Fiche de révision : Introduction à la dramaturgie et au théâtre

📋 Plan du Cours

  1. Drama et théâtre : différences d’usage
  2. Texte dramatique : texte primaire et secondaire
  3. Exposition et transmission d’informations scéniques
  4. Conflit, catharsis et structure dramatique
  5. Mimesis, décors naturalistes et accessoires
  6. Temps au théâtre : durée, succession et simultanéité
  7. Personnages : complexité, genres et conventions
  8. Types d’énoncés dramatiques et apartés
  9. Types de scène : amphithéâtre, marché et théâtre à l’italienne
  10. Fiction : histoire et discours en narration
  11. Voix narrative et focalisation selon Genette
  12. Temps du récit : durée, ordre et fréquence

📖 1. Drama et théâtre : différences d’usage

🔑 Notions clés & Définitions

  • Drama : Genre dramatique conçu pour être joué sur scène et pour être compris par le public pendant la représentation.
  • Théâtre : Forme scénique centrée sur la représentation, où l’on analyse ce qui est donné à voir sur scène (espace, acteurs, mise en scène).
  • Texte dramatique : Texte destiné à la scène, qui doit être transformé mentalement en action scénique lors de la lecture.
  • Pièce de théâtre : Œuvre dramatique pensée pour la scène, où le texte est organisé en parties jouées par des personnages.
  • Texte primaire : Partie principale d’une pièce constituée des répliques prononcées par les personnages.

📝 Points essentiels

  • Drama vise la performance scénique et l’adresse au public, alors que le théâtre renvoie davantage à la place de la pièce et à ce qu’on observe sur scène.
  • Un texte dramatique lu ne “montre” pas directement l’action : le lecteur doit imaginer ce qui se passe sur scène.
  • Le texte dramatique se distingue d’autres genres narratifs (poésie, roman) car il est conçu pour être joué et performé.
  • Le texte primaire correspond aux répliques réellement dites par les personnages, tandis que tout n’est pas forcément prononcé sur scène.
  • Les textes secondaires encadrent le texte primaire et complètent l’information (titre, liste des personnages, description de scène, didascalies).
  • Le théâtre fonctionne sans narrateur au sens classique : l’information passe surtout par les personnages, les indications scéniques et le jeu.

💡 Astuce mémo

Drama = “joué pour le public” ; Théâtre = “ce qu’on voit sur scène”.

📖 2. Texte dramatique : texte primaire et secondaire

🔑 Notions clés & Définitions

  • Théâtre épique : Forme théâtrale qui vise moins l’émotion immédiate que la réflexion critique du public.
  • Chœur grec : Instance du théâtre grec qui commente l’action et sert de relais au public.
  • Ironie dramatique : Procédé où le public connaît une information que certains personnages ignorent, créant un décalage de savoir.
  • Intrigue : Organisation des événements dans leurs liens de cause à conséquence, qui peut être linéaire ou non.
  • Trois unités : Règles attribuées à Aristote imposant une unité de lieu, de temps et d’action pour concentrer l’attention.

📝 Points essentiels

  • Brecht cherche à maintenir le public conscient qu’il assiste à une représentation afin de provoquer une attitude de réflexion plutôt que l’identification émotionnelle.
  • Dans le théâtre grec, le chœur (narrateur) intervient comme voix collective qui encadre la perception de l’action.
  • L’ironie dramatique repose sur un écart entre le savoir du public et celui des personnages, ce qui crée un « knowledge gap ».
  • La distinction story/plot : l’histoire suit une suite chronologique d’événements, tandis que l’intrigue insiste sur les connexions entre événements (cause→conséquence).
  • Une intrigue peut comporter plusieurs lignes d’intrigue (plotlines) : elles peuvent être parallèles ou se croiser, avec parfois une intrigue principale et des intrigues secondaires.
  • Les trois unités (lieu, temps, action) visent à concentrer l’attention sur une seule intrigue et à favoriser l’adhésion du public via l’identification et la catharsis.

💡 Astuce mémo

Brecht = « je te rappelle que tu regardes » ; Ironie dramatique = « le public sait, pas le perso » ; Story = chronologie ; Plot = liens cause→conséquence.

