Fiche de révision : La crise économique des années 1930

Plan du Cours

  1. Cycles économiques et financiarisation
  2. Le krach de Wall Street
  3. Les fragilités de l’économie américaine
  4. La crise bancaire et industrielle
  5. La diffusion mondiale de la crise
  6. Les conséquences sociales
  7. Les réponses libérales
  8. Le New Deal américain
  9. Les relances démocratiques en Europe
  10. Le dirigisme totalitaire
  11. Le tournant keynésien

Repères chronologiques

  1. 1896 à 1929La période de forte croissance allant est interrompue par le krach de Wall Street du 24 octobre 1929.
  2. 23 octobre 1929La baisse des actions commence, le 24 octobre est le « jeudi noir » et le 29 octobre le « mardi noir ».
  3. mai 1931La faillite de la banque autrichienne Kreditanstalt diffuse la crise en Europe, car elle détient près de la moitié de l’industrie autrichienne.
  4. mars 1933La fermeture des banques pendant quatre jours et la loi d’urgence bancaire permettent de soutenir les établissements et de restaurer la confiance des épargnants.
  5. 1936Keynes publie la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, qui théorise une intervention limitée de l’État pour relancer l’économie.

1. Cycles économiques et financiarisation

Notions clés & Définitions

  • Cycle économique : Alterne des périodes de croissance et des périodes de récession ou de dépression.

★ À maîtriser

  • Kondratiev affirme en 1926 que les cycles économiques durent entre 40 et 60 ans et comprennent une phase ascendante A puis une phase descendante B.

  • Selon Schumpeter, les innovations déclenchent une croissance lorsque les agents économiques s’équipent, puis la saturation des marchés provoque un ralentissement jusqu’à une nouvelle grappe d’inventions.

Compléments

  • Selon Kondratiev, un excès d’investissement pendant la phase A provoque une hausse des prix et des taux d’intérêt, qui limite la consommation et favorise la crise.

2. Le krach de Wall Street

Notions clés & Définitions

  • Bulle spéculative : Apparaît lorsque la valeur des actions augmente au-delà de la valeur réelle des entreprises et repose surtout sur l’espoir d’une plus-value future.

★ À maîtriser

  • Le 24 octobre 1929, 13 millions d’actions sont mises en vente sans trouver preneur, puis le 29 octobre 16,5 millions d’actions sont vendues à n’importe quel prix.

  • Avec une base 100 en 1926, le Dow Jones atteint 381 en septembre 1929, tombe à 147 en décembre 1929, à 54 en décembre 1931 et à 42 en mars 1933.

Compléments

  • Entre le début et la fin de 1928, l’action RCA passe de 85 à 420 dollars, illustrant la spéculation des années 1920.

Astuce mémo

Valeur boursière ≠ valeur réelle

3. Les fragilités de l’économie américaine

Notions clés & Définitions

  • Gold Exchange Standard : Fixe la parité des monnaies de premier rang par rapport à l’or et celle des monnaies de second rang par rapport aux monnaies de premier rang.

★ À maîtriser

  • À partir de 1928, la Réserve fédérale augmente les taux d’intérêt, ce qui provoque une pénurie de crédits et rend le financement plus difficile.

  • La concentration des richesses, la faible progression des salaires malgré les gains de productivité du taylorisme et la saturation des marchés réduisent la consommation et provoquent une sous-consommation.

Compléments

  • Avant 1929, l’endettement des États-Unis dépassait 370 % de leur produit intérieur brut dans le système du Gold Exchange Standard.

  • Les réparations allemandes sont fixées à 128 milliards de marks-or, tandis que le plan Young de janvier 1929 prévoit un rééchelonnement de la dette allemande.

  • En 1928, les États-Unis comptent une automobile pour cinq habitants, ce qui témoigne de la saturation du marché automobile.

4. La crise bancaire et industrielle

★ À maîtriser

  • Après le krach, les prêteurs réclament leurs fonds, les débiteurs ne peuvent plus rembourser et les faillites des sociétés d’investissement et des banques se multiplient.

