Fiche de révision : Histoire et pratiques de la folie

📋 Plan du Cours

  1. Enjeux et positionnement de l’histoire de la folie
  2. Folie dans l’Antiquité : dieux et fureur
  3. Hippocrate : folie et maladies de l’âme
  4. Théorie des humeurs et signes de la mania
  5. Phrénitis et épilepsie : explications humorales
  6. Folie au Moyen Âge et apparition du terme
  7. Asile et rétention : traitement collectif et colonies
  8. Pinel et classification des formes de folie
  9. Esquirol : monomanies et conduite hors norme
  10. Idiots et enfants : enfermement et éducabilité
  11. DSM et mondialisation des diagnostics
  12. Santé mentale OMS : norme sociale et injonction

📖 1. Enjeux et positionnement de l’histoire de la folie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Histoire sociale de la folie : Approche qui relie la folie aux transformations des sociétés, des normes et des institutions qui définissent la déviance.
  • Histoire culturelle et religieuse : Lecture qui considère la folie à travers les croyances, les valeurs et les cadres religieux qui interprètent les comportements.
  • Histoire du droit et de la folie : Perspective qui examine comment les règles juridiques et les catégories sociales influencent la manière de qualifier et traiter le fou.
  • Folie comme construction culturelle : Idée selon laquelle la folie n’est pas seulement un fait naturel, mais aussi une catégorie produite par une époque et ses représentations.
  • Folie non unifiée : Notion selon laquelle la folie regroupe des réalités hétérogènes, sans correspondre à une entité unique et stable.

📝 Points essentiels

  • L’histoire de la folie se situe à l’intersection de l’histoire sociale, culturelle, religieuse, médicale et juridique.
  • Étudier la folie impose d’accepter des définitions changeantes selon les disciplines et les époques.
  • La folie n’est pas une maladie unique : ses formes, ses causes supposées et ses traitements varient au fil du temps.
  • Les sociétés déterminent qui est « fou » et ces décisions produisent des effets sociaux (inclusion, exclusion, peur, dissimulation).
  • Les mots utilisés pour parler de la folie ont un rôle : ils orientent les représentations et les pratiques envers les personnes concernées.
  • Le récit historique n’est pas linéaire : les regards et les places du fou alternent, avec des retours en arrière et des traitements variés.

💡 Astuce mémo

Croiser 4 cartes : Société + Culture/Religion + Médecine + Droit → la « folie » change de sens selon la carte.

📖 2. Folie dans l’Antiquité : dieux et fureur

🔑 Notions clés & Définitions

  • Possession démoniaque : La possession démoniaque est une explication antique où la folie vient d’êtres surnaturels qui rompent l’équilibre corps-dieu-âme-monde.
  • Papyrus Ebers : Le Papyrus Ebers est un document égyptien (-1550) décrivant des affections et des traitements mêlant remèdes et rituels religieux.
  • Médecin apothicaire : Le médecin apothicaire est un soignant antique qui prescrit des remèdes et s’appuie sur des émotions pour traiter la folie.
  • Médecin devin : Le médecin devin est un soignant antique qui utilise la divination et les incantations pour détourner l’origine des maladies.
  • Suffocation de la matrice : La suffocation de la matrice est une explication antique des troubles féminins attribuée au déplacement de l’utérus et à un blocage de la respiration.

📝 Points essentiels

  • Dans les débuts de l’Antiquité, il n’existe pas de frontière nette entre maladies du corps et troubles de l’esprit.
  • Dans les premiers empires, la folie est surtout comprise comme une possession qui rompt l’équilibre supposé entre corps, dieu, âme et monde.
  • La folie n’est pas unique : plusieurs états peuvent être rapprochés, souvent liés à la perte de contrôle, des comportements incohérents, une tristesse intense ou des troubles de la parole.
  • Le Papyrus Ebers (-1550) propose environ 700 remèdes, dont des rituels religieux et des prescriptions liées à des consommations comme alcool et miel, avec incantations pour détourner l’origine des maladies.
  • En Égypte, la folie est soignée dans des sanctuaires et centres oraculaires, avec deux savoirs combinés : médecine (apothicaire) et divination (devin), parfois incarnés par une même personne.
  • Les troubles féminins sont expliqués par la mobilité de l’utérus, considéré comme un organe puissant presque autonome, pouvant provoquer désordres physiques et atteintes de l’âme via la “suffocation de la matrice”.

