📋 Plan du Cours
- Politique et politisation
- Discours sur le politique
- Science politique comme discipline
- Méthodes et neutralité axiologique
- Démocratie délibérative et convention citoyenne
- Élus municipaux et représentativité
- Suffrage et fabrique du citoyen-électeur
- Partis politiques et militants
- Professionnalisation politique
- Écologie politique et offre partisane
- Politiques publiques et référentiels
- Usages sociaux du droit
📖 1. Politique et politisation
🔑 Notions clés & Définitions
- Politique : La politique désigne l’ensemble des efforts pour participer au pouvoir ou influencer la répartition du pouvoir entre États ou au sein d’un même État.
- Le politique : Le politique renvoie à la lutte et à la régulation des conflits qui organisent le vivre-ensemble dans une société.
- Politics Policy Polity : La distinction politics, policy et polity sépare respectivement la compétition électorale, les décisions de politiques publiques et la communauté politique.
- Politisation : La politisation est le processus par lequel un événement initialement non politique devient un enjeu politique, via une requalification sociale.
📝 Points essentiels
- Un fait social n’est pas politique par nature : il devient politique quand il est requalifié comme enjeu de pouvoir.
- Weber distingue le politique et la politique : le politique concerne la régulation du vivre-ensemble, tandis que la politique vise la participation et l’influence sur la répartition du pouvoir.
- En anglais, politics correspond à la compétition politique, policy aux politiques publiques, et polity à la communauté politique.
- La politisation transforme des activités sociales variées en enjeux reconnus comme politiques par des acteurs sociaux qui s’accordent pour requalifier l’espace concerné.
- Les gestes de Tommie Smith et John Carlos lors des JO de 1968 illustrent un passage du non-politique au politique à travers le mouvement Black Panther.
💡 Astuce mémo
Pas « dans les faits », mais « dans la qualification » : politisé = requalifié en enjeu de pouvoir (donc politique).
📖 2. Discours sur le politique
🔑 Notions clés & Définitions
- Discours politique : Un discours politique défend des valeurs et cherche à convaincre, en appuyant rarement l’argumentation sur des preuves scientifiques.
- Questions normatives : Des questions normatives portent sur ce qui devrait être, en formulant des jugements de ce que serait un ordre politique idéal.
- Discours journalistique : Un discours journalistique propose des interprétations des phénomènes politiques adaptées à une audience particulière.
- Socialisation politique : La socialisation politique désigne la manière dont les citoyens se construisent un rapport ordinaire à la politique, y compris dans leurs explications du vote.
- Discours savant : Un discours savant en science politique explique et comprend les phénomènes politiques à partir de méthodes et concepts propres.
📝 Points essentiels
- Le discours militant ou élu cherche d’abord à justifier son action et à convaincre en mobilisant surtout des valeurs.
- La science politique se distingue des approches normatives en décrivant comment la politique fonctionne dans le réel plutôt que comment elle devrait fonctionner.
- Le journaliste ne se contente pas de relayer: il sélectionne et interprète des faits, ce qui peut favoriser certains acteurs politiques.
- Le citoyen tient un discours profane en expliquant par expérience et contexte pourquoi il vote et pourquoi il est plus ou moins exposé à la politique.
- Le discours savant rompt avec le sens commun en produisant une explication scientifique à partir de concepts opératoires et de méthodes dédiées.
💡 Astuce mémo
4 voix du politique: élu (convaincre), philosophe (doit être), journaliste (interprète), citoyen (explique), puis le savant (comprend scientifiquement).
📖 3. Science politique comme discipline
🔑 Notions clés & Définitions
- Neutralité axiologique : La neutralité axiologique est un principe qui oblige le chercheur en sciences politiques à se tenir à distance des jugements de valeur pendant l’enquête.
- Impartialité du politiste : L’impartialité du politiste consiste à suspendre ses préjugés et à éviter de se faire acteur politique pendant la recherche.
- Données empiriques : Les données empiriques sont des informations observées ou recueillies dans le réel afin de répondre à une question de recherche.
- Méthodes de collecte : Les méthodes de collecte regroupent l’entretien, l’observation, les archives et les statistiques utilisées pour produire une analyse.
