Fiche de révision : Le langage, faculté et système de signes

Plan du Cours

  1. Définition du langage
  2. Spécificité humaine
  3. Langage et pensée
  4. Signes et signaux
  5. Origine des signes
  6. Langue et réalité
  7. Langue comme grille d’interprétation
  8. Contrainte de la langue

1. Définition du langage

Notions clés & Définitions

  • Langage : Faculté de constituer et d'user d’un système de signes pour s’exprimer et communiquer. Il s’agit d’une capacité universellement partagée, permettant à l’homme d’inventer et d’échanger des signes. (source)

  • Langue : Système de signes particulier, oral ou écrit, propre à une société donnée. Elle est une réalisation concrète de la faculté de langage. L’usage d’une langue par un individu est la parole. La langue préexiste à l’individu, elle est une structure collective. (source)

  • Différence entre langage et langue : Le langage est une faculté universelle, une invention partagée par tous les humains, tandis que la langue est une manifestation spécifique, un système de signes propre à une communauté. (source)

  • Différence entre langue et parole : La langue préexiste à l’individu, elle est une structure collective, alors que la parole est l’usage individuel, concrétisé dans la communication. La parole manifeste la langue, qui lui est antérieure. (source)

  • Système de signes : Ensemble organisé de signes (mots, symboles) qui renvoient les uns aux autres pour leur sens, formant un réseau cohérent permettant la communication. La notion insiste sur le fait que le sens des mots dépend de leur relation avec d’autres signes. (source)

Points essentiels

  • Le langage permet trois fonctions principales : la communication, l’expression de connaissances, et la suscitation d’émotions. Ces fonctions se réalisent à travers l’agencement de signes (lexique, syntaxe).
  • La notion de système de signes implique que chaque mot ou signe doit être interprété en relation avec les autres pour donner un sens global.
  • L’origine étymologique du terme 'langage' vient du latin lingua, signifiant à la fois la langue au sens physique et la faculté d’utiliser des signes. La parole, venant du grec parabolê, évoque la comparaison ou le rapprochement, soulignant la dimension de rapport et de ressemblance.
  • La différence entre langage et langue soulève la question de l’inventivité humaine et de la capacité à échanger des signes. La langue est une structure collective, alors que le langage est une faculté universelle.
  • La fonction du langage ne se limite pas à la simple transmission d’un message, elle implique aussi une intention de signifier, de penser, et de comprendre le réel.
  • La puissance du langage soulève des enjeux liés à sa relation avec la pensée, la réalité, et la vérité, notamment par rapport à ses origines étymologiques et à ses usages.

À retenir

Le langage est une faculté universelle permettant à l’homme de constituer un système de signes pour s’exprimer, communiquer, et penser, la langue étant la manifestation concrète et collective de cette capacité.

2. Spécificité humaine

Notions clés & Définitions

  • Spécificité humaine : capacité à inventer et échanger des signes, distinguant l’homme de l’animal, en permettant une communication symbolique et une pensée abstraite (voir section 7).
  • Capacité de symboliser : aptitude à utiliser des signes qui ne ressemblent pas nécessairement à ce qu’ils représentent, contrairement aux signes naturels ou signals. Les signes sont arbitraires, alors que les symboles ont une ressemblance ou une signification particulière (voir section 7).
  • Fonction fabulatrice : capacité de raconter des histoires fictives ou distantes dans le temps et l’espace, permettant à l’homme de penser au-delà de l’immédiat et de se représenter des mondes imaginaires (voir section 7).
  • Intention de signifier : différenciation avec la communication animale, l’homme cherche à signifier dans un contexte donné, en utilisant le langage comme outil de la pensée, plutôt que simplement déclencher une action immédiate (voir section 7).
  • Relation entre langage et pensée : le langage sert d’outil à la pensée, permettant de concevoir, juger, et réfléchir, en structurant la pensée à travers des signes et des symboles (voir section 7).

