Fiche de révision : Histoire politique du sport en France

📋 Plan du Cours

  1. Gouvernance étatique du sport en France
  2. Naissance du sport moderne en Angleterre
  3. Pierre de Coubertin et l’idéal olympique
  4. Diversification des pratiques sportives avant 1920
  5. Éclatement fédéral et premières politiques publiques
  6. Front populaire et sport pour tous
  7. Politisation des Jeux et contre-olympiades
  8. Vichy et encadrement de la jeunesse sportive
  9. Sport-roi et structuration de l’après-guerre
  10. Logiques politiques contemporaines du sport

📖 1. Gouvernance étatique du sport en France

🔑 Notions clés & Définitions

  • Sport d’État : Le sport d’État désigne un modèle où l’État structure et finance fortement l’activité sportive, au point d’en faire un domaine public.
  • Financement public du sport : Le financement public du sport correspond à la part des ressources provenant de l’État et des acteurs publics dans le budget global du sport.
  • Collectivités locales : Les collectivités locales sont les administrations territoriales qui portent des politiques sportives et financent des équipements et services.
  • Sport fait public : Le sport fait public est l’idée que le sport devient un objet de politiques publiques, traité par l’action de l’État sur le long terme.
  • Sport instrument politique : Le sport instrument politique désigne l’usage du sport comme levier d’action publique et de stratégie politique.

📝 Points essentiels

  • En France, le sport est présenté comme un « sport d’État » avec des services et des composantes, et il est financé par l’État.
  • Dans des pays plus libéraux comme les États-Unis, le financement public du sport ne couvrirait pas plus de 20% selon le cours.
  • Les collectivités locales couvrent 10,5 milliards d’euros dans le domaine du sport et sont décrites comme les premiers financeurs.
  • Le cours donne un ordre de grandeur : 92 milliards d’euros sont dépensés dans le sport en France, présenté comme une exception en Europe et dans le monde.
  • Le sport est décrit comme une affaire d’État : des politiques publiques orientent son développement depuis plus d’un siècle.
  • Exemple de gouvernance locale : dans certaines villes, le sport de haut niveau peut être géré par le service du Maire, tandis que dans d’autres il relève des services de l’État du sport.

💡 Astuce mémo

France = « sport d’État » : État + collectivités + école → dépenses très élevées (92 Md€) ; ailleurs (USA) = plafond public ~20%.

📖 2. Naissance du sport moderne en Angleterre

🔑 Notions clés & Définitions

  • Pierre de Coubertin : Personnalité aristocratique et intellectuelle qui promeut l’éducation par le sport et s’inspire de l’Angleterre pour transformer les pratiques sportives.
  • Un inconnu célèbre : Figure visionnaire associée à une vision élitiste et excluante du sport, réservée aux riches et jugée inadaptée aux femmes.
  • Anglomanie : Tendance à se tourner vers les modèles anglais, notamment clubs et formes d’organisation sportive comme le football et les clubhouse.
  • USFCP : Union De Sociétés Françaises de Course à pied, première fédération citée pour regrouper les pratiquants d’athlétisme.
  • USFSA : Union des Sociétés Françaises de Sport Athlétiques, structure issue de l’USFCP qui élargit la gestion des sports.

📝 Points essentiels

  • Coubertin passe 3 ans en Angleterre pour s’inspirer et développer une éducation sportive en France plus proche du modèle anglais.
  • La vision élitiste attribuée à « un inconnu célèbre » exclut les femmes du sport et le réserve aux personnes aisées.
  • Vers la fin du XIXe siècle, des clubs sportifs français apparaissent (Racing Club de France en 1882, club français en 1883) et rassemblent des lycéens de grands lycées parisiens.
  • Le sport bourgeois se pratique dans des enceintes fermées et isolées pour préserver un espace privé, avec une morale centrée sur l’excellence, l’amateurisme et la perfection humaine.
  • L’anglomanie favorise l’importation de formes d’organisation et d’adhésion (clubs, football, clubhouse) et l’essor d’équipes autour de ports comme Le Havre et Marseille.
  • 1887 : création de l’USFCP, fédération d’athlétisme qui devient ensuite l’USFSA pour gérer plus largement les sports avant la création de fédérations sportives au sens plus général en 1920.

