Être
L’être désigne ce qui constitue la réalité en tant que telle, ce qui permet à un étant d’être reconnu comme tel. Selon le passage, il s’agit d’un concept énigmatique, difficile à définir, et qui n’a pas été véritablement résolu depuis Platon. La question de l’être concerne ce que cela signifie d’être, mais elle reste obscure, enveloppée d’un embarras. Heidegger insiste sur le fait que parler de l’être ne revient pas simplement à parler de ce qui existe, mais à comprendre la nature même de cette existence. La difficulté réside dans le fait que l’être n’est pas un étant particulier, mais une condition ou un sens qui permet de comprendre tous les étants. La question de l’être ne se limite pas à une simple définition, elle implique une interrogation sur le sens profond de ce qui fait qu’un étant est ce qu’il est.
Étant
L’étant désigne tout ce qui existe ou qui peut être considéré comme existant. C’est un terme qui recouvre tous les objets, phénomènes, ou réalités concrètes ou abstraites qui se manifestent dans le monde. La distinction essentielle est que l’étant est ce qui est, tandis que l’être est le sens ou la condition de cet être. L’étant peut être une pierre, un animal, une idée, ou une société. Heidegger souligne que l’étant peut se définir par genres ou espèces (ex : un arbre, un cheval), mais que l’être lui-même, en tant que concept, ne peut pas être défini de la même manière, car il dépasse toute catégorisation spécifique.
Sens de l'être
Le sens de l’être concerne la signification ou la portée de ce qu’est l’être. C’est la question fondamentale qui cherche à comprendre ce que signifie « être » en soi, indépendamment de ce qu’il y a à être. Heidegger insiste sur le fait que cette question est énigmatique, car elle n’a pas reçu de réponse claire depuis l’Antiquité, et qu’elle est souvent considérée comme évidente ou implicite. Comprendre le sens de l’être, c’est saisir la nature de cette condition qui permet à tout étant d’être ce qu’il est, sans pour autant pouvoir le réduire à une définition simple ou immédiate.
Horizon d’attente
L’horizon d’attente désigne la perspective ou l’orientation temporelle implicite dans la pose d’une question. Lorsqu’on pose une question, on ne le fait pas dans un vide, mais avec une attente ou une orientation vers une réponse possible. Cette attente n’est pas une indétermination totale, mais une orientation vers une réponse qui donne du sens à la question. Heidegger explique que cet horizon d’attente est lié au temps, qui conditionne notre compréhension du sens de l’être. La question de l’être, pour être posée de manière sérieuse, doit prendre en compte cet horizon temporel, car il détermine la manière dont la question est formulée et la réponse envisagée.
Question posée
Poser une question implique une démarche active, une orientation vers une réponse. La question n’est pas simplement une demande d’information, mais une interrogation qui suppose une compréhension préalable, une pré-compréhension, et une attente spécifique. Heidegger insiste sur le fait que poser une question, c’est aussi une manière d’être, une attitude particulière de l’être humain, notamment celle du dasein, qui se manifeste dans sa capacité à s’interroger sur son propre être et sur celui des autres. La question de l’être, en particulier, doit être explicitement posée, car elle est souvent considérée comme évidente ou implicite, ce qui conduit à son oubli ou à son refus.
La question de l’être est une interrogation fondamentale mais reste énigmatique et rarement explicitement posée dans l’histoire de la philosophie. Heidegger souligne que, malgré l’importance de cette question, elle est souvent ignorée ou considérée comme évidente. La difficulté principale réside dans le fait que l’être n’est pas un concept simple ou défini, mais une notion qui échappe à une définition immédiate. Depuis Platon, cette question n’a pas été véritablement résolue, et elle a été souvent oubliée ou congédiée comme étant inexplicable. La philosophie moderne, notamment à partir de Descartes, a plutôt focalisé sur la certitude du « je suis » que sur la question du sens de l’être lui-même. Descartes, par exemple, a posé la question du fondement du savoir avec « Ego cogito, ego sum », mais n’a pas engagé une véritable ontologie de l’être, se limitant à la certitude de l’existence du sujet.
Poser une question implique un horizon d’attente, une orientation temporelle qui conditionne la compréhension du sens de l’être. Cet horizon est lié au temps, qui constitue la condition implicite de toute interrogation. Heidegger insiste sur le fait que la question de l’être doit être répétée, car elle est souvent refusée ou considérée comme évidente, ce qui empêche de la poser de manière sérieuse. La répétition de cette question est nécessaire pour élaborer une position claire, pour éviter l’embarras conceptuel, et pour ouvrir un espace de réflexion sur le sens profond de l’être.
L’horizon d’attente, lié au temps, conditionne la manière dont la question est formulée et la réponse envisagée. La compréhension du sens de l’être ne peut se faire sans une prise en compte de cette dimension temporelle, qui influence la manière dont nous percevons et posons la question. Heidegger montre ainsi que la question de l’être est inséparable de notre rapport au temps, et que cette relation doit être explicitement interrogée pour éviter l’oubli ou l’obscurité du concept.
