QCM : Les fondements de la méthode scientifique — 18 questions

Questions et réponses du QCM

1. Chez Leibniz, quelle faculté est surtout à l’origine de l’erreur lorsqu’on conclut trop vite à partir des apparences ?

La mémoire, qui remplace l’observation par des souvenirs
L’imagination, qui annule toute perception sensible
Les sens extérieurs, qui déforment systématiquement le réel
Le sens interne, qui juge hâtivement à partir des apparences

Le sens interne, qui juge hâtivement à partir des apparences

Explication

Pour Leibniz, les sens extérieurs ne sont pas le principal problème : l’erreur vient surtout du sens interne quand il infère trop vite. Il se précipite dans ses jugements au lieu de vérifier.

2. Quel trait distingue le raisonnement scientifique du raisonnement probable ?

Il remplace les données du réel par des constructions imaginaires
Il applique des règles logiques aux données du réel pour chercher des certitudes
Il se fonde uniquement sur les apparences sensibles immédiates
Il généralise à partir de répétitions sans jamais utiliser les observations

Il applique des règles logiques aux données du réel pour chercher des certitudes

Explication

Le raisonnement scientifique vise des certitudes en appliquant des règles logiques aux données du réel. Le raisonnement probable, lui, généralise seulement à partir de répétitions sans garantie de certitude logique.

3. Quelle est la suite correcte des étapes de la méthode expérimentale ?

Expérimentation, hypothèse, observation
Observation, hypothèse, expérimentation
Hypothèse, observation, conclusion morale
Observation, comparaison, spéculation

Observation, hypothèse, expérimentation

Explication

La méthode expérimentale, chez Claude Bernard, suit l’ordre observation puis hypothèse, puis expérimentation pour mettre l’hypothèse à l’épreuve. L’hypothèse ne vient donc pas après l’expérience.

4. Pourquoi une expérience est-elle dite contrôlée ?

Parce qu’elle se contente d’accumuler des faits sans protocole
Parce qu’elle mesure des variations et des relations entre phénomènes
Parce qu’elle remplace l’observation par l’intuition
Parce qu’elle refuse toute hypothèse préalable

Parce qu’elle mesure des variations et des relations entre phénomènes

Explication

L’expérience contrôlée sert à mesurer des variations et les relations entre phénomènes. Elle ne se réduit pas à une simple accumulation d’observations.

5. Qu’est-ce qui rend une théorie scientifique au sens de la réfutation ?

Le fait qu’elle puisse entrer en conflit avec certaines observations
Le fait qu’elle soit formulée de manière très générale
Le fait qu’elle soit partagée par la majorité des savants
Le fait qu’elle explique tout sans exception

Le fait qu’elle puisse entrer en conflit avec certaines observations

Explication

Une théorie est scientifique si elle est falsifiable, donc susceptible d’être contredite par des observations. C’est cette possibilité de conflit qui la rend testable.

6. Que signifie la corroboration d’une théorie ?

Son rejet parce qu’elle est trop précise
Son acceptation sans aucun test
Son statut provisoire après avoir résisté à des tentatives de réfutation
Sa vérité définitive après une seule expérience favorable

Son statut provisoire après avoir résisté à des tentatives de réfutation

Explication

La corroboration désigne le statut provisoire d’une théorie qui a résisté à des essais de réfutation. Elle n’est pas une certitude définitive.

7. Quelle idée correspond à l’unité des sciences de l’homme chez Comte ?

Les sciences humaines doivent tendre vers une systématisation unique fondée sur l’humanité
L’astronomie ne peut jamais avoir de rapport avec l’homme
Les sciences de l’homme doivent rester définitivement séparées les unes des autres
Seule la physiologie peut unifier toutes les connaissances humaines

Les sciences humaines doivent tendre vers une systématisation unique fondée sur l’humanité

Explication

Chez Comte, les sciences de l’homme doivent tendre vers une unité systématique où l’humanité est à la fois principe et but. Il cherche ainsi une science sociale capable de fédérer les savoirs.