Points essentiels

  • La capacité humaine à inventer et échanger des signes repose sur la distinction entre signes et symboles, ces derniers étant capables de représenter des idées ou des concepts sans ressemblance directe avec la réalité.
  • La fonction fabulatrice manifeste la capacité de l’homme à penser au-delà de l’action immédiate, en racontant des histoires fictives ou distantes dans le temps et l’espace, ce qui distingue l’humain de l’animal.
  • L’intention de signifier, propre à l’homme, implique une démarche consciente de transmettre un sens précis dans un contexte donné, contrairement à la communication animale qui se limite à des signaux instinctifs.
  • Le langage est intrinsèquement lié à la pensée : il constitue un outil permettant de conceptualiser, juger, et réfléchir, en structurant la manière dont l’homme perçoit et interprète le monde.

À retenir

La spécificité humaine réside dans la capacité à inventer des signes symboliques, à raconter des histoires fictives, et à utiliser le langage comme un outil de pensée, ce qui permet de penser au-delà de l’immédiat et de symboliser des idées abstraites.

3. Langage et pensée

Notions clés & Définitions

Signes et signaux : distinction entre signaux instinctifs, qui sont des réactions automatiques et non symboliques (ex : cris d’alarme), et signes symboliques, qui sont arbitraires et nécessitent une convention pour renvoyer à une réalité (ex : mots).
Double articulation : unité sonore finie (phonèmes) et unité de sens finie (monèmes), permettant la production d’un nombre infini de significations à partir d’un nombre limité d’unités.
Langage comme instrument de pouvoir vs recherche de vérité : critique selon laquelle le langage peut être utilisé pour manipuler et persuader (instrument de pouvoir) ou pour accéder à la connaissance et à la vérité (recherche de vérité).
Usage du langage : déclencher une action vs accéder à la connaissance et à la vérité : distinction entre le langage utilisé pour provoquer une réaction immédiate (signaux, signaux instinctifs) et celui destiné à transmettre des connaissances ou à découvrir la vérité (signes symboliques, langage philosophique).
Critique des sophistes : conception selon laquelle le langage est un instrument de persuasion et de pouvoir, utilisé pour manipuler plutôt que pour rechercher la vérité, comme reproché par Socrate et Platon.
Théorie platonicienne : conception selon laquelle le langage permet d’accéder aux Idées, qui sont des réalités intelligibles et causes de toutes choses, et que la véritable connaissance passe par la contemplation de ces Idées, au-delà de la simple parole.

Points essentiels

  • Le langage est une faculté universelle permettant de constituer et d’utiliser un système de signes, distincts des signaux instinctifs, pour exprimer et communiquer.
  • La double articulation permet de produire une infinité de significations avec un nombre limité d’unités sonores et de sens, caractéristique propre à la langue humaine.
  • Le langage peut être utilisé comme un instrument de pouvoir, notamment par la persuasion ou la manipulation, ou comme un moyen d’accéder à la vérité, selon la visée de son usage.
  • La critique des sophistes souligne que le langage, dans sa fonction de persuasion, peut dévier de sa vocation de recherche de la vérité.
  • La théorie platonicienne voit le langage comme un moyen d’accéder aux Idées, qui sont des réalités intelligibles et causes premières, et non comme un simple outil de communication ou d’action immédiate.
  • La distinction entre signes et signaux est fondamentale : les signaux sont instinctifs, liés à des réactions automatiques, alors que les signes symboliques sont arbitraires et nécessitent une convention.
  • La double articulation (phonèmes + monèmes) confère au langage humain une souplesse et une richesse infinie, contrairement aux signaux animaux, qui sont limités et fixes.

À retenir

Le langage humain se distingue par sa double articulation et sa capacité symbolique, permettant non seulement la communication mais aussi l’accès à la vérité, tout en étant susceptible d’être utilisé à des fins de pouvoir ou de manipulation.

4. Signes et signaux

Notions clés & Définitions

Signes naturels : Signes qui se manifestent par onomatopées ou ressemblances sonores avec la réalité, évoquant directement un aspect de cette réalité. AUTEUR (date) : onomatopées, ressemblances sonores avec la réalité.

