Fiche de révision : Introduction à l'Éthique Morale et Vertus

📋 Plan du Cours

  1. Éthique des vertus et origines antiques
  2. Définir la notion de vertu
  3. Vertu, juste milieu et prudence chez Aristote
  4. Philosophie comme manière de vivre
  5. Éthique des vertus et reproches de perfectionnisme
  6. Révolution kantienne de la morale
  7. Impératif catégorique et devoir moral
  8. Utilitarisme : principe d’utilité et bien-être
  9. Risque sacrificiel et critiques de l’utilitarisme
  10. Dilemme du tramway et doctrine du double effet
  11. Acquisition des vertus et rôle de l’habitude
  12. Bibliographie et auteurs de référence

📖 1. Éthique des vertus et origines antiques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Éthique des vertus : Courant moral centré sur le caractère, où la bonne action découle des qualités (vertus) d’une personne.
  • Morale kantienne : Approche morale associée à Kant, qui met l’accent sur des exigences rationnelles et des règles indépendantes des conséquences.
  • Conséquentialisme : Courant moral qui juge une action à partir de ses effets, en évaluant ce qu’elle produit globalement.
  • Utilitarisme : Forme de conséquentialisme visant à maximiser la satisfaction et minimiser l’insatisfaction pour le plus grand nombre.
  • Éthique expérimentale : Démarche qui mobilise des méthodes empiriques pour étudier comment les gens jugent et décident moralement.

📝 Points essentiels

  • L’éthique des vertus cherche la décision à partir des qualités morales attendues chez l’agent, pas seulement à partir d’une règle ou d’un calcul.
  • Dans le cas de l’ingénieur, les vertus pertinentes sont notamment la prudence, l’honnêteté et la responsabilité face à un risque de panne.
  • La morale kantienne est présentée comme une « révolution » qui déplace l’attention vers la dimension normative de la raison.
  • Le conséquentialisme évalue une action en fonction de ses conséquences pour toutes les parties prenantes.
  • L’utilitarisme demande un calcul visant le plus de satisfaction et le moins d’insatisfaction pour le plus grand nombre.
  • L’éthique expérimentale s’inscrit comme un prolongement empirique pour éclairer les jugements moraux par l’observation.

💡 Astuce mémo

Vertus = caractère; Kant = règle rationnelle; Conséquences = effets; Utilitarisme = plus grand nombre; Expérimental = données.

📖 2. Définir la notion de vertu

🔑 Notions clés & Définitions

  • Vertu : La vertu désigne, dans les philosophies grecques antiques, un ensemble de dispositions qui orientent vers une vie bonne.
  • Arêté : L’arêté est le terme grec utilisé pour parler des qualités/dispositions vertueuses qui permettent d’atteindre une vie bonne.
  • Vertus cardinales : Les vertus cardinales regroupent des qualités morales majeures comme la sagesse, le courage, la tempérance et la justice.
  • Juste milieu : Le juste milieu est l’idée aristotélicienne d’une conduite équilibrée entre deux excès.
  • Prudence : La prudence est la capacité qui permet de décider de la bonne action en tenant compte des circonstances.

📝 Points essentiels

  • Le mot « vertu » vient du latin virtus, lié à l’idée de force virile.
  • Dans l’éthique grecque antique, la vertu correspond à des dispositions qui concourent à une vie bonne.
  • Les vertus cardinales sont la sagesse, le courage, la tempérance et la justice.
  • Chez Aristote, la vertu accomplit par excellence la nature propre de l’être concerné.
  • Pour l’homme, agir conformément à la raison signifie viser le juste milieu entre deux excès.
  • La prudence permet d’ajuster la décision aux circonstances et la vertu s’acquiert par l’habitude, avec une dimension intellectuelle et une force d’âme.

💡 Astuce mémo

Vertu = dispositions pour la vie bonne ; Aristote : raison + juste milieu, et prudence pour choisir selon les circonstances.