📖 3. Exposition et transmission d’informations scéniques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Conflit dramatique : Mécanisme central du théâtre où une opposition (souvent réelle ou psychologique) crée l’action et fait avancer la pièce.
  • Rising action : Étape de la structure dramatique où les conflits se multiplient et deviennent progressivement plus complexes.
  • Climax : Moment de la structure dramatique où la tension atteint son maximum et où les conflits culminent.
  • Denouement : Fin de la pièce où les conflits se résolvent et où l’histoire se ferme sur un état final.
  • Drame ouvert : Forme de pièce où les scènes sont seulement reliées de façon lâche et où la fin n’apporte pas de conclusion claire.

📝 Points essentiels

  • Sans conflit, il n’y a pas de pièce : l’action naît de tensions (physiques ou psychologiques).
  • La rising action complexifie les conflits, puis le climax les fait culminer avant une retombée progressive.
  • La falling action prépare une solution, et le denouement clôt les conflits pour donner une fin à l’ensemble.
  • Volker Klotz distingue le drame ouvert et le drame fermé selon la cohérence des liens entre scènes et la clarté de la fin.
  • Drame ouvert : scènes juxtaposées, chronologie peu nette, pas de denouement satisfaisant pour le public.
  • Drame fermé : enchaînement logique des actes, compréhension facilitée car on sait pourquoi le premier mène au suivant, avec une fin clairement résolutive.

💡 Astuce mémo

Conflit → montée (rising) → pic (climax) → baisse (falling) → fin (denouement).

📖 4. Conflit, catharsis et structure dramatique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Unité de temps : Notion dramatique qui impose que l’action représentée se déroule sur une durée très courte, souvent limitée à une journée.
  • Succession : Mode de temporalité où les événements se déroulent les uns après les autres, dans un ordre chronologique.
  • Simultanéité : Mode de temporalité où plusieurs événements se déroulent en même temps, même si la scène ne les montre pas tous simultanément.
  • Ellipses : Procédé temporel qui saute une partie de l’histoire, de sorte que le temps de jeu à l’écran/scène soit inférieur au temps raconté.
  • Analepses : Procédé narratif qui fait revenir en arrière pour présenter un événement antérieur à celui du moment principal.

📝 Points essentiels

  • Les indices temporels peuvent venir des répliques, du décor, des didascalies et même de sons (ex : cloches) pour suggérer le jour ou l’heure.
  • La durée de l’histoire (temps de l’intrigue) peut être bien plus longue que la durée de la représentation, qui reste limitée par le jeu des acteurs.
  • Pour les Grecs, l’unité de temps vise souvent une action concentrée sur une seule journée.
  • Montrer des événements simultanés est difficile : on passe souvent par des changements de décor ou des intrigues parallèles pour créer l’impression de simultanéité.
  • Le temps de discours correspond au temps de jeu effectif sur scène, tandis que le temps de l’histoire correspond au temps fictif raconté.
  • Quand le temps de jeu est plus court que le temps raconté, on utilise une accélération ou un résumé, souvent via un événement rapporté par un personnage (ellipse).

💡 Astuce mémo

Unité de temps = 1 jour ; Histoire longue ≠ Scène courte : l’ellipse “saute” le temps.

📖 5. Mimesis, décors naturalistes et accessoires

🔑 Notions clés & Définitions

  • Mimesis : La mimesis désigne la représentation du réel sur scène, qui peut rendre les événements et les personnages plus crédibles pour le public.
  • Décors naturalistes : Les décors naturalistes cherchent à reproduire un cadre réaliste afin d’augmenter l’impression de vérité et d’ancrer l’action dans un monde concret.
  • Accessoires de scène : Les accessoires sont des objets visibles qui participent à la mise en scène et peuvent orienter la lecture des événements ou des personnages.
  • Temps symbolique : Le temps symbolique fait du repère temporel un signe qui renvoie à des idées plus larges que la simple durée.

📝 Points essentiels

  • Le temps peut être présenté de façon passive (météo, contexte) ou active (action des personnages), et cette différence aide à comprendre qui agit vraiment dans la scène.
  • Un repère temporel peut être à la fois littéral (sens premier, dénotation) et chargé de sens implicites (connotations), ce qui influence la réception du public.
  • Les choix d’usage du temps produisent des effets théâtraux ou dramatiques, et l’auteur peut ainsi manipuler l’attention du public (positivement ou négativement).
  • Les personnages sont classés selon leur présence et leur quantité de parole : plus un personnage apparaît et parle, plus il est généralement majeur.
  • Un personnage peut être virtuellement absent mais rester essentiel s’il est constamment évoqué : l’absence devient alors un élément de sens.
  • La complexité des personnages se distingue souvent entre personnages multi-dimensionnels et dynamiques (émotions variées, évolution) et personnages mono-dimensionnels et statiques (un seul trait dominant).

