QCM : Histoire environnementale et ressources (22 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans quel contexte l’histoire environnementale émerge-t-elle aux États-Unis entre les années 1960 et 1980 ?

Dans la montée de l’écologie industrielle, de la biologie moléculaire et du structuralisme
Dans le développement de l’environnementalisme, des mouvements sociaux et de la New Left History
Dans l’essor de la géographie quantitative, de la technocratie et du conservatisme politique
Dans le renouvellement de l’histoire militaire, de la diplomatie et des études impériales

Dans le développement de l’environnementalisme, des mouvements sociaux et de la New Left History

Explication

L’histoire environnementale américaine se forme dans le contexte conjoint de l’environnementalisme, des mouvements sociaux et de la New Left History. La géographie quantitative et les autres courants proposés ne constituent pas le contexte principal identifié pour cette émergence.

2. Quel effet les critiques venues de l’Inde et de l’Europe dans les années 1980-1990 ont-elles eu sur l’histoire environnementale ?

Elles ont remplacé les approches historiques par une analyse principalement biologique
Elles ont renforcé l’idée d’un modèle américain applicable à toutes les sociétés
Elles ont limité l’histoire environnementale à l’étude des politiques écologiques nationales
Elles ont favorisé un décentrement géographique et thématique du modèle américain

Elles ont favorisé un décentrement géographique et thématique du modèle américain

Explication

Ces critiques ont contesté le caractère universel du modèle américain et ont encouragé un décentrement géographique et thématique. Elles n’ont donc pas confirmé l’existence d’une histoire environnementale universelle fondée sur une seule trajectoire nationale.

3. Depuis quelle période l’histoire environnementale se développe-t-elle explicitement en France, notamment avec la création du RUCHE ?

Depuis les années 2000, avec la création du RUCHE en 2008
Depuis les années 1980, avec la création du RUCHE en 1984
Depuis les années 1960, avec la création du RUCHE en 1968
Depuis les années 2010, avec la création du RUCHE en 2015

Depuis les années 2000, avec la création du RUCHE en 2008

Explication

En France, le développement explicite de l’histoire environnementale date des années 2000, et la création du RUCHE en 2008 en constitue un repère important. Les autres périodes proposées ne correspondent pas à cette institutionnalisation.

4. Quel est l’objet central de l’histoire environnementale selon sa définition générale ?

L’étude des institutions politiques qui administrent les ressources naturelles et les territoires
La reconstitution des transformations biologiques des espèces sans analyse des pratiques humaines
La description des caractéristiques physiques d’un espace indépendamment des sociétés qui l’habitent
La dynamique des interactions entre la société et son milieu sur les plans matériel, organisationnel et symbolique

La dynamique des interactions entre la société et son milieu sur les plans matériel, organisationnel et symbolique

Explication

L’histoire environnementale étudie les interactions dynamiques entre sociétés et milieux dans leurs dimensions matérielle, organisationnelle et symbolique. Elle ne réduit donc pas l’environnement à ses seules propriétés physiques, comme le suggère une des propositions.

5. Comment l’histoire environnementale conçoit-elle l’environnement dans son analyse historique ?

Comme un décor extérieur qui sert principalement à situer les événements sociaux
Comme un ensemble de ressources naturelles mesurables séparé des pratiques culturelles
Comme une réalité physique dont les sociétés subissent les effets sans la transformer
Comme un objet où s’articulent les transformations sociales et celles des milieux biogéophysiques

Comme un objet où s’articulent les transformations sociales et celles des milieux biogéophysiques

Explication

L’environnement est étudié comme un objet relationnel où se combinent transformations sociales et transformations biogéophysiques. Le considérer comme un simple décor extérieur revient précisément à écarter cette articulation.

6. Quelle distinction caractérise le rapport entre le regard de l’histoire environnementale et son terrain d’étude ?

Elle abandonne les terrains historiques classiques afin de se concentrer sur des espaces écologiques spécialisés
Elle possède un terrain réservé à la discipline, mais partage son regard avec les autres sciences sociales
Elle étudie les milieux naturels avec un regard général, sans examiner les relations sociales qui les transforment
Elle possède un regard spécifique sur les relations entre sociétés et milieux sans disposer nécessairement d’un terrain qui lui soit propre

Elle possède un regard spécifique sur les relations entre sociétés et milieux sans disposer nécessairement d’un terrain qui lui soit propre

Explication

La spécificité de l’histoire environnementale tient à son regard sur les relations entre sociétés et milieux, non à l’existence d’un terrain exclusivement réservé. Un même terrain peut donc être étudié par plusieurs disciplines selon des perspectives différentes.

