Fiche de révision : Histoire, mémoire et génocides

Plan du Cours

  1. Histoire, mémoire et justice
  2. Génocides et crimes de masse
  3. Causes et responsabilités de 1914
  4. Rapprochement franco-allemand et centenaire
  5. La guerre d'Algérie et ses mémoires
  6. Génocide des Tutsis au Rwanda
  7. Justice internationale et TPIY
  8. Shoah : extermination et premiers mémoires
  9. Mémoires de la Shoah en Europe et en France
  10. Le génocide des Tsiganes
  11. Représentations audiovisuelles de la Shoah

1. Histoire, mémoire et justice

Notions clés & Définitions

  • Histoire : L’histoire est une discipline scientifique qui étudie le passé à partir de sources, pour comprendre évolutions et ruptures dans leur contexte.
  • Mémoire : La mémoire est un point de vue lié à un témoignage ou une expérience, qui isole un événement de son contexte global.
  • Devoir de mémoire : Le devoir de mémoire désigne l’action publique visant à maintenir le souvenir des crimes de masse et des génocides.
  • Génocide : Le génocide regroupe des actes commis dans l’intention de détruire totalement ou partiellement un groupe national, ethnique, racial ou religieux.
  • Crimes de masse : Les crimes de masse sont des violences de masse liées aux crimes contre l’humanité, sans viser forcément la destruction totale d’un groupe défini.

Points essentiels

  • Marc Bloch présente l’histoire comme la « science des hommes dans le temps », en reliant les actions humaines à leur contexte historique.
  • Selon Antoine Prost, la mémoire est un élément affectif qui sort un événement de son contexte, contrairement à la démarche contextualisée de l’histoire.
  • En France, la loi Gayssot (1990) interdit la négation de la Shoah, la loi Taubira (2001) reconnaît la traite comme crime contre l’humanité, et la loi de 2005 impose une lecture positive de la colonisation aux historiens via l’article 4.
  • Le tribunal militaire international de Nuremberg juge 21 responsables nazis entre novembre 1945 et octobre 1946, avec notamment des chefs d’inculpation incluant les crimes contre l’humanité.
  • La convention de 1948 approuve la proposition de Raphaël Lemkin et définit le génocide à travers des actes tels que le meurtre des membres du groupe ou l’entrave aux naissances au sein du groupe.
  • Les crimes de masse reposent souvent sur une logique de terreur pour soumettre ou d’éradication ciblée, comme à Srebrenica en 1995 où 8 000 hommes et enfants musulmans sont massacrés.

2. Génocides et crimes de masse

Notions clés & Définitions

  • Raphaël Lemkin : Raphaël Lemkin est le juriste qui formule le concept de génocide dès 1944 et œuvre ensuite à sa reconnaissance juridique.
  • Srebrenica : Srebrenica désigne le massacre de 1995 où environ 8 000 hommes et enfants musulmans bosniaques sont tués.

Points essentiels

  • Le premier génocide du XXe siècle présenté ici est celui des Herero et des Nama (1904-1907) : après l’ordre d’anéantissement du 2 octobre 1904, des camps font mourir près de la moitié des prisonniers et le groupe est décimé à près de 80 % à la fin du conflit.
  • En 1915, un plan d’extermination visant les Arméniens est décidé en lien avec la déportation : sur 2 millions d’Arméniens vivant dans l’empire ottoman en 1914, 1,3 million sont massacrés entre 1915 et 1916.
  • Le Tribunal militaire international de Nuremberg juge 21 responsables du régime nazi entre novembre 1945 et octobre 1946 sur quatre chefs d’inculpation dont les crimes contre l’humanité.
  • Le concept de génocide est créé en 1944 par Raphaël Lemkin et sa proposition de convention de prévention et répression du crime de génocide est approuvée à l’unanimité en 1948 par l’ONU.
  • Contrairement au génocide, les crimes de masse n’ont pas nécessairement pour objectif la destruction totale d’une population définie, même si des politiques très violentes peuvent mener à l’anéantissement.
  • À Srebrenica en 1995, une logique d’éradication se traduit par le massacre d’environ 8 000 hommes et enfants musulmans bosniaques, cas où crimes de masse et génocide peuvent se confondre.

Astuce mémo

Génocide = intention de détruire un groupe; Crimes de masse = violences de masse (terroriser ou éradiquer) sans destruction totale forcément ciblée comme groupe défini.