💡 Astuce mémo

Temps = 2 étages : dénotation (1er sens) puis connotations (2e sens) ; et l’auteur joue sur l’effet public.

📖 6. Temps au théâtre : durée, succession et simultanéité

🔑 Notions clés & Définitions

  • Hamartia : Hamartia : défaut tragique (souvent fatal) qui entraîne la chute du personnage et explique sa punition.
  • Catharsis : Catharsis : purification des émotions négatives ressenties par le public grâce à la représentation, par effet de substitution.
  • Péripéties : Péripéties : enchaînement d’événements qui servent d’avertissements répétés avant la punition finale.
  • Contraste et correspondances : Contraste et correspondances : relations entre personnages fondées soit sur des similitudes de situations, soit sur des oppositions de réactions.
  • Foils : Foils : personnages qui mettent en valeur l’autre par opposition, car l’un échoue là où l’autre réussit.

📝 Points essentiels

  • Dans une tragédie, un personnage peut être puni parce que son hamartia le conduit à des actes irréfléchis, souvent interprétés comme une forme d’orgueil.
  • Les dieux envoient plusieurs avertissements (péripéties) ; le personnage prend conscience de ses torts mais ne change pas de comportement.
  • La catharsis fonctionne comme une dissuasion : si le personnage est châtié pour une intention violente, le public est amené à ne pas vouloir reproduire l’acte.
  • Le théâtre impose de vérifier le respect des conventions : si le protagoniste d’une tragédie agit comme dans une autre logique, cela devient un indice sur l’intention de l’auteur.
  • Les comédies visent à montrer que chacun peut être trompé ou se comporter de façon stupide, et invitent à rire de soi-même.
  • Les relations entre personnages se lisent via deux axes : correspondances (mêmes problèmes, réactions proches ou différentes) et contrastes (ressemblances apparentes mais réactions opposées).

💡 Astuce mémo

Hamartia → chute ; Péripéties → avertir ; Catharsis → purger/dissuader ; Foils → réussite vs échec.

📖 7. Personnages : complexité, genres et conventions

🔑 Notions clés & Définitions

  • Dialect : Dialecte : variété de langue liée à une région, qui signale d’où vient socialement ou géographiquement un personnage.
  • Socialect : Socialect : variété de langue liée à une classe sociale, qui signale le milieu social d’un personnage.
  • Real talk : Real talk : manière de parler qui imite la conversation du quotidien, souvent utilisée dans les pièces modernes en prose.
  • Drama talk : Drama talk : parole très marquée et reconnaissable comme “théâtrale”, typique des pièces en vers où la conversation paraît moins naturelle.
  • Dialogue : Dialogue : forme d’énonciation la plus fréquente au théâtre, où au moins deux personnages se répondent.

📝 Points essentiels

  • La façon dont un personnage est présenté au public influence la manière dont on le perçoit.
  • Le dialecte révèle une origine régionale ou géographique, tandis que le socialect révèle une classe sociale.
  • Real talk correspond à une parole proche de la vie réelle, souvent en prose dans les pièces actuelles.
  • Drama talk devient évident quand on regarde une pièce en vers, car cela sonne moins comme une conversation spontanée.
  • Les fonctions du langage au théâtre se répartissent entre fonctions pragmatiques (agir au quotidien) et fonctions rhétoriques ou poétiques (décrire, convaincre, produire un effet esthétique).
  • Au théâtre, le dialogue est l’énonciation la plus fréquente, avec au moins deux personnages qui parlent l’un à l’autre.

💡 Astuce mémo

Dialect → Région ; Socialect → Classe ; Real talk → Prose “comme IRL” ; Drama talk → Vers “trop théâtral”.