💡 Astuce mémo

Possession → rupture d’équilibre ; Papyrus Ebers = 700 remèdes + incantations ; Utérus mobile = suffocation.

📖 3. Hippocrate : folie et maladies de l’âme

🔑 Notions clés & Définitions

  • Fou errant : Figure sociale du Moyen Âge où la folie est associée à une menace, menant à l’exclusion hors de la cité et à l’errance.
  • Nef des fous : Bateau médiéval où des personnes dites folles sont transportées, chaque individu représentant un vice à dénoncer.
  • Possession : Interprétation religieuse de la folie où un agent extérieur (diable) trouble la raison et pousse le sujet à des actes déraisonnables.
  • Sorcellerie : Interprétation religieuse de la folie où le mal vient d’une influence extérieure non maîtrisée par la personne.
  • Théorie des humeurs : Modèle médical antique reliant la folie à un déséquilibre corporel des fluides, causant des excès responsables de formes de déraison.

📝 Points essentiels

  • Au Moyen Âge, la folie est souvent pensée comme liée au mal, ce qui favorise la contention ou l’exclusion des fous hors de l’espace social.
  • La folie peut aussi être enfermée dans des sous-sols de maisons familiales, puis entraîner une expulsion du village en cas de danger.
  • La folie est difficile à délimiter : les définitions varient, ce qui complique l’identification claire de qui est « fou ».
  • Deux grandes explications s’opposent : religieuse (possession/sorcellerie) et médicale (causalité somatique via les humeurs).
  • Dans la possession, la raison est conçue comme un don divin, et le diable est présenté comme pouvant troubler l’imagination et l’appétit sensible.
  • La folie religieuse est décrite comme une parole/activité venant de l’extérieur du sujet, ce qui rapproche certains récits mystiques de descriptions de délire et hallucinations (dans la logique du cours).

💡 Astuce mémo

Religieux = dehors (diable), Médical = dedans (humeurs).

📖 4. Théorie des humeurs et signes de la mania

🔑 Notions clés & Définitions

  • Traitement moral : Le traitement moral est une prise en charge de la folie par des moyens relationnels et éducatifs visant à restaurer le contrôle du sujet sur sa passion dominante.
  • Parole thérapeutique : La parole thérapeutique désigne l’idée que l’aliéniste soigne aussi par le dialogue et des injonctions morales adressées au patient.
  • Asile thérapeutique : L’asile thérapeutique est un lieu pensé comme soignant, notamment en retirant le patient de son environnement et en organisant un travail censé rétablir la raison.
  • Colonie familiale : La colonie familiale est un dispositif de retour dans le social où des personnes jugées incurables mais inoffensives sont accueillies dans de petites communautés.
  • Manie : La manie est, dans la classification de Pinel, une forme de folie dite généralisée.

📝 Points essentiels

  • Le traitement moral repose sur des moyens moraux comme l’éducation, les objections et les encouragements, avec une adaptation au cas du patient.
  • Le dialogue sert à identifier la passion dominante à l’origine de la folie afin d’aider le sujet à reprendre le contrôle sur cette passion.
  • Pinel rompt avec la séparation traditionnelle entre médecins pour le corps et philosophes pour l’âme en intégrant un raisonnement philosophique à la pratique médicale.
  • L’asile est d’abord présenté comme thérapeutique par retrait de l’environnement et par organisation du travail, souvent dans des cadres agricoles.
  • Avec l’augmentation des personnes enfermées et le manque de personnel, le traitement individualisé se dégrade et laisse place à une discipline collective.
  • Les colonies familiales visent à réinsérer socialement des patients considérés incurables mais inoffensifs, avec un encadrement médical au centre du village.

💡 Astuce mémo

Passion dominante + parole = contrôle retrouvé (traitement moral).