3. Causes et responsabilités de 1914

Notions clés & Définitions

  • Assassinat de Sarajevo : Événement déclencheur de la guerre de 1914, survenu le 28 juin 1914 avec la mort de l’héritier austro-hongrois François-Ferdinand, tué par un nationaliste serbe.
  • Triple Entente : Alliance formée par la France, le Royaume-Uni et la Russie, présentée comme un des grands blocs d’avant-guerre.
  • Triple Alliance : Alliance présentée comme regroupant l’empire ottoman, l’empire d’Autriche-Hongrie et l’empire allemand.
  • Article 231 du traité de Versailles : Dispositif du traité de 1919 attribuant à l’Allemagne et à ses alliés la responsabilité des pertes et dommages subis pendant la guerre.

Points essentiels

  • Le déclenchement de la Première Guerre mondiale est lié à l’assassinat de François-Ferdinand le 28 juin 1914 par un nationaliste serbe, dans un contexte de nationalismes et de rivalités franco-allemandes après 1871.
  • En 1914, les alliances structurent le conflit en deux camps, avec la Triple Entente (France, Royaume-Uni, Russie) contre la Triple Alliance (empire ottoman, Autriche-Hongrie, Empire allemand).
  • Le traité de Versailles adopté en 1919 attribue à l’Allemagne la responsabilité du déclenchement de la guerre via l’article 231, entraînant l’obligation de payer des réparations.
  • La mission du centenaire lancée en France à partir de 2012 relance les recherches en repoussant les bornes du conflit vers les Balkans (dès 1912) et en l’étendant jusqu’à 1923 pour la partie turque.
  • En 2012, Christopher Clark défend une responsabilité particulière du jeune État serbe dans le déclenchement, puis en 2014 Gerd Krumeich réaffirme la responsabilité centrale de l’Allemagne dans l’affaire de 1914.

4. Rapprochement franco-allemand et centenaire

Notions clés & Définitions

  • Traité de l'Élysée : Accord politique signé entre la France et l'Allemagne qui accélère la coopération, notamment pour les relations internationales, la défense et l'éducation.
  • Fritz Fischer : Historien allemand qui publie en 1961 une thèse centrale sur la responsabilité allemande dans le déclenchement de la Grande Guerre.
  • Mission du centenaire : Programme lancé en France à partir de 2012 pour soutenir un réseau international d'historiens, collecter des archives privées et élargir l’étude de la guerre et ses mémoires.
  • Christopher Clark : Historien qui publie en 2012 Les somnambules, en défendant une responsabilité particulière du jeune État serbe et, par extension, de ses alliés.

Points essentiels

  • En 1961, Fritz Fischer publie Les buts de guerre de l'Allemagne impériale, 1914-1918 et affirme une responsabilité principale de l'Allemagne impériale pour affaiblir la France et dominer l’Europe centrale.
  • Le rapprochement politique des années 60 est symbolisé par le traité de l'Élysée signé par Konrad Adenauer et Charles de Gaulle, avec une coopération accrue en relations internationales, défense et éducation.
  • Le point culminant du rapprochement franco-allemand est la cérémonie à Verdun en 1984, où Helmut Kohl et François Mitterrand se prennent la main.
  • Lancé en France à partir de 2012, le centenaire organise des commémorations pendant quatre ans et une grande collecte d’archives privées.
  • Sur le plan chronologique, le centenaire élargit la Grande Guerre aux conflits balkaniques à partir de 1912 et aux prolongements jusqu’en 1923 en lien avec la Turquie.
  • En 2012, Christopher Clark publie Les somnambules en attribuant une responsabilité particulière au jeune État serbe, avec un effet de cascade vers la Russie et la France dans le déclenchement du conflit.

Astuce mémo

Élysée (Adenauer–de Gaulle) = années 60 ; Verdun (Kohl–Mitterrand) = 1984 ; Centenaire = 2012 + commémorations 4 ans ; Fischer = 1961 ; Clark = 2012.

5. La guerre d'Algérie et ses mémoires

Notions clés & Définitions

  • FLN : Mouvement de libération qui combat l’armée française en Algérie de 1954 à 1962 pour obtenir l’indépendance.
  • Accords d'Évian : Accords signés en mars 1962 qui mettent fin à la guerre d’Algérie et ouvrent la voie à l’indépendance.
  • Pieds-noirs : Européens d’Algérie qui quittent massivement le pays après la fin de la guerre d’Algérie.
  • Harkis : Soldats supplétifs de l’armée française dont beaucoup de familles sont laissées dans des camps militaires puis rencontrent une reconnaissance tardive.

