Fiche de révision : Histoire et mémoire des génocides

Plan du Cours

  1. Histoire, mémoire et justice
  2. Crimes de masse et génocides
  3. Causes et responsabilités de 1914
  4. Réconciliation franco-allemande
  5. Centenaire et renouveau historiographique
  6. La guerre d’Algérie et ses mémoires
  7. Le génocide des Tutsis au Rwanda
  8. Justice internationale et ex-Yougoslavie
  9. Mémoires de la Shoah en Europe
  10. Reconnaissance du génocide tsigane
  11. Représentations cinématographiques de la Shoah

1. Histoire, mémoire et justice

Notions clés & Définitions

  • Histoire : L’histoire est une discipline scientifique qui étudie et interprète le passé humain à partir de sources afin de comprendre évolutions et ruptures dans leur contexte.
  • Mémoire : La mémoire est un point de vue affectif lié à un témoignage qui isole un événement de son contexte et ne suffit pas à elle seule pour expliquer le passé.
  • Devoir de mémoire : Le devoir de mémoire désigne l’action de l’État pour maintenir le souvenir des crimes de masse et du génocide, notamment via des dispositifs publics et juridiques.
  • Génocide : Le génocide est l’ensemble d’actes commis avec l’intention de détruire tout ou partie d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux.
  • Crimes de masse : Les crimes de masse regroupent des violences à grande échelle qui visent la soumission ou l’éradication, sans nécessairement viser la destruction totale d’un groupe défini.

Points essentiels

  • Marc Bloch définit l’histoire comme la science des hommes dans le temps, donc centrée sur la place des actions humaines dans leur contexte.
  • Antoine Prost présente la mémoire (1996) comme un élément affectif qui isole un événement de son contexte plutôt que de le replacer dans un ensemble.
  • La loi Gayssot (1990) interdit la négation de la Shoah, et la loi Taubira (2001) reconnaît la traite des esclaves comme crime contre l’humanité.
  • La loi de 2005 impose une lecture positive de la colonisation via son article 4, et une pétition portée par 19 historiens réclame l’abrogation des lois mémorielles.
  • Au procès de Nuremberg (novembre 1945 à octobre 1946), 21 responsables nazis sont jugés et les chefs d’inculpation incluent notamment les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre.
  • Les crimes de masse et les génocides peuvent se confondre, comme à Srebrenica en 1995 où environ 8 000 hommes et enfants musulmans sont massacrés.

Astuce mémo

Histoire = méthode + contexte ; Mémoire = affect + isolement ; Justice = tribunal + droit.

2. Crimes de masse et génocides

Notions clés & Définitions

  • Crimes contre l’humanité : Les crimes contre l’humanité désignent des atteintes graves commises de manière généralisée ou systématique, ouvrant vers des qualifications de justice internationale.
  • Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide : La Convention est le texte international adopté par l’ONU en 1948, visant à encadrer et empêcher la perpétration du crime de génocide.

Points essentiels

  • Le premier génocide du XXe siècle mentionné dans le cours est celui des Herero et des Nama (1904-1907) : l’empereur ordonne l’anéantissement le 2 octobre 1904 et la population est décimée à près de 80 % à la fin du conflit.
  • Dans l’Empire ottoman, le ministre de l’intérieur Talaat Pacha décide fin mars 1915 d’un plan d’extermination des Arméniens sous couvert de déportation, avec 1,3 million de morts sur 2 millions entre 1915 et 1917 selon le cours.
  • En 1945 à Nuremberg, le tribunal militaire international juge 21 responsables du régime nazi de novembre 1945 à octobre 1946 avec quatre chefs d’inculpation dont les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre.
  • La notion de génocide, créée par Raphaël Lemkin dès 1944, est écartée à Nuremberg mais la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide est approuvée à l’unanimité.
  • Le génocide requiert l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe protégé, et recouvre notamment le meurtre de ses membres, les atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale, et la soumission à des conditions d’existence destructrices.
  • Les crimes de masse reposent sur deux logiques : terroriser une population par des massacres pour la soumettre totalement, ou éradiquer une population, comme à Srebrenica (8 000 hommes et enfants musulmans tués en 1995).