La question de l’être est une interrogation fondamentale, souvent implicite ou considérée comme évidente, mais qui nécessite d’être explicitement posée et comprise dans son horizon temporel. Sa répétition est essentielle pour éviter l’embarras conceptuel et pour ouvrir une réflexion sérieuse sur le sens de l’être, en soulignant que cette question est liée à notre rapport au temps et à notre manière d’être dans le monde.
Oubli de l'être
L'oubli de l'être désigne la tendance à négliger ou à passer sous silence la question fondamentale de ce qu'est l'être en lui-même. Selon la critique de Heidegger, la tradition philosophique, depuis Aristote jusqu'à Kant, a construit cet oubli en se concentrant sur les étants (les choses) plutôt que sur l'être en tant que tel. Cet oubli résulte d'une conception où l'être est considéré comme évident ou non pertinent à interroger, ce qui entraîne une perte de vue de la question ontologique essentielle. Il s'agit d'une forme d'oubli passif, où la question de l'être n'est pas explicitement posée, mais simplement évitée ou considérée comme acquise.
Préjugés sur l'être
Les préjugés sur l'être sont des idées préconçues ou des suppositions philosophiques qui justifient ou renforcent l'oubli de la question de l'être. Ces préjugés peuvent faire croire que l'être est évident, indéfinissable ou universel sans nécessiter d'explication claire. Par exemple, la tradition métaphysique a souvent considéré l'être comme une évidence immédiate ou comme quelque chose qui ne nécessite pas de réflexion approfondie. Ces préjugés empêchent de poser la question de l'être de manière authentique, en la considérant comme une évidence ou une chose donnée, plutôt que comme un problème à explorer.
Refus de la question
Le refus de la question de l'être est un acte actif, souvent justifié par des préjugés, qui consiste à ne pas poser ou à rejeter explicitement la question fondamentale de l'ontologie. Ce refus peut prendre la forme d'une omission volontaire ou d'une négation consciente, empêchant ainsi toute véritable investigation sur la nature de l'être. Heidegger insiste sur le fait que ce refus n'est pas seulement passif, mais aussi une construction théorique qui évite d'affronter la problématique centrale de toute ontologie, à savoir : qu'est-ce que l'être ?
Universalité de l'être
L'universalité de l'être renvoie à l'idée que l'être est une notion qui s'applique à tous les étants, sans exception, dans leur mode d'existence. Cependant, cette universalité est souvent considérée comme évidente ou comme allant de soi, ce qui contribue à son oubli. La philosophie traditionnelle a traité l'être comme une évidence universelle, sans en questionner la nature ou la manière dont il se manifeste, ce qui a renforcé la tendance à ne pas s'interroger sur sa véritable signification.
Indéfinissabilité de l'être
L'indéfinissabilité de l'être désigne le fait que l'être ne peut pas être défini ou circonscrit par des concepts précis ou des limites fixes. Heidegger souligne que l'être échappe à toute définition rigide, car il ne se laisse pas réduire à une essence ou à une propriété spécifique. Cette indéfinissabilité contribue à l'oubli, car elle rend la question de l'être difficile à formuler ou à conceptualiser de manière claire, ce qui pousse à la négliger ou à la considérer comme indéfinissable en soi.
La question de l'être a été activement oubliée ou refusée en raison de préjugés philosophiques qui la rendent soit évidente, soit indéfinissable, soit universelle sans clarté. Ces préjugés ont été construits par la tradition philosophique, notamment par la métaphysique, qui a considéré l'être comme une évidence immédiate ou comme une réalité à laquelle il ne fallait pas consacrer d'effort d'interrogation. La conséquence de cet oubli et de ce refus est que la véritable ontologie, c'est-à-dire l'étude de l'être en lui-même, a été empêchée. Ce refus est à la fois passif, par l'oubli volontaire ou inconscient de la question, et actif, par la justification de cet oubli à travers des préjugés qui considèrent la question comme évidente, indéfinissable ou universelle. Heidegger insiste sur le fait que cet obstacle majeur doit être dépassé pour relancer une véritable réflexion ontologique. La tradition, en construisant des théories qui renforcent l’éloignement du Dasein par rapport à lui-même, a contribué à cet oubli, en construisant une compréhension de soi qui ne permet pas de poser la question de l’être dans sa profondeur. La destruction de cette histoire de l’ontologie, c’est-à-dire la critique et la remise en question des interprétations passées, est essentielle pour retrouver le sens originel de l’être. La tâche consiste à dépasser ces préjugés, à sortir de l’oubli et du refus, afin de permettre une interrogation authentique et une compréhension du sens de l’être, qui doit apparaître dans sa dimension temporelle, et non comme une réalité extérieure ou évidente.