Points essentiels

  • En mars 1962, les accords d’Évian mettent fin à la guerre d’Algérie, dont l’indépendance est proclamée le 5 juillet 1962.
  • Après 1954, l’armée française combat le FLN en Algérie avec une guerre intensive, notamment caractérisée par la pratique de la torture.
  • En 1999, une loi remplace l’expression « événements en Algérie » par « guerre d’Algérie », ouvrant l’accès au statut d’ancien combattant.
  • En 2002, Jacques Chirac inaugure un mémorial dédié à la guerre d’Algérie et aux combats du Maroc et de la Tunisie, pour 25 000 soldats morts pour la France, français et harkis.
  • En 2021, le rapport Stora propose d’apaiser les mémoires franco-algériennes et recommande notamment une commission « mémoire et vérité » avec historiens français et algériens.
  • La répression du 17 octobre 1961, menée par la police sous l’autorité du préfet Maurice Papon, fait au moins 120 morts selon le cours, et la responsabilité de l’État français reste non reconnue.

Astuce mémo

Évian = fin (mars 1962) puis 5 juillet 1962 : la mémoire commence par la date.

6. Génocide des Tutsis au Rwanda

Notions clés & Définitions

  • Hutu Power : Notion politique rattachée aux discours raciaux qui présentent les Tutsis comme des ennemis à éliminer au Rwanda.
  • Interahamwe : Milices rwandaises dont l’action armée est associée à l’exécution des massacres contre les Tutsis en 1994.
  • Accords d'Arusha : Accords signés en 1993 prévoyant un partage du pouvoir avec l’opposition modérée et le FPR au Rwanda.
  • Tribunaux gacaca : Justices à ciel ouvert rwandaises utilisant des jurés tirés au sort pour accélérer les procédures et favoriser une confrontation victimes-bourreaux.
  • TPIR : Tribunal pénal international pour le Rwanda chargé de juger des dirigeants politiques et militaires responsables du génocide, basé à Arusha.

Points essentiels

  • En 1933, la distinction ethnique est introduite sur les cartes d’identité, puis des violences visant les Tutsis se répètent notamment en 1959, 1990 et 1992.
  • Le plan rwandais d’« identification de l’ennemi » vise à repérer et éliminer en priorité les Tutsis et les Hutus modérés, tandis que des structures comme l’armée et les milices Interahamwe sont mobilisées.
  • Le 6 avril 1994, l’assassinat du président Habyarimana déclenche le génocide, et la destruction est menée avec l’appui des FAR et de l’Interahamwe contre Tutsis et opposants.
  • En cent jours, entre 800 000 et 1 000 000 de Tutsis périssent, et le génocide cesse avec l’invasion du Rwanda par le FPR.
  • De 2005 à 2012, les juridictions gacaca jugent près de 2 millions de personnes, avec plus de 170 000 juges réunis dans environ 12 000 tribunaux.
  • Le 26 mars 2021, le rapport de la commission d’historiens dirigée par Vincent Duclert attribue à la France des « responsabilités accablantes » sans retenir une complicité de génocide.

7. Justice internationale et TPIY

Notions clés & Définitions

  • TPIY : Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie créé par l’ONU, chargé de juger des crimes commis pendant les guerres en Yougoslavie.
  • FORPRONU : Force de maintien de la paix de l’ONU envoyée dès 1993 en Bosnie-Herzégovine pour assister les civils lors du conflit.
  • Accords de Dayton : Accords signés en 1995 à Dayton qui organisent la fin du conflit bosniaque par un partage de la Bosnie en deux entités.

Points essentiels

  • La Yougoslavie fédérale se fragmente à partir de 1991 et disparaît en 1992 avec les proclamations d’indépendance et les conflits entre républiques.
  • En Bosnie, l’indépendance est décidée après référendum en 1992 et les Serbes puis les Croates déclenchent la sécession dans les zones qu’ils contrôlent.
  • Le TPIY est créé par une résolution de l’ONU le 25 mai 1993 et siège à La Haye de 1993 à 2017.
  • En juillet 1995, l’attaque de Srebrenica aboutit à l’exécution de plus de 8 000 hommes et adolescents malgré la présence de 400 casques bleus.
  • Le TPIY a mis en accusation 161 personnes et obtenu 90 condamnations après l’audition de plus de 4 600 témoins.
  • La mort de Slobodan Milosevic en 2006 interrompt son procès, tandis que le TPIY condamne Radovan Karadžić à 40 ans et Ratko Mladić à la prison à perpétuité.