  • 1 350 établissements de crédit font faillite aux États-Unis en 1930 et près de 5 000 faillites bancaires sont enregistrées entre 1929 et 1932.

  • La baisse de la consommation réduit les investissements et les emplois, ce qui diminue encore les revenus et la consommation dans un cercle vicieux de la crise.

  • Entre 1929 et 1932, les prix diminuent de 30 % aux États-Unis, de 16 % en Allemagne et de 11 % en France, tandis que le commerce international se contracte d’environ deux tiers.

Compléments

  • Les investissements des entreprises diminuent de 35 % en 1930 par rapport à 1929 et cessent totalement en 1932.

Astuce mémo

Banques → investissements → emplois → consommation

5. La diffusion mondiale de la crise

★ À maîtriser

  • Les États-Unis rapatrient leurs capitaux investis à court terme en Europe, limitent les nouveaux crédits et contribuent ainsi à transmettre la crise par le canal financier.

  • Entre 1929 et 1934, les échanges internationaux diminuent de 22 % en volume et de 66 % en valeur.

Compléments

  • Entre 1929 et 1932, les exportations diminuent de plus de 50 % en Argentine et au Brésil, de 70 % en Bolivie et au Pérou, et de plus de 80 % au Chili.

Astuce mémo

Capitaux puis marchandises

6. Les conséquences sociales

★ À maîtriser

  • En 1933, le chômage atteint 25 % aux États-Unis, 17 % en Allemagne, 13 % au Royaume-Uni et 4 % en France.

  • Aux États-Unis, le nombre de chômeurs passe de 4,5 millions en avril 1930 à 8 millions en mars 1931, 12 millions en mars 1932 et 15 à 16 millions en 1933.

  • La crise agricole américaine combine l’effondrement des prix, l’endettement des fermiers et la surproduction, aggravée par leurs efforts pour produire davantage et rembourser leurs dettes.

Compléments

  • À Détroit, le chômage touche la moitié des habitants en 1933, tandis qu’à Philadelphie il atteint 40 % de la population active en 1931.

  • Aux États-Unis, les taudis de fortune où se réfugient les familles expulsées sont appelés « hoovervilles », en référence au président Hoover.

  • Aux États-Unis, les prix agricoles diminuent de moitié entre 1929 et 1933, et des milliers de paysans de l’Oklahoma fuient la sécheresse vers la Californie.

7. Les réponses libérales

★ À maîtriser

  • Hoover privilégie le rétablissement de la confiance, la coopération volontaire des entreprises, l’équilibre budgétaire et l’aide aux banques plutôt que l’aide directe aux chômeurs.

  • En 1930, la loi Hawley-Smoot augmente les droits de douane sur plus de 20 000 types de biens, ce qui renforce le protectionnisme.

Compléments

  • En 1930, Hoover augmente les impôts afin de préserver l’équilibre budgétaire, tandis que la Banque centrale maintient une politique de limitation du crédit.

  • En France, Pierre Laval applique en 1935 une politique déflationniste qui réduit de 10 % toutes les dépenses publiques, y compris les salaires des fonctionnaires et les intérêts des emprunts.

Astuce mémo

Hoover aide les banques, pas les chômeurs

8. Le New Deal américain

★ À maîtriser

  • À partir de 1933, Roosevelt lance le New Deal pour relancer la consommation, soutenir les banques, réduire le chômage et accroître le pouvoir d’achat.

  • La NIRA de juin 1933 impose notamment des prix minimums, des quotas de production, un niveau minimal de salaires et la liberté syndicale, tandis que la PWA reçoit 3,3 millions de dollars pour les travaux publics.

  • La FERA reçoit 500 millions de dollars en mai 1933 pour aider les États et les collectivités locales à secourir les plus démunis, tandis que l’AAA réduit les cultures pour faire remonter les prix agricoles.

