📋 Plan du Cours
- Histoire objective et mémoires subjectives
- Devoir de mémoire et devoir d histoire
- Justice pénale internationale et crimes imprescriptibles
- Justice transitionnelle et commissions de vérité
- Justice internationale discréditée et critiques
- Juridictions locales et tribunaux gacaca au Rwanda
- Résistancialisme et construction du récit national
- Politiques de repentance et mémorialisation
- Historiens et philosophes de la Shoah
- Procès de Nuremberg et naissance du droit
- Procès Eichmann et poursuites des criminels
📖 1. Histoire objective et mémoires subjectives
🔑 Notions clés & Définitions
- Hérodote : Historien grec qui présente l’histoire comme une recherche de vérité fondée sur des sources et un travail critique.
- Procédure de vérité : Idée selon laquelle l’histoire vise une forme de vérité obtenue par vérification, examen approfondi et recoupement des sources.
- Mémoires subjectives : Ensemble de récits vécus par un groupe ou un individu, marqués par la sélection liée à l’itinéraire et au ressenti.
- Mémoire collective officielle : Mémoire portée par une communauté plus large, définie notamment par l’État, et utilisée comme facteur d’identité.
- Devoir de mémoire : Démarche qui cherche à reconnaître publiquement des faits passés et à répondre à des blessures collectives.
📝 Points essentiels
- L’histoire se veut objective car elle s’appuie sur des sources vérifiées, fouillées et croisées, mais elle n’élimine pas totalement l’interprétation.
- La distance de l’historien vis-à-vis du sujet contribue à l’objectivité, même si les sources restent parfois partielles.
- Les mémoires sont des sources subjectives : elles sélectionnent les événements selon le vécu et peuvent entrer en contradiction entre elles.
- Un témoignage doit être traité avec précaution, car il reflète un point de vue et non une archive neutre.
- L’historien peut utiliser les mémoires comme objet d’étude, avec un recul plus grand que celui d’une simple archive figée.
- L’historien doit chercher un « juste milieu » : rétablir une mémoire partielle sans juger, entre histoire et mémoires des acteurs.
💡 Astuce mémo
Objectivité = sources croisées ; subjectivité = vécu sélectionné.
📖 2. Devoir de mémoire et devoir d histoire
🔑 Notions clés & Définitions
- Toussaint rouge : Événement déclencheur de la guerre d’Algérie, marqué par des attentats contre des intérêts français en Algérie.
- FLN : Mouvement nationaliste algérien qui mène le combat pour l’indépendance et verrouille ensuite la mémoire officielle du conflit.
- MNA : Mouvement nationaliste concurrent du FLN, impliqué dans une guerre civile entre Algériens pendant la période du conflit.
- Messali Hadj : Figure du nationalisme algérien, associée à la construction morale du mouvement et au soutien du MNA.
- Benjamin Stora : Historien du conflit algérien, auteur d’analyses sur la fin de l’amnésie et sur les mécanismes de déni côté français.
📝 Points essentiels
- En 1954, après les attentats de la Toussaint rouge, Pierre Mendès-France et François Mitterrand lancent le conflit en s’appuyant sur l’idée « L’Algérie, c’est la France ».
- En 1945, les massacres de Sétif et Guelma illustrent la difficulté de coexistence entre populations européenne et musulmane en Algérie.
- En 1962, au moment de l’indépendance, le FLN verrouille le pouvoir et fait l’impasse sur l’idée que la guerre fut aussi une guerre civile entre Algériens.
- La Constitution algérienne met en avant le rôle des combattants autour du mouvement nationaliste, mais l’image de Messali Hadj est partiellement effacée du souvenir officiel.
- Les historiens cherchent l’objectivité en traitant les responsabilités du conflit, mais l’historiographie est influencée par les contextes nationaux et les lectures postérieures.
- En mai 1919, une Commission d’Allemands indépendants (avec 4 historiens) propose un rapport à Clemenceau pour contester les responsabilités allemandes dans la guerre de 1914-1918.
💡 Astuce mémo
Mémoire verrouillée : FLN écrit l’histoire, puis l’historien rouvre les faits (Algérie) ; pour 1914, on compare les responsabilités (Allemagne, belligérants, puis multipolarité).
📖 3. Justice pénale internationale et crimes imprescriptibles
🔑 Notions clés & Définitions
- Mémoire collective : La mémoire collective est l’ensemble des souvenirs partagés par un groupe, qui oriente la façon dont le passé est interprété et transmis.