💡 Astuce mémo

Coubertin = « 3 ans en Angleterre » → modèle anglais → clubs et fédérations (USFCP puis USFSA).

📖 3. Pierre de Coubertin et l’idéal olympique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Idéal olympique : Vision des Jeux olympiques centrée sur la paix et la fraternité entre nations, opposée à une logique de rivalité guerrière.
  • Jeux de la guerre : Expression décrivant des Jeux qui reflètent des tensions entre États plutôt qu’un esprit de coopération.
  • Gaston Vidal : Auteur cité pour caractériser la transformation du sport en domaine étatique après les Jeux d’Anvers de 1920.
  • Pierre de Coubertin : Figure associée à l’idéal olympique, utilisée ici comme repère pour comprendre l’évolution du sens des Jeux.

📝 Points essentiels

  • Après les JO d’Anvers en 1920, des alliés sont interdits, ce qui marque un tournant vers une logique de rivalité entre États.
  • Gaston Vidal formule l’idée que le sport devient un « sport d’État » à la suite de ces évolutions.
  • Le basculement des Jeux est présenté comme un passage de la paix vers une forme de « jeux de la guerre ».
  • L’exclusion d’États lors des JO est présentée comme une première dans l’histoire des Jeux, selon le cours.
  • Le lien entre idéal olympique et étatisation est traité à travers la question : le sport relève-t-il de l’État, de l’école, de l’armée ou de la santé ?
  • Le cours prépare la suite en montrant que l’État s’immisce ensuite davantage dans l’organisation et la réglementation du sport.

💡 Astuce mémo

Anvers 1920 = exclusion d’alliés → Jeux moins « paix », plus « guerre » → sport qui glisse vers l’État.

📖 4. Diversification des pratiques sportives avant 1920

🔑 Notions clés & Définitions

  • Service provisoire de l’EPS : Dispositif de 1922 qui organise temporairement l’éducation physique et les sports dans les établissements d’enseignement sous l’autorité du ministère de l’instruction publique.
  • Fédérations reconnues d’utilité publique : Statut ouvert en 1923 permettant aux fédérations sportives d’être reconnues officiellement comme d’utilité publique.
  • Commissariat général à l’éducation physique : Institution créée en 1924 (janvier-mars) sous Henry Paté pour préparer les Jeux olympiques et structurer l’éducation physique.
  • Instituts régionaux d’EP (IREP) : Structures créées en 1927 pour former des acteurs de l’éducation physique, ancêtres des UFR STAPS.
  • Sous-secrétariat à l’éducation physique : Structure instaurée en 1928 sous Henry Paté, intégrée à l’intérieur d’autres ministères.

📝 Points essentiels

  • 1922 : le service provisoire de l’EPS et des sports s’inscrit dans une logique de formation et d’organisation de la pratique sportive à l’école.
  • 1923 : la reconnaissance d’utilité publique ouvre un cadre institutionnel plus solide aux fédérations sportives.
  • 1924 (janvier-mars) : le commissariat général à l’éducation physique (Henry Paté) prépare les JO avec une programmation étalée sur environ 5 mois.
  • 1924 : des concours culturels (poésie, littérature, sculpture) sont intégrés pour montrer le lien entre sport et culture nationale.
  • 1927 : les IREP structurent la formation des éducateurs et des profs, en rupture avec les formations antérieures centrées sur Joinville pour les militaires spécialisés.
  • 1928 : le sous-secrétariat à l’éducation physique (Henry Paté) fonctionne comme une structure rattachée à d’autres ministères, avant une montée en puissance ultérieure de l’État.

💡 Astuce mémo

Repère la chaîne 1922→1923→1924→1927→1928 : école (EPS) → fédérations reconnues → JO + culture → formation régionale (IREP) → structure dans les ministères.