  • Le second New Deal comprend l’ERA, dotée de 5 milliards de dollars en avril 1935, le WPA, la loi Wagner, la sécurité sociale d’août 1935 et un impôt plus progressif avec le Revenue Act.

Compléments

  • En avril 1933, Roosevelt dévalue le dollar afin de favoriser la reprise économique.

9. Les relances démocratiques en Europe

Notions clés & Définitions

  • Accords Matignon : De 1936 sont négociés entre le gouvernement, le patronat et les syndicats et instaurent notamment les conventions collectives, la liberté syndicale, des hausses de salaires de 7 à 15 % et les délégués du personnel.

★ À maîtriser

  • Le Front populaire fait passer la durée hebdomadaire du travail de 48 à 40 heures et accorde deux semaines de congés payés.

  • Les politiques de relance démocratiques atténuent les effets de la crise et réduisent ponctuellement le chômage, mais elles ne suppriment pas durablement la crise ni la précarité.

Compléments

  • Le Front populaire nationalise les entreprises d’armement et les entreprises ferroviaires, avec la création de la SNCF en 1937.

  • En 1937, l’ONIB fixe un prix correct du blé en réunissant producteurs, meuniers et consommateurs.

  • En 1936, la France dévalue le franc de 35 puis de 25 % et engage 20 milliards de francs dans une politique de grands travaux.

10. Le dirigisme totalitaire

Notions clés & Définitions

  • Autarcie : Une politique visant à rendre un pays économiquement autosuffisant en limitant sa dépendance aux importations.

★ À maîtriser

  • Les régimes totalitaires répondent à la crise par le dirigisme économique, l’autarcie, les grands travaux et l’augmentation des dépenses militaires.

  • En Italie, l’État crée l’AGIP et l’IRI, développe la « bataille du blé » et contrôle en 1939 45 % de la sidérurgie, 80 % des constructions navales et la quasi-totalité des entreprises ferroviaires et d’armement.

  • En Allemagne, la bataille du travail réduit le chômage grâce au réarmement et au service militaire obligatoire instauré en 1935, mais elle repose sur des productions non rentables et prépare la guerre.

  • Le chômage allemand passe de 5,4 millions en janvier 1932 à 2,1 millions en 1935, 1,6 million en 1936 et 400 000 en 1938.

Compléments

  • En Allemagne, Hitler favorise l’autarcie dès 1933 grâce à la réouverture de petites mines et à la production d’ersatz par l’industrie chimique.

Astuce mémo

Réarmement → baisse du chômage → marche à la guerre

11. Le tournant keynésien

Notions clés & Définitions

  • Libéralisme économique : Prône une intervention limitée de l’État, cantonnée principalement aux fonctions régaliennes, car ses théoriciens estiment que l’intervention publique perturbe l’équilibre naturel des marchés.
  • Keynésianisme : Affirme que l’État doit intervenir en période de crise, notamment en s’endettant pour financer des grands travaux, relancer l’emploi et rembourser ensuite ses dettes grâce aux impôts de la reprise.
  • Communisme économique : Prône une étatisation totale de l’économie.

Tableaux de synthèse

Trois doctrines économiques

DoctrineRôle de l’ÉtatRéponse à la crise
LibéralismeFonctions régaliennes בלבדLaisser fonctionner les marchés
KeynésianismeIntervention limitéeS’endetter pour financer la relance
CommunismeÉtatisation totaleContrôler directement l’économie

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur La crise économique des années 1930 avec 38 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle distinction décrit correctement la récession et la dépression dans un cycle économique ?

2. Quelle caractéristique Kondratiev attribue-t-il aux cycles économiques en 1926 ?

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Qu'est-ce qu'un cycle économique ?

Un cycle économique alterne croissance et récession ou dépression.

Quelle durée Kondratiev attribue-t-il aux cycles économiques ?

Entre 40 et 60 ans.

Quelles phases composent un cycle selon Kondratiev ?

Une phase ascendante A et une phase descendante B.

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