Fiche de révision : Introduction à la grammaire française et analyse textuelle

Plan du Cours

  1. Classes grammaticales traditionnelles
  2. Fonctions traditionnelles de la phrase
  3. Référentiel FRALA et prédication
  4. Axes syntagmatique et paradigmatique
  5. Voix et emplois du verbe
  6. Propositions et phrase complexe
  7. Subordonnées complétives et circonstancielles
  8. Grammaire du texte et cohérence

1. Classes grammaticales traditionnelles

Notions clés & Définitions

  • Classe grammaticale : Une classe grammaticale regroupe des mots partageant des caractéristiques syntaxiques, sémantiques et morphologiques.
  • Mots variables : Les mots variables portent des marques de variation morphologique et comprennent notamment le nom, le déterminant, l’adjectif, le pronom et le verbe.
  • Mots invariables : Les mots invariables ne varient pas en morphologie et comprennent surtout l’adverbe et les mots de liaison.
  • Critère sémantique : Le critère sémantique classe les mots à partir du sens, ce qui ne suffit pas à définir une classe grammaticale.

Points essentiels

  • Nom : il désigne des êtres/objets/idées et porte un genre et un nombre, souvent avec un déterminant à ses côtés.
  • Déterminant : il accompagne le nom et annonce généralement le genre et le nombre, avec des catégories comme article défini/indéfini/partitif/contracté et déterminants possessifs, démonstratifs, interrogatifs, indéfinis, numéraux.
  • Adjectif : il qualifie ou précise un nom et s’accorde avec lui (qualificatif, numéral cardinal/ordinal, indéfini).
  • Pronom : il remplace un nom ou un groupe nominal (personnel, démonstratif, relatif, possessif, indéfini, numéral, interrogatif).
  • Verbe : noyau du groupe verbal, il porte des marques de temps, mode, personne et nombre.

Astuce mémo

Pour les conjonctions de coordination : mais, ou, et, or, ni, car (M-O-E-O-N-C).

2. Fonctions traditionnelles de la phrase

Notions clés & Définitions

  • Sujet : Le sujet est la fonction qui présente l’être ou la chose dont on parle dans la phrase, et qui déclenche l’accord du verbe.
  • Complément du verbe : Le complément du verbe est la fonction qui complète le verbe selon qu’il est direct ou indirect, et qu’il peut porter une valeur d’attribution.
  • Attribut du sujet : L’attribut du sujet est une fonction qui caractérise le sujet et qui apparaît après des verbes comme être, sembler ou paraître.
  • Complément de phrase : Le complément de phrase est une fonction déplaçable et supprimable qui ajoute une information circonstancielle comme le temps, le lieu ou la cause.
  • Expansions du nom : Les expansions du nom sont des fonctions qui précisent un nom, via une épithète, un complément du nom, ou une apposition.

Points essentiels

  • Le sujet peut être encadré par « c’est… qui » et il commande l’accord du verbe.
  • Le complément direct du verbe répond à « qui ? » ou « quoi ? » et se pronominalise par le, la, les.
  • Le complément indirect du verbe est introduit par une préposition, répond à « à qui ? » ou « à quoi ? » et se pronominalise par lui, leur, y.
  • L’attribut du sujet caractérise le sujet et se trouve après être, sembler, paraître.
  • Le complément de phrase est à la fois déplaçable et supprimable, et apporte une information circonstancielle comme temps ou cause.
  • Les expansions du nom incluent une épithète liée ou détachée par une virgule, ainsi qu’un complément du nom ou une apposition.

Astuce mémo

Sujet = « c’est… qui » + accord du verbe ; reste = compléments (verbe ou phrase) + informations (nom épandu).

3. Référentiel FRALA et prédication

Notions clés & Définitions

  • Prédication : La prédication est l’opération qui fait dire quelque chose au sujet, principalement grâce au verbe dans le groupe verbal.
  • Groupe Sujet : Le groupe Sujet désigne l’élément dont on parle, organisé comme constituant central de la phrase.
  • Groupe Prédicat : Le groupe Prédicat regroupe ce qu’on dit du sujet, avec le verbe comme outil principal de la prédication.
  • Groupe Complément circonstanciel : Le groupe Complément circonstanciel apporte une information de contexte sur le procès.
  • Critère morphologique : Le critère morphologique s’appuie sur les marques et propriétés formelles d’un mot pour aider à identifier sa classe grammaticale.

