Fiche de révision : Le XIXe siècle, entre modernité et crise

📋 Plan du Cours

  1. Le XIXe siècle, sources de notre modernité
  2. Le siècle des ismes et la bataille des arts
  3. Romantisme contre classicisme au Salon de 1827
  4. Impressionnisme et première exposition de 1874
  5. Zola, modernité et engagement artistique
  6. Mutations économiques et presse dans Illusions perdues
  7. Le feuilleton et la justice en question
  8. Peine de mort et basculement moral chez Hugo
  9. L’invention du futur par la littérature d’anticipation
  10. Expositions universelles, progrès et controverses
  11. Femme-enfant et femme fatale, imaginaire misogyne
  12. Réinterroger les corpus du XIXe siècle

📖 1. Le XIXe siècle, sources de notre modernité

🔑 Notions clés & Définitions

  • Romantisme : Mouvement artistique et littéraire du XIXe siècle qui cherche à rompre avec les normes héritées du classicisme.
  • Classicisme : Courant esthétique du XIXe siècle fondé sur des modèles et des règles considérés comme “classiques”, face auxquels se dressent les romantiques.
  • Impressionnisme : Mouvement pictural du XIXe siècle qui revendique une rupture avec les codes académiques et privilégie la perception visuelle.
  • Avant-gardes artistiques : Ensemble de démarches artistiques du XIXe siècle qui se présentent comme des “nouveaux fronts” contre les formes établies.
  • Daguerréotype : Premier type de photographie mentionné dans le cours, inventé en 1839 et lié à l’apparition d’une nouvelle image.

📝 Points essentiels

  • Le XIXe siècle est présenté comme né de la Révolution, mais traversé par une succession de régimes (monarchies, républiques) qui marque les difficultés politiques.
  • Le XIXe siècle est décrit comme un “siècle des -ismes”, où se multiplient des combats artistiques contre les normes établies.
  • La bataille des romantiques se situe dans la période 1820-1830 et illustre l’affrontement entre esthétiques.
  • Au Salon de 1827, Delacroix (La mort de Sardanapale) s’oppose à Ingres (L’apothéose d’Homère), représentant respectivement le romantisme et le néo-classicisme.
  • La Liberté guidant le peuple de Delacroix fait écho à 1789, mais renvoie surtout à la révolution de juillet 1830, tout en étant présenté comme un manifeste esthétique plutôt qu’une œuvre d’engagement.
  • La bataille théâtrale d’Hernani est donnée comme un moment fondateur du romantisme français, opposant jeunesse romantique et partisans du classique.

💡 Astuce mémo

Romantisme vs classicisme : “bataille au Salon” (1827) ; Impressionnisme vs codes : “expo 1874 chez Nadar”.

📖 2. Le siècle des ismes et la bataille des arts

🔑 Notions clés & Définitions

  • Daguerréotype : Procédé photographique précoce qui marque l’entrée de la photographie dans l’espace public à partir de 1839.
  • Paris haussmannien : Modèle urbain issu des grands travaux du Second Empire qui transforme la ville et modifie les conditions de vie en profondeur.
  • Impressionnisme : Courant pictural associé au Paris haussmannien, souvent présenté comme une esthétique de résistance à la modernité.
  • Monarchie de Juillet : Période politique sous laquelle Balzac situe notamment des enjeux liés à la fortune et aux mutations économiques dans ses récits.
  • Restauration : Période suivant 1815, caractérisée par une multiplication des journaux à bas coût et une diffusion rapide de l’information.

📝 Points essentiels

  • La photographie (dès 1839 avec le daguerréotype) est mise en relation avec les autres arts et contribue à déplacer les façons de représenter et de critiquer.
  • Les caricatures d’Honoré Daumier, notamment « Les bons bourgeois », s’inscrivent dans une critique des transformations culturelles liées à l’essor de la photo.
  • Les travaux d’urbanisme menés sous le Second Empire (1853-1870) ouvrent de grandes avenues et construisent de grands immeubles, ce qui change l’habiter et la vie quotidienne.
  • Les destructions du Paris ancien s’accompagnent d’expropriations vers les périphéries et alimentent la spéculation immobilière au profit des plus aisés.
  • Le Paris haussmannien est associé aux impressionnistes, mais avec une lecture d’« esthétique de résistance » et des critiques des troubles moraux ou idéologiques liés aux transformations.
  • La presse et les journaux de la Restauration diffusent une information rapide et favorisent le goût du fait divers, ce qui transforme aussi la perception des œuvres littéraires et artistiques.