Signes conventionnels : Signes dont le lien avec la réalité est arbitraire, établi par une convention sociale ou linguistique, sans ressemblance intrinsèque. AUTEUR (date) : liens arbitraires entre mot et réalité.

Poésie et ressemblances sonores : Approche sensible et poétique du langage qui cherche à établir des ressemblances par la sonorité ou l’association d’images, souvent en dehors d’un lien rationnel ou naturel. AUTEUR (date) : approche sensible et poétique du langage.

Points essentiels

  • Les signes naturels, comme les onomatopées, utilisent des ressemblances sonores pour évoquer la réalité, par exemple le chant du coucou ou le cri d’un oiseau. Ces signes jouent un rôle mimétique, imitant directement la réalité sonore ou visuelle.
  • Les signes conventionnels reposent sur des liens arbitraires, établis par des accords sociaux ou linguistiques, comme le mot « arbre » ou « voiture », qui ne ressemblent pas à leur référent mais sont acceptés comme tels par une communauté.
  • La différence fondamentale entre signes naturels et signes conventionnels réside dans leur rapport à la réalité : mimétique versus arbitraire.
  • La poésie utilise la ressemblance sonore ou visuelle pour créer des effets esthétiques ou évocateurs, sans lien direct avec la réalité, mais en jouant sur l’imagination et la sensibilité.
  • La danse des abeilles, décrite par Von Frisch, est un exemple de signe naturel (mouvement codifié) indiquant la direction et la distance d’une ressource, avec un lien fixe entre le signe et l’action.
  • La distinction entre signaux et signes est essentielle : les signaux, comme le feu rouge ou le cri d’alarme, ont un lien fixe et immédiat avec une action, alors que les signes, notamment dans le langage humain, renvoient à une pensée ou une représentation.

À retenir

Les signes naturels reproduisent directement la réalité par ressemblance, tandis que les signes conventionnels reposent sur des accords arbitraires ; la poésie exploite cette différence pour évoquer et enrichir la perception du réel.

5. Origine des signes

Notions clés & Définitions

  • Signes naturels : Signes qui se rapportent à la réalité par ressemblance ou association instinctive, comme les onomatopées ou les ressemblances sonores avec la réalité (ex : « le coucou »).
  • Signes conventionnels : Signes dont le lien avec la réalité est arbitraire, établi par accord social ou usage, comme les mots dans une langue. Selon Saussure, ce lien est arbitraire, car le signifiant (son ou image) et le signifié (concept) ne sont reliés que par convention.
  • Ressemblance : Rapport entre un signe et la réalité où le signe ressemble à ce qu’il désigne, comme dans les signes naturels ou onomatopées.
  • Arbitraire : Absence de ressemblance ou de lien naturel entre le signe et la réalité, comme dans la majorité des mots de langue.
  • Double articulation : Caractère du langage humain qui consiste en une articulation d’unités sonores (phonèmes) en nombre fini, et d’unités de sens (monèmes) en nombre fini, permettant une infinité de significations avec un nombre limité de sons.
  • Signifiant : Image acoustique ou représentation sonore d’un mot (ex : le son /l/ dans « lait »).
  • Signifié : Concept ou idée que le signe évoque (ex : l’idée de lait).
  • Référent : La réalité ou l’objet désigné par le signe, qui peut être une chose concrète ou abstraite.
  • Langue comme convention : La langue repose sur un accord social implicite entre ses utilisateurs, rendant ses signes arbitraires et conventionnels.
  • Langue comme système : Ensemble structuré de signes, de règles et de conventions permettant la communication.
  • Langue comme outil utilitaire : Origine de la langue dans la coordination d’action, selon Bergson, plutôt que dans la connaissance précise du réel.
  • Poésie et ressemblances sonores : Approche sensible où le son des mots évoque des images ou des sensations, comme dans « Voyelles » de Rimbaud.
  • Étymologie et lien avec la réalité : Mots composés ou dérivés qui, par leur structure, peuvent conserver un lien avec la réalité (ex : « exporter »).