- Description scientifique : La description scientifique correspond au travail qui explique et documente ce qui est à partir des résultats de la démonstration, sans prescrire.
📝 Points essentiels
- Max Weber fonde l’exigence d’impartialité en demandant de ne pas porter de jugements de valeur sur l’objet étudié.
- Le travail scientifique doit distinguer clairement ce qui relève de la démonstration (ce qui est) de ce qui relève de l’évaluation pratique (ce qui doit être).
- Les sciences sociales sont décrites comme empiriques : elles partent d’une question et collectent des données observables.
- La collecte s’effectue notamment via entretiens, observation, archives et statistiques, la dernière étant très présente dans les médias.
- Le politiste organise les données autour de concepts opératoires pour produire des connaissances scientifiques originales sur les faits politiques.
- Weber oppose le rôle de démagogue et celui de professeur : le savant doit conserver la distance nécessaire à la recherche.
💡 Astuce mémo
Weber = « suspendre tes jugements » : décrire avec des preuves (description) plutôt que prescrire des valeurs (normatif).
📖 4. Méthodes et neutralité axiologique
🔑 Notions clés & Définitions
- Observation directe : Une méthode d’enquête qui consiste à regarder et enregistrer ce qui se passe sur le terrain pour comprendre les pratiques réelles.
- Entretiens : Une méthode qualitative qui consiste à recueillir la parole des acteurs pour éclairer leurs perceptions et leurs expériences.
- Recherche documentaire : Une méthode qui mobilise des sources écrites existantes pour contextualiser et soutenir l’analyse des données observées.
📝 Points essentiels
- L’analyse de la Convention citoyenne pour le climat s’appuie sur une combinaison d’observation directe, d’entretiens et de recherche documentaire pour étudier les liens entre mini-public et grand public.
- Les chercheurs étudient aussi comment les citoyens “importent” et “exportent” leurs dynamiques de participation par des auditions, des traces et des espaces de sociabilité informels.
- Pour comprendre les perceptions différentes de la démocratie, la recherche prend en compte la classe sociale, le niveau d’engagement et les orientations politiques des citoyens.
📖 5. Démocratie délibérative et convention citoyenne
🔑 Notions clés & Définitions
- Démocratie directe : La démocratie directe est un régime où les citoyens prennent eux-mêmes la parole et participent directement aux décisions publiques.
- Démocratie délibérative : La démocratie délibérative est un mode de décision collective fondé sur la représentativité, avec une délibération appuyée par des experts sur une durée longue.
- Conférence citoyenne : Une conférence citoyenne est un dispositif de mini-public délibératif qui produit un avis après formation, auditions et dialogue public.
- Convention Citoyenne pour le Climat : La Convention Citoyenne pour le Climat est un exemple de mini-public tiré au sort qui élabore des propositions pour réduire les émissions avec une logique de justice sociale.
- Démocratie participative : La démocratie participative regroupe des dispositifs qui renforcent l’implication des citoyens ordinaires via des votes, consultations ou débats sur des décisions collectives.
📝 Points essentiels
- À Athènes (VIe-IVe siècle av. J.-C.), la décision se fait par parole des citoyens et par tirage au sort, avec rotation des charges, mais l’accès au politique est très restreint car une grande partie de la population est exclue.
- La démocratie contemporaine est un régime où le gouvernement répond aux attentes et préférences des citoyens en les formulant, en les acheminant et en veillant à leur prise en compte sans discrimination.
- La démocratie délibérative vise à neutraliser les biais de la participation en remplaçant la logique de participation par une logique de représentativité du mini-public.
- La Convention Citoyenne pour le Climat réunit 150 citoyens tirés au sort, avec appui d’un institut de sondage, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2030 dans un esprit de justice sociale.
- La démocratie délibérative dépend du parlement : les propositions peuvent être amoindries car elles sont ensuite transformées par la législation, comme pour le passage de la CCC à une proposition de loi.
💡 Astuce mémo
Participative = je vote/inclus des citoyens; délibérative = je représente un mini-public tiré au sort et je tranche avec experts.