📖 5. Phrénitis et épilepsie : explications humorales

🔑 Notions clés & Définitions

  • Phrénitis : La phrénitis est une affection décrite dans les explications humorales comme une forme d’atteinte cérébrale liée à un déséquilibre des humeurs.
  • Épilepsie : L’épilepsie est une maladie caractérisée par des crises, interprétée dans certains cadres humoraux comme l’effet d’un trouble des humeurs.
  • Explications humorales : Les explications humorales expliquent les maladies par le déséquilibre et la mauvaise répartition des humeurs dans le corps.
  • Déséquilibre des humeurs : Le déséquilibre des humeurs désigne une rupture de l’équilibre interne qui est tenue pour responsable des symptômes.

📝 Points essentiels

  • Les explications humorales relient les troubles du cerveau à un désordre des humeurs plutôt qu’à une cause unique localisée.
  • La phrénitis est pensée comme une atteinte de type cérébral dont la gravité et les signes sont interprétés à partir de la qualité des humeurs.
  • L’épilepsie est comprise, dans ce cadre, comme la conséquence d’un trouble interne affectant le fonctionnement du corps et du cerveau.
  • Le raisonnement humorale cherche à relier symptômes et état général du patient via la notion de déséquilibre.
  • Les crises et troubles associés sont interprétés comme des manifestations d’un état corporel global, pas comme un phénomène isolé.

💡 Astuce mémo

Humeurs → cerveau : quand l’équilibre se casse, la phrénitis et l’épilepsie sont lues comme des effets du désordre interne.

📖 6. Folie au Moyen Âge et apparition du terme

🔑 Notions clés & Définitions

  • Enfance aliénée : Notion historique désignant les enfants considérés comme atteints de troubles mentaux et traités dans les mêmes cadres que les adultes.
  • Idiots et imbéciles : Catégories médicales du XIXe siècle regroupant des troubles jugés congénitaux et, le plus souvent, considérés comme difficiles à guérir.
  • Éducabilité de l’enfant idiot : Idée médicale et pédagogique selon laquelle l’enfant dit « idiot » peut progresser grâce à des soins et une éducation adaptés.
  • Phrénologie : Théorie du XIXe siècle reliant la forme du crâne à des facultés mentales et à la personnalité.
  • Criminel né : Concept de la criminologie biologique attribuant la déviance criminelle à des prédispositions innées et héréditaires.

📝 Points essentiels

  • Au XIXe siècle, des aliénistes obtiennent que les enfants ne fassent pas l’objet d’un régime distinct et soient internés comme les adultes.
  • En 1840, une précision indique que le texte de 1838 s’applique aussi aux enfants, ce qui retarde la mise en place de quartiers spécifiques.
  • L’idiotie et l’imbécilité sont pensées comme congénitales et inguérissables, avec une logique médicale centrée sur l’atteinte cognitive et une logique légale sans différence de traitement.
  • Le statu quo persiste jusqu’à la fin du siècle, puis une circulaire en 1972 tente d’organiser un réseau de soins pour enfants et adolescents, favorisant l’autonomisation de la psychiatrie infanto-juvénile.
  • Des établissements dédiés aux enfants aliénés se concentrent en région parisienne (Bicêtre, fondation Vallée à Gentilly, asile de Vaucluse pour jeunes garçons, Salpêtrière), où se construit une clinique empirique de l’en
  • Les asiles continuent toutefois d’accueillir l’« enfance aliénée » avec des pratiques punitives (isolement, privations, restrictions de sorties et de visites).

💡 Astuce mémo

Comparaison : « même internement » (enfants comme adultes) → « réseau de soins » (1972) ; l’axe change, pas tout de suite la pratique.

📖 7. Asile et rétention : traitement collectif et colonies

🔑 Notions clés & Définitions

  • Criminel né : Concept lombrosien selon lequel certains individus auraient une prédisposition criminelle innée liée à une tare héréditaire.
  • Folie morale : Notion attribuée par Lombroso à un ensemble de troubles psychiques et comportementaux qu’il relie à la criminalité chez le criminel-né.
  • Atavisme : Idée lombrosienne selon laquelle des anomalies seraient des retours à des formes « primitives », révélant l’anatomie du criminel.
  • Phrénologie : Démarche qui prétend lire les tendances d’un individu à partir de la morphologie du crâne, utilisée pour anticiper la délinquance.
  • Handicapisation : Processus par lequel des différences et souffrances singulières sont regroupées sous la catégorie « handicap », ce qui efface leur spécificité.