📖 8. Types d’énoncés dramatiques et apartés

🔑 Notions clés & Définitions

  • Quatrième mur : Procédé où l’œuvre s’adresse au public comme si la scène et le spectateur formaient un même espace de communication.
  • Aparté : Intervention d’un personnage qui s’écarte du dialogue principal pour livrer une information ou une intention au public.
  • Narrateur : Instance qui raconte l’histoire au lecteur, en fournissant les informations et la manière de les recevoir.
  • Story : Enchaînement des événements tels qu’ils sont racontés, c’est-à-dire ce qui arrive dans l’histoire.
  • Discourse : Manière dont l’histoire est racontée, incluant voix, focalisation, modes narratifs, temps et langage.

📝 Points essentiels

  • Le drame est écrit pour être joué sur scène, tandis que la fiction est écrite pour être lue.
  • Dans la fiction, il y a toujours un narrateur, ce qui distingue la narration d’un simple enregistrement d’actions.
  • Une story peut contenir plusieurs narrateurs, ce qui modifie la façon dont l’histoire est transmise.
  • Les événements se divisent en actions (ce que font les personnages) et happenings (ce qui arrive sans être fait par eux).
  • L’existence de l’histoire comprend aussi l’espace et le cadre, qui conditionnent la lecture et le sens.
  • Le plot est la structure causale et logique qui relie les événements, alors que la story est seulement la suite chronologique.

💡 Astuce mémo

Quatrième mur = « scène + spectateur » : le public devient “dans” l’histoire.

📖 9. Types de scène : amphithéâtre, marché et théâtre à l’italienne

🔑 Notions clés & Définitions

  • Espace fictionnel : Espace fictionnel : lieu inventé ou recomposé dans un récit, qui peut être réaliste dans sa description tout en restant imaginaire dans son existence.
  • Espace réel évoqué : Espace réel évoqué : lieu du monde réel mentionné ou décrit dans une fiction, qui renforce l’impression de vraisemblance sans rendre les événements réels.
  • Espace symbolique : Espace symbolique : espace chargé de connotations, où les caractéristiques du lieu servent à suggérer des idées ou des valeurs liées à l’intrigue ou aux personnages.
  • Atmosphère spatiale : Atmosphère spatiale : effet produit par la lumière, l’ombre et le décor, qui colore la scène et oriente la perception du lecteur.
  • Espace et caractérisation : Espace et caractérisation : relation entre le lieu et le personnage, où le décor contribue à définir ses traits, ses obsessions ou son rôle narratif.

📝 Points essentiels

  • Une fiction peut décrire des lieux réels (villes, pays) pour paraître crédible, tout en racontant des événements non réels.
  • Un lieu inventé (ex. château imaginaire) peut coexister avec des lieux réels dans une même histoire.
  • Le sens de l’espace dépend des correspondances ou des contrastes avec l’intrigue et les personnages.
  • L’atmosphère (jeu de lumière/obscurité) participe à l’interprétation de la scène.
  • L’espace peut fonctionner comme outil de caractérisation en révélant des obsessions ou des indices sur le comportement.
  • L’espace peut être spécifique à chaque sous-intrigue, ou au contraire stéréotypé et associé à des significations attendues.

💡 Astuce mémo

Vrais lieux = vraisemblance ; lieux inventés = liberté ; décor = sens (atmosphère + caractère + intrigue).

📖 10. Fiction : histoire et discours en narration

🔑 Notions clés & Définitions

  • Narration : La narration désigne la manière dont une histoire est racontée au lecteur, à travers une voix et un point de vue.
  • Narrative voice : La narrative voice correspond à la voix qui raconte, c’est-à-dire qui prend en charge le récit dans le texte.
  • Focalization : La focalization indique qui perçoit l’histoire, autrement dit le degré d’accès du lecteur aux pensées et informations d’un personnage.
  • Hétérodiégétique : Un narrateur hétérodiégétique raconte une histoire où il n’est pas personnage, donc il se situe hors de l’action racontée.
  • Autodiégétique : Un narrateur autodiégétique est un personnage de l’histoire et le protagoniste, ce qui rend le récit fortement lié à son expérience.