💡 Astuce mémo

Photo 1839 → Ville Haussmann 1853-1870 → Presse Restauration : l’art change parce que la représentation, l’espace et l’information changent.

📖 3. Romantisme contre classicisme au Salon de 1827

🔑 Notions clés & Définitions

  • Cavale et claque : Procédé de réussite ou de sabotage d’une pièce, décrit comme un mécanisme de manipulation de la réception par des paiements à des claqueurs ou siffleurs.
  • Vedettariat artistique : Phénomène où l’artiste devient une figure médiatique très connue, traitée comme une star et suivie par la presse.
  • Autographe : Notion liée à la signature et à l’attribution d’une œuvre à un auteur, permettant aussi de reconnaître le style de fabrication.
  • Romans feuilletons : Romans publiés en épisodes successifs dans des journaux, qui encouragent l’achat et la fidélisation du lectorat.
  • Vedette théâtrale : Type d’artiste dont la notoriété repose sur la scène et qui fait l’objet d’un culte médiatique, avec une forte visibilité dans les journaux.

📝 Points essentiels

  • Balzac décrit un système de cavale et de claque où des claqueurs ou siffleurs sont payés selon l’effet recherché sur une pièce.
  • Ce mécanisme suggère que la valeur perçue d’une œuvre peut dépendre davantage de la réception organisée que de ses qualités formelles.
  • Le vedettariat transforme l’artiste en figure de notoriété, avec des artistes très célèbres mis en scène dans la littérature.
  • Dans Illusions perdues, Balzac met en avant Coralie, comédienne et maîtresse de personnages, montrant comment la célébrité s’insère dans des trajectoires sociales.
  • À la fin du XIXe siècle, Sarah Bernhardt incarne la vedette théâtrale et fait l’objet d’un culte médiatique, avec des pratiques de signature d’autographes.
  • Le goût pour l’autographe relie la présence du nom sur l’œuvre à la reconnaissance d’un style, comme dans la redécouverte de Chardin au XIXe siècle par les bourgeois.

💡 Astuce mémo

Réception payée → valeur perçue : « claqueurs d’abord, forme ensuite ».

📖 4. Impressionnisme et première exposition de 1874

🔑 Notions clés & Définitions

  • Victor Hugo : Auteur du XIXe siècle dont les œuvres servent de support à une réflexion sociale et morale sur la société et la justice.
  • Les Misérables : Roman publié d’abord dans la presse puis adapté, qui analyse la stratification sociale et les effets de la misère sur les comportements.
  • Jean Valjean : Personnage central dont le parcours illustre comment l’exclusion et la prison peuvent pousser vers le crime, puis vers un autre choix.
  • Peine de mort : Sanction que Victor Hugo critique, en dénonçant la violence institutionnelle et la mécanisation de la mort.
  • L’invention du futur : Idée du XIXe siècle selon laquelle la littérature et les arts d’anticipation projettent des avenirs possibles ou probables pour réfléchir au présent.

📝 Points essentiels

  • Victor Hugo développe une conception de l’utilité de la littérature : agir sur les esprits et les comportements pour faire évoluer la société.
  • Dans Les Misérables, la misère sociale et morale est présentée comme un facteur pouvant conduire au crime.
  • Le récit oppose l’homme non déterminé par le mal : même après la prison, il reste possible de retrouver le bon chemin.
  • Jean Valjean est d’abord présenté comme tiraillé, puis bascule sous l’effet de l’ordre social inégalitaire.
  • Le prisonnier libéré est marqué par un passeport portant la mention HOMME DANGEREUX, symbole de la stigmatisation.
  • L’évêque Myriel incarne le bien radical en donnant une chance à Jean Valjean, mais celui-ci vole ensuite les chandeliers, ce qui met en scène un dilemme moral et une bascule possible.

💡 Astuce mémo

Hugo = Justice/peine de mort : la société fabrique le mal, puis laisse une porte au bien.