📖 3. Vertu, juste milieu et prudence chez Aristote

🔑 Notions clés & Définitions

  • Vertu : La vertu désigne, dans la pensée grecque antique, un ensemble de dispositions qui rendent possible une vie bonne.
  • Arêté : L’arêté est le terme grec associé à la vertu, compris comme une disposition qui permet d’accomplir pleinement ce qu’on est.
  • Juste milieu : Le juste milieu est la position vertueuse entre deux excès opposés, correspondant à la bonne mesure de l’action.
  • Prudence : La prudence est la capacité qui permet de décider concrètement de la conduite juste selon les circonstances.
  • Vertus cardinales : Les vertus cardinales regroupent des dispositions majeures comme la sagesse, le courage, la tempérance et la justice.

📝 Points essentiels

  • La vertu, chez Aristote, accomplit par excellence la nature d’un être.
  • La vertu humaine consiste à agir conformément à la raison.
  • Le juste milieu se comprend comme une mesure entre deux excès, et non comme une moyenne arithmétique.
  • Le courage illustre le juste milieu entre la lâcheté et la témérité.
  • La prudence permet de déterminer, dans une situation donnée, quelle part du juste milieu appliquer.
  • L’acquisition de la vertu passe par l’habitude et implique à la fois une dimension intellectuelle et une force d’âme.

💡 Astuce mémo

Raison → juste mesure → prudence (décider selon le contexte).

📖 4. Philosophie comme manière de vivre

🔑 Notions clés & Définitions

  • Éthique des vertus : L’éthique des vertus est une approche morale centrée sur la formation du caractère et l’exercice d’actions vertueuses.
  • Médiété : La médiété est le juste milieu de la vertu, situé entre un défaut et un excès.
  • Vertus morales : Les vertus morales sont des qualités de caractère comme la tempérance, le courage et la justice.
  • Vertus dianoétiques : Les vertus dianoétiques sont des qualités intellectuelles comme la sophia et la phronèsis.
  • Épicurisme : L’épicurisme est une école qui vise une vie réussie par l’ataraxie, fondée sur une physique matérialiste.

📝 Points essentiels

  • Chez Aristote, le bien propre de l’homme correspond à l’activité de l’âme guidée par la vertu, surtout la plus parfaite.
  • La vertu comme juste milieu se comprend comme une perfection, pas comme un compromis facile entre deux excès.
  • L’action vertueuse comporte un plaisir, ce qui la distingue du rigorisme kantien évoqué dans le cours.
  • Les vertus morales incluent tempérance, courage et justice, tandis que les vertus intellectuelles se distinguent en sophia et phronèsis.
  • La vertu suppose une disposition à agir délibérément, pour une bonne raison et de la bonne manière.
  • La délibération implique de comprendre pourquoi on choisit l’action, et la bonne manière suppose un engagement émotionnel exemplaire.

💡 Astuce mémo

Juste milieu = perfection exigeante (pas tiédeur) + plaisir de l’action vertueuse.

📖 5. Éthique des vertus et reproches de perfectionnisme

🔑 Notions clés & Définitions

  • Éthique des vertus : Approche morale centrée sur la formation du caractère et sur l’exercice de qualités humaines pour bien vivre.
  • Perfectionnisme : Thèse selon laquelle il existe une forme d’excellence humaine objective dont la morale devrait imposer les critères.
  • Paternalisme : Attitude consistant à imposer à autrui un bien jugé meilleur pour lui, même sans son accord.
  • Éthique minimaliste : Approche morale qui vise des exigences limitées, souvent compatibles avec la démocratie et la coexistence des libertés.
  • Ataraxie : Idéal stoïcien d’absence de troubles de l’âme, obtenu par un bon rapport aux événements.

