Fiche de révision : Le rapport au savoir à l'ère numérique

📋 Plan du Cours

  1. Rapport au savoir : définition et enjeux
  2. Rapport au savoir négatif et mobilisation
  3. Apprendre comme hier ou autrement : deux thèses
  4. Effets délétères du numérique sur l’apprentissage
  5. Spécificités du rapport au savoir numérique
  6. Information, connaissance et savoir : niveaux
  7. Délégation du savoir et externalisation cognitive
  8. Incertitude du savoir à l’ère numérique
  9. Fragmentation du savoir et recomposition mentale
  10. Nouvelles manières d’apprendre : scanning jonglage exploration

📖 1. Rapport au savoir : définition et enjeux

🔑 Notions clés & Définitions

  • Rapport au savoir : Le rapport au savoir est une relation subjective qu’une personne entretient avec la connaissance, en lien avec le sens qu’elle lui donne et la manière dont elle apprend.
  • Connaissance : La connaissance renvoie à la fois à des contenus (savoir-faire, savoir-être) et à l’acte d’apprendre, c’est-à-dire l’action de connaître.
  • Rapport au savoir négatif : Le rapport au savoir négatif désigne une relation à la connaissance qui ne produit ni sens ni plaisir dans l’activité d’apprentissage.
  • Bernard Charlot : Bernard Charlot est présenté comme le créateur de la notion de rapport au savoir dans le cadre théorique mobilisé ici.
  • Rapport à soi : Le rapport à soi correspond à la relation identitaire de l’apprenant à lui-même, notamment sa perception de soi et sa confiance à apprendre.

📝 Points essentiels

  • Le rapport au savoir implique un lien entre la personne et la connaissance, avec une dimension subjective propre à chacun.
  • La connaissance peut être comprise comme contenu (savoir-faire, savoir-être) ou comme apprentissage (acte d’entrer dans la connaissance).
  • Le rapport au savoir se lit à travers le sens donné au contenu, la perception de l’activité d’apprentissage et la manière dont la transmission est vécue.
  • La mobilisation dans l’apprentissage dépend du sens trouvé dans l’activité, et la persistance est associée à une forme de plaisir (y compris le plaisir du défi et de l’effort).
  • Le rapport au savoir est une relation de sens : la connaissance et l’apprentissage prennent une signification pour la personne.
  • Il n’existe pas un seul rapport au savoir mais des formes hétérogènes selon les sujets, car le rapport engage soi, les autres et le monde.

💡 Astuce mémo

Sens–Activité–Transmission : donne du sens au contenu, trouve du sens dans l’activité, accepte la transmission.

📖 2. Rapport au savoir négatif et mobilisation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Rapport au savoir : Le rapport au savoir désigne la façon dont une personne construit le monde à partir du langage et des connaissances qu’elle mobilise ou non.
  • Dimension identitaire : La dimension identitaire correspond au rapport à soi-même dans le rapport au savoir.
  • Dimension sociale : La dimension sociale correspond au rapport aux autres dans le rapport au savoir.
  • Dimension épistémique : La dimension épistémique correspond au rapport au monde dans le rapport au savoir.
  • Bernard Charlot : Bernard Charlot défend l’idée qu’il n’existe pas de bon ou mauvais rapport au savoir, mais des rapports à comprendre.

📝 Points essentiels

  • Le rapport au savoir articule trois dimensions interconnectées : soi, autres et monde, ce qui influence l’apprentissage.
  • Le rapport au savoir colore l’activité par des attitudes comme crainte, envie, attirance, rejet, plaisir ou déplaisir.
  • Le rapport au savoir n’est pas une caractéristique figée du sujet : c’est un processus dynamique susceptible d’évoluer avec l’histoire et l’environnement.
  • On ne doit pas prédire l’avenir scolaire d’un élève à partir de son rapport au savoir, car il peut se transformer.
  • On ne juge pas l’élève : l’objectif est de comprendre son rapport au savoir plutôt que d’émettre un jugement de valeur.
  • L’échec scolaire est souvent décrit par des manques (refus de travailler, absentéisme, absence de résultat, absence de savoir ou de compétences), ce qui conduit à une formule « ne pas avoir, ne pas être ».