📖 5. Éclatement fédéral et premières politiques publiques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Colonies de vacances : Dispositifs d’accueil encadrés par des règles et une législation qui structurent l’organisation des activités de jeunesse.
  • Conseil supérieur des sports : Instance créée en 1936 pour orienter et coordonner les décisions publiques liées au sport.
  • Brevet sportif populaire : Diplôme de niveau sportif destiné à élargir la pratique, avec une validation par des jeunes en formation et une exigence pour certaines professions.
  • Éducation physique scolaire : Enseignement obligatoire à l’école primaire et secondaire, dont les horaires et l’organisation évoluent avec les politiques publiques.
  • Office du sport scolaire et universitaire : Organisation créée en 1938 pour structurer le sport scolaire et universitaire et favoriser la pratique des jeunes.

📝 Points essentiels

  • En 1935, l’État finance fortement les équipements sportifs avec 4 millions de francs, puis 24 millions en 1936 et 39 millions en 1937.
  • Le Conseil supérieur des sports est installé le 20 juillet 1936 pour soutenir la structuration de la politique sportive.
  • Le brevet sportif populaire (1937) est validé par des jeunes en cours et devient obligatoire pour certaines professions, notamment les professeurs d’éducation physique à l’école.
  • L’éducation physique scolaire (primaire et secondaire) passe à un volume compris entre 2h et 5h, avec un temps de plein air lié à l’arrêté du 22 mai 1937.
  • L’OSSU est créé en 1938 et l’USEP en 1939 afin de donner aux enfants un cadre pour découvrir le plein air et pratiquer l’éducation physique.
  • Les politiques publiques des années 1930 dessinent un modèle de “sport pour tous” qui laisse de côté le haut niveau et la logique de performance.

💡 Astuce mémo

Financement→cadre→diplôme→horaires→structures : 1935-1936-1937 (millions) puis Conseil (20/07/1936), brevet (1937), arrêté plein air (22/05/1937), OSSU (1938) et USEP (1939).

📖 6. Front populaire et sport pour tous

🔑 Notions clés & Définitions

  • Jeux Olympiques de Berlin 1936 : Édition des JO organisée à Berlin en 1936, marquée par une mise en scène et une instrumentalisation politique par le régime nazi.
  • Front populaire : Coalition politique française de gauche au pouvoir en 1936, mobilisée pour contester la montée de l’autoritarisme en Europe.
  • Boycott des JO : Refus collectif d’envoyer des sportifs ou de participer aux JO, ici discuté comme réponse à la politisation nazie des Jeux.
  • Contre-olympiades de Barcelone : Jeux alternatifs organisés en parallèle des JO de Berlin, portés par des partis socialistes pour proposer un autre modèle olympique.
  • FSGT : Fédération sportive française liée au mouvement socialiste, qui envoie des sportifs aux contre-olympiades de Barcelone.

📝 Points essentiels

  • En 1936, la France du Front populaire débat au Parlement l’envoi de la délégation sportive à Berlin, avec un vote en juillet quelques jours avant le départ.
  • Le vote est prononcé à l’unanimité pour l’envoi des sportifs, sauf Pierre Mendès France qui vote contre l’envoi vers Berlin.
  • La France justifie l’absence de boycott par l’idée que les JO ne seraient pas un espace politique, alors que la réalité est jugée politisée.
  • Hitler finit par politiser les JO de Berlin, car il n’est pas convaincu au départ que Berlin corresponde à son programme.
  • Le boycott est discuté à partir de garanties données au CIO, notamment la neutralité affichée de responsables allemands (dont un président de comité olympique juif) et l’engagement du CIO via des figures comme le comte B
  • Le régime nazi lance une organisation spectaculaire : stade d’environ 100 000 places, village olympique, retransmission radio en direct et promesse des premières retransmissions télévisées des JO.

💡 Astuce mémo

Front populaire = débat parlementaire + envoi majoritaire, mais Mendès France vote contre; Berlin = JO politisés + garanties au CIO; Barcelone = contre-Jeux socialistes.

📖 7. Politisation des Jeux et contre-olympiades

🔑 Notions clés & Définitions

  • Jeux olympiques de Berlin 1936 : Édition des JO organisée à Berlin en 1936, marquée par une mise en scène politique et une forte fascination populaire.
  • Contre-olympiades : Événements sportifs alternatifs aux JO, pensés comme un modèle différent et politiquement opposé, notamment en contexte de tensions internationales.
  • FSGT : Fédération sportive et gymnique du travail, qui envoie des participants français aux contre-olympiades.
  • Contre-olympiades de Barcelone : Édition des contre-olympiades organisée à Barcelone, structurée avec des logiques régionales selon les nations.
  • Jeux de la guerre froide : JO organisés dans un contexte de rivalité Est-Ouest, où la présence simultanée de certains pays devient un indicateur politique.