📝 Points essentiels

  • Le stoïcisme vise l’ataraxie en insistant sur l’adhésion à l’ordre du cosmos plutôt que sur l’absence de peine.
  • L’épicurisme relie l’ataraxie à l’absence de peine, ce qui contraste avec l’accent stoïcien sur l’ordre du monde.
  • Épictète affirme que ce qui tourmente vient surtout des jugements que nous portons sur la réalité, pas de la réalité elle-même.
  • La critique de Ruwen Ogien vise l’idée de « recettes de bonheur » et de conseils de sagesse imposés sans tenir compte de l’avis des personnes.
  • Ogien reproche aux théories perfectionnistes de prétendre connaître ce qui est bien pour les autres à partir de critères d’excellence humaine.
  • Corine Pelluchon reconnaît l’utilité de l’éthique minimaliste pour la législation démocratique, mais doute qu’elle suffise pour des questions de bioéthique.

💡 Astuce mémo

Stoïciens : « cosmos d’abord » → ataraxie; Ogien : « excellence imposée » → risque de paternalisme.

📖 6. Révolution kantienne de la morale

🔑 Notions clés & Définitions

  • Impératif catégorique : L’impératif catégorique est une exigence morale absolue, valable sans condition et fondée sur la raison plutôt que sur l’intérêt ou les conséquences.
  • Loi morale : La loi morale désigne le principe rationnel qui commande l’action de façon inconditionnelle, indépendamment des buts poursuivis.
  • Bonne volonté : La bonne volonté est la seule chose qui puisse être tenue sans restriction pour bonne, car sa valeur dépend de la volonté elle-même.
  • Agir par devoir : Agir par devoir est une action dont la valeur morale vient de la maxime choisie, et non du résultat visé.

📝 Points essentiels

  • Kant formule l’impératif catégorique comme test d’universalisation des maximes : une maxime doit pouvoir devenir loi universelle.
  • Le mensonge est interdit par l’impératif catégorique, car on ne peut pas vouloir sans contradiction qu’une maxime de mensonge devienne loi universelle.
  • Kant formule aussi l’impératif catégorique comme exigence de traiter l’humanité comme une fin, jamais seulement comme un moyen.
  • Le devoir de dire la vérité est présenté comme relevant d’un impératif catégorique, ce qui rend le mensonge auto-contradictoire.
  • Kant distingue l’action accomplie par devoir de l’action seulement conforme au devoir : la conduite peut sembler identique, mais la volonté qui la motive diffère.
  • Kant rejette les « sentiments moraux naturels » comme fondement de la moralité, car ils varient et peuvent être partiaux ou mêlés d’égoïsme.

💡 Astuce mémo

Universalise ta maxime, puis traite l’humanité comme fin : mensonge et instrumentalisation échouent au test.

📖 7. Impératif catégorique et devoir moral

🔑 Notions clés & Définitions

  • Impératif catégorique : L’impératif catégorique est une exigence morale inconditionnelle qui juge l’action selon la forme de la volonté, pas selon ses effets.
  • Loi morale : La loi morale désigne le principe rationnel qui s’impose à la volonté comme règle universelle, indépendamment des conséquences.
  • Maxime : Une maxime est le principe subjectif qui guide ton action et qui doit pouvoir être universalisé pour être moralement acceptable.
  • Humanité comme fin : L’humanité comme fin est l’idée que toute personne doit être respectée pour sa valeur propre, jamais utilisée seulement comme moyen.
  • Véracité : La véracité est le devoir de dire vrai, traité comme fondement des autres devoirs plutôt que comme simple règle pratique.

📝 Points essentiels

  • L’impératif catégorique interdit le mensonge quand la maxime ne peut pas être voulue comme loi universelle.
  • L’impératif catégorique condamne le meurtre quand l’universalisation détruirait l’humanité.
  • L’universalisation peut aussi heurter des intérêts fondamentaux, ce qui mène à un devoir large non strict soumis à appréciation.
  • La formulation « humanité comme fin » impose de traiter l’humanité en soi et chez autrui comme une fin, jamais seulement comme un moyen.
  • La dignité du sujet moral suppose une valeur intrinsèque de l’être humain, distincte de la valeur des choses.
  • Kant s’oppose à l’idée d’un droit de mentir défendu par Constant, en soutenant que la véracité est un devoir fondamental.