📝 Points essentiels

  • Lombroso relie déviance et crime à des phénomènes biologiques et justifie une politique de surveillance plutôt qu’un traitement des personnes étiquetées dangereuses.
  • Dans L’homme criminel, Lombroso cherche des signes précoces (indiscipline, mensonge, cruauté) et affirme que les instincts criminels peuvent se manifester tôt chez l’enfant.
  • Lombroso s’appuie sur une étude anthropométrique de 3 839 criminels (hommes et femmes) avec photographies et comparaisons crâniens entre « normaux » et « criminels ».
  • Lombroso met en avant la fossette occipitale comme anomalie « atavistique » et associe le criminel-né à des traits comme épilepsie, arrêt de développement, tatouage et argot.
  • La théorie lombrosienne alimente des dispositifs de défense sociale (colonies agricoles, maisons de correction, asiles, prisons) et des logiques eugénistes visant à « améliorer l’espèce ».
  • La figure du criminel se condense à celle du fou : Lombroso compare le criminel-né au « fou moral » et rapproche aussi ces figures de l’animalité attribuée à l’enfant.

💡 Astuce mémo

Lombroso = « Biologie → étiquette → enfermement/colonies » (criminel-né repéré tôt par le crâne).

📖 8. Pinel et classification des formes de folie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Traitement moral : Le traitement moral désigne une prise en charge centrée sur la relation au patient et sur la dimension psychique du trouble plutôt que sur la seule contrainte.
  • Désaliénation : La désaliénation est l’idée de réduire l’aliénation du sujet en cherchant à restaurer un lien avec sa raison et son expérience.
  • Nosographie : La nosographie est la classification des maladies mentales qui vise à organiser les troubles en catégories partageables par les soignants.
  • Monomanie : La monomanie est une forme de folie où le trouble est rattaché à un domaine limité, permettant une lecture par signes plutôt que par l’ensemble de la personne.
  • Anamnèse : L’anamnèse est la recherche de l’histoire du trouble ou de la souffrance afin de repérer des éléments discrets liés à la folie.

📝 Points essentiels

  • Pinel fonde une psychiatrie classificatoire où le diagnostic suppose que le « fou » n’est pas totalement coupé de la raison et où l’on cherche à désaliéner l’aliéné.
  • La classification de Pinel distingue quatre formes de folie : mélancolie, idiotie, démence, monomanie.
  • Esquirol reprend Pinel et subdivise la monomanie en catégories comme mélancolie manique et lypémanie.
  • La logique des monomanies réduit la folie à l’identification de signes ciblés, au lieu de considérer toute la personne.
  • La monomanie relie médecine et psychiatrie en rattachant chaque monomanie à un défaut moral et en compartimentant les humains par sphères (comportement, affect, morale).
  • Falret critique la monomanie en dénonçant la localisation du trouble et l’oubli des causes, puis appelle à un retour à une nosographie plus attentive à l’histoire du sujet (anamnèse).

💡 Astuce mémo

Pinel = 4 cases de folie (mélancolie, idiotie, démence, monomanie) ; Falret = « signes discrets + histoire » via l’anamnèse.

📖 9. Esquirol : monomanies et conduite hors norme

🔑 Notions clés & Définitions

  • Monomanie : La monomanie désigne une forme de trouble où une atteinte psychique semble focalisée sur un domaine particulier plutôt que sur l’ensemble de la personnalité.
  • Conduite hors norme : La conduite hors norme correspond à des comportements jugés atypiques par rapport aux attentes sociales, pouvant traduire une souffrance psychique ou un désaccord avec le cadre commun.
  • Aliénation sociale : L’aliénation sociale est un état où la personne se sent exclue, mise à part et coupée du monde commun, ce qui renforce sa souffrance.
  • Aliénation psychopathologique : L’aliénation psychopathologique est une expérience interne où le sujet se sent étranger à lui-même, avec un rapport instable au sens et à la réalité.