- Brutalisation : La brutalisation désigne un processus où la violence devient banalisée et valorisée, notamment dans certains mouvements politiques après la guerre.
- Guerre d’Algérie : La guerre d’Algérie est le conflit de décolonisation dont la reconnaissance et la commémoration ont longtemps été difficiles en France.
- Guerre sans nom : La guerre sans nom est la manière dont le conflit d’Algérie a été longtemps désigné en France, retardant sa reconnaissance pleine comme guerre.
- Crime d’État : Un crime d’État est une responsabilité attribuée à l’État pour des faits graves, reconnue officiellement après des années de contestation.
📝 Points essentiels
- La mémoire varie selon les groupes, ce qui explique des récits différents et parfois des mémoires effacées ou réprimées après 1939.
- Après la Grande Guerre, des tensions politiques et des formes de violence apparaissent, décrites par les notions de déshumanisation et de brutalisation.
- Le pacifisme et l’apaisement se traduisent aussi par des gestes et institutions européennes, comme la CECA (1950) et des rencontres franco-allemandes (1962, Reims).
- Le centenaire 14-18 (2012) relance la recherche et la collecte de documents pour rendre visibles plusieurs aspects du conflit, sans chercher à démêler toutes les responsabilités.
- En France, la guerre d’Algérie est restée une guerre sans nom jusqu’à une reconnaissance en 1999 par l’Assemblée nationale, sur avis du président Jacques Chirac.
- En Algérie, l’indépendance est commémorée comme fête nationale le 5 juillet, tandis qu’en France les commémorations sont plus difficiles à cause des rapatriés et des morts de la guerre.
💡 Astuce mémo
Mémoire = plusieurs “miroirs” : chaque groupe voit le passé à sa façon, donc les récits divergent.
📖 4. Justice transitionnelle et commissions de vérité
🔑 Notions clés & Définitions
- Justice transitionnelle : Approche visant à traiter les violences passées après un conflit, en articulant vérité, reconnaissance et réparation.
- Commission de vérité : Instance chargée de recueillir et d’établir les faits sur des violences, afin de produire une mémoire plus étayée et partagée.
- Mémoire officielle : Récit imposé par le pouvoir qui organise ce qui doit être retenu du conflit et qui oriente l’interprétation publique.
- Ouverture des archives : Processus qui rend accessibles des documents et relance la recherche, permettant de transformer une blessure mémorielle en objet historique.
- Acteurs de mémoire : Groupes ou personnes directement liés au conflit qui portent des récits, revendiquent la reconnaissance des faits et influencent la transition mémoire→histoire.
📝 Points essentiels
- La reconnaissance du crime et la mise au jour des violences peuvent être tardives, comme pour les assassinés du 17 octobre 1961 restés anonymes pendant des décennies.
- La torture devient un sujet central grâce à des archives et des témoignages, et la censure peut viser des œuvres qui la décrivent.
- Le passage de la mémoire à l’histoire dépend du travail d’historiens, de cinéastes et de témoins qui relient récits et documents.
- L’ouverture des archives dès 1992 et l’arrivée de nouveaux chercheurs transforment la guerre en fait historique plutôt qu’en simple blessure mémorielle.
- En 1964, la Charte d’Alger fixe une mémoire officielle de la guerre de libération et impose une grille de lecture centrée sur la colonisation.
- Le FLN au pouvoir contrôle la vision de la guerre dès 1962, ce qui conduit à une histoire institutionnalisée et à un travail historique surveillé ou orienté par le pouvoir.
💡 Astuce mémo
Vérité = archives + témoins ; Mémoire officielle = pouvoir qui cadre le récit.
📖 5. Justice internationale discréditée et critiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Mémoire des appelés du contingent : Groupe de mémoire lié aux appelés du service militaire, dont la reconnaissance comme anciens combattants intervient en 1974.
- Mémoire des Harkis : Groupe de mémoire centré sur les Harkis et leur descendance, décrits comme oubliés et victimes d’abandon et de parquage après le conflit.
- Crimes de masse : Ensemble de violences à grande échelle, dont le retour en Europe et en Afrique dans les années 1990 choque l’idée d’une consolidation démocratique.
- Justice internationale : Mécanisme international mobilisé pour qualifier et traiter des crimes, jugé insuffisant ou lent face aux massacres des années 1990.