📝 Points essentiels

  • La candidature de Berlin pour les JO de 1936 sert de contexte à la politisation, avec une mise en valeur de l’événement par l’État.
  • Les contre-olympiades visent un autre modèle de JO, présenté comme politiquement différent et centré sur la solidarité et la culture.
  • La FSGT envoie de nombreux Français aux contre-olympiades, ce qui montre l’implication de réseaux sportifs dans les choix politiques.
  • À Barcelone, l’organisation s’appuie sur des régions, car l’expression du mouvement varie selon les nations (exemples cités : Corse, Alsace).
  • Les contre-olympiades de Barcelone s’arrêtent car le 18 juillet 1936 correspond au déclenchement de la guerre d’Espagne, qui fait s’effondrer le projet.
  • À la veille de la Seconde Guerre mondiale, le sport n’est pas présenté comme un facteur de paix mais comme un miroir des affrontements entre États, donc comme un instrument politique indirect.

💡 Astuce mémo

Berlin = vitrine politique ; contre-olympiades = alternative solidaire ; 18/07/1936 = rupture par la guerre d’Espagne.

📖 8. Vichy et encadrement de la jeunesse sportive

🔑 Notions clés & Définitions

  • Éducation physique intensive : Discipline visant une formation du corps très régulière, pensée comme aussi morale et intellectuelle pour renforcer la nation.
  • Vie de plein air : Ensemble d’activités de nature (camping, feu) présenté comme un support éducatif et hygiénique.
  • Sports (rugby et boxe) : Volet sportif de l’éducation physique, utilisé comme outil d’entraînement et de cohésion.
  • École d’Uriage : Centre de formation masculine de la jeunesse encadrée, lié à la diffusion nationale de l’EPS en contexte vichyste.
  • École d’Ecully : Centre de formation féminine de la jeunesse encadrée, participant à la formation nationale des cadres.

📝 Points essentiels

  • La discipline associe entraînement du corps et dimension morale/intellectuelle, en considérant que les savoirs abstraits affaiblissent la France face à l’éducation physique.
  • La nature sert de référence et se décline en plusieurs pratiques : plein air, hygiène, chant, travaux manuels, ateliers et sports (rugby, boxe).
  • L’EGS est diffusé dans des écoles de cadres nationales, aussi déclinées régionalement en France libre sous le régime de Vichy.
  • Les écoles d’Uriage (masculine) et d’Ecully (féminin) forment la jeunesse encadrée et visent la prise en charge des chantiers de jeunesse.
  • Les centres nationaux élaborent de grandes lignes de la Résistance à partir de 1942-1943, ce qui crée un contraste avec la finalité affichée de formation.
  • Les déclinaisons régionales des dispositifs sportifs prennent la forme des GREGS, qui fusionnent avec les UFR STAPS pour devenir les véritables UFR STAPS.

💡 Astuce mémo

Nature → hygiène/chant/travaux/ateliers/sports : la nature “contient” les modules de l’éducation physique vichyste.

📖 9. Sport-roi et structuration de l’après-guerre

🔑 Notions clés & Définitions

  • Éducation populaire : Notion d’action sociale où le sport sert de levier central pour former et éduquer les personnes, notamment via des formations de cadres.
  • Marie Thérèse Eyquem : Militante socialiste et féministe qui structure le sport féminin et occupe des responsabilités institutionnelles majeures entre les années 1940 et 1960.
  • Rayon sportif féminin : Fédération sportive féminine qui organise le développement du sport des femmes et sert de relais à l’action d’Eyquem.
  • Politique gaullienne : Orientation de l’État sous De Gaulle visant à renforcer l’image et la grandeur de la France à l’international, notamment par le sport de haut niveau.
  • BEES : Diplôme d’État créé en 1963 pour encadrer et professionnaliser les métiers liés au sport.