📝 Points essentiels

  • La monomanie renvoie à l’idée d’une perturbation psychique localisée, utile pour penser des conduites singulières sans réduire la personne à une déchéance globale.
  • La conduite hors norme peut être comprise comme une tentative de traitement de la souffrance, mais elle peut aussi désarrimer le langage commun et faire perdre du sens.
  • La double aliénation articule un versant psychique (être étranger à soi) et un versant social (être étranger aux autres), ce qui intensifie la souffrance.
  • En clinique institutionnelle, le soignant doit éviter d’alimenter l’exclusion sociale et la rupture de sens, car l’institution peut produire ou renforcer ces aliénations.
  • Le cloisonnement institutionnel est présenté comme un facteur de maladie, car il empêche la circulation et entretient l’isolement du sujet.

💡 Astuce mémo

Double aliénation = Moi (psychique) + Autres (social) : si l’un se ferme, l’autre s’aggrave.

📖 10. Idiots et enfants : enfermement et éducabilité

🔑 Notions clés & Définitions

  • Éthique du désir : L’éthique du désir est une exigence clinique qui oblige à interroger sa propre présence et ses effets dans la rencontre avec l’autre.
  • Coefficient de présence : Le coefficient de présence désigne le degré de disponibilité réelle du soignant dans l’ici et le maintenant pour permettre une rencontre authentique.
  • Pathoplastie : La pathoplastie est l’idée qu’un lieu peut générer ou renforcer des troubles, aggravant l’état des personnes qui y sont enfermées.
  • Principe de La Borde : Le principe de La Borde affirme qu’on doit d’abord soigner ceux qui soignent, car l’institution elle-même participe au soin.
  • Psychothérapie institutionnelle : La psychothérapie institutionnelle est une approche où l’organisation collective et les dispositifs de l’institution deviennent des leviers thérapeutiques.

📝 Points essentiels

  • Travailler avec la subjectivité impose de questionner sa propre histoire et sa place dans la rencontre avec les personnes soignées.
  • Quand la tête est ailleurs, la rencontre authentique est empêchée, ce qui rend l’interrogation éthique constante pour toute population.
  • Tosquelles relie l’aggravation possible des malades à l’hôpital comme « endroit pathogène », ce qui justifie de transformer l’institution.
  • La Borde fonctionne avec une double visée sociologique et psychanalytique, présentée comme ses « deux jambes ».
  • Trois principes organisateurs rompent avec l’enfermement : direction démocratique, capacité de faire des tâches variées, organisation communautaire des responsabilités.
  • À La Borde, la folie est pensée comme un droit, et chaque rouage de la clinique est traité comme un instrument de soin via des relations transférentielles impliquant tout le personnel.

💡 Astuce mémo

Éthique = Présence : si tu n’es pas là, tu nourris l’aliénation ; si tu es là, l’institution devient soin.

📖 11. DSM et mondialisation des diagnostics

🔑 Notions clés & Définitions

  • DSM I : Le DSM I est une classification psychiatrique qui range l’homosexualité dans la catégorie des troubles mentaux.
  • DSM II : Le DSM II est une classification psychiatrique qui maintient l’homosexualité dans la catégorie des troubles mentaux.
  • DSM III : Le DSM III est la version du DSM qui marque un changement de statut de l’homosexualité, en la sortant de la catégorie trouble mental.
  • Classification internationale des maladies : La classification internationale des maladies est un système de référence qui intègre aussi l’évolution du statut de l’homosexualité, notamment en 1990.
  • Sexologie : La sexologie est un champ clinique qui propose une approche du sexuel centrée sur des aspects plus physiologiques et comportementaux.