- Histoire et mémoires : Relation entre lecture historique et récits portés par des acteurs, souvent marquée par des vérités concurrentes.
📝 Points essentiels
- Les années 1990 voient le retour des crimes de masse en Europe et en Afrique, malgré l’espoir d’un meilleur respect des droits de l’Homme après la guerre froide.
- En ex-Yougoslavie et au Rwanda, la communauté internationale intervient de façon impuissante ou très lente face à des massacres qualifiés de hors-norme.
- Les massacres antérieurs (Biafra, Cambodge, guerres de décolonisation) avaient déjà heurté les sensibilités, mais le contexte des années 1990 rendait ces horreurs perçues comme d’autant plus impossibles.
- Les acteurs porteurs de mémoires estiment détenir la vérité, ce qui rend la conciliation avec l’approche historique plus complexe.
- Les difficultés de conciliation entre Histoire et mémoires se manifestent aussi dans les mémoires françaises contrastées (appelés du contingent vs Harkis).
- Les enquêtes et exhumations en ex-Yougoslavie (dès 1994, notamment à Srebrenica) montrent l’effort de qualification juridique, mais soulignent aussi la lenteur et la complexité de la preuve.
💡 Astuce mémo
Mémoires opposées → vérités concurrentes ; Justice internationale lente → crimes de masse visibles avant l’action.
📖 6. Juridictions locales et tribunaux gacaca au Rwanda
🔑 Notions clés & Définitions
- République rwandaise : Régime politique instauré en 1961, associé au début des discriminations hutues envers les Tutsis dans le contenu étudié.
- FPR Front Patriotique Rwandais : Mouvement politique rwandais présenté comme lié aux Tutsis, opposé au pouvoir hutu durant la guerre civile des années 1990.
- Accords d’Arusha : Ensemble d’accords mentionné comme ayant échoué en août 1993 pour réintégrer les Tutsis à la nation rwandaise.
- Interahamwe : Milices hutues décrites comme traquant et assassinant hommes, femmes et enfants pendant les massacres de 1994.
- RTLM Mille Collines : Station de radio-télévision créée en août 1993, utilisée pour appeler au meurtre et diffuser des listes de victimes.
📝 Points essentiels
- Les discriminations hutues envers les Tutsis commencent dès 1961 avec l’instauration de la République.
- La guerre civile des années 1990 oppose le FPR de Paul Kagame (en exil) à l’armée du président hutu J. Habyarimana, au pouvoir depuis 1973.
- Les tentatives de réintégration des Tutsis échouent lors des accords d’Arusha (août 1993) puis après la mort du président le 6 avril 1994.
- En 1994, la population est donnée comme 85 % de Hutus et 15 % de Tutsis, et ces 15 % représentent 80 % des victimes du génocide entre avril et juillet, soit environ un million de personnes.
- Les massacres sont décrits comme organisés par des ordres descendant des 10 préfets vers des échelons locaux jusqu’aux sections de miliciens.
- La police et la gendarmerie participent aux massacres ou fournissent des armes aux génocidaires, et les tueries utilisent surtout des armes blanches (machettes) avec d’autres armes circulant aussi.
💡 Astuce mémo
1961→discriminations, 1993→Arusha échoue, 6/04/1994→déclenchement, 7/07→fin militaire du génocide (selon le texte).
📖 7. Résistancialisme et construction du récit national
🔑 Notions clés & Définitions
- Justice transitionnelle : La justice transitionnelle regroupe des dispositifs visant à traiter les crimes du passé tout en préservant la paix et la reconstruction politique après une dictature ou un conflit.
- Commission de vérité : Une commission de vérité est un mécanisme non pénal qui cherche à établir les faits, reconnaître les victimes et favoriser la réconciliation sans exiger nécessairement des poursuites.
- TPIY : Le TPIY est un tribunal pénal international créé par l’ONU pour juger les crimes commis lors du conflit en ex-Yougoslavie.
- TPIR : Le TPIR est un tribunal pénal international créé par l’ONU pour juger les crimes commis au Rwanda, notamment liés au génocide.
- Juridictions gacaca : Les juridictions gacaca sont des tribunaux locaux rwandais de jugement en plein air, organisés pour accélérer la justice après le génocide.
📝 Points essentiels
- Les procès de Nuremberg (1945-46) et Tokyo (1946-48) posent des bases de justice pénale internationale pour des crimes contre les droits humains.