8. Shoah : extermination et premiers mémoires

Notions clés & Définitions

  • Einsatzgruppen : Des commandos nazis chargés du massacre par fusillade sur le front de l’Est dès le début de l’extermination.
  • Solution Finale : Le dispositif nazi qui, à partir de 1942, transforme le génocide des Juifs en extermination à grande échelle dans des centres de mise à mort.
  • Le grand silence : Notion proposée par Annette Wieviorka pour décrire la faible place accordée au récit du génocide juste après la guerre.
  • Yad Vashem : Institution créée en 1953 en Israël pour collecter documents et témoignages sur la Shoah et rendre hommage aux Justes.

Points essentiels

  • L’extermination des Juifs et des Tsiganes commence sur le front de l’Est à partir de 1941, notamment avec les Einsatzgruppen.
  • À partir de 1942, la « Solution Finale » conduit à une logique industrielle dans des centres comme Treblinka, Chelmno, Belzec, Sobibor, Majdanek et Auschwitz.
  • Dès novembre 1943, les centres de mise à mort de Treblinka, Sobibor et Belzec sont liquidés pour faire disparaître les preuves.
  • En novembre 1944, Himmler ordonne la destruction des fours crématoires d’Auschwitz.
  • Le « grand silence » désigne une mémoire peu entendue après la libération, car l’événement est parfois perçu comme faisant partie d’un ensemble de violences et beaucoup de rescapés ne témoignent pas.
  • En avril 1948, un monument est inauguré à Varsovie pour commémorer le soulèvement du ghetto, et en 1953 un mémorial du martyr juif inconnu est créé à Paris.

Astuce mémo

Einsatzgruppen puis « Solution Finale » : 1941 sur le front, 1942 en centres, puis « effacer les traces » (nov. 1943-1944).

9. Mémoires de la Shoah en Europe et en France

Notions clés & Définitions

  • Grand silence : Le grand silence désigne le relatif manque de témoignages et d’écoute de la Shoah juste après la guerre, malgré la libération des camps.
  • Repentance de Willy Brandt : La politique de repentir est la démarche de l’Allemagne de l’Ouest qui place la mémoire de la Shoah au cœur de l’action publique.
  • Responsabilité de l’État français : La responsabilité de l’État français renvoie à la reconnaissance, lors d’un discours officiel, de sa participation à la déportation des Juifs.
  • Cité de la Muette : La cité de la Muette est le site de Drancy, lieu de transit d’environ 63 000 Juifs vers les camps de la mort, devenu lieu mémoriel.

Points essentiels

  • Le 27 janvier 1945, les troupes soviétiques libèrent les derniers survivants d’Auschwitz-Birkenau et la mémoire de la Shoah s’affirme ensuite lentement et inégalement.
  • En 1947, Auschwitz devient un musée mais la spécificité du génocide n’est pas encore pleinement perçue et l’expression mémorielle reste souvent limitée.
  • En avril 1948, un monument est inauguré à Varsovie pour le soulèvement du ghetto, et en 1953 un mémorial est créé à Paris pour les martyrs juifs inconnus.
  • En France, Jacques Chirac reconnaît en 1995 la responsabilité de l’État français dans la déportation, et un mémorial de la Shoah est inauguré à Paris en 2005 pour rappeler les 76 000 Juifs déportés.
  • À Drancy, près de 63 000 Juifs transitent avant la déportation, avec un monument (1976), un wagon du souvenir (1988), puis un mémorial de la Shoah inauguré en 2012 après protection du site en 2001.
  • À partir des années 70, la Shoah devient centrale en Europe, et en 2018 Auschwitz accueille plus de 2 millions de visiteurs, soulevant des débats sur le tourisme mémoriel.

Astuce mémo

Grand silence = après la libération, on voit les camps, mais la parole met du temps à revenir.