Points essentiels

  • La distinction entre signes naturels et conventionnels repose sur leur rapport à la réalité : les premiers ressemblent ou sont instinctivement liés à celle-ci, tandis que les seconds sont arbitraires et établis par accord social.
  • La double articulation permet à l’homme de produire une infinité de significations avec un nombre limité de sons, grâce à la combinaison de phonèmes en monèmes.
  • La théorie de Saussure souligne que le lien entre signifiant et signifié est arbitraire, ce qui confère au langage sa souplesse et sa capacité d’abstraction.
  • La poésie exploite la nature arbitraire des signes pour évoquer des images ou des sensations, libérant l’imagination au-delà de la simple représentation réaliste.
  • La question de l’origine des signes (ressemblance ou convention) influence la compréhension de leur lien avec la réalité et leur capacité à transmettre une connaissance.
  • La langue, en tant que système conventionnel, ne reflète pas nécessairement la réalité dans sa singularité, mais permet une communication efficace et une abstraction universelle.

À retenir

L’origine des signes oscille entre ressemblance naturelle et convention arbitraire, cette dernière étant la base du système linguistique humain, qui grâce à la double articulation, permet une infinité de significations à partir d’un nombre limité de sons.

6. Langue et réalité

Notions clés & Définitions

Langue comme grille d’interprétation : La langue constitue un cadre structuré qui influence la perception et la compréhension du réel. Elle façonne la manière dont nous découpons et conceptualisons le monde, en orientant notre regard à travers ses catégories et ses modes d’expression (voir section 5).

Contraintes de la langue : structure, héritage culturel, modes d’expression : La langue impose des limites et des formes à la pensée par sa structure grammaticale, ses catégories héritées de l’histoire et de la culture, et ses modes d’expression spécifiques. Ces contraintes façonnent notre rapport au réel, en délimitant la manière dont nous pouvons le penser et le représenter (voir section 5).

Points essentiels

  • La langue n’est pas un simple reflet neutre du réel, mais un système structuré qui influence notre perception du monde. Elle agit comme une grille d’interprétation, découpant la réalité selon ses catégories, ce qui peut introduire une subjectivité culturelle et historique (section 5).

  • La structure grammaticale et syntaxique de la langue influence notre façon de penser. Par exemple, la structure sujet/attribut peut orienter notre vision de la réalité en termes de substances et d’accidents, mais cette influence n’est pas nécessairement une représentation fidèle du réel (section 5).

  • La diversité des langues et leurs modes d’expression reflètent différentes visions du monde, mais aussi des limites imposées par chaque système linguistique. La traduction ou l’apprentissage d’autres langues permet de percevoir ces contraintes et de s’en libérer partiellement (section 5).

  • La langue constitue un héritage culturel, transmis par l’éducation, qui façonne notre rapport au monde. Elle peut limiter ou libérer notre pensée selon qu’elle impose des catégories rigides ou qu’elle laisse place à l’imagination et à la créativité (section 5).

  • La contrainte de la langue ne se limite pas à la structure, mais inclut aussi l’usage social, les connotations, et les préjugés culturels qui peuvent influencer la perception du réel et orienter la pensée (section 5).

À retenir

La langue, en tant que grille d’interprétation, structure notre rapport au réel en imposant des catégories et des modes d’expression, ce qui peut à la fois limiter et enrichir notre compréhension du monde.

7. Langue comme grille d’interprétation

Notions clés & Définitions

  • Spécificité humaine : capacité à inventer et échanger des signes, permettant la différenciation du langage humain avec la communication animale (voir section 2).
  • Capacité de symboliser : faculté de représenter des idées ou des objets par des signes ou des symboles, distinguant ces derniers des signes par leur ressemblance ou leur convention (voir section 2).
  • Fonction fabulatrice : capacité de raconter des histoires fictives ou distantes dans le temps et l’espace, permettant à l’homme de penser au-delà de l’immédiat (voir section 2).
  • Intention de signifier : volonté consciente de transmettre un sens précis dans la communication, propre à l’humain, en contraste avec la communication animale qui ne vise qu’à déclencher des réactions instinctives (voir section 2).
  • Relation entre langage et pensée : le langage comme outil de la pensée, permettant de concevoir, juger, et réfléchir, et non simplement d’agir ou de réagir (voir section 2).