💡 Astuce mémo

Rapport au savoir = S O M : Soi (identité), Autres (social), Monde (épistémique).

📖 3. Apprendre comme hier ou autrement : deux thèses

🔑 Notions clés & Définitions

  • Innéisme : Théorie de l’apprentissage qui explique les différences de réussite par des dispositions naturelles plutôt que par l’environnement social ou culturel.
  • Reproduction de Bourdieu : Thèse sociologique selon laquelle l’école tend à reproduire les inégalités sociales en valorisant des codes proches de ceux des classes favorisées.
  • Handicap socio culturel : Notion désignant un décalage entre culture familiale et culture scolaire qui peut freiner l’entrée dans les apprentissages et favoriser l’échec.
  • Macrosociologie : Approche sociologique qui explique l’échec scolaire par des facteurs généraux et des mécanismes à forte portée explicative.
  • Approche microsociologique : Approche sociologique qui part de situations particulières pour comprendre comment les individus appréhendent l’école et le savoir.

📝 Points essentiels

  • Le courant critique « culturel » met l’accent sur la culture plutôt que sur la seule classe sociale pour expliquer les comportements scolaires.
  • L’échec scolaire est expliqué par l’incompatibilité entre culture familiale et culture scolaire, même quand l’origine sociale est favorisée.
  • Le « handicap socio culturel » est présenté comme une cause de l’échec scolaire, avec une logique déterministe dans les approches macrosociologiques.
  • La macrosociologie vise des explications globales et s’appuie sur deux courants déterministes (dont la reproduction et le handicap socio culturel).
  • Vers 1980-1990, un troisième courant s’oriente vers la microsociologie et cherche des explications plus fines à partir des parcours.
  • Bernard Charlot incarne ce mouvement : la reproduction n’est pas totale, l’école peut fonctionner comme un ascenseur social pour certains enfants populaires.

💡 Astuce mémo

Macrosociologie = causes larges ; Microsociologie = parcours singuliers.

📖 4. Effets délétères du numérique sur l’apprentissage

🔑 Notions clés & Définitions

  • Rapport au savoir : Le rapport au savoir désigne la manière dont un individu se relie à un objet de savoir, en lien avec des institutions comme l’école ou la famille.
  • Rapport aux savoirs : Le rapport aux savoirs désigne l’idée que la relation au savoir varie selon la pluralité des disciplines et de leurs contenus.
  • Désir d’apprendre : Le désir d’apprendre renvoie à une dynamique personnelle où l’envie d’apprendre se construit dans l’histoire, notamment à travers le désir parental.
  • Assujettissement aux institutions : L’assujettissement aux institutions décrit le fait que le sujet dépend de structures sociales qui le précèdent et façonnent son rapport au savoir.

📝 Points essentiels

  • La recherche sur le rapport au savoir à l’ère du numérique est récente, avec plus de questions que de réponses.
  • La révolution numérique est présentée comme susceptible de modifier le fonctionnement cérébral et la construction du savoir.
  • La question centrale est de savoir si l’on apprend aujourd’hui comme hier malgré les transformations numériques.
  • Le numérique pose aussi la question de l’existence de nouvelles façons d’apprendre et de leur impact sur le sens de l’apprentissage.
  • Le désir d’apprendre est analysé comme un désir né du désir parental, ce qui inscrit l’apprentissage dans une logique psycho-familiale.
  • La résistance d’un individu n’est pas décrite comme une opposition au savoir, mais comme une opposition à l’institution qui nourrit le rapport au savoir.

💡 Astuce mémo

Numérique = nouveau cerveau, mais rapport au savoir inchangé : si l’institution ne donne pas sens, la résistance apparaît.