L’oubli et le refus de la question de l’être constituent des obstacles majeurs à la véritable ontologie ; pour la dépasser, il faut remettre en question les préjugés philosophiques qui la rendent évidente ou indéfinissable, afin de relancer une interrogation authentique sur le sens de l’être dans sa dimension temporelle.
Dasein : Le Dasein est l’être qui pose la question de l’être. Selon la perspective phénoménologique, il se caractérise par son souci (Sorge), c’est-à-dire sa manière d’être impliquée dans la question de l’être. Le Dasein n’est pas simplement un étant parmi d’autres, mais celui qui, par son mode d’être, est en mesure de se poser la question de l’être en général. Il est donc le seul étant qui a une compréhension pré-théorique de l’être, ce qui lui confère une primauté ontique dans l’élucidation du sens de l’être. En tant que questionneur, le Dasein incarne une manière d’être fondée sur le souci, ce qui lui donne une position privilégiée pour saisir la structure ontologique de l’étant.
Soin (Sorge) : La notion de soin désigne la manière dont le Dasein se manifeste dans son être. C’est une modalité d’être qui implique une implication active dans le monde, une préoccupation constante pour ce qui le concerne. Le souci n’est pas une simple attitude affective, mais la structure ontologique fondamentale du Dasein, qui se manifeste dans ses modes d’être, notamment dans sa manière d’être au monde, dans ses préoccupations, ses dispositions et ses projets.
Questionneur : Le Dasein est le questionneur par excellence, car il pose la question de l’être. Il ne se contente pas d’être un étant parmi d’autres, mais il est celui qui, par sa manière d’être, s’interroge sur le sens de l’être en général. La question de l’être n’est pas une interrogation extérieure, mais inhérente à son mode d’être, qui le pousse à se demander ce qu’est l’étant et à chercher une compréhension pré-théorique de cette question.
Mode d'être : Le mode d'être désigne la manière spécifique dont un étant existe ou se manifeste. Pour le Dasein, ce mode d’être est celui du souci, qui implique une implication active et une préoccupation pour ce qui le concerne. Le mode d’être du Dasein se distingue par sa primauté ontique, car il est le seul à avoir une compréhension pré-théorique de l’être, ce qui le rend central dans l’élucidation du sens de l’être.
Primauté ontique : La primauté ontique du Dasein signifie qu’il occupe une position centrale dans la compréhension de l’être, car il possède une compréhension pré-théorique de celui-ci. Il est l’étant qui, par son mode d’être, rend possible la compréhension de l’être en général. En ce sens, le Dasein a une primauté ontologique, car il est le seul à pouvoir appréhender l’être dans sa dimension fondamentale, à travers sa manière d’être impliquée dans le souci.
Le Dasein est l’être qui pose la question de l’être, ce qui le distingue fondamentalement des autres étants. Cette particularité réside dans son mode d’être, qui est caractérisé par le souci (Sorge). Le souci n’est pas une simple attitude ou une émotion passagère, mais la structure ontologique fondamentale du Dasein, qui se manifeste dans sa manière d’être impliquée dans le monde. Le Dasein ne se limite pas à une relation extérieure à son environnement ; il est intrinsèquement engagé dans celui-ci, de sorte que son rapport au monde est celui d’un souci constant.
Ce souci se manifeste dans la manière dont le Dasein comprend et saisit son environnement. La compréhension pré-théorique du monde, qui est constitutive de son mode d’être, lui permet de percevoir le système de renvois dans lequel il s’insère. Heidegger parle de la circonscription pour désigner cette vision englobante de l’environnement fonctionnel des ustensiles, qui permet au Dasein de saisir le contexte dans lequel il agit. La circonscription est une discernation immédiate, une vision compréhensive qui englobe tout ce qui est pertinent dans le cadre de la préoccupation.
Le Dasein possède une primauté ontique, car il est l’étant qui a une compréhension pré-théorique de l’être. Cela signifie qu’il ne doit pas d’abord apprendre ou théoriser l’être, mais qu’il le possède implicitement dans sa manière d’être. Cette compréhension pré-théorique lui confère une position centrale dans l’élucidation du sens de l’être, car elle lui permet de saisir l’étant dans ses différentes modalités d’apparition, notamment dans ses relations d’utilisabilité ou d’inutilisabilité.
L’analyse phénoménologique montre que le Dasein, en tant que questionneur, incarne une manière d’être fondée sur le souci. Ce souci lui confère une position privilégiée pour comprendre la structure ontologique du monde, car il est le seul à percevoir l’étant dans sa dimension d’être au monde, à travers ses préoccupations, ses projets et ses dispositions. La compréhension du monde n’est pas séparée de cette manière d’être, mais en constitue la condition de possibilité.
Le Dasein, en tant que questionneur, incarne une manière d’être fondée sur le souci, ce qui lui confère une position privilégiée pour comprendre l’être. Sa primauté ontique lui permet d’avoir une compréhension pré-théorique de l’être, essentielle pour saisir le sens de l’étant dans son rapport au monde.