💡 Astuce mémo

Forme de la volonté : Universalisable + Humanité fin (pas moyen).

📖 8. Utilitarisme : principe d’utilité et bien-être

🔑 Notions clés & Définitions

  • Principe d’utilité : Principe moral selon lequel l’évaluation d’une action dépend de ses effets sur le bien-être, plutôt que sur la conformité à une règle abstraite.
  • Plus grand bonheur : Idée utilitariste selon laquelle l’action moralement correcte est celle qui tend à produire le plus grand niveau de bonheur global.
  • Bien-être : Notion centrale de l’utilitarisme qui sert de valeur suprême pour juger la moralité des actions.
  • Égalité d’agrégation : Principe utilitariste selon lequel les utilités individuelles sont additionnées de façon égalitaire, avec une prise en compte symétrique de chacun.
  • Risque sacrificiel : Difficulté utilitariste où la maximisation globale peut conduire à sacrifier le sort d’une minorité.

📝 Points essentiels

  • L’utilitarisme juge la moralité des actions selon leur tendance à promouvoir le bonheur ou à produire l’inverse du bonheur.
  • J. S. Mill définit l’utilitarisme comme une morale fondée sur le principe d’utilité et sur l’idée que les actions sont correctes si elles augmentent le bonheur.
  • Le principe d’utilité peut être appliqué soit à l’échelle d’un individu, soit à celle d’une collectivité entière.
  • Dans sa version collective, l’utilitarisme recommande de maximiser l’utilité ou le bonheur du plus grand nombre.
  • Au cœur de l’utilitarisme se trouve une norme d’égalité et d’impartialité : chacun compte pour un dans l’addition des utilités.
  • L’utilitarisme combine une valeur suprême (le bien-être) et une norme d’égalité (agrégation égalitaire des utilités).

💡 Astuce mémo

Bonheur total = somme des bonheurs individuels, chacun compte pour un ; attention au sacrifice de la minorité.

📖 9. Risque sacrificiel et critiques de l’utilitarisme

🔑 Notions clés & Définitions

  • Risque sacrificiel : Le risque sacrificiel désigne la possibilité qu’une action jugée utile pour le plus grand nombre exige de sacrifier des personnes ou des minorités.
  • Principe de séparation des personnes : Le principe de séparation des personnes affirme que l’évaluation morale doit traiter chaque personne comme distincte, sans additionner leurs intérêts comme des unités interchangeables.
  • Incommensurabilité des plaisirs : L’incommensurabilité des plaisirs soutient que certains satisfactions ne peuvent pas être comparées ou additionnées de façon fiable.
  • Utilitarisme de la règle : L’utilitarisme de la règle juge des actions en fonction de règles dont le respect produit globalement le meilleur résultat.
  • Utilité économique : L’utilité économique mesure l’utilité via le prix que les gens acceptent de payer, comme dans un calcul coûts-bénéfices.

📝 Points essentiels

  • L’utilitarisme peut être moralement problématique quand il maximise l’utilité globale au prix d’un recul du bonheur pour certains individus ou groupes.
  • Le calcul utilitariste peut ignorer l’intention et ne retenir que l’effet sur l’utilité, ce qui contredit l’idée d’une contrainte morale indépendante des conséquences.
  • La virtualité sacrificielle pose la question de la compatibilité entre maximisation du bien-être et garantie de droits fondamentaux pour chacun.
  • Rawls critique l’utilitarisme au nom du principe de séparation des personnes, jugé non respecté par une agrégation impersonnelle des intérêts.
  • Une critique centrale est l’incertitude du calcul : on ne sait pas bien estimer les plaisirs/peines ni les conséquences futures.
  • Le calcul utilitariste est aussi jugé irréaliste faute de ressources et de temps pour évaluer précisément chaque action dans la vie réelle.