8. Pourquoi Jaspers refuse-t-il l’idée d’une science unique de l’homme ?

Parce que les sciences humaines ne reposent sur aucune méthode
Parce que l’homme n’est pas un objet de connaissance
Parce que la psychologie suffit à elle seule à expliquer l’homme entier
Parce que les savoirs sur l’homme restent fragmentés et ne forment pas une totalité commune

Parce que les savoirs sur l’homme restent fragmentés et ne forment pas une totalité commune

Explication

Jaspers soutient que les disciplines comme la physiologie, la psychologie et la sociologie donnent des connaissances partielles, mais pas une vision globale de l’homme. La fragmentation empêche l’unification en une science unique.

9. Quelle est la différence principale entre expliquer et comprendre dans les sciences de l’esprit ?

Comprendre cherche le sens, tandis qu’expliquer établit une relation causale
Comprendre mesure des causes, tandis qu’expliquer interprète des significations
Comprendre s’applique à la nature, tandis qu’expliquer s’applique à l’esprit
Comprendre consiste à compter les faits, tandis qu’expliquer consiste à les classer

Comprendre cherche le sens, tandis qu’expliquer établit une relation causale

Explication

Dans les sciences de l’esprit, comprendre consiste à donner un sens et à dire pourquoi un phénomène existe. Expliquer relève plutôt des sciences de la nature, où l’on établit des relations causales.

10. Pourquoi les sciences de l’esprit utilisent-elles des méthodes différentes de celles des sciences de la nature ?

Parce qu’elles cherchent seulement des lois mathématiques
Parce qu’elles prennent la vie psychique comme donnée primitive et visent l’ensemble vécu
Parce qu’elles se limitent aux phénomènes matériels externes
Parce qu’elles refusent toute observation et toute interprétation

Parce qu’elles prennent la vie psychique comme donnée primitive et visent l’ensemble vécu

Explication

Les sciences de l’esprit partent de l’expérience vécue et de la vie psychique comme d’une réalité première. Elles ne peuvent donc pas découper leur objet comme le font les sciences de la nature.

11. Chez Kant, qu’est-ce qui caractérise le mieux la démarche scientifique par rapport à une simple accumulation d’observations ?

La raison dirige l’observation par des principes et construit une expérience à éprouver
La science consiste d’abord à répéter des perceptions jusqu’à obtenir une habitude
L’expérience vient toujours après une certitude déjà acquise par le sens interne
La science se contente d’enregistrer passivement les phénomènes tels qu’ils se donnent

La raison dirige l’observation par des principes et construit une expérience à éprouver

Explication

Chez Kant, la science rompt avec l’enregistrement passif : la raison oriente le regard et construit des conditions d’expérimentation. La simple répétition d’observations relève plutôt d’une généralisation empirique que d’une méthode scientifique propre.

12. Pourquoi, chez Leibniz, le chien face à son image dans le miroir n’illustre-t-il pas un véritable raisonnement scientifique ?

Parce qu’il conclut à partir d’un calcul exact des données sensibles
Parce qu’il dispose d’un concept abstrait de l’image mais refuse de le verbaliser
Parce qu’il corrige méthodiquement son erreur grâce à des règles démonstratives
Parce qu’il enchaîne des perceptions par ressemblance sans en tirer une certitude logique

Parce qu’il enchaîne des perceptions par ressemblance sans en tirer une certitude logique

Explication

L’exemple montre une suite de perceptions reliées par répétition et ressemblance, qui imite le raisonnement sans l’exiger vraiment. Un vrai raisonnement scientifique suppose des règles logiques et une certitude que cette simple habitude n’apporte pas.

13. Quelle est la séquence qui décrit le mieux la méthode expérimentale classique ?

Observation, puis formulation d’une hypothèse, puis expérimentation contrôlée
Expérience, puis collecte de données sans hypothèse, puis généralisation immédiate
Hypothèse, puis conclusion définitive, puis simple vérification passive
Répétition des faits, puis intuition, puis acceptation de la théorie

Observation, puis formulation d’une hypothèse, puis expérimentation contrôlée

Explication

La méthode expérimentale s’organise en étapes : on observe, on formule une hypothèse, puis on la met à l’épreuve dans une expérience contrôlée. L’ordre inverse ou l’absence d’hypothèse ne correspondent pas à cette démarche.

