Le développement englobe des processus de croissance et de modernisation visant à améliorer les conditions de vie, mais il est aussi sujet à des critiques qui questionnent ses présupposés et ses impacts sur la pauvreté et l’inégalité.
Développement durable : Théorie et pratique visant à concilier le développement économique, social et écologique pour répondre aux besoins présents sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire leurs propres besoins (source implicite dans le contexte de développement et pratiques écologiques).
Pratiques écologiques : Approches et actions qui prennent en compte la préservation de l’environnement, notamment en intégrant des méthodes respectueuses de la nature dans les activités humaines, afin de limiter l’impact écologique (dérivé du contexte de pratiques écologiques).
Perspective historique et globale : Approche qui considère l’évolution du développement durable à travers le temps et dans une vision mondiale, en intégrant les enjeux liés à l’histoire des mondialisations, colonisations, et à leur influence sur les pratiques écologiques et le développement (source implicite dans la contextualisation historique et globale).
Le développement durable repose sur une approche intégrée, historique et globale, qui cherche à équilibrer progrès, écologie et justice sociale pour assurer la pérennité des ressources et le bien-être des générations futures.
Histoire du développement : Étude de l'évolution des idées, des pratiques et des théories liées à la notion de développement, en particulier depuis la période avant le « développement » moderne jusqu’à l’ère contemporaine, en intégrant une perspective historique, globale et écologique.
Mondialisations : Phénomènes d’interconnexion croissante des marchés, des peuples et des territoires à l’échelle mondiale, notamment depuis la « découverte » de l’Amérique, marquant les premières mondialisations.
Colonisation : Processus par lequel une puissance européenne a exploité, contrôlé et mis en valeur des territoires et populations en dehors de l’Europe, principalement aux XVIe et XVIIe siècles, avec notamment la colonisation espagnole de l’Amérique, la mise en valeur des colonies, et l’appui des populations colonisatrices.
L’histoire du développement s’inscrit dans une perspective qui va de la période précoloniale à l’ère du développement, en passant par la mise en place des premières mondialisations et la colonisation du XIXe siècle.
La « découverte » de l’Amérique en 1492 constitue un moment clé, marqué par l’ego conquiro des conquistadores, qui a configuré la subjectivité moderne et l’émergence de l’eurocentrisme.
La colonisation, notamment au XIXe siècle, a été accompagnée par la mise en valeur des colonies, la déportation d’esclaves africains, et la transformation des territoires en sources de richesses (ex : mines de Potosí, Zacatecas).
La première mondialisation est liée à la découverte de l’Amérique, à l’expansion coloniale et à l’exploitation des ressources, notamment dans le cadre du cycle du sucre, qui a renforcé l’exploitation de la main-d’œuvre africaine.
La controverse de Valladolid (1550-1551) illustre les débats éthiques et philosophiques sur la légitimité de la colonisation et de l’esclavage, opposant Las Casas et Sepúlveda.
Le concept de système-monde, développé par Wallerstein, décrit l’interconnexion des marchés mondiaux depuis le XVIe siècle, fondant l’impérialisme et la dépendance économique.
La conférence de Berlin (1884-1885) marque le partage de l’Afrique entre Européens, illustrant la phase de colonisation à l’échelle continentale.
La période avant le « développement » est caractérisée par la naissance de la modernité, l’eurocentrisme, et la mise en valeur des colonies, avec une subjectivité occidentale qui justifie la domination.
L’histoire du développement retrace l’émergence des idées et des pratiques coloniales et mondialisatrices, dont l’impact a façonné la configuration économique et sociale du monde contemporain, en particulier à travers la colonisation, l’exploitation des ressources et la construction d’une subjectivité eurocentrée.
Avant le « développement » : Période précédant l’émergence des théories et pratiques modernes du développement, marquée par les premières mondialisations et la « découverte » de l’Amérique, qui ont configuré la subjectivité moderne et l’éurocentrisme.
Premières mondialisations : Phases initiales d’interconnexion entre les régions du monde, notamment par la découverte de l’Amérique, qui ont initié une expansion économique et culturelle à l’échelle globale.
Découverte de l’Amérique : Événement historique de 1492, considéré comme le début des premières mondialisations, où l’Europe, par l’ego conquiro, a entrepris une expansion coloniale et commerciale vers le Nouveau Monde, transformant la configuration mondiale et la subjectivité occidentale.
Avant le développement, la mondialisation a été initiée par la découverte de l’Amérique, qui a entraîné une expansion coloniale, une exploitation économique et la configuration d’une subjectivité eurocentrique, fondement des relations mondiales modernes.
Mondialisations : Processus d’interconnexion croissante des marchés, des sociétés et des cultures à l’échelle mondiale, initié dès la « découverte » de l’Amérique, qui a permis l’émergence d’un système-monde basé sur des échanges interconnectés (inspiré de Fernand Braudel et développé par Wallerstein).