📖 5. Spécificités du rapport au savoir numérique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Rapport au savoir : Notion de recherche qui désigne la manière dont un individu se construit comme apprenant et donne du sens aux savoirs, avec plusieurs définitions selon les auteurs.
  • Apprendre à l’ère du numérique : Problématique qui interroge si les apprentissages actuels suivent les mêmes logiques que par le passé ou s’ils se transforment avec les outils numériques.
  • Thèse du « oui » : Position selon laquelle le numérique ne change pas la façon d’apprendre, car les opérations mentales et la culture de référence resteraient les mêmes.
  • Thèse du « non » : Position selon laquelle le numérique ouvre de nouvelles potentialités cognitives et modifie les façons d’apprendre.
  • Intelligence fluide : Capacité cognitive liée au traitement rapide et à la gestion simultanée d’informations variées, mobilisée dans les activités numériques.

📝 Points essentiels

  • La recherche sur le rapport au savoir numérique est récente et produit davantage de questions que de réponses.
  • La question centrale est de savoir si l’on apprend aujourd’hui comme hier, et si le numérique crée de nouvelles modalités d’apprentissage.
  • Dans la thèse du « oui », aucun changement démontré n’est attendu sur la structure et le fonctionnement du cerveau humain.
  • Dans la thèse du « oui », les apprentissages reposent sur les mêmes opérations mentales (raisonnement, logique) et la culture de référence reste identique.
  • Dans la thèse du « oui », seuls les modes de transmission changent (ex. présentiel vs MOOC avec capsules vidéo consultables à la demande).
  • Dans la thèse du « oui », l’usage du numérique peut appauvrir l’apprentissage et produire un effet délétère, donc une détérioration des capacités d’apprendre (position de Michel Desmurget).

💡 Astuce mémo

« Oui = même cerveau, seuls les supports changent ; Non = nouvelles fonctions cognitives. »

📖 6. Information, connaissance et savoir : niveaux

🔑 Notions clés & Définitions

  • Information : L’information est un contenu issu du traitement et du décryptage de données par l’individu, constituant un premier niveau de signification.
  • Connaissance déclarative : La connaissance déclarative correspond à des faits/énoncés mémorisables, dont le sens doit encore être compris pour devenir une connaissance mobilisable.
  • Connaissance sémantique : La connaissance sémantique est la compréhension du sens et du pourquoi d’une information, permettant une vraie utilisation.
  • Savoir : Le savoir est un ensemble de connaissances structurées, reconnu par une collectivité.
  • Rapport au savoir : Le rapport au savoir désigne la manière singulière dont une personne se construit et se transforme face au savoir, sous l’influence de la société.

📝 Points essentiels

  • L’information devient connaissance quand le sens est compris et que l’individu peut la réutiliser dans une situation.
  • La connaissance sémantique suppose une connaissance déclarative préalable, car le sens s’appuie sur des énoncés/faits identifiables.
  • Le numérique fournit beaucoup d’informations et de connaissances déclaratives, mais peut appauvrir la dimension sémantique si le sens n’est pas travaillé.
  • Le numérique ne remplace pas l’enseignant : le transmetteur aide à construire la connaissance sémantique via l’exigence de rigueur et de vérité.
  • Piaget décrit l’apprentissage comme dépendant du développement, avec une logique des stades où le développement précède l’apprentissage.
  • Vigotsky insiste sur le rôle des interactions sociales et d’un médiateur culturel (parent, enseignant) : l’apprentissage peut booster le développement, qui devient secondaire.

💡 Astuce mémo

Déclaratif → sens (sémantique) → réutilisation : sans sens, l’info reste “brute”.

📖 7. Délégation du savoir et externalisation cognitive

🔑 Notions clés & Définitions

  • Médiation éducative : La médiation éducative désigne la présence d’un éducateur qui aide à distinguer le vrai du faux et à construire une connaissance plutôt qu’une simple opinion.
  • Information et connaissance : L’information est un contenu repérable, tandis que la connaissance correspond à un savoir justifié et rigoureux, obtenu par discernement et travail conceptuel.
  • Externalisation de la mémoire : L’externalisation de la mémoire correspond au transfert d’activités mnésiques vers des outils numériques, qui réduisent la sollicitation directe du cerveau.
  • Culture scientifique vulgaire : La culture vulgaire renvoie à des savoirs non scientifiques diffusés largement, qui peuvent concurrencer la culture scientifique sur internet.
  • Crétins numériques : L’expression désigne, dans la critique du numérique, des personnes dont les facultés cognitives se dégradent par dépendance aux outils.