7. Quelle séparation l’histoire environnementale cherche-t-elle à éviter ?

La séparation entre les phénomènes locaux et mondiaux, ainsi qu’entre présent et futur
La séparation entre les périodes modernes et contemporaines, ainsi qu’entre archives et témoignages
La séparation entre l’histoire des sociétés et celle des milieux, ainsi qu’entre nature et culture
La séparation entre l’histoire politique et l’histoire économique, ainsi qu’entre villes et campagnes

La séparation entre l’histoire des sociétés et celle des milieux, ainsi qu’entre nature et culture

Explication

L’histoire environnementale refuse de dissocier l’histoire des sociétés de celle des milieux et la nature de la culture. Les autres couples proposés ne constituent pas la séparation conceptuelle centrale indiquée ici.

8. Comment le sens du terme français « environnement » a-t-il évolué entre son usage initial et la première moitié du XXe siècle ?

Il est passé d’un monde physique extérieur aux sociétés à un contexte social, puis à ce qui entoure les individus
Il est passé d’un terme désignant les relations entre vivants à une mesure monétaire des ressources naturelles
Il est passé de ce qui entoure à un contexte physique influençant les formes de vie, puis au monde physique extérieur aux sociétés humaines
Il est passé d’une notion biologique à une notion économique, puis à une catégorie désignant les institutions politiques

Il est passé de ce qui entoure à un contexte physique influençant les formes de vie, puis au monde physique extérieur aux sociétés humaines

Explication

Le terme désignait d’abord ce qui entoure, puis le contexte physique influençant les formes de vie au XIXe siècle, avant de renvoyer au monde physique extérieur aux sociétés humaines au début du XXe siècle. Les autres propositions inversent cette évolution ou lui attribuent des sens non indiqués.

9. Que désigne la « mise en environnement » ?

La transformation juridique des ressources naturelles en biens économiques quantifiables
Le processus de constitution d’une extériorité et d’une frontière entre nature et culture
Le processus par lequel les sociétés renforcent l’imbrication pratique entre nature et culture
La mesure scientifique des interactions entre les organismes et leurs conditions de vie

Le processus de constitution d’une extériorité et d’une frontière entre nature et culture

Explication

La mise en environnement construit une extériorité et une frontière entre nature et culture. Elle se distingue ainsi de la notion de milieu, qui insiste davantage sur la relation et l’imbrication entre ces dimensions.

10. Quelle différence oppose l’« économie de la nature » du XVIIIe siècle à l’économisme des XIXe et XXe siècles ?

La première sépare nature et culture, tandis que le second analyse leurs relations sensibles et psychiques
La première étudie les échanges commerciaux, tandis que le second décrit les interdépendances entre organismes
La première relie vivants, mots et choses, tandis que le second privilégie le mesurable et le monnayable
La première privilégie le mesurable et le monnayable, tandis que le second relie vivants, mots et choses

La première relie vivants, mots et choses, tandis que le second privilégie le mesurable et le monnayable

Explication

L’économie de la nature du XVIIIe siècle envisage conjointement les vivants, les mots et les choses, alors que l’économisme ultérieur valorise ce qui peut être mesuré ou monnayé. Le sensible et le psychique sont donc davantage marginalisés par l’économisme que par l’économie de la nature.

11. Comment Lucien Febvre caractérise-t-il la relation entre les sociétés humaines et leur milieu ?

L’être humain domine un milieu distinct de lui, tandis que les transformations naturelles déterminent directement l’organisation sociale
L’être humain agit sur un milieu dont il fait partie, tandis que la nature qui conditionne les sociétés est déjà transformée par l’action humaine
L’être humain s’adapte à un milieu extérieur stable, tandis que la nature conserve une influence indépendante des sociétés
L’être humain observe un milieu principalement biologique, tandis que les sociétés modifient peu les conditions naturelles

L’être humain agit sur un milieu dont il fait partie, tandis que la nature qui conditionne les sociétés est déjà transformée par l’action humaine

Explication

Pour Lucien Febvre, l’être humain appartient au milieu sur lequel il agit, et la nature qui conditionne les sociétés est déjà profondément transformée par elles. Cette conception s’oppose à l’idée d’un milieu extérieur, stable ou indépendant de l’action humaine.