Colonisation : Phénomène historique du XIXe siècle où les puissances européennes ont mis en valeur et exploité des territoires en Afrique, en Amérique et ailleurs, par la mise en place d’un ordre colonial, souvent justifié par une idéologie de supériorité eurocentrée, et soutenu par des pratiques telles que la mise en valeur des colonies et la conquête territoriale.
Ego conquiro : Concept désignant la subjectivité moderne façonnée par la conquête et la colonisation, notamment par les conquistadores, qui a configuré une vision du monde centrée sur l’Europe et ses intérêts, déployant une idéologie de supériorité et justifiant l’expansion coloniale. Selon Enrique Dussel (1934-2023), cette subjectivité a créé une toile de fond pour les relations sociales entre l’Europe et le reste du monde, en particulier dans le contexte de la découverte de l’Amérique en 1492.
La mondialisation, initiée par la découverte de l’Amérique, a été accompagnée par la colonisation, dont l’ego conquiro a façonné la subjectivité européenne, justifiant l’expansion et l’exploitation des territoires et peuples non-occidentaux.
Ego conquiro
Concept désignant la mentalité et l’attitude des conquistadores européens lors de la découverte et de la colonisation de l’Amérique à partir de 1492. Il s’agit d’une posture d’affirmation de la supériorité et de la domination de l’Europe sur le reste du monde, justifiant l’expansion coloniale par une volonté de conquête et de mise en valeur des territoires.
Subjectivité moderne
Forme de conscience et de perception du monde déployée par l’ego conquiro, qui a configuré une nouvelle toile de fond pour les relations sociales entre l’Europe et le reste du monde. Elle se caractérise par une vision centrée sur l’Europe, où l’être (chrétiens) est placé en position de supériorité par rapport aux non-chrétiens, et par une conception du monde orientée vers la domination et la mise en valeur des territoires colonisés.
Relation Europe-Reste du monde
Relation façonnée par l’ego conquiro, qui a instauré une dynamique de domination, d’exploitation et de hiérarchisation entre l’Europe et les autres régions du globe. Cette relation repose sur une subjectivité qui justifie la colonisation, l’expansion et l’exploitation des peuples non occidentaux, en créant une distinction entre civilisés et barbares, civilisations et peuples inférieurs.
L’ego conquiro incarne la mentalité de conquête européenne qui a façonné la subjectivité moderne, justifiant la domination et l’exploitation des peuples non occidentaux, en établissant une relation hiérarchisée entre l’Europe et le reste du monde.
Découverte de l’Amérique
1492 : événement marquant la "découverte" par Christophe Colomb, considéré comme le début des premières mondialisations et de l’émergence de l’égo conquiro, qui a configuré la subjectivité moderne et l’eurocentrisme.
Cycle du sucre
Période succédant au cycle de l’or à partir de 1520, caractérisée par la production tropicale du sucre, du cacao et du tabac, exploitée à travers l’exploitation de la main d’œuvre africaine et l’esclavage dans les colonies.
Exploitation coloniale
Processus de mise en valeur des colonies par les puissances européennes, notamment au XIXe siècle, avec l’appui des populations des pays colonisateurs, dans le but d’extraire ressources et richesses.
Esclavage
Condition d’asservissement systématique de la main d’œuvre africaine amenée dans les colonies, considérée comme force de travail dépourvue de droits, notamment dans le cadre du cycle du sucre et de l’exploitation coloniale.
La découverte de l’Amérique a initié une période d’expansion coloniale et d’exploitation systématique, notamment par l’esclavage et l’extraction de richesses, qui a profondément façonné la mondialisation et la subjectivité moderne occidentale.
Exploitation coloniale : Processus par lequel les puissances colonisatrices utilisent les ressources, la main-d'œuvre et les richesses des colonies pour enrichir la métropole, souvent au détriment des populations indigènes. La mise en valeur des colonies au XIXème siècle en est un exemple, avec l’appui des populations des pays colonisateurs.
Esclavage : Système dans lequel des individus sont considérés comme des forces de travail dépourvues du droit d’être officiellement libres, amenés dans les colonies pour travailler dans des exploitations, notamment dans le cycle du sucre. La traite et l’exploitation des esclaves africains ont été centrales dans l’économie coloniale, notamment à Saint-Domingue à partir de 1504.
Controverse de Valladolid (1550-1551) : Débat théologique et moral entre Bartolomé de Las Casas, défenseur des Indiens, et Juan Ginés de Sepúlveda, qui justifiait la colonisation et l’esclavage des peuples indigènes par la nature. Ce débat oppose deux visions de la légitimité de l’exploitation et de la conversion des populations autochtones, en s’appuyant sur des références comme Aristote et des arguments sur la nature humaine et la civilisation.
L’exploitation coloniale et l’esclavage ont été des piliers de l’expansion européenne, alimentant la richesse des nations tout en soumettant durablement les populations indigènes et africaines, avec des débats moraux et juridiques majeurs comme celui de Valladolid.
Théories économiques : Ensembles de concepts et d’approches visant à expliquer le fonctionnement de l’économie, la croissance, la richesse, et le développement, souvent en lien avec des visions spécifiques du rôle de l’État et du marché.
