Fiche de révision : La servitude volontaire chez La Boétie

Plan du Cours

  1. Contexte et thèse de La Boétie
  2. L’apostrophe accusatrice au peuple
  3. La dépossession et le malheur collectif
  4. La passivité et la responsabilité des sujets
  5. Le tyran nourri par son peuple
  6. L’appel à la libération
  7. Ouverture vers les Lumières

1. Contexte et thèse de La Boétie

Notions clés & Définitions

  • Malencontre : désigne l’abandon de la liberté naturelle, présenté comme un vice monstrueux qui permet à des millions d’hommes de se livrer à un seul.

★ À maîtriser

  • Étienne de La Boétie (1530-1563), magistrat du Parlement de Bordeaux, compose le Discours de la servitude volontaire entre 1546 et 1550 environ, alors qu’il est âgé de 16 à 18 ans selon Montaigne.

Compléments

  • Le Discours de la servitude volontaire est considéré dès la Renaissance comme le premier pamphlet humaniste contre les monarques tyranniques, avant d’être remanié et instrumentalisé par les protestants et les monarchomaques après sa parution posthume après 1575.

Astuce mémo

Liberté abandonnée → servitude volontaire

2. L’apostrophe accusatrice au peuple

★ À maîtriser

📌 La Boétie oppose la liberté naturelle des peuples à leur consentement collectif à l’asservissement du tyran.

  • L’apostrophe « Pauvres gens et misérables », « peuples insensés », « nations opiniâtres en votre mal et aveugles en votre bien » généralise l’accusation du peuple et souligne sa responsabilité collective.

Compléments

  • La gradation de « pauvres gens » à « peuples » puis à « nations » élargit progressivement l’accusation, tandis que les adjectifs « insensés », « opiniâtres » et « aveugles » dénoncent l’absence de discernement.

Astuce mémo

Individus → peuples → nations

3. La dépossession et le malheur collectif

★ À maîtriser

  • La dépossession dénoncée par La Boétie s’étend des biens matériels aux lieux de vie, puis aux familles et aux vies, tandis que les verbes « enlever », « piller », « dévaster » et « dépouiller » expriment l’aggravation du dénuement.

  • La gradation « dégât », « malheurs », « ruine », associée aux « biens », aux « familles » et aux « vies », présente la servitude comme le pire fléau pouvant frapper un peuple.

Compléments

📌 Le peuple considère comme un grand bonheur qu’on lui laisse seulement la moitié de ses biens, de ses familles et de ses vies, ce qui révèle une soumission devenue acceptation du malheur.

Astuce mémo

Biens → familles → vies

4. La passivité et la responsabilité des sujets

Points essentiels

📌 Le tyran ne possède que « deux yeux, deux mains, un corps », mais il devient omniprésent grâce aux nombreux auxiliaires qui épient, frappent et oppriment le peuple.

  • La domination s’intensifie de la surveillance à la violence physique, puis à la destruction, au pillage et au meurtre.

📌 La servitude repose sur la complicité des sujets : le tyran ne peut agir que si ses hommes viennent des rangs du peuple, s’il emprunte ses forces à celui-ci et si le peuple devient « receleur », « complice » et « traître de lui-même ».

Astuce mémo

Un tyran ordinaire, une puissance démultipliée par tous

5. Le tyran nourri par son peuple

★ À maîtriser

  • Les activités ordinaires du peuple, comme semer les champs, meubler les maisons et nourrir les enfants, accroissent la puissance du tyran tout en épuisant ceux qui les accomplissent.

📌 La Boétie compare la domination du tyran à celle d’un dompteur qui tient sa monture par une bride courte, jusqu’à imposer aux hommes une condition pire que celle que les bêtes n’accepteraient pas.

Compléments

  • Le tyran utilise son peuple comme une réserve de sujets anonymes et déshumanisés, notamment en sacrifiant les enfants pour en faire des soldats.

Astuce mémo

Le peuple travaille et obéit → le tyran s’affaiblit moins et domine davantage

6. L’appel à la libération

★ À maîtriser

📌 Si les peuples cessent de soutenir le tyran, celui-ci perd sa base et tombe ; leur décision de ne plus servir entraîne donc leur libération.

  • L’injonction « Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres » transforme la volonté collective en condition immédiate de la libération.

Compléments

  • Le tyran est comparé à un grand colosse dont on retire la base : privé du soutien du peuple, il peut tomber et se briser.

Astuce mémo

Un colosse qui tombe dès qu’on retire sa base

7. Ouverture vers les Lumières

Points essentiels

  • Emmanuel Kant formule dans son essai Qu’est-ce que les Lumières, paru en 1784, le précepte « Aude sapere », qui signifie « ose savoir ».

📌 La libération revendiquée par les auteurs des Lumières repose sur l’éducation et le savoir, tandis que la servitude repose sur le consentement et la passivité.

Tableaux de synthèse

Les responsabilités dans la servitude

ActeurRôleConséquence
PeupleTravaille, obéit et fournit les auxiliairesRenforce sa propre servitude
TyranUtilise les forces et les biens du peupleConserve une puissance apparemment immense
Peuple libéréCesse de soutenir le tyranProvoque sa chute et retrouve sa liberté

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1. Que désigne la « malencontre » dans la pensée de La Boétie ?

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Qui a composé le Discours de la servitude volontaire ?

Étienne de La Boétie.

À quel âge La Boétie a-t-il écrit le Discours selon Montaigne ?

Entre 16 et 18 ans.

Quand le Discours de la servitude volontaire a-t-il été composé ?

Entre 1546 et 1550 environ.

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