📝 Points essentiels

  • La situation narrative combine deux questions : qui parle (voix) et qui voit/perçoit (focalisation).
  • Le narrateur n’est pas l’auteur : le texte peut être produit par un auteur réel, tout en étant raconté par une instance de récit distincte.
  • Trois niveaux de communication existent : personnage à personnage, narrateur vers narrataire (souvent le lecteur), puis auteur implicite vers lecteur réel.
  • Narrateur explicite (overt) : il laisse voir une personnalité ou des opinions ; narrateur implicite (covert) : il ne révèle pas ses opinions.
  • Hétérodiégétique = hors de l’histoire ; homodiégétique = dans l’histoire mais pas le protagoniste ; autodiégétique = dans l’histoire et protagoniste.
  • Focalisation externe : perception de l’extérieur, accès seulement aux descriptions ; effet attendu : plus d’objectivité et de distance, fiabilité élevée selon le cadre externe.

💡 Astuce mémo

Voix = Qui parle ? ; Focalisation = Qui voit ? (V→parole, F→vision).

📖 11. Voix narrative et focalisation selon Genette

🔑 Notions clés & Définitions

  • Mimesis : La mimesis désigne une présentation directe de la parole et des actions, donnant l’illusion d’une narration peu médiée.
  • Diegèse : La diégèse correspond à la représentation verbale des événements par un narrateur, avec une médiation plus visible.
  • Mode narratif : Un mode narratif est le type d’énoncé par lequel le récit est transmis au lecteur.
  • Discours rapporté : Le discours rapporté transmet des paroles ou pensées avec une médiation du narrateur, sans guillemets.
  • Monologue intérieur : Le monologue intérieur présente directement la pensée du personnage comme un flux de pensée, généralement sans guillemets.

📝 Points essentiels

  • Platon oppose mimesis (présentation directe) et diégèse (représentation verbale des événements).
  • Henry James formule l’opposition showing vs telling : montrer davantage par la scène et raconter davantage par la médiation.
  • Quatre modes dominants : discours, report d’actions, description, commentaire.
  • Le discours direct produit une illusion d’absence de médiation, tandis que le discours indirect rend la médiation plus perceptible.
  • Le discours indirect se fait sans guillemets et crée plus de distance avec l’énonciation directe.
  • Le report d’action informe le lecteur via des verbes d’action (entrer, s’asseoir, parler, etc.).

💡 Astuce mémo

Mimesis = “je te montre”, diégèse = “je te raconte”.

📖 12. Temps du récit : durée, ordre et fréquence

🔑 Notions clés & Définitions

  • Temps du récit : Le temps du récit désigne la manière dont le texte organise le rapport entre le temps des événements et le temps de leur narration.
  • Temps vs temps verbal : La distinction temps du récit/temps verbal sépare l’organisation narrative du temps (durée, ordre, fréquence) de la forme grammaticale utilisée (passé, présent, etc.).
  • Narrative past : Le récit au passé crée une distance avec les événements, ce qui modifie la perception du lecteur.
  • Gnomic present : Le présent gnômique énonce une vérité générale, formulée comme valable en tout temps.
  • Prolepsis : La prolepse est une anticipation qui fait apparaître dans le discours un moment futur de l’histoire.

📝 Points essentiels

  • La narration s’appuie sur deux axes : le temps verbal et l’agencement des séquences temporelles dans le récit.
  • Le passé narratif produit un effet de distanciation, tandis que le présent peut donner une impression d’immédiateté.
  • Le passage d’un temps à l’autre (switch) renforce l’effet de surprise, car le lecteur ressent un changement de perspective.
  • Le présent gnômique sert à formuler une vérité générale, comme dans une énonciation de type “loi” (ex. “water boils at 100°C”).
  • L’analyse du temps du récit (Genette) se fait par trois angles : durée, ordre et fréquence, en reliant story-time et discourse-time.
  • Story-time = suite des événements et durée dans l’histoire (ex. 20 ans), tandis que discourse-time = durée de narration/lecture (ex. 4 heures).

💡 Astuce mémo

Passé = distance ; présent = immédiateté ; switch = surprise.