📖 5. Zola, modernité et engagement artistique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Modernité verticale : Notion de société où l’urbanisme et les constructions montent toujours plus haut, transformant la ville en empilement d’immeubles et de toits.
  • Aéronef et montgolfière : Figure aérienne associée aux inventions de déplacement, notamment les montgolfières, qui symbolise l’élévation des villes et des modes de vie.
  • Taxi volant : Idée de transport aérien imaginée comme prolongement de la modernité, même si elle suscite aussi des critiques sur la ville transformée.
  • Téléphonoscope : Invention qui combine son et image à distance, préfigurant des formes de projection et de cinéma tout en changeant la manière de recevoir les œuvres.
  • Exposition universelle : Événement conçu comme vitrine du progrès, où se mêlent science, industrie et arts, avec des constructions spectaculaires dédiées à l’occasion.

📝 Points essentiels

  • La modernité des transports est pensée comme une élévation (pluie, vapeur, vitesse) qui accompagne l’agrandissement des toits et des immeubles.
  • La ville est critiquée comme un « monstre » qui avale l’esthétique, notamment avec l’installation du métro qui enlaidit Paris.
  • Albert Robida illustre cette critique dans « L’Embellissement de Paris par le Métropolitain » (La Caricature, 19 juin 1886).
  • Le téléphonoscope projette à distance des individus et des bruits, ce qui annonce des formes de cinéma et modifie la réception des œuvres.
  • Octave Uzanne, dans « La fin des livres » (1895), relie le confort technique à une paresse croissante et à un appauvrissement de la lecture.
  • Uzanne propose l’idée d’un livre audio, qui dématérialise l’œuvre et menace sa valeur artistique et littéraire selon le texte.

💡 Astuce mémo

Modernité = « monter » (ville verticale) + « dévorer » (métro) + « entendre/voir à distance » (téléphonoscope).

📖 6. Mutations économiques et presse dans Illusions perdues

🔑 Notions clés & Définitions

  • Patrimoine médiéval : Ensemble des biens du Moyen Âge (châteaux, cathédrales, églises) dont la ruine menace la transmission.
  • Esthétique de la ruine : Manière de regarder la ruine comme un objet esthétique et descriptif, liée à l’idée de terroir.
  • La Vieille France : Série de livres d’Albert Robida décrivant les régions françaises à travers un état des lieux patrimonial.
  • Guerres du futur : Perspective où le progrès industriel et technique est mobilisé pour l’armement et transforme la nature des conflits.
  • Figure du diable : Image associée par Robida à l’invention des gaz chimiques, pour marquer leur caractère inquiétant.

📝 Points essentiels

  • Viollet-Le-Duc défend le patrimoine médiéval menacé par la ruine et s’illustre par la restauration de la flèche de Notre-Dame.
  • Albert Robida produit des ouvrages régionaux qui reviennent en arrière pour dresser un tableau descriptif des patrimoines et mettre en valeur le terroir.
  • Robida relie la modernité industrielle à l’armement, ce qui rend possible de nouvelles formes de guerres.
  • Robida écrit entre la guerre franco-prussienne et la Première Guerre mondiale, période où se profile l’aviation militaire et ses bombardements.
  • Le progrès de l’ingénierie permet l’invention des gaz chimiques, que Robida associe à une imagerie diabolique.
  • La presse et les récits d’époque servent de relais à ces visions de modernité, de patrimoine et de conflictualité future.

💡 Astuce mémo

Ruine→terroir (Robida) ; industrie→guerre (aviation, gaz) ; diable→gaz chimiques.

📖 7. Le feuilleton et la justice en question

🔑 Notions clés & Définitions

  • Félicien Rops : Peintre et graveur belge dont les œuvres associent souvent la femme à une imagerie diabolique et destructrice.
  • Les Diaboliques : Œuvre de Barbey d’Aurevilly dont le frontispice de Rops met en scène une figure féminine liée au mal et à la tentation.
  • Milady : Personnage féminin de fiction, figure de « femme fatale » chez Alexandre Dumas, construite par la séduction et la manipulation.
  • Adélaïde de Clermont-Tonnerre : Autrice qui réécrit le personnage de Milady en lui donnant une voix et une place de victime avant la méchante.
  • Orientalisme : Courant de représentation qui exotise des « ailleurs » et s’appuie sur des stéréotypes, notamment coloniaux, dans l’art du XIXème siècle.