3. Causes et responsabilités de 1914

Notions clés & Définitions

  • Assassinat de Sarajevo : L’assassinat de l’héritier du trône d’Autriche-Hongrie François-Ferdinand est l’événement déclencheur immédiat de la Première Guerre mondiale.
  • Triple Entente : La Triple Entente est un ensemble d’États alliés associant la France, le Royaume-Uni et la Russie.
  • Article 231 du traité de Versailles : L’article 231 du traité de Versailles affirme la responsabilité de l’Allemagne pour les pertes et dommages causés pendant la guerre.
  • Fritz Fischer : Fritz Fischer est un historien qui avance en 1961 que l’Allemagne impériale porte la responsabilité centrale du déclenchement du conflit.

Points essentiels

  • La guerre débute après l’assassinat de François-Ferdinand le 28 juin 1914 par un nationaliste serbe.
  • Les alliances du conflit opposent la Triple Entente (France, Royaume-Uni, Russie) à la Triple Alliance (empire ottoman, Autriche-Hongrie, Allemagne).
  • Les traités de paix de la Première Guerre mondiale consacrent la responsabilité de l’Allemagne, et l’article 231 oblige l’Allemagne à payer des réparations.
  • En 1925, Pierre Renouvin désigne l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie comme responsables du conflit.
  • En 1961, Fritz Fischer publie Les buts de guerre de l’Allemagne impériale, 1914-1918, en soutenant que l’Allemagne cherchait à affaiblir la France et à dominer l’Europe centrale.
  • En 2012, Christopher Clark (Les somnambules) défend l’idée d’une responsabilité particulière du jeune État serbe, et en 2014 Gerd Krumeich réaffirme la responsabilité centrale de l’Allemagne.

Astuce mémo

28/06 = Sarajevo = déclencheur ; 1919 = article 231 = responsabilité allemande.

4. Réconciliation franco-allemande

Notions clés & Définitions

  • Traité de l’Élysée : Accord politique de rapprochement franco-allemand signé par Konrad Adenauer et Charles de Gaulle, qui renforce la coopération en relations internationales, défense et éducation.
  • Cérémonie de Verdun 1984 : Moment symbolique du rapprochement politique franco-allemand où Helmut Kohl et François Mitterrand se prennent la main à Verdun.

Points essentiels

  • En 1919, l’article 231 du traité de Versailles fait porter à l’Allemagne et à ses alliés la responsabilité des pertes et dommages liés à la guerre, ce qui justifie le paiement des réparations.
  • Après le nazisme, en Allemagne, la priorité donnée à l’étude de la barbarie nazie limite longtemps les débats sur les responsabilités liées à la Première Guerre mondiale.
  • En 1961, Fritz Fischer publie Les buts de guerre de l’Allemagne impériale, 1914-1918, en soutenant que l’Allemagne impériale cherche à affaiblir la France et à dominer économiquement l’Europe centrale.
  • Le rapprochement politique des années 1960 est symbolisé par le traité de l’Élysée entre Konrad Adenauer et De Gaulle, qui intensifie la coopération en relations internationales, défense et éducation.
  • Le point culminant du rapprochement est la cérémonie franco-allemande de 1984 à Verdun, où Helmut Kohl et François Mitterrand se prennent la main.
  • Après ce tournant, la question politique des responsabilités est progressivement écartée au profit d’autres axes de recherche comme la violence des sociétés et la vie des civils.

Astuce mémo

Versailles pour la responsabilité (231) ; Fischer réoccupe le débat (1961) ; Élysée pour rapprocher ; Verdun 1984 pour symboliser main dans la main.

5. Centenaire et renouveau historiographique

Notions clés & Définitions

  • Globalisation des combattants : Notion historiographique qui élargit l’étude de 1914 au-delà du front européen pour suivre des combattants et mobilisations à l’échelle mondiale.
  • Débats historiographiques sur les causes : Champ de discussion entre historiens qui relance l’analyse des facteurs ayant conduit au déclenchement de la Première Guerre mondiale.
  • Les somnambules : Ouvrage de 2012 où Christopher Clark défend une lecture centrée sur la responsabilité particulière du jeune État serbe.
  • Le feu aux poudres : Ouvrage de 2014 de Gerd Krumeich qui insiste sur la responsabilité centrale de l’Allemagne dans le déclenchement en 1914.

