QCM : La pensée stratégique de Clausewitz — 21 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle est la nature de De la guerre, ouvrage de Clausewitz consacré à la stratégie ?

Un récit historique des victoires prussiennes contre les armées françaises
Un traité de réflexion stratégique fondé sur les guerres révolutionnaires et napoléoniennes
Un recueil administratif consacré à l’organisation des armées européennes
Un manuel de recettes opérationnelles destiné aux commandants en campagne

Un traité de réflexion stratégique fondé sur les guerres révolutionnaires et napoléoniennes

Explication

De la guerre cherche à former la pensée stratégique à partir de la levée en masse et des campagnes napoléoniennes. Il ne se présente donc pas comme un simple recueil de procédures opérationnelles.

2. Dans quelles conditions Vom Kriege, ou De la guerre, paraît-il en Prusse ?

En 1815, sous la forme d’un manuel unique pour l’armée prussienne
En 1806, sous la forme d’un récit bref consacré à la bataille d’Iéna
En 1832, sous la forme d’un traité difficile composé de huit volumes
En 1848, sous la forme d’une synthèse politique en trois volumes

En 1832, sous la forme d’un traité difficile composé de huit volumes

Explication

L’ouvrage paraît en Prusse en 1832 et se présente comme un traité difficile en huit volumes. Les autres propositions modifient la date ou la forme de publication.

3. Comment Clausewitz définit-il le rapport entre la guerre et la politique d’État ?

La guerre remplace la politique lorsque les États renoncent à négocier entre eux
La guerre prolonge la politique par d’autres moyens et sert de moyen à une fin
La guerre poursuit une finalité militaire indépendante des objectifs des gouvernements
La guerre forme une activité autonome dont la politique devient une conséquence

La guerre prolonge la politique par d’autres moyens et sert de moyen à une fin

Explication

Pour Clausewitz, la guerre est un instrument au service de la politique d’État et non une fin indépendante. L’idée d’une autonomie complète de la guerre contredit cette conception instrumentale.

4. Quel moyen caractérise proprement la guerre dans l’analyse de Clausewitz ?

La violence, capable de mobiliser des forces importantes pour contraindre l’adversaire
Le calcul économique, utilisé pour réduire les dépenses liées aux opérations militaires
La persuasion juridique, fondée sur l’application d’accords entre puissances rivales
La négociation, destinée à rapprocher progressivement les objectifs des gouvernements

La violence, capable de mobiliser des forces importantes pour contraindre l’adversaire

Explication

Clausewitz identifie la violence comme le moyen propre de la guerre, puisqu’elle peut déchaîner des forces afin de contraindre l’adversaire. La politique fournit la finalité, mais elle n’est pas le moyen militaire lui-même.

5. Que signifie la formule selon laquelle la guerre possède sa propre « grammaire », mais non sa propre « logique » ?

La guerre a des procédés spécifiques, tandis que sa finalité relève de la politique
La guerre obéit à une logique autonome, tandis que ses procédés viennent de la diplomatie
La guerre abandonne toute rationalité, tandis que ses opérations suivent des règles immuables
La guerre dépend de règles grammaticales, tandis que ses objectifs sont fixés par le hasard

La guerre a des procédés spécifiques, tandis que sa finalité relève de la politique

Explication

La formule distingue les moyens et procédés propres à la guerre de la logique politique qui en détermine les objectifs. Elle ne signifie pas que la guerre serait dépourvue de rationalité ou entièrement autonome.

6. Quels sont les trois éléments que Clausewitz associe à la nature de la guerre ?

La stratégie, la technologie militaire et la stabilité institutionnelle des États
La mobilisation populaire, la conquête territoriale et la victoire rapide sur l’adversaire
Le calcul politique, la violence exercée et le jeu incertain du hasard ou de la friction
La diplomatie, la supériorité économique et la discipline administrative des armées

Le calcul politique, la violence exercée et le jeu incertain du hasard ou de la friction

Explication

Clausewitz articule le calcul raisonnable du politique, la violence et le jeu des probabilités et du hasard appelé friction. Les autres ensembles remplacent ces éléments par des facteurs qui ne constituent pas son triptyque.