📝 Points essentiels

  • Ancêtre du CNOSF : le conseil supérieur des sports et le comité olympique français servent de base à la structuration institutionnelle du sport.
  • 1928 : premières femmes participant aux Jeux olympiques, ce qui marque une entrée visible des femmes dans le sport de compétition.
  • Marie Thérèse Eyquem devient première inspectrice des sports féminins en 1947 et publie en 1944 La femme et le sport.
  • Idée d’Eyquem : pour exister dans le champ sportif, les femmes doivent défendre un sport spécifique féminin plutôt que réclamer l’égalité.
  • 1958 : De Gaulle nomme Maurice Herzog et crée le Haut-commissariat à la Jeunesse, aux sports et aux loisirs pour donner un cadre à l’action sportive.
  • 1960 : après les JO, les Français reviennent sans médaille, ce qui conduit à renforcer l’organisation du haut niveau par l’État et la préparation olympique (réorganisation autour du haut niveau).

💡 Astuce mémo

Eyquem = « sport à soi » ; De Gaulle = « grandeur par médailles ».

📖 10. Logiques politiques contemporaines du sport

🔑 Notions clés & Définitions

  • Loi Mazeaud : Loi de 1975 qui encadre l’organisation du sport en France et concrétise des orientations étatiques déjà présentes.
  • CNOSF : Comité national chargé d’organiser le sport français, notamment le haut niveau et la préparation aux olympiades.
  • Sports-études : Dispositif visant à intégrer le sport de haut niveau dans le parcours scolaire via des structures dédiées.
  • INSEP : Institut national du sport et de l’éducation physique, issu d’une fusion, devenu un lieu de performance.
  • STAPS : UFR universitaire de formation et de recherche orientée vers les métiers et la recherche au service du sport.

📝 Points essentiels

  • La loi Mazeaud du 29 octobre 1975 inscrit le sport dans la culture nationale et impose sa prise en compte par l’État via ministères et institutions avec les clubs.
  • Cinq mesures associées à cette dynamique : harmonisation des cadres législatifs des fédérations, création du CNOSF, généralisation des sports-études, fusion INS-ENSEP en INSEP, et création des STAPS.
  • Le CNOSF est présenté comme garant de la préparation aux olympiades et comme acteur de la promotion du « sport pour tous » (Spirit pour tous).
  • Les sports-études reposent sur l’idée que la performance scolaire peut accueillir le haut niveau via des structures comme section sportive, pôle français et pôle espoir.
  • L’INSEP, issu de la fusion INS-ENSEP, est décrit comme un lieu de performance, tandis que les STAPS structurent une formation et une recherche tournées vers le sport de haut niveau.
  • Le sport est aussi abordé comme un outil politique : symbole de supériorité nationale, moyen de s’opposer aux dictatures, vecteur de revendications et levier d’accès à l’échiquier olympique mondial.

💡 Astuce mémo

Mazeaud = 29/10/1975 : État + 5 leviers (fédés, CNOSF, sports-études, INSEP, STAPS).

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
15/01Début du cours n°1 (Histoire des institutions sportives en France)
1887Création de l’USFCP (puis USFSA)
1920JO d’Anvers : exclusion des alliés et tournant vers une logique de rivalité
1er juillet 1901Loi Waldeck-Rousseau : cadre de l’association (but non lucratif)
20 juillet 1936Installation du Conseil supérieur des sports
22 mai 1937Arrêté lié au plein air dans l’éducation physique scolaire
18 juillet 1936Déclenchement de la guerre d’Espagne : arrêt des contre-olympiades de Barcelone
31 juillet 1940Création des chantiers de jeunesse (remplacement du service militaire)
7 août 1940Création du Commissariat Général à l’Education Générale Sportive (CGEGF)
20 décembre 1940Charte des sports (contrôle/agrément des dirigeants et sociétés)

📊 Tableaux de synthèse

Financement public : ordre de grandeur

ZonePart du financement public
France92 milliards d’euros dépensés dans le sport
Pays libéraux (USA)20% maximum du sport

Chaîne d’étatisation avant 1930 (repères)