Points essentiels

  • En 2012, Christopher Clark soutient que le déclenchement du conflit engage particulièrement la Serbie et, par extension, ses alliés russe et français.
  • En 2014, Gerd Krumeich défend l’idée que l’Allemagne porte une responsabilité centrale, ayant agi en « tout pour le tout » en s’appuyant sur l’attentat de Sarajevo.
  • Au centenaire de la guerre, les recherches menées ont été très fructueuses, mais les débats historiques sur les causes restent ouverts.
  • Le centenaire s’accompagne d’une démarche qui dépasse le strict cadre du front pour mieux saisir les mobilisations à l’échelle internationale en 1914.

Astuce mémo

Clark : Serbie d’abord ; Krumeich : Allemagne d’abord (deux causes, deux responsabilités dominantes).

6. La guerre d’Algérie et ses mémoires

Notions clés & Définitions

  • Mémorial de la guerre d’Algérie : Lieu inauguré par Jacques Chirac, dédié à la mémoire des soldats morts pour la France, y compris les harkis.
  • Lois mémorielles sur la guerre d’Algérie : Ensemble de textes adoptés en France pour encadrer la mémoire de la guerre d’Algérie, parfois fortement contestés.
  • Journée du 25 septembre : Date consacrée en 2003 comme journée d’hommage aux harkis et aux autres formations supplétives.
  • Rapport Stora : Rapport remis en 2021 par Benjamin Stora pour rapprocher les mémoires franco-algériennes autour de la guerre d’Algérie.

Points essentiels

  • En 2002, Jacques Chirac inaugure le mémorial de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie pour la mémoire de 25 000 soldats morts pour la France, français et harkis.
  • La loi de 1999 inaugure en France la première loi mémorielle sur la guerre d’Algérie, puis ouvre la voie à d’autres textes comme celui créant en 2003 une journée d’hommage aux harkis le 25 septembre.
  • En 2005, une loi votée sur le rôle positif de la présence française en Afrique du Nord est finalement abrogée après indignation et critiques d’historiens.
  • En 2012, François Hollande reconnaît l’usage de la torture devant le parlement algérien, et en 2016 il reconnaît officiellement les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis.
  • En 2018, Macron reconnaît le caractère systématique de la torture pendant la guerre d’Algérie, puis en 2021 il demande officiellement pardon aux harkis.
  • En 2021, le rapport Stora propose d’apaiser les mémoires rivales et recommande une commission « mémoire et vérité », tandis que la reconnaissance du 17 octobre 1961 reste contestée : Macron dénonce des crimes inexcusables mais la responsabilité de l’État n’est pas reconnue.

Astuce mémo

Septembre honore les harkis (25/09), octobre rappelle la répression de 1961 (17/10).

7. Le génocide des Tutsis au Rwanda

Notions clés & Définitions

  • Hutu Power : Courant politique rwandais fondé sur l’idée d’une domination hutu, qui nourrit la stigmatisation et la violence contre les Tutsis.
  • Front patriotique rwandais : Parti politique rwandais né en Ouganda autour des réfugiés tutsis, dirigé contre le régime au moment du génocide.
  • Interahamwe : Milices extrémistes hutus formées pour exécuter les massacres contre les Tutsis et, en priorité, contre les Hutus modérés.
  • TPIR : Tribunal pénal international pour le Rwanda chargé de juger les dirigeants politiques et militaires responsables du génocide.
  • Tribunaux gacaca : Tribunaux à ciel ouvert rwandais relancés après le génocide, fondés sur la participation locale pour instruire et juger des affaires liées aux massacres.

Points essentiels

  • De nombreux massacres antérieurs visent déjà les Tutsis en 1959, en 1990 à Kibira, puis en 1992 à Bugesera et Kibuye.
  • Sous pression internationale, un gouvernement de coalition se met en place en 1992 et un plan d’identification vise à repérer les Tutsis et les Hutus modérés à éliminer en premier.
  • Le 6 avril 1994, l’abattage de l’avion du président Habyarimana déclenche le génocide, organisé par les FAR et le gouvernement intérimaire, avec l’exécution par gendarmes, armée et Interahamwe.
  • En environ cent jours, 800 000 à 1 million de Tutsis meurent, ainsi que de nombreux Hutus modérés, et le génocide s’achève avec l’invasion du Rwanda par le FPR.
  • Le TPIR, installé à Arusha, inculpe 93 personnes pour génocide et autres violations graves, avec 14 acquittements, et plusieurs dossiers se terminent par décès ou transferts.
  • De 2005 à 2012, les gacaca jugent près de 2 millions de personnes avec environ 170 000 juges réunis dans quelque 12 000 tribunaux, et les 2/3 des affaires aboutissent à une condamnation.