📖 6. Élus municipaux et représentativité
🔑 Notions clés & Définitions
- Élus municipaux : Les élus municipaux sont les responsables locaux (conseillers, adjoints, maires) élus dans les communes pour exercer des mandats au niveau local.
- Représentativité : La représentativité renvoie au degré avec lequel les élus reflètent la diversité sociale de la population et la volonté collective supposée.
- Professionnalisation politique : La professionnalisation politique désigne le fait que l’exercice d’un mandat devient une activité largement organisée autour du métier d’élu plutôt que d’un engagement occasionnel.
- Sélectivité sociale : La sélectivité sociale correspond aux inégalités d’accès aux mandats, produisant une sur-représentation de certains groupes sociaux parmi les élus.
📝 Points essentiels
- Il y a environ 500 000 élus municipaux en France répartis dans près de 35 000 communes (conseillers, adjoints, maires).
- Le mandat de maire s’exerce très souvent comme une activité à plein temps ou au moins un gros mi-temps : la moitié déclarent 40 h et l’autre moitié 20 à 40 h.
- Les maires peuvent se consacrer davantage à leur fonction grâce aux indemnités, évaluées entre 600 € et 5 000 €.
- La sélection vers la mairie repose sur trois dimensions : réseaux locaux, dynasties familiales, et militantisme partisan.
- Près de 9 maires sur 10 proviennent des classes sociales favorisées, avec environ 48 % des maires contre 15 % dans la société, et moins d’un maire sur 5 est une femme.
💡 Astuce mémo
Réseau–Dynastie–Parti : les 3 voies qui rendent la mairie plus accessible aux plus “légitimes”.
📖 7. Suffrage et fabrique du citoyen-électeur
🔑 Notions clés & Définitions
- Citoyen-électeur : Personne inscrite dans un système électoral où le vote devient un rôle central de participation politique.
- Extension du suffrage : Élargissement progressif du corps électoral qui transforme les conditions et les enjeux du vote.
- Jeu politique et électoral : Ensemble des règles implicites et des rivalités qui organisent la compétition entre partis pour obtenir des suffrages.
- Comités électoraux nationaux : Structures initiales à partir desquelles des partis modernes se développent avant de s’institutionnaliser durablement.
📝 Points essentiels
- L’élargissement du suffrage oblige les partis à se recomposer pour répondre à une compétition électorale redéfinie.
- Les partis politiques modernes naissent face à l’expansion du suffrage et au changement du jeu politique et électoral.
- Les partis se développent d’abord dans le mouvement ouvrier puis s’institutionnalisent au fil des élections.
- Les partis construisent des cadrages gauche/droite qui sont ensuite contestés par l’arrivée de partis issus de traditions variées.
- Les partis entretiennent un rapport évolutif avec les militants et militantes, influencé par la transformation du jeu électoral.
💡 Astuce mémo
Suffrage élargi → électeurs nombreux → partis repensés + jeu électoral refait.
📖 8. Partis politiques et militants
🔑 Notions clés & Définitions
- National-populisme : Forme de partis qui mobilisent une identité nationale et une opposition à des changements jugés menaçants, avec un registre souvent polarisant contre des groupes présentés comme « autres».
- Radical right gender gap : Écart électoral de genre attribué aux votes en faveur de la droite radicale, formulé comme une différence de propension selon que l’on est femme ou homme.
- Ressentiment anti « privilégiés d’en bas » : Attitude affective où certains électeurs construisent une opposition entre « Nous » et « Eux » pour exprimer un rejet envers des populations perçues comme favorisées.
- Normalisation de l’extrême droite : Processus par lequel des électeurs finissent par rendre acceptable un choix pour l’extrême droite en la traitant comme un vote « ordinaire» dans leur expérience sociale.
📝 Points essentiels
- Les partis nationaux-populistes présentés dans la section sont opposés à l’immigration, à la libre entreprise et au droit de propriété.
- L’enquête Youngelect (Durovic, Mayer, 2022) analyse le radical right gender gap via des variables lourdes et des attitudes sexistes pour expliquer la propension des femmes à voter pour ces partis.