12. Quel facteur contribue particulièrement à la conception moderne des corps comme autonomes, singuliers et individuels ?

La diminution des échanges entre les villes et les campagnes
La priorité accordée aux rythmes saisonniers dans le travail
Le développement de l’anatomie et de la physiologie
La généralisation des réseaux de transport urbains

Le développement de l’anatomie et de la physiologie

Explication

Le développement de l’anatomie et de la physiologie favorise une représentation du corps comme une entité autonome et individualisée. Les réseaux urbains concernent plutôt la transformation des rapports entre sociétés et rythmes naturels.

13. Comment les infrastructures techniques des villes industrielles du XIXe siècle modifient-elles le rapport des sociétés urbaines aux rythmes naturels ?

Elles contribuent à contenir les variations saisonnières
Elles rétablissent une dépendance accrue aux cycles agricoles locaux
Elles remplacent les réseaux urbains par des échanges de proximité
Elles renforcent l’organisation directe de l’économie par les saisons

Elles contribuent à contenir les variations saisonnières

Explication

Les infrastructures techniques permettent aux sociétés urbaines de s’affranchir davantage des variations saisonnières en régulant les flux et les activités. Elles ne renforcent donc pas une organisation directe de l’économie par les rythmes naturels.

14. Quelle conséquence la théorie microbienne de la fin du XIXe siècle a-t-elle sur l’interprétation des maladies ?

Elle associe la santé urbaine à la reproduction des rythmes naturels saisonniers
Elle explique principalement les maladies par l’équilibre entre les milieux et les organismes
Elle définit les maladies comme des effets directs des infrastructures industrielles
Elle présente la santé comme celle d’un corps autonome tenant l’environnement à distance

Elle présente la santé comme celle d’un corps autonome tenant l’environnement à distance

Explication

La théorie microbienne renforce l’idée d’un corps autonome, ce qui affaiblit les explications reliant étroitement santé et milieu. L’approche fondée sur l’équilibre entre les milieux et les organismes correspond à une interprétation environnementale davantage mise à distance.

15. Laquelle de ces situations correspond à la définition de la pollution ?

Une évolution naturelle modifie un paysage sans effet défavorable identifié
Une activité humaine altère la composition physico-chimique d’un milieu
Une infrastructure organise les échanges entre plusieurs espaces urbains
Une pratique sociale attribue une nouvelle valeur à un élément naturel

Une activité humaine altère la composition physico-chimique d’un milieu

Explication

La pollution est une modification défavorable du milieu produite totalement ou partiellement par l’action humaine, notamment lorsqu’elle en altère la composition physico-chimique. Une transformation neutre ou une nouvelle attribution de valeur ne suffit pas à définir une pollution.

16. Pourquoi un élément naturel peut-il devenir une ressource ?

Parce que sa présence garantit une exploitation identique dans tous les contextes
Parce qu’il est séparé des conflits et des décisions collectives
Parce que des sociétés lui attribuent des usages et une valeur à travers des négociations
Parce qu’il possède spontanément une valeur économique indépendante des sociétés

Parce que des sociétés lui attribuent des usages et une valeur à travers des négociations

Explication

Une ressource est constituée par des sociétés qui lui reconnaissent des usages et une valeur dans des contextes de négociation ou de conflit. Elle n’est donc pas une réalité économique déterminée indépendamment des choix sociaux.

17. Quel changement accompagne la diffusion de la catégorie de ressource dans le rapport à la nature ?

Le passage de la valeur d’usage à la valeur d’échange, avec de nouveaux conflits sociaux
Le passage de la valeur d’échange à une utilité détachée des marchés
La disparition des conflits grâce à une définition commune des usages naturels
Le maintien des éléments naturels hors des mécanismes de marchandisation

Le passage de la valeur d’usage à la valeur d’échange, avec de nouveaux conflits sociaux

Explication

La catégorie de ressource peut transformer une utilité en valeur d’échange et inscrire ainsi la nature dans des processus de marchandisation. Cette évolution peut aussi susciter de nouveaux conflits sociaux, contrairement à l’idée d’une disparition des tensions.