7. Quelle expérience montre que Clausewitz était un praticien de la guerre plutôt qu’un théoricien en chambre ?

Il consacra sa carrière à l’enseignement universitaire de la philosophie politique
Il administra les finances prussiennes pendant les réformes consécutives à Tilsit
Il rédigea ses analyses militaires après avoir quitté les forces armées européennes
Il participa aux campagnes contre la France révolutionnaire et napoléonienne

Il participa aux campagnes contre la France révolutionnaire et napoléonienne

Explication

Clausewitz était un officier prussien engagé dans les campagnes contre la France révolutionnaire et napoléonienne. Cette expérience combattante distingue son parcours d’une réflexion élaborée à distance des opérations militaires.

8. Que fait Clausewitz après sa libération de captivité en 1808, dans le contexte de l’après-Tilsit ?

Il rejoint immédiatement les forces napoléoniennes afin de combattre les coalitions européennes
Il reçoit un grand commandement français destiné à poursuivre les opérations contre la Prusse
Il quitte la carrière militaire pour rédiger un traité consacré aux institutions monarchiques
Il participe à la réorganisation de l’armée prussienne après les pertes territoriales imposées par le traité

Il participe à la réorganisation de l’armée prussienne après les pertes territoriales imposées par le traité

Explication

Après sa libération en 1808, Clausewitz contribue à réorganiser l’armée prussienne, affaiblie par le traité de Tilsit. Il ne rejoint pas durablement le camp napoléonien et ne quitte pas alors la carrière militaire.

9. Quelle relation entre politique et guerre distingue Clausewitz de l’école prusso-allemande ?

Clausewitz donne aux chefs militaires un pouvoir politique, tandis que l’école prusso-allemande renforce le contrôle civil.
Clausewitz confie la guerre aux militaires, tandis que l’école prusso-allemande privilégie les décisions diplomatiques.
Clausewitz subordonne la guerre aux décisions politiques, tandis que l’école prusso-allemande revendique la prééminence militaire.
Clausewitz sépare la guerre de la politique, tandis que l’école prusso-allemande les réunit dans un même commandement.

Clausewitz subordonne la guerre aux décisions politiques, tandis que l’école prusso-allemande revendique la prééminence militaire.

Explication

Clausewitz considère la guerre comme un moyen soumis à la politique, alors que l’école prusso-allemande affirme la domination des guerriers sur les politiques. La confusion vient d’une lecture qui attribue à Clausewitz la primauté militaire qu’il critiquait précisément.

10. Quelle thèse Ludendorff défend-il dans La Guerre totale, publiée en 1935 ?

La mobilisation de toutes les ressources exige que la politique soit dirigée par un chef dictateur.
La mobilisation militaire doit rester limitée afin de préserver l’autonomie des institutions politiques.
La mobilisation nationale doit rechercher un compromis entre les intérêts économiques et les objectifs diplomatiques.
La guerre doit être conduite par des gouvernements civils capables de contrôler les états-majors.

La mobilisation de toutes les ressources exige que la politique soit dirigée par un chef dictateur.

Explication

Dans La Guerre totale, Ludendorff soutient que l’engagement de toutes les ressources place la politique sous l’autorité d’un grand chef dictateur. L’idée d’un contrôle civil renforcé correspond à une conception opposée à sa thèse.

11. Quelle distinction Lénine et Mao maintiennent-ils entre la lutte de classes et la lutte armée ?

La lutte de classes et la lutte armée désignent deux formes équivalentes d’un même affrontement.
La lutte armée dirige la politique révolutionnaire lorsque les classes sociales entrent en conflit.
La lutte de classes devient une opération militaire dès qu’un parti révolutionnaire prend le pouvoir.
La lutte de classes peut commander la politique sans se confondre avec la lutte armée.

La lutte de classes peut commander la politique sans se confondre avec la lutte armée.

Explication

Lénine et Mao reprennent l’idée que la guerre doit être commandée par la politique, mais ils distinguent cette politique de la lutte armée elle-même. Assimiler les deux notions efface précisément la distinction signalée par cette conception.

