QCM : La Boétie et la désobéissance civile — 14 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle stratégie argumentative consiste à interpeller le lecteur comme s’il était présent dans une conversation fictive ?

L’ironie, qui exprime une idée par son contraire
La gradation, qui intensifie progressivement une accusation
Le dialogisme, qui simule une adresse directe au lecteur
La description, qui présente méthodiquement un personnage

Le dialogisme, qui simule une adresse directe au lecteur

Explication

Le dialogisme fait croire à un échange avec le lecteur afin de le convoquer dans l’argumentation. La gradation concerne l’intensité des termes, et non la simulation d’un dialogue.

2. Par quelle formulation La Boétie apostrophe-t-il directement le peuple en accumulant des termes englobants et péjoratifs ?

« Sujets reconnaissants », « nations prospères » et « citoyens heureux sous leur gouvernement »
« Peuples courageux », « citoyens éclairés » et « nations fidèles à leur liberté »
« Pauvres gens misérables », « peuples insensés » et « nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien »
« Hommes puissants », « dirigeants prudents » et « peuples victorieux dans leurs combats »

« Pauvres gens misérables », « peuples insensés » et « nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien »

Explication

La Boétie emploie ces trois expressions pour englober le peuple tout en soulignant sa misère et son aveuglement. Les autres formulations valorisent le peuple et ne correspondent pas à la violence de l’apostrophe.

3. Quelle opposition le champ lexical de la vue met-il en évidence dans l’accusation du peuple ?

La lumière de la liberté s’oppose à l’ombre matérielle qui recouvre les cités soumises
La clairvoyance du peuple s’oppose à l’obscurité volontaire entretenue par le tyran
La cécité face au mal s’oppose à une vision déformée qui transforme le malheur en bonheur
La vue du tyran s’oppose à l’écoute attentive que le peuple accorde à ses victimes

La cécité face au mal s’oppose à une vision déformée qui transforme le malheur en bonheur

Explication

Le peuple est dit « aveugle » à son mal et perçoit de manière déformée son malheur comme un bonheur. Les autres réponses introduisent des oppositions qui ne correspondent pas au fonctionnement du champ lexical étudié.

4. Que reproche principalement La Boétie aux peuples en répétant le verbe « laisser » au sens passif ?

Leur capacité à agir collectivement pour reprendre leur pouvoir politique
Leur volonté de surveiller le tyran afin de limiter ses abus
Leur inertie, leur passivité et leur lâcheté face au pouvoir tyrannique
Leur refus de reconnaître les crimes commis par les gouvernants étrangers

Leur inertie, leur passivité et leur lâcheté face au pouvoir tyrannique

Explication

La répétition de « laisser » présente le peuple comme passif et responsable de son propre asservissement. Elle ne décrit pas une reprise du pouvoir, qui correspondrait plutôt à l’action et à la résistance.

5. Que révèlent les six questions rhétoriques construites avec des propositions en « si » ?

Le tyran ne peut agir qu’avec les moyens que le peuple lui fournit
Le locuteur cherche à obtenir des réponses précises sur les décisions du tyran
Le peuple imagine des scénarios hypothétiques pour excuser les crimes du monarque
Le tyran possède une force indépendante qui rend toute résistance populaire inutile

Le tyran ne peut agir qu’avec les moyens que le peuple lui fournit

Explication

Les hypothèses en « si » montrent que le pouvoir du tyran dépend des moyens que le peuple accepte de lui donner. Ces questions sont rhétoriques : elles ne cherchent pas une information factuelle auprès du tyran.

6. Comment le tyran est-il principalement caractérisé dans son portrait criminel ?

Comme une victime impuissante qui endure les violences commises par la population
Comme un criminel et un tortionnaire qui pille, surveille, tue et soumet le peuple
Comme un magistrat équitable qui corrige les abus par des décisions modérées
Comme un dirigeant protecteur qui maintient l’ordre par une autorité légitime

Comme un criminel et un tortionnaire qui pille, surveille, tue et soumet le peuple

Explication

Le tyran concentre les actes de violence : il pille, surveille, tue, dévaste et soumet le peuple à ses vices. Le peuple subit cette violence et la rend possible, mais il n’est pas présenté comme le criminel principal.

7. Quels éléments moraux sont associés au portrait criminel du monarque ?

La justice, la prudence, la générosité, la tempérance, la patience, l’humilité et la sagesse
La violence, le vol, la surveillance, le crime, la mort, la luxure, l’envie et la colère
La bravoure, la fidélité, la solidarité, la modération, la piété, la compassion et l’honneur
La richesse, la gloire, la beauté, la connaissance, la popularité, la victoire et la renommée

La violence, le vol, la surveillance, le crime, la mort, la luxure, l’envie et la colère

Explication

Le portrait associe les violences et les crimes du monarque à la luxure, à l’envie et à la colère, qui figurent parmi les sept péchés capitaux. Les autres listes rassemblent des qualités ou des attributs qui ne composent pas ce portrait moral.

8. Comment La Boétie explique-t-il que le monarque tyrannique puisse paraître monstrueusement puissant malgré sa condition humaine ordinaire ?

Le monarque possède une nature exceptionnelle qui le distingue physiquement de ses sujets.
Les ennemis étrangers construisent sa puissance en menaçant directement le royaume.
Le peuple lui fournit les moyens qui amplifient l’autorité d’un homme semblable aux autres.
Les lois anciennes transforment sa personne humaine en une force politique autonome.