10. Le génocide des Tsiganes

Notions clés & Définitions

  • Porajmos : Le terme Porajmos désigne le génocide des Tsiganes perpétré par le régime nazi et ses alliés en Europe.
  • Sinti et Roms d'Europe : Les Sinti et les Roms d'Europe désignent les victimes assassinées dont un mémorial est inauguré à Berlin en 2012.
  • Massacre de Szczurowa : Le massacre de Szczurowa est l’événement commémoré par le premier lieu de mémoire des victimes roms inauguré en Pologne en 1956.

Points essentiels

  • En France, les populations tsiganes et roms sont internées dès la fin de l’année 1940 sous l’impulsion des troupes allemandes en zone occupée et aussi dans la zone libre sous le régime de collaboration.
  • En France, près de 27 camps ouvrent entre 1940 et 1946 et environ 30 000 Tsiganes y sont enfermés dans des conditions sanitaires et d’hygiène souvent déplorables.
  • En Europe, près de 250 000 Tsiganes meurent, soit environ 34 % de la population tsigane d’Europe.
  • À l’Est, les Einsatzgruppen sont chargés de l’élimination méthodique des Tsiganes, tandis qu’ailleurs ils sont davantage convoyés vers des centres de mise à mort.
  • À Auschwitz-Birkenau, des baraquements sont réservés aux Tsiganes.
  • Le premier lieu de mémoire est inauguré en 1956 en Pologne pour Szczurowa, l’Allemagne ne reconnaît sa responsabilité qu’en 1982, puis un mémorial pour les Sinti et les Roms est inauguré à Berlin en 2012.

Astuce mémo

Porajmos : persécution raciale → internement (France dès 1940) → extermination (≈250 000 morts en Europe, ≈34 %).

11. Représentations audiovisuelles de la Shoah

Notions clés & Définitions

  • Documentaire de témoignage : Format audiovisuel qui utilise des images pour faire entendre et transmettre l’horreur, notamment juste après la libération des camps.
  • Procès Eichmann filmé : Procès réalisé et diffusé sous forme filmée, qui donne la parole aux survivants et contribue à installer durablement la mémoire de la Shoah.
  • Holocaust (série télévisée) : Série télévisée en quatre épisodes centrée sur une famille juive, devenue un tournant télévisuel grâce à l’affirmation de la parole des déportés.
  • Shoah (film de Claude Lanzmann) : Grand film de témoignage tourné sur les lieux mêmes, fondé sur la parole de rescapés et sur une durée d’enquête d’environ dix heures.

Points essentiels

  • Les premières images de la Shoah passent par des documentaires tournés dès la libération des camps et projetés lors du procès de Nuremberg.
  • En France, Nuit et Brouillard (1956) d’Alain Resnais dénonce le système concentrationnaire nazi tout en ne traitant pas spécifiquement le génocide juif et tsigane ni les centres de mise à mort.
  • Holocaust est produite en 1977 et diffusée en 1978 en quatre épisodes, devenant la série la plus regardée grâce à son succès mondial.
  • Shoah, film de Claude Lanzmann, repose sur des tournages sur les lieux du génocide et s’appuie sur des témoignages de rescapés pendant près de dix heures.
  • La Liste de Schindler, film hollywoodien de Steven Spielberg, raconte comment Oskar Schindler sauve 1200 Juifs, ce qui suscite une vive polémique sur les limites de la représentation.
  • La vie est belle (1997) de Roberto Benigni et Amen (2002) de Costa-Gavras illustrent des approches fictionnelles, tandis que La zone d’intérêt (Jonathan Glazer) relance les débats mémoriels.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1949Marc Bloch définit l’histoire comme « science des hommes dans le temps » (ouvrage publié à titre posthume)
28 juin 1914assassinat de François-Ferdinand (déclenchement immédiat de la guerre de 1914)
1919Traité de Versailles et article 231 attribuant à l’Allemagne la responsabilité des pertes et dommages
1961publication de « Les buts de guerre de l’Allemagne impériale, 1914-1918 » par Fritz Fischer
2012lancement de la mission du centenaire de la Première Guerre mondiale
mars 1962accords d’Évian mettant fin à la guerre d’Algérie
5 juillet 1962proclamation de l’indépendance de l’Algérie
1948adoption de la Convention de l’ONU pour la prévention et la répression du crime de génocide
25 mai 1993résolution créant le TPIY (tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie)
25 mai 2012inauguration du mémorial « cité de la Muette » (mémorial de la Shoah à Drancy, inauguré en 2012)