Points essentiels

  • Le verbe constitue l’outil principal de la prédication, car le groupe verbal dit quelque chose du sujet.
  • Dans FRALA, les trois fonctions centrales sont Sujet, Prédicat et Complément circonstanciel, avec les termes Groupe Sujet, Groupe Prédicat et Groupe Complément circonstanciel.
  • Le Référentiel distingue la classe grammaticale et la fonction grammaticale, ce qui évite de confondre nature du mot et rôle dans la phrase.
  • Le critère morphologique sert surtout à identifier les classes par leurs propriétés formelles, notamment selon ce qu’un mot accepte pour genre, nombre, personne, temps/mode ou détermination.
  • FRALA revient à un classement plus cohérent fondé sur l’accès au monde, le rôle informationnel et la morphologie, plutôt que sur une seule logique de sens/position.

Astuce mémo

Sujet = on en parle ; Prédicat = ce qu’on dit ; Complément circonstanciel = contexte du procès.

4. Axes syntagmatique et paradigmatique

Notions clés & Définitions

  • Axe syntagmatique : L’axe syntagmatique décrit la manière dont les mots et groupes se combinent dans la chaîne de la phrase (ordre, accords, déplacements).
  • Axe paradigmatique : L’axe paradigmatique met en regard des choix possibles à un même endroit de la phrase (substitutions, classes grammaticales, commutations).
  • Déplacement de constituant : Un déplacement est un changement de place d’un constituant dans la phrase, afin de vérifier s’il forme un bloc mobile.

Points essentiels

  • L’axe paradigmatique est vertical et se teste par la question « Qu’est-ce qui pourrait être mis à cette place ? », notamment via commutation et classes de mots.
  • L’axe syntagmatique est horizontal et se teste par la question « Comment les mots s’organisent-ils ensemble dans la phrase ? », notamment via ordre des mots, accords et déplacements.
  • Dans le test de déplacement, la phrase « Elle apprend ses leçons tous les soirs » reste correcte avec « Tous les soirs elle apprend ses leçons », ce qui montre que « tous les soirs » est un constituant déplaçable.
  • Le déplacement peut modifier l’effet produit ou la mise en relief, si bien que les deux phrases ne sont pas totalement équivalentes du point de vue énonciatif.

Astuce mémo

Horizontal = ensemble (ordre/accords/déplacements) ; Vertical = choix (substitutions/commutations).

5. Voix et emplois du verbe

Notions clés & Définitions

  • Verbe en emploi auxiliaire : Un verbe en emploi auxiliaire sert d’outil grammatical pour faire conjuguer un autre verbe et construire des formes verbales complexes.
  • Voix (discours grammatical) : La voix reflète le point de vue de l’énonciateur sur le procès, notamment ce qui est mis en avant dans la phrase.
  • Voix factitive : La voix factitive présente un sujet qui déclenche et organise le procès, sans l’accomplir directement.

Points essentiels

  • Les verbes auxiliaires ont un sens fortement allégé, servent d’outil grammatical et permettent de former des temps/structures verbales complexes avec un autre verbe.
  • Les participes passés et les infinitifs ne sont pas des compléments du verbe auxiliaire : ils font partie de la forme verbale construite.
  • Dans un procès comme Le chat mange la souris, on distingue l’agent (celui qui prend en charge), le procès (manger) et le patient (celui qui subit).
  • En voix active, le thème mis en avant est celui qui accomplit le procès, comme dans Le chat mange la souris.
  • En voix passive, le thème devient celui qui subit le procès, et Dan Van Raemdonck analyse est comme verbe (et non comme structure incluant mangée) dans La souris est mangée.
  • Le DG reconnaît aussi la voix moyenne (pronominale), la voix factitive et la voix impersonnelle, et certaines voix peuvent se combiner entre elles.

Astuce mémo

Auxiliaire = Aide pour former (sens allégé) ; Voix = POINT DE VUE sur qui est au premier plan.

6. Propositions et phrase complexe

Notions clés & Définitions

  • Phrase multiple : Une phrase multiple est constituée de propositions indépendantes, sans dépendance syntaxique entre elles.
  • Phrase complexe : Une phrase complexe associe une proposition principale et une ou plusieurs propositions dépendantes (des subordonnées).
  • Juxtaposition de propositions : La juxtaposition relie des propositions indépendantes sans mot de liaison, uniquement par la ponctuation.
  • Proposition subordonnée : Une proposition subordonnée est une proposition dépendante, intégrée à la phrase principale et introduite par un marqueur.