Points essentiels

  • La langue est une faculté universellement partagée, qui préexiste à l’individu, et se manifeste à travers la parole. Elle fonctionne comme un système de signes renvoyant les uns aux autres pour donner du sens.
  • La différence entre signes et symboles est cruciale : les signes renvoient à une signification par convention ou ressemblance, tandis que les symboles ressemblent d’une certaine manière à ce qu’ils représentent.
  • La fonction fabulatrice distingue l’humain de l’animal : elle permet de raconter des histoires fictives, de penser au-delà de l’immédiat, et de représenter des réalités distantes dans le temps et l’espace.
  • La relation entre langage et pensée est fondamentale : le langage n’est pas seulement un moyen d’expression, mais aussi un instrument de la pensée, permettant de concevoir, juger et réfléchir.
  • La capacité de symboliser, notamment par l’usage de symboles, permet à l’homme de représenter des idées ou des objets de façon abstraite, facilitant la pensée complexe.
  • La distinction entre signes et signaux est essentielle : les signaux sont instinctifs et fixes, alors que les signes du langage humain sont arbitraires, conventionnels, et dotés d’une double articulation permettant une infinité de significations.

À retenir

La langue humaine, en tant que système de signes symboliques, constitue une grille d’interprétation du monde, façonnant notre perception et notre pensée en la structurant selon des conventions culturelles et linguistiques.

8. Contrainte de la langue

Notions clés & Définitions

  • Signes instinctifs vs signes symboliques :
    Signes instinctifs (signaux) sont des réactions naturelles ou automatiques, comme les cris d’alarme ou les signaux de danger, qui ne nécessitent pas de représentation consciente. Signes symboliques sont des unités de langage qui renvoient à une unité de sens finie, et leur relation avec ce qu’ils désignent est arbitraire ou conventionnelle (ex : mots, symboles).
    Source : distinction entre signaux instinctifs et signes symboliques.

  • Double articulation :
    Organisation du langage humain en deux niveaux : une unité sonore (phonèmes) qui, combinée, forme des unités de sens finies (mots, morphèmes). La combinaison de ces deux niveaux permet une infinité de significations avec un nombre limité de sons et de sens.
    Source : définition de la double articulation.

  • Langage comme instrument de pouvoir vs recherche de vérité :
    Le langage peut être utilisé pour persuader, manipuler ou dominer (instrument de pouvoir), ou pour accéder à la connaissance et à la vérité (recherche de la vérité). La critique des sophistes met en évidence cette tension.
    Source : critique des sophistes et théorie platonicienne.

  • Usage du langage : déclencher une action vs accéder à la connaissance et à la vérité :
    Le langage peut servir à provoquer une réaction immédiate (signaux, signaux d’action) ou à exprimer des idées, des connaissances, et à rechercher la vérité par le dialogue et la réflexion.
    Source : usage du langage dans ses deux fonctions.

  • Critique des sophistes :
    Le langage comme instrument de persuasion, utilisé pour manipuler ou faire accepter des opinions, au lieu de rechercher la vérité. La sophistique privilégie la rhétorique et la persuasion plutôt que la connaissance authentique.
    Source : critique des sophistes.

  • Théorie platonicienne :
    Le langage comme moyen d’accéder aux Idées, qui sont des réalités intelligibles et vérités éternelles. La parole permettrait de se rapprocher de la vérité ultime en contemplant ces Idées, plutôt que de se limiter à leur expression linguistique.
    Source : théorie platonicienne.