- Les crimes de guerre, contre la paix et contre l’humanité sont présentés comme imprescriptibles, ce qui permet des poursuites à tout moment et en tout lieu.
- Dans les années 70-80, la justice devient plus systématique après les sorties de dictatures, avec l’objectif de sauvegarder la paix via des dispositifs transitionnels.
- En Argentine, la commission de vérité (1983) illustre un compromis où la recherche de vérité et la réconciliation ne reposent pas forcément sur des poursuites pénales.
- En Afrique du Sud, la Commission Vérité et Réconciliation (1995-1998) traite les crimes de l’apartheid avec un compromis incluant l’amnistie au prix de témoignages.
- Au Rwanda, le TPIR est créé en novembre 1994, puis des procès nationaux sont envisagés deux ans plus tard pour des crimes de génocide et contre l’humanité.
💡 Astuce mémo
Transition = Vérité + Paix (souvent sans prison), puis Justice pénale quand c’est possible.
📖 8. Politiques de repentance et mémorialisation
🔑 Notions clés & Définitions
- Tribunaux gacaca : Les tribunaux gacaca sont des juridictions communautaires rwandaises conçues pour juger et comprendre les crimes du génocide à grande échelle.
- TPIR : Le TPIR est le Tribunal pénal international pour le Rwanda, chargé de juger les responsables du génocide rwandais avant sa clôture.
- TPIY : Le TPIY est le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, mis en place pour traiter les crimes liés aux conflits de la région.
- CPI : La CPI est la Cour pénale internationale, créée pour compléter les justices nationales défaillantes grâce au Statut de Rome.
- Mécanisme international résiduel : Le Mécanisme international exerce les fonctions restantes des tribunaux pénaux, notamment en appel et pour retrouver les fugitifs.
📝 Points essentiels
- Les tribunaux gacaca sont présentés comme une approche originale qui a aussi aidé à comprendre le processus génocidaire.
- Le TPIR s’arrête en 2012 et le TPIY en 2017, car ils répondent à des situations exceptionnelles liées à ces événements.
- Le Statut de Rome (1998) permet à la CPI de fonctionner à partir de 2002 pour pallier des justices nationales insuffisantes.
- En 2012, Lubanga (affaire congolaise) est condamné après plus d’une décennie de procédures.
- La CPI compte 18 juges élus par 122 pays.
- En 2012, le Mécanisme international prend le relais des TPI pour les appels et la recherche des fugitifs.
💡 Astuce mémo
Gacaca = comprendre localement ; TPIR/TPIY = finir (2012/2017) ; Rome 1998 → CPI 2002 ; 2012 → Mécanisme pour les appels et les fugitifs.
📖 9. Historiens et philosophes de la Shoah
🔑 Notions clés & Définitions
- Léty : Léty est un lieu de mémoire dont l’histoire a été longtemps oubliée, avant que des archives municipales ne permettent de retrouver des fosses communes.
- Yiddish : Le yiddish désigne la langue et la culture des communautés juives d’Europe de l’Est, issues de mélanges linguistiques, et fortement effacées par la Shoah.
- Procès de Nuremberg : Les procès de Nuremberg sont des tribunaux tenus après la guerre qui posent des qualifications juridiques et une première jurisprudence pour juger les crimes nazis.
- Loi de 1947 : La loi de 1947 est une mesure française évoquée dans le contexte de l’amnistie après les procès des Vichyssois.
- Grand silence : Le « grand silence » désigne la période d’après-guerre marquée par une moindre mise en avant des crimes, au profit d’autres récits et de la reconstruction.
📝 Points essentiels
- Les archives conservées en mairie permettent de retrouver des fosses communes à Léty, et l’étude met aussi en évidence le manque d’humanité de populations locales.
- La mémoire de la Shoah devient progressivement internationale, notamment via la diffusion d’une mémoire du peuple juif et la tentative de faire revivre des cultures comme le yiddish.
- Lemkin propose en 1944 une définition du génocide centrée sur la destruction des fondements de la vie d’un groupe et sur des actions visant l’appartenance plutôt que l’individu.
- Les procès de Nuremberg s’ouvrent en novembre 1945 et se terminent en octobre 1946, avec une première jurisprudence et des jugements contre des dignitaires nazis.
- Le statut de Nuremberg (article 6) distingue crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crimes contre la paix, et permet de juger des actes commis même en période de paix dans un État souverain.
- La dénazification en Allemagne ne va pas jusqu’au bout car il est impossible de juger 8 millions de membres du parti nazi, ce qui favorise des réhabilitations et un retour à la vie civile.