Points essentiels

  • Pour analyser une phrase, repère d’abord un marqueur : absent → juxtaposition, présent → coordination ou subordination.
  • Le critère décisif est la dépendance syntaxique : aucune dépendance → phrase multiple, dépendance → phrase complexe.
  • Une juxtaposition n’établit pas de fonction grammaticale entre les propositions, mais le lien de sens reste exprimé par la ponctuation et l’ordre.
  • Ponctuation ≠ marqueur : une virgule peut coexister avec un marqueur, et alors ce n’est plus une juxtaposition.
  • Trois types de juxtaposition existent : jumelage (dépendance implicite), voisinage (indépendance totale) et insertion (proposition incise proche d’un modèle en subordonnée).
  • Toujours utiliser P1 et P2 pour une analyse claire : pas de P3, P4, etc.

Astuce mémo

Sans marqueur = juxtaposition (ponctuation seulement), Avec marqueur = coordination ou subordination.

7. Subordonnées complétives et circonstancielles

Notions clés & Définitions

  • Proposition subordonnée complétive : Une proposition subordonnée complétive est une subordonnée dépendante qui complète un élément de la phrase, souvent un verbe (parfois un nom ou un adjectif).
  • Marqueur de la complétive : Un marqueur de la complétive est l’élément qui introduit la subordonnée, comme que, ce que ou un mot interrogatif (qui, quoi, où, pourquoi, combien, quel…).
  • Proposition subordonnée circonstancielle : Une proposition subordonnée circonstancielle est une subordonnée dépendante qui a la fonction de complément circonstanciel et précise des circonstances de l’action.
  • Valeurs sémantiques de la circonstancielle : Les valeurs sémantiques de la circonstancielle sont les relations de sens qu’exprime la subordonnée, comme temps, cause, condition, conséquence, but, opposition, etc.

Points essentiels

  • La complétive peut avoir les fonctions d’un groupe nominal, notamment sujet, COD, complément du nom (CDN), complément d’adjectif et attribut.
  • Les complétives sont introduites par que (le plus fréquent), par ce que, ou par des mots interrogatifs pour former des complétives indirectes.
  • Quand « que » introduit une subordonnée, il peut s’agir d’une conjonction de subordination ou d’un autre type d’introduction, donc l’analyse dépend de la relation exprimée.
  • Une circonstancielle fonctionne comme un complément circonstanciel : elle est déplaçable, effaçable (le sens devient moins précis), dédoublable et non pronominalisable.
  • Les circonstancielles expriment des valeurs comme le temps, la cause, la condition, la conséquence, le but, l’opposition/la concession, la comparaison, le lieu, la restriction, le moyen et l’addition.
  • Dans certains cas, une circonstancielle peut être réduite en infinitif, participe ou adjectif pour simplifier la phrase.

Astuce mémo

Complétive = « Nom qui manque » (sujet/COD/etc.), Circonstancielle = « Contexte » (temps-cause-condition-but…).

8. Grammaire du texte et cohérence

Notions clés & Définitions

  • Cohérence textuelle : La cohérence textuelle est la propriété d’un texte qui relie ses phrases et maintient une logique globale pour transmettre un message clair.
  • Continuité : La continuité est la reprise des éléments déjà introduits pour assurer la continuité référentielle, notamment avec pronoms et déterminants.
  • Progression thématique : La progression thématique est la manière dont le texte avance en ajoutant de l’information nouvelle tout en gardant des liens avec le thème établi.
  • Anaphore : L’anaphore est un procédé qui renvoie à un élément présent dans le texte, pour éviter la répétition et garder la même référence.

Points essentiels

  • La cohérence d’un texte repose sur quatre règles : continuité, progression, répétition par substituts et non-contradiction.
  • La répétition utile passe par des substituts comme pronoms, déterminants et synonymes, afin de reprendre l’information sans la redire à l’identique.
  • La progression thématique peut être à thème constant, linéaire (le nouveau devient thème) ou dérivée (plusieurs thèmes liés partent d’un même noyau).
  • Les organisateurs textuels comme d’abord, ensuite, enfin structurent le parcours du lecteur et signalent l’enchaînement des idées.
  • La non-contradiction impose une logique interne : les phrases ne doivent pas se contredire sur les informations présentées.
  • L’anaphore renvoie à ce qui a été dit avant, tandis que le déictique dépend de la situation d’énonciation.