Points essentiels

  • La distinction entre signaux instinctifs et signes symboliques est fondamentale pour comprendre la nature du langage humain : seul le signe symbolique, organisé en double articulation, permet une infinité de significations et une communication complexe.
  • La double articulation est propre à l’homme, permettant de produire une variété infinie de significations à partir d’un nombre limité de sons.
  • Le langage peut être utilisé à des fins de pouvoir ou de vérité, ce qui soulève la critique selon laquelle il n’est pas neutre mais instrumentalisé.
  • La fonction du langage dans la recherche de la vérité est privilégiée par la philosophie platonicienne, qui voit dans le dialogue un moyen d’accéder aux Idées.
  • La distinction entre usage du langage pour déclencher une action (signaux) et pour accéder à la connaissance (signes symboliques) est essentielle pour comprendre ses différentes fonctions.
  • La critique des sophistes souligne que le langage peut être détourné de sa fonction de recherche de vérité pour devenir un outil de persuasion ou de manipulation.

À retenir

Le langage humain, organisé en double articulation, possède une contrainte essentielle : sa relation arbitraire avec la réalité, qui peut à la fois limiter la connaissance authentique et ouvrir la voie à la manipulation ou à la contemplation des Idées selon l’usage qui en est fait.

Tableaux de Synthèse

CritèreLangageLangueParoleAuteur / Source
DéfinitionFaculté universelle de constituer et utiliser des signesSystème de signes propre à une société, manifestation concrèteUsage individuel de la langue, réalisation concrète
NatureCapacité, facultéSystème collectif, structure préexistanteUsage individuel, concrétisation
Fonction principaleCommunication, pensée, expression des connaissancesTransmission de signes dans une communautéExpression individuelle, réalisation concrète
Relation avec la penséeInstrument de penséeManifestation concrète de la faculté de langageManifestation concrète du système de signes
Origine étymologiqueLatin lingua (langue, faculté d’utiliser des signes)Grec parabolê (rapport, comparaison)

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre langage (faculté universelle) et langue (système collectif spécifique).
  2. Confondre parole (usage individuel) et langue (structure collective).
  3. Assimiler signes naturels ou signaux instinctifs à des signes symboliques.
  4. Croire que la langue est simplement un outil de communication, en oubliant sa fonction de structuration de la pensée.
  5. Confondre double articulation (phonèmes + monèmes) avec une simple segmentation phonétique.
  6. Penser que la fonction du langage est uniquement de transmettre des messages, en oubliant ses fonctions de pensée et d’expression émotionnelle.
  7. Confondre la critique des sophistes (langage comme outil de persuasion) avec la recherche de la vérité platonicienne.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition du langage comme faculté universelle de constituer un système de signes.
  2. Maîtriser la distinction entre langage, langue, et parole, avec leurs caractéristiques respectives.
  3. Savoir que la langue est une structure collective préexistante à l’individu.
  4. Expliquer la différence entre signes naturels, signaux instinctifs, et signes symboliques.
  5. Comprendre la notion de double articulation : phonèmes et monèmes, et leur rôle dans la production infinie de sens.
  6. Connaître la spécificité humaine : capacité à symboliser, inventer des histoires fictives, et utiliser le langage comme outil de pensée.
  7. Savoir que le langage peut être utilisé comme instrument de pouvoir ou pour rechercher la vérité, selon l’usage.
  8. Maîtriser la critique des sophistes concernant la manipulation par le langage.
  9. Connaître la conception platonicienne selon laquelle le langage donne accès aux Idées, réalités intelligibles et causes premières.
  10. Comprendre que la fonction du langage dépasse la simple transmission de messages, impliquant aussi l’expression d’émotions et la structuration de la pensée.
  11. Savoir que le langage est lié à la puissance de la pensée, permettant de juger, conceptualiser, et réfléchir.
  12. Connaître l’origine étymologique du terme 'langage' (latin lingua) et de 'parole' (grec parabolê).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Le langage, faculté et système de signes avec 8 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Comment peut-on appliquer concrètement la définition du langage dans une situation de communication quotidienne ?

2. Quelle est la conséquence directe de la capacité humaine à inventer et échanger des signes symboliques ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Le langage, faculté et système de signes avec 16 flashcards interactives.

Langage — définition ?

Faculté universelle de constituer et d'utiliser un système de signes.

Langue — définition ?

Système de signes propre à une société, manifestation concrète de la faculté de langage.

Parole — différence ?

Usage individuel de la langue, réalisation concrète.

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