Temporalité
La temporalité désigne la structure fondamentale du Dasein, c’est-à-dire la manière dont celui-ci est intrinsèquement lié au temps. Elle constitue la condition ontologique permettant au Dasein de comprendre son être et le monde dans lequel il se trouve. La temporalité dépasse la simple succession des instants ou la mesure chronologique ; elle est la manière dont le Dasein vit, projette et comprend son existence dans le temps. La temporalité n’est pas une propriété accidentelle, mais la structure même qui conditionne la possibilité de toute compréhension de l’être. Elle est donc constitutive de la manière dont le Dasein se rapporte à son passé, son présent et son avenir, en tant qu’il est toujours en devenir, toujours en projection vers ses possibilités.
Pré-compréhension temporelle
Ce concept renvoie à la manière dont le Dasein, avant toute réflexion théorique ou conceptualisation, possède une compréhension implicite de la temporalité. Il ne faut pas attendre une connaissance abstraite du temps pour que celui-ci soit vécu ou compris ; au contraire, la pré-compréhension temporelle est une structure pré-réflexive, une disposition fondamentale qui permet au Dasein de se situer dans le temps. Elle constitue le fondement sur lequel se construit toute compréhension ultérieure de la temporalité, en ce qu’elle est déjà présente dans l’existence quotidienne, dans l’engagement pratique et dans la manière dont le Dasein projette ses possibilités.
Lien entre être et temps
Le lien entre être et temps est central dans cette conception. Tout étant, en tant qu’il est accessible ou compréhensible, l’est uniquement dans le cadre de la temporalité. La question de l’être ne peut être séparée de la dimension temporelle, car l’être ne se manifeste qu’en tant qu’il est vécu, compris et projeté dans le temps. La temporalité est la condition de possibilité de la manifestation de l’être, puisqu’elle permet au Dasein de se projeter dans ses possibilités, de se souvenir de son passé et d’anticiper son avenir. La compréhension de l’être est donc indissociable de cette structure temporelle, qui en constitue la condition ontologique.
Désubjectivisation du temps
Ce concept indique que le temps, dans cette perspective, ne doit pas être considéré comme une simple représentation subjective ou comme une construction mentale de l’individu. Au contraire, la temporalité est une structure ontologique qui précède toute subjectivité. Elle n’est pas une projection de l’esprit ou une perception intérieure, mais une dimension constitutive de l’être lui-même. Le temps n’est pas une donnée extérieure ou une illusion subjective, mais une manière dont l’être se déploie et se comprend lui-même. La désubjectivisation du temps implique que celui-ci ne dépend pas de la conscience individuelle, mais qu’il est une caractéristique fondamentale de l’existence du Dasein, qui le traverse et le conditionne en tant qu’être-au-monde.
La temporalité est intrinsèque au Dasein et conditionne sa compréhension de l'être, dépassant la subjectivité kantienne. En effet, contrairement à une conception qui ferait du temps une simple forme de la sensibilité ou une intuition subjective, la temporalité chez Heidegger est une structure ontologique fondamentale. Elle constitue la manière dont le Dasein, en tant qu’être-au-monde, se déploie dans son existence. La temporalité n’est pas une donnée extérieure ou une simple succession d’instants, mais la condition même de possibilité pour le Dasein de comprendre son être. Elle permet au Dasein de projeter ses possibilités, de se comprendre lui-même dans la continuité de son passé, dans l’action présente et dans ses anticipations futures. La pré-compréhension temporelle joue un rôle crucial, car elle désigne cette disposition implicite qui permet au Dasein de vivre son existence sans avoir besoin d’une réflexion abstraite sur le temps. Elle est une structure pré-réflexive, une manière d’être qui s’inscrit dans la vie quotidienne, dans l’engagement pratique et dans la compréhension immédiate de soi et du monde. La question de l’être est inséparable de la dimension temporelle, car tout étant est accessible uniquement dans le temps. La compréhension de l’être ne peut se faire qu’en tenant compte de cette structure, qui détermine la manière dont le Dasein se rapporte à ses possibilités, à ses origines, à ses fins, et à sa finitude. La temporalité, en tant que désubjectivisation, affirme que le temps ne dépend pas de la conscience individuelle, mais qu’il est une dimension constitutive de l’être lui-même, qui le traverse et le conditionne dans son déploiement.
La temporalité est la condition fondamentale qui structure la compréhension du Dasein et, par conséquent, la question de l’être. Elle dépasse la subjectivité pour devenir une structure ontologique intrinsèque, permettant au Dasein de se projeter, de se comprendre dans son passé, son présent et son avenir.