- Félicien Faury (2024) montre que le vote pour le Rassemblement National s’explique notamment par des ressorts racistes liés à une altérité perçue comme radicale et envahissante.
- Dans l’enquête qualitative du sud-est (2016-2019), la plupart des électeurs du RN vivent dans des zones majoritairement françaises blanches, et la section indique l’absence de corrélation simple avec le fait d’habiter une zone majoritairement étrangère.
- La section distingue un « nous » français blanc et un « eux » musulmans, Arabes, Turcs, utilisés comme cadre pour produire un ressentiment négatif.
💡 Astuce mémo
Altérité → vote : plus « Eux » perçus comme envahissants = plus le choix RN se renforce.
📖 9. Professionnalisation politique
🔑 Notions clés & Définitions
- Électeur stratège : L’électeur stratège raisonne en comparant coûts et avantages de ses choix politiques pour maximiser son intérêt.
- Rationalité limitée : La rationalité limitée indique que les électeurs ne peuvent pas calculer correctement car leurs capacités et leurs informations restent restreintes.
- Variables lourdes : Les variables lourdes désignent des facteurs structurels censés expliquer durablement le vote, mais dont le poids est remis en question par l’instabilité observée.
- Conjoncture électorale : La conjoncture électorale regroupe l’environnement du scrutin qui influence les comportements électoraux au-delà des déterminants habituels.
- Campagne électorale : La campagne électorale correspond au moment de réactivité où des éléments concrets peuvent peser sur les contraintes collectives et sur le vote.
📝 Points essentiels
- Dans une logique de choix rationnel, l’abstention peut être interprétée comme une sanction envers la politique plutôt que comme un simple désintérêt.
- La rationalité de l’électeur est critiquée car elle se heurte à une rationalité limitée et à un manque d’informations exploitables sur les programmes.
- Les comportements varient selon le mode de scrutin : le vote utile apparaît davantage en scrutin majoritaire.
- Quand le scrutin compte beaucoup de partis, les électeurs croient moins à une alternance électorale, ce qui modifie les votes.
- La conjoncture électorale et l’effet du calendrier influencent notablement les comportements, comme illustré par l’exemple des élections de 2014.
💡 Astuce mémo
Coût/avantage (vote) ou sanction (abstention) : si les informations manquent, la “rationalité” devient limitée et la conjoncture prend le relais.
📖 10. Écologie politique et offre partisane
🔑 Notions clés & Définitions
- Printemps écologique : Mouvement politique cité comme appartenant à la mouvance de l’écologie politique dans les propositions du cours.
- Journalisme écologiste : Segment médiatique centré sur les sujets environnementaux et climatiques, dont la place et les formes évoluent avec le temps.
- Médiatisation de la question climatique : Processus par lequel la question climatique devient un objet traité dans les médias, avec des effets sur la manière dont le débat public se structure.
- Dépolitisation médiatique du climat : Tendance du traitement médiatique à réduire l’espace des controverses politiques autour du climat en modifiant la façon de présenter les enjeux.
📝 Points essentiels
- Le journalisme écologique se reconfigure au début des années 2000 avec une moindre présence de profils militants, puis un glissement vers un journalisme plus scientifique.
- La médiatisation de la question climatique est décrite comme un espace en voie d’institutionnalisation du journalisme spécialisé, notamment à partir des années 2000.
- Trois mécanismes expliquent une dépolitisation du traitement médiatique du climat : imposition d’un consensus qui masque les controverses, individualisation des responsabilités, et égalisation des rapports aux enjeux.
- Le consensus médiatique réduit la visibilité des désaccords politiques en faisant apparaître un accord général sur la question climatique.
- L’individualisation des responsabilités tend à déplacer l’enjeu du collectif vers les comportements de personnes, ce qui affaiblit la lecture en termes de choix et de conflits politiques.
- L’égalisation des rapports aux enjeux masque la contribution et l’exposition inégales des groupes sociaux au problème climatique.
💡 Astuce mémo
Dépolitisation = CIE : Consensus masque les controverses, Individualise les responsabilités, Égalise les expositions.