📝 Points essentiels

  • Dans le DSM I et le DSM II, l’homosexualité est classée comme un trouble mental, au même titre que d’autres troubles psychiatriques.
  • Le DSM III (1973) modifie la classification de l’homosexualité, notamment sous l’influence de l’activisme.
  • En 1990, la classification internationale des maladies adopte un changement de statut pour l’homosexualité.
  • La dépsychiatrisation s’étend des années 60 aux années 90, portée par la révolution sexuelle, la décrédibilisation des croyances médicales et les luttes gay/lesbiennes/trans.
  • La sexologie (années 50, Master et Johnson) déplace l’attention vers une clinique du sexuel, avec un cadrage moins centré sur l’identité comme trouble.
  • Avec la sexologie, la médecine garde une place sur la sexualité en traitant davantage des difficultés physiologiques (ex. érection) que des identités considérées pathologiques.

💡 Astuce mémo

DSM I–II = trouble mental ; DSM III (1973) = bascule ; CIM (1990) = harmonisation internationale.

📖 12. Santé mentale OMS : norme sociale et injonction

🔑 Notions clés & Définitions

  • Santé mentale OMS : La santé mentale OMS désigne un état de bien-être permettant à la personne de se réaliser, de faire face aux tensions de la vie et de contribuer à la communauté.
  • Hygiène mentale : L’hygiène mentale est une approche normative visant à préserver la santé physique et psychique via un mode de vie jugé « bon » et discipliné.
  • Santé mentale comme norme : La santé mentale comme norme correspond à l’idée qu’un niveau de bien-être devient une exigence sociale à atteindre, avec des écarts considérés comme problématiques.
  • Complétude du bien-être : La complétude du bien-être est l’horizon implicite d’un état « complet » de santé, présenté comme nécessaire alors qu’il n’existe pas réellement.
  • Santé mentale comme injonction au bonheur : L’injonction au bonheur est le fait que les définitions de la santé mentale tendent à exclure les moments difficiles et à promettre une vie entièrement maîtrisable par la volonté.

📝 Points essentiels

  • La santé mentale suppose l’existence d’un « bon » et d’un « mauvais » état, ce qui transforme la santé en critère évaluatif social.
  • La définition OMS (santé) élargit la santé à un complet bien-être physique, mental et social, et l’absence de maladie ne suffit plus à définir la santé.
  • La complétude devient un horizon à atteindre, ce qui peut produire de l’anxiété quand l’individu n’y parvient pas.
  • Le contenu du bien-être se déplace vers l’adaptation au milieu social plutôt que vers la transformation des conditions de vie.
  • La santé mentale est présentée comme permettant de se réaliser, de surmonter les tensions normales, de travailler et de contribuer, ce qui renforce une pression sociale.
  • Les définitions de santé mentale tendent à évacuer la part tragique de l’existence et à nier l’idée d’éléments pathogènes (peur, frustration, blessures).

💡 Astuce mémo

OMS = « se réaliser + surmonter + contribuer » : une santé sans maladie devient une exigence de bien-être total, donc une norme qui peut culpabiliser.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
-1550Papyrus Ebers : environ 700 remèdes, rituels religieux et incantations
1840Précision indiquant que le texte de 1838 s’applique aussi aux enfants
1972Circulaire tentant d’organiser un réseau de soins pour enfants et adolescents
1792Muller représente Pinel libérant les fous de leurs chaînes
1838Loi d’Esquirol définissant les asiles (et loi de 1838 sur les aliénés)

📊 Tableaux de synthèse

Grandes explications de la folie (religieux vs médical)

AxeExplicationConséquence sur le traitement
ReligieuxPossession ou sorcellerie (diable/agent extérieur)Pratiques d’exorcisme et de pèlerinage, délivrance du possédé
MédicalThéorie des humeurs : déséquilibre interne (corps/cerveau)Remèdes physiques et moraux visant à diminuer l’excès de fluide (régimes, bains, saignées, plantes, etc)

Évolution des dispositifs : enfermement, asile, secteur

PériodeDispositifLogique dominante
Âge classique (17e)Hôpital généralBrouillage folie/amoralité, enfermement pour nettoyer la ville et mettre au travail
Fin 18e-19eAsile (aliénisme)Traitement moral puis dérives : observation puis rétention collective
Après-guerre (psychiatrie de secteur)CMP et prise en charge ambulatoire sectoriséeContinuité des soins et non-ségrégation, soins au plus près du domicile