📝 Points essentiels

  • Pour Meirieu, apprendre avec internet n’est possible que si l’apprenant sait déjà distinguer information et connaissance, vrai et faux, et sait utiliser internet avec discernement.
  • Le numérique augmente l’accès aux contenus et bouscule les lieux de transmission, car l’école n’est plus le seul espace où l’on peut chercher le savoir.
  • Le risque central est la surcharge cognitive, qui favorise la confusion entre information et connaissance et peut empêcher l’attention de tenir.
  • Le marketing et le référencement peuvent rendre visibles des contenus non scientifiques mieux que des textes scientifiques, car la visibilité dépend aussi d’influenceurs et de classement.
  • L’interactivité de certains sites (comme Wikipédia) peut réduire la fiabilité perçue des informations, même quand elles sont consultées facilement.
  • La délégation du savoir consiste à se passer de la maîtrise interne du savoir et à moins mémoriser, en déléguant des fonctions cognitives à la machine.

💡 Astuce mémo

Médiateur = filtre vrai/faux ; Machine = mémoire dehors ; Attention = anti-confusion.

📖 8. Incertitude du savoir à l’ère numérique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Crétins numériques : Expression polémique qui critique la dépendance au numérique et l’idée que celle-ci dégraderait les facultés cognitives.
  • Incertitude du savoir : Caractéristique du savoir contemporain, jugé instable et en mouvement car il se reconstruit sans cesse dans la société.
  • Pensée scientifique de Bachelard : Vision selon laquelle la science progresse autant par déconstruction que par construction, ce qui rend le doute normal.
  • Co-construction des textes : Production collective de contenus où plusieurs contributeurs participent à l’élaboration du savoir, via des outils numériques.
  • Fragmentation du savoir : État du savoir en ligne, dispersé en morceaux reliés par des liens, ce qui rend difficile une vue d’ensemble.

📝 Points essentiels

  • Le savoir est incertain car il est changeant : des connaissances peuvent être reconstruites et dépassées très vite par l’évolution scientifique.
  • La première source d’incertitude est la transformation permanente des connaissances, donc aucune connaissance n’est totalement figée ou définitive.
  • La deuxième source d’incertitude vient d’Internet : l’abondance d’informations rend difficile de distinguer le scientifique du vulgaire car tout est souvent présenté sur le même plan.
  • La troisième source d’incertitude est la co-construction : elle peut accélérer et élargir l’accès au savoir, mais elle réduit le contrôle et favorise le mélange entre savoir scientifique et savoir vulgaire.
  • La co-construction est illustrée par Wikipédia : l’interactivité y permet à n’importe qui de contribuer, ce qui pose un problème de contrôle.
  • Internet fragmente le savoir : les informations sont réparties dans des espaces reliés par des hyperliens, ce qui oblige à recombiner mentalement les fragments pour obtenir une synthèse.

💡 Astuce mémo

Bachelard = science qui doute : déconstruction + construction ; Internet = tri difficile + fragments à recoller.

📖 9. Fragmentation du savoir et recomposition mentale

🔑 Notions clés & Définitions

  • Attention exogène : L’attention exogène est un engagement déclenché par un stimulus extérieur, qui capte automatiquement l’individu et oriente ses comportements.
  • Scanning : Le scanning est une capacité de repérage et de tri rapide d’informations pertinentes, déclenchée par la capture attentionnelle.
  • Jonglage : Le jonglage est la gestion simultanée de plusieurs activités, rendue possible par l’habitude de traiter plusieurs sources en parallèle.
  • Attention partagée : L’attention partagée est une attention divisée entre plusieurs sources, permettant le multitâche mais imposant une priorité à une tâche jugée essentielle.
  • Sérendipité : La sérendipité est une découverte personnelle par hasard, où l’on explore sans intention initiale et où l’attention se fixe sur un élément inattendu.