AnnéeMesure
1920Gaston Vidal : le sport devient un sport d’État (suite aux JO d’Anvers)
1921Haut commissariat à l’éducation physique (ministère de la guerre)
1922Service provisoire de l’EPS et des sports (ministère de l’instruction publique)
1923Reconnaissance d’utilité publique pour les fédérations
1924 (janvier-mars)Commissariat général à l’éducation physique (Henry Paté)

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre « sport d’État » (modèle français avec services/financement public) et « sport fait public » (idée que le sport devient un objet de politiques publiques sur le long terme).
  2. Croire que les JO de Berlin 1936 sont seulement une question sportive : le cours insiste sur leur politisation (propagande, mise en scène, garanties au CIO).
  3. Mélanger les dates et dispositifs de l’entre-deux-guerres : 1922/1923/1924 (EPS, utilité publique, commissariat) ne sont pas la même chose que 1936-1939 (Conseil, brevet, OSSU/USEP).
  4. Penser que les contre-olympiades de Barcelone échouent pour des raisons sportives : le cours donne la rupture du 18 juillet 1936 (guerre d’Espagne).
  5. Oublier que Vichy n’est pas présenté comme une simple parenthèse : le cours dit qu’il peut devenir un accélérateur après 40-44, avec continuités de structures et d’investissements.
  6. Confondre les rôles : Coubertin (idéal olympique/éducation) n’est pas l’auteur de la loi Mazeaud (1975) ni le responsable direct de l’étatisation institutionnelle après 1920.
  7. Croire que « sport pour tous » signifie haut niveau : le cours dit que la politique des années 1930 laisse de côté la performance et le haut niveau.

✅ Checklist Examen

  1. Expliquer pourquoi la France est décrite comme un « sport d’État » (services, financement public) et donner l’ordre de grandeur des dépenses (92 Md€) et la comparaison USA (~20%).
  2. Décrire le rôle des collectivités locales comme premiers financeurs (10,5 Md€) et donner l’exemple municipal (stade/emplois municipaux).
  3. Répondre à la question « sport instrument politique » : montrer comment l’État s’insère progressivement et ce que signifie « sport fait public ».
  4. Expliquer l’origine du sport moderne en Angleterre victorienne via Thomas Arnold (High-school de Rugby, euphémisation, self-government).
  5. Présenter l’influence de Pierre de Coubertin (3 ans en Angleterre) et l’idée attribuée à « un inconnu célèbre » (élitisme, exclusion des femmes).
  6. Citer les repères de la structuration fédérale : 1887 USFCP puis USFSA, et l’éclatement vers des fédérations unitaires après 1920.
  7. Expliquer le tournant de 1920 (JO d’Anvers) : alliés interdits, jeux de la guerre plutôt que paix, et la formule de Gaston Vidal (« sport d’État »).
  8. Maîtriser la chaîne 1920-1924 : 1921 (haut commissariat), 1922 (service provisoire EPS/sports), 1923 (utilité publique), 1924 (commissariat général, préparation JO, concours culturels).
  9. Décrire l’entrée en scène de l’État 1936-1939 : Conseil supérieur des sports (20/07/1936), brevet sportif populaire (1937), arrêté plein air (22/05/1937), OSSU (1938) et USEP (1939).
  10. Expliquer la politisation des JO de Berlin 1936 et la position française (Front populaire, vote parlementaire en juillet, Mendès France contre) ainsi que le rôle des garanties au CIO.
  11. Raconter l’alternative des contre-olympiades de Barcelone : objectif, rôle de la FSGT, logique régionale, et arrêt le 18 juillet 1936.
  12. Présenter Vichy et l’éducation physique : chantiers de jeunesse (31/07/1940), CGEGF (07/08/1940), charte des sports (20/12/1940), EGS (1er juin 1941) et ses modules (vie de plein air, hygiène, chant, travaux manuels, at.

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1. Quelle fédération apparaît d’abord en 1887 avant d’évoluer vers une structure plus large ?

2. Qu'est-ce que le modèle de gouvernance étatique du sport en France?

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Sport d’État — définition ?

Modèle où l’État structure et finance fortement le sport.

Sport d’État en France

Modèle où l’État structure et finance fortement le sport.

Naissance du sport moderne — pays ?

Angleterre, au XIXe siècle, avec l’influence de Thomas Arnold.

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