Être-pour-la-mort
L’être-pour-la-mort est une modalité essentielle du Dasein qui désigne la manière dont celui-ci se rapporte à sa propre finitude. Selon la perspective heideggérienne, cette modalité n’est pas simplement une connaissance ou une conscience de la mort comme événement futur, mais une structure ontologique fondamentale qui conditionne l’existence même du Dasein. Elle implique que le Dasein se projette dans sa finitude, ce qui lui confère une authenticité en lui permettant de se confronter à sa propre finitude et de se réaliser pleinement dans cette conscience. La mort n’est pas une possibilité extérieure ou accidentelle, mais une caractéristique constitutive de l’être du Dasein, qui doit être assumée pour accéder à une existence véritablement authentique.
Finitude
La finitude désigne la limite intrinsèque de l’existence humaine, c’est-à-dire sa condition de mortalité. Elle indique que le Dasein n’est pas infini ou éternel, mais qu’il a une fin ultime qui lui est propre. La finitude n’est pas simplement une réalité biologique ou physique, mais une structure ontologique qui influence la manière dont le Dasein comprend et donne sens à son être. La conscience de cette finitude permet au Dasein de se libérer des illusions de l’immortalité et de saisir la portée de son existence dans sa temporalité limitée. La finitude est donc une condition nécessaire à l’authenticité, car elle pousse le Dasein à se projeter dans ses possibilités de manière sincère et responsable.
Authenticité face à la mort
L’authenticité face à la mort consiste à vivre en pleine conscience de sa finitude, en assumant cette réalité plutôt qu’en la niant ou en la reportant indéfiniment. C’est une attitude qui permet au Dasein de se détacher des conformismes du « on » et des distractions quotidiennes pour se confronter à lui-même dans sa singularité. L’authenticité suppose que le Dasein ne se réfugie pas dans le déni ou dans la fuite face à la mort, mais qu’il l’intègre comme une dimension constitutive de son être. En faisant face à sa finitude, le Dasein peut réaliser son être propre, en étant fidèle à lui-même et à ses possibilités véritables.
La conscience de la mort révèle la finitude du Dasein et ouvre la possibilité d'une existence authentique. En effet, cette conscience ne doit pas être considérée comme une simple information ou une peur passagère, mais comme une structure ontologique qui conditionne tout l’être du Dasein. La finitude, en tant que limite ultime, permet au Dasein de se détacher des illusions de l’éternité ou de l’immortalité, qui sont souvent véhiculées par le « on » ou la banalité quotidienne. La reconnaissance de cette finitude agit comme un appel à l’authenticité, en incitant le Dasein à vivre de manière sincère et responsable, en accord avec ses propres possibilités.
L’être-pour-la-mort est une modalité qui permet au Dasein de se confronter à son propre être, en lui donnant la possibilité de se réaliser pleinement. Ce mode d’être n’est pas une fatalité ou une menace, mais une condition nécessaire pour accéder à une existence véritablement authentique. La mort, dans cette perspective, n’est pas simplement une fin biologique, mais une dimension ontologique qui donne sens à la vie en lui conférant une urgence et une profondeur. La finitude, en étant pleinement assumée, permet au Dasein de se libérer des conformismes du « on » et de ses distractions pour se tourner vers lui-même, vers ses possibilités propres.
L’authenticité face à la mort suppose que le Dasein ne se contente pas de vivre dans le déni ou la fuite, mais qu’il accepte la finitude comme une part intégrante de son être. Cette attitude lui permet de se détacher des illusions de la banalité et de la superficialité, pour se concentrer sur ce qui lui est propre. La confrontation avec la mort devient alors une étape essentielle pour comprendre le sens de l’être, en lui permettant de se réaliser dans sa singularité et sa responsabilité.
Comprendre que la confrontation avec la mort est une clé pour accéder à une existence authentique et saisir pleinement le sens de l’être. La conscience de la finitude, en tant que modalité essentielle du Dasein, ouvre la voie à une vie sincère et responsable, en permettant à l’individu de se détacher des illusions du « on » et de ses distractions pour se tourner vers lui-même et ses possibles véritables.
Historicité
L’historicité désigne la condition fondamentale du Dasein qui le situe toujours dans une époque, une culture, une tradition, et une série d’événements passés qui façonnent sa compréhension de l’être. Elle implique que l’existence humaine n’est jamais isolée ou décontextualisée, mais toujours ancrée dans une trame historique spécifique. La historicité n’est pas simplement une donnée extérieure, mais une dimension ontologique essentielle qui conditionne la manière dont le Dasein appréhende son être et le sens qu’il lui donne.
Histoire vécue
L’histoire vécue correspond à la manière dont le Dasein expérimente et intègre son passé, ses expériences, ses traditions, et ses événements personnels ou collectifs. Elle constitue la mémoire individuelle et collective qui influence la compréhension présente de l’être. La notion insiste sur le fait que cette histoire n’est pas seulement une succession d’événements, mais un vécu intérieur qui structure la perception de soi et du monde, en étant toujours en devenir.