Astuce mémo

6/04/1994 = l’avion abattu : point de départ, puis “environ 100 jours” jusqu’à l’entrée du FPR.

8. Justice internationale et ex-Yougoslavie

Notions clés & Définitions

  • FORPRONU : Force de maintien de la paix de l’ONU mise en place en 1993 en Bosnie pour assister, sans empêcher, les massacres de civils.
  • Accords de Dayton : Accord conclu en novembre 1995 à Dayton qui entérine la partition de la Bosnie en deux entités.
  • TPIY : Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, créé en 1993 et siégeant à La Haye, chargé de juger les auteurs de crimes liés aux violences des années 1990.

Points essentiels

  • L’ONU adopte une résolution le 25 mai 1993 qui permet la création du tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie.
  • Le TPIY siège à La Haye de 1993 à 2017 et juge des responsables de crimes de guerre et de crimes de masse.
  • Le TPIY met en accusation 161 personnes et prononce 90 condamnations après l’audition de plus de 4 600 témoins.
  • Le procès de Slobodan Milosevic s’arrête avec sa mort en 2006, alors que Radovan Karadzic est condamné à 40 ans de prison et Ratko Mladic à la prison à perpétuité.
  • Le TPIY contribue à définir juridiquement les notions de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide.
  • TPIY et TPIR sont à l’origine de la création de la Cour pénale internationale en 2002, compétente pour juger notamment le génocide et les crimes contre l’humanité.

Astuce mémo

TPIY (La Haye, 1993-2017) : 161 accusés, 90 condamnés, 4 600 témoins.

9. Mémoires de la Shoah en Europe

Notions clés & Définitions

  • Grand silence : Le Grand silence désigne la faible mise en mots immédiate du génocide après la guerre, marquée par la difficulté ou le refus de témoigner et une réception sociale limitée.
  • Yad Vashem : Yad Vashem est l’institution israélienne créée pour conserver la documentation et les témoignages de la Shoah et rendre hommage à ceux qui ont aidé les Juifs.
  • Politique de repentir : La politique de repentir désigne une démarche publique de reconnaissance des crimes nazis, visant à transformer la mémoire du génocide en engagement politique et civique.
  • Auschwitz : Auschwitz est le lieu central de la commémoration car il est devenu le symbole majeur des atrocités et un point de référence pour la mémoire collective.
  • Responsabilité de l’État français : La responsabilité de l’État français renvoie à la reconnaissance, dans la mémoire publique, de la participation française aux déportations des Juifs.

Points essentiels

  • En avril 1948, un monument est inauguré à Varsovie pour commémorer le soulèvement du ghetto.
  • En 1970, Willy Brandt s’agenouille devant le monument du ghetto de Varsovie dans le cadre d’une politique de repentir.
  • En 1953, la loi sur le souvenir des héros et des martyrs prévoit la création de Yad Vashem pour collecter documentation et témoignages de la Shoah.
  • En 1995, Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de l’État français dans la déportation, prononçant son discours devant le monument du Vel d’Hiv.
  • En 2005, un mémorial à Paris rappelle l’identité des 76 000 Juifs déportés de France.
  • À Drancy, près de 63 000 Juifs transitent avant les camps de la mort, et un mémorial est inauguré en 2012.

Astuce mémo

Repentir → 1970 Willy Brandt ; Responsabilité → 1995 Chirac ; Mémoire en France → 2005 Vel d’Hiv ; Transit → 63 000 à Drancy.

10. Reconnaissance du génocide tsigane

Notions clés & Définitions

  • Porajmos : Le Porajmos désigne le génocide des Tsiganes (Roms et Sinti) organisé par les nazis et leurs alliés en Europe.
  • Internement des nomades : L’internement des nomades correspond à la détention forcée en camps imposée en France aux populations tsiganes et roms dès 1940.
  • Sinti et Roms d’Europe : Les Sinti et les Roms d’Europe forment la population dont la persécution et l’assassinat sont commémorés par des mémoriaux dédiés.
  • Emmanuel Filhol : Emmanuel Filhol est l’historien qui relance l’étude et la visibilité de l’internement des Tsiganes en France via des publications.

