guerre.
  • Mouvement moderne : Un courant architectural qui privilégie des immeubles fonctionnels et une logique de rénovation, parfois associée à la démolition du bâti ancien.
  • Hygiénisme : Une approche qui pense l’architecture comme un outil de santé publique en visant air, lumière et conditions de vie plus saines.
  • Polio : Une maladie infectieuse qui a motivé des solutions d’habitat adaptées, notamment dans le projet des Mûrelets.
  • Care : Une notion de “prendre soin” qui renvoie à l’accompagnement et à l’attention aux besoins quotidiens, y compris pour les personnes handicapées.

📝 Points essentiels

  • Droixhe est conçu dans les années 1950, dans un contexte d’après-guerre et de crise du logement, avec une ambition de cité modèle.
  • Le quartier s’appuie sur des principes inspirés du mouvement moderne et de l’hygiénisme : grands immeubles lumineux, espaces verts et équipements collectifs.
  • Avec le temps, Droixhe se dégrade : départ des classes moyennes, mauvais entretien des bâtiments et stigmatisation en “cité-ghetto”.
  • Une partie importante des tours est démolie, et la conférence critique ce choix comme une répétition de la logique moderniste de reconstruction après démolition.
  • Les archives révèlent des plans “poumons d’acier” liés à la polio, ce qui relie directement l’architecture aux besoins respiratoires des malades.
  • Le projet des Mûrelets (années 1960) loge des personnes atteintes de polio dans des appartements adaptés, proches des soins et intégrés à la ville.

💡 Astuce mémo

Droixhe = modèle hygiéniste qui se fissure ; Mûrelets = architecture + soins pour la polio (lumière/air) ; démolir peut effacer le “vivre ensemble”.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
2000Proposition du terme « Anthropocène » par Paul Crutzen et Eugene Stoermer
-11 500 AP« Révolution » du néolithique (passage chasse-cueillette à élevage/agriculture, sédentarisation, défrichement/déforestation)
post 1492Colonisation du « Nouveau monde » (début de la conquête européenne à partir de 1492)

📊 Tableaux de synthèse

Anthropocène vs récits alternatifs

RécitCause mise en avantSolutions suggérées
AnthropocèneActivité humaine comme force globale de transformationSolutions techniques et changements de comportements individuels (écocitoyenneté)
CapitalocèneCapitalisme dans un « système monde » (centre/périphérie) et « natures bon marché »Analyser liens pouvoir/économie/environnement et transformer les relations sociales/écologiques
PlantationocènePlantation coloniale comme dispositif productif simplifiant relations sociales et écologiquesMettre au centre un dispositif concret (monoculture, travail forcé/esclavage, hiérarchies raciales) plutôt qu’une humanité générique

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre dichotomie nature/culture (séparation stricte) et histoire environnementale (contestation : la « nature » est souvent un produit de l’histoire humaine).
  2. Croire que l’Anthropocène décrit une crise temporaire : le cours insiste sur un basculement durable « pas de retour en arrière ».
  3. Penser que les cartes/cadastres « décrivent » le réel : ils fabriquent un regard et orientent le contrôle (silences, déformations, hiérarchies de valeurs).
  4. Réduire l’agentivité aux humains : le cours inclut virus, CO2, rivières, infrastructures, artefacts comme acteurs « autres qu’humains ».
  5. Confondre propriété privée et propriété collective : la première donne droits d’usage/vente/location/transmission à un individu ou entité, la seconde implique détention et gestion en commun.
  6. Croire que l’enclosure est seulement agricole : le cours la relie aussi à une transition violente (Black Act, clearance), à l’exode rural et au passage à l’économie de marché.
  7. Croire que l’industrialisation est « naturelle » : le cours insiste sur des choix politico-techniques (enrôlement du charbon, infrastructures, lois, crédits) et une dépendance au sentier.

✅ Checklist Examen

  1. Définir la dichotomie nature/culture et expliquer en quoi l’histoire environnementale la remet en question (nature comme produit d’histoires humaines).
  2. Expliquer l’agentivité et donner des exemples d’acteurs « autres qu’humains » (naturels et artificiels/artefacts) et leur rôle dans les transformations socio-environnementales.
  3. Savoir mobiliser la méthode « de quoi les choses sont-elles faites ? » et l’illustrer avec l’expérience du grille-pain (400 pièces/100 matériaux) et l’idée d’assemblage.
  4. Analyser le Seagram Building (1958) comme événement terrestre : géographie des matériaux et notion d’émergy (énergie totale directe et indirecte).
  5. Relier l’Anthropocène à la catastrophe fondamentale et à la responsabilité architecturale (adapter les habitats, réparer le futur via l’histoire contingente des constructions).
  6. Maîtriser la définition de l’histoire environnementale (transformations conjointes environnements/sociétés, agentivité des autres qu’humains, remise en cause de la dichotomie).
  7. Connaître les « trois dimensions du temps » (temps qu’il fait, temps qui passent, temps présents) et expliquer l’indémêlabilité sous l’effet des activités humaines.
  8. Savoir énumérer les neuf « frontières planétaires » et expliquer l’idée de zone de sécurité et de zone d’incertitude au-delà des seuils.
  9. Définir l’Anthropocène comme époque géologique proposée en 2000 et rappeler les critères de reconnaissance officielle (évènement clair, signature conservée, expression globale et synchrone).
  10. Expliquer la performativité : distinguer énoncé performatif (dire = faire) et performativité des récits (récits façonnent vision du monde, comportements, identités).
  11. Comparer Anthropocène et récits alternatifs (Capitalocène, Plantationocène) : cause mise en avant, et types de solutions/implications pour la responsabilité.
  12. Expliquer le progrès comme récit (innovation technique associée à amélioration sociale, impression d’histoire inéluctable) et distinguer technosolutionnisme, Low Tech et technophobie.
  13. Décrire l’offensive contre les communs/enclosure : définition des communs, logique de clôture/privatisation, et conséquences (paysages, exode rural, disparition des solidarités).
  14. Expliquer la colonisation du « Nouveau monde » : appropriation des terres, encomienda, opposition propriété européenne (abstraite/géométrique/exclusive/totale) vs « terre comme relation » autochtone, et rôle de l’« impro

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Histoire environnementale et agentivité des objets avec 24 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Que signifie la dichotomie nature/culture ?

2. Quel est l’apport central de l’histoire environnementale ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Histoire environnementale et agentivité des objets avec 23 flashcards interactives.

Dichotomie nature/culture ?

Sépare nature indépendante et culture humaine.

Histoire environnementale ?

Étudie interactions entre sociétés et environnements.

Agentivité des objets ?

Capacité à agir sur le monde.

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