Le peuple lui fournit les moyens qui amplifient l’autorité d’un homme semblable aux autres.

Explication

La Boétie oppose le corps ordinaire du monarque aux moyens que le peuple lui procure et qui produisent l’illusion d’un monstre puissant. L’idée d’un homme naturellement exceptionnel confond le tyran individuel avec la puissance collective qui le soutient.

9. Que suggèrent la répétition du mot « ennemi » au singulier et la proposition relative à propos de la tyrannie ?

Les ennemis du royaume ont organisé la domination politique du monarque.
La tyrannie provient d’un conflit entre plusieurs adversaires indépendants.
Le peuple a contribué à faire du monarque ce qu’il est devenu.
Le monarque représente d’abord une menace extérieure imposée au peuple.

Le peuple a contribué à faire du monarque ce qu’il est devenu.

Explication

Ces éléments grammaticaux et lexicaux montrent que le peuple a lui-même participé à la fabrication de la puissance tyrannique. Interpréter le monarque comme une menace extérieure efface la responsabilité du peuple dans cette construction.

10. Que met en évidence la métaphore de la domestication animale dans la description des peuples soumis ?

Le tyran traite les hommes avec une cruauté que les animaux domestiqués accepteraient.
Les peuples conservent leur force naturelle, même lorsqu’ils obéissent à une autorité.
Le peuple s’affaiblit progressivement, ce qui permet au tyran de renforcer sa domination.
La soumission transforme les citoyens en animaux capables de résister à toute contrainte.

Le peuple s’affaiblit progressivement, ce qui permet au tyran de renforcer sa domination.

Explication

La métaphore montre que le peuple perd sa vigueur et rend ainsi la domination tyrannique plus forte, comme s’il acceptait une bride de plus en plus courte. Elle ne signifie pas que les bêtes supporteraient mieux ce traitement que les hommes.

11. Quel rôle joue le champ lexical de la famille dans la représentation de la tyrannie ?

Il décrit les enfants comme les héritiers privilégiés des richesses du pouvoir.
Il montre que les ancêtres transmettent volontairement la tyrannie aux générations suivantes.
Il présente la famille du tyran comme une protection offerte aux peuples soumis.
Il évoque les proches détruits ou exploités pour satisfaire les vices du tyran.

Il évoque les proches détruits ou exploités pour satisfaire les vices du tyran.

Explication

Les termes liés aux ancêtres, aux familles, aux filles et aux enfants désignent les victimes que le tyran détruit ou exploite pour ses propres vices. La famille n’est donc pas présentée comme un refuge protecteur autour du tyran.

12. Comment évolue la place grammaticale du peuple dans le raisonnement sur la libération ?

Il soutient le tyran sans le vouloir, puis attend que celui-ci renonce spontanément au pouvoir.
Il devient d’abord tyran, puis victime, avant de déléguer sa liberté à un nouveau monarque.
Il passe de victime à soutien du tyran, puis redevient l’acteur de sa propre délivrance.
Il demeure victime du début à la fin, tandis que des forces extérieures assurent sa libération.

Il passe de victime à soutien du tyran, puis redevient l’acteur de sa propre délivrance.

Explication

Le pronom désignant le peuple accompagne trois étapes : la victime, celui qui fournit les moyens de la tyrannie, puis celui qui reprend l’initiative pour se libérer. Le peuple n’est donc pas réduit à une passivité constante.

13. Quel principe de désobéissance civile est formulé dans l’exhortation à la liberté ?

Négocier avec le monarque permet d’obtenir progressivement des privilèges pour les sujets.
Refuser de servir suffit, car la résolution peut conduire à la liberté sans recourir aux armes.
Obéir provisoirement garantit la sécurité nécessaire avant de préparer une révolte armée.
Renverser le tyran par la force constitue la condition première de toute libération collective.

Refuser de servir suffit, car la résolution peut conduire à la liberté sans recourir aux armes.

Explication

La Boétie fonde la libération sur la décision de ne plus servir plutôt que sur la violence armée. La révolte militaire inverse donc le principe proposé, qui fait de la volonté un levier décisif.

14. Quel effet produit la parataxe dans la formule « Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres » ?

Elle transforme l’exhortation en récit du passé pour souligner l’échec des anciennes résistances.
Elle sépare la décision de désobéir de la liberté afin de montrer que celle-ci reste incertaine.
Elle rapproche l’acte de désobéissance de son effet et rend la libération immédiatement accessible.
Elle présente la liberté comme le résultat d’une longue préparation militaire contre le tyran.

Elle rapproche l’acte de désobéissance de son effet et rend la libération immédiatement accessible.

Explication

La coordination relie directement la résolution de ne plus servir à l’accès à la liberté, ce qui souligne la simplicité et la proximité de l’effet. Elle ne marque donc ni une longue attente ni une incertitude entre l’action et sa conséquence.

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Mémorisez les réponses avec 27 flashcards sur La Boétie et la désobéissance civile.

Qu'est-ce que le dialogisme selon La Boétie ?

Une stratégie argumentative qui interpelle le lecteur comme s'il était présent.

Quels termes péjoratifs La Boétie utilise-t-il pour apostropher le peuple ?

« pauvres gens misérables », « peuples insensés » et « nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien ».

Quels moyens linguistiques établissent une adresse directe chez La Boétie ?

L'emploi de la deuxième personne, des déterminants possessifs, du présent et de l'impératif.

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