💡 Astuce mémo
Lemkin = « groupe visé, fondations détruites » ; Nuremberg = « 11/45 → 10/46 ».
📖 10. Procès de Nuremberg et naissance du droit
🔑 Notions clés & Définitions
- Procès de Nuremberg : Procès tenus après la Seconde Guerre mondiale pour juger des responsables nazis et poser des bases juridiques contre les crimes de masse.
- Crimes contre l’humanité : Qualification juridique visant des actes criminels commis contre des populations civiles, affinée au fil des procès après Nuremberg.
- Procès Eichmann : Procès mené en Israël en 1961 contre Adolf Eichmann, centré sur la responsabilité dans la déportation et la mise à mort.
- Fritz Bauer : Procureur allemand qui a favorisé des poursuites contre d’anciens responsables SS en RFA au début des années 1960.
- Imprescriptibilité des crimes : Principe selon lequel certains crimes ne sont plus soumis aux délais de prescription, reconnu notamment en France en 1964.
📝 Points essentiels
- À Nuremberg, quatre pays jugent 24 criminels de guerre et aussi 4 organisations criminelles (parti nazi, SS, SD, Gestapo).
- De 1945 à 1949, des procès militaires alliés et des tribunaux civils allemands se tiennent dans les zones d’occupation, en Europe et en Allemagne.
- En Pologne, à Cracovie en 1947, 40 accusés liés à Auschwitz sont jugés, et le tribunal suprême condamne à mort Rudolf Höss, exécuté à Auschwitz.
- Dans les procès de l’après-guerre, environ 5000 personnes sont jugées, 794 condamnées à mort et 486 exécutées, mais beaucoup jugent les procédures incomplètes.
- La guerre froide freine les poursuites : les verdicts deviennent plus cléments, avec davantage de libérations et de non-lieux.
- Le procès Eichmann (1961) retient 15 chefs d’accusation et affine la définition des crimes contre l’humanité issue de Nuremberg, avec une condamnation à mort exécutée le 31 mai 1962.
💡 Astuce mémo
Nuremberg = Juger + Définir : on commence par des personnes et des organisations, puis on précise les qualifications (dont crimes contre l’humanité).
📖 11. Procès Eichmann et poursuites des criminels
🔑 Notions clés & Définitions
- Yad Vashem : Yad Vashem est un organisme israélien chargé de la mémoire et de la commémoration de la Shoah, créé par une loi de l’État hébreu.
- Mémorial de la Shoah : Le Mémorial de la Shoah est l’ensemble muséal et mémoriel issu de Yad Vashem, inauguré en 2005 par Jacques Chirac.
- Mur des 76 000 noms : Le Mur des 76 000 noms est un élément du Mémorial de la Shoah, dédié à l’identification et au souvenir des victimes.
- Stolpersteine : Les Stolpersteine sont des pavés en laiton posés dans certaines villes d’Europe pour rappeler des lieux de vie de personnes juives déportées.
- Juste parmi les Nations : Juste parmi les Nations est une distinction attribuée par Yad Vashem à des personnes qui ont sauvé des Juifs pendant la Shoah.
📝 Points essentiels
- Yad Vashem est créé par une loi de l’État hébreu et devient un vaste musée dans les années 1990.
- La mémorialisation se multiplie ensuite avec stèles, plaques et monuments, dont le Mémorial du Martyr juif inconnu à Paris en 1953 par Isaac Schneersohn.
- Le Mémorial de la Shoah est inauguré en 2005 par Jacques Chirac, avec le Mur des 76 000 noms.
- En Allemagne, des monuments commémoratifs sont lancés à partir de 2005, puis complétés pour les homosexuels (2008), les Roms (2012) et un mémorial dédié aux Tsiganes en 2015.
- Pour les Tsiganes, la reconnaissance de la responsabilité allemande dans les génocides intervient en 1982, après une stèle inaugurée en 1956 en Pologne.
- Le terme « tzigane » est jugé discriminatoire et la dénomination privilégiée devient « Sintés et aux Roms » dans les mémoriaux mentionnés.