Points essentiels

  • En France, près de 27 camps ouvrent entre 1940 et 1946, où environ 30 000 Tsiganes sont enfermés dans des conditions souvent déplorables.
  • En Europe, le génocide entraîne la mort d’environ 250 000 Tsiganes, soit 34 % de la population tsigane d’Europe.
  • Le premier lieu de mémoire des massacres de populations roms est inauguré en 1956 en Pologne à Szczurowa.
  • L’Allemagne ne reconnaît sa responsabilité dans le génocide des Tsiganes qu’en 1982.
  • En 2012, un mémorial aux Sinti et aux Roms d’Europe assassinés est inauguré à Berlin.
  • En 2016, François Hollande reconnaît la responsabilité de la France dans l’internement des nomades et un monument commémoratif est dévoilé à Montreuil-Bellay.

Astuce mémo

Porajmos = mémoire “à rattraper” : premier monument 1956, reconnaissance allemande 1982, mémorial Berlin 2012, reconnaissance française 2016.

11. Représentations cinématographiques de la Shoah

Notions clés & Définitions

  • Nuit et Brouillard : Court-métrage français d’Alain Resnais (1956) qui dénonce le système concentrationnaire nazi sans traiter directement le génocide juif et tsigane.
  • Holocaust : Série télévisée américaine de 4 épisodes diffusée en 1978, centrée sur une famille juive et devenue un grand succès public.
  • Shoah : Film de Claude Lanzmann qui s’appuie sur des témoignages de rescapés recueillis sur les lieux mêmes du génocide.
  • Liste de Schindler : Film hollywoodien de Steven Spielberg racontant comment Oskar Schindler a sauvé 1200 Juifs.
  • La vie est belle : Film de Roberto Benigni (1997) où un père fait croire à son fils que la déportation relève d’un jeu.

Points essentiels

  • Dès la libération des camps, des documentaires sont tournés et projetés lors du procès de Nuremberg, avec pour objectif de témoigner de l’horreur.
  • En 1956, Nuit et Brouillard dénonce le système concentrationnaire nazi mais n’aborde ni la spécificité du génocide juif et tsigane ni les centres de mise à mort.
  • Holocaust est diffusée en 4 épisodes en 1978 et s’impose comme la série la plus regardée, dans un contexte d’affirmation de la parole des déportés juifs.
  • Shoah (Claude Lanzmann) mobilise des tournages sur place et dure près de dix heures de témoignages de rescapés.
  • La Liste de Schindler (Spielberg) est controversée car elle montre les difficultés de filmer la Shoah et raconte le sauvetage de 1200 Juifs.
  • La vie est belle (1997) déclenche de vives critiques tout en connaissant un immense succès, et La zone d’intérêt (Jonathan Glazer) relance des débats mémoriels.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1945Procès de Nuremberg (installation à Nuremberg)
1948Adoption à l’ONU de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide
2 octobre 1904Ordre d’anéantissement des Herero (empereur)
28 juin 1914Assassinat de François-Ferdinand (déclencheur immédiat)
1919Article 231 du traité de Versailles (responsabilité de l’Allemagne et réparations)
1961Fritz Fischer publie Les buts de guerre de l’Allemagne impériale, 1914-1918
1970Willy Brandt s’agenouille devant le monument du ghetto de Varsovie
1978Diffusion de Holocaust en 4 épisodes
1990Loi Gayssot (interdiction du négationnisme de la Shoah)
1993Création de la FORPRONU (Bosnie) et résolution du 25 mai 1993 pour le TPIY

Tableaux de synthèse

Histoire vs mémoire

EntréeHistoireMémoire
NatureScience disciplinairePoint de vue / témoignage
MéthodeDémarche critique et confrontation des sourcesIsolant un événement de son contexte
TemporalitéTravaille les évolutions, continuités et rupturesAccent sur l’affectif et la perspective vécue
ObjectifComprendre le passé en le restituant dans son contexteMettre en mots/faire exister un vécu (utile, mais partielle)

Génocide vs crimes de masse

NotionGénocideCrimes de masse
But centralIntention de détruire tout ou partie d’un groupe protégéSoumission/éradication sans destruction totale nécessaire d’un groupe défini
Fondement juridique (dans le cours)Actes commis dans l’intention de détruire un groupe national/ethnique/racial/religieuxRelève des crimes contre l’humanité, avec logiques de terreur ou d’éradication
Lien avec les massacresPeut se confondre avec des crimes de massePeut aboutir à l’anéantissement, et être concomitant au génocide
Exemple du coursSrebrenica (confusion parfois)Srebrenica : massacres 8 000 hommes et enfants musulmans (exemple de crimes de masse)