📝 Points essentiels

  • Chez Rops, l’image de la femme tentatrice renvoie à l’idée d’un destin implacable qui ferait entrer le mal et le péché dans le monde.
  • Dans Les Diaboliques, le frontispice de Rops (1899) associe la femme à une imagerie diabolique, renforçant une lecture morale du féminin.
  • Dans Les Trois Mousquetaires, Milady est caractérisée par des traits stéréotypés de femme fatale, centrés sur la séduction et la manipulation.
  • Le roman oppose une femme blonde associée à la bonté et à la lumière à une femme brune liée à la noirceur des cheveux et au diable.
  • À la fin du roman, Milady est condamnée à mort dans une scène de type judiciaire, comme un tribunal, par les proches de ses victimes.
  • Adélaïde de Clermont-Tonnerre réécrit Milady en lui donnant la parole, pour contester le regard masculin qui la définit uniquement de l’extérieur.

💡 Astuce mémo

Rops = « femme-diable » ; Dumas = « Milady jugée » ; Clermont-Tonnerre = « Milady parle ».

📖 8. Peine de mort et basculement moral chez Hugo

🔑 Notions clés & Définitions

  • Quatre-vingt treize : Roman de Victor Hugo qui traite la période de la Convention, de la Terreur et des guerres de Vendée.
  • Les Châtiments : Recueil de Victor Hugo où la bataille de Waterloo est évoquée pour nourrir une réflexion morale et politique.
  • L’Expiation : Texte de Victor Hugo intégré aux Châtiments, mobilisant le souvenir de Waterloo.
  • Mal du siècle : Notion associée à la désillusion d’une jeunesse née avec la Révolution et l’Empire, puis confrontée à la médiocrité du temps.
  • Triomphe de l’année 1813 : Caricature des frères Henschel qui met en scène le rapport entre la figure de Napoléon et l’idée de chute.

📝 Points essentiels

  • Chez Hugo, la période révolutionnaire est pensée comme une fracture historique qui détruit un monde ancien et ouvre une béance.
  • Dans Quatre-vingt treize, Hugo inscrit la violence politique dans la Convention, la Terreur et les affrontements de Vendée.
  • Le basculement moral chez Hugo s’appuie sur une plongée dans le passé pour relier l’histoire collective à la fin du parcours humain, jusqu’à la mort.
  • Victor Hugo utilise aussi les défaites napoléoniennes comme matière littéraire pour juger et faire résonner une leçon morale, notamment via Waterloo.
  • Dans Les Châtiments, Hugo rappelle la bataille tragique de Waterloo dans L’Expiation pour rabaisser Napoléon III en s’opposant à l’héritage napoléonien.
  • Le « mal du siècle » décrit une désillusion : après l’élan révolutionnaire et impérial, la société paraît refermée, sans grande ouverture possible.

💡 Astuce mémo

Hugo = fracture + jugement : Révolution (Terreur/Vendée) puis Waterloo (contre l’héritage de Napoléon III).

📖 9. L’invention du futur par la littérature d’anticipation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Mythe napoléonien : Ensemble de récits et d’images qui transforment Napoléon en figure exemplaire, au-delà de l’histoire réelle.
  • Mal du siècle : Sentiment romantique de malaise et de désenchantement, lié à l’impression d’un temps troublé et d’une jeunesse en décalage.
  • Prométhée : Figure mythologique convoquée pour penser une renaissance ou un progrès attendu après une période de rupture.
  • Pygmalion : Figure mythologique utilisée pour représenter la jeune génération qui espère une “mise en vie” ou un renouveau.
  • Le Mémorial de Sainte-Hélène : Ouvrage présenté comme rapportant les propos de Napoléon, contribuant à fixer durablement son image mythifiée.

