QCM : Histoire, mémoire et justice internationale — 16 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle est la principale différence entre l’histoire et la mémoire ?

L’histoire ne s’intéresse qu’aux événements vécus par un groupe, tandis que la mémoire étudie tous les passés
L’histoire et la mémoire ont exactement la même méthode, mais pas le même vocabulaire
L’histoire repose sur l’attachement affectif, tandis que la mémoire vise une objectivité scientifique
L’histoire cherche une explication critique du passé, tandis que la mémoire exprime un souvenir subjectif et partiel

L’histoire cherche une explication critique du passé, tandis que la mémoire exprime un souvenir subjectif et partiel

Explication

L’histoire est une démarche scientifique qui critique et confronte les sources pour expliquer le passé. La mémoire, elle, relève du souvenir vécu et reste marquée par une dimension affective, donc subjective et partielle.

2. Que doit faire l’historien lorsqu’il utilise des témoignages comme sources ?

Les replacer dans leur contexte de production et les confronter à d’autres sources
Les transformer en récit collectif sans les critiquer
Les utiliser seulement s’ils confirment une hypothèse déjà établie
Les accepter tels quels pour restituer fidèlement le vécu

Les replacer dans leur contexte de production et les confronter à d’autres sources

Explication

L’historien ne se contente pas d’un témoignage brut : il en fait une source à critiquer et à contextualiser. Cela permet d’éviter de confondre souvenir subjectif et explication historique.

3. Qu’appelle-t-on une mémoire officielle ?

Une mémoire produite par les historiens dans les archives publiques
Une mémoire reconnue et mise en scène par l’État dans l’espace public
Une mémoire qui disparaît quand des historiens la contestent
Une mémoire strictement privée, sans portée collective

Une mémoire reconnue et mise en scène par l’État dans l’espace public

Explication

La mémoire officielle est celle que l’État valorise publiquement en mettant en avant certains récits et en en minimisant d’autres. Elle n’est donc pas neutre, car elle sélectionne ce qui doit être retenu.

4. À partir de quelle période les mémoires étouffées de la Seconde Guerre mondiale se réveillent-elles fortement ?

Dès 1945, avec l’ouverture immédiate des grands procès
Dans les années 1970, grâce notamment aux travaux d’historiens et à certains procès
Dans les années 1950, avec la reconstruction européenne
Dans les années 1990, uniquement à cause de la création de la CPI

Dans les années 1970, grâce notamment aux travaux d’historiens et à certains procès

Explication

Le cours indique que les mémoires étouffées se réveillent à partir des années 1970. Ce réveil est lié à l’action des historiens et à certains procès qui font émerger des mémoires concurrentes.

5. Quelle est la définition du devoir de mémoire ?

Une obligation morale de se souvenir d’un événement tragique pour éviter sa reproduction
Une obligation juridique de juger tous les crimes du passé
Une méthode scientifique de critique des sources historiques
Une mémoire officielle imposée par l’État à tous les citoyens

Une obligation morale de se souvenir d’un événement tragique pour éviter sa reproduction

Explication

Le devoir de mémoire est présenté comme une obligation morale de se souvenir d’un drame historique afin qu’il ne se reproduise pas. Il ne désigne pas une démarche scientifique, mais une exigence éthique et civique.

6. Que prévoit la loi Gayssot de 1990 ?

Elle crée la Cour pénale internationale
Elle organise la dénazification de l’Allemagne après guerre
Elle condamne le négationnisme de la Shoah
Elle qualifie la traite et l’esclavage de crime contre l’humanité

Elle condamne le négationnisme de la Shoah

Explication

La loi Gayssot vise à condamner le négationnisme de la Shoah et à empêcher des manipulations de l’histoire. La loi Taubira, en revanche, concerne la traite et l’esclavage.

7. Que défend l’association « Liberté pour l’histoire » ?

Le principe selon lequel l’historien doit écrire une mémoire officielle
Le droit pour le Parlement de fixer la vérité historique
L’idée que l’histoire doit être une branche de la justice
L’autonomie de l’histoire face aux interventions politiques et judiciaires

L’autonomie de l’histoire face aux interventions politiques et judiciaires

Explication

L’association fondée par Pierre Nora défend la liberté du travail historique contre les ingérences politiques et judiciaires. Elle rappelle que l’histoire n’est ni une religion, ni une morale, ni un objet juridique.

8. Pourquoi les historiens refusent-ils d’être assimilés à des juges dans un procès ?

Parce qu’ils doivent toujours défendre l’accusation
Parce qu’ils ne travaillent qu’à partir d’archives secrètes
Parce qu’ils établissent des faits par critique des sources, sans rendre une décision judiciaire
Parce qu’ils ne peuvent jamais parler des événements du passé

Parce qu’ils établissent des faits par critique des sources, sans rendre une décision judiciaire

Explication

L’historien produit une connaissance critique du passé en confrontant documents et souvenirs, mais il ne tranche pas comme une juridiction. C’est précisément le sens de la position défendue par Rousso.