Tableaux de synthèse

Histoire vs mémoire

CritèresHistoireMémoire
Naturediscipline scientifiquepoint de vue lié à un témoignage
Méthodedémarche critique à partir de sourcesisole un événement de son contexte
Temporalitétravail sur les changements, causes, conséquencesaccent affectif et sortie du contexte

Génocide vs crimes de masse

Point centralGénocideCrimes de masse
Intentionintention de détruire, en tout ou en partie, un groupeobjectif non nécessairement la destruction totale d’une population définie
Logiques de mise en œuvreactes visant la destruction du groupeterrifier ou éradiquer (parfois anéantissement)
Lien avec l’autre catégoriesouvent concomitant aux crimes de massepeut se confondre avec un génocide (cas de Srebrenica)

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre « mémoire » et « histoire » : la mémoire isole un événement alors que l’histoire le contextualise et confronte les sources.
  2. Croire que la mémoire est uniquement subjective : le cours souligne qu’elle a aussi une « vision objective » et un rôle d’outil pour l’historien.
  3. Penser que le génocide se réduit au massacre : il inclut aussi des actes comme l’entrave aux naissances ou le transfert forcé d’enfants.
  4. Oublier l’élément décisif du génocide : l’intention de détruire « en tout ou en partie » un groupe défini.
  5. Redire que les crimes de masse ont toujours une destruction totale : ils n’ont pas forcément cet objectif, même si l’anéantissement peut suivre.
  6. Sous-estimer le rôle des mémoires politiques dans l’écriture de l’histoire de 1914 et d’Algérie : le cours montre des enjeux qui « parasitent » ou « prisonnalisent » la recherche.
  7. Confondre l’outil et l’objectif des gacaca : ce sont des tribunaux à ciel ouvert pour accélérer les procédures et permettre une confrontation victime-bourreau, pas un tribunal international de même nature.

Checklist Examen

  1. Définir l’histoire comme discipline scientifique et rappeler ses caractéristiques : démarche critique des sources et travail contextualisé dans le temps.
  2. Définir la mémoire et expliquer la différence avec l’histoire (isolation de l’événement hors contexte selon Antoine Prost).
  3. Citer au moins trois lois mémorielles mentionnées et dire leur objectif (négation de la Shoah, reconnaissance de crimes/génocides, débat sur la liberté des historiens).
  4. Expliquer comment la justice internationale se construit : Nuremberg (chefs d’inculpation) et la Convention de 1948 (définition du génocide et actes couverts).
  5. Distinguer génocide et crimes de masse en s’appuyant sur l’intention et les deux logiques présentées (terrifier/éradiquer) et donner l’exemple de Srebrenica.
  6. Pour 1914, raconter le déclenchement (28 juin 1914) et mobiliser les alliances (Triple Entente / Triple Alliance).
  7. Expliquer le rôle du traité de Versailles en 1919 et l’article 231 (responsabilité allemande et réparations).
  8. Présenter les débats historiographiques relancés : Fischer (1961) puis Clark (2012) et Krumeich (2014) sur la responsabilité dans le déclenchement.
  9. Pour l’Algérie, expliquer la chronologie minimale : FLN contre armée française (1954-1962), accords d’Évian (mars 1962) et indépendance (5 juillet 1962).
  10. Décrire les mémoires et la reconnaissance en France : tour de reconnaissance (1999 « guerre d’Algérie ») puis étapes autour du mémorial et du rapport Stora (2021) et la répression du 17 octobre 1961 (responsabilité non reconnue).
  11. Expliquer le Rwanda : « Hutu Power », plan « d’identification de l’ennemi », déclenchement (6 avril 1994), fin avec l’invasion du FPR, puis gacaca (2005-2012) et bilan du TPIR (années de jugement/condamnations).
  12. Présenter l’Ex-Yougoslavie et le TPIY : fragmentation (début 1991-1992), Srebrenica (juillet 1995), création du TPIY (25 mai 1993) et bilan (accusations/condamnations, procès Milosevic/ Karadzic/ Mladic).
  13. Pour la Shoah et les Tsiganes : situer la chronologie (front de l’Est 1941, Solution Finale à partir de 1942, liquidation 1943, ordre 1944) et expliquer le « grand silence ».

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Histoire — définition ?

Science des hommes dans le temps.

Mémoire — rôle ?

Témoignage affectif hors contexte.

Devoir de mémoire — objectif ?

Maintenir le souvenir des crimes.

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