📝 Points essentiels

  • Après les défaites, les auteurs réactivent Napoléon pour relire le passé et critiquer le présent, notamment en opposant gloire passée et pouvoir actuel.
  • Victor Hugo mobilise Waterloo et l’héritage napoléonien pour rabaisser Napoléon III, via des œuvres comme Les Châtiments (1853) et L’Expiation.
  • Stendhal (La Chartreuse de Parme, 1839) fait de la période des Cents Jours un repère tardif, tandis qu’Aragon (La Semaine Sainte, 1858) la re-décrit plus tard.
  • Chateaubriand associe Napoléon à une formule du type “tuer la guerre en l’exagérant”, et l’après-Waterloo est décrit comme une Europe réveillée sur des ruines.
  • Musset formule le décalage générationnel avec “Je suis venu trop tard dans un monde trop vieux” (Rolla, 1833), rattaché au “mal du siècle” et à l’ennui romantique.
  • La figure de Napoléon est parfois caricaturée et rapprochée de Frankenstein, pour suggérer un être défiguré et une puissance inquiétante plutôt qu’héroïque.

💡 Astuce mémo

Napoléon = passé réutilisé pour juger le présent : “mythe” (Mémorial) + “mal du siècle” (trop tard) + “désenchantement” (Waterloo).

📖 10. Expositions universelles, progrès et controverses

🔑 Notions clés & Définitions

  • Frégate de la Méduse : Œuvre de peinture romantique qui met en scène la mort et confronte le spectateur à la violence du réel.
  • La Liberté guidant le peuple : Tableau de Delacroix (1830) qui représente une scène révolutionnaire à portée allégorique et symbolique.
  • Marianne : Figure allégorique associée à la République française, reprise ensuite dans d’autres supports comme les timbres.
  • Gavroche : Personnage de Victor Hugo (lié aux barricades) souvent rapproché de l’enfant héroïque évoqué par Delacroix.
  • Lamartine : Figure politique associée à la révolution de 1848, mentionnée comme acteur majeur de l’époque.

📝 Points essentiels

  • La frégate de la Méduse est un ancien navire lié à l’Empire, ce qui renforce l’écho historique autour de Napoléon et de ses souvenirs.
  • Le tableau insiste sur le caractère mortel des hommes et utilise le réalisme des personnages pour placer le spectateur face à la mort.
  • La frégate de la Méduse est restée un symbole réinterprété, avec des rapprochements possibles comme celui évoqué avec Banksy.
  • La révolution de Juillet 1830 (1830) est associée à La Liberté guidant le peuple, interprétée comme une icône de la Liberté et de la République.
  • Delacroix n’est pas présenté comme un militant : représenter une scène révolutionnaire n’implique pas automatiquement un engagement politique de l’artiste.
  • La figure féminine du tableau renvoie à l’image de la mère patrie, et la Marianne sera ensuite reprise (par exemple sur des timbres).

💡 Astuce mémo

Mort = choc : Méduse = Empire + réalisme + face à la mort.

📖 11. Femme-enfant et femme fatale, imaginaire misogyne

🔑 Notions clés & Définitions

  • Femme-enfant : Représentation où la femme est assimilée à une figure immature, dominée et peu autonome.
  • Femme fatale : Représentation où la femme est présentée comme une force dangereuse, manipulatrice et source de chute.
  • Imaginaire misogyne : Ensemble d’images et de récits qui dévalorisent les femmes et justifient leur domination.
  • Mythe napoléonien : Construction culturelle qui transforme Napoléon (et ses héritiers) en figure héroïque et exemplaire.

📝 Points essentiels

  • Le texte évoque une imagerie dépréciative autour de Napoléon III, construite comme un contre-mythe face au modèle napoléonien.
  • Dans Les Châtiments, Hugo passe d’une logique d’ombre à une logique de lumière, de Nox à Lux, pour porter un projet de progrès.
  • Hugo qualifie Louis-Napoléon Bonaparte de « Napoléon le Petit » dans un discours du 17 juillet 1851, puis reprend la formule dans un pamphlet.
  • Les Châtiments sont écrits à partir de 1853 pendant l’exil à Bruxelles et ne sont publiés qu’en 1870 après la chute de l’Empire.
  • Le cycle des Rougon-Macquart de Zola couvre la période du Second Empire, et La Curée (1871-1872) met en scène une apparition impériale qui déçoit le lecteur en montrant un empereur peu glorieux.
  • La guerre franco-prussienne de 1870 et la Commune de 1871 sont qualifiées par Hugo d’« année terrible », avec des caricatures allégoriques comme « La France – Prométhée et l’aigle-vautour » (février 1871) et « La Paix –