9. Dans quel contexte le procès de Nuremberg s’inscrit-il ?

Dans la dénazification engagée par les Alliés après la Seconde Guerre mondiale
Dans la création de la Cour pénale internationale en 2002
Dans les procès nationaux des années 1990
Dans la décolonisation menée après 1945

Dans la dénazification engagée par les Alliés après la Seconde Guerre mondiale

Explication

Le procès de Nuremberg s’inscrit dans la dénazification menée par les Alliés après la guerre. Il se déroule entre 1945 et 1946 pour juger les principaux responsables nazis.

10. Quelle innovation juridique majeure est liée au procès de Nuremberg ?

L’instauration d’une justice uniquement nationale
La disparition du crime de guerre
La création du terme génocide et la reconnaissance du crime contre l’humanité
La mise en place de la loi Gayssot

La création du terme génocide et la reconnaissance du crime contre l’humanité

Explication

Nuremberg accompagne l’apparition de nouvelles catégories juridiques pour qualifier des crimes d’une ampleur inédite, notamment le génocide et le crime contre l’humanité. Le terme génocide est créé en 1944 et le crime contre l’humanité en 1945.

11. Quel élément caractérise le génocide par rapport à un autre crime de masse ?

La volonté de punir des soldats ennemis en temps de guerre
L’intention d’anéantir un groupe humain selon des critères précis
La contestation d’une vérité historique reconnue
L’atteinte à l’autorité d’un gouvernement par la propagande

L’intention d’anéantir un groupe humain selon des critères précis

Explication

Le génocide se définit par l’objectif d’anéantissement d’un groupe humain, associé à des motifs raciaux, religieux ou ethniques et à une organisation de cet anéantissement. Les autres propositions renvoient à d’autres notions, comme les crimes de guerre ou le négationnisme.

12. Quelle qualification juridique vise d’abord des exactions commises contre des populations civiles ?

Le crime d’agression
Le crime contre l’humanité
Le crime de guerre
La haute trahison

Le crime contre l’humanité

Explication

Le crime contre l’humanité concerne des exactions contre des populations civiles, comme l’assassinat, l’extermination, la déportation ou la persécution. Le crime de guerre, lui, renvoie plutôt à des crimes commis contre des militaires.

13. Pourquoi la Cour pénale internationale est-elle considérée comme une institution permanente ?

Parce qu’elle a été créée en 2002 comme juridiction durable liée à l’ONU
Parce qu’elle a été mise en place uniquement pour juger Nuremberg
Parce qu’elle dépend exclusivement des tribunaux nationaux
Parce qu’elle ne fonctionne qu’en période de guerre mondiale

Parce qu’elle a été créée en 2002 comme juridiction durable liée à l’ONU

Explication

La CPI est présentée comme le premier tribunal international permanent lié à l’ONU, créé en 2002. Elle se distingue ainsi des tribunaux exceptionnels créés dans les années 1990.

14. Quelle limite fragilise l’efficacité de la Cour pénale internationale ?

Elle ne traite que les infractions économiques entre États
Elle ne peut juger que certains crimes commis sur des territoires d’États ayant accepté sa compétence
Elle juge uniquement les crimes commis avant 1945
Elle dépend du vote direct des populations concernées

Elle ne peut juger que certains crimes commis sur des territoires d’États ayant accepté sa compétence

Explication

L’efficacité de la CPI est limitée car sa compétence dépend de l’acceptation des États sur le territoire desquels les crimes ont été commis. C’est pourquoi certains grands États mentionnés ne sont pas pleinement couverts par son action.

15. Pourquoi des historiens sont-ils sollicités lors de certains procès nationaux pour crimes contre l’humanité ?

Pour remplacer les avocats des parties
Pour prononcer une sanction pénale
Pour rendre un verdict à la place des juges
Pour contextualiser des faits très anciens et éclairer le cadre historique

Pour contextualiser des faits très anciens et éclairer le cadre historique

Explication

Comme ces crimes sont imprescriptibles, des procès peuvent avoir lieu longtemps après les faits, ce qui justifie l’intervention d’historiens pour contextualiser. Ils n’ont pas pour rôle de juger ni de condamner.

16. Quelle position Henry Rousso défend-il à propos du rôle de l’historien dans un procès ?

L’historien doit rédiger la décision du tribunal
L’historien doit toujours témoigner comme un simple témoin
L’historien n’est ni un témoin juridique ni un expert judiciaire
L’historien doit remplacer le procureur pour exposer les charges

L’historien n’est ni un témoin juridique ni un expert judiciaire

Explication

Henry Rousso estime que la pratique de l’historien ne correspond pas aux règles d’une juridiction de jugement, donc qu’il n’est ni témoin au sens juridique ni expert au sens judiciaire. Il distingue ainsi clairement le travail historien du rôle judiciaire.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 16 flashcards sur Histoire, mémoire et justice internationale.

Histoire — définition ?

Approche scientifique du passé, objectif.

Mémoire — définition ?

Souvenirs subjectifs liés à un vécu.

Sources — rôle ?

Fournissent les éléments pour l’historien.

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