📖 11. Politiques publiques et référentiels
🔑 Notions clés & Définitions
- Politique publique : Une politique publique est un programme d’action construit collectivement par des acteurs publics et privés pour traiter un problème collectif.
- Action publique : L’action publique regroupe les relations, pratiques et représentations qui concourent à produire une régulation, qu’on analyse de façon globale.
- Référentiel global : Un référentiel global désigne un ensemble de valeurs et de croyances de base, appuyé par des normes, qui guide la manière de choisir entre des conduites possibles.
- Dépendance au sentier : La dépendance au sentier décrit le fait que les politiques actuelles restent contraintes par celles du passé car changer entraîne un coût.
- Fenêtre d’opportunité politique : La fenêtre d’opportunité politique renvoie au moment où le contexte permet de faire passer une décision plutôt qu’à n’importe quel moment.
📝 Points essentiels
- Une réponse à un problème public varie avec le référentiel utilisé, car différents référentiels ne posent pas les mêmes enjeux et donc ne visent pas les mêmes intérêts.
- Le modèle séquentiel distingue plusieurs étapes dont la mise en œuvre et l’évaluation, mais il est critiqué pour son supposé volontarisme politique et l’idée d’un État unique.
- La publicisation d’un problème consiste à susciter un débat public et à rendre la situation traitable par l’administration via une requalification dans l’agenda conjoncturel.
- Dans la formulation des réponses, l’État n’agit pas seul : la politique résulte d’interactions entre acteurs multiples et à plusieurs niveaux, souvent avec des acteurs privés.
- La gouvernance correspond à la coordination d’acteurs et d’institutions afin d’atteindre des objectifs définis et discutés collectivement.
💡 Astuce mémo
Référentiel = boussole des réponses : même problème, réponses différentes car la “vision du monde” change.
📖 12. Usages sociaux du droit
🔑 Notions clés & Définitions
- Droit comme activité sociale : Le droit est étudié comme une activité mise en œuvre par des acteurs, qui mobilisent et interprètent concrètement les règles dans la vie sociale.
- Passage par le droit : Le passage par le droit décrit l’usage stratégique des procédures judiciaires pour obtenir réparation, rendre effectif un droit et politiser un problème.
- Endogénéisation du droit : L’endogénéisation du droit correspond à la façon dont une organisation, en se mettant en conformité, cadre elle-même le contenu et l’application de ce qui est attendu.
- Managérialisation du droit : La managérialisation du droit consiste à intégrer le droit dans des logiques de management, pour servir les objectifs et valeurs internes de l’organisation.
📝 Points essentiels
- Le droit peut servir de ressources pour l’action des acteurs, et son étude vise l’application concrète des règles par les intéressés plutôt que leur seule formulation juridique.
- L’application de la loi sur les « journalistes professionnels » (1935) passe par trois commissions réunissant professionnels et magistrats, avec une logique centrée sur la nature de l’activité journalistique.
- Le recours au droit permet aussi de politiser un problème en s’appuyant sur des procédures comme les class actions, décrites comme un usage de contestation.
- Dans les entreprises, l’endogénéisation et la managérialisation montrent que la mise en conformité n’est pas neutre, car des professionnels de la conformité peuvent orienter l’interprétation interne.
- Le devoir de vigilance est présenté comme un exemple d’obligation obligeant les très grandes entreprises à identifier et prévenir des atteintes touchant droits humains, santé et environnement.