14. Dans les sciences de l’esprit, quelle distinction est la plus juste entre comprendre et expliquer ?

Comprendre cherche le sens ou la raison d’être, expliquer établit une relation causale
Comprendre et expliquer désignent exactement la même opération intellectuelle
Comprendre mesure les variations, expliquer interprète les significations vécues
Comprendre applique des lois naturelles, expliquer décrit seulement des vécus

Comprendre cherche le sens ou la raison d’être, expliquer établit une relation causale

Explication

Comprendre vise le sens d’un phénomène ou sa raison d’être, tandis qu’expliquer relève d’une causalité, surtout dans les sciences de la nature. Les deux démarches ne sont donc pas interchangeables.

15. Qu’est-ce qui rend une théorie scientifique au sens strict ?

Le fait qu’elle repose uniquement sur des principes très généraux
Le fait qu’elle soit unanimement admise par les chercheurs
Le fait qu’elle échappe à toute mise à l’épreuve empirique
Le fait qu’elle puisse entrer en conflit avec des observations possibles

Le fait qu’elle puisse entrer en conflit avec des observations possibles

Explication

Une théorie est scientifique si elle est falsifiable, c’est-à-dire susceptible d’être contredite par certaines observations. L’accord général ou l’immunité contre les tests ne suffisent pas à la rendre scientifique.

16. Quelle pratique correspond le mieux à la réflexivité scientifique en sciences humaines ?

Remplacer l’étude scientifique par une réflexion purement morale
Accumuler des données sans remettre en cause la position du chercheur
Analyser les conditions de production du savoir, y compris le rôle du chercheur lui-même
Réserver l’examen critique aux disciplines extérieures aux sciences humaines

Analyser les conditions de production du savoir, y compris le rôle du chercheur lui-même

Explication

La réflexivité consiste à prendre le savoir pour objet afin d’examiner sa propre production et ses conditions, y compris la place du savant. Bourdieu soutient précisément qu’une science sociale doit aussi pouvoir s’appliquer à celui qui la produit.

17. Pourquoi les sciences de l’homme ne peuvent-elles pas saisir l’être humain comme libre de la même manière qu’elles étudient un objet naturel ?

Parce qu’elles ne connaissent chaque fois qu’un aspect partiel de l’humain et doivent abstraire la liberté
Parce qu’elles refusent toute étude du comportement humain en général
Parce qu’elles expliquent la liberté par une loi causale unique et complète
Parce qu’elles disposent d’une connaissance totale de la liberté avant toute analyse

Parce qu’elles ne connaissent chaque fois qu’un aspect partiel de l’humain et doivent abstraire la liberté

Explication

Les sciences humaines n’atteignent qu’un fragment de l’humain ; pour l’étudier scientifiquement, elles doivent donc abstraire la liberté. Elles ne peuvent pas saisir d’un seul coup cette dimension comme un objet entièrement déterminé.

18. Que désigne la neutralité axiologique dans l’étude scientifique du monde humain ?

Le fait de juger scientifiquement quels objets sont moralement supérieurs aux autres
Le fait d’éliminer toute prise en compte des valeurs dans la recherche
Le fait de confondre l’analyse des faits avec une condamnation morale
Le fait de ne pas transformer les valeurs présupposées en justification scientifique de la valeur de l’objet

Le fait de ne pas transformer les valeurs présupposées en justification scientifique de la valeur de l’objet

Explication

La neutralité axiologique impose au chercheur de prendre en compte les valeurs présentes sans les convertir en preuve scientifique de la valeur de son objet. La science n’établit pas, par elle-même, ce qui vaut moralement.

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Mémorisez les réponses avec 18 flashcards sur Les fondements de la méthode scientifique.

Science vs sens commun

La science cherche certitudes, le sens commun des croyances.

Méthode expérimentale — étape clé

Propose une hypothèse puis la teste par expérience contrôlée.

Théorie falsifiable — définition ?

Une théorie susceptible d’être contredite par des observations.

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