💡 Astuce mémo

Sacrifice = somme totale qui écrase des personnes (Rawls : séparation).

📖 10. Dilemme du tramway et doctrine du double effet

🔑 Notions clés & Définitions

  • Dilemme du tramway : Dilemme moral où l’on compare des actions qui sauvent plusieurs personnes mais diffèrent par la manière d’atteindre le résultat.
  • Judith Jarvis Thomson : Philosophe mobilisée pour analyser le dilemme du tramway et expliquer pourquoi certaines réponses jugent moral l’action indirecte mais immoral l’action directe.
  • Doctrine du double effet : Doctrine de philosophie morale qui encadre la justification d’une action produisant à la fois un effet bon et un effet mauvais.
  • Tradition thomiste : Courant intellectuel associé à Thomas d’Aquin, souvent rattaché à la formulation de la doctrine du double effet.
  • Thomas d'Aquin : Penseur médiéval auquel la doctrine du double effet est particulièrement associée dans la tradition thomiste.

📝 Points essentiels

  • Dans le dilemme, beaucoup jugent moral de dévier le tramway pour sauver 5 personnes plutôt que de laisser mourir ces personnes.
  • Dans une variante où il faut pousser un homme avec un sac pour sauver 5, beaucoup jugent immoral de pousser, même si le résultat chiffré est le même.
  • Dans la même logique, beaucoup jugent immoral qu’un chirurgien tue une personne pour en sauver 5 en récupérant ses organes, malgré l’identique résultat global.
  • Les disparités de jugement portent sur la différence entre action directe (pousser/tuer) et action indirecte (actionner un levier/dévier), pas seulement sur le nombre de vies sauvées.
  • La doctrine du double effet vise à décider si une action moralement problématique peut être justifiée par ses effets positifs.
  • Pour être moralement permise, une action à double effet doit respecter quatre conditions : acte moralement bon ou neutre, intention visant l’effet bon, effet mauvais non utilisé comme moyen de l’effet bon, et proportionn

💡 Astuce mémo

Double effet = Intention bonne + Moyen non mauvais + Acte neutre + Proportion.

📖 11. Acquisition des vertus et rôle de l’habitude

🔑 Notions clés & Définitions

  • Doctrine du Double Effet : La doctrine du double effet encadre quand une action produisant un effet bon et un effet mauvais peut rester moralement permise.
  • Intention morale : L’intention morale est le motif visé par l’agent, distinct des conséquences seulement prévisibles.
  • Effet mauvais comme moyen : L’effet mauvais comme moyen est la condition où l’effet négatif sert directement à obtenir l’effet positif, ce qui rend l’action non permise.
  • Éthique des vertus : L’éthique des vertus juge la moralité à partir de la qualité de la personne et de l’acte, notamment via l’intention et le type de négligence.
  • Devoirs positifs et devoirs négatifs : Les devoirs positifs et négatifs distinguent l’obligation d’agir pour aider et l’obligation de ne pas nuire, avec un débat sur leur différence morale.

📝 Points essentiels

  • La doctrine du double effet exige que l’acte soit moralement bon ou neutre, que l’intention vise l’effet bon, et que l’effet mauvais ne soit pas le moyen de l’effet bon.
  • La doctrine du double effet exige aussi une proportionnalité : le bien obtenu doit être assez important pour tolérer l’effet mauvais.
  • En légitime défense, la mort de l’agresseur peut être prévisible sans être visée : l’intention reste la défense.
  • En soins palliatifs, l’intention première est de soulager la douleur, même si l’accélération de la mort peut être une conséquence possible.
  • Dans le dilemme du tramway, la doctrine du double effet aide à distinguer une conséquence non visée d’un acte où la mort d’un individu est utilisée comme moyen.
  • Le cas « tuer un patient sain pour sauver cinq malades » échoue à la condition où la mort serait le moyen direct du sauvetage, contrairement au tramway où elle n’est qu’une conséquence.