💡 Astuce mémo
Droit = (1) activité sociale, (2) arme de contestation, (3) management (endogénéisation puis managérialisation).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1864-1920 | Weber fonde la distinction entre « LE politique » et « LA politique » et joue un rôle de savant en science politique et sociologie |
| 1913 | Weber publie l’ouvrage fondateur de la science politique d’André Siegfried, et mise en place d’un cadre de lecture du vote |
| 1935 | Application de la loi sur les « journalistes professionnels » via des commissions |
| 1944 | Élargissement du suffrage : suffrage universel complet (ouvert aux femmes) |
| 1946 | Institutionnalisation : création du statut général de la fonction publique |
| 1968 | Tommie Smith et John Carlos lors des JO : illustration du passage du non-politique au politique |
| 1998 | Première Conférence citoyenne en France (OGM) |
| 2000 | Réforme constitutionnelle et vote d’une loi impérative promouvant la place des femmes dans la compétition électorale |
| 2007 | Cadre de discussion sur les effets des sondages (Patrick Lehingue, 2007) |
| 2015 | Décision « Urgenda » aux Pays-Bas (climat) dans l’argumentation sur la judiciarisation du climat |
📊 Tableaux de synthèse
Politics / Policy / Polity
| Terme | Logique | Exemples |
|---|
| politics | compétition électorale | campagnes électorales, jeux parlementaires, élections |
| policy | politiques publiques | politiques éducatives, culturelles, économiques |
| polity | communauté politique | tous les acteurs (plus ou moins) politiques |
Démocratie participative vs délibérative
| Type | Principe | Format |
|---|
| participative | participation du public | votes, consultations, débats ; dispositifs permettant de renforcer l’implication des citoyens ordinaires |
| délibérative | représentativité du mini-public | délibération appuyée par des experts sur une durée longue (conférences/assemblées citoyennes) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Penser qu’un fait social est politique « en soi » : ici, il le devient quand il est requalifié comme enjeu de pouvoir (politisation).
- Confondre « politics/policy/polity » : la compétition électorale (politics) n’est pas la production de politiques publiques (policy) ni la communauté politique (polity).
- Croire que la neutralité axiologique consiste à être neutre sur les faits : en réalité, on met à distance les jugements de valeur pendant l’enquête.
- Inverser description scientifique et prescription : décrire/expliquer relève de la science, alors que dire « ce qui doit être » relève du normatif.
- Réduire la démocratie délibérative à la participation : elle vise surtout la représentativité du mini-public pour neutraliser les biais.
- Supposer que la représentativité se déduit automatiquement du suffrage : le cours insiste sur la sélection sociale et la sur-représentation des classes favorisées dans les maires.
- Confondre effets des médias et effets limités : avec Lazarsfeld, l’exposition/perception/mémorisation restent filtrées par les opinions et les leaders d’opinion.
✅ Checklist Examen
- Savoir distinguer « une action politique » d’« une action pas politique » et expliquer comment un fait devient politique via la politisation.
- Être capable d’ordonner les distinctions de Weber : LE politique vs LA politique, et d’illustrer leur lien avec le vivre-ensemble et la régulation des conflits.
- Maîtriser la distinction politics/policy/polity et donner à chaque terme un exemple relevant du cours.
- Identifier les 4 discours du politique (militant/élu, philosophe, journaliste, citoyen) et expliquer ce qui caractérise le discours savant en science politique.
- Expliquer la neutralité axiologique (Weber) : ne pas porter de jugements de valeur, et distinguer démonstration (ce qui est) et évaluation (ce qui doit).
- Connaître les 4 méthodes de collecte (entretiens, observation, archives, statistiques) et relier chaque méthode au type de données mobilisées.
- Comparer démocratie participative et démocratie délibérative, puis relier cette comparaison à l’exemple de la Convention Citoyenne pour le Climat (mini-public tiré au sort, experts, thèmes).
- Justifier pourquoi les élus municipaux sont socialement sélectionnés : réseaux, dynasties, militantisme, et rappeler les indicateurs de sur-représentation (classes favorisées, genre).
- Expliquer la « fabrique du citoyen-électeur » : suffrage censitaire masculin, suffrage universel masculin (après 1848), extension du droit de vote (depuis 1944) et politisation associée.
- Décrire comment les partis politiques naissent et se transforment avec l’extension du suffrage et la compétition électorale, puis relier cela au déclin du militantisme et aux formes de professionnalisation.
- Analyser les comportements électoraux avec les variables « lourdes » et leurs limites, puis expliquer la rationalité limitée et l’effet de conjoncture sur le vote/ l’abstention.
- Relier les politiques publiques à leurs référentiels et mécanismes (agenda, publicisation, dépendance au sentier, fenêtre d’opportunité) et rappeler l’idée que le droit peut être ressource, arme de contestation et usage managérial.
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