Transmission du sens de l’être
La transmission du sens de l’être désigne le processus par lequel les générations successives reçoivent, interprètent, et renouvelent la compréhension de l’être à travers une tradition, une culture, ou une langue. Elle est essentielle pour que le sens de l’être reste accessible et vivace, permettant à chaque génération de renouveler cette compréhension dans un contexte historique spécifique. La transmission n’est pas une simple passation de savoir, mais une opération ontologique qui maintient le sens de l’être dans une dynamique historique continue.
Le Dasein est toujours situé dans une historicité qui conditionne sa compréhension de l’être. Cela signifie que sa manière d’appréhender le sens de l’être n’est pas universelle ou intemporelle, mais dépend de la période, de la culture, et des traditions dans lesquelles il se trouve. La historicité n’est pas une simple circonstance extérieure, mais une dimension constitutive de l’existence elle-même, qui façonne la façon dont le Dasein se rapporte à l’être.
La transmission historique joue un rôle fondamental dans cette dynamique. Elle permet que le sens de l’être ne se perde pas avec le temps, mais qu’il soit constamment renouvelé à chaque génération. La transmission n’est pas seulement une opération culturelle ou linguistique, mais une opération ontologique qui assure la continuité et la vitalité de la compréhension de l’être. Elle garantit que chaque nouvelle génération puisse accéder à ce sens, tout en le renouvelant dans son contexte propre.
L’appréhension de l’être ne peut donc jamais se faire dans un vide historique. Elle est toujours médiatisée par une historicité spécifique, qui influence la manière dont le Dasein se comprend lui-même et le monde. La compréhension de l’être est ainsi toujours une compréhension située, qui évolue avec le temps et dans la continuité de la transmission.
L’être se comprend toujours dans un contexte historique vivant, où la historicité du Dasein joue un rôle structurant. La transmission du sens de l’être est essentielle pour que cette compréhension demeure accessible et puisse se renouveler à chaque génération, assurant ainsi la continuité et la vitalité de la compréhension ontologique.
Temps courant
Le temps courant désigne la manière ordinaire et superficielle dont le temps est vécu dans la vie quotidienne. Il s’agit d’une expérience du temps qui se manifeste dans la conscience immédiate, souvent perçue comme une succession de moments présents, séparés par une ligne de progression linéaire. Ce temps est celui que nous utilisons pour organiser nos activités, nos agendas, et qui se présente comme un cadre extérieur dans lequel se déroulent nos expériences. Il est généralement considéré comme une donnée objective, mesurable et homogène, permettant de situer nos actions dans une continuité temporelle. La conception du temps courant est souvent associée à une vision quantitative, où le temps se divise en unités (secondes, minutes, heures, jours) et se déploie dans une dimension extérieure à l’être lui-même.
Temps originaire
Le temps originaire, en revanche, désigne la structure fondamentale et authentique de la temporalité qui révèle le sens de l’être. Il ne se limite pas à une simple succession d’instants ou à une mesure extérieure, mais constitue la manière dont l’être lui-même, notamment le dasein, se rapporte à son existence dans une dimension temporelle profonde. Ce temps est celui qui permet de comprendre la temporalité comme un mode d’être, une manière d’être-au-monde qui implique une ouverture vers l’avenir, un rapport à la finitude, et une compréhension de soi dans la temporalité. Il est caractérisé par sa nature élastique, dynamique, et intrinsèquement liée à la structure de l’existence. Le temps originaire n’est pas une donnée extérieure, mais une dimension constitutive de l’être, qui se manifeste dans la manière dont le dasein projette ses possibilités, se souvient de son passé, et se prépare à son avenir.
Différence ontologique du temps
La différence ontologique du temps réside dans la distinction entre le temps comme une simple mesure extérieure (temps courant) et le temps comme une structure fondamentale de l’être (temps originaire). Elle concerne la manière dont le temps est compris en tant qu’être lui-même. Le temps courant apparaît comme une représentation objective, une donnée empirique, tandis que le temps originaire est une dimension ontologique, c’est-à-dire qu’il concerne la manière dont l’être se déploie dans sa temporalité. La différence ontologique souligne que le temps n’est pas seulement une succession de moments, mais une manière d’être du dasein, une structure qui permet à l’être de se comprendre lui-même dans son projet, sa finitude, et sa possibilité d’être.
Le temps courant est la manière ordinaire et superficielle dont le temps est vécu. Il est vécu comme une succession linéaire de moments présents, séparés par une ligne de progression continue, et constitue la façon dont nous organisons notre vie quotidienne. Ce temps est souvent perçu comme une donnée extérieure, objective, et homogène, permettant de mesurer et de planifier nos activités. La conception du temps courant est liée à une expérience immédiate, souvent immédiate et sans profondeur, qui ne remet pas en question la nature de l’être ou sa relation à la temporalité.