📝 Points essentiels

  • Un stimulus surprenant déclenche une attention automatique et produit des comportements rapides, sans effort conscient préalable.
  • Le scanning correspond à une capture attentionnelle suivie d’un tri pertinent à grande vitesse, mobilisant un traitement cognitif rapide.
  • Le jonglage s’explique par l’exigence d’immédiateté des sociétés actuelles, qui pousse à répondre et traiter « dans l’instant ».
  • L’attention partagée permet de gérer plusieurs activités, mais elle peut réduire la qualité de l’écoute et de la compréhension pendant les moments de relâchement.
  • Le jonglage n’est pas adapté à toutes les situations, car l’attention divisée devient particulièrement risquée dans des tâches complexes comme la conduite.
  • Enlart et Charbonnier décrivent le jonglage comme une nouvelle forme d’apprentissage menant à la labilité (flexibilité mentale), avec des gains en flexibilité et une perte de profondeur.

💡 Astuce mémo

Surprise → Scanning; Simultanéité → Jonglage; Risque → Attention divisée; Hasard → Sérendipité.

📖 10. Nouvelles manières d’apprendre : scanning jonglage exploration

🔑 Notions clés & Définitions

  • Scanning : Capacité à repérer rapidement des informations et à organiser mentalement ce qui est pertinent pour éviter la surcharge.
  • Jonglage : Capacité à apprendre en mobilisant plusieurs éléments en même temps, notamment pour s’adapter et transférer des apprentissages.
  • Exploration : Capacité à aller au-delà du cadre proposé pour chercher des pistes nouvelles, relier des idées et donner du sens.
  • Ouverture mentale : Capacité d’élargir son champ de pensée grâce à la curiosité, l’intuition et la créativité pour traiter un sujet autrement.
  • Attention focalisée : Capacité de concentration sur un objet afin d’identifier les éléments essentiels, hiérarchiser et trier l’information.

📝 Points essentiels

  • Trois capacités sont visées pour être efficace dans le scanning, le jonglage et l’exploration : traiter l’information, créer en détournant, maîtriser les savoirs de base.
  • Apprendre à traiter l’information vise des capacités cognitives efficaces qui réduisent le risque de surcharge cognitive.
  • L’ouverture mentale consiste à dépasser le réel présenté pour poser autrement une question et chercher de l’inattendu ou de l’originalité.
  • L’attention focalisée apporte la profondeur du traitement : elle permet de trier, se centrer sur le prioritaire et planifier le traitement.
  • La flexibilité mentale mobilise une attention distribuée et la planification, utile quand l’apprentissage doit aller vite ou quand la situation est moins claire.
  • La flexibilité soutient les transferts entre contextes, par exemple comprendre une règle puis l’appliquer dans un écrit différent.

💡 Astuce mémo

Ouverture = “voir plus”, Attention focalisée = “voir juste”, Flexibilité = “changer de mode”.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
XIXe siècleNaissance de la notion de rapport au savoir dans la sociologie
années 1960Apparition en France de la notion de rapport au savoir
années 1980Développement véritable de la notion de rapport au savoir dans plusieurs champs théoriques
1980/90Orientation vers une approche microsociologique (sociologie critique)

📊 Tableaux de synthèse

Trois approches du rapport au savoir

ApprochePoint centralLecture de l’échec scolaire
SociologiqueCorrélations et rapports à la culture/au milieuÉchec expliqué par origine sociale puis par rencontre culture familiale/culture scolaire, puis par parcours singuliers
PsychologiqueProcessus psycho-affectifs et désirÉchec et rapport au savoir se comprennent via histoire personnelle, désir de savoir et dynamiques familiales
DidactiqueStructuration des savoirs et conditions de transmissionLe sens dépend de la discipline et de l’institution; résistance = opposition à l’institution, pas au savoir