Mercantilisme : Doctrine économique dominante du XVIe au XVIIIe siècle, qui privilégie l’accumulation de richesses, notamment d’or et d’argent, par le biais du protectionnisme, du contrôle des échanges et de la colonisation, afin de renforcer la puissance de l’État. La richesse nationale est mesurée par la quantité de métaux précieux détenus.
Libéralisme économique : Courant de pensée prônant la liberté des marchés, la non-intervention de l’État dans l’économie, et la recherche de la croissance par le libre-échange et la compétition. La richesse des nations est créée par l’activité individuelle et la libre circulation des biens et des capitaux, comme le souligne Adam Smith (1776) dans La Richesse des nations.
Les théories économiques, du mercantilisme au libéralisme, reflètent des visions opposées sur la gestion de la richesse et le rôle de l’État, influençant profondément la politique mondiale et le développement économique.
Système-monde
Inspiré de Fernand Braudel et développé par Immanuel Wallerstein, ce concept décrit un réseau global d’interconnexion entre différents marchés-mondes. Il se fonde sur l’interconnexion de ces marchés, apparue au XVIe siècle, permettant la circulation de biens, capitaux et populations à l’échelle mondiale. Le système-monde est une structure où l’impérialisme s’inscrit, en reliant les économies périphériques, semi-periphériques et centrales.
Impérialisme
Ce terme désigne la domination d’un pays ou d’un groupe de pays sur d’autres, par la conquête, l’exploitation ou la domination économique, politique ou culturelle. Il s’appuie sur l’interconnexion des marchés mondiaux et s’inscrit dans la logique du système-monde, notamment depuis le XVIe siècle, avec la mise en valeur des colonies et l’exploitation des ressources.
Interconnexion des marchés
Fait référence à la mise en relation et à l’intégration progressive des marchés à l’échelle mondiale, permettant la circulation des capitaux, des marchandises, des populations et des idées. Cette interconnexion, apparue au XVIe siècle, est à la base du système-monde et de l’expansion impérialiste, facilitant la domination et l’exploitation des territoires colonisés.
Le système-monde, apparu au XVIe siècle, est une structure globale d’interconnexion des marchés mondiaux qui a permis l’expansion impérialiste et l’exploitation des territoires colonisés, façonnant les relations économiques et politiques à l’échelle planétaire.
Richesse des nations
Adam Smith (1776) : ouvrage fondamental qui analyse la manière dont la richesse d’un pays se mesure par la somme de ses productions et de ses échanges économiques. Il met en avant l’importance du marché libre et de l’action individuelle pour augmenter cette richesse.
Libéralisme économique
Adam Smith (1776) : doctrine prônant la liberté des acteurs économiques, la réduction de l’intervention de l’État dans l’économie, et la confiance dans le marché pour réguler l’offre, la demande et la distribution des ressources. Il s’oppose au protectionnisme et favorise le libre-échange.
La Richesse des nations d’Adam Smith pose les bases du libéralisme économique, en insistant sur la liberté des acteurs économiques et le libre-échange comme clés de la croissance et de la prospérité nationale.
Partage de l’Afrique
Processus historique durant lequel, entre 1884 et 1885, les puissances européennes se sont réparties le continent africain lors de la Conférence de Berlin, aboutissant à une division territoriale sans tenir compte des réalités ethniques ou culturelles locales. Ce partage a conduit à une occupation quasi totale de l’Afrique par les Européens, sauf pour l’Éthiopie, qui a conservé son indépendance.
Conférence de Berlin (1884-1885)
Réunion des puissances européennes visant à organiser le partage de l’Afrique, afin d’éviter les conflits entre elles lors de l’expansion coloniale. Elle a fixé les règles pour la colonisation, notamment la nécessité d’une occupation effective pour légitimer la possession d’un territoire africain.
Colonisation
Pratique par laquelle une puissance étrangère s’approprie et contrôle un territoire, en imposant sa souveraineté, souvent par la force, pour exploiter ses ressources et étendre son influence. En Afrique, la colonisation s’est accélérée après la Conférence de Berlin, avec la mise en valeur et l’administration des colonies par les Européens.
| Date | Événement |
|---|---|
| 1492 | Découverte de l’Amérique |
| 1550-1551 | La controverse de Valladolid |
| 1884-1885 | Conférence de Berlin |
| Thème | Notions clés | Concepts principaux | Auteur / Source |
|---|---|---|---|
| Concepts de développement | Développement, croissance, modernisation, pauvreté, inégalité, progrès | Processus visant à améliorer conditions, croissance mesurée par PIB, critique du développement | Karla Henríquez et Luis Martínez Andrade |
| Développement durable | Développement économique, social, écologique, pratiques écologiques | Équilibre entre progrès et préservation, approche historique et globale | Source implicite dans le contexte |
| Histoire du développement | Mondialisations, colonisation, système-monde | Interconnexion mondiale, exploitation coloniale, eurocentrisme, dépendance économique | Wallerstein, Las Casas, Sepúlveda |
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