💡 Astuce mémo

DDE = Acte neutre/bon + Intention bonne + Mauvais effet pas moyen + Proportion bien > coût.

📖 12. Bibliographie et auteurs de référence

🔑 Notions clés & Définitions

  • Aristote : Auteur de référence pour l’éthique des vertus, notamment via l’ouvrage consacré à la morale.
  • Kant : Philosophe mobilisé pour la déontologie, notamment le principe selon lequel une personne ne doit pas être traitée comme un simple moyen.
  • John Stuart Mill : Penseur associé à l’utilitarisme, avec un texte fondateur présenté comme L’utilitarisme.
  • Jonathan Haidt : Chercheur cité pour expliquer les intuitions morales à partir de modules cognitifs.
  • Joshua Greene : Auteur mentionné pour des travaux reliant morale et activité cérébrale, avec des conflits entre sensibilité et rationalité.

📝 Points essentiels

  • La bibliographie cite Aristote, Éthique à Nicomaque, comme point de départ pour l’éthique des vertus.
  • La bibliographie cite Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, pour la formulation déontologique du « simple moyen ».
  • La bibliographie cite Mill, L’utilitarisme (1861), édition Flammarion (1998), comme texte de référence sur le conséquentialisme utilitariste.
  • La bibliographie cite Haidt et Joseph, « De l’unité des intuitions morales à la diversité des vertus », Terrain (en ligne) 48, février 2007, mis en ligne le 15 mars 2011.
  • La bibliographie cite Greene via des travaux sur le conflit entre zones cérébrales liées à la sensibilité et à la rationalité.
  • La bibliographie inclut aussi des références expérimentales et de philosophie morale : Edmonds, Ogien, Pelluchon, Hadot, Épictète, Épicure, Platon, et une entrée de Catherine Audard.

💡 Astuce mémo

Kant = déontologie (pas simple moyen) ; Mill = utilitarisme (conséquences) ; Haidt = intuitions ; Greene = cerveau en conflit.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
15/05/2026Date de cours/diapositives (Ethique générale, Séance 1 et Séance 2)
1784Kant, Qu'est-ce que les Lumières ? (Sapere aude)
1797Constant, Des réactions politiques ; Kant, Sur un prétendu droit de mentir par humanité

📊 Tableaux de synthèse

Trois grands courants (repères de décision)

CourantQuestion directriceCritère d’évaluation
Éthique des vertusQuelle personne dois-je m’efforcer d’être ?Qualités/vertus et vie bonne (sagesse, bonheur convergent)
DéontologismeQuelle règle absolue dois-je respecter ?Devoir universel, déductible par la raison, indépendamment des conséquences
Conséquentialisme (utilitarisme)Quelles conséquences mon acte va avoir ?Impact sur la satisfaction/bonheur du plus grand nombre

Kant vs utilitarisme (opposition structurante)

PointKant (déontologie)Utilitarisme (conséquentialisme)
Fondement de la moralitéLiberté et raison ; forme de la volontéBien-être/sensibilité ; calcul des effets
UniversalitéImpératif catégorique, universel et inconditionnelPrincipe d’utilité, appliqué à l’individu ou à la collectivité
Rôle des conséquencesIndépendantes des conséquences (forme de la volonté)Décisives : moralement correct si elles tendent à promouvoir le bonheur