En revanche, le temps originaire est la structure fondamentale et authentique de la temporalité qui révèle le sens de l’être. Il ne se limite pas à une simple succession d’instants, mais constitue la manière dont le dasein, en tant qu’être-au-monde, se rapporte à son existence dans une dimension temporelle profonde. Le temps originaire est caractérisé par sa nature dynamique, élastique, et par sa capacité à faire apparaître la projection dans l’avenir, la mémoire du passé, et la compréhension de soi dans le présent. Il est constitutif de l’être, car il permet de dévoiler le sens de l’existence, notamment à travers la projection de ses possibilités, la conscience de sa finitude, et la relation à la mort.
La différence ontologique du temps concerne la manière dont le temps est compris en tant qu’être lui-même. Le temps comme mesure extérieure est une représentation empirique, tandis que le temps originaire est une dimension ontologique, qui concerne la structure même de l’être. La compréhension du temps originaire permet de distinguer une expérience superficielle du temps (courant) d’une expérience authentique et fondamentale, qui donne sens à l’existence.
Il est essentiel de distinguer entre le temps courant, vécu comme une succession extérieure et superficielle, et le temps originaire, qui constitue la structure profonde et authentique de la temporalité révélant le sens de l’être. La véritable compréhension de la temporalité ne peut se limiter à l’expérience quotidienne, mais doit intégrer cette dimension ontologique qui relie le temps à la constitution même de l’être.
Temporalité authentique
La temporalité authentique désigne une manière d’envisager le temps qui intègre pleinement la projection consciente vers l’avenir, le retour compréhensif vers le passé, et une présence pleine et active au présent. Elle n’est pas simplement une succession mécanique de moments, mais une structure dynamique et unifiée qui permet au Dasein de vivre son être de manière pleine et non dispersée. La temporalité authentique est donc une synthèse vivante des trois dimensions temporelles, permettant au sujet d’accéder à son être dans sa totalité.
Projection vers l’avenir
Ce concept implique une projection consciente et volontaire du Dasein vers ses possibilités futures. Elle ne se limite pas à une anticipation passive, mais constitue une orientation active qui donne sens à l’existence. La projection vers l’avenir repose sur la compréhension que le futur n’est pas une simple suite de possibilités, mais une origine qui permet de garantir ce que l’on a été, en revenant à cette origine à travers la promesse de l’avenir propre. Elle est essentielle pour que le Dasein puisse se projeter dans ses projets, en se reliant à son être passé, notamment à son être été, pour assurer une continuité authentique.
Retournement vers le passé
Ce retournement consiste à revenir en arrière pour comprendre et saisir l’être passé du Dasein, en particulier son être été. Le passé n’est pas une réalité derrière nous, mais une dimension qui constitue notre être actuel. Il n’est pas simplement une mémoire ou une histoire révolue, mais une base à partir de laquelle le Dasein se projette vers l’avenir. La compréhension du passé se fait par un retour compréhensif, permettant au Dasein de saisir son être propre dans ses moments antérieurs, notamment en se promettant vers un avenir authentique. Le passé devient ainsi une origine qui informe et fonde la projection future.
Présence originelle
La présence originelle ne se limite pas à l’instant présent comme un moment séparé ou immédiat. Elle désigne plutôt une ouverture active du Dasein à l’étant, qui se manifeste dans une rencontre authentique et pleine. La présence originelle est caractérisée par une ouverture à l’étant qui ne dissimule pas sa réalité, mais la révèle dans sa pleine présence. Elle se manifeste dans le présent propre, qui n’est pas un simple maintenant, mais un coup d’œil (augenblick) qui saisit les possibilités du futur et du passé dans leur unité. La présence originelle est donc une manière d’être au monde où le Dasein se tient pleinement dans son être, dans une ouverture qui relie passé, présent et futur.
La temporalité authentique implique une projection consciente vers l’avenir, un retour sur le passé et une présence pleine au présent. Elle n’est pas une succession mécanique de moments, mais une structure unifiée, dynamique et vivante qui permet au Dasein de vivre son être de manière pleine et non dispersée. Cette temporalité constitue une synthèse entre les trois dimensions temporelles, permettant au Dasein de vivre son existence de façon authentique. La projection vers l’avenir repose sur une compréhension que le futur est une origine qui garantit ce que l’on a été, en revenant à cette origine à travers la promesse d’un avenir propre. Le passé n’est pas simplement derrière nous, mais constitue ce que nous sommes, ce que nous avons été, et sert de fondation à notre projection vers le futur. La présence originelle, quant à elle, ne se limite pas à un moment précis, mais représente une ouverture active à l’étant, qui se manifeste dans le présent propre, un coup d’œil qui saisit les possibilités dans leur unité. La temporalité authentique permet ainsi au Dasein de vivre son être dans une synthèse dynamique, évitant la dispersion et favorisant une existence pleine, cohérente et résolue.
L’authenticité temporelle est une synthèse dynamique des dimensions passées, présentes et futures de l’existence, permettant au Dasein de vivre pleinement son être en se projetant consciemment vers l’avenir, en revenant compréhensivement sur son passé, et en étant pleinement présent dans un coup d’œil authentique.