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre folie et maladie unique : le cours insiste sur la folie comme catégorie non unifiée, changeante selon les disciplines et les époques.
  2. Croire que l’évolution va vers plus d’humanisme de façon linéaire : le cours montre des retours, des dérives et des continuités (asile = soin puis rétention).
  3. Opposer trop simplement religieux vs médical : dans la pratique, ils peuvent cohabiter (sanctuaires + médecine/divination en Égypte, etc.).
  4. Prendre la monomanie comme une simple “forme” sans enjeu : elle réduit la folie à des signes ciblés et compartimente la personne (critique de Falret).
  5. Assimiler “asile” à “soins individuels” : avec l’augmentation des internés et le manque de personnel, le traitement individualisé se dégrade vers une discipline collective.
  6. Réduire la psychiatrie de secteur à une simple décentralisation : le cours insiste sur continuité intra/extra-hospitalière, non-ségrégation et coordination multi-référentielle.
  7. Confondre handicap et folie comme entités naturelles : le cours insiste sur leur dépendance aux structurations sociales et sur la “handicapisation” des différences.

✅ Checklist Examen

  1. Définir l’histoire de la folie comme croisement histoire sociale/culturelle/religieuse/médicale/droit et expliquer pourquoi les définitions changent selon les disciplines.
  2. Expliquer l’Antiquité : folie comme violence extérieure/possession (Lyssa, Dionysos) et l’ambivalence (transe cathartique vs danger animalisant).
  3. Présenter le Papyrus Ebers (-1550) : ordre des remèdes (≈700), place des rituels/incantations et lien avec les dieux, ainsi que la combinaison médecine apothicaire + divination devin.
  4. Exposer le Moyen Âge : figures (hérétique/folie amoureuse/fou du roi), logique d’exclusion/contension, et les deux théories d’origine (possession/sorcellerie vs humeurs).
  5. Décrire la théorie des humeurs (Hippocrate/Galén) : 4 fluides, déséquilibre interne, et exemples de correspondances (mania, mélancolie, phrénitis, épilepsie).
  6. Expliquer l’aliénisme : folie comme exagération de passions/pulsions, possibilité de traitement moral et de réversibilité, puis rôle de l’asile et de la loi d’Esquirol (1838).
  7. Maîtriser la classification : Pinel (4 formes : manie, mélancolie, idiotie, démence), Esquirol (monomanies), et la critique de Falret (retour à l’anamnèse et aux causes/histoire du sujet).
  8. Présenter Kraepelin : classification par destins évolutifs (démence précoce, paranoïa, psychose maniaco-dépressive) et l’idée de dégénérescence (Morel) comme dérive vers hérédité et intervention précoce.
  9. Expliquer l’apport de Foucault : méthode (archéologie des discours), construction du normal/pathologique, et “Grand Renfermement” (hôpital général) avec objectifs de nettoyage et travail.
  10. Décrire la psychiatrie de l’enfance irrégulière : “idiot” (Pinel/Itard/Esquirol), éducabilité vs incurabilité, et la loi de 1838 appliquée aux enfants (précision en 1840) jusqu’à la circulaire de 1972.
  11. Exposer la psychothérapie institutionnelle : double aliénation, transfert multi-référentiel/constellation transférentielle, et dispositifs (club thérapeutique, réunions, circulation) chez Tosquelles puis Oury/La Borde.
  12. Relier handicap et folie : thèse de Stiker (pas de handicap hors structurations sociales), confusion historique, et retour du brouillage via la “handicapisation” et la reconnaissance administrative.

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Histoire et pratiques de la folie avec 11 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quel est l’enjeu principal de l’histoire de la folie lorsqu’on l’aborde comme objet historique ?

2. Quelle est la principale idée de l’histoire sociale de la folie ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Histoire et pratiques de la folie avec 9 flashcards interactives.

Histoire sociale de la folie — définition ?

Lien entre folie, société, normes et institutions.

Histoire sociale de la folie

Lie la folie aux transformations sociales et normatives.

Folie antique — rôle des dieux ?

Expliquer la folie comme possession ou fureur divine.

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