12. Dans quelle situation Clausewitz juge-t-il l’efficacité de la guerre populaire particulièrement aléatoire ?

Lorsqu’elle associe des forces irrégulières à une armée régulière expérimentée.
Lorsqu’elle s’appuie sur une mobilisation locale prolongée contre une occupation.
Lorsqu’elle n’est pas encadrée par une armée régulière capable de l’organiser.
Lorsqu’elle dispose d’un soutien politique qui coordonne ses objectifs militaires.

Lorsqu’elle n’est pas encadrée par une armée régulière capable de l’organiser.

Explication

Pour Clausewitz, une guerre populaire est très incertaine lorsqu’elle repose sur une guérilla non encadrée par une armée régulière. La présence d’une structure militaire régulière peut au contraire accroître son efficacité.

13. Comment la stratégie révolutionnaire de Mao transforme-t-elle les insuffisances initiales de la lutte ?

Elle utilise la défensive tactique avant de passer progressivement à une offensive victorieuse.
Elle privilégie une offensive immédiate afin de compenser rapidement la faiblesse des forces révolutionnaires.
Elle concentre les forces dans une bataille décisive destinée à obtenir rapidement l’anéantissement adverse.
Elle abandonne les opérations militaires jusqu’à ce que les forces révolutionnaires deviennent supérieures.

Elle utilise la défensive tactique avant de passer progressivement à une offensive victorieuse.

Explication

Mao fait de la défensive tactique un moyen de compenser les faiblesses initiales, puis de préparer le passage à l’offensive. Une offensive immédiate ne correspond pas à cette progression stratégique.

14. Quelle différence oppose la conception maoïste de l’anéantissement à la stratégie clausewitzienne ?

Mao le considère comme une possibilité stratégique, tandis que Clausewitz en fait l’objectif nécessaire de toute guerre.
Mao le réserve aux armées régulières, tandis que Clausewitz l’associe aux seules forces révolutionnaires.
Mao en fait l’aboutissement de la guerre révolutionnaire, tandis que Clausewitz le considère comme une possibilité stratégique.
Mao l’écarte au profit d’une négociation politique, tandis que Clausewitz le présente comme une finalité obligatoire.

Mao en fait l’aboutissement de la guerre révolutionnaire, tandis que Clausewitz le considère comme une possibilité stratégique.

Explication

Pour Mao, la guerre révolutionnaire doit conduire à l’anéantissement des forces adverses. Chez Clausewitz, l’anéantissement constitue une option parmi les formes possibles de la stratégie, et non une obligation générale.

15. Quelle caractéristique décrit le bilan humain des conflits survenus depuis 1945 ?

Plus de 30 millions de victimes ont été recensées dans quelques conflits, dont la moitié environ était composée de civils.
Environ 150 conflits ont causé plus de 30 millions de victimes, dont une faible part appartient aux populations civiles.
Au moins 150 conflits ont causé plus de 30 millions de victimes, dont environ les trois quarts sont des civils.
Au moins 150 conflits ont causé moins de 30 millions de victimes, principalement parmi les forces militaires engagées.

Au moins 150 conflits ont causé plus de 30 millions de victimes, dont environ les trois quarts sont des civils.

Explication

Depuis 1945, au moins 150 conflits ont fait plus de 30 millions de victimes, et les civils en représentent environ les trois quarts. Présenter les victimes civiles comme minoritaires inverse la structure réelle du bilan.

16. Comment les armes nucléaires modifient-elles le pouvoir de décision des responsables politiques ?

Elles élargissent leur marge de décision, qui porte principalement sur le choix des opérations terrestres.
Elles réduisent leur marge de décision, qui porte principalement sur la gestion de la dissuasion.
Elles rendent leurs décisions plus opérationnelles, grâce à une multiplication des options conventionnelles.
Elles transfèrent leur pouvoir de décision aux armées, qui conduisent directement les négociations diplomatiques.

Elles réduisent leur marge de décision, qui porte principalement sur la gestion de la dissuasion.

Explication

La dissuasion nucléaire limite la liberté de décision politique et concentre l’action sur la gestion de cette dimension stratégique. Les guerres conventionnelles offrent davantage de choix opérationnels que l’affrontement nucléaire.