Astuce mémo

C.P.R.N : Continuité, Progression, Répétition (substituts), Non-contradiction.

Tableaux de synthèse

Classe grammaticale vs fonction grammaticale (FRALA)

NotionRôle attenduRisque de confusion
Classe grammaticaleregroupe des mots par critères (dont morphologie) ; naturela confondre avec le rôle dans la phrase
Fonction grammaticalerôle du mot/groupe dans la phrase (ex. sujet, prédicat, complément circonstanciel)prendre la nature du mot pour sa fonction

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre nature et rôle : une même classe (ex. pronom) n’a pas forcément la même fonction (sujet, COD…) dans la phrase.
  2. Croire que « critère sémantique » suffit à définir une classe grammaticale : le cours souligne que le sens ne suffit pas (ex. « course »).
  3. Pour les complétives, confondre marqueur et type de subordonnée : « que » peut introduire autre chose et une circonstancielle doit être reconnue par sa valeur (temps/cause…).
  4. Prendre une virgule pour un marqueur : en phrase, virgule ≠ marqueur ; si un marqueur est présent, ce n’est plus une juxtaposition.
  5. Classer une subordonnée relative comme complétive : la relative est introduite par un pronom relatif et dépend d’un antécédent (souvent un nom).
  6. Dire qu’un auxiliaire “inclut” des participes/infinitifs comme compléments : le cours insiste que participes passés et infinitifs font partie de la forme verbale.
  7. Confondre axe syntagmatique et paradigmatique : horizontal = combinaison/ordre/déplacements ; vertical = substitutions/commutations à la même place.

Checklist Examen

  1. Distinguer classe grammaticale (nature) et fonction grammaticale (rôle) et savoir donner un exemple de chaque.
  2. Citer les classes traditionnelles vues et associer à chaque fois une idée-clé (nom, déterminant, adjectif, pronom, verbe, adverbe, mots de liaison).
  3. Identifier et justifier les fonctions traditionnelles : sujet, CDV, CIV, attribut du sujet, complément de phrase, expansions du nom (épithète, complément du nom, apposition).
  4. Expliquer pourquoi le critère sémantique et le seul critère morphologique sont insuffisants pour définir une classe (selon le cours).
  5. Présenter la logique FRALA : les trois critères (accès au monde, fonctionnement, variation morphologique) et les trois fonctions centrales (Sujet, Prédicat, Complément circonstanciel).
  6. Savoir reformuler la différence FRALA détermination vs prédication (réduire/préciser un ensemble vs ajouter une information sans sous-ensemble).
  7. Connaître le principe des axes syntagmatique/paradigmatique et répondre aux questions-tests correspondantes : « Comment… ? » / « Qu’est-ce qui pourrait… ? ».
  8. Réaliser mentalement un test de suppression ou de commutation sur un constituant et conclure s’il est facultatif/obligatoire (logique du cours).
  9. Définir emplois du verbe en DG : transitif direct/indirect/bitransitif, intransitif, impersonnel, et relier au contexte l’analyse de l’emploi.
  10. Distinguer verbes pleins, supports, copules et auxiliaires et rappeler que participes passés/infinitifs appartiennent à la forme verbale (pas au complément de l’auxiliaire).
  11. Identifier les voix (active, passive, moyenne pronominale, factitive, impersonnelle) et dire ce que devient le thème (point de vue / organisation du procès).
  12. Analyser une phrase complexe : repérer marqueur et dépendance ; classer la relation (juxtaposition/coordination/subordination) puis reconnaître le type de subordonnée (relative/complétive/circonstancielle).
  13. Pour la cohérence du texte, vérifier continuité, progression, répétition par substituts, non-contradiction, et repérer anaphore vs déictique ; citer les organisateurs et leurs rôles.

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1. Quelle affirmation décrit le mieux une classe grammaticale ?

2. Lequel des ensembles suivants correspond à des mots variables ?

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Classe grammaticale — définition ?

Regroupe des mots partageant caractéristiques syntaxiques, sémantiques, morphologiques.

Mots variables — exemples ?

Nom, déterminant, adjectif, pronom, verbe.

Mots invariables — exemples ?

Adverbe, mots de liaison.

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