Structure du souci
La structure du souci désigne la configuration fondamentale de l’existence du Dasein, qui organise et articule sa manière d’être dans le monde. Elle constitue le cadre ontologique à partir duquel le Dasein se trouve toujours déjà engagé dans son être, en étant orienté vers ses possibilités, ses préoccupations et ses projets. Heidegger insiste sur le fait que cette structure est la base même de la manière dont le Dasein se rapporte à son être et à l’étant en général, en étant toujours déjà impliqué dans une situation concrète.
Être-jeté
L’être-jeté (Geworfenheit) désigne la condition ontologique du Dasein qui se trouve « jeté » dans le monde sans avoir choisi d’y être. Il s’agit de la situation d’origine, de la contingence de son existence, où il hérite d’un contexte historique, culturel et existentiel qu’il n’a pas lui-même choisi. Ce jeté constitue la condition préalable à toute compréhension de soi et du monde, car il implique que le Dasein se trouve déjà dans une certaine situation, avec ses possibilités, ses limites et ses responsabilités.
Être-avec
L’être-avec (Mitsein) fait référence à la manière dont le Dasein existe toujours en relation avec autrui. Il ne peut se comprendre lui-même sans le contexte de la coexistence avec d’autres êtres humains. Heidegger souligne que cette dimension est constitutive de l’existence humaine, car le souci se manifeste aussi dans la manière dont le Dasein se rapporte aux autres, que ce soit dans la coopération, la confrontation ou la communication. L’être-avec est donc une modalité essentielle de la structure du souci, qui articule la dimension sociale de l’existence.
Compréhension pré-ontologique
La compréhension pré-ontologique désigne la manière dont le Dasein possède une forme de compréhension de son propre être et de celui des étants avant toute réflexion philosophique formelle. Elle est « pré-ontologique » parce qu’elle constitue la condition de possibilité de toute connaissance ontologique, en étant une compréhension implicite, immédiate, et non théorique. Heidegger voit cette compréhension comme étant constitutive de l’existence même du Dasein, qui se manifeste dans ses préoccupations, ses projets et ses engagements dans le monde.
Le souci est la structure fondamentale du Dasein qui articule son être-jeté dans le monde et son être-avec les autres. En tant que structure ontologique, il organise la manière dont le Dasein se trouve toujours déjà engagé dans son environnement, dans ses relations avec autrui, et dans ses propres possibilités d’existence. Heidegger insiste sur le fait que cette structure n’est pas une addition ou une propriété accidentelle, mais la condition même de la manière dont le Dasein existe. Elle révèle également la compréhension pré-ontologique que le Dasein a de son propre être et de celui des étants, c’est-à-dire une compréhension implicite, immédiate, qui précède toute conceptualisation philosophique. La structure du souci, en tant que fondement de l’être du Dasein, montre que celui-ci n’est jamais une existence isolée ou abstraite, mais toujours située, engagée et concernée par son contexte. Elle met en évidence que le Dasein est toujours déjà en train de comprendre, de projeter et de s’engager dans un monde qui lui est donné, dans une temporalité qui lui est propre, et avec d’autres êtres humains.
Le souci, en tant que structure ontologique, constitue la manière dont le Dasein est toujours déjà engagé dans le monde et avec autrui, révélant ainsi sa compréhension implicite de son propre être et de celui des étants. C’est cette structure qui fonde la manière dont le Dasein se rapporte à son existence, à ses possibilités, et à son environnement, en étant toujours orienté vers l’avenir tout en étant jeté dans un passé qui le précède.
| Thème | Concepts clés | Auteur / Référence |
|---|---|---|
| Question de l’être | L’être comme condition, énigme non résolue depuis Platon | Heidegger |
| Étant vs Être | Étant : ce qui existe ; Être : sens ou condition de l’être | Heidegger |
| Sens de l’être | Signification de « être », question fondamentale non résolue | Heidegger |
| Horizon d’attente | Perspective temporelle orientant la question de l’être | Heidegger |
| Question posée | Acte actif, nécessite pré-compréhension et répétition | Heidegger |
| Oubli de l’être | Négligence historique, tradition métaphysique | Heidegger |
| Préjugés sur l’être | Idées préconçues rendant la question évidente ou non pertinente | Heidegger |
| Refus de la question | Acte volontaire d’ignorer ou de rejeter la question ontologique | Heidegger |
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1. Quand la question de l’être a-t-elle été principalement mise en sommeil ou oubliée dans l’histoire de la philosophie selon Heidegger ?
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Question de l'être — définition ?
Ce qui constitue la réalité en tant que telle, notion énigmatique et non résolue depuis Platon.
L’être — rôle ?
Condition ou sens permettant de comprendre tous les étants.
Étant — différence ?
Ce qui existe concrètement, versus l’être, qui est la condition de cet existence.
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