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre normes et valeurs : les normes motivent par interdits/devoirs, tandis que les valeurs motivent par idéaux/biens et finalités.
  2. Croire que le « juste milieu » d’Aristote est une moyenne arithmétique : c’est une mesure de la vertu entre manque et excès, pas un compromis mou.
  3. Penser que l’éthique des vertus donne une règle claire pour chaque cas : elle est critiquée pour être trop vague et peu délimitante du moral/non-moral.
  4. Réduire l’utilitarisme à « faire le plus grand bien » sans calcul : le cours insiste sur l’évaluation des conséquences et l’agrégation égalitaire (« chacun compte pour un »).
  5. Oublier le risque sacrificiel : l’utilitarisme peut détériorer le sort d’une minorité malgré la maximisation globale (Rawls : séparation des personnes).
  6. Confondre dilemme du tramway et doctrine du double effet : les disparités portent sur l’action directe (pousser/tuer) vs l’action indirecte (dévier/actionner un levier), pas seulement sur le nombre de vies.
  7. Croire que la doctrine du double effet autorise n’importe quel « bon résultat » : elle exige notamment que l’effet mauvais ne soit pas le moyen direct de l’effet bon et une proportionnalité.

✅ Checklist Examen

  1. Savoir distinguer éthique (interrogation ouverte dans le concret) et morale (ensemble plus ou moins systématique de règles/normes) ainsi que normes vs valeurs.
  2. Être capable de présenter l’éthique des vertus comme réponse à « quelle personne dois-je être ? » et d’indiquer le rôle de la vie bonne, sagesse et bonheur (convergence dans les antiques).
  3. Définir la vertu (virtus/arêté) et donner les vertus cardinales (sagesse, courage, tempérance, justice) ainsi que le juste milieu et la prudence chez Aristote.
  4. Expliquer pourquoi, chez Aristote, la vertu accomplit la nature de l’être et comment elle s’acquiert (habitude) avec dimension intellectuelle et force d’âme.
  5. Connaître les critiques de l’éthique des vertus vues au cours : trop vague et risque de paternalisme, avec l’idée d’éthique minimaliste (Ogien) et la réponse de Pelluchon.
  6. Présenter la révolution kantienne : impératif catégorique (universalisation, inconditionnalité, indépendance des conséquences) et loi morale ; distinguer agir par devoir vs agir conformément au devoir.
  7. Savoir mobiliser les deux formulations clés de l’impératif catégorique : universalisation de la maxime et « humanité comme fin » (jamais seulement comme moyen).
  8. Expliquer la position kantienne sur le mensonge et la véracité, et la confronter à Constant (devoir relatif aux droits) et à la thèse kantienne (mensonge auto-contradictoire).
  9. Présenter l’utilitarisme : principe d’utilité, plus grand bonheur, bien-être comme valeur suprême, et égalité d’agrégation (« chacun compte pour un »).
  10. Exposer le risque sacrificiel et la critique de Rawls via le principe de séparation des personnes, ainsi que les critiques utilitaristes du cours (incertitude, manque de ressources/temps, irréalisme, incommensurabilité,/
  11. non prise en compte de l’agentivité).
  12. Savoir ce qu’est l’utilitarisme de la règle et en quoi il vise une convergence partielle avec Kant (sans même justification).
  13. Maîtriser le dilemme du tramway et la doctrine du double effet : conditions (acte bon/neutre, intention de l’effet bon, effet mauvais non-moyen, proportionnalité) et exemples (légitime défense, soins palliatifs) ; relier
  14. à la différence tuer/pousser vs dévier/actionner un levier.

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Introduction à l'Éthique Morale et Vertus avec 11 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quel trait caractérise le mieux l’éthique des vertus dans l’Antiquité grecque ?

2. Quelle est la définition centrale de l’éthique des vertus dans la philosophie antique?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Introduction à l'Éthique Morale et Vertus avec 9 flashcards interactives.

Éthique des vertus — origines ?

Origines antiques, notamment grecques.

Éthique des vertus

Courant moral centré sur le caractère et les qualités.

Vertu — définition ?

Dispositions morales pour une vie bonne.

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