17. Que montrent les guerres du Vietnam et d’Afghanistan entre 1979 et 1988 concernant les forces conventionnelles ?

Leur efficacité dépend surtout d’une concentration rapide des troupes dans une bataille décisive.
Leur supériorité matérielle ne suffit pas nécessairement à obtenir la victoire.
Leur faiblesse matérielle explique principalement l’échec des puissances engagées dans ces guerres.
Leur supériorité matérielle garantit généralement la victoire lorsque le conflit se prolonge.

Leur supériorité matérielle ne suffit pas nécessairement à obtenir la victoire.

Explication

Ces guerres montrent que la supériorité des forces conventionnelles ne suffit plus à assurer la victoire. Les rapports de force matériels ne permettent donc pas, à eux seuls, de prédire l’issue d’un conflit moderne.

18. Pourquoi la grille clausewitzienne rencontre-t-elle des limites face aux conflits modernes ?

Elle explique surtout les conflits nucléaires, alors que les conflits modernes abandonnent progressivement les acteurs politiques étatiques.
Elle vise surtout les guérillas idéologiques, alors que les conflits modernes reviennent principalement aux affrontements entre armées régulières.
Elle vise surtout les guerres étatiques conventionnelles, alors que les conflits modernes impliquent aussi idéologies, passions et acteurs non étatiques.
Elle privilégie les acteurs non étatiques, alors que les conflits modernes reposent principalement sur des guerres conventionnelles entre États.

Elle vise surtout les guerres étatiques conventionnelles, alors que les conflits modernes impliquent aussi idéologies, passions et acteurs non étatiques.

Explication

La pensée de Clausewitz porte principalement sur les guerres étatiques de grande échelle menées par des armées régulières avec des moyens conventionnels. Les conflits contemporains ajoutent des dimensions idéologiques et passionnelles ainsi que des acteurs non étatiques, ce qui en limite l’application directe.

19. Quelle relation entre les guerres et les sociétés les conduisant Raymond Aron met-il en évidence ?

Chaque époque tend à produire sa propre doctrine stratégique
Les doctrines stratégiques restent semblables malgré les changements sociaux
Les guerres évoluent selon des techniques indépendantes des sociétés
Les sociétés adaptent leurs institutions civiles aux doctrines militaires

Chaque époque tend à produire sa propre doctrine stratégique

Explication

Raymond Aron souligne que les guerres reflètent les sociétés qui les mènent, ce qui conduit chaque époque à élaborer une doctrine stratégique particulière. L’idée d’une évolution militaire indépendante des sociétés contredit cette relation entre organisation sociale et manière de faire la guerre.

20. Comment les néoclausewitziens évaluent-ils l’actualité de l’œuvre de Clausewitz ?

L’œuvre a perdu sa portée, car les guerres contemporaines échappent à toute théorie
Une partie de l’œuvre a vieilli, mais ses idées maîtresses restent pertinentes
Les idées maîtresses sont dépassées, tandis que les détails historiques restent valables
L’ensemble de l’œuvre demeure intact, sans adaptation aux guerres contemporaines

Une partie de l’œuvre a vieilli, mais ses idées maîtresses restent pertinentes

Explication

Les néoclausewitziens distinguent les éléments de l’œuvre devenus datés des idées fondamentales qui conservent leur pertinence. Affirmer que l’ensemble de l’œuvre est intact ignore précisément cette distinction entre une partie vieillie et des principes durables.

21. Dans la conduite d’une guerre, quel principe politique les héritiers de Clausewitz rappellent-ils aux responsables militaires ?

Les militaires doivent fixer seuls les objectifs de la guerre
Les politiques doivent conserver le contrôle de la guerre
Les responsables civils doivent suivre les décisions opérationnelles
Les commandements militaires doivent remplacer les autorités politiques

Les politiques doivent conserver le contrôle de la guerre

Explication

Le principe clausewitzien rappelé ici exige que les responsables politiques conservent le contrôle de la guerre et que les militaires ne deviennent pas ses maîtres exclusifs. Confier aux militaires la fixation autonome des objectifs inverse cette hiérarchie politique.

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Quand et où est paru Vom Kriege de Clausewitz ?

En Prusse en 1832.

Combien de volumes compte le traité Vom Kriege ?

Huit volumes.

Que cherche à apprendre De la guerre de Clausewitz ?

À penser la stratégie.

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