💡 Astuce mémo
Mémoire = lieux + noms : Yad Vashem (musée) → Mur des 76 000 noms → pavés Stolpersteine (rappels au sol).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 480 – 425 avant JC | Hérodote présente l’histoire comme « procédure de vérité » |
| mai 1919 | Commission d’Allemands indépendants (avec 4 historiens) propose un rapport à Clemenceau |
| novembre 1954 | Décision de briser le FLN après les attentats de la Toussaint rouge |
| 11 novembre 1918 | Armistice décidé ; préparation des traités de paix |
| juin 1919 | Conférence de Versailles (traité de paix) |
📊 Tableaux de synthèse
Histoire vs mémoires (logique du cours)
| Notion | Caractéristique | Rôle |
|---|
| Histoire | Procédure de vérité : sources vérifiées, fouillées et croisées ; distance de l’historien ; part d’interprétation | Cherche un « juste milieu » et peut traiter les mémoires comme objet d’étude avec recul |
| Mémoires | Subjectives : sélection selon itinéraire et vécu ; peuvent être en contradiction | Portent des revendications et une mémoire collective officielle ou des mémoires de groupes/acteurs |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre « procédure de vérité » (Hérodote : sources croisées) avec l’idée que l’histoire serait totalement neutre : le cours insiste sur une part d’interprétation.
- Croire qu’un témoignage est une archive neutre : le cours demande de le traiter avec précaution, car il reflète un point de vue.
- Penser que la reconnaissance de la guerre d’Algérie est seulement un débat historique : le cours relie aussi la question à la mémoire, aux lois mémorielles et aux commémorations.
- Mélanger « guerre sans nom » et « guerre d’indépendance » : le cours dit que la France a longtemps évité le mot guerre, tandis que l’Algérie la présente comme guerre d’indépendance.
- Inverser les rôles des acteurs : le FLN « verrouille » la mémoire dès 1962, tandis que l’historien cherche à rouvrir les faits avec recul.
- Confondre justice internationale et justice transitionnelle : la transition vise vérité/reconnaissance/réparation (souvent sans poursuites), alors que la justice pénale juge des responsabilités.
- Croire que les tribunaux internationaux jugent tout : le cours souligne lenteur, impunité, difficultés de preuve et recours à des juridictions locales (gacaca).
✅ Checklist Examen
- Expliquer la « procédure de vérité » d’Hérodote et montrer en quoi l’histoire est dite objective tout en conservant une part d’interprétation.
- Définir mémoires subjectives et mémoire collective officielle, puis expliquer pourquoi les mémoires peuvent entrer en contradiction.
- Justifier le « juste milieu » de l’historien : rétablir une mémoire partielle sans juger et articuler histoire objective et mémoires vécues.
- Relier devoir de mémoire et devoir d’histoire : expliquer pourquoi le cours critique la « surenchère mémorielle » et privilégie l’analyse historique.
- Présenter le déclenchement du conflit algérien : décision de novembre 1954 après la Toussaint rouge et l’argument « L’Algérie, c’est la France ».
- Expliquer la période 1945-1962 dans le cours : Sétif-Guelma, puis en 1962 verrouillage du pouvoir par le FLN et impasse sur la guerre civile entre Algériens.
- Décrire la réflexion sur les responsabilités de la Première Guerre mondiale : rôle des traités (Versailles/Article 231) et débats historiographiques (ex. Commission de mai 1919, Renouvin, Fischer, Clark).
- Expliquer pourquoi la guerre d’Algérie est restée « guerre sans nom » en France et donner l’enjeu des commémorations (date d’indépendance en Algérie, difficulté en France).
- Exposer le rôle des archives et des chercheurs : ouverture des archives (dès 1992) et transformation de la guerre en fait historique plutôt qu’en blessure mémorielle.
- Définir justice transitionnelle et commission de vérité, puis comparer avec la justice pénale internationale (Nuremberg/Tokyo et dispositifs ONU).
- Présenter les juridictions en ex-Yougoslavie et au Rwanda : TPIY (mai 1993), TPIR (novembre 1994), puis gacaca (loi de janvier 2001 ; procès de mars 2005 à juin 2012).
- Expliquer la logique de la CPI et du Statut de Rome : création en 2002, rôle pour pallier des justices nationales défaillantes, et fonctions résiduelles via le mécanisme international (2012).
- Retracer l’enjeu des crimes de masse dans les années 1990 : ex-Yougoslavie et Rwanda, impuissance internationale, et nécessité d’une justice à plusieurs échelles.
- Définir le génocide selon Lemkin (1944) et rappeler les catégories de crimes au Statut de Nuremberg (crimes de guerre, contre l’humanité, contre la paix).
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