18. Comment la political ecology interprète-t-elle un changement environnemental ?

Comme une évolution technique séparée des rapports entre groupes sociaux
Comme une conséquence des variations climatiques sans enjeu de pouvoir
Comme le résultat d’un conflit politique où un groupe impose sa conception de l’économie
Comme une transformation déterminée par des causes naturelles indépendantes des sociétés

Comme le résultat d’un conflit politique où un groupe impose sa conception de l’économie

Explication

La political ecology considère qu’un changement environnemental exprime un conflit politique et l’imposition d’une conception économique par un groupe. Une explication fondée sur des causes naturelles indépendantes ne prend pas en compte cette dimension du pouvoir.

19. Que révèle l’analyse des conceptions de la nature dans une perspective attentive aux rapports sociaux ?

Parler de nature revient aussi à examiner les relations de pouvoir entre les humains
Définir la nature revient à la placer en dehors des relations sociales entre les humains
Étudier la nature consiste à privilégier les processus physiques sur les conflits collectifs
Décrire la nature revient à neutraliser les différences de pouvoir entre les groupes

Parler de nature revient aussi à examiner les relations de pouvoir entre les humains

Explication

Les conceptions de la nature sont liées aux relations de pouvoir entre les humains et aux manières dont les groupes définissent leur environnement. La considérer comme extérieure aux relations sociales évacue précisément cette dimension politique.

20. Quel est l’objectif central des humanités environnementales ?

Penser la transition écologique et sociale en mobilisant savoirs, valeurs et transmission sur le temps long
Préserver les traditions culturelles sans les confronter aux transformations écologiques contemporaines
Décrire les écosystèmes en privilégiant les mesures produites par les sciences naturelles
Étudier les innovations techniques capables d’accélérer la croissance économique et industrielle

Penser la transition écologique et sociale en mobilisant savoirs, valeurs et transmission sur le temps long

Explication

Les humanités environnementales réfléchissent aux savoirs, aux valeurs et aux formes de transmission nécessaires pour penser la transition écologique et sociale dans la durée. L’étude des écosystèmes relève d’un champ plus restreint et ne correspond pas à cette définition englobante.

21. Comment l’histoire environnementale analyse-t-elle les relations entre sociétés et environnement ?

Elle explique les transformations écologiques principalement par les décisions politiques et les institutions sociales
Elle examine le milieu naturel en privilégiant les processus biologiques indépendamment des activités humaines
Elle met en interaction le milieu naturel, la production économique, ainsi que la culture et les savoirs
Elle rapproche les pratiques culturelles des techniques industrielles sans intégrer les dynamiques du milieu naturel

Elle met en interaction le milieu naturel, la production économique, ainsi que la culture et les savoirs

Explication

L’histoire environnementale croise sciences de la nature et sciences de la société en étudiant ensemble le milieu naturel, la production économique, ainsi que la culture et les savoirs. Réduire l’analyse au milieu naturel écarterait précisément les dimensions économiques et culturelles qu’elle met en relation.

22. Que cherche à accomplir l’histoire environnementale lorsqu’elle étudie les récits du passé et du présent ?

Déconstruire les récits et les évidences afin d’ouvrir de nouvelles façons de regarder le présent
Confirmer les interprétations héritées afin de stabiliser une lecture commune des transformations écologiques
Reconstituer les événements passés sans remettre en question les catégories utilisées pour les interpréter
Remplacer les récits historiques par des données quantitatives destinées à mesurer les changements environnementaux

Déconstruire les récits et les évidences afin d’ouvrir de nouvelles façons de regarder le présent

Explication

L’histoire environnementale déconstruit les récits et les évidences pour proposer de nouvelles manières de regarder le présent. La confirmation des interprétations héritées s’oppose à cette démarche critique, qui interroge précisément les catégories et les récits établis.

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Quand l’histoire environnementale a-t-elle émergé aux États-Unis ?

Entre les années 1960 et 1980.

Quelles critiques ont remis en cause le modèle américain dans les années 1980-1990 ?

Celles venues de l’Inde et de l’Europe.

Depuis quand l’histoire environnementale se développe-t-elle explicitement en France ?

Depuis les années 2000.

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