📖 12. Réinterroger les corpus du XIXe siècle

🔑 Notions clés & Définitions

  • Mythe napoléonien : Mythe politique et culturel qui associe Napoléon à la grandeur et à la puissance, servant de référence pour juger l’empereur de 1870.
  • L’année terrible : Formule de Victor Hugo qui désigne la période de la guerre franco-prussienne et de la Commune comme un traumatisme collectif.
  • Caricatures politiques : Représentations satiriques qui utilisent l’allégorie et l’ironie pour critiquer des acteurs et des événements du XIXe siècle.
  • Antimilitarisme : Courant d’écriture qui dénonce la guerre et la mobilisation en mettant en avant leurs effets destructeurs sur les individus.
  • Figure du Sphinx : Image énigmatique et inquiétante utilisée pour suggérer une vérité sombre et difficile à déchiffrer dans la représentation de la guerre.

📝 Points essentiels

  • La guerre franco-prussienne de 1870 et la Commune de 1871 constituent un traumatisme collectif, réactivé par les caricatures et les œuvres littéraires.
  • Dans les caricatures d’Honoré Daumier, « L’année terrible » dénonce l’hubris impériale de Napoléon III et la défaite face à la Prusse.
  • Dans « La France – Prométhée et l’aigle-vautour » (février 1871), la France est figurée en Prométhée dévoré par l’aigle impérial prussien.
  • Dans « La Paix – Idylle » (mars 1871), le titre ironique s’oppose à un paysage délabré, avec un squelette jouant de la flûte devant des ruines.
  • Le poème « Le Dormeur du Val » (Rimbaud, 1870) met en scène un soldat « endormi » dans un cadre verdoyant, presque paradisiaque, pour témoigner des affrontements.
  • « Le Dormeur du Val » est repris et chanté au XXe siècle par des auteurs, dont Boris Vian, dans des démarches antimilitaristes contre l’envoi des jeunes à la mort.

💡 Astuce mémo

Trauma→Caricature→Ironie: « année terrible » = chute + ruines, puis titres qui mentent (« Paix – Idylle »).

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1839Invention du daguerréotype (premier type de photographie mentionné)
1827Salon : affrontement Delacroix (La mort de Sardanapale) / Ingres (L’apothéose d’Homère)
1874Première exposition impressionniste (ateliers de Nadar)
1853-1870Grands travaux haussmanniens sous le Second Empire
1870Publication des Châtiments de Victor Hugo après la chute de l’Empire
1899Frontispice de Félicien Rops pour Les Diaboliques (Barbey d’Aurevilly)
1871Guerre franco-prussienne et Commune : « année terrible »
1886« L’Embellissement de Paris par le Métropolitain » (La Caricature, 19 juin 1886)
1887« La protestation des artistes contre la tour de M. Eiffel » (Le Temps, 14 février 1887)
1889Tour Eiffel construite pour l’exposition universelle

📊 Tableaux de synthèse

Affrontements esthétiques et médiatiques

Période/lieuCampŒuvre/repèreIdée dominante
1827 (Salon)RomantismeDelacroix, La mort de SardanapaleRupture avec les normes du classicisme
1827 (Salon)Néo-classicismeIngres, L’apothéose d’HomèreModèles et règles « classiques »
1874 (expo)Impressionnisme/avant-gardesMonet, Impression soleil levantBriser les codes académiques et choquer le public bourgeois
1839 (photo)Nouveau médiumDaguerréotypeDéplacement des façons de représenter et de critiquer

Justice et peine de mort chez Hugo

ŒuvreMoment/figureCe que le cours souligneEnjeu
Les MisérablesJean ValjeanPossibilité de basculer malgré la prison et la stigmatisation (passeport « HOMME DANGEREUX »)Ordre social inégalitaire et destin non déterminé par le mal
Les MisérablesFantinePassage sur l’échafaudPlaidoyer contre la peine de mort et violence institutionnelle
Quatre-vingt treizeConvention/TerreurViolence politique inscrite dans l’histoire collectiveFracture historique et jugement moral
Les ChâtimentsWaterlooRappel de Waterloo via L’ExpiationJugement politique et moral contre l’héritage napoléonien