📊 Tableaux de synthèse

Drama vs théâtre (usage et analyse)

TermeBut principalCe qu’on analyse
DramaÊtre joué sur scène et compris par le public pendant la représentationLe texte dramatique transformé en performance (information, structure, espace, temps, personnages, types d’énoncés)
ThéâtreLa place de la pièce et ce qu’on voit sur scène (espace, acteurs, mise en scène)La représentation scénique comme objet d’observation (décor, acteurs, didascalies, jeu)

Story vs plot (et effet sur le public)

NotionOrganisationEffet
StorySuite chronologique d’événementsImite la vie, mais peut être moins “satisfaisant” si les liens causaux manquent
PlotStructure causale et logique reliant les événements (cause→conséquence)Rend la compréhension plus facile et augmente la satisfaction/suspense

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre drama et théâtre : dans le cours, drama insiste sur la finalité d’être joué et sur la performance, tandis que théâtre renvoie davantage à la place de la pièce et à ce qu’on observe sur scène.
  2. Croire que le texte dramatique “montre” l’action : au contraire, quand on lit, on doit imaginer ce qui se passe sur scène à partir du texte et surtout des secondaires (didascalies, descriptions).
  3. Oublier les textes secondaires : ils ne sont pas décoratifs, ils transmettent une partie essentielle de l’information (gestes, attitude, manière de parler, décor, accessoires).
  4. Penser qu’il y a un narrateur comme dans la fiction : en drama traditionnel, il n’y a pas de narrateur au sens classique, l’information passe par les personnages, le décor et les indications scéniques.
  5. Mélanger story et plot : la story est chronologique, alors que le plot insiste sur les liens cause/conséquence entre événements (et peut être non linéaire).
  6. Confondre ellipsis et summary : l’ellipse saute une partie du temps sans dire ce qui s’est passé, alors que le résumé raconte/dit ce qui s’est passé en accélérant.
  7. Se tromper sur la focalisation : au théâtre, on parle de perspective/focalization au sens théâtral (non pas comme en narration romanesque), et les effets de non-dits/ironie dramatique comptent autant que “qui voit”.

✅ Checklist Examen

  1. Distinguer drama et théâtre : finalité de la représentation vs place de la pièce et observation scénique.
  2. Définir texte dramatique, texte primaire et texte secondaire, et expliquer ce que chacun apporte à l’analyse.
  3. Expliquer le “flow of information” : information linguistique (surtout primaire) vs extra-linguistique (secondaires : décor, accessoires, didascalies).
  4. Justifier l’absence de narrateur en drama traditionnel et décrire comment l’information est transmise (personnages, mouvements, décor, descriptions).
  5. Présenter l’innovation de Brecht : ajout d’un narrateur pour produire un effet d’aliénation/estrangement et empêcher l’identification.
  6. Expliquer le rôle du chœur grec comme narrateur et relier cela à l’idée de perspective et aux sous-entendus/non-dits.
  7. Maîtriser story vs plot : définir, donner l’idée cause→conséquence, et savoir qu’il peut y avoir plusieurs plotlines (main plot + subplots).
  8. Savoir appliquer les trois unités (lieu, temps, plot) et relier cela à l’objectif d’un seul plot et à la catharsis.
  9. Réciter la structure de Freytag : exposition, conflits, rising action, climax, falling action, denouement, et rappeler “sans conflit, pas de pièce”.
  10. Comparer drame ouvert vs drame fermé (Volker Klotz) : cohérence des liens entre scènes/actes et présence d’un denouement clair.
  11. Analyser l’espace au théâtre : décor théâtral, illusion de réalisme/mimesis, naturalisme, accessoires, word scenery, et espaces symboliques/atmosphère.
  12. Analyser le temps : références temporelles (répliques, décor, didascalies, sons), unité de temps (souvent 1 jour), succession vs simultanéité, et cadres temporels (story time vs discourse time).
  13. Expliquer durée/ordre/fréquence (Genette) : analepses/flashback, prolepses/flashforward, types de débuts (ab ovo, in medias res, in ultimas res) et fréquence (singulative/repetitive/iterative).
  14. Caractériser les personnages : majeurs vs mineurs, protagoniste/antagoniste, complexité (multi-dimensionnel/dynamique vs mono-dimensionnel/statique), et importance de l’absence (virtuellement non-existant mais évoqué).

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Introduction à la dramaturgie et au théâtre avec 24 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quel type d’espace renvoie à un lieu inventé ou recomposé dans une fiction ?

2. Quel ensemble relève du texte secondaire d’une pièce ?

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Drama — définition ?

Genre théâtral destiné à être joué et perçu par le public.

Théâtre — rôle ?

Représentation scénique et analyse de la mise en scène.

Texte dramatique — primaire vs secondaire ?

Primaire : répliques ; secondaire : didascalies, description.

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