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre mémoire et histoire : la mémoire isole un événement avec un point de vue affectif, quand l’histoire replace dans un contexte et confronte les sources.
  2. Croire que le génocide vise toujours la destruction totale : selon le cours, il s’agit de détruire en tout ou en partie un groupe protégé.
  3. Assimiler automatiquement crimes de masse et génocide : le cours insiste sur des logiques différentes, même si les deux peuvent se confondre.
  4. Oublier que la loi Gayssot (1990) vise l’interdiction du négationnisme de la Shoah, et non une simple commémoration.
  5. Se tromper sur les responsabilités de 1914 : ne retenir que l’article 231 sans distinguer l’assassinat de 28 juin 1914 (déclencheur) et les débats historiographiques.
  6. Inverser la chronologie de la guerre d’Algérie dans le cours : combats (1954-1962), accords d’Évian et indépendance le 5 juillet, puis mémoire et lois après.
  7. Confondre justice internationale et réconciliation : le cours rappelle que juger ne signifie pas forcément réconcilier des populations, notamment au Rwanda et en ex-Yougoslavie.

Checklist Examen

  1. Définis histoire (science, sources, méthode critique) et mémoire (affect, isolement du contexte) puis mobilise la formule de Marc Bloch.
  2. Expliques le “devoir de mémoire” et relie-le aux lois mémorielles citées : loi Gayssot (1990), Taubira (crime contre l’humanité), et loi 2005 (article 4) avec la pétition “Liberté pour l’histoire”.
  3. Présente le cadre de la justice : procès de Nuremberg (installation, juges, chefs d’inculpation) et la Convention de 1948 approuvée à l’unanimité.
  4. Donne la définition du génocide telle que formulée dans le cours (intention de détruire tout ou partie d’un groupe protégé) et cite 3 types d’actes listés.
  5. Distingue génocide et crimes de masse à partir des deux logiques présentées et de l’idée de concomitance/confusion (exemple de Srebrenica).
  6. Raconte le jalon 1 sur 1914 : assassinat de François-Ferdinand le 28 juin 1914, alliances (Triple Entente vs Triple Alliance) et rôle de l’article 231 (1919) dans la responsabilité.
  7. Relie Fischer, la réconciliation et les symboles : publication de 1961, traité de l’Élysée, et cérémonie de Verdun en 1984, puis l’émergence de nouveaux axes de recherche.
  8. Expose les débats du centenaire : mission lancée à partir de 2012, Clark (responsabilité particulière du jeune État serbe) et Krumeich (responsabilité centrale de l’Allemagne).
  9. Pour l’Algérie, distingue chronologie et mémoires : guerre (1954-1962), accords d’Évian (fin) et indépendance (5 juillet), puis noms/dates des lois mémorielles (1999, 25 septembre 2003, 2005 abrogée) et reconnaissances (2016, 2018, 2021) + rapport Stora (2021).
  10. Pour le Rwanda, organise : haines et préparation (Hutu Power, Interahamwe, plan d’identification, Interahamwe), déclenchement le 6 avril 1994, “environ cent jours”, puis jugement (TPIR à Arusha) et gacaca (2005-2012).
  11. Pour l’ex-Yougoslavie, retrace la construction de la justice : FORPRONU (1993), accords de Dayton (novembre 1995), résolution du 25 mai 1993 créant le TPIY, et bilans avec dates (TPIY 1993-2017 et procès Milosevic 2006).
  12. Pour la mémoire de la Shoah et des Tsiganes, mobilise des repères : “Grand silence”, lieux de mémoire (Varsovie 1948, Yad Vashem 1953, Vel d’Hiv 1995, Drancy 2012), puis Porajmos (camps en France dès 1940, premier lieu 1956, reconnaissance Allemagne 1982, mémorial Berlin 2012, reconnaissance France 2016).
  13. Pour le cinéma, classe les représentations citées par périodes et enjeux : Nuit et Brouillard (1956), Holocaust (1978), Shoah de Lanzmann (tournages sur place), Liste de Schindler (sauvetage 1200 Juifs) et La vie est belle (1997) avec critiques et débats mémoriels.

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Histoire — définition ?

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Histoire définition

Étude scientifique du passé humain

Mémoire — rôle ?

Point de vue affectif isolant un événement de son contexte.

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