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre « représenter une scène révolutionnaire » et « être un artiste engagé » : Delacroix n’est pas présenté comme militant.
  2. Croire que la valeur d’une œuvre dépend d’abord de ses qualités formelles : Balzac insiste sur la réception organisée (cavale/claque) et l’appât du gain.
  3. Mélanger la bataille des romantiques (1820-1830) avec l’exposition impressionniste de 1874 : ce ne sont pas les mêmes mouvements ni les mêmes dates.
  4. Interpréter Jean Valjean comme déterminé au crime : le cours insiste sur la non-détermination par le mal et la possibilité de retrouver le bon chemin.
  5. Oublier que la stigmatisation est matérialisée : le passeport « HOMME DANGEREUX » n’est pas un détail, c’est un symbole de l’exclusion.
  6. Réduire la modernité à un progrès sans critiques : le cours associe aussi la modernité urbaine à des troubles moraux/idéologiques et à l’enlaidissement (métro).
  7. Confondre « année terrible » et simple défaite militaire : elle englobe guerre franco-prussienne et Commune, et nourrit caricatures/traumatismes collectifs.

✅ Checklist Examen

  1. Identifier le XIXe siècle comme « siècle né de la Révolution » mais traversé par une succession de régimes et des difficultés politiques.
  2. Expliquer pourquoi le XIXe siècle est décrit comme « siècle des -ismes » et relier la bataille des romantiques à la période 1820-1830.
  3. Savoir présenter l’affrontement du Salon de 1827 : Delacroix (La mort de Sardanapale) contre Ingres (L’apothéose d’Homère) et l’idée de rupture avec les normes.
  4. Définir l’impressionnisme comme rupture avec les codes académiques et situer sa première exposition en 1874 (ateliers de Nadar) avec le rôle de Monet.
  5. Relier l’invention de la photographie (daguerréotype, 1839) à la transformation des médiums et à la critique des représentations.
  6. Décrire les transformations urbaines du Paris haussmannien (1853-1870) : grandes avenues, expropriations, spéculation et lecture d’« esthétique de résistance ».
  7. Expliquer comment la Restauration transforme la communication : multiplication des journaux à bas coût, diffusion rapide, goût du fait divers et impact sur la perception des œuvres.
  8. Raconter l’apport d’Illusions perdues (Balzac) : mutations économiques et médiatiques sous la monarchie de Juillet, rôle de la presse et satire de la « révolution médiatique ».
  9. Maîtriser le mécanisme de cavale et de claque : paiements à claqueurs/siffleurs, montée en côte et idée que la valeur perçue dépend de la réception.
  10. Présenter le vedettariat artistique et l’autographe : passage de la célébrité à la star (Sarah Bernhardt) et reconnaissance par le nom sur l’œuvre.
  11. Expliquer la réflexion sur la justice chez Dumas et Hugo : feuilleton/justice chez Dumas, utilité sociale de la littérature et stratification/misère chez Hugo.
  12. Savoir exposer la conception hugolienne de la peine de mort : mécanisation de la mort (guillotine) et plaidoyer via Fantine.
  13. Situer l’invention du futur : littérature d’anticipation (Hugo, Verne, Flammarion) et rôle d’Albert Robida (futur + patrimoine + guerres technologiques).
  14. Décrire la modernité technique comme élévation et critique : transports aériens, ville verticale, métro « monstre » et téléphonoscope (son/image à distance).

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Le XIXe siècle, entre modernité et crise avec 24 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quel trait caractérise le romantisme tel qu’il s’oppose au classicisme au XIXe siècle ?

2. Quel procédé apparaît comme le premier type de photographie mentionné et marque l’entrée d’une nouvelle image en 1839 ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Le XIXe siècle, entre modernité et crise avec 24 flashcards interactives.

Le XIXe siècle — sources de notre modernité ?

Né de la Révolution, marqué par des régimes successifs.

Siècle des ismes — définition ?

Multiplication de mouvements artistiques contestataires.

Bataille des arts — Salon 1827 ?

Romantisme (Delacroix) contre classicisme (Ingres).

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