Deux thèses sur l’apprentissage à l’ère du numérique

ThèseIdée cléConséquence sur l’apprentissage
OuiPas de changement démontré du cerveau; mêmes opérations mentales et culture de référence; seuls les modes de transmission changentUsage du numérique peut appauvrir et produire un effet délétère (Desmurget)
NonLe numérique développe des capacités cognitives (fonctionnalités) et ouvre de nouvelles modalitésNouvelles façons d’apprendre (scanning, jonglage, exploration) et besoin de capacités pour éviter surcharge/confusion

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre rapport au savoir et personnalité : le cours insiste sur un processus évolutif, pas un caractère figé.
  2. Croire qu’il existe un « bon » ou un « mauvais » rapport au savoir : Charlot refuse le jugement de valeur et invite à comprendre.
  3. Réduire l’échec scolaire à « ne pas avoir, ne pas être » : le cours explique que la notion de rapport au savoir vise à dépasser cette logique.
  4. Mélanger information, connaissance et savoir : l’information devient connaissance quand le sens est compris et réutilisable; le savoir est structuré et reconnu.
  5. Penser que le numérique remplace l’enseignant : le cours affirme que la connaissance sémantique exige médiation et exigence de rigueur.
  6. Confondre thèse « oui » et thèse « non » : « oui » maintient mêmes opérations mentales et craint l’effet délétère; « non » défend de nouvelles potentialités cognitives.
  7. Prendre le scanning/jonglage pour des stratégies « profondes » : le cours les décrit comme attention exogène/partagée et donc risquées pour la compréhension en tâches complexes.

✅ Checklist Examen

  1. Définir le rapport au savoir comme relation subjective à la connaissance, en distinguant connaissance comme contenu et comme apprentissage.
  2. Expliquer le rapport au savoir négatif (absence de sens et de plaisir) et la citation sur la mobilisation liée au sens et au plaisir.
  3. Lister les trois dimensions du rapport au savoir (soi/identitaire, autres/sociale, monde/épistémique) et montrer qu’elles sont interconnectées.
  4. Justifier pourquoi on ne fait pas de pronostic scolaire à partir du rapport au savoir et pourquoi on ne juge pas l’élève.
  5. Présenter l’évolution historique de la notion : apparition en France dans les années 1960 puis développement dans les années 1980, et les trois approches (sociologique, psychologique, didactique).
  6. Décrire la sociologie critique : innéisme héréditaire critiqué, reproduction de Bourdieu, handicap socio culturel, puis bascule vers la microsociologie (Charlot).
  7. Expliquer la thèse de Charlot : influence du milieu non suffisante, rôle des expériences et de l’histoire, analyse du rapport au savoir plutôt que déterminisme.
  8. Comparer Piaget et Vigotsky sur la priorité développement/apprentissage et le rôle des interactions médiées par un adulte culturel.
  9. Exposer les deux thèses sur le numérique (oui/non) : cerveau inchangé vs nouvelles fonctionnalités, et rôle des modes de transmission.
  10. Définir les niveaux information → connaissance déclarative → connaissance sémantique → savoir, et relier cela au risque d’appauvrissement sémantique avec le numérique.
  11. Décrire la délégation/externalisation cognitive (mémoire dehors) et la question du discernement vrai/faux via médiation éducative.
  12. Présenter les trois nouvelles manières d’apprendre (scanning, jonglage, exploration) et les capacités associées (traiter l’information, créer en détournant, maîtriser les savoirs de base).

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Le rapport au savoir à l'ère numérique avec 10 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Que signifie ici l’externalisation cognitive ?

2. Que caractérise principalement un rapport au savoir négatif ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Le rapport au savoir à l'ère numérique avec 20 flashcards interactives.

Rapport au savoir — définition ?

Relation subjective à la connaissance et à l’apprentissage.

Rapport au savoir négatif — enjeu ?

Absence de sens et de plaisir dans l’apprentissage.

Deux thèses sur apprendre — différence ?

Hier : mêmes opérations mentales